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est constricteur des lèvres et fait fermer la bouche ; il joue un rôle dans la préhension des aliments, la succion, la mastication, l’articulation des sons; enfin il contribue à produire la physionomie des gens qui font la moue et la petite bouche.
L’artère labiale, appelée aussi coronaire des lè-
Fig. 698.
Artères de la face (faciale et maxillaire interne).
A. Tronc de la carotide externe. — 1. Artère faciale. — 2. Artère coro naire labiale inférieure. — 3. Artère coronaire labiale supérieure. — 4. Artère de l'aile du nez. — 5. Artère temporale. — 6. Artère ma xillaire interne. — 7,7,7. Artère méningée moyenne. — 8,8. Artèrt dentaire inférieure. — 9. Artère temporale profonde postérieure. — 10. Artère ptérygoïdienne. — H. Artère buccale. — 12. Artère tem porale profonde antérieure. — 13. Origine de l’artère palatine supé rieure. — 14. Artère alvéolaire. — 15,15. Artère sous-orbitaird. — 16. Ori gine de l'artère sphéno palatine. — 17 et 18. Branches terminales dt l'artère ophthalmique. — 17. Rameau frontal. — 18. Rameau nasal artère angulaire.
vres, se divise en deux branches venant toutes deux de l’artère faciale : 1° l’artère labiale inférieure qui naît de la faciale au-dessous de la commissure des lèvres, gagne la face profonde de la lèvre inférieure où elle se distribue et s’anastomose avec celle du côté opposé sur la ligne médiane; 2° l’artère labiale supérieure, qui naît de la faciale au niveau de la commissure des lèvres, plus volumineuse que l’intérieure, gagne la lèvre supérieure dans laquelle elle se distribue, puis s’anastomose avec celle du Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
côté opposé, en formant plusieurs petits rameaux qui se portent à la cloison des fosses nasales et au lobule du nez. Dr Paul Labarthe.
LA B0URB0DLE (eaux minérales de). — (V. Bourboule.)
LABYRINTHE. — Nom donné par les anatomistes à l’ensemble des parties qui constituent l’oreille interne (V. Oreille.) p. l.
LACÉRATION. — Nom donné par les chi rurgiens à la déchirure artificielle des tissus, pratiquée à l’aide d’un ténotome ou d’une aiguille à cataracte, le plus souvent par la méthode sous-cutanée. p. l.
LACRYMAL (appareil.) — Anatomie. —
L’appareil lacrymal, qui a pour fonctions de lubrifier et de laver au moyen des larmes la partie antérieure du globe de l’œil, de façon à faciliter les mouvements qui se passent entre les paupières et ce globe, et, en même temps d’entraîner les poussières ou corps, étrangers qui ont pu s’y déposer, l’appareil lacrymal, dis-je, se compose de trois ordres d’organes :
A. D’une glande (glande lacrymale) destinée à sécréter les larmes ; elle est située à la partie supérieure et externe du globe de l’œil;
B. D’une membrane en forme de sac ( conjonctive) placée entre les paupières et le globe de l’œil (c’est sur la conjonctive que se répandent les larmes) ;
C. D’une série de conduits destinés à verser dans le nez les larmes qui ont lubrifié l’œil ; ils comprennent :
1° Le lac lacrymal, petit espace triangulaire correspondant à la commissure interne des paupières et dans lequel s’accumulent les larmes ;
2° Les points lacrymaux;
3° Les canalicules lacrymaux, petits conduits dans lesquels les larmes passent du lac lacrymal d.ins le sac lacrymal ;
4° Le >ac lacrymal, petit réservoir placé en dedans de la commissure interne, dans lequel les larmes arrivent par les canalicules lacrymaux d’où elles sortent par le canal nasal ;
b° Le canal nasal, canal excréteur définitif qui porte les larmes dans la cavité des fosses nasales.
A. Glande lacrymale. — La glande lacrymale, préposée à la sécrétion des larmes, est située à la partie supérieure et externe du globe de l’œil ; elle se compose de deux parties: 1° la glande lacrymale proprement dite ; 2° la glande lacrymale accessoire.
La glande lacrymale proprement dite présente une couleur rosée, et occupe la fossette lacrymale (cette fossette est placée sous la voûte de l’orbite vers sa partie antérieure et externe) ; elle a la forme d’une petite amande (longue de plus d’un centimètre), elle est, en effet, aplatie de bas en
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haut,' et allongée transversalement; l’aponévrose orbito-oculaire l’enferme dans un dédoublement, de
Fig. 699.
Voies lacrymales vues dans leur ensemble.
1. Conjonctive oculaire. — 2. Coupe de la paupière supérieure. — 3. Coupe de la paupière inférieure. — 4. Tendon du muscle droit antérieur.
— 5. Tendon du muscle droit externe. — 6. Tendon du muscle droit inférieur. — 7.7. Section du rebord orbitaire inférieur. — 8. Tendon du grand oblique. — 9. Vaisseaux et nerfs sus-orbitaires. — 10. Glande lacrymale. — 11. Caroncule lacrymale. — 12. Point lacrymal supérieur. — 13 Point lacrymal intérieur. — 14. Sac lacrymal.
— 15. Canal nasal. — 16. Tendon du muscle orbiculaire. — 17. Suture de l’os molaire et de l'os maxillaire supérieur.
son feuillet et lui forme ainsi une petite loge fibreuse qui l’isole complètement des parties voisines.
