‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 110 sur 238 · VIANDE · texte numérisé non relu

VIANDE

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Totaux

Aujourd’hui il existe à Paris et dans la plupart des villes de France, plusieurs boucheries de cheval.

La viande de cheval se présente avec le même aspect extérieur que la viande de bœuf, et il faut un examen très attentif pour les distinguer entre elles. Le cheval fait un excellent bouillon, mais en général, le bouilli est un peu dur. Rôti, il est presque aussi bon que le bœuf; mais c’est surtout préparé

en bœuf à la mode qu’il est le meilleur. Les salaisons et les conserves cuites de cheval sont bien supérieures à celles de mouton.

Inutile de dire que la viande d’un cheval jeune et gras est préférable à celle d’un cheval vieux, maigre et épuisé. Malheureusement, comme en France le cheval n’est pas élevé pour être mangé, on n’a, en fait d’animaux jeunes, que ceux qui sont sacrifiés par fracture, ce qui est relativement rare, et la plupart des chevaux conduits à l’abattoir sont vieux et maigres. Toutefois, certains débitants de viande de cheval, prennent le soin d’engraisser pendant quelque temps les animaux avant de les abattre, et alors leur viande y gagne en qualité.

Beaucoup de personnes ne veulent pas manger de viande de cheval, parce qu’ils redoutent de manger des chevaux atteints de la morve ou du farcin, et de contracter ainsi ces terribles maladies. Qu’elles lisent les récits des expériences faites par M. Decroix sur lui-même et elles seront certainement rassurées.

« Pour lever les doutes à ce sujet, dit le courageux vétérinaire, j’ai d’abord fait usage de la chair cuite de tous les animaux morveux et farcineux qui ont été abattus dans mon service. N’ayant éprouvé aucun accident, j’ai voulu savoir si les amateurs des biftecks saignants ne seraient pas exposés à être victimes du nouvel aliment. Pour résoudre cette autre question, j’ai avalé une dizaine de fois de la viande crue provenant de chevaux atteints de maladies ci-dessus dénommées. Il n’en résulta encore aucune indisposition. »

Du reste, à Paris et dans les villes où existent des boucheries de cheval, les animaux sont soigneusement examinés par un vétérinaire ou inspecteur spécial avant l’abatage et après le dépeçage, et leur viande ne peut être portée à l’étal qu’après avoir reçu l’estampille d’inspection du préposé.

D'' Paul Labarthe.

CHEVAUCHEMENT. — Nom donné par les chirurgiens à un accident qui survient assez fréquemment dans les fractures, et qui consiste dans le déplacement des deux fragments de l’os, tel, qu’au lien d’être placés bout à bout, ils sont placés parallèlement l’un à l’autre dans une plus ou moins grande étendue (V. Fracture). p. l.

CHEVESTRE. — Nom donné par les chirurgiens à un bandage employé dans le traitement des fractures de la mâchoire inférieure {V. ce mot). p. l.

CHEVEUX. — On désigne sous le nom de cheveux l’ensemble des poils qui recouvrent les parties supérieures latérales et postérieures de la peau de la tête, appelée, à cause de son épaisseur et de sa dureté, cuir chevelu. Les cheveux ont la même structure anatomique que le foil. (V. Poil.) Leur quantité, leur longueur, leur grosseur, leur forme, leur consistance, leur mode d’implantation, leur direction rectiligne ou en spirale, ainsi que leur coloration varient suivant les races.

