‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 58 sur 344 · Epithélium. — 2, 3. Cône de la papille. — 4. Calice · texte numérisé non relu

Epithélium. — 2, 3. Cône de la papille. — 4. Calice

toure un bourrelet circulaire. Ce sont les papilles les plus sensibles aux saveurs. Elles sont chargées de percevoir les saveurs amères.

Les papilles fongiformes , moins volumineuses que les précédentes, se présentent sous forme de petites élevures rougeâtres. Elles se trouvent sur les deux tiers antérieurs de la face dorsale de la langue et sont au nombre de 150 à 200. Elles ont la forme d’un champignon. Elles perçoivent les saveurs sucrées et salées.

Les papilles corolliformes ou coniques sont très nombreuses ; elles existent sur toute la surface buccale de la langue où elles forment des lignes régulières.

Les papilles hémisphériques sont de petites saillies situées à la face inférieure de la face de la langue, et dans l’intervalle des autres papilles.

Sous la muqueuse, on trouve des glandes en grappes et des glandes folliculeuses.

Fig. 713. — Glandes folliculeuses de la base de la langue.

1. Cavité de la glande — 2 Follicules clos. — 3. Paroi externe de la glande. — 5. Paroi interne de la glande. — 4. Glandes en grappe s’ouvrant dans la cavité de la glande folliculeuse.

Les glandes en grappe siègent dans toute l’étendue de la langue, tandis que les glandes folliculeuses n’existent qu’à la base.

La langue reçoit ses vaisseaux de l’artère linguale.

Les nerfs sensitifs sont fournis par le nerf lingual, et le nerf glosso-pharyngien, les nerfs moteurs par le facial, et le grand hypo-glosse.

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Vices de conformation de la langue. — On a vu

quelques cas d’absence congénitale de la langue qui n’est alors représentée que par un petit mamelon charnu. Quelques auteurs ont aussi observé la bifidilé de cet organe. Les faits d ’ankyloglosse ou d'adhérences de la langue sont plus fréquents. Ces adhérences sont congénitales ou accidentelles.

Fig. 714. — Vaisseaux et nerfs de la langue.

1. Surface de section du maxillaire inférieur. — 2. Muscle génihyoïdien ; au-dessus de lui se voit le muscle génio-glosse, muscle infiniment plus développé et dont la séparation avec le génihyoïdien n'est pas assez nettement indiquée. — 3. Muscle hyoglosse. — 3'. Os hyoïde. — 4. Langue dépouillée de sa muqueuse — 4'. Muqueuse linguale dédoublée. — 5. Nerf facial. — 5’. Corde du tympan. — 6. Nerf lingual (branche terminale du nerf maxillaire inférieur. — 7. Nerf grand hypo-glosse. — 8. Artère carotide externe. — 8'. Nerf pneumogastrique. — 9, 9. Nerf glosso-pharyngien allant se distribuer au tiers postérieur de la muqueuse linguale. — 10. Filet du nerf facial se rendant aux muscles stylo-glosse et stylo-pharyngien. — 11. Artère linguale. — 12, 14 Muscle stylo-glosse. —13. Muscle stylo-pharyngien. — 13. Muscle constricteur inférieur du pharynx.

Dans le premier cas, l’enfant vient au monde avec la langue fixée à la voûte palatine ou au plancher de bouche. Pour détruire les adhérences à la paroi supérieure de la cavité buccale, il suffit généralement de les rompre avec le doigt. Quant à celles du plancher, il faut pratiquer l’opération de la section du filet. Pour cela, on relève la face inférieure de la langue avec une sonde cannelée dont la fente loge le filet que l’on coupe au moyen de ciseaux mousses.

Nous croyons qu’il est préférable d’employer le galvanocautère qui évite ainsi les hémorrhagies déterminées parla section des ciseaux.

Inflammation de la langue ou glossite. — (V. Glossite).