Fig. 700.
Face profonde des paupières avec la glande lacrymale.
Glande lacrymale proprement dite. — 2. Glande lacrymale accessoire. — 3. Conduits excréteurs de la glande lacrymale s’ouvrant par de petits orifice dans le cul-de-sac que forme la conjonctive palpébrale en s'unissant à la conjonctive bulbaire. — 4. Orifices des conduits excréteurs de la glande lacrymale. — 5,5'. Conjonctive divisée dans le point où elle se porte sur le globe oculaire. — 6,6'. Cartilages tarses renfermant, dans leur épaisseur, les glandes de Meibomius. — 7,7'. Glandes de Meibomius. — 8. Orifices des glandes de Meibomius placés sur le bord libre des paupières. — 9. Points lacrymaux. — 10. Muscle de Horner.
Sa forme permet de lui considérer deux faces, deux bords et deux extrémités.
1° Sa face supérieure, légèrement convexe, répond à la fossette orbitaire.
2° Sa face inférieure, concave, également tapissée par un feuillet fibreux, répond : en dedans, au muscle releveur de la paupière ; en dehors, au muscle droit externe, et, entre ces deux muscles, à du tissu adipeux.
38 Son bord postérieur s’étend plus ou moins loin sous la voûte de l’orbite, il reçoit les vaisseaux et nerfs de la glande.
4° Son bord antérieur est parallèle au rebord orbitaire, dont il est distant de 3 à 4 millimètres; de ce bord se détachent les conduits excréteurs.
La glande lacrymale accessoire (portion palpébrale), beaucoup plus petite que la précédente, est aplatie et se trouve placée entre le tendon du releveur de la paupière supérieure et la conjonctive.
La glande lacrymale est une glande en grappe formée par des lobules que des cloisons conjonctives séparent les uns des autres. Ces lobules sont constitués (comme cela alieu dans toutes les glandes en grappe) par des culs-de-sac donnant naissance à des canalicules dont la réunion forme un certain nombre de conduits excréteurs. Quel que soit leur nombre, ces conduits s’ouvrent, suivant une ligne courbe, dans la partie externe du cul-de-sac de la conjonctive.
Les culs-de-sac glandulaires sont formés par une paroi amorphe tapissée par un épithélium granuleux.
Les canalicules excréteurs ont une paroi formée de fibres conjonctives et élastiques et revêtue à l’intérieur par un épithélium cylindrique.
La glande lacrymale reçoit l’amère lacrymale, branche de l’artère ophthalmique, ses veines se jettent dans la veine ophthalmique.
Les nerfs sont le nerf lacrymal, branche externe de l’ophthalmique de Willis, et un filet du rameau orbitaire du maxillaire supérieur ; de plus l’artère lacrymale est accompagnée par des filets du grand sympathique.
Vaisseaux et nerfs ‘abordent la glande par son bord postérieur.
B. Conjonctive. — (V. ce mot.)
C. Voies lacrymales. — Après avoir lubrifié la conjonctive, les larmes sont déversées dans les fosses nasales en traversant une série de cavités et de conduits qui sont, de haut en bas : 1° le lac lacrymal; 2° les points et conduits lacrymaux; 3° le sac lacrymal; 4° le canal nasal.
1° Lac lacrymal. — On donne ce nom à un espace triangulaire placé au niveau du grand angle de l’œil et limité en haut et en bas par cette partie interne des paupières, qui est incurvée et dépourvue de cils. L’aire de ce triangle est occupée par la caroncule lacrymale que revêt la conjonctive, c’est en ce point que convergent les larmes.
2° Points et conduits lacrymaux. — Les points lacrymaux sont deux petits orifices toujours béants, situés sur la lèvre postérieure du bord libre des paupières, à l’union de leur portion rectiligne avec
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leur'portion incurvée (c'est-à-dire sur les limites du sac lacrymal).
Ces orifices sont placés au sommet d’une petite éminence ( tubercule lacrymal), ils regardent en arriéré, c’est-à-dire vers le lac lacrymal, ils sont,
Fig. 701. — Voies lacrymales.
A. Conduit lacrymal inférieur. — B. Conduit lacrymal supérieur. — C. Sac lacrymal. — D. Canal nasal divisé en deux par une valvule. — Ê. Branche montante de l’os maxillaire supérieur.
par conséquent, très bien disposés pour recueillir les larmes.
Le point lacrymal supérieur est placé un peu en dedans du point lacrymal inférieur, aussi les deux points lacrymaux sont-ils juxtaposés lorsque les paupières sont rapprochées.
Ces points sont entourés par un cercle ( cercle fibro-cartilayineux ) qui les maintientconstamment béants; mais ils peuvent s’obstruer (dans les cas de blépharite ciliaire), se dévier (entropion et ectropion, paralysie faciale, etc.), il en résulte du larmoiement, c'est-à-dire que les larmes s’écoulent sur la joue.
Les conduits lacrymaux sont deux canalicules étendus des points lacrymaux au sac lacrymal : leur première partie, très courte (2 millimètres), logée dans le tubercule lacrymal, est verlicale; leur seconde partie, plus longue, se dirige vers le sac lacrymal, elle est oblique de haut en bas pour le conduit supérieur et de bas en haut pour l’inférieur.
Vers leur partie interne, les deux conduits se réunissent dans une étendue de 2 à 3 millimètres et se jeitent dans le sac lacrymal dont ils traversent la paroi externe à l’union de son tiers supérieur avec son tiers moyen (Sappey). Parfois les deux conduits s’ouvrent isolément dans le sac.
Les conduits lacrymaux sont formés par une membrane fibreuse (dépendant du tendon réfléchi du muscle orbiculaire), derrière eux se trouvent des fibres musculaires, qui s’insèrent, d’une part, sur la crête de l’os unguis et, de l’autre, sur les ligaments deâ tarses (tendon réfléchi de l’orbiculaire) ; elles ont pour effet d’attirer en arrière les points lacrymaux.
Ils sont tapissés extérieurement par une couche d’épithélium cylindrique.
3° Sac lacrymal. — Le sac lacrymal est une sorte d’ampoule allongée, logée dans la gouttière lacrymale placée en dedans de l'angle interne de l'œil.
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On a comparé ce sac au cæcum dont le cul-desac serait dirigé en haut ; en effet, le sac lacrymal se termine, en haut, par une extrémité fermée, il se continue directement en bas avec le canal nasal et reçoit, en dehors, les points lacrymaux.
Légèrement aplati d’avant en arrière, il présente un diamètre vertical de 10 à 14 millimètres et un diamètre transverse de 3 à 4 millimètres. Sa direction doit être soigneusement notée: il est oblique en bas, en arrière et en dehors, et on lui considéré deux faces, l’une postéro-interne et l’autre antéroexterne.
Sa face postéro-interne est adossée à la gouttière lacrymale, limitée, en avant, par la crête de l’apophyse montante, et, en arrière, par la crête de l’os unguis. Cette gouttière répond, du côté des fosses nasales, à une surface lisse placée au-devant du méat supérieur et à la partie antérieure du méat moyen.
Au-devant de ce tendon se trouve la peau et du tissu cellulaire.
La partie postérieure de cette face est croisée par le tendon réfléchi de l’orbiculaire, en arrière duquel se trouvent placés d’abord le muscle de Horner, puis l’aponévrose oculaire. Les conduits lacrymaux s’ouvrent sur cette paroi externe.
La surface inlerne du sac lacrymal est rosée; elle présente souvent des plis muqueux dont on a voulu faire des valvules, l’une supérieure, décrite par lluschke, l’autre inférieure, signalée par Béraud et à laquelle cet auteur faisait jouer un rôle capital dans la circulation des larmes et dans la production de la tumeur lacrymale; mais Sappey nie l’existence de ces valvules.
Le sac lacrymal est formé par une membrane fibreuse doublée d’une muqueuse qui se continue, d’une part, avec celle des conduits lacrymaux, et, de l’autre, avec la muqueuse du canal nasal. On n’y trouve guère que des glandes mucipares
Les artères proviennent de la nasale et des palpébrales. Les nerfs sont fournis par le rameau nasal de l’ophlhalmique de Willis.
4° Canal nasal. — Le canal nasal fait suite au sac lacrymal et s’étend de la partie inférieure de ce réservoir, jusqu’au méat inférieur des fosses nasales dans lequel il s’ouvre.
Creusé dans l’épaisseur de la paroi commune aux fosses nasales et au sinus maxillaire (dans lequel il fait un relief très accentué), ce canal présente la même direction que la paroi externe des fosses nasales, c’est-à-dire qu’il est oblique en bas, en arrière et en dehors ; de plus, au lieu d’être rectiligne, il décrit une légère courbe à concavité dirigée en arrière et en dedans.
Sa longueur varie de 8 à 14 mi'limètres (il est un peu plus long que le sac lacrymal). Son diamètre transverse mesure 2 millimètres, et son diamètre antéro-postérieur, 3 millimètres (Béraud). Les orifices du canal nasal méritent une mention spéciale.
L’orifice supérieur est situé immédiatement en arrière de la crête de l’apophyse montante du maxillaire supérieur, à 5 millimétrés au-dessous du relief formé par le tendon direct du muscle orbiculaire; cet orifice est arrondi.
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L’orifice inférieur s’ouvre dans le méat inférieur à l’union de son tiers antérieur avec ses deux tiers postérieurs (il est placé à environ 3 centimètres en arrière de l’aile du nez et correspond au coude que présente le bord inférieur du cornet inférieur). La situation de cette orifice n’est pas fixe, et sa forme dépend de cette situation. Tantôt il s’ouvre précisément dans le fond du méat, il est alors circulaire ; parfois sur sa paroi externe, il est alors elliptique à grand diamètre vertical ; enfin, il peut s’ouvrir près du plancher des fosses nasales, l'orifice est alors linéaire (Sappey).
La surface interne du canal, d’une couleur rosée, présente çà et là des replis assez variables dans leur nombre, leur disposition, leur forme et même leur existence : on en a décrit trois d’entre eux sous le nom de valvules. D’après Richet, bien que ces valvules n’aient point une disposition constante, elles sont toujours assez développées pour s’opposer au reflux de l’air ou des liquides des fosses nasales dans le sac lacrymal.
Le canal nasal est formé par un squelette tapissé intérieurement par une membrane muqueuse.
Le squelette est constitué, dans sa moitié antérieure et externe, par l’apophyse montante du maxillaire supérieur, et, dans sa moitié antérieure et interne, par l’os unguis et par la partie antérieure du cornet inférieur. Ce canal osseux est pourvu d’un périoste.
La muqueuse se continue avec celle du sac lacrymal et avec la muqueuse pituitaire; nous avons vu qu’elle présente des replis ou des valvules; de plus, au niveau de l’orifice inférieur, elle se prolonge sur une longueur de 1 à 2 millimètres ; cette muqueuse possède quelques glandes mucipares.
Physiologie. — Les larmes sécrétées par la glande lacrymale s étalent à la surface de la conjonctive et se dirigent vers l’angle interne de l’œil ; c’est grâce aux contractions intermittentes des paupières que les larmes sont étalées uniformément à la surface de la cornée dont elle préviennent le dessèchement. Dans les circonstances ordinaires, leur sécrétion est peu abondante, mais sous l’influence de l’excitation de la surface de l’œil (acte réflexe) ou d’une émotion morale, les larmes sont sécrétées abondamment (dans le premier cas, elles ont pour but d’entraîner l’agent irritant, et dans le second, elles donnent à la physionomie une expression particulière) et elles s’écoulent sur la joue.
On se rend aisément compte de l’arrivée des larmes jusqu’au lac lacrymal, mais on n’est point d’accord sur le mécanisme qui préside à leur pénétration dans le sac lacrymal et, par suite à leur écoulement dans le nez. Voici les principales théories proposées sur ce sujet:
1° Théorie du siphon (Petit). — Les voies lacrymales agiraient à la manière d’un siphon dont la petite branche serait représentée par les conduits lacrymaux, et la grande branche par le canal nasal. Comment s’amorce le^iphon ? On ne le dit pas.
2° Théorie de Richet. — Pour ce professeur, la partie antérieure du sac lacrymal est attirée en avant par les contractions du muscle orbieulaire,
I les valvules du canal nasal se soulèvent, et les « larmes amoncelées dans le sac lacrymal sont ainsi aspirées dans le sac, etc.
3° Théorie de l'aspiration (Sédillot). — Les larmes seraient aspirées dans le conduit lacrymo-nasal (sac lacrymal et canal nasal) par la raréfaction de l’air dans les fosses nasales au moment de l'inspiration. Cette théorie est peut-être la plus admissible, car, d’une part, lorsque les larmes sont sécrétées en abondance, nous faisons instinctivement de brusques inspirations (sanglots), et, d’autre part, le meilleur moyen de guérir Yèpiphora consiste à dilater le canal nasal.
Maladies de l’appareil lacrymal. — Maintenant
que nous connaissons la structure et les fonctions de l’appareil lacrymal, nous allons étudier les maladies qui peuvent atteindre : A. la glande lacrymale; H. les points et conduits lacrymaux; C. le sac lacrymal et le canal nasal.
Maladies de la glande lacrymale. — Plaies. — Une plaie de la paupière supérieure, au voisinage de sa partie externe, peut intéresser la glande lacrymale ; il est bien rare que cette blessure ait des suites fâcheuses, les fistules sont très exceptionnelles, et il est tout aussi rare de voir se développer une tumeur par oblitération des orifices excréteurs et accumulation des larmes; cependant on réunira exactement les plaies de la paupière supérieure pour prévenir les complications.
Inflammation. — Très rare , presque toujours traumatique et difficile à distinguer d’un phlegmon partiel de l’orbite ou d’une ostéo-périostite, l’inflammation de la glande lacrymale se traduirait d’abord par de la douleur, puis par une tuméfaction inflammatoire au niveau de l’angle externe des paupières. Cette inflammation pourrait donner naissance à du pus, auquel il faudrait se hâter d’ouvrir une voie.
Dans quelques cas, sous l’influence de conjonctivites chroniques, de syphilis, etc., cette inflammation s’est manifestée sous une forme chronique; la glande se présente alors sous l’aspect d’une tumeur dure, circonscrite, peu douloureuse, gênant les mouvements de l’œil, mais ne déterminant dans la sécrétion des larmes que des désordres peu appréciables.
On a conseillé l’emploi de l’iodure de potassium à l’intérieur et des frictions avec l’iodure de plomb.
Fistules. — Les fistules de la glande lacrymale sont rares et presque toujours consécutives à des lésions traumatiques de ses conduits excréteurs. Il est plus rare encore de voir une tumeur lacrymale compliquer ces fistules; à vrai dire on n’en possède que trois observations.
Quoi qu’il en soit, la fistule consiste en un petit pertuis placé sur la paupière supérieure, pertuis d’où s’écoulent des larmes. Lorsqu’il existe une tumeur, elle occupe la glande, et par la compression on peut en faire jaillir un liquide clair comme de l’eau de roche. C’est à peine si, comme trouble fonctionnel, on a signalé un peu de sécheresse de la conjonctive. m
On a attaqué ces fistules par les injections astringentes, la cautérisation au fer rouge; d’externes on les a transformées en internes (Bowman).
Tumeurs de la glande lacrymale. — Nous venons
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d’étudier les kystes formés par l’oblitération ou le rétrécissement des conduits extérieurs de la glande, et par l'accumulation des larmes ; de plus, la glande lacrymale peut être le siège de tumeurs solides; ainsi on a signalé l’existence d 'adénomes se présentant sous l’aspect d’une petite tumeur du volume d’un haricot, soulevant la conjonctive fort injectée à ce niveau. Busch a, parait- il, observé un enchondrome. On possède aussi quelques observations de cancer.
Nous croyons inutile d’insister sur les caractères de ces tumeurs, vu leur rareté et la facilité avec laquelle, le cas échéant, elles seraient reconnues.
Ces tumeurs doivent être enlevées : pour cela on incise longitudinalement la paupière à leur niveau, on les saisit avec une érigne et on les détache ; si après l’extirpation la paupière était trop longue, il faudrait en enlever un lambeau.
B. Maladies des points et des conduits lacrymaux. — Les points et les conduits lacrymaux sont chargés de recueillir les larmes qui ont lubrifié la conjonctive, et de les conduire dans le sac lacrymal d’où elles gagnent les fosses nasales par l’intermédiaire du canal nasal, de telle sorte que si les points et conduits lacrymaux viennent à être déviés, rétrécis ou oblitérés, les larmes trouvant leurs voies naturelles obstruées, doivent s’écouler sur la joue : c’est ce qui constitue Yépiphora (V. ce mot).
Les rétrécissements ou oblitérations peuvent se produire sous diverses influences: Jes uns sont consécutifs à une phlegmasie de la muqueuse qui tapisse ces conduits, phlegmasie presque toujours liée à une conjonctivite chronique, à des blépharites ciliaires ou glanduleuses, et qui a pour conséquence une hypertrophie de la muqueuse; d’autres sont dus à la présence de corps étrangers (cils, concrétions de mucus, calculs, masses cryptogamiques (leptothrix) etc. ; d’autres à de petits polypes que l’on voit parfois surgir du point lacrymal comme une petite masse rouge, du volume d’un grain de millet.
Ces lésions des points et conduits lacrymaux déterminent un épiphora, c’est-à-dire un écoulement de larmes sur la joue. C’est la conséquence naturelle de l’obstruclion, on conçoit que l’épiphora doit être bien plus considérable si les deux conduits sont fermés.
En même temps la narine correspondante est sèche et la pression exercée sur le sac lacrymal ne détermine l’issue d’aucun liquide par les points lacrymaux.
Mais le diagnostic ne peut être complété que par l’exploration de ces conduits et par les injections faites avec la sonde d’Anel.
Car si le conduit est libre, le liquide injecté tombe dans les fosses nasales, tandis que s’il est rétréci ou obstrué, le liquide reflue sur le pourtour de la canule.
Pour pratiquer le cathétérisme des conduits lacrymaux, il faut attirer légèrement la paupière vers la tempe; s’agit-il du point lacrymal supérieur, la sonde est introduite dans le point lacrymal directement de bas en haut, et dès qu’elle a atteint le coude formé par ce canal, on lui fait décrire un arc de cercle qui porte sa pointe en bas et en
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dedans ; s’agit-il du point lacrymal inférieur, la sonde est d’abord introduite directement de haut en bas, puis horizontalement. Si le conduit est libre, la sonde n’est arrêtée que par la paroi os-
Fig. 702.
Injections pratiquées dans les voies lacrymales avec la sonde d’Anel. — A Les deux doigts de la main écartant les paupières. — B. Main droite du chirurgien tenant la seringue.
seuse et nasale du sac lacrymal ; mais s’il est rétréci, il arrête la sonde qui entraîne vers le nez la paroi du sac et la peau, et en même temps on perçoit une résistance élastique.
L’injection se pratique ainsi : le malade est assis en face du jour, le chirurgien, tenant la seringue de sa main droite, attire de sa main gauche la paupière en dehors et un peu en bas et introduit dans le point lacrymal, qui est devenu saillant, le siphon de la canule, il suffit de l’enfoncer de 3 à 4 millimètres.
Le cathétérisme et les injections suffisent pour rétablir la perméabilité d’un conduit simplement obstrué par du mucus, par des cils, etc. Si les points lacrymaux sont rétrécis, on peut les dilater soit avec une épingle, soit avec des dilatateurs spéciaux ou encore les inciser.
Si le conduit lacrymal est rétréci, et que ce rétrécissement ait son siège fort rapproché du point, lacrymal, Bowman incise traversalement le conduit entre son rétrécissement et le sac lacrymal, puis, introduisant une sonde par la plaie, il fend le conduit et la conjonctive.
En résumé, le cathétérisme et les injections répétées parviennent souvent à dilater les rétrécissements, et s’ils étaient rebelles on pourrait, à l’exemple de Galezowski, les inciser directement.
Déviation des points lacrymaux. — Cette déviation accompagne naturellement toutes les déviations de la paupière, mais de plus elle s’observe chez beaucoup de vieillards sous la seule influence de l’affaiblissement sénile du muscle orbiculaire, et aussi à la suite des inflammations chroniques de la conjonctive ou des paupières, au voisinage de l’an-
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gle interne de l'œil. Les vices de conformation des points et conduits lacrymaux n’offrent que peu d’intérêt : tantôt ces points et conduits sont plus larges qu’il ne convient, tantôt plus étroits, ils ppuvent même manquer ou se trouver fermés par une mince membrane : on a par contre signalé la présence de points et de conduits lacrymaux anormaux.
Les larmes ne rencontrant plus leurs voies naturelles s’écoulent sur la joue. Ce n’est cependant pas de l’épiphora, car la sécrétion n’est pas exagérée.
Pour obvier à cet inconvénient, Bowman incise le conduit lacrymal à l’aide d’un couteau à cataracte qu’il fait glisser dans la cannelure d’une petite sonde. L’incision s’étend du point lacrymal jusqu’à la caroncule, et elle fait ainsi un petit sillon dans lequel les larmes s’engagent facilement. Ce petit sillon ayant de la tendance à se fermer, Critchett a proposé d’exciser un portion delà lèvre postérieure.
C. Maladies du sac lacrymal et du canal nasal. — Plaies. — A la suite des fractures des os du nez, ou, plus rarement, sous l’influence d’une contusion directe, le sac lacrymal et le canal nasal peuvent être déchirés, rétrécis, etc. Il en résulte du larmoiement et souvent une dacryocy utile dont la fistule lacrymale peut être la conséquence.
Il faut donc, dans les fractures des os du nez, attacher une importance spéciale à la coaptation régulière des fragments. Plus tard on pourrait par le cathétérisme rendre leur perméabilité aux voies lacrymales rétrécies.
Inflammation ou dacryocystite. — Tumeur et fistule lacrymales. — Nous réunissons dans un même article ces diverses maladies des voies lacrymales, car elles sont liées les unes aux autres à tel point Ique la fistule lacrymale est la conséquence de la Vumeur lacrymale, et que celle-ci est engendrée par l’inflammation.
J On sait que la muqueuse qui tapisse le sac lacrymal et le canal nasal se continue d’une part avec la conjonctive, de l’autre avec la muqueuse de Schneider: il est donc naturel que la plupart de ces phlegmasies soient une extension de celles de ces muqueuses, et surtout de la première.
La dacryocystite aiguë se développe à l’occasion d’une conjonctivite, d’un traumatisme, de la présence d’un corps étranger, du cathétérisme des voies lacrymales, etc.
La dacryocystite chonique succède souvent à plusieurs accès d’inflammation aiguë, elle coexiste fréquemment avec des blépharites chroniques, des coryzas répétés, des granulations palpébrales, etc. (Y. Dacryocystite).
La tumeur LACimiALE est la conséquence de la dacryocystite chronique, et elle est le résultat d’une double influence: 1° l’inflammation exagère la production des larmes et surtout produit des mucosités purulentes qui ne peuvent traverser le canal nasal, elles vont donc s’accumuler dans le sac lacrymal et le distendre de taçon à lui donner la forme d’une tumeur; 2° l’inflammation chronique de la muqueuse l'épaissit, d'où rétrécissement des voies lacrymales et nouvel obstacle à l’élimination des
produits de la sécrétion. On a voulu également faire jouer un rôle important dans la pathogénie de la tumeur lacrymale à une ou deux valvules qui, placées dans le canal nasal, pourraient, par leur épaississement, leur adhérence, etc., entraver le cours des larmes (Béraud).
L’étroitesse congénitale ou acquise du canal nasal a une large part dans la production de la tumeur lacrymale. On sait, en effet, que lorsque les voies d’évacuation d’un réservoir ne sont pas libres ce réservoir, irrité par la stagnation et la décomposition des produits qui ne devaient y faire qu’un court séjour, s’enflamme et ne guérit que parle rétablissement de la circulation ; c’est ce que l’on observe pour la vessie dans le cas de rétrécissement de l’urèthre, et pour le sac lacrymal, lorsque le canal nasal est rétréci.
La fistule lacrymale est une ouverture anormale par laquelle les produits relenus dans la tumeur lacrymale se créent une voie à l’extérieur; elle est donc la conséquence de la tumeur lacrymale.
Mackensie, Warlomont, etc., ont parfaitement exposé l’enchaînement des divers désordres que nous étudions, en les envisageant comme une maladie unique qui présenterait cinq périodes: larmoiement , blennorrhée , abcès, fistule et carie.
1° Dacryncystie aiguë. — Voici un malade qui, depuis quelque temps, souffrait de certains désordres dans le cours des larmes, il était atteint d’une blépharite, d’une conjonctivite, etc.; lorsqu’il vient à éprouver une douleur plus vive au niveau de l’angle interne de l’œil, les larmes coulent en abondance sur sa joue; au contraire, la narine correspondante reste sèche. Bientôt on constate au niveau de l’angle interne de l’œil un gonflement allongé, bien circonscrit, assez dur, du volume d’une petite fève, c’est le sac lacrymal distendu.
L’inflammation échauffant les parties voisines, la peau rougit, le tissu cellulaire s’œdématie dans une étendue variable, et la tumeur primitive enfouie dans cette tuméfaction n’est plus appréciable, à tel point que l’on pourrait croire à un érysipèle commençant ou à un phlegmon, si l’on ignorait les antécédents.
Arrivée à ce degré, l’inflammation peut s’apaiser, mais elle sera prête à renaître sous la plus légère influence ; elle peut suppurer. On voit alors la tumeur se ramollir graduellement, la peau devient violacée, elle s'amincit, se perfore et à travers l’orifice s’écoule un pus épais, puis mélangé de larmes ; la fistule peut se fermer ou couler indéfiniment. Enfin la dyacrocystie aiguë peut passer à l’état chronique.
2° Dacryocystite chronique. 3° Tumeur lacrymale.— Au niveau de l’angleinterne de l’œil se trouve une tumeur de volume variable ; en attirant la paupière en dehors, de façon à déterminer la tension des tendons du muscle orbiculaire, on voit que la tumeur se trouve située au-dessous de ce tendon, ou à la fois au-dessus et au-dessous, ce qui lui donne la forme d’une gourde. Cette tumeur est tantôt molle et fluctuante, tantôt dure ; vient-on à exercer sur elle une pression on fait sourdre à tra- ' vers les points lacrymaux le liquide muco-purulent qui distend le sac lacrymal ; la tumeur peut
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ainsi se vider, mais elle ne tarde pas à se remplir; certaines tumeurs sont irréductibles.
Les troubles fonctionnels consistent en un épiphora plus ou moins pénible et en rapport avec le degré d’obstruction des voies lacrymales, la narine correspondante est sèche, il n’existe pas de douleur, mais une démangeaison modérée; très souvent cet étal chronique est parsemé de poussées aiguës. On a décrit plusieurs variétés de tumeur lacrymale. — L’une d'elles est constituée par le relâchement du sac lacrymal qui, ayant perdu son ressort, se laisse dilater par les larmes, bien que
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Fig. 703.
Tumeur lacrymale très développée. — A,B. Tumeur.
C,D. Emplacement normal du sac.
le canal nasal ait conservé sa perméabilité. Une autre variété se distingue par l’imperméabilité des conduits lacrymaux et du canal nasal, le mucus sécrété par les parois du sac ne peut être évacué, il s'accumule dans le sac et y forme une tumeur. Enfin, la paroi du sac peut s’érailler, sans que la peau soit perforée, les matières contenues dans le sac se créent une nouvelle poche au-dessous de la peau, il s’établit une sorte de fistule lacrymale borgne interne.
4° Fistule lacrymale. — La tumeur lacrymale peut rester longtemps stationnaire soit en raison de la résistance des parties, soit par le fait des pressions exercées par le malade, etc.; mais de temps en temps les conduits s’engorgent, la tumeur se distend, la peau rougit; ces bouffées inflammatoires peuvent s’apaiser, mais souvent elles occasionnent la formation d'un abcès au-devant du sac lacrymal ou bien elles le perforent; dans les deux cas il se forme une fistule lacrymale. C’est un orifice de dimension variable, habituellement placé vers la partie inférieure du sac lacrymal, et qui laisse suinter du muco-pus dilué par une certaine quantité de larmes. Le trajet de la fistule est très court; si l’on introduit un stylet on arrive rapidement dans le sac lacrymal souvent distendu par des fongosités; la peau qui entoure l’orifice, irritée par l’écoulement du muco-pus, est rouge, décollée, amincie, rugueuse, etc.
La simple constatation de la maladie est aisée, mais il faut de plus rechercher si le canal nasal et les conduits lacrymaux sont perméables, on y arrive
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aisément à l’aide d’injections poussées par les points lacrymaux.
Le pronostic est sérieux par la tendance que présente la maladie à s’aggraver, par sa durée et par la difficulté d’obtenir sa guérison.
On a cherché par de nombreux procédés à guérir la tumeur et la fistule lacrymales; ces procédés sont basés sur quatre indications principales : i° ramener le sac à son état naturel; 2° détruire le rétrécissement du canal; 3° lui substituer un canal artificiel; 4° enfin supprimer l’organe sécréteur des larmes.
Le traitement auquel on a généralement recours consiste dans la dilatation mécanique des voies lacrymales, dilatation suivie d’injections. La dilatation peut être faite par deux procédés : 1° celui deBowman; 2° celui de Weber.
Ddatalion par le procédé de Bowman. — On incise avec le, couteau de Weber le conduit lacrymal su-
Dilatation des voies lacrymales au moyen des sondes de Bowman.
périeur, rendu plus saillant en relevant la paupière, et on glisse le long de la cannelure qui résulte de l’incision une sonde de Bowman, préalablement huilée; dès qu’elle vient buter sur la paroi osseuse du sac, on la relève et on lui donne la direction du canal nasal, c’est-à-dire que son extrémité inférieure sera dirigée dans le sens du sillon naso-labial ou mieux encore vers l’intervalle qui sépare la deuxième incisive supérieure de la canine, tandis que son extrémité supérieure répond à la tête du sourcil.
On laissera la sonde en place de quinze à vingt minutes et on répétera ce cathétérisme tous les deux joues, à moins qu’il ne survienne quelques phénomènes inflammatoires, auquel cas il faudrait s’arrêter.
Dilatation par le procédé Weber. — Weber a substitué des bougies élastiques et des bougies en cire (de 1 millimètre et demi à leur petite extrémité) aux bougies métalliques de Bowman : si le
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rétrécissement est infranchissable à ces bougies, il a recours pour le dilater de force à une sonde métallique biconique. Bien que le procédé de Weber ait été très vivement attaqué, il a donné de bons résultats.
Quel que soit le procédé auquel on ait recours, il convient de compléter l’action mécanique delà dilatation par des injections modificatrices pratiquées avec la seringue d’Anel.
