‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 51 sur 344 · LAG · texte numérisé non relu

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et de la toux peut contribuer à rendre le repos et le sommeil.

Son mode d'administration est assez variable. La poudre est peu employée. L’extrait alcoolique se donne plus souvent; on le fait prendre à la dose de

10 à 50 centigrammes soit en pilules, soit, mais plus rarement, en potion ou délayé dans une tisane appropriée.

Le sirop est très employé sous forme de sirop de lactucarium opiacé du Codex, dont 50 grammes représentent 1 centigramme d’extrait alcoolique de lactucarium et 5 miligrammes d’extrait d'opium.

11 se donne à la dose de 1 à 4 cuillerées par jour, le plus souvent pur, quelquefois en potion ou dans une tisane pectorale. Dr marc. Cambouuves.

LADRERIE. — La ladrerie est une maladie spéciale aux porcs, qui doit trouver sa place dans ce dictionnaire, parce qu’elle peut se transmettre à l'homme. Elle consiste dans la pénétration des muscles, du tissu cellulaire et des organes internes, par un nombre plus ou moins considérable d’un parasite appelé cysticerque (V. ce mot), qui n’est autre chose que la larve du tænia (V. ce mot).

Les porcs qui en sont atteints sont dans un état de faiblesse générale très grande, leurs muqueuses sont décolorées, leur tissu cellulaire est infiltré et, si on examine leur langue, on trouve à sa face inférieure de petites vésicules caractéristiques qui ne sont autre chose que les vésicules des cysticerques.

La chair crue du porc ladre tué, se reconnaît assez facilement à la vue. Elle est aqueuse, décolorée, molle et parsemée de petits grains blancs qui ne sont que les vésicules des cysticerques. Si on coupe une tranche d’un muscle, on y remarque de petits espaces vides qui ne sont que la cavité des vésicules sectionnées par le couteau. Cuite, la chair du porc ladre croque sous la dent, n’a qu’une saveur fade et un pouvoir nutritif très faible. D’après Delpech, les morceaux les plus atteints de ladrerie sont : la langue, les muscles du cou, les épaules, les entrecôtes, les filets, etc.

Le porc devient ladre en avalant, avec son eau ou ses aliments — qu’il va chercher jusque dans les immondices les plus sordides, les excréments, etc., — des œufs de tænias rejetés par l’homme ou par des animaux porteurs de ce dernier parasite.

Chez l’homme, la ladrerie est occasionnée surtout par l’ingestion de viande de porc ladre insuffisamment cuite. Elle peut être aussi produite par l’ingestion d’œufs de tænia mélangés à l’eau de boisson ou aux légumes. Les cysticerques peuvent se développer dans le tissu cellulaire, dans les muscles de l’œil, dans le cœur, dans le cerveau, etc. Malheureusement, on ne reconnaît le plus souvent leur existence que lorsqu’ils sont déjà très nombreux et lorsqu’ils siègent dans la peau où ils sont visibles à l’œil nu, ou dans l’œil où on peut les voir à l’aide de l’ophthalmoscope.

Très rare dans les villes où toutes les viandes sont inspectées et vérifiées avant d’être livrées à la consommation, la ladrerie se rencontre plutôt dans I les campagnes, où le plus souvent le porc est tué 1 directement par son propriétaire.

On peut vivre avec des cysticerques dans le corps, Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

mais lorsqu’ils se logent dans le cerveau, ils déterminent de violents maux de tête, des accès épileptiformes, des convulsions , des paralysies diverses, etc., et finissent par entraîner la mort.

On a conseillé contre la ladrerie l’iodure de potassium concurremment avec des toniques et des

fortifiants, mais sans grande efficacité. Le meilleur moyen de se préserver de la ladrerie consiste à ne jamais manger que de la viande de porc excessivement cuite. Lorsque dans les campagnes on voudra, par économie, manger un porc que l’on sait être ladre, il faudra que la température de cuisson dépasse 100 degrés au moins, cette température étant reconnue nécessaire pour tuer les cysticerques. Dr Paul Labarthe.

LAGASSE (capsules). — Les capsules Lagasse sont de petites capsules, de la grosseur d’un pois, dans lesquelles M. Lagasse est parvenu à emprisonner la yemme de pin, telle qu’il la recueille au moment même où elle s’écoule de l’arbre. Ces capsules permettent d’administrer la gemme, sous un petit volume et sans dégoût, aux personnes délicates qui éprouvent quelque répugnance à prendre les médicaments sous la forme liquide. Parfaitement tolérées par l’estomac, les indications des capsules Lagasse sont celles de la gemme (V. ce mot). Elles se prennent à la dose de 4 à 6 par jour, 2 ou 3 avant chaque repas. c. Sarran.