Les cheveux sont plus abondants chez l’adulte que chez le nouveau-né et le vieillard ; leur nombre est d’autant plus grand qu’ils sont plus fins. Wilson

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qui s'est livré à ce sujet à de minutieuses investigations, estime que chaque pouce carré de cuir chevelu contient 1,066 clieveux. Or la superficie de la tète humaine étant d'environ 120 pouces carrés, il s’ensuit que la moyenne d’une chevelure est de 127,920 cheveux. Leur longueur varie de 3 à 6 centimètres à 1 mètre 50 et 2 mètres; elle est plus considérable chez la femme que chez l'homme et pour les cheveux lisses que pour les cheveux frisés ou crépus. Quant à la grosseur, elle varie chez le même individu suivant l’àge et suivant le plus ou moins grand nombre de fois qu’ils ont été coupés ou rasés. Leur forme est aussi variable : ils sont ronds ou plus ou moins aplatis. Les cheveux ronds ou cylindriques sont droits, ils n’ont pas une direction fixe et tombent disgracieusement sur tout le pourtour de la tête, obéissant exclusivement aux lois de la pesanteur. Les cheveux aplatis sont bouclés ou frisés dans le sens de leur aplatissement ; lorsque l’aplatissement est très prononcé, ils sont crépus. Leur coloration offre un certain nombre de variations depuis le noir le plus foncé jusqu’au blond le plus clair et au blanc, qui sont dues à la plus ou moins grande quantité de pigment contenu dans sa couche corticale. Disons enfin que les cheveux sont plus on moins fins et souples, assez résistants et très hygrométriques.

Chute de cheveux. — La chute des cheveux peut être accidentelle, et alors on lui donne le nom d’alopécie. Elle peut aussi survenir prématurément ou par suite des progrès de l'âge, et on lui donne alors le nom de calvitie. L’alopécie est une maladie, tandis que la calvitie arrive sans altération morbide du cuir clievelu.

Alopécie. — L’alopécie ou chute des cheveux accidentelle est plus souvent partielle que totale, et procède presque toujours par plaques irrégulières. Elle peut être due à diverses causes : la malpropreté du cuir chevelu ; l’application de pommades, de lotions ou de teintures irritantes ; certaines maladies de peau telles que le pityriasis, les teignes, l’eczema , la SJ philis, f érysipèle; la convalescence de certaines maladies aiguës, entre autres la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, la scarlatine, les suites de couches laborieuses, l’abus des plaisirs de l’amour, un état d'épuisement ou de faiblesse extrêmes. Les gastralgiques et les diabétiques ont aussi une disposition particulière à perdre prématurément leurs cheveux.

On volt d'après cette énumération combien sont variables les causes d’alopécie. Par suite, on comprend facilement que la seule façon de guérir cet accident consiste à traiter avant tout la maladie qui l’a occasionné.

Calvitie. — La calvitie est généralement une conséquence des progrès de l’àge. Elle peut se montrer cependant prématurément et, alors, elle est le rérultat de certaines prédispositions diathésiques, encore peu définies. C’est ainsi que l’on voit les membres d’une même famille perdre leurs cheveux de bonne heure, à 23 ou 30 ans, par exemple. Notre grand dermatologiste Bazin a attribué la plupart de ces calvities précoces au vice rhumatismal et en a fait un des traits caractéristiques de son tableau de 1 arthritisme.

Les passions dépressives, les soucis, les chagrins, les douleurs morales, l’exagération du travail cérébral, les veilles fréquemment répétées, la vie intense]des grandes villes,ll’abus des plaisirs del'amour, sont autant de causes qui peuvent occasionner la chute prématurée des cheveux, en dehors même de toute maladie spécifique. Nos horribles et stupides chapeaux, hauts de forme, qui emprisonnent nos têtes en les comprimant et qui forment un obstacle infranchissable à l’aération du cuir chevelu, sont aussi une cause puissante de la chute prématurée des cheveux.

La calvitie commence ordinairement par le sommet de la tête, et dégarnit ensuite le front et les tempes, ne laissant subsister qu’une demi-couronne de cheveux plus ou moins rares, que l’individu conserve, en général, jusqu’à la fin de sa vie. Sa marche est beaucoup plus lente chez la femme que chez l’homme, et rarement, chez elle, elle devient aussi complète que chez nous.

A l’encontre de l’alopécie, et malgré tout ce que peuvent écrire les marchands de cosmétiques, la calvitie est incurable.

