D. CÉPHALALGIE DA.NS LES MALADIES ÉLOIGNÉES DE
l'encéphale. — Les liens sympathiques qui unissent les systèmes cérébral et digestif ont, de tout temps, appelé l'attention des médecins, et nous expliquent la fréquence des douleurs de tête dans la plupart des maladies de l'estomac et de l'intestin.
Ainsi la céphalalgie accompagne l'indigestion, l'embarras gastrique, les diverses tonnes de dyspepsie; on l'observe également dans la constipation, dans l'affection vermineuse, etc.
Appareil respiratoire et circulatoire. — Les maladies fébriles du poumon et de la plèvre donnent fréquemment lieu à de la céphalalgie ; en cela elles ressemblent à toutes les affections fébriles. Cette douleur de tète ne présente, d'ailleurs, aucun caractère qui la rende utile au diagnostic. Les maladies du cœur ne s'accompagnent de céphalalgie que dans leur période ultime, alors que les désordres de la circulation ont produit la congestion et l'œdème des viscères.
D. Céphalalgie dans les anémies et les intoxications. — Les douleurs de tête sont très fréquentes chez les anémiques et les chloro-anémiques; elles se rencontrent presque constamment dans toutes les intoxications (tabac, alcool, plomb, opium, vapeurs de charbon, iode, copahu, etc.). Chose remarquable, la pléthore détermine une céphalalgie semblable à celle de l'anémie ; rien n’est plus ordinaire que la pesanteur de tète ches les gens habitués aux écoulements sanguins (hémorrhoïdes), chez les femmes à l'époque de la ménopause.
E. CÉPHALALGIE DANS LES NÉVP.OSES. — TouteS leS
névroses (hystérie, chorée, épilepsie, hypochondrie) déterminent des maux de tète plus ou moins intenses.
F. CÉPHAIALGIE DANS LES DIATHÈSES. — La gOUtte,
le rhumatisme, la syphilis, donnent lieu à des dou- ' leurs de tête plus ou moins vives. D’après Bazin, la diathèse herpétique produit une céphalalgie vive, lancinante et partielle, tandis que la diathèse ar- ' thritique engendre la pesanteur et la lourdeur de la tête plutôt qu’une douleur aiguë.
I Telles sont les principales circonstances dans les- I quelles on observe la céphalalgie. On conçoit que I son traitement variera avec l’état pathologique I qu’elle accompagne. D' Léon moynac.
I CÉPHALÆMATOME. — On désigne sous ce nom j une tumeur, formée de sang épanché, et qu’on obt serve sur la tête de l’enfant nouveau-né. 11 ne faut
pas la confondre avec la bosse séro-sanguine qui se remarque aussitôt après la naissance, tandis que le céphalæmatome passe le plus souvent inaperçu à ce moment, et ce n’est que le lendemain ou les jours suivants qu’on remarque sa présence.
Cette tumeur assez rare (1 fois sur 250 environ) siège de préférence sur les pariétaux, très rarement sur l'occipital ou le frontal. Presque toujours unique, on peut cependant observer deux et même trois céphalæmatomes sur la même tête. Jamais la tumeur ne passe dessus une suture ou une fontenelle. Elle reste toujours limitée à la surface osseuse où elle a pris naissance. Son volume est très
Fig. 236. — Cavité d’un céphalæmatome dont on a retiré le sang. — A. B. Dissection du cuir chevelu et du périoste qui recouvraient la tumeur et en formaient la partie supérieure. — C. Bourrelet osseux circonscrivant le céphalæmatome. — D. Surface de l’os en contact avec le sang.
variable, depuis la grosseur d'une noisette jusqu'à celle d’un œuf de dinde et même davantage; elle forme sous la peau du crâne une saillie arrondie, ovoïde, plus ou moins tendue, fluctuante, et totalement insensible. La peau qui la recouvre ne présente pas de coloration particulière, à moins que le céphalæmatome ne soit en même temps le siège de l’infiltration séro-sanguine résultant du travail de l’accouchement.
Dès le début de sa formation le céphalæmatome ne contient que du sang épanché plus ou moins fluide, placé dans une cavité formée par le soulèvement du périoste. La surface de l'os en contact avec le sang reste lisse pendant les premiers jours qui suivent la formation de l’épanchement, mais elle ne tarde pas à devenir rugueuse et à présenter des aspérités plus ou moins prononcées pendant les semaines suivantes. En même temps il se produit au point où le périoste soulevé vient rejoindre l’os, au pourtour de la tumeur, un bourrelet osseux de forme triangulaire, qui enserre la tumeur, manquant rarement par places, et qui constitue un signe caractéristique de ce genre de production.
Il n’est pas facile de déterminer avec certitude
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les facteurs qui agissent dans la formation du céphalæmatome. Cependant, comme il s’observe sur des os d’où le périoste se décolle facilement, les auteurs ont admis que pendant le travail de l’accouchement, la tête fœtale poussée par les contractions utérines sur des surfaces plus ou moins dures pouvait subir des contusions diverses déterminant une sorte de glissement du périoste sur la surface osseuse sous-jacente, et la production d’une cavité qui se remplit de sang, véritable thrombus pérlcrânien.
En général, les céphalæmatomes abandonnés à eux-mêmes se résorbent graduellement. On peut dire que ceux-là seuls suppurent qui subissent des contusions subséquentes ou des traitements mal appropriés. Quant à la durée du travail de résorption, il est très variable. Tantôt la tumeur disparaîtra dans l’espace de quinze jours, tantôt elle subsistera pendant six semaines, deux mois et même plus.
Quant au traitement, il faut mettre de côté toutes les méthodes chirurgicales, séton, cautère, incision et même la ponction. L’expectation, aidée d’applications résolutives comme le vin, le vinaigre aromatique, l’eau-de-vie camphrée, l’eau blanche, etc., constitue la conduite la plus sage. On peut encore aider à la résolution en appliquant une légère compression sur la tumeur. Dr a. de Soyre.
CÉPHALIQUE. — Mot employé en anatomie pour
Fig. 237. — 10 Veine ephalique. — i. Veine radiale, - 6. Vein mcdiane cephahqne. - 2. Veine médiane. - 3. Veines cubi taies postérieures.— 4. Veines cubitales postérieures. —5 Vein com^nouniquante qui unit le réseau profond avec le réseau su perficiel. — Veine médiane basilique. - 8. Veine superfi
^ externe et musculo-cu
Etane. — 12. Nerf brachial. — Tendons du oiceps.
désigner certains organes qui ont rapport à la tête. On appelle quelquefois l’artère carotide, artère céphalique. On a donné le nom de veine céphalique à l’une des principales veines superficielles du bras, parce que les anciens croyaient qu’elle était eu communication directe avec la tête. C’était une erreur : la veine céphalique est formée au pli du coude par l’anastomose des veines radiale et médiane céphalique et va s’ouvrir dans la veine axillaire immédiatement au-dessous de la clavicule, après avoir longé le bord externe du biceps de bas en baul, au niveau de l’insertion du muscle delto’ide. C’est ordinairement à la veine céphalique que se pratique la saignée du bras. p. l.
CÉPHALOPAGE. — On appelle ainsi un monstre double composé de deux sujets dont les têtes sont réunies par le sommet en sens inverse et qui ont une ombilic distinct. La figure 238 représente un des cas les plus curieux observé par le D’ Villeneuve et par Isidore Ceoffroy-Saint-Hilaire. Il était composé de deux fœtus mâles, bien conformés, dont les têtes étaient unies par presque toute l’étendue de leur face postérieure. Les os frontaux, pariétaux et occipitaux n’étaient pas réunis chez chaque sujet et correspondaient par leurs bords aux os crâniens de l’autre sujet. A l’extérieur, les limites de chaque tête n’étaient indiquées que par une très légère dépression. Les monstres céphalopages sont^très rares. p. ;l.
CÉPHALO - PHARYNGIEN. —
On donne ce nom à un muscle formé par un petit faisceau de la partie supérieure du muscle constricteur supérieur du pharynx qui s’attache sur l’apophyse basilaire de l’occipital.
CÉPHALO-RACHIDIEN. — Mot
employé en anatomie pour désigner les parties qui ont rapport à la tête et au rachis. On donne le nom A'enveloppe céphalo-rachidienne à V arachnoïde , à la dure-mère et à la pie-mère , trois membranes dont la réunion constitue les méninges qui enveloppent Vencéphale et la moelle épinière (V. ces mots). On donne le nom de liquide céphalo-rachidien au liquide transparent, fluide et légèrement salé, qui se trouve placé entre le feuillet viscéral de Tarachno’i’de et la pie-mère. 11 est destiné à combler les vides qui séparent les centres nerveux de leur enveloppe osseuse et à mettre 1 encéphale à l’abri de la compression
Fig. 238.
Monstre céphalopage.
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que l'afflux intermittent du sang dans le cerveau, tend à produire ; il sert en quelque sorte de régulateur à la circulation des centres nerveux, grâce à la pression uniforme qu’il exerce à la surface de l’encéphale. P- L.
CËPHALOTOME. — (Voy. Crâniotome.)
CÉPHALOTOMIE. — (Voy. Crâniotomie.)
CÉPHALOTRIBE. — Sous ce nom, on désigne un instrument destiné à broyer la tête du fœtus dans les cas où cette tête ne pourrait, par suite de son volume, passer à travers le canal pelvien rétréci.
Le céphalotribe a été inventé par l’accoucheur Baudeloque, neveu. Il consiste essentiellement en deux fortes tiges de fer réunies par une articulation et se rapprochant l’une de l'autre à la manière des ciseaux ordinaires. L’instrument de Baudeloque était droit, et par conséquent difficile à appliquer au-dessus du détroit supérieur. Cazaux le modifia en lui imprimant une courbure analogue à celle du forceps. Depuis cette époque, on peut dire que presque chaque accoucheur a apporté quelque modification à cet instrument soit dans un sens, soit dans un autre. Depaul, Blot, Bailly et Tarnier ont tour à tour modifié la courbure des branches ; la concavité des cuillers qu’ils ont faites pleines ou fenêtrées, munies à leurs surfaces internes de stries tranversales, de crochets à bords tranchants, de petites pointes, etc. Dans ces derniers temps, Bailly et Tarnier ont presque simultaucment apporté au céphalotribe une modification identique au moins quant au but à atteindre. Ces deux accou- 0^^ cheurs, considérant que pour bien saisir la tête
Fig. 239.
Céphalotribe du professeur Tarnier.
fœtale, le céphalotribe or dinaire avait des cuillers trop étroites et trop peu concaves, portèrent la largeur des mors de trois à quatre centimètreset demi.
De plus, ils exagérèrent la concavité sur les plats, de manière que, rapprochées, les deux cuillers limitent un espace elliptique qui a environ 5 centimètres dans sa plus grande étendue. Pour rendre l’instrument moins lourd, ces cuillers furent fenêtrées. Enfin, le mécanisme destiné à rapprocher les manches du céphalotribe et qui, dans l’instrument de Baudeloque, consistait en une vis munie d’un tourniquet comme le frein des voitures, a aussi été l’oiijet d'un très grand nombre de modifications. Celle qui a prévalu est due à Blot qui fixa à la branche gauche un pas de vis passant dans une mortaise de la branche droite, sur lequel se meut un écrou volant qui, en tournant, rapproche sans
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secousse, lentement et irrésistiblement les branches et par suite les deux cuillers, d'' a. de Soïre.
CÉPHALOTRIPSIE. — (Voy. Embryotomie.)
CÉRATS.— Les cérats sont des médicaments magistraux et officinaux externes, de consistance graisseuse, composés d’huile et de cire et pouvant servir d’excipient à diverses substances médicamenteuses: de là, division des cérats en cérats simples et cérats médicamenteux. Ils diffèrent des pommades et des onguents en ce que ceux-ci ont pour base des résines et celles-là des graisses. Mais il faut faire attention dans la confection des cérats de se servir de matières premières de bonne qualité si l’on veut en obtenir tous les effets désirables. La cire blanche ou jaune doit être pure et récente; l’huile doit être l’huile d’olive ou l’huile d’amande douce prise aussi bonne que possible, tout autre huile laisserait à désirer sous beaucoup de rapports. Les proportions employées sont de trois parties d’huile pour une partie de cire, lorsque le cérat est préparé sans eau ; de quatre parties d’huile pour une partie de cire lorsqu’il est préparé avec de l’eau. L’addition de ce liqviide lui donne plus de blancheur.
Voici maintenant quelles sont les règles à suivre dans la confection des cérats :
1" 11 faut faire fondre la cire dans l’huile à une douce chaleur; pour cela, on divise la cire en petits fragments et on soumet les deux corps gras à la faible température d’un bain-marie pour obtenir un produit d’une blancheur plus parfaite.
2° Quand l’huile et la cire ont été fondues ensemble, on les verse dans un mortier de marbre préalablement chauffé avec de l’eau bouillante, et on triture jusqu’à complet refroidissement, en ayant soin de faire tomber continuellement dans le mortier les portions collées aux parois; on évite ainsi que ces dernières ne se dessèchent et ne forment des grumeaux qu’on aurait de la peine à diviser au milieu de la masse totale. Si l’on avait oublié ce précepte, il faudrait racler ensuite par couches minces les matières adhérentes et les triturer à part dans le mortier jusqu’à ce que la préparation soit bien homogène.
3° Dès que le cérat est terminé, on ajoute à volonté les eaux distillées, les matières salines, les poudres et les extraits. Les eaux distillées s’y mettent petit à petit en agitant vivement; les poudres y sont mises très fines, les sels bien divisés, et les extraits préalablement dissous dans une petite quantité d'eau.
Les usages du cérat sont variables suivant qu’on emploie les cérats simples ou les cérats médicamenteux. Les cérats simples, dont le cérat simple propremeni dit et le cérat de Gailen sont les seuls usités, se prescrivent comme adoucissants sur les érythèmes, les inflammations, les érosions, les ulcérations, les fistules, les plaies ; dans ce dernier cas, mêlés à la charpie, ils font l’effet de cicatrisants, mais ici ils agissent moins bien que l’eau alcoolisée, phéniquée, etc. Ils servent en outre d’excipient dans la confection des cérats médicamenteux. Ces derniers, dont les principaux sont les cérats belladoné, opiacé, laudanisé, mercuriel, saturné.
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soufré, à la rose, cosmétique ou col-cream ont des propriétés particulières tenant du cérat lui-même et du principe médicamenteux qu’il renferme.
Quoiqu'il en soit de leur action intrinsèque, les cérats étant facilement altérables, il faut n'en préparer que peu à la fois et les renouveler souvent. On les conserve dans des pots de faïence ou de porcelaine que l’on porte à la cave pour les empêcher de rancir. D' Marc. Camdodlives.
CÉRÉALES. — On donne ce nom aux différentes plantes de la famille des graminées, dont les graines forment la base de la nourriture de l'homme. Parmi les céréales les plus usitées, il faut citer spécialement le blé ou froment, le seigle, l'orge, l’avoine, le maïs et le riz (V. ces mots). Elles n’ont pas toutes la même valeur nutritive, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre d’après le tableau suivant emprunté au chimiste Payen :
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Gluten et mat azot. .
Matières grasses. . . .
Matières féculentes . .
Cellulose
Matières minérales . .
Les graines de céréales soumises à la mouture, donnent les farines qui servent à la panification (V. Farine, Pain). p. x,,
CÉRÉBRAL. — Qualificatif employé pour désigner tout ce qui a rapport au cerveau. p. l.
CÉRÉBROSCOPIE. — La cérébroscopie, à laquelle j’ai donné son nom, est une méthode de diagnostic des maladies du cerveau et de la moelle, au moyen de l’étude des altérations du fond de l’œil, basée sur la découverte de la loi de coïncidence des maladies cérébro-spinales et de la névrite optique que jai formulée et développée dans mon Traité du diagnostic des maladies du système nerveux par V ophtalrnoscope, ouvrage couronné par l’Institut.
Par ses rapports anatomiques, l’œil est le seul organe où l’on puisse voir ce qui se passe dans le cerveau.
Découvrir dans l’œil, avec l’oplithalmoscope, des lésions de circulation, de nutrition et de sensibilité de la rétine et du nerf optique, qui soient tellement bien en rapport avec les maladies aiguës et chroniques des méninges ou du cerveau qu’on puisse les considérer comme les symptômes de ces maladies, tel est le but de la cérébroscopie.
Dans le fond de l’œil, les lésions qui annoncent une maladie cérébrale sont de quatre espèces : — 1“ les lésions dues à la Y infiammation du cerveau et des méninges; — 2“ les lésions mécaniques produites par la compression du nerf optique ou des sinus de la dure-mère ; — 3“ les lésions sympatiques d'une maladie de la moelle ou des nerfs vaso-
moteurs ; — 4° les lésions diathésiques de la scrofule, de la syphilis, etc.
Le moindre obstacle apporté à la circulation du cerveau par l’inflammation, par une tumeur, par un épanchement séreux ou sanguin, par une phlébite des sinus de la dure-mère, par une anomalie des vaisseaux, gêne le retour du sang des veines de la rétine dans le sinus caverneux et produit dans l’œil des lésions de mouvement et de circulation fhypérémie, thrombose, œdème, hémorrhagie, atrophie) qu’on peut utiliser pour le diagnostic des maladies aiguës ou chroniques du cerveau.
Comme une tumeur du ventre gêne la circulation veineuse des membres inférieurs, ainsi les tumeurs du cerveau empêchent la circulation du fond de l’œil, et, d'après l’œil affecté, on peut dire quel est l'hémisphère malade.
Par la cérébroscopie, on peut souvent distinguer les maladies organiques du cerveau de celles qui sont dynamiques, c’est-à-dire dans lesquelles l’altération est si faible, qu’elle échappe aux recherches les plus minutieuses. Ainsi se reconnaissent les convulsions, le délire et les paralysies symptomatiques, des convulsions, du délire et de certaines paralysies essentielles.
Par l’étude des altérations de l’œil on peut diagnostiquer la méningite aiguë ou chronique, la phlébite des sinus de la dure-mère ; l'hémorrhagie cérébrale récente d'avec le ramollissement du cerveau; les tumeurs produisant une compression ; les épanchements de sang dans les méninges ; l’hydrocéphalie aiguë et chronique, la commotion d’avec la contusion et la compression du cerveau dans les cas de chute sur la tête ; les fractures du crâne accompagnées de compression, la paralysie générale; certains cas d’épilepsie symptomatique, etc.
D' Eugène Boüchut,
Professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris, médecin de l’hôpital des Enfants-Malades.
CERF. — Le cerf est un animal de la race des ruminants répandus dans toutes les contrées du globe, dont on utilise la chair pour l’alimentation et la corne en thérapeutique.
La viande de cerf n’est pas un aliment très fin, mais elle n’est pas malfaisante. Celle de l’animal jeune est assez tendre et se mange rôtie. Mais celle de l’animal au-dessus de trois ans est dure, coriace et d’une digestion difficile, puisqu’il faut l’accommoder à la sauce au vin ou à la sauce venaison toujoui’s relevée. Dans tous les cas, le cerf se nourrissant des jeunes pousses des arbres et des vignes, des blés verts ou mûrs, de bruyères et d’autres herbes communes, sa chair est meilleure au commencement de l’été qu’en automne. A cette saison de l’année, l’animal étant en rut, sa chair acquiert une odeur très désagréable. La viande de cerf n’est nullement diurétique ainsi que le prétendait Hippocrate; elle ne jouit pas davantage, comme le croyaient les dames romaines, du privilège d’empêcher de vieillir celles qui en faisaient usage.
La corne de cerf pulvérisée était autrefois employée en médecine. On faisait avec elle une sorte de gelée qu’on administrait contre la diarrhée et la dyssenterie. Son usage est aujourd'hui complètement abandonné. D"' Paul Lababthe.
CER
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CERFEOIL. — Le cerfeuil est une plante potagère de la famille des ombellifères, très employée dans la cuisine comme condiment à cause de son odeur aromatique et de sa saveur parfumée agréables.
Dans certaines parties de la France, les paysans employont le cerfeuil en décoction contre les héniorrhoïdes et font avec ses feuilles des cataplasmes qu'ils appliquent sur les yeux dans les cas de conjonctivites. Le suc de cerfeuil a été administré comme diurétique et dépuratif. Nous devons à la vérité de déclarer que le cerfeuil ne possède aucune vertu thérapeutique. p. l.
CERISE. — La cerise est un fruit que l’on mange comme dessert, fraîche, en compotes ou en confitures, ou conservée à l’eau-de-vie, et avec laquelle on fait du sirop et des liqueurs appelées kirsch et marasquin.
11 V a plusieurs variétés de cerises comestibles que le professeur d'arboriculture Dubreuil, cité par Focillon, ranaène aux suivantes : 1® V Angleterre hâtive, mûre en juin ; 2® la Montmorency à courte queue, mûre à la même époque; 3® la Belle de Choisi/, tendre, couleur rose, fondante sucrée, presque pas acide, très délicate ; 4® la Royale Chéry- DucA-, mûre fin juin ; fruits gros, peau d'un beau rouge brun, chair rouge, un peu ferme, eau très douce, c’est la cerise anglaise ; 5® la Griote de Portugal, royale de Hollande, mûre au commencement^ de juillet : fruit gros, peau luisante, rouge brun, chair ferme, eau abondante, noyau petit, pointue à son sommet, bonne à confire; G® la Reine Ilortense, Belle-Suprême, cerise d' Aremberg , mûre au commencement de juillet;* 7® la Montmorency courte queue, gros godet, mûre en juillet; 8® la Bigarreau de mai. Bigarreau rouge hâtif, fruits tout à fait en cœur, un peu comprimés, marqués d'un sillon longitudinal sur une de leurs faces, chair ferme, cassante, très adhérente à la peau, qui est d’un beau rouge du coté du soleil, marbrée de rouge et de blanc du côté opposé; 9® grosse merise noire à longue queue, peau tiue, luisante, chair tendre d'un rouge foncé, douce, sucrée : c'est le produit de la culture du merisier des bois.
Ces diverses variétés de cerises peuvent se diviser en deux grands groupes : les cerises aigres ou sûres, et les cerises dnuces ou sucrées, constituant toutes un aliment de digestion facile, rafraîchissant et légèrement laxatif. Nous devons cependant conseiller aux gastralgiques de s'abstenir des cerises aigres et aux dyspeptiques de se méfier des douces.
11 semble inutile et banal de recommander de ne pas avaler les noyaux, et cependant combien d’accidents n’ont-ils pas occasionné I Le docteur Meynet, dans son service de l’ilôtel-Dieu de Lyon, a vu, en 1868, une jeune fille de 16 ans mourir d'une occlusion intestinale produite par des noyaux de cerise avalés par la malade. De son côté, le docteur Fabre, de Commentry, a rapporté, en 1882, une observation d’obstruction intestinale chez une petite fille, qui, à force de lavements et de bains, finit par rendre plusieurs centaines de noyaux de cerise!
On a longtemps conseillé le sirop de cerise coupé avec de l'eau et la tisane de queues de cerise comme
diurétique; mais cette vertu est absolument problématique. D'' Paul Labarthe.
CERTIFICATS MÉDICAUX. — Le certificat médical est un acte officieux relatant des constatations faites sur une personne; ce n’est que l’attestation d’un fait, il ne suppose aucune mission et n’entraîne pas la prestation du serment.
Législation. — Code civil. — Art. 434. — Tout individu atteint d’une infirmité grave et dûment justifiée est dispensé de la tutelle ; il pourra même s’en faire décharger si cette infirmité est survenue depuis sa nomination.
Code d’instructiox chimipœlle. — Art. 396. — Tout juré qui ne se sera pas rendu à son poste sur la citation qui lui aura été notifiée sera condamné par la cour d’assises à une amende.
Art. 397. — Seront exceptés ceux qui justifieront qu’ils étaient dans l’impossibilité de se rendre au jour indiqué...
Art. 80. — Toute personne citée pour être entendue en témoignage sera tenu de comparaître et de satisfaire à, la citation...
Art. 81. — Le témoin ainsi condamné ’a l’amende sur le premier défaut, et qui sur la seconde citation produira devant le juge d’instruction des excuses légitimes, pourra, sur les conclusions du procureur du roi, être déchargé de l’amende.