LAGASSE (GEMME SAPONINÉE). — (V. Gemme.)

LAGASSE (HYDRO-GEMMINE). — (Y. Hydrogemmine.)

LAGASSE (sirop et pâte de). — Le sirop et la pâte de Lagasse, sont deux produits à base de sève de

pin maritime additionnée d’une faible quantité de codéine, qui sont indiqués dans tous les cas où on veut faire usage de la sève de pin (V. Pin). Le sirop se prend trois fois par jour, chaque fois à la dose de 1 ou 2 cuillerées à café pour les enfants, à soupe pour les adultes ; la pâte à la dose de 8 à 12 morceaux par jour. c. s.

LAGOPHTHALMIE. — Nom donné parles oculistes à l’occlusion incomplète de l’œil par les paupières. Cette occlusion peut être la conséquence de diverses maladies, telles que : ectropion, tumeurs diverses, cicatrices vicieuses, paralysie, etc. Son traitement variera donc selon la cause qui l’a produite, p. l.

LAIT. — On appelle lait le liquide sécrété par la glande mammaire de la femme et des femelles des animaux mammifères, et destiné à constituer le premier aliment de l’enfant nouveau-né et des petits. Il apparaît dans les mamelles sous l’influence de la grossesse et il est alors appelé colostrum, mais il ne devient abondant qu’après l’accouchement. Dans quelques cas exceptionnels, on l’a trouvé tout formé dans les mamelles d’enfants nouveau-nés et de jeunes filles vierges. Il existe aussi chez les chiennes au moment du rut. Enfin, les ouvrages de physiologie relatent quelques exemples d’hommes dans les mamelles desquels on a rencontré du lait.

Dans cet article, nous ne nous occuperons que du lait, renvoyant au mot mamelle (V. ce mot) l’étude de la sécrétion de ce liquide nourricier.

Caractères physiques du lait. — Le lait est un liquide d’une densité moyenne de 1,033, c’est à-dire un peu supérieure à celle de l’eau, d’une couleur blanche ou blanc bleuâtre, opaque, due à la présence des corpuscules gras qui y sont suspendus, d’une saveur sucrée, douce et agréable, d’une odeur spéciale, sui generis, qu’on ne peut pas bien définir, variable suivant l’animal dont il provient, et qui disparaît lorsqu’on le fait bouillir.

Examiné au microscope, le lait présente, au milieu du sérum homogène, un très grand nombre de gouttelettes graisseuses appelées globules du lait. Ces globules, de dimensions variables entre 2 et 20 millièmes de millimètre de diamètre, sont sphériques, colorés en jaune pâle, avec centre brillant et bords noirâtres. Ce sont ces globules, plus légers que le sérum, qui montent à la surface du lait, lorsqu’on le laisse reposer, et qui forment la crème. Si l’on bat cette crème, tous les globules se réunissent en une seule masse qui constitue le beurre.

Caractères chimiques ou composition du lait. —

Chimiquement, le lait est une dissolution, à réaction légèrement alcaline, de matières albumineuses, de sucre de lait et de divers sels, tenant en suspension des globules de beurre. Il contient donc une partie liquide et une partie solide.

La partie liquide est constituée par de l’eau et des matières dissoutes. L’eau s’y trouve en très grande quantité (V. le tableau plus bas). Quant aux matières dissoutes, on y trouve, comme substances organiques du sucre de lait, qu’on appelle aussi lactirie ou lactose, de la caséine, de Yalbumine, et

| comme substances inorganiques, des sels nombreux : phosphate de chaux, chlorure de sodium , phosphate de soude, phosphate de magnésie, phosphate de fer; enfin la partie liquide du lait contient des gaz libres : acide carbonique, azote, oxygène.

La partie liquide est constituée essentiellement par des globules graisseux formés par un mélange en proportions variables de plusieurs matières grasses : margarine, stéarine, oléine, butyrine, etc. Quévenne et Milon y ont rencontré en outre de la caséine insoluble.

Les deux tableaux suivants, dus, le premier à Vernois et Becquerel, le second à Gorup-Besanez, montrent la composition moyenne du lait des différents animaux, au point de vue de leurs principes constituants :

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