Décoloration des cheveux. — De 33 à 40 ans chez l’homme, un peu plus tôt chez la femme, on commence à voir briller, au milieu de cheveux plus ou moins colorés, comme des fils d’argent : c’est la canitie qui débute. Les premiers cheveux qui blanchissent sont ceux des tempes et ce sont les dernières portions formées de chaque cheveu qui perdent en premier leur couleur. Ce blanchissement est hâté par les mêmes causes qui amènent la chute prématurée des cheveux : inutile donc de les rappeler. Son mécanisme est très facile à expliquer : il est dû à la disparition de cette sorte de moelle diversement pigmentée ou colorée qui se trouve dans la partie corticale du cheveu. On a dit que les cheveux blonds blanchissaient plus tard que les noirs. 11 n’en est rien : les cheveux blonds paraissent blanchir plus vieux, simplement parce que les cheveux blancs tranchent moins sur une chevelure blonde que noire.

La décoloration des cheveux est une régression vitale presque toujours amenée par l'âge ou par une maladie générale ou locale. Elle peut cependant, dans certains cas, se produire brusquement, sous l’influence d’un trouble subit du système nerveux, par exemple, d’une émotion violente.

C’est ainsi que Thomas Morus, le célèbre chancelier d’.Angleterre, blanchit dans la nuit qui suivit sa condamnation à mort par Henri VIII, ce qui fit écrire par son apologiste ce vers célèbre :

O nox, quam longa es, quæ facis una senem !

Louis Sforza vit aussi blanchir complètement ses cheveux dans la nuit qui suivit sa défaite par Louis XII et sa captivité.

Sans remonter aussi loin, Bichat, Sarry, Charcot, Georges Pouchet et plusieurs autres médecins modernes ont rapporté des exemples de canitie rapide, dont l’authenticité ne saurait être soupçonnée.

Nous devons cependant dire qu'ils sont rares les individus dont les cheveux ont ainsi blanchi presque soudainement ou du moins en très peu de temps. Aussi ne doit-on les accepter qu’après un

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contrôle sévère, pour ne pas prêter à rire, comme l’historien nâïf qui raconte que les cheveux de Marie-Antoinette passèrent du noir à un gris presque blanc en quelques jours de rudes épreuves, alors que, renseignements pris, les cheveux de la malheureuse reine avaient blanchi tout simplement parce qu’elle n’avait plus à sa disposition la teinture noire dont elle se servait journellement 1

La science compte aussi un certain nombre d’observations de canitie partielle, occupant la moitié de la tète, par exemple. On a même rapporté des cas de grisonnement intermittent. C’est ainsi que OEsterley, dans son travail si remarquable et si complet sur les poils, écrit qu’il a vu des individus dont les cheveux blanchissaient après un excès de table ou autre, pour retrouver, peu de temps après, leur coloration naturelle.

Inutile de dire que la canitie est incurable et qu’on ne peut arriver à la corriger qu’en se teignant les cheveux (V. Teintures, cosmétiques).

Faux cheveux. — Nous renvoyons le lecteur au mot Perruque, où cette question se trouve traitée au point de vue de l’hygiène.

Hygiène des cheveux. — Sur la tête, s’accumulent sans relâche la sécrétion sudorale, les produits sébacés et les déchets de l’épiderme. Non seulement ces détritus sont pour le cuir chevelu des corps étrangers entravant ses fonctions ; mais encore ils peuvent, en fermentant, devenir pour lui des causes d’irritation manifeste. D’autre part, les cheveux sont, par nature, sujets à s’emmêler plus ou moins; c’est à cette intrication qu’est due en partie l’alopé- • cie des nouvelles accouchées et celle des convalescents, lorsque ces sujets, après une négligence forcée, viennent à recourir à l’action brutale du peigne.

Rien de plus propice à la vigueur du cheveu que l’aération journalière, la ventilation de la tête, avec le peigne et la brosse. 11 faut rejeter le peigne fin, pour user du démêloir à dents écartées ; le peigne fin arrache les cheveux et irrite les cuirs chevelus disposés au pityriasis (pellicules). La brosse sera dure ; on la maniera avec plus ou moins d’insistrace, selon la sensibilité individuelle.. Les objets servant à la toilette de la tête devront être tenus dans la plus grande propreté.

Une bien mauvaise pratique pour la tête, et des plus répandues, c’est l’usage régulier de l’eau en ablutions savonneuses ou non. D’après Ellinger, cette habitude serait un des facteurs principaux de la précoce calvitie. Sur 100 alopéciques, dit-il, 85 usaient depuis leur jeunesse des ablutions aqueuses, et parmi ceux qui avaient gardé jusque dans un âge avancé, une chevelure bien fournie, 8 sur 100 avaient seulement cette habitude. Sous l’action de l’eau, le bulbe pileux se gonfle et fait tomber le cheveu devenu terne, sec, cassant.

Quoiqu’il en soit, ceux qui craignent la calvitie doivent être hydrophobes, éviter de plonger leur tète dans l’eau des bains, et pendant les chaleurs de l’été, s’éponger sérieusement le cuir chevelu. Une ou deux fois par mois seulement, il faut se laver la tête avec de l’eau tiède, tenant en suspension un jaune d’œuf et quelques grammes de borax en dissolution.

Quels cosmétiques employer pour la tête? A vrai dire, aucun. Toutefois, l’utilité d’imprimer à la chevelure une direction harmonique capable de faciliter la coiffe, existe, de par la tyrannie de Sa Majesté la Mode, qui a rendu impérieux l’usage des pommades ou des huiles. Les pommades ! préparations mauvaises qui rancissent aisément, laissent sur la tête un résidu compact et résineux, malpropre et irritant, et qui nécessitent la pratique constante des nettoyages de la tête, si pernicieux à la chevelure. Les huiles ont moins d’inconvénients, surtout l’huile de ricin, qui rancit peu. La glycérine, qui chimiquement est un alcool, possède les propriétés physiques des huiles sans leurs inconvénients. Ce qui restreint, selon nous, son emploi comme cosmétique, c’est que loin de lustrer et d’assouplir le cheveu, il le ternit et l’agglomère plutôt. Cependant, nous recommandons volontiers pour la chevelure une brillantine composée d’alcool à 90® ou de vieux rhum, où l’on dissout un dixième de glycérine très pure additionnée d’essence de citron ou de bergamote.

La médecine contemporaine a vraisemblablement trouvé dans une nouvelle plante, le jaborandi, un agent précieux pour accentuer la pousse et la coloration des chevelures. Plusieurs observations favorables nous engagent à préconiser, dans ce but, à nos lecteurs, des lotions avec une macération de feuilles de jaborandi concassées’ (faite à froid durant quinze jours) dans un poids quatre fois supérieur d’extrait fluide de quinquina et de teinture d’arnica mélangés.

Les fixateurs delà chevelure, bandolines, etc., ont presque toujours pour bases la gomme adagrante, les résines, le mucilage de coings. Ils constituent des préparations nuisibles, qui irritent et encrassent la tête et empêchent la nutrition du cuir chevelu. De plus, les cosmétiques fixateurs, et tirant sur les cheveux, surtout au sommet de la tête, ou ceux-ci sont rebelles au peigne, sont fort préjudiciables.

Disons en passant que, pour cette dernière, elle ne doit pas toujours être faite au même endroit, mais au contraire fréquemment changée de place. Pour vivre bien portant, le cheveu demande surtout à ne pas être tourmenté.

Nuisibles aussi à la vitalité de la chevelure, sont l'ondulation et la frisure au fer rouge ; et cela, non seulement parce qu’elles tiraillent le cheveu, mais surtout parce que la chaleur des fers modifie sa constitution anatomique et cause sa mort. On a conseillé le fer chaulîé à l’eau ; il ne vaut guère mieux. Tout au plus, tolérerons-nous à nos aimables lectrices leurs papillottes et leur bigoudis, mais en leur recommandant la plus grande douceurdans leur application.

Tous les deux mois environ, on rafraîchira les cheveux en coupant leur extrémité. Ne jamais couper les cheveux ras. Cette pratique ne donne aucun résultat au point de vue de la pousse; mais en revanche elle est féconde en angines, en névralgies dentaires, en maux d’oreilles, en catarrhes du nez et du larynx, dans nos climats tempérés, où les variations atmosphériques et météoriques sont si fréquentes. Aussi devons-nous laisser a l’enfant ses

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cheveux pendant les trois ou quatre premières années de sa vie. Sous le faux prétexte de lui procurer une opulente chevelure (alors que, comme l’assure justement Cazenave, les plus belles chevelures sont celles que les ciseaux n’ont jamais touchées), on supprime cruellement à la tête si délicate du bébé, sa toison protectrice naturelle. Renonçons donc à cette habitude vicieuse.

Que faire quand les cheveux tombent ? L’hygiéniste pratique doit répondre à la question. Mais on conçoit qu’il ne puisse donner que des indications très générales. On commencera par rafraîchir les cheveux ou même les raser, si toutefois le cuir chevelu ne s’irrite pas sous l’action du rasoir. Les cheveux sont-ils secs? on les oindra d’huile de ricin imprégnée de quinine, de soufre, de camphre de goudron ou de toute autre substance antiseptique. Les cheveux sont-ils gras? On usera de lotions alcalines, au borate ou au carbonate de soude ; d’alcool à 86®; de saponine, substance qui fait la base du shampooing des coiffeurs. Si la peau du cuir chevelu est écailleuse, on aura recours aux balsamiques, huile de cade ou de bouleau; s'il y a des croûtes, on les fera tomber d'abord par des cataplasmes de fécule, pour employer ensuite les modificateurs, variables selon les cas, que conseillera la médecine. e. monin.

CHÈVRE (LAIT DE). — (Voyez Lait.)

CHEVREAU. — Le chevreau, dont Paris à lui seul mange plus de 83,000 par an, a une chair peu substantielle, mais assez agréable au goût, lorsque l’animal a de 2 à 4 mois. Plus jeune, sa viande est molasse, gélatineuse et peu sapide ; plus vieux, elle devient dure et acquiert une odeur de bouc insupportable. P- E.

CHEVREUIL. — Le chevreuil est un gibier dont la chair constitue une venaison très recherchée des gourmets pour son goût légèrement sauvage, exquis et succulent. La viande du chevreuil jeune, c'est-à-dire âgé d’un an à dix-huit mois, est tendre, très nourrissante et d’une digestion facile, surtout les côtelettes grillées et le cuissot rôti, que Grimod de la Reynière appelait « le gigot de l’opulence ». En civet ou en pâté, le chevreuil est plus lourd à digérer ; aussi les convalescents, les dyspeptiques, et en général toutes les personnes dont les digestions sont lentes et laborieuses, ne devront le manger que grillé ou rôti, et pas ou très peu faisandé.

Un usage immodéré de viande de chevreuil peut déterminer de la chaleur à la peau et des dérangements dans les fonctions intestinales. p. i.

CHICOREE. — On donne ce nom à un genre de plantes de la famille des synanthérées, dont deux espèces sont employées en médecine et dans l’alimentation : la chicorée des jardins et la chicorée sauvage.

La chicorée des jardins, ou chicorée endive, est alimentaire et fournit deux variétés, dont l’une est connue sous le nom de chicorée frisée et l’autre sous celui de scarole. C’est une plante essentiellement potagère, qui se mange en salade ou cuite, comme

les épinards; son aspect extérieur est trop connu pour mériter une description spéciale.

La chicorée sauvage est une plante herbacée indigène qui croît en abondance sur le bord des chemins. Elle a une tige haute de 30 centimètres à un mètre, dressée, cylindrique, à branches étalées presque nues; des fleurs bleues, portées sur un capitule commun; des fruits comprimés, surmontés d’une aigrette très courte; une racine oblongue, fusiforme, de la grosseur du doigt, roussâtre à l’extérieur, blanche intérieurement; des feuilles dentées, un peu velues sur les nervures, oblongues et profondément découpées.

Si les feuilles fraîches de la chicorée sauvage se mangent quelquefois en salade, le plus souvent elles servent à préparer une infusion d’une amertume assez agréable. On prescrit celte infusion très fréquemment, soit à haute dose, soit à faible dose. A haute dose, à celle par exemple d’un litre, elle se donne comme laxative, à la place du bouillon aux herbes, dans le but d’aider l’action évacuante des purgatifs salins ou huileux. A faible dose, à celle par exemple d’un bol à jeun tous les matins, elle est utile comme rafraîchissante et stomachique dans les langueurs d’estomac, les digestions pénibles, le défaut d’appétii, les irritations gastriques.

On fait encore avec la chicorée un sirop composé, improprement appelé sirop de chicorée, puisque la rhubarbe qui entre dans sa composition y exerce l’action la plus active (V. Rhubarbe). Ce sirop est le purgatif que j’oserai presque appeler le purgatif «ne quâ non des jeunes enfants, depuis la naissance jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans, à la dose variable d’une cuillerée à café à deux cuillerées à bouche.

La racine de chicorée sauvage, torréfiée et pulvérisée, est connue dans le commerce sous le nom de chicorée moka, et sert à préparer le café de chicorée. Elle est bien loin de présenter l’arome et le parfum du café ordinaire, mais aussi elle se vend à un prix plus modéré. Les limonadiers mêlent souvent la poudre de chicorée à celle du véritable café pour en préparer des infusions tout aussi foncées en couleur, quoique beaucoup moins agréables au goût (V. Café).

Enfin, rappelons, en terminant, que la chicorée sauvage, cultivée dans un lieu obscur, s’étiole, s’allonge, prend une couleur jaune blanchâtre, et porte alors le nom de barbe de capucin.

D' Marc. Camboulives.

CHIENDENT. — Le chiendent est la racine ou plutôt le rhizome, c’est-à-dire la tige souterraine du froment rampant, de la famille des graminées. On en distingue deux sortes : 1® le chiendent de Paris ou petit chiendent; 2® le chiendent d’Allemagne ou pied-de-poule, dont les tiges sont bien plus grosses et les nœuds plus rapprochés. Ces deux espèces croissent à profusion dans les terrains mal cultivés; elles ne sont que trop connues des habitants des campagnes, constamment obligés de retourner la terre dans tous les sens pour les détruire et les empêcher de nuire à la récolte. On les cueille à toutes les saisons et on les dépouille de leurs écailles, qui donneraient à la décoction un goût amer et résineux.

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Ces racines, de couleur jaunâtre, contiennent du mucilage associé à l’amidon et au sucre. Leur saveur est douce; leur décoction est extrêmement usitée en France comme rafraîchissante, délayante, diurétique, antiphlogistique. C’est, sans contredit, l’une des tisanes les plus employées Associée à la réglisse

qui lui sert de matière sucrante, cette tisane constitue, avec la tisane d’orge, la tisane commune des hôpitaux. Additionnée de nitrate de potasse à la dose de 2 à 4 grammes par litre, la décoction de chiendent devient puissamment diurétique et avantageuse dans les hydropisies. D' marc. Cambouuves.