La présence d’une fistule lacrymale ne change rien au traitement, il doit être tel que nous venons de l’indiquer ; la fistule se ferme d’elle-mème dès que les voies lacrymales ont recouvré leur perméabilité; parfois des cautérisations directes au nitrate d’argent en hâtent la guérison.
Polypes du sac lacrymal. — On trouve dans la science quelques observations de polypes développés dans le sac lacrymal, ils s’accompagnaient d’un catarrhe*plus ou moins intense, sans qu’il soit possible de dire si le catarrhe avait été la cause ou la conséquence du polype. L’incision du sac lacrymal a seule permis de porter un diagnostic précis; de plus, elle a seule permis d’extirper le polype.
Dr Léon Moynac.
LACTATE. — Nom donné parles chimistes à des sels formés par la combinaison de l’acide lactique avec une base. Les principaux lactates usités en médecine sont : le lactate de magnésie, le laclate de fer, le lactate de soude et le lactate de zinc (V. ces mots). p. l.
LACTATE DE FER. — Le lactate de fer, qui se présente sous forme de cristaux d'un blanc légèrement verdâtre, est un sel doué d’une saveur atramentaire, plus soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide, et dont la solution est facilement altérable à l’air. Ressuscité par Gélis et Conté, le lactate de fer, très employé en médecine vers 1840, est de jour en jour plus délaissé, depuis qu’on a démontré que son introduction dans la thérapeutique et les éloges exagérés qui ont été accordés à ses effets, reposent sur une erreur de chimie et de physiologie. p. l.
LACTATE DE MAGNÉSIE. — Le lactate de magnésie est un sel très soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, à peine sapide, qui jouit de propriétés purgatives à la dose de 30 grammes. Il est peu usité. p. l.
LACTATE DE ZINC. — Le lactate de zinc, qui se présente sous forme d’aiguilles et de lamelles brillâmes, est un sel soluble dans l’eau chaude, insoluble dans l’alcool, doué d’une saveur atypique, non désagréable, particulière aux sels de zinc, qui a été vanté par llerpin, de Genève, contre l’épilepsie, à la dose de 30 centigrammes, à \ et même 2 grammes par jour. On peut aussi l’utiliser à l’extérieur, comme astringent, en collyre ou en injections. p. L.
LACTATION. — Mot employé comme synonyme d 'allaitement et aussi pour désigner la fonction de la mamelle qui consiste à sécréter et à excréter le lait (V. Allaitement, Lait, Mamelle). p. L.
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LACTIFÈRE. — On donne le nom de lactifères ou ga/actophores, en anatomie, aux canaux excréteurs de la glande mammaire (V. Mamelle), p. l.
LACTINE. — Synonyme de Lactose (V. ce mot).
LACTIQUE (acide). — L’acide lactique, qui a été retiré pour la première fois par Scheele du lait aigre, qui existe dans plusieurs liquide de l’économie, dans le sang, dans l’urine, dans le liquide qui imprègne les muscles, et qu’on trouve dans un grand nombre de produits ayant subi la fermentation, tels que le jus de betterave, la choucroute, etc., s’obtient artificiellement en dissolvant dans du petit lait du sucre de lait, et en abandonnant la solution à elle-même, à une température de 25 à 3<> degrés centigrades. Au bout de quelques jours le sucre de lait est transformé en acide lactique. Celui-ci se présente sous la forme d’un liquide siropeux, incolore, qui ne se cristallise pas, même dans le vide. Mais, si on le chauffe dans un tube avec précaution, il s’épaissit peu à peu, puis se sublime en un corps blanc cristallisable en lames dans l’alcool très chaud. L’acide, lactique combiné avec des bases forme des sels appelés lactates (V. ce mot), dont quelques-uns sont employés en médecine. p. L.
LACTO-PHOSPHATE DE CHAUX. — Le lacto-
phosphate de chaux est une nouvelle préparation obtenue par la dissolution du phosphate de chaux au moyen de l’acide lactique, dont nous sommes redevable à l’habile pharmacien Dusart, qui en a fait la base du sirop et du vin qui portent son nom (V. Chaux [phosphate de] et Dusart [sirop et . vin de]). P. L.
LACTOSE. — La lactose, qu’en appelle aussi lactine ou sucre de lait, est une variété de sucre qui existe dans le lait de la femme et de tous les mammifères (V. Lait). p. L.
LACTUCARIUM. — Le lactucarium est un suc laiteux obtenu par incision et desséché au soleil après avoir été découpé en rondelles minces. Il se présente dans le commerce sous forme de pains aplatis, du poids de 20 à 40 grammes. Ces pains sont secs, cassants, de couleur brune foncée, souvent recouverts d’une légère efflorescence blanc grisâtre. Le lactucarium exhale une odeur vireuse qui approche de celle de l’opium et possède une saveur amère; il contient d’après Aubergier un principe amer, la lactucine, qui aurait quelques analogies d’action avec la morphine, et en plus de la mannite, de l’asparagine, de l’albumine, un acide libre, de la cire, de la résine et quelques sels.
Ce produit possède les vertus calmantes de l’opium à un faible degré, il est vrai, mais aussi sans en avoir les inconvénients; de là, l’indication de son emploi chez les personnes trop impressionnables aux préparations opiacées. Son efficacité est incontestable dans la grippe, le catarrhe, la bronchite, dans toutes les maladies des voies respiratoires dans lesquelles la diminution de la douleur