Portion postérