‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 103 sur 238 · CE K · texte numérisé non relu

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prodromes ; la céphalalgie, l’affaiblissement de l’intelligence, les vertiges, les troubles de la vue, de l’ouïe, s’observent plutôt dans la période initiale d’un ramollissement qu’avant le début d’une hémorrhagie.

L’hémorrhagie survient donc tout à coup et dans des circonstances très diverses, parfois pendant un effort (défécation, coït, etc.), parfois durant le sommeil. Ses symptômes présentent dans leur intensité des degrés en rapport avec l’étendue et le siège du délabrement cérébral ; ces différences ont conduit à admettre plusieurs formes d’hémorrhagie : Forme grave ou apoplectique. — Forme moyenne. — Forme légère.

Forme grave, apoplectique. — L’individu tombe foudroyé; il ressemble à une masse inerte dont la vie ne se traduit que par la persistance des mouvements respiratoires et des contractions cardiaques.

Tout mouvement volontaire est aboli. Soulevez les membres et abandonnez-les à eux-mêmes, ils retomberont comme une masse inerte; par exception, il peut y avoir des contractures. Au contraire, les mouvements réflexes deviennent très manifestes, puisque l’action cérébrale est supprimée; ainsi, en excitant la muqueuse du pharynx, on détermine des mouvements de déglutition très réguliers, et cependant ces mouvements ne peuvent se produire spontanément.

La paralysie de la vessie et du rectum se traduit par l’incontinence de l’urine et des matières fécales. Souvent aussi surviennent quelques vomissements.

La Sensibilité est complètement abolie ; les pupilles sont très dilatées, car la rétine paralysée n’est plus sensible aux rayons lumineux.

La Respiration est lente elstertoreuse, c’est-à-dire bruyante; les joues, inertes, sont alternativement gonflées et déprimées (c’est le mouvement que font les fumeurs de pipe). Le va-et-vient des mucosités bronchiques qui ne peuvent être expulsées détermine un bruit de gargouillement ; enfin, la paralysie du voile du palais donne au bruit respiratoire un timbre spécial.

Quant à la Circulation , le pouls est très lent, plein et dur. La température s’abaisse au-dessous de la normale au moment de l’attaque, mais elle s’élève de plusieurs degrés quelque temps avant la mort.

La forme apoplectique tue en quelques heures, soit par les progrès de l’hémorrhagie et du délabrement cérébral, soit par asphyxie. Si l’hémorrhagie s’effectue dans le bulbe ou si le sang s’épanche en grande quantité dans les ventricules ou à la surface du cerveau, la mort peut être instantanée.

2° Forme moyenne ou paralytique. — C’est la forme la plus ordinaire ; elle débute par un état apoplectique semblable à celui que nous venons de décrire, mais qui ne dure qu’un temps assez court, de quelques minutes à quelques Jours. Par exception, les phénomènes d'apoplexie font défaut ; le malade tombe, mais il conserve toute son intelligence, et en le relevant on s’aperçoit qu’il est paralysé de la moitié du corps.

D’ordinaire, dès que les phénomènes d’apoplexie se dissipent, le malade, au lieu de revenir à la santé comme dans une simple congestion, présente de la paralysie du mouvement, — des troubles de la sen-

sibilité, — des désordres intellectuels : nous allons les passer successivement en revue.

Paralysie. — Règle générale, la paralysie occupe la moitié du corps opposée à l’hémisphère cérébral malade {hémiplégie) ; cela tient à ce que les pyramides antérieures du bulbe s’entre-croisent de telle sorte que la moitié gauche de la moelle se relie à l'hémisphère cérébral droit et réciproquement. Ainsi, la jambe, le bras, ne peuvent exécuter le moindre mouvement ; vient-on à les soulever, ils retombent comme une masse inerte ; la face est souvent paralysée, mais sa paralysie est loin d’être aussi prononcée que dans le cas de lésions du nerf facial ; de plus, chose remarquable, tantôt c’est la moitié de la face correspondant à la paralysie des membres qui est atteinte et tantôt c’est le côté opposé, de telle sorte, par exemple, qu’avec une hémiplégie gauche, on peut rencontrer une paralysie de la moitié droite de la face ; c’est ce que Gubler a désigné sous le nom d’hémiplégie alterne ou croisée. La langue offre parfois unegrande flaccidité dans sa moitié paralysée ; et lorsque le malade veut la sortir de sa bouche, sa pointe s’incline vers le côté paralysé, mais ces deux altérations de la langue sont fort rares ; il est encore exceptionnel d’observer une paralysie des muscles de l’œil, des muscles du larynx, etc. Quant aux muscles de la vie organique, certains d’entre eux sont très fréquemment atteints, tels sont : la vessie, le rectum ; aussi observe-t-on la rétention ou l’incontinence de l’urine ou des matières fécales ; la dysphagie ou difficulté d’avaler est plus rare.

Troubles de la sensibilité. — Les régions paralysées sont insensibles ou peu sensibles aux excitants ordinaires ; parfois les malades y éprouvent des engourdissements ou des crampes; la vue. Fouie, l’odorat peuvent être diminués ou abolis, mais ce sont là des phénomènes exceptionnels.

Au début, la température du côté paralysé prise dans Faisselle, est plus élevée que celle du côté opposé; la durée de ce phénomène est variable;' plus tard, au contraire, pendant la période d’atrophie, la température du côté malade s’abaisse audessous du chiffre normal.

Désordres intellectuels. — A mesure que l’apoplexie se dissipe, le malade recouvre une faible partie de son intelligence; il reconnaît les personnes qui l’entourent ; il est rare que ce retour ne s’effectue pas dans les trois ou quatre premiers jours, mais la parole reste fort embarrassée, la mémoire très infidèle. Parfois le malade se trouve dans l’impossibilité d’énoncer les mots capables d’exprimer ses pensées ; c’est ce que l’on désigne sous le nom d’aphasie (V. ce mot).

Lorsqu’il y a eu apoplexie, on voit, en quelques heures ou au plus tard en deux ou trois jours, le malade sortir de sa torpeur; c’est alors que l’on constate son hémiplégie. Souvent, vers le sixième ou le huitième jour, il est pris d’une céphalalgie opiniâtre, de fièvre, d’agitation et de contracture ; la température s’élève un peu ; ce sont là les indices certains d’une encéphalite (V. ce mot) développée sur le pourtour du foyer ; l’encéphalite peut être mortelle , mais souvent elle est très légère et passe inaperçue.

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D’ordinaire, pendant cinq ou six mois, le malade sera paralysé sans qu’il se produise de grands changements dans son état ; peu à peu pourtant le mouvement revient; dans les cas les plus heureux, le malade marche, mais il fauche ou bien il traîne la jambe ; il est maladroit ; son intelligence est très affaiblie : plus souvent encore, il est complètement infirme, on ne peut que le rouler sur un fauteuil. Enfin, s'il survient dans la moelle les dégénérescences secondaires dont nous avons parlé, à la paralysie succède la contracture, puis l’atrophie définitive des membres contracturés.

L’hémorrhagie cérébrale récidive presque fatalement, car les lésions atonomiques qui l’ont engendrée se généralisent toujours et engendrent tôt ou tard de nouvelles ruptures vasculaires; mais, en général, il se passe plusieurs mois et même plusieurs années entre chaque récidive.

3® Forme légère. — Sauf la gravité, les symptômes sont semblables à ceux que nous venons d’énumérer; souvent tout se borne à une absence ou à une perte de connaissance de courte durée, à une paralysie partielle ; mais, quelle que soit la nature des accidents, ils se dissipent en cinq ou six jours. Le pronostic n’en est pas moins sérieux, car cette attaque indique les altérations du système artériel.

Comment se termine l’hémorrhagie ? — Dans la Forme légère, \o\ii se dissipe en cinq ou six jours;

Dans la Forme ordinaire, le malade peut mourir en quelques jours, épuisé ou tué par l’encéphalite ; il peut survivre plusieurs mois, se rétablissant d’une façon satisfaisante ou restant infirme jusqu’à ce qu’une nouvelle attaque l’emporte;

Enfin, dans la Forme apoplectique, le malade meurt foudroyé ou bien il succombe en quelques heures ou quelques jours sans être sorti du coma.

Au moment de l’attaque, lorsque le patient est encore sous le coup de l'apoplexie, l’hémorrhagie peut être confondue avec l’ivresse, la syncope, l’épilepsie ; mais l'ivresse se reconnaît à l’odeur alcoolique, la syncope à la faiblesse ou à la suspension de la respiration et de la circulation, l’épilepsie à l’écume sanglante, aux morsures de la langue, etc.

Chez le nouveau-né, l’hémorrhagie cérébrable s’observe quelquefois ; elle se traduit par un état de torpeur interrompue de temps en temps par des mouvements convulsifs, mais sans paralysie bien nette, puis le coma survient et les enfants succombent.

Quel doit être le traitement de l’hémorrhagie? — Au moment même de l’attaque il ne faut pas hésiter, si l’individu est vigoureux, à pratiquer une saignée générale, et, en même temps, à appliquer des sangsues derrière les apophyses mastoïdes ; pour les individus de force moyenne. Grisolle conseille de pratiquer une petite saignée exploratrice qu’on prolonge ou qu’on répète selon l’effet produit ; enfin, chez les malades faibles, il faut s’abstenir de la saignée ; chez eux on aura souvent recours aux excitants cutanés, tels que les sinapismes promenés sur les membres ; à la campagne, on pourrait avoir recours à l’urtication. Si le cœur était malade, il ne faudrait en aucun cas pratiquer la saignée.

Lorsque l’apoplexie est dissipée, il faut maintenir la liberté du ventre à l’aide de purgatifs [pilules de Bosredon, grains de santé de Franck, etc.) ou d’émétique ^10 centigrammes dans un litre de bouillon d’herbes à prendre par verres dans la journée). En tout cas, le régime sera très sévère.

On ne cherchera à combattre la paralysie que fort tard ; on pourra prescrire quelques frictions, ou les bains stimulants de Pennes, ou encore envoyer le malade aux eaux chlorurées de Balaruc, aux eaux sulfureuses de Cauterets, etc. ; quant à l'électricité, aux préparations de noix vomique, nous n’en conseillons pas l'emploi.

Enfin, lorsque le patient guérit de son hémorrhagie, il doit veiller à son régime avec la sollicitude la plus scrupuleuse ; il mènera une vie sobre, ‘régulière, se purgera au moindre mal de tête ; il évitera, en un mot, tout ce qui peut augmenter la quantité de sang et tout ce qui peut congestionner le cerveau. Disons en terminant, avec Révéillé- Parise et Durand Fardel, (luc toutes les distractions érotiques chez les vieillards qui ont déjà eu une hémorrhagie cérébrale, entraînent un péril sérieux au point de vue d’une nouvelle attaque.

D'' Léon Movnac.

CERlfEAU (RAMOLLISSEMENT DU). — On désigne sous le nom de ramollissement cérébral ou nécrobiose, la désorganisation ou gangrène d’une partie de l’encéphale consécutive à l’oblitération des artères chargées de le nourrir. Ces oblitérations sont produites par l’artérite déformante, Yathérome ce mot) ou dégénérescence graisseuse des artères cérébrales et par les thromboses (V. ce mot) qui accompagnent ces lésions, ou encore par une embolie ce mot) qui s’est arrêtée dans ses vaisseaux. L’abus des alcooliques et surtout l’influence de l’âge sont les causes les plus puissantes des altérations artérielles : aussi le ramollissement par thrombose s’observe-t-il surtout chez les gens âgés ; l’embolie, au contraire, peut s’observer chez de jeunes sujets atteints d’endocardite chronique, aiguë, d’anévrismes de l’aorte.

Le ramollissement cérébral se produit absolument de la même façon que la gangrène d’un membre qui ne reçoit plus une quantité suffisante de sang. D’après Jaccoud, son évolution comprend trois stades caractérisés chacun par une couleur spéciale. — Premier stade ou ramollissement rouge qui dure environ do huit à quatorze jours ; le second stade ou ramollissement jaune dans lequel le foyer présente une coloration jaune et forme déjà une sorte de bouillie ; et enfin le troisième stade ou ramollissement blanc qui constitue la période ultime des dégénérescences morbides dans lequel tout le foyer est occupé par une masse blanchâtre demi-fluide dans laquelle on ne rencontre guère que des granulations graisseuses. Que deviennent ces foyers? On en a vu qui se résorbaient, laissant après eux des cicatrices; d’autres s’enkystent.

Symptômes. — Nous venons de voir que le ramollissement cérébral résulte toujours d’une oblitération artérielle, mais que cette oblitération peut être une thrombose ou une embolie. Les symptômes diffèrent dans ces deux cas.

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Le ramollissement par thrombose se montre chez les gens âgés et il a une marche lente, il s’annonce par une céphalalgie habituelle, la perte de la mémoire, un changement dans le caractère, un peu d'embarras dans la parole et dans certains mouvements ; souvent tous ces symptômes s’exagèrent brusquement et produisent la perte de l’intelligence et une paralysie qui peut d’ailleurs être très circonscrite et disparaître au bout de quelque temps; cette attaque co'incide avec l’oblitération d’un tronc artériel et elle s’accompagne souvent de contractures légères résultant de î’hyperhémie déjà mentionnée.

Si l’artère oblitérée est volumineuse, le malade meurt immédiatement et dans un bref délai; si elle est moins importante, le malade survit et après la disparition des phénomènes d’excitation du début, il retombe dans une sorte de vie végétative interrompue de temps à autre par de nouvelles attaques jusqu’à ce qu’il soit emporté par l’une d’elles ou par une congestion pulmonaire ou une maladie intercurrente quelconque; la durée de la maladie est souvent de plusieurs années.

Le ramollissement par embolie survient souvent chez des individus jeunes, le début et la marche de la maladie ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’hémorrhagie cérébrale. L’individu tombe brusquement privé de sentiment et de mouvement, puis , lorsque l’apoplexie s’est dissipée , il conserve une hémiplégie du côté opposé à l’artère oblitérée.

L’embolie cérébrale peut tuer immédiatement, souvent la mort est lente et consécutive au progrès du ramollissement. Cependant le malade peut guérir, incomplètement il est vrai, en conservant soit un embarras de la parole, soit quelque paralysie. Enfin la circulation collatérale peut faire disparaître tons les symptômes; mais si le rétablissement ne s’est pas effectué avant quarante-huit heures, il ne faut guère y compter.

Le ramollissement cérébral peut être confondu avec l’encéphalite et l’hémorrhagie cérébrale.

Le ramoLLissernent par embolie est le seul qui puisse être pris pour une hémorrhagie et le diagnostic est parfois malaisé. On se prononcera pour l’embolie en présence des symptômes suivants ; Un individu ordinairement jeune, atteint déjà d’une maladie de cœur, est frappé d’apoplexie brusquement; souvent il présente des symptômes d'obstruction du côté d'autres viscères, surtout du côté de la rate qui est grosse et douloureuse ; l’hémiplégie siège à droite ; elle n’est interrompue ni par des contractures, ni par des convulsions et parfois elle disparaît en deux ou trois jours.

Le ramollissement par thrombose se distingue de l’hémorrhagie par la lenteur de la marche, c’est le seul signe qui permette de porter undiagnostif différentiel.

Le ramollissement se distingue de Yencéphalite par l'absence de fièvre et de chaleur anormale.

Le pronostic du ramollissemennt est toujours fatal, mais souvent à longue échéance.

Sou traitement consiste à remplir les indications qui se présenteront. Si le malade est faible, le ranimer par tous les moyens possibles. Dans des con-

ditions opposées, employer les purgatifs, les boissons rafraîchissantes; les alcalins et l’iodure de potassium ont eu un instant de vogue.

Lorsque le ramollissement est nettement constitué, toute la médication doit se borner à l’observation exacte des lois de l’hygiène.

D'' Léon Moynac.

CER'VEAÜ (tdmeurs do). — Jaccoud désigne sous ce nom les productions pathologiques persistantes et limitées qui ne dépendent ni de l’encéphalite suppurée ni de l’hémorrhagie cérébrale.

Les principales tumeurs qu’on rencontre dans le cerveau sont les anévrysmes, les tumeurs cancéreuses, tuberculeuses, syphilitiques, les tumeurs parasites (cysticerques, échinocoques), etc. Toutes ces tumeurs ont pour effet commun de comprimer certaines parties de l’encéphale et de diminuer la capacité du crâne ; elles engendrent ainsi deux groupes de symptômes différents. Notons l’atrophie, les congestions et les inflammations si fréquentes autour d’elles.

Si le sujet est jeune, faible, présente des manifestations tuberculeuses dans d’autres points du corps, on pourra songer à des tubercules encéphaliques. S’il a eu la syphilis, à une tumeur syphilitique. Si l'individu devient cac’.icctique, le cancer sera aisément reconnu. S’il existait des vers vésiculaires dans un autre poiiU du corps, on pourrait supposer une tumeur cérébrale de même nature. ^

Sauf quelques tumeurs syphilitiques qui peuvent guérir, la mort est la terminaisoi! à peu près constante des tumeurs cérébrales.

11 faut combattre les fluxions c.uigestives par des purgations drasticjuos [Pilules de Bosredon, grains de santé de Franck, etc.', des émissions sanguines, des vésicatoires volants répétés.

Combattre la céphalalgie par des applications de glace sur la tête ; placer sur la tète des compresses imbibées de cyanure de potassium (10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée). La belladone à la dose de 1 centigram ne '' ir jour.

Contre les convulsions, le bromure de potassium [Sirop de Laroze) de 2 à 4 grammes par jour.

Les tumeurs syphilitiques doivent être attaquées par l'iodure de potassium [Pilules du jy Labarthe, Sirop de Laroze], On fera bien d’ailleurs d’essayer l’emploi do ce médicament contre la plupart des tumeurs. Léon Moynac.

CER'VEAÜ (PLAIES DU). — Le cerveau ne peut être atteint qu’à la condition d’une perforation des os du crâne.

Plaies pur instruments piquants. — Les plaies de certaines parties de l’encéphale, celles du bulbe par exemple, peuvent déterminer une mort immédiate ; les plaies des autres régions sont moins graves, cependant elles se compliquent fréquemment de méningo-oncéphalite, d’accidents convulsifs, épileptiformes; toutefois elles peuvent guérir, ainsi que le démontrent plusieurs observations réunies par Larrey.

Plaies par instruments tranchants. — Beaucoup plus rares que les précédentes, elles occupent

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presque exclusivement la voûte du crâne; parfois il y a perte d’une certaine quantité de substance cérébrale, dans ces cas on enlèvera la rondelle osseuse qui, con)plètement détachée, ne peut que jouer le rôle d’un corps étranger, et l'on appliquera les téguments sur la plaie du cerveau. Paroisse a rapporté l’iiistoire d'une vingtaine de blessés qui, dans fa déroute de Landrecies, poursuivis par des cavaliers, avaient eu la voûte du crâne emportée par des coups de sabre; la moitié d’entre eux, environ, moururent du dixième au vingtième jour, les autres n’éprouvèrent aucun accident et guérirent très bien.

Peu de jours après l'accident, le cerveau se gonfle, il fait hernie à l'extérieur, et le malade est emporté par une méningo-encéphalite; on cite pourtant quelques cas de guérison, même après l’élimination de lambeaux de substance cérébrale; il se forme un tissu cicatriciel capable de protéger l’encéphale.

Plaies par instruments contondants. — Les effets des instruments contondants sur le cerveau sont : une commotion ou une contusion dont nous allons faire une étude spéciale. Les plaies contuses produites par une balle, par la projection d’un fragment osseux, etc., peuvent déterminer une mort instantanée ou du moins rapide; dans d’autres cas, le blessé survit quelques jours, puis il est emporté par la méningo-encéphalite; cependant on connaît un certain nombre de cas de guérison après élimination de parties de l’encéphale broyées par l'instrument contondant. d'' Léon Moynac,

CERVEAU (COMMOTION du). — C’est un ébranlement violent et subit de la masse encéphalique qui en suspend momentanément les fonctions sans en altérer la structure.

Comment se produit cet ébranlement? Plusieurs opinions différentes ont été émises, mais, en somme, la patliogénie de la commotion cérébrale est mal connue.

La commotion cérébrale peut être le résultat d’un choc direct (qu’il y ait ou non fracture) ou d’un 1 contre-coup de l'encéphale à la suite d’une chute j sur les pieds, les genoux, le bassin, etc., etc.

; En se basant sur le plus ou moins de gravité des I troubles fonctionnels, on a admis trois degrés : i commotion légère, grave, foudroyante.

' 1® Commotion légère. — Elle est caractérisée par

1 un' étourdissement passager avec tintements d’oreilles, éblouissements, résolution musculaire : en I quelques minutes ou en quelques heures le blessé j revient complètement à lui, et ne se plaint que ; d'un léger malaise.

2" Commotion grave. — Le blessé tombe sans ' jeter un cri ; il est privé de connaissance, de sentij ment et de mouvement; souvent surviennent des I vomissements, une évacuation d’urines et de ma- 1 tières fécales; les muscles sont dans la résolution, I cependant lorsqu’on soulève les membres et qu’on

> • les abandonne à eux-mêmes, ils ne retombent pas ' avec cette inertie spéciale à la paralysie.

> 1 Si l’on parle au malade, il répond par un gro- ' t gnement ou par quelques paroles inintelligibles

! qui témoignent de sa mauvaise humeur, puis il re-

tombe dans la somnolence. La pupille est dilatée, la respiration et le pouls d’une lenteur remarquable.

Ces symptômes persistent quelques jours, puis ils s’effacent graduellement; les réponses sont plus nettes, la torpeur moins grande; souvent, il est vrai, il se produit de curieux troubles fonctionnels ; tantôt le malade se lève et ne retrouve plus son lit, il jette certains objets, croyant les placer sur un meuble, il n’a nul souvenir des choses récentes, etc.

Pourtant, lorsque la commotion est simple, le blessé revient à la santé, tout en conservant souvent de la céphalalgie, des vertiges, de la faiblesse, etc.

Ainsi les deux faits dominants sont :

a. La diminution graduelle des symptômes qui, portés au moment de l’accident à leur summum d’intensité, s’affaiblissent progressivement.

b. La torpeur et l’absence de toute convulsion, contracture ou paralysie.

3° Commotion foudroyante. — Le blessé tombe pour ne plus se relever, le pouls est à peine appréciable, la respiration d'une faiblesse extrême, la résolntion coriiplète; il meurt en quelques instants ou en quelques heures.

La marche de la commotion cérébrale varie donc beaucoup suivant son degré. En effet, elle peut être foudroyante ou tuer en quelques heures ; lorsqu'elle est légère, elle s’efface très rapidement; plus grave, elle persiste plusieurs jours, et sa convalescence traînante est marquée par ces désordres intellectuels étranges dont nous avons parlé.

Au moment même de l’accident, il est souvent difficile de savoir si l’on a affaire à une commotion. Bien que certaines hémorrhagies abondantes puissent entraîner une résolution complète, l’absence de paralysie fera songer à la commotion. Le coma de l’épilepsie se reconnaîtra aisément (traces de morsure sur la langue, écume sanglante, pouce placé dans la flexion. L’odeur de l'alcool annonce ['ivresse.

Le traitement de la commotion variera suivra son degré d’intensité.

Dans le cas de commotion au premier degré, il faut faire respirer au blessé quelques sels odorants, lui administrer un cordial. Le lendemain, si le sujet est vigoureux, pratiquer une saignée légère ou faire prendre un purgatif.

Si on est en présence d’une commotion au second degré, on cherchera à sortir le malade de sa torpeur à l’aide de frictions excitantes, de sinapismes, de lavements excitants, d’odeurs fortes, do boissons cordiales. Si le lendemain la figure devient vultueuse, on pourra pratiquer une saignée ou appliquer quelques ventouses sur la nuque. Il sera utile d’administrer un purgatif; on a recommandé l’émétique en lavage, administré à la dose de 5 centigrammes pour un litre de tisane. Si les effets de la commotion se prolongeaient, il faudrait raser le cuir chevelu et appliquer un vésicatoire.

D' LÉON Moynac.

CER'VEAU (CONTUSION du). — Dupuytren a donné ce nom à une attrition, généralement circonscrite, de la masse encéphalique.

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La contusion peut exister avec ou sans fracture du crâne, cependant le premier cas est le plus fréquent. Les coups, les chutes sur la tète, telles en sont les causes ordinaires.

La contusion peut a\oir lieu soit au niveau du point frappé (contusion directe), soit dans un point diamétralement opposé, ou du moins à une grande distance (contusion par contre-coup). Ces deux variétés sont souvent réunies.

La contusion peut exister à divers degrés. Dans sa forme la plus simple, elle se traduit par la présence, au niveau de la partie contuse, d'une foule de points rouges plus ou moins confluents. Cette altération siège surtout dans les parties grises, presque jamais dans la substance Manche. Ces points rouges sont, tantôt des dilatations, tantôt des ruptures vasculaires.