CHIFFONNIERS. — Hygiène professionnelle. —

L’industrie du chiffon fait courir à ceux qui la pratiquent une foule de dangers. « Vêtus de guenilles et munis d’une hotte, qu’ils portent sur leur dos, dit le professeur Layet, on les voit ramassant au milieu d’ordures ou achetant, les uns des chiffons, d’autres des peaux de lapins, tous en général des os et du verre cassé. D’autres s’en vont fouillant dans les ruisseaux pour ramasser les débris de toute espèce que l’eau charrie avec elle (ce sont les regraltiers)-, d’autres encore recherchent dans les lits des rivières, des substances et des corps tels que particules métalliques, fer, cuivre, plomb, étain, argent et or, qu’ils lavent ensuite dans une grande séhille à la manière d’un minerai. Ils restent ainsi, et quelquefois pendant de longues heures plongés dans l’eau jusqu’à la ceinture. De retour chez eux, ils entassent pêle-mêle dans la chambre où ils couchent, chiffons sales, os, vieux papiers, peaux et débris de toute espèce. Ils reposent sur des grabats sans draps, souvent sans couverture, conservant leurs vêtements souillés et exposés à toutes les émanations qui se dégagent des matières sordides accumulées autour d’eux. »

11 est facile de se rendre compte combien une

hygiène pareille est déplorable pour ces malheureux. Parmi les maladies les plus communes chez eux, nous citerons tout d’abord la gale, puis les douleurs rhumatismales, les affections des intestins. En temps d’épidémie de fièvre typhoïde, ils sont les premiers atteints, et cette affection revêt chez eux un caractère de prostration particulier. Les regratliers et les ravageurs de rivière présentent aux mains des plaies et aux jambes des ulcères très difficiles à guérir.

Les femmes qui sont occupées à trier les chiffons dans les fabriques de papier, sont souvent atteintes d’une maladie spéciale désignée sous le nom de maladie des chiffons, dont sont exempts les hommes pour la bonne raison que presque toujours les femmes sont seules employées au triage des chiffons. Celte singulière maladie est .caractérisée tout d'abord par de la faiblesse, du dégoût pour les aliments, de l’insomnie, des vomissements, une sensation de pesanteur dans le creux de l’estomac. Au bout de quelques jours, les lèvres, les joues, les ongles deviennent bleuâtres, les malades ont des sueurs froides; il se produit une infiltration des poumons, avec intégrité du cerveau, et ces malheureuses meurent bientôt tranquillement dans la prostration. Comme la maladie ne frappe que les femmes qui trient les chiffons blancs, et jamais celles qui trient les chiffons de couleur, on croit que les chiffons blancs provenant de draps, de serviettes, de chemises, de linges à pansement, en un mot de vêtements plus directement en contact avec la peau, et par suite plus souillés par les miasmes humains ou les sécrétions virulentes, présentent un danger particulier.

MM. Trançon et Dublanc ont proposé l’établissement d’une sorte de halle aux chiffons où se feraient l’emmagasinage et le triage. « Là, disent ces Messieurs, les entrepreneurs en chiffons trouveraient à louer des magasins bien aérés que la police surveillerait aisément; là surtout, châque famille de chiffonniers obtiendrait, à titre gratuit, la disposition exclusive d’une petite cellule pour son travail. Le ménage du chiffonnier, sa famille, serait donc, c’est là le point essentiel, séparée du tas d’ordures qui est l’objet de son industrie. Dès lors, il ne serait plus comme aujourd'hui impossible de mettre en pratique dans son intérieur, la plus simple mesure d’hygiène privée. Hors des heures de travail, il aurait un vêtement décent, ses enfants ne porteraient pas avec eux cette odeur horrible qui les fait repousser des écoles; et lui-même, relevé à ses propres yeux, chercherait des moyens de distraction ailleurs qu’au cabaret. »

Cette idée est bonne, mais quand sera-t-elle réalisée? En attendant, nous conseillons aux chiffonniers de faire, autant que possible, leurs triages au grand air, de laver les chiffons à l'eau chlorurée, de placer les os dans des tonneaux ou dans des sacs, de conserver auprès d’eux le moins longtemps possible les objets ramassés en tas; enfin de se laver souvent le visage et les mains, de prendre des bains de corps, et de changer de vêtements aussitôt leur besogne finie.

Hygiène publique. — Les chiffonniers sont une cause grave d’insalubrité publique et les dépôts de

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