Code de procédure civile. — Art. 26.3. — Si le témoin justifie qu’il n’a pu se présenter au jour indiqué, le juge-commissaire le déchargera, après sa déposition, de l’amende et des frais de réassignation.
Code pénal. — Art. 169. — Tout médecin, chirurgien ou autre officier de santé qui, pour favoriser quelqu’un, certifiera faussement des maladies ou infirmités propres à dispenser d’un service public, sera puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans ; et s’il y a été mû par dons ou promesses, il sera puni du bannissement; les corrupteurs seront, en ce cas, punis de la même peine.
Code d’instruction criminelle. — Art. 86. — Si le témoin auprès duquel le juge se sera transporté n’était pas dans l’impossibilité de comparaître sur la citation qui lui aurait été donnée, le juge décernera un mandat de dépôt contre le témoin et l’officier de santé qui aura délivré le certificat cidessus mentionné. La peine portée en pareil cas sera prononcée par le juge d'instruction du même lieu et sur la réquisition du procureur du roi, en la forme prescrite par l’article 80.
A en juger par les articles de loi que nous venons de rapporter, le certificat, quoique n’étant pas officiel, n’en a pas moins une certaine importance médico-légale.
Le médecin doit être aussi sobre que possible de certificats; il doit surtout se garder de céder à des considérations d’amitié ou de rapports sociaux dans la délivrance de ces pièces, et ne pas oublier que sa complaisance peut être pour lui la source des plus graves inconvénients.
Le certificat doit être rédigé d’une manière très simple. Il doit contenir les nom, prénoms, profession et demeure de celui qui le demande ; l’énumération des maladies, le degré de gravité qu’elles présentent et l’incapacité qu’elles occasionnent ; et enfin l’indication du jour et du lieu où le certificat est délivré.
Timbre des certificats délivrés par les médecins.
— Une décision dn ministre des finances du 10 mars 1874 a établi que l’obligation du timbre pour certaines catégories d’actes écrits (médicaux ou non), obligation très étendue aujourd'hui par suite
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des nécessités actuelles du budget, serait réglée conformément aux dispositions de la loi du 13 brumaire an Vil. Ces dispositions, très explicites, très claires, ne laissent guère prise au doute pour la généralité des cas; elles visent tous actes, écritures, extraits, copies et expéditions, soit publics, soit privés, devant ou pouvant faire titre ou être produits pour obligation, décharge, justification, demande ou défense. Cependant, en passant plus largement du domaine des administrations publiques et des offices publics dans celui des actes privés, elles avaient donné lieu à quelques difficultés d’interprétation, surtout en ce qui concerne les certificats des médecins, dont la nature est si diverse; et nous savons pertinemment qu’à Paris le nombre des actions intentées de ce chef par le fisc contre les médecins a été, dans ces dernières années, très considérable.
C’est pour lever ces difficultés dans l’intérêt de la profession que la Société locale de prévoyance et de secours mutuels de Melun a pris des informations précises auprès de l’administration du timbre et de l’enregistrement; et c’est en vertu de ces renseignements que la Société a dressé la liste de tous les certificats qu'on peut demander à un médecin, en plaçant en regard de chaque nature de certificat les indications relatives à la question du timbre.
1“ Certificat aux nourrices pour obtenir un nourrisson. — Cette pièce ne paraît être exempte du timbre qu’autant qu’elle est délivrée à des nourrices destinées à des enfants assistés. (Déc. fin. du 23 février 1841, Journal de l'enregistrement 12687-2).
2“ Certificat de vaccine. — Exempt.
3° Certificat de naissance ou de décès. — Exempt.
4“ Certificat ou rapport médical pour coups, blessures ou meurtre, sur réquisition de M. le maire, ou de M. le juge de paix, ou de M. le juge d’instruction, ou de M. le procureur de la République, ou de M. le commissaire de police. — Exempt.
5” Certificat sur réquisition de M. le maire pour constater la décès d’une personne trouvée sur la voie publique par suite de maladie, d’accident, de meurtre ou de suicide. — Les certificats et rapports donnés par les médecins, sur la réquisition de l’autorité judiciaire ou de la force armée, sont exempts du timbre comme rentrant dans la catégorie des actes de police générale et de vindicte publique. Il importe peu que ces certificats soient provoqués par un particulier, si le particulier s’est muni au préalable d’une réquisition de l’une des autorités chargées de concourir à la répression des crimes et délits. (Décision fin. du 10 mars 1874.)
6° Certificat pour les aliénés. — H y a une distinction a établir. Le certificat délivré par le médecin d’une maison d’aliénés au sujet de l’état d’un malade est exempt du timbre, s’il a un caractère purement administratif et ne doit servir que dans l’intérieur de l’asile.
11 est, au contraire, sujet au timbre dès qu’il est délivré à des particuliers ou qu’il est employé dans un intérêt privé. /Sol. 17 novembre 1864.)
7“ Certificat de santé pour les Compagnies d’assurances sur la vie. — Soumis au timbre.
8“ Certificat de décès pour les Compagnies d’assurances sur la vie. — Soumis au timbre.
9° Certificat de maladie ou d’infirmités à l’époque de la révision. — Soumis au timbre.
10° Certificat de maladie dans le cas d’impossibilité de se présenter lors du tirage au sort ou de la révision. — Soumis au timbre.
11° Certificat pour obtenir une prolongation de congé de convalescence (militaire ou civil). — Soumis au timbre.
12° Certificat de maladie délivré à un militaire ou à un ecclésiastique pour obtenir une saison aux eaux thermales. — Soumis au timbre.
13° Certificat d’infirmités pour obtenir une retraite avant l’àge voulu (prêtres, instituteurs, employés des postes, des ponts et chaussées, etc.). — Soumis au timbre.
14° Certificat d’aptitude pour obtenir l’admission dans certaines écoles ou administrations de l’État.
— Soumis au timbre.
15° Certificat de maladie pour obtenir une indemnité pour traitement médical des administrations ou des Sociétés de secours mutuels (instituteurs, ponts et chaussées. Sociétés ' de patronages, etc.). — Exempt si le certificat du médecin est rédigé à la suite d'un certificat d'indigence.
16° Certificat de maladie ou d’infirmité pour admission dans les hôpitaux ou hospices de vieillesse.
— Exempt.
, 17® Certificat d’infirmités pour secours annuels
du département en cas d’indigence. — Exempt.
18® Certificat de maladie pour être dispensé de faire acte de présence en cas d’arbitrage, de juré ou de témoignage devant les tribunaux. — Soumis au timbre.
19° Certificat demandé par une veuve d’employé à l’effet d’obtenir une pension de l’administration.
— Soumis au timbre.
Remarque importante. — Un médecin n’est pas passible d’amende quand un certificat non timbré, délivré administrativement et avec mention de la destination, est plus tard produit en justice.
Les médecins agiront donc prudemment en indiquant la destination de tout certificat délivré sur papier non timbré. A. Lutaud.
CÉRUMEN. — Le cérumen est une matière jaunâtre visqueuse, sécrétée par les glandes placées dans le conduit auditif externe, destinée, avec les poils que l’on rencontre dans cette région, à protéger la membrane du tympan contre les poussières, les insectes, etc. Normalement cette sécrétion se fait dans des proportions qui assurent, sans que l’on ait à s’en occuper, la présence d’une quantité de cérumen dans le conduit auditif. Mais, dans le cas de maladie, cet équilibre peut être rompu, soit en plus, soit en moins.
La sécheresse du conduit auditif est très souvent symptomatique de lésions de l’oreille moyenne; aussi la surdité qui s’observe fréquemment dans ce cas, doit-elle être rapportée à une altération profonde, et non à la diminution du cérumen.
L’augmentation de sécrétion du cérumen s’observe chez certains individus à peau épaisse, à sécrétions , cutanées abondantes; elle peut tenir à l’irritalion du
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conduit auditif, par des furoncles, de l’eczéma; enfin, cliez les personnes atteintes d'inflammation chronique de l'arrière-gorge, il est très habituel d’ohserver une production exagérée de cérumen sans (jiril soit possible d’expli(iCier cette relation.
Or, dans différents cas, et dans d'autres encore, tels (pie étroitesse, courbure exagérée du conduit auditif, malpropreté, etc., il arrive souvent que le cérumen s’accumule dans le conduit auditif et délermine des accidents que nous allons étudier.
Concrétions de cérumen. — Les concrétions céruniineuses sont formées non seulement par du cérumen, mais encore par de la matière sébacée, des poils, des lamelles épidermiques, des petits corps étrangers venus du dehors, etc.; leur couleur varie suivant la nature de la substance prédominante; elles sont jaunes, noirâtres, blanchâtres; leur consistance est très variable ; tantôt pâteuses comme du mastic, elles peuvent, surtout chez les vieillards, acquérir une dureté pierreuse et résonner sous le stylet qui les percute, comme le ferait un petit caillou.
Autour de ces bouchons cérumineux, on peut constater les désordres engendrés par leur présence, épaississement, inflammation de la membrane du tympan, dilatation du conduit auditif par résorption de ses parois, etc.
Les phénomènes qui se rattachent à l’accumulation du cérumen dans le conduit auditif sont de deux ordres : surdité et troubles cérébraux.
L'obstruction du conduit auditif empêchant les ondes sonores d'arriver jusqu’à la membrane du tympan, il en résulte un affaiblissement de l’ouie, affaiblissement progressif et proportionné au volume et à la disposition (les bouchons cérumineux; aussi les malades vous disent-ils que leur surdité est venue peu à peu; quelquefois, pourtant, elle est survenue tout à coup. Il est probable que, dans ce cas, soit spontanément, soit sous une influence mécanique quelconque (curage de l’oreille avec le doigt, avec un instrument, etc.) , un bouchon de cérumen s'est déplacé et a fermé la voie qui permettait aux ondes sonores d’arriver jusqu’au tympan.
Les bouchons cérumineux peuvent déterminer des troubles cérébraux par la pression qui, du tympan, se transmet à la chaîne des osselets et au liquide labyrinthique {V. Oreille). Ces troubles cérébraux si souvent méconnus et si mal à propos rapportés à des lésions cérébrales, sont des vertiges, (les élouissements, des céphalalgies, des bourdonnements, des étourdissements; ces phénomènes présentent des alternatives en bien et en mal qu’il faut rapporter soit au déplacement du bouchon cérumineux, soit à son gonflement par le fait de l’humidité, etc. La connaissance de ces faits doit porter à examiner soigneusement l'oreille, non seulement chez les personnes qui se plaignent de surdité, mais encore chez les gens atteints de troubles cérébraux, à signification peu précise.
Le spéculum démontre facilement la présence de ces bouchons de cérumen ; leur ablation est souvent suivie d'une guérison radicale; toutefois, ils ont pu diqà déterminer des désordres irréparables dans l'oreille moyenne, ou plutôt ces concrétions sont elles-mêmes symptomatiques de lésions profondes ;
on conçoit que dans ces cas leur ablation n’amèhe que peu d’amélioration. C’est ici le cas de se servir, pour porter un pronostic avant l’ablation du cérumen, de l’application d’une montre sur le sommet du crâne : si le bruit de la montre est mieux perçu du côté bouché par le cérumen que du côté opposé, on peut espérer une guérison, car la netteté de cette perception indique l’intégrité des parties profondes, et apprend que la surdité tient à l’obstacle que le cérumen apporte à la propagation des ondes sonores, et réciproquement.
Grâce aux injections d’eau tiède, on parvient à extraire ces concrétions ; si elles sont dures, il faut les ramollir par des installations préalables d’eau tiède et de glycérine, répéter les injections, et chercher même à les extraire avec les pinces spéciales destinées aux corps étrangers de l’oreille. Lorsque le bouchon est enlevé, on garantit l’oreille avec un peu d’ouate, car elle très sensible à l’action du froid et aux bruits extérieurs; puis, lorsque sa sensibilité sera un peu calmée, on pourra, par quelques injections astringentes, corriger la fâcheuse tendance à une sécrétion exagérée du cérumen.
D' Léon Moynac.
CÉRUSE — (V. Plomb.)
CÉRUSIERS ( OUVRIERS.) — Hygiène professionnelle. — (V. Plomb.)
CER'VEAU. — Anatomie. — Le cerveau est la partie la plus volumineuse de V encéphale (V. ce mot). Un sillon médian ou scissure inter- hémisphérique divise le cerveau en deux moitiés latérales nommées hémisphères cérébraux ou mamelles cérébrales. Chaque hémisphère est subdivisé en trois lobes, visibles surtout à la face inférieure, qui ont reçu les noms de frontal, sphénoïdal et occipital, en raison de leur rapport avec les régions correspondantes du crâne.
Le cerveau est le centre perceptif et excitateur de nos actes physiques et moraux. Un animal privé des hémisphères cérébraux vit encore, mais il est insensible à toute incitation périphérique et par consé(iuent incapable de toute réaction volontaire.
Les émisphères cérébraux sont dépourvus de sensibilité : on peut enfoncer des aiguilles, ou même un fer rougi au feu dans leur épaisseur sans provoquer de douleur. On sait que des blessés ont conservé dans la tête une balle pendant plusieurs années sans en éprouver aucune incommodité.
Topographie des circonvolutions cérébrales. — La surface des hémisphères est sillonnée d’anfractuosités nombreuses limitant des éminences dites plis ou circonvolutions, h cause de leur ressemblance avec celles de l’intestin. Ces sinuosités multiples n’ont d’autre but que de multiplier la surface de l’encéphale. La profondeur des sillons, la saillie et le nombre de ces circonvolutions sont en rapport direct avec l’intelligence; ainsi, les cirvonvolutions des idiots sont à peine marquées, et à mesure que l’on descend l’échelle des êtres, on les voit diminuer et même s’effacer : les poissons, les oiseaux et les reptiles, par exemple, en sont dépourvus.
Parmi les plus importantes de ces circonvolutions, nous citerons, à la face externe des hémisphères, les
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deux pariétales dites de perfectionnement, parce qu’elles ne se rencontrent que chez les animaux d’un rang élevé; elles sont séparées par un sillon profond qui a reçu le nom de scissure de Rolande. Dirigées transversalement, elles séparent les trois circonvolutions frontales des trois circonvolutions occipitales. La circonvolution pariétale antérieure est encore appelée frontale ascendante et la cicon-
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Base du cei veau.
1. Tronc basilaire. — 2, 2. Artères vertébrales. — 3, 3. Artères cérébrales postérieures. — l, l. Artères cérébrales moyennes ou sylviennes. — 3. Artères cérébrales antérieures réunies entre elles par la communiquante antérieure. — 6. Artère communiquante postérieure.
— 7. Artère choroïdienne. — 8. Hémisphère cérébelleux du côté droit.
— 9. Lobe frontal. — 10. Nerf olfactif. — 11. Lobe moyen ou sphénoïdal. — 12. Lobe postérieur ou occipiial. — 13. Section du bulbe rachidien. — 11. Protubérance annulaire. — 13. Pédoncules cérébraux.
— 16. Bandelette des nerfs optiques. — 17. Espace perforé antérieur.
— 18. Nei'f trijumeau.
volution pariétale postérieure est dite pariétale ascendante.
La face interne des hémisphères présente la circonvolution du corps calleux q\i\ enveloppe l’organe de même nom. On lui donne aussi le nom de circonvolution crêtée, à cause des sinuosités de son bord supérieur. Sur la même face, on remarque d’avant en arrière le lobule ovalaire oa paracentral, le lobule quadrilatère ou præcuneus et le lobule triangulaire ou cuneus (coin), qui est séparé du lobule précédent par la scissure perpendiculaire ou occipitale interne. Enfin le bord inférieur du cunéus est limité par la scissure des hippocampes.
Les circonvolutions de la face inférieure du cerveau sont divisées en trois groupes qui correspondent aux trois groupes respectifs du cerveau ; on y observe en avant les circonvolutions olfactives et, sur les côtés, la circonvolution de la scissure de Sylvius, qui se réfléchit sur elle-même et entoure un groupe de trois ou quatre petites circonvolutions.
rappelant assez exactement l’aspect des quatre derniers doigts fléchis sur la paume de la main ; on a appelé ce groupe le lobule de l'insula, et on ne peut l’apercevoir sans écarter les deux lèvres de la scissure de Sylvius.
Le lobe sphénoïdal ou pariétal offre à considérer les deux circonvolutions temporales séparées l’une de l’autre par la scissure parallèle à la scissure de Sylvius. Entre les circonvolutions temporales et occipitales, on remarque un pli semi-circulaire dit pli courbe qui se confond par son extrémité externe avec le lobule du pli courbe.
Rôle physiologique des circonvolutions. — Localisations cérébrales. — En électrisant les différents points de la surface du cerveau, les physiologistes ont constaté que l’excitation de certaines zones produisait dans une partie déterminée du corps des réactions motrices toujours semblables. Ils en ont conclu, et les faits pathologiques viennent chaque jour confirmer leur opinion, que les mouvements de la périphérie du corps étaient placés sous la dépendance de centres moteurs cérébraux distincts les uns des' autres. Ils ont remarqué que la plus grande partie de ces centres moteurs étaient groupés autour du sillon de Rolando.
Les régions motrices connues jusqu’à ce jour sont au nombre de sept ; celle du membre inférieur, en arrière de la scissure de Rolando; celle du membre supérieur, à cheval sur la partie supérieure de la même scissure ; celle qui préside à certains mouvements des yeux, au niveau du pli courbe ; celle des mouvements de l’oreille, à la partie antérieure de la première circonvolution temporale ; celle des mouvements de rotation de la tête et du cou, en arrière de la première circonvolution frontale; celle des mouvements de la face, en arrière de la deuxième circonvolution frontale ; celle des mouvements de la langue et des mâchoires, en arrière de la troisième circonvolution frontale. Déjà Broca avait démontré que le siège de la fonction du langage est placé sur la partie latérale du lobe frontal gauche, à la partie postérieure de la troisième circonvolution de ce lobe.
L’électricité appliquée sur un de ces centres détermine aussitôt dans le côté opposé du corps la contraction du groupe musculaire placé sous sa dépendance. De même, si un centre quelconque est comprimé ou détruit, on observe une paralysie des muscles qui lui correspondent.
Organes situés à la base du cerveau. — Outre les circonvolutions on trouve encore à la surface du cerveau des organes nombreux et importants. Ils sont tous groupés symétriquement à sa face inférieure ; ce sont d’avant en arrière :
l”Les NERFS OLFACTIFS, qui président à l’olfaction;
2® Les NERFS OPTIQUES qui s’entre-croisent au niveau du chiasma (xlaap.a, entre-croisement) et se prolongent en arrière sous forme de deux bandelettes dites racines blanches des nerfs optiques, les-^ quelles se terminent par deux renflements rappelant l'aspect de deux genoux et désignés pour cette raison sous le nom de corps genouillés-.
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pour qu’à l'unité d’impression réponde l'unité d’action des deux côtés du corps.
2“ Le SKPTUM LUCIDL'.M OU CLOISON TRANSPARENTE OSt
Face inférieure du cerveau.
(On a réséqué la partie antérieure du lobe occipital du côté gauche de la figure et l’on a ainsi pénétré dans le prolongement occipital du ventricuie latéral j.
1. Genou du corps calleux. — 2. Extrémité antérieure du lobe frontal — 3, 4. Lobe occipital, en partie enlevé. — 5. Partie postérieure de la scissure interhémisphérique. — G. Prolongement occipital du ventricule latéral. — 7. Corps genouillé externe. — 8. Corps genouillé interne. — 9. Bandelette optique. — 10. Espace perforé antérieur. — 11. Bandelette du nerf olfactif. — 12. Scissure de Sylvius.
3“ L'ÉIIINENCE CENDRÉE OU TÜBER CINEREUM, qui a la forme d’un triangle de substance grise sur laquelle s'insère la tige du corps pituitaire;
4“ Le CORPS PITUITAIRE est un petit organe vasculaire dont on ignore l'usage ;
0° Les TUBERCULES MAMiLLAiRES, au nombre de deux, sont des éminences en forme de « mamelles » composées d’un noyau de substance grise et d’une écorce de substance blanche;
6° L’espace inter-pédonculaire est criblé d'un grand nombre de petits trous qui livrent passage à des vaisseaux capillaires. Du sommet de cet espace, on voit émerger les radicules des nerfs 'moteurs oculaires communs qui président aux mouvements de l'œil;
7° Les PÉDONCULES cÉRÉBR.vux OU cuisses du cerveau sont deux faisceaux de substance blanche qui sont formés par le prolongement des cordons de la moelle épinière et qui vont se perdre en s’épanouissant dans les parties profondes des hémisphères.
Conformation intérieure du cerveau. — Cavités ou ventricules du cerveau. — En s'écartant angulairement pour s’épanouir dans les hémisphères, les pédoncules cérébraux limitent entre eux une cavité divisée en deux étages par une cloison horizontale, le trigone cérébral. La cavité inférieure est unique et a reçu le nom de ventricule moyen ; la cavité supérieure qui représente les ventricules latéraux est elle-même séparée en deux compartiments par une cloison verticale, le septum lucidum.
1“ Les VENTRICULES L.4TÉRAUX, séparés par le septum lucidum ou cloison transparente, envoient des prolongements dans chacun des lobes cérébraux : leur voûte est formée par le corps calleux; leur plancher est constitué par la face supérieure des corps striés, des couches optiques et par le trigone cérébral doublé delà toile chordidienne ; les parois sont limitées par la rencontre des fibres du corps calleux avec celles des pédoncules cérébraux.
2° Le VENTRICULE .MOYEN occupe l’étage inférieur; il a la forme d’un entonnoir aplati. Ses parois sont représentées par les couches optiques; son sommet s'enfonce dans la tige du corps pituitaire et sa base est fermée par la toile choroïdienne.
Nous allons compléter cette étude par une description sommaire des organes que nous venons d'énumérer.
Organes contenus dans l’épaisseur du cerveau. — 1* Le coRi'S CALLEUX est une lame de substance blanche qui sert de commissure aux deux hémisphères.
On lui trouve un bec, un genou, un corps et un bourrelet; il présente trois cornes qui servent de voûte aux prolongements des ventricules latéraux : la corne antérieure ou frontale, la corne postérieure occipitale ou forceps major, et la corne inférieure sphénoïdale ou tapétum.
Les fibres transversales du corps calleux semblent destinées, ainsi que nous l’avons vu, à relier entre elles les cellules corticales des deux hémisphères.
grisâtre; il est constitué par deux lames qui circonscrivent une petite cavité à laquelle on a donné
Fig. 242.
Figure schématique destinée à montrer la disposition intérieure du cerveau.
le nom de ventricule de la cloison ou cinquième ventricule. Ainsi que nous l’avons expliqué plus
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haut, cette cloison sépare les deux ventricules latéraux; elle se confond par son bord supérieur avec le corps calleux et par son bord inférieur avec le trigone cérébral.
3° Le TRIGONE CÉRÉBRAL OU VOUTE A TROIS PILIERS est la cloison horizontale qui sépare les ventricules latéraux du ventricule moyen; elle résulte de la juxtaposition de deux bandelettes de substance
Coupe médiane et antéro-postérieure de l’encéphale.
I. Circonvolution du corps calleux; au-dessous se trouve le corps calleux. — 2. Partie postérieure ou bourrelet du corps calleux. — 3. Trou de Monro, limité en avant par la partie antérieure du trigone. — i. Corps calleux; au-dessous de lui se trouve le trigone cérébral. — 5. Septum lucidum ou cloison transparente. — 6. Toile cboroi'dienne. — 7. Commissure qui relie entre elles les couches optiques en traversant le troisième ventricule. — 8. Aqueduc de Sylvius faisant communiquer entre eux le troisième et le quatrième ventricule. — 8'. Glande pinéale dont la racine antérieure s’applique sur la couche optique. — 9. Substance grise du troisième ventricule; elle masque une partie du pilier antérieur du trigone qui se continue avec le tubercule mamillaire. — 10 Tubercules quadrijumeaux : l’espace compris entre ces deux tubercules et le bourrelet du corps calleux (2) représente la partie moyenne de la fente cérébrale de Bi^îhat, par laquelle la pie-mère pénètre dans le troisième ventricule. — 11. Quatrième ventricule. — 12. Coupe de la protubérance annulaire. - 13. Bulbe rachidien. — 14. Nerf optique. — 15. Tuber cireneum. — 16. Commissure blanche antérieure. — 17. Coupe médiane du cervelet sur laquelle se dessine l’arbre de vie du lobe moyen. — 18. Cervelet. — 19. Extrémité antérieure du lobe postérieur du cerveau.
blanche, comparées par les anatomistes aux deux branches d’un X qui s’adosseraient sur un point plus rapproché de leur extrémité antérieure. Les deux branches antérieures ou piliers antérieurs se réfléchissent en bas pour former l’écorce blanche des tubercules mamillaires que nous avons vus à la base du cerveau; les deux branches postérieures s’enfoncent dans les prolongements sphénoïdaux des ventricules latéraux en se bifurquant : l’une des branches de bifurcation se perd dans la saillie de substance blanche connue sous le nom de corne d'Ammon, l’autre longe le bord interne de cette corne pour former le corps bordé ou bordant. Au-dessous du corps bordant, on trouve une lamelle de substance grise appelée corps godronné.
L’angle d’écartement des deux piliers postérieurs est rempli par des fibres dontl’entre-croisement rap-
pelle assez bien la disposition des cordes d’un instrument de musique : de là son nom de lyre.
4° La TOILE ciiOROïDiENNE est Une membrane cellulo-vasculaire de forme triangulaire , contenant dans son épaisseur un grand nombre d’artérioles et de veines volumineuses qui donnent naissance aux deux veines de Galien. Les bords de cette toile sont unis aux plexus choroïdes des ventricules latéraux, cordons rougeâtres composés d’un lacis de capillaires sanguins qui dépendent de la piemère et s’introduisent dans le prolongement sphénoïdal des ventricules latéraux pour s:terminer au sommet de la toile choroïdienne.
.5° La GLANDE PINÉALE, Comparée à une pomme de pin, est un petit corps gris cendré renfermé dans l'épaisseur de la toile choroïdienne et situé au-dessus de la commissure blanche postérieure ; elle est pourvue de six appendices ou pédoncules qui pénètrent dans les couches optiques. Ses usages sont encore inconnus, bien que Descartes en ait fait le siège de l'ànie. Certains auteurs pensent qu’elle ferme, à la manière d’un tampon, l’ajtws cérébral ou orifice supérieur de l'aqueduc de Sylvius, qui met en communication le ventricule moyen et le quatrième ventricule.
6“ Les CORPS STRIÉS ont la forme de deux virgules, à concavité concentrique : ils sont ainsi appelés parce qu’ils sont composés de deux couches de substance grise dites noyaux gris extra et intra-venbicalaires, séparés par une couche de substance blanche appelée double centre demi-circulaire. Ces fibres blanches intermédiaires, formées par l’épanouissement des pédoncules cérébraux, sortent des corps striés en rayonnant dans toutes les directions sous le nom de couronne de Reil.
D’après le professeur Luys, les corps striés présideraient à la mise en jeu des réactions motrices volontaires.
7° Les COUCHES optiques sont deux renflements de substance blanche ayant le volume d’un œuf de pigeon.
11 existe dans les couches optiques quatre noyaux ou centres, auxquels M. Luys a donné les noms de : antérieur ou olfactif, moyen ou optique, médium ou sensitif ol postérieur ou auditif, parce qu’ils semblent destinés à recevoir et à condenser les impressions olfactives, visuelles, acoustiques, et les impressions de la sensibilité générale.
M. Luys pense donc que les couches optiques sont des organes de réception et de condensation des incitations sensitives et sensorielles de la périphérie du corps. D' G. ’WiTKowsKi.
CER'VEAU (ANÉMIE DD). — Deux conditions peuvent produire l’anémie cérébrale : 1" le sang possède ses propriétés normales, mais il ne peut arriver au cerveau en quantité suffisante; 2“ le sang arrive librement au cerveau, mais il est trop pauvre en globules rouges pour y entretenir convenablement les phénomènes de la vie.
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Dans lo premier groii|)e se rangent les anémies cérébrales résultant de Inmenrs comprimant les carotides, de la ligature de ces vaisseaux, de leur simple compression artificielle, phénomène qui iraurait point échappé aux anciens et qui avait valu aux carotides leur nom (xàpo?, assoupissement) ; c'est là, en ell’et, le premier symptôme de l’anémie cérébrale expérimentale.
Il faut ranger dans ce groupe les anémies cérébrales résultant de l’appel énergique du sang vers des régions éloignées du crâne (ventouses de Junod). 11 faut y placer encore celles qui résultent d’un defaut d’impulsion suffisante du cœur, qu’il y ait surcharge, dégénérescence graisseuse ou insuffisance aortique.
Dans le second groupe, nous plaçons toutes les anémies générales sans exception, occasionnées par des hémorrhagies abondantes, quelles qu’en soient les causes, par la chlorose, une nourriture insuffisante, des maladies graves, des diarrhées prolongées, etc.
L’anémie peut être lente ou rapide ; or les symptômes diffèrent dans les deux cas.
1“ Anémie rapide. — Engendrée par de grandes pertes de sang, elle se traduit par des symptômes semblables à ceux que présentent les animaux qui meurent d’hémorrliagie : ce sont des vertiges, des bourdonnements d’oreille, bientôt le malade devient insensible aux excitants extérieurs, il perd connaissance, sa peau est froide, visqueuse, la pupille d’abord rétrécie se dilate, il survient des convulsions (générales et un coma qui annoncent une mort prochaine.
2° Anémie lente. — Lorsque le cerveau ne se trouve que graduellement privé de la quantité de sang nécessaire à l'accomplissement de ses fonctions, il exprime sa souffrance par upe céphalalgie habituelle, par des vertiges, de l’insomnie, quelques troubles dans les perceptions sensorielles et même du délire. Les malades éprouvent fréquemment des nausées, des palpitations de cœur, ils sont très facilement excitables, tressaillent au moindre bruit, mais retombent presque immédiatement dans une grande apathie intellectuelle et morale (c’est ce que les .\nglais désignent sous le nom de faiblesse irritable).
Ces malades présentent en même temps les symptômes habituels à l’anémie générale, décoloration des muqueuses et des téguments, souffles vasculaires, etc. Les vertiges, les nausées et même le délire sont toujours moins marqués dans la situation horizontale, car cette position rend l’abord du sang vers le cerveau beaucoup plus facile.
Que le cerveau soit congestionné ou qu'il soit anémié, il exprime sa souffrance de la même façon; aussi est-ce sur l'état général que se basera le diagnostic : si l'individu qui souffre de la tète et éprouve des vertiges est fort et vigoureux, c'est que son cerveau est congestionné; si c’est au contraire une personne faible, délicate, ses souffrances indiquent une anémie cérébrale.
Dans Vanémie subite, il faut envoyer au cerveau la plus grande quantité de sang possible en donnant au malade une position horizontale, en comprimant l’aorte et les artères du membre supérieur; en même temps il faut .soutenir l’excitabilité de la substance cérébrale on administrant du vin, de l'alcool, une potion cordiale et excitante (ammoniaque et sirop d’éther), la liqueur d’Hoffmann (dose de 10 à l.ï gouttes); envelopper le malade de
linges chauds, promener des sinapismes sur divers points de son corps. Enfin, comme dernière ressource, on pourrait pratiquer la tranfusion du sang. Dans Vanémie lente, il faut recourir aux ferrugineux, aux toniques, à l’hydrothérapie, u" L. Moynac.
CERVEAU (CONGESTION do). — Quelques auteurs, s'appuyant sur l'inextensibilité du crâne, sur l'incompressibilité des liquides et du cerveau, ont prétendu que ces conditions physiques rendaient impossible la congestion cérébrale : c’est une erreur ; car il existe entre la quantité de sang et de liquide céphalo-rachidien contenus dans le crâne une sorte d'antagonisme. Y a-t-il hypérémie cérébrale? une quantité correspondante de liquide arachnoi'dien passe du crâne dans le canal rachidien ; y a-t-il anémie? il reflue dans le crâne.
C’est là d’ailleurs ce qui survient à chaque mouve-
Fig. 2 U,
Coupe horizontale du cerveau, pratiquée au-dessous du trigone cérébral et montrant le plancher des ventricules latéraux.