Ulcérations de la langue. — La langue est fréquemment le siège d’ulcérations occasionnées par le voisinage d’une dent atteinte de carie ou présentant des aspérités dues à la fracture de 1a, couronne. Pendant la mastication, le bord de la langue frottant contre les dents s’ulcère, d’où des douleurs plus ou moins vives qui guérissent par l’extraction de la dent malade.

D’autres ulcérations ont aussi pour siège la langue ; ainsi le chancre, les plaques muqueuses.

Le chancre lingual se voit généralement à la pointe de la langue. 11 se présente sous la forme d’une ulcération à bords rouges et à fond grisâtre et induré. En même temps les ganglions sousmaxillaires sont engorgés. Pour le pansement de ce chancre, on emploie les moyens déjà signalés à l’article chancre.

Les plaques muqueuses sont fréquentes ; on les voit souvent sur les bords de la langue. Ce sont de petites ulcérations recouvertes d’un pellicule blanchâtre.

Les ulcérations tuberculeuses sont irrégulières, de couleur rouge, leurs bords sont saillants et boursoufflés. La muqueuse qui les entoure est parsemée de petits points jaunâtres.

Ces ulcérations occasionnent des douleurs vives, surtout pendant la mastication. Une salivation abondante accompagne cette affection pour laquelle on emploiera des attouchements à la poudre d’iodoforme finement pulvérisée qu’on déposera sur l’ulcération au moyen d’un pinceau. Dans certains cas, nous avons obtenus de bons résultats par l’application de quelques gouttes de la solution suivante :

Acide chromique 1 gramme.

Eau distillée 5 b 10 grammes

Nous avons eu aussi recours avec avantage aux cautérisations avec le galvanocautère.

Hypertrophie de la langue. — Encore appelée macroglossie, l’hypertrophie de la langue est congénitale ou acquise. Tous les tissus y prennent part.

Cette affection peut passer inaperçue au début, mais bientôt les enfants tètent difficilement et portent constamment la langue entre les lèvres. Dans les années suivantes, la maladie s’accuse davantage, la langue sort de la bouche et les dents viennent y imprimer un sillon profond. Son extrémité libre retombe au-devant du menton et sa surface est recouverte de mucus desséché.

Une abondante salivation accompagne cette lésion qui ne tarde pas à déterminer un déplacement de toutes les parties voisines : le maxillaire inférieur est rejeté en avant, les dents incisives sont dirigées d’avant en arrière et la lèvre inférieure s’œdématie. La nutrition, la respiration sont entravées par l’hypertrophie de l’organe; la phonation est aussi rendue très difficile.

Au commencement de la maladie, il faut avoir soin d’empêcher les enfants de projeter la langue en avant, il est donc bon de déposer le lait dans la cavité buccale; dans l’intervalle des repas, on maintient leurs mâchoires rapprochées au moyen d’un bandage qui passe par-dessus la tête et par-dessous le maxillaire inférieur.

Lorsque l’hypertrophie est constituée, il est bon d’essayer avant tout la compression de la langue; cette compression peut être faite en enveloppant l’organe dans un bandage, ou en refoulant la langue en arrière, de manière à la faire rentrer dans la cavité buccale.

Si ces moyens échouent, il faut enlever la partie

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de la langue qui fait saillie au dehors. On peut employer l’écraseur ou mieux l’anse galvanocaustique.

Tumeurs de la langue. — Parmi les tumeurs de la langue nous signalerons les gommes, les kystes, les lypomes, les fibromes, les papillomes, l’épithélioma ou cancer épithélial.

Gommes. — Les gommes sont de petites nudosités développées dans l’épaisseur de la muqueuse

Fig. 715.

Tumeurs et ulcérations syphilitiques de la langue.

ou des muscles qui viennent faire saillie sur la face dorsale ou sur les bords de la langue.

Il n’existe quelquefois qu’une seule tumeur, mais ordinairement on en rencontre deux ou trois. Dures et résistantes au début, les gommes qui ont le volume d’un pois ou d’une petite noisette, se ramollissent bientôt ; la muqueuse rougit à leur niveau et une ulcération se forme pour laisser passer un liquide séro-purulent contenant des détritus organiques. L’ulcération présente un fond grisâtre et des bords taillés à pic. Quelquefois elle s’étend en surface ou se creuse en profondeur.

Les malades n’éprouvent guère qu’une salivation continuelle et une difficulté de la déglutition et de la phonation.

Le traitement consiste à faire usage d’une solution d’iodure de potassium ainsi formulée :

Iodure de potassium 10 grammes.

Eau distillée ISO —

Sirop de framboises 50 —

Une cuillerée à bouche dans un peu d’eau deux ou trois fois par jour avant les repas.

Quelques attouchements au fer rouge aident à la cicatrisation de la tumeur.

On instituera en outre le traitement interne antisyphilitique (V. Syphilis).

Kystes. — Tantôt simples et tantôt dermoïdes, pileux, athéromateux ; les kystes ont pour siège la base de la langue ou sa face inférieure. Ces tumeurs arrondies et indolentes ne déterminent qu’un peu de gêne de la parole et de la mastication.

Le traitement consiste dans la ponction et l’injection iodée, comme nous avons déjà eu l’occasion de les signaler pour la grenouillette.

Lipomes. — Rares, ces tumeurs de nature graisseuse siègent au-dessus de la muqueuse ou

même dans l’épaisseur de la langue à la partie antérieure de sa face dorsale.

Fibromes. — Ils ont le même siège que les lipomes ; ils en diffèrent par leur dureté. Le traitement de ces deux variétés de tumeur consiste dans l’extirpation faite au moyen du bistouri ou du galvanocautère.

Angiomes. — Les angiomes ou nœvi de la langue sont rares. Ils siègent ordinairement sur la face supérieure ou dorsale. Leur traitement est le même que celui des lipomes.

Papillomes. — Nous avons eu l’occasion d’en enlever un, en juillet 1885, à la base de la langue, chez une femme qui éprouvait pour tout symptôme un besoin continuel de déglutition. C’est le seul cas que nous connaissions dans la littérature médicale. Nous l’avons extrait au moyen d’une anse métallique.

Épithélioma ou cancer épithélial. — C’est la tumeur que l’on observe le plus fréquemment. Souvent l’épithélioma débute par des plaques d’un blanc laiteux appelées plaques des fumeurs ou psoriasis buccal.

Au niveau de ces plaques il se fait une desquamation épithéliale qui met les papilles à nu. Celles-ci s’hypertrophient au point de constituer une tumeur verruqueuse qui finit par s’ulcérer.

Dans d’autres cas l’ épithélioma prend naissance dans les sillons séparant les papilles. Il s’étend alors en profondeur dans l’intervalle des fibres mus-

Fig. 716.

Angiome ou nœvus de la langue. — (a, angiome; — l, langue).

culaires. La muqueuse s’épaissit, s’indure et devient bosselée. Une de ces bosselures devient plus saillante et s’ulcère. L’ulcération gagne en profondeur; elle est recouverte d’un pus grisâtre et est tapissée de bourgeons fongueux saignant facilement.

Le malade éprouve alors des douleurs intolérables qui s étendent à la face, au cou et à l’oreille du côté correspondant. La déglutition devient de plus en plus difficile ainsi que la parole et la mastication. La salivation est abondante, ce qui oblige le malade à faire des mouvements incessants d’expiration.

Les ganglions sous-maxillaires sont engorgés; ils deviennent volumineux et peuvent même s’ulcérer.

Le patient tombe dans une cachexie profonde et ne tarde pas à succomber au milieu de douleurs très vives.

Le pronostic de cette affection est grave, aussi

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dès le début doit-on recourir aux moyens qui peuvent enrayer le mal.

Il est de toute nécessité de faire l’ablation du mal le plus vile possible ; mais pour cela, il faut qu’il soit circonscrit.

Si on se trouve en présence d’un pareil cas et que la lésion soit dans un endroit facilement ac-

Amputation partielle de la langue au moyen des ligatures.

cessible, on attire la langue en avant et l’on sectionne la partie de langue malade avec le bistouri, l’écrase ur, le thermo et mieux le galvanocautère. Si, au contraire, la tumeur siège à la base de la langue, l’on devra ou sectionner le maxillaire inferieur, ou faire une incision dans la région sousmenlionnée afin d’arriver à mettre à nu la base de la langue et on opérera comme précédemment en ayant soin de lier l’artère linguale. Mais dans les cas où l'opération ne peut être faite, on ne peut avoir recours qu’au traitement palliatif.

On calmera les douleurs au moyen d’injections de chlorhydrate de morphine, d’attouchements de la plaie avec une solution de chlorhydrate de cocaïne au 1/10, et par l’emploi de narcoliques(opium,etc.) à l'intérieur.

Des gargarismes émollients seront aussi conseillés, par exemple celui-ci :

Tête de pavot concassée N° 2

Graine de lin 5 grammes

Sirop de miel 30 —

Eau 150 —

en gargarisme plusieurs fois par jour, de préférence avant le repas.

Lorsque la déglutition deviendra trop difficile, il faudra nourrir le malade à l’aide de la sonde œsophagienne. Dr J. Baiutoux.

Altérations de la langue. — Leur valeur en méde-

cine. — L’examen de la langue a toujours été tenu en honneur par les cliniciens, non seulement parce qu’elle est « le miroir de l’eslomac », mais encore parce que. outre les lésions dont elle peut être primitivement le siège, elle offre des altérations en rapport avec un assez grand nombre d’états morbides.

Ces altérations diverses sont, les un es physiques: changement de forme, de couleur, enduits divers, sérheresœ, etc.; les autres sont des troubles fonctionnels, troubles du mouvement, de la sensibilité, du goût, etc.

A. Changements physiques. — 1° Le volume de la langue est considérablement accru dans le cas de glossite, dans le cancer, dans la macroglossie, dans les cas de tumeurs diverses, etc. : ses bords présentent alors des inégalités produites par la pression des dents, la langue est larije, étalée, dans l’embarras gastrique, dans l’hémiplégie; il est bien plus rare que son volume soit diminué, on en a cité cependant des exemples dans les cas d’alrophie musculaire progressive ; sa pointe est effilée ou conique dans quelques fièvres typhoïdes, etc.

2° Couleur. — La teinte rose pâle de la langue peut éprouver des modifications très diverses, tenant au dépôt d’enduits, à des troubles de la circulation, à des dépôts de pigment ou de matières tinctoriales venues du dehors.

La lemte cyaxique de la langue se produit dans les mêmes circonstances que celle des lèvres (asphyxie, maladies organiques du cœur, etc.).

Parfois la langue prend une tein'e nuire toute spéciale et très étrange. Cette couleur tient-elle à une accumulation de pigment ou bien à la présence d'un parasite? Raynaud y a découvert des spores se rapprochant de ceux de la teigne, etc.

De toutes les colorations morbides de la langue, les plus remarquables se rattachent à la présence des enduits.

3° Enduits. — La langue est fréquemment recouverte à sa face supérieure d’enduits présentant des teintes diverses, blanches, grises, verdâtres, jaunes, brunes, noires et fuligineuses : enduits tan tôt superficiels, tantôt très épais, limités au milieu de la langue ou étendus à toute sa surface, souvent humides, parfois secs et fendillées, faciles à détacher ou poisseux, collants et même très adhérents. Au point de vue de leur composition ces enduits peuvent être divisés en trois groupes :

Les uns sont muqueux et épit néliaux ; ils sont formés par une accumulation de cellules épiihéliales et de mucus sur lesquels se déposent des poussières atmosphériques, des principes colorants, fournis par les aliments, les boissons et parfois même par la bile provenant d’un ictère ou de vomissements.

Ces enduits s’observent dans l’embarras gastrique et dans les nombreux états morbides qui le provoquent, dans les étals bilieux, el par conséquent dans la plupart des fievres qui presque toutes déterminent cet état.

Ces enduits peuvent être colorés en noir par du sang provenant de fissures ou de crevasses plus ou moins profondes; il en résulte une masse noire, sèche, fendillée, qui non seulement recouvre la

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