Si la contusion est plus forte, les points rouges sont plus nombreux, plus confluents, gros comme des têtes d’épingle; les vaisseaux sont rompus et, au niveau de leur surface de section, le sang s'est coagulé, après avoir rempli leur gaine lymphatiipie. La pulpe nerveuse criblée de ces points rouges est très ramollie.

Enfin, dans un degré encore plus avancé, la substance cérébrale peut être convertie en une sorte de bouillie lie de vin.

Habituellement l’arachno'ide et la pie-mère sont congestionnées et déchirées : la dure-mère est dé-

Fis. 21fi.

Face inférieure du cervelet (le bulbe a été rejeté en arrière).

1. Vermis inferior. — 2. Isranyde lamineuse de Malacarne. — 4. Extrémité inférieure du vermis inferior ou luette. — 5. Valvules de Tarin. — G. Nerf imeumogastriquc. — 7. Extrémité postérieure du vermis inferior. — 10. Amygdales cérébelleuses ou tonsillos.

le füj^er se cicatrise ou se transforme en un kyste, mais cette terminaison est fort rare.

Dupuytren établit que la contusion cérébrale ne donnait lieu, au moment de sa production, à aucun symptôme, et que, seulement vers le cinquième ou le sixième jour, les signes d’une méningo-encéphalite (V. ce mot) révélaient la nature de la lésion.

C'est là un grand fait clinique qui domine l’étude de la contusion cérébrale, étude que nous diviserons en deux parties comprenant : 1° les phénomènes qui se passent depuis le moment de l’accident jusqu’au troisième ou sixième jour; 2° les phénomènes d’encéphalo-méningite.

t” période. — Elle n’offre pas toujours les mêmes caractères. Tantôt, comme l’enseignait Dupuytren, elle n’est caractérisée par aucun symptôme : après un étourdissement de courte durée, le blessé se relève, reprend sa marche, et la contusion ne peut être soupçonnée jusqu’à l’apparition des phénomènes inflammatoires. Tantôt il existe des convulsions (muscles des lèvres, des paupières, des membres), des contractures, de l’agitation, des paralysies partielles, surtout de quelques-uns des muscles de la face, et même une hémiplégie.

Quelques auteurs pensent que ces différences tiennent surtout au siège de la contusion; lorsqu’elle occupe la substance grise qui ne commande ni à la sensibilité, ni aux mouvements, il y a absence de symptômes.

Lorsque la contusion occupe la blanche de la partie centrale et de la base de l’encéphale, on voit survenir les contractures et les convulsions au moment même de l’accident.

2' période. — 'Vers le cinquième ou sixième jour, la méningo - encéphalite, cette complication si fréquente, s’annonce par l’apparition de la fièvre, l’élévation de la température, qui atteint 39 à 40 degrés. En même temps que la fièvre, surviennent des convulsions, des contractures, des paralysies et du coma; le malade meurt du huitième au dixième jour.

Cependant la terminaison n’est pas constamment fatale; nous avons vu, en effet, que certains foyers de contusion pouvaient se cicatriser.

Le traitement consiste, autant que possible, à prévenir le développement de la méningo -encéphalite; les purgatifs, les émissions sanguines, les sangsues à la nuque, la diète, le repos, remplissent ces indications. D'' Léon Moynac.

collée par des épanchements sanguins variables dans leur siège et leur étendue.

Que deviennent les parties contuses? On sait que la destruction d’une partie de l’encéphale n’est pas une le.sion incurable; ainsi, lors(iu’il ne survient ni enc(q)halito, ni méningite, complications malheureusement trop fréquentes, les petits dépôts sanguins disséminés dans la pulpe nerveuse subis- .sent la transformation graisseuse, ils se résorbent;

CERVELET. — Le cervelet est situé en arrière et au-dessous du cerveau ; il est renfermé dans l’espace compris entre le repli transversal de la dure-mère appelée la tente du cervelet et les fosses occipitales inférieures. Cet organe est relié à la masse encéphalique par des prolongements de substance blanche appelés pédoncules cérébelleux qui sont distingués en supérieurs, moyens et intérieurs. Les pédoncules supérieurs le rattachent au cerveau; les inférieurs au bulbe, et les moyens à la protubérance annulaire.

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Le cervelet est formé de deux lobes latéraux séparés par un lobe médian, dont les saillies supérieures et inférieures constituent les vermis superior et inferior. Le vermis inferior se termine en avant par une extrémité libre, qui plonge dans la cavité du quatrième ventricule comme la luette dans la bouche : de là lui est venu le nom de luette cérébelleuse. Latéralement la luette donne attache aux valvules de Tarin, qui ont été comparées à un nid d’hirondelles et ont été assimilées aux piliers du voile du palais. Pour compléter l’analogie avec l’isthme du gosier, on donne le nom d'amygdales cérébelleuses à deux saillies dites encore lobules du bulbe, qui recouvrent les valvules de Tarin.

La surface du cervelet est parcourue par des sillons nombreux et concentriques qui la divisent en segments, lames et lamelles.

Si Ton pratique une coupe verticale antéropostérieure dans l’un des hémisphères cérébelleux, on constate que le cervelet est constitué, comme le cerveau, par une masse centrale de substance blanche, enveloppée d’une couche de substance grise dont la disposition foliacée lui a fait donner le nom A' arbre de vie.

Fonctions du cervelet. — Les fonctions du cervelet sont encore fort obscures ; cependant les expériences de Flourens, puis celles de Bouillaud, de Longet et de Vulpian, nous permettent de penser que cet organe sert à coordonner les mouvements volontaires de la préhension et de la locomotion. 11 est le principal organe directeur de l’équilibration , de la station et de la marche. Un animal privé du cerveau, mais conservant le cervelet, demeure en équilibre et marche relativement bien.

M. Luys fait du cervelet le réservoir central de l’influx nerveux de la motricité, et explique l’incoordination des mouvements qui résulte d’une lésion d’un de ses hémisphères par l’inégale répartition de cet influx dans chaque moitié du corps.

D'' G. WiTKOWSKI.

CERVICAL. — Mot employé pour qualifier tout ce qui a rapport au cou, principalement à sa partie postérieure.

On donne le nom de vertèbres cervicales aux vertèbres du cou qui sont au nombre de sept. Les deux premières vertèbres cervicales sont Vatlas et Yaxis (V. ce mot.)

On donne le nom d'artères cervicales à fies artères qui se distribuent aux muscles du cou et qui sont au nombre de quatre ; tTartère cervicale postérieure ou profonde, qui naît de la partie postérieure et profonde de l’artère sous-clavière ; 2° l’artère cervicale transverse, qui naît de la sous-clavièro ; .1° l’artère cervicale superficielle , qui est une branche de l'artère Iransverse; 4'’ l’artère cervicale ascendante, qui est fournie par l’artère thyro'idienne inférieure.

Les veines cervicales sont du même nombre et suivent la même direction que les artères.

Les nerfs cervicaux sont au nombre de huit. Ils

naissent de chaque côté du commencement de la moelle par deux racines et sortent par les trous de conjugaison des vertèbres certicales.

Le plexus cervical est formé par l’anastomose des branches antérieures des quatre premiers nerfs

Coupe verticale de la tête et du cou dans laquelle on peut voir les rapports du cervelet, du cerveau, de l’isthme de l’encéphale et de la moelle épinière.

1. Faux du cerveau. — 2. Sinus longitudinal supérieur. — 3. Sinus droit — 4. Sinus longitudinal inférieur. — 5. Corps calleux. — 6. Face interne de l’hémisphère cérébral droit recouvert de la faux. — 7. Ventricule moyen.

— 8. Cervelet. — 9. Isthme de l’encéphale. — 10. Moelle épinière. — 11. Cornet inférieur relevé pour laisser voir l’ouverture inférieure du canal nasal dans lequel une sonde a été engagée. — 12. Orifice de la trompe d’Eustache. — 13. Cornet moyen relevé et méat moyen. — 14. Entrée de de l’antre d’Higmore. — 15. Ouverture du sinus frontal. — 16. Cornet supérieur recouvrant le méat supérieur. — 17. Entrée des cellules sphénoi'dales et éthmoïdales postérieures. — 18. Coupe du maxillaire supérieur. — 19. Voile du palais. — 20. Fossette amygdalienne. — 21. Couj»de la langue et fibres du muscle génio-glosse en forme d’éventail. — 22. Muscle génio-hyoïdien. — 23. Coupe du maxillaire inférieur. — 2i. Cavité pharyngienne. — 25. Epiglotte. — 26. Replis aryténo-épiglottiques. — 27. Cartilage aryténoïde recouvert de sa membrane muqueuse.

— 28. Coupe du muscle aryténoïdien. — 29. Coupe du cartilage cricoïde. —30. Coupe du thyroïde — 31. Coupe de l’os hyoïde. — 32. Membrane thyro-hyoïdienne. — 33. Ventricule du larynx. — 34. Corde vocale supérieure. — 33. Corde vocale inférieure ou vraie. — 36. Trachée. — 37. Œsophage. — 38. Coupe du corps thyroïde.

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cervicaux et se divise en plexus superficiel et plexus profond.

On donne le nom de ganglions cervicaux aux trois ganglions que forme le nerf grand sympathique qui occupent le cou. Le supérieur, situé sous la base du crâne, au-dessus et en arrière du maxillaire inférieur, s’étend de l’orifice inférieur du canal carotidien à la troisième vertèbre cervicale ; le moyen, situé au niveau de la cinquième et de la sixième vertèbre cervicale ; l'inférieur, placé derrière l’artère vertébrale entre l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et le col de la première côte.

On donne encore le nom de ganglions cervicaux, à des ganglions lymphatiques situés sur les côtés du cou et vers sa région postérieure.

On appelle ligament cervical, la partie du ligament vertébral commun qui occupe l’espase médian intermusculaire de la nuque, et revêt la partie antérieure et postérieure des vertèbres cervicales. Ce ligament, qui est très résistant, est un puissant auxiliaire des muscles extenseurs de la tête.

Enfin, on donne le nom A'adénite cervicale aux inflammations des ganglions lymphatiques du cou, occasionnées surtout par la scrofule et la syphilis ces mots). p. l.