1. Extrémité antérieure de (la scissure interhémisphérique logeant l’apophyse crista-galli et la faux du cerveau.— 2. Genou du corps calleux.— 3, 3. Circonvolutions cérébrales. — 4, 5. Coupe du corps calleux au niveau de ses bords. — 6. Corps strié (noyau caudé) formant le plancher des ventricules latéraux.— 7 Bandelette demi-circulaire et lame cornée.— 8. Plexus choroïdes des ventricules latéraux.— 9. Trigone cérébral.— 10. Bourrelet du corps calleux. — 11. Corne occipitale. — 12. Extrémité antérieure du sinus droit
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ment respiratoire, à chaque contraction cardiaque, et ce qui produit les battements du cerveau.
La congestion cérébrale est donc possible. Elle peut être active ou passive.
La congestion active est produite par toutes les conditions qui peuvent augmenter la tension du sang dans le système artériel cérébral, qu’il s’agisse d’une compression exercée sur l’aorte au-dessous de l’origine des artères carotides et vertébrales ou
Fig. ilo.
Coupe horizontale du cerveau, passant au-dessous du corps calleux, et dans laquelle on a enlevé le trigone cérébral et la toile arachnoïdienne.
1. Ouverture par laquelle le liquide sous-arachnoïdien communique avec le quatrième ventricule. — 2. Quatrième ventricule. — 3, 9. Pédoncules cérébelleux— 4, 5, 6. Paroi postérieure du quatrième ventricule. — 7. Valvule de Vieussens. — 8. Arbre de vie du cervelet. — 10. Tubercules quadrijumeaux postérieurs.— 11. Glande pinéale et tubercules quadrijumeaux antérieurs. — 12. Rênes natériennes. — 13. Troisième ventricule ou ventricule moyen. — U. Commissure grise des couches optiques. — IS. Coupe du septum lucidum. — 18. Noyau caudé du corps strié. — 19. Ventricule du septum lucidum.
de la suppression d’une hémorrhagie habituelle (hémorrboïdes, flux menstruel).
Dans le stade de frisson des fièvres intermittentes, le sang fuit la périphérie pour congestionner tous les viscères ; le froid violent agit de la même façon et peut ainsi tuer brusquement.
Certaines substances, l’alcool et peut-être l’opium, par leur action sur les vaisseaux, prédisposent aux congestions. Il en est de même de l’appel habituel d’une grande quantité de sang dans les vaisseaux cérébraux, ainsi que cela a lieu dans les veilles prolongées, les fatigues intellectuelles. Une mention spéciale pour l'insolation.
Les congestions d’origine nerveuse produites par une paralysie des vaso-moteurs des petites artères cérébrales sont rares et douteuses.
La congestion passive se rattache à une gêne dans la circulation de la veine cave supérieure et
des veines jugulaires, gêne succédant à des compressions, à la strangulation, à une insuffisance de la valvule tricuspide et même mitrale.
Enfin mentionnons les congestions cérébrales reliées à la dégénérescence athéromateuse des artères, à des fièvres graves, au choléra.
L’hérédité et la pléthore constituent des prédispositions puissantes.
La congestion peut être générale ou partielle, plus marquée dans un point que dans l’autre, dans les méninges que dans le cerveau.
Très souvent les membranes de l’œil sont simultanément congestionnées.
Les symptômes peuvent se présenter sous trois formes : congestion légère, grave, apoplectique.
Forme légère. — Les malades éprouvent une céphalagie gravatique qu’augmentent le bruit et le mouvement ; il survient des tintements d’oreille, des illusions d’optique (congestion rétinienne), de l’insomnie ou des rêves pénibles.
La congestion peut être plus forte et produire des vertiges, des vomissements, le ralentissement du cœur et du pouls qui est plein et dur ; ces derniers phénomènes se relient à la congestion de la moelle allongée.
Les malades éprouvent un engourdissement léger et de la constipation.
La face est habituellement vultueuse, mais c’est là un symptôme inconstant, car il n’existe pas de relations régulières entre l’état vasculaire de la face et celui de la tête.
Cette forme de congestion est la plus commune, elle frappe les gens pléthoriques et se reproduit souvent sous l’influence de repas copieux, de veilles, etc.
Forme grave. — Elle peut débuter brusquement ou succéder à la première. La céphalagie est beaucoup plus violente, elle s’accompagne d’hallucinations et de délire; en proie à une terreur imaginaire, le malade s’agite, veut quitter son lit, et brisé de fatigue ne tarde pas à se couvrir de sueur, ce qui pourrait faire croire à une méningoencéphalite si la température ne restait à peu près normale. A la surexcitation succède le coma, caractérisé par la résolution musculaire, la respiration ronflante et des évacuations involontaires.
Chez les vieillards, Durand-Fardel a décrit une forme spéciale de congestion : pendant la nuit le malade se réveille, se lève, il ne sait où il se trouve; le jour ramène un peu de lucidité dans ses idées, mais le laisse triste et morose, les muqueuses buccale et conjonctive seraient le siège d’une sécrétion abondante ; bientôt surviennent le délire et les autres symptômes.
Chez les enfants, les convulsions constituent le symptôme le plus frappant de la congestion cérébrale qui est d’ailleurs fort rare à cet âge, et qui se distingue de la méningite par l’invasion brusque des accidents, leur peu de durée, l’absence de température fébrile.
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Forme apoplectique. — L'individu tombe brusquement privé de sentiment et de mouvement, le pouls est lent, plein et dur, la respiration ronflante ; souvent il survient des évacuations involontaires. Portés immédiatement à leur summum d’intensité, ces phénomènes diminuent graduellement et se dissipent en vingt-quatre ou quarantehuit heures. Il existe quelques laits d'hémiplégie persistante à la suite de ces congestions.
Comment expliquer les phénomènes auxquels donne lieu la congestion? L’augmentation de pression subie par les éléments nerveux expliquerait les symptômes de stupeur ; la surexcitation serait rattachée au contact prolongé d’un sang trop chargé d’acide carbonique.
Quel traitement faut-il opposer à la congestion cérébrale ? Bien qu’elle tienne à des causes fort diverses, dans la plupart des cas (sauf dans les congestions observées au début des fièvres graves), la congestion cérébrale présente comme indication capitale de diminuer la tension sanguine; on atteint ce résultat par l’application de sangsues derrière les oreilles. Ou par une saignée générale ou par des purgatifs énergiques {aloès, pilules de Bosredon, eau-de-vie allemande, etc.).
Les gens sujets aux congestions cérébrales doivent suivre un régime tout spécial et très sobre, s’abstenir de liqueurs, de café, de veilles, de fatigues, coucher dans une chambre fraîche, sur un lit dur, dormir peu, faire de l’exercice, combattre la constipation et les maux de tête par les grains de santé de Franck, les pilules de Bosredon, la podophylle Coirre, etc., ou par les purgatifs salins, magnésie, eau de Rubinat, etc. D' Léon Moynac.
CERVEAU (HÉMORRHAGIE Do;. — On donne ce nom à l’épanchement d’une certaine quantité de sang dans la pulpe cérébrale. Si le sang se répand dans les méninges, la maladie porte le nom d’hémorrhagie méningée (V. Méninges).
Si le sang fait irruption dans le cerveau, cela tient à une rupture de ses vaisseaux; or les vaisseaux qui se rompent pour produire une hémorrhagie sont les artères cérébrales et elles se rompent, soit parce que leurs parois sont altérées, soit ce qui est bien plus rare, parce que la tension du sang a augmenté. Certaines hémorrhagies se rattacheraient à la transsudation du sang.
Certaines maladies (scorbut, ictère grave, fièvre jaune, chlorose, hémophilie, etc.) altèrent le sang au point de permettre la transsudation hors des vaisseaux. Sous cette influence on a, bien que rarement, observé des hémorrhagies cérébrales.
Très rare avant trente ans, l’hémorrhagie devient fréquente à partir de cinquante ans. Elle est souvent héréditaire, et les relevés de Falret ont démontré qu’elle est presque trois fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme. On l’observe en tous pays, surtout en hiver ou plutôt dans les changements de saisons marqués par de brusques variations atmosphériques.
On a cru longtemps que les individus gras, rouges, pléthoriques, ayant la tête grosse, le cou court, y étaient prédisposés ; rien ne le prouve.