LUE
rition plus on moins complète de la volonté, permettent déjà de sortir du vague de l’hypothèse. On connaît le fait du « carrier américain, » blessé lors de l’explosion d’une mine par une énorme barre de fer qui lui traversa le crâne de part en part, lésant seulement la région pré-frontale. L’individu survécut douze ans et demi à cette horrible blessure. Mais ce garçon qui était un des meilleurs ouvriers de l’endroit, devint grossier, obstiné, chimérique. L'équilibre entre ses facultés intellectuelles et ses penchants instinctils semblacomplètement détruit : il devint vagabond, mauvais sujet, etc., ses amis disaient de lui qu’ils ne le reconnaissaient plus. (Ferrier, De la localisation des maladies cérébrales). On peut très bien concevoir comment chez certains individus, une malformation, une atypie de certaines circonvolutions aura produit des effets analogues et même pires.
Il est trop évident que ni la philosophie, ni la morale, ni la médecine n’ont de prise sur de pareilles organisations. A la rigueur, dans les cas légers, on peut tenter, avec quelque espoir d’un succès relatif, de modifier Je naturel de certains jeunes sujets en les prenant à partie dès leur plus tendre enfance ; mais le plus souvent on n’en obtient rien, pas même en les surveillant au point de vue de l’onanisme, assez fréquent, et auquel on a voulu, bien à tort, attribuer un rôle prédominant dans la production de la maladie. Chez les fous lucides, comme chez les idiots, les épileptiques, etc. l'onanisme est un effet, non une cause ; c’est un des nombreux résultats de la lésion des organes de la sphère émotive.
De fait, les plus dangereux parmi les fous lucides doivent être enfermés leur vie durant avec les criminels héréditaires dont ils se rapprochent à tant d’égards, au point que le passage des uns aux autres s’effectue par la plus insensible des transitions. Dans d’autres cas, il ne s'agit que du premier degré de la folie complète, manie, paralysie générale, etc., et la terminaison a lieu naturellement dans un asile d’aliénés. Enfin, dans un troisième ordre de faits, — les plus pénibles, assurément, — ces malheureux moins gravement atteints continuent de séjourner dans leur famille dont ils font le tourment et le désespoir, quand ils n’en causent pas la ruine. Ceux qui les entourent doivent être mis au courant de la triste réalité et se bien pénétrer de l'impossibilité radicale d’une guérison, d’une modification heureuse. Ils doivent souffrir en silence, en s’abstenant de récriminations et de reproches qui n’ont pour résultat que d’exalter davantage la fureur ou la passion du malade, sans pouvoir le corriger jamais. En apprenant à considérer ces misérables, ces méchants, peut-on dire, comme les victimes incurables de la fatalité, ils se trouveront d’autant moins malheureux que peu à peu le sentiment de la haine fera place dans leur cœur à celui de la pitié.
Le vrai rôle du médecin et du philosophe, en attendant qu’il devienne celui du législateur, consiste à signaler les êtres ainsi contaminés à l’attention de leurs concitoyens, afin que ceux-ci les fuient comme la peste et ne contractent jamais d’union avec eux. C’est seulement en la condam-
nant à la stérilité, que l’on verra peu à peu s’éteindre cette race rétrograde, qui fait une tache si sombre au milieu de la société civilisée.
On facilitera encore un résultat si désirable en répandant les bienfaits d’une instruction sérieuse et en engageant les individus, au nom de la morale scientifique ou utilitaire, à cultiver le plus possible leurs facultés intellectuelles. Quoi qu’en puissent penser les savants d’occasion, apôtres de la « médiocrité », panégyristes de l’état de nature et de la béate ignorance des campagnes au détriment de la civilisation des villes, ce n’est pas la grande activité de l’intelligence qui engendre la folie lucide ou non lucide. « Il est bien rare, dit le distingué philosophe, Henry Maudsley, qu’un homme devienne fou par excès d’activité, si celle-ci n’est accompagnée de trouble des émotions; c’est quand les sentiments sont profondément engagés, que la stabilité de l’esprit est le plus en danger... et c’est seulement au développement de l’immense somme de mentalité non encore utilisée, que nous pouvons demander avec confiance la diminution, dans l’avenir, de la somme de folie répandue sur la terre ». (Le Crime et la Folie, p. 292.)
(Voyez les articles Criminalité, Folie, Monomanies, Responsablilité et Suicide). a. Regnard.
LUCILIE. — Nom donné par les naturalistes à une variété de mouche, appelée encore mouche dorée (V. Mouche). p. p
LUETTE. — Nom donné par les anatomistes à un
Fig. 800.
Bouche (intérieur de sa cavité). — A. Luette. — B. Base de la langue. — C, C'. Piliers antérieurs du voile du palais. — D, I)'. Amygdales. — E, E', Piliers postérieurs limitant l’isthme du gosier.
petit prolongement arrondi, de couleur rosée, for-
te»