CÉSARIENNE (opération). — L’opération césarienne a pour but l’extraction du foetus par une voie artificielle déterminée par deux incisions, l'une qui intéresse le ventre de la femme enceinte et l’autre l'utérus. Quand le fœtus se trouve dans l’abdomen, soit par suite d'une grossesse extra-utérine, soit comme conséquence d’une rupture de l’utérus survenue pendant le travail, l’opération à laquelle donne lieu l’extraction de l’enfant dans ces deux cas, et qui ne comporte que l’ouverture de l’abdomen, a reçu le nom de gastrotomie (Voy. ce mot).

Le nom de Césarienne, donné à l’opération dont nous nous occupons en ce moment, a fait le sujet d’interprétations diverses ; Les uns pensent que Césarienne, comme César, vient du verbe cæso, couper, parce que l’un des Scipions fut ainsi extrait du ventre de sa mère qui venait d’expirer, et reçut pour cela le surnom de César. Ce fut le premier qui porta ce nom. Les autres croient, au contraire, que l’opération prit le nom de l’enfant qui venait de naître.

Quoiqu’il en soit, il est certain que cette opération, pratiquée sur la femme enceinte qui vient de mourir, est de date très ancienne; mais il faut arriver vers l’an 1300 de notre ère pour trouver le premier fait authentique d’opération césarienne pratiquée sur la femme vivante. Ce serait un châtreur de cochons, nommé Jacques Nufer, qui aurait osé ouvrir le ventre et l’utérus de sa propre femme pour en extraire l’enfant que plusieurs sages-femmes avaient renoncé de pouvoir amener par les voies naturelles. Cette tentative eut un plein succès. Depuis cette époque l’opération césarienne fut pratiquée un très grand nombre de fois avec des résultats très divers, et, d’une manière générale, on peut dire que les succès furent très rares dans les grands centres et principalement dans les Maternités, tandis que dans les campagnes un bon tiers au moins de femmes op(':rées furent sauvées.

Indications. — Dans quels cas est-on appelé à recourir à une opération aussi grave? L’accoucheur sera conduit à pratiquer l’opération césarienne quand les voies naturelles seront obstruées d’une manière indestructible ou présenteront un rétrécissement infranchissable. En effet, certaines tumeurs osseuses développées a la face antérieure du sacrum ou sur la surface interne des os iliaques, peuvent tellement rétrécir la filière pelvienne, qu’il devient impossible non seulement de faire passer un enfant, mais encore d’introduire au-dessus d’elles le forceps ou le céphalotribe.

Mais ce sont les rétrécissements du bassin produits par le rachitisme ou l’o^^éoma/acie (V. ces mots) qui fournissent les indications les plus nombreuses d’opérations césariennes.

Ce n’est pas ici le moment de discuter qu’elle est la limite du rétrécissement qui autorise à pratiquer l’opération dont il s’agit, ni si la vie ou la mort de l’enfant doit entrer plus ou moins en ligne de compte dans l’adoption de telle ou telle résolution. Ces questions générales trouveront mieux leur place ailleurs à l’article Dystocie, où nous poserons les indications précises pour toutes les opérations obstétriales réclamées par les vices de conformations du bassin. Je dirai seulement qu’en présence d’ un enfant mort, l’accoucheur devra faire tous ses efforts pour éviter à la mère les suites toujours si graves d’une opération césarienne, et qu’il ne devra avoir recours à ce mode de délivrance que s’il lui est absolument impossible de faire passer le fœtus, même mutilé, à travers les voies naturelles. Au contraire, si l’enfant est vivant et viable, il ne faut pas oublier que les progrès récents obtenus par la chirurgie dans les opérations abdominales, grâce à l’emploi des antiseptiques et à certaines méthodes nouvelles, comme pour le cas qui nous occupe, l’opération de Porro (voir Hystérotomie) ont augmenté dans une très large mesure la somme des chances de succès pour les opérées.

Si l’état de vie ou de mort de l’enfant doit influer considérablement sur la décision que prendra l’accoucheur, l’état de santé de la mère devra également être pris en très sérieuse considération. Mais il ne faut pas oublier que la plus grande somme des opérations césariennes se pratique en quelque sorte d’urgence, que le médecin appelé se trouve, la plupart du temps, en présence d’un travail commencé depuis longtemps et qui nécessite une prompte terminaison.

Quelque décision qu’on prenne, en pareil cas, il ne faut pas négliger de s’assurer le concours de quelques confrères, dont les conseils seront précieux dans une aussi grave circonstance. Inutile de dire que dans les cas où l’opération césarienne est prévue à l’avance, l’accoucheur a dû s’assurer contre les possibilités d’erreur, les causes d’insuccès, de quelque nature qu’elles soient.

L’opération étant décidée, on doit mettre la femme dans de bonnes conditions hygiéniques, la transporter à la campagne, si elle habite une ville populeuse, avoir soin que la chambre où elle devra séjourner soit vaste, parfaitement propre, facile à aérer et à chauffer. 11 faut en effet que, pendant l’opération, la température soit portée à 20 ou 25 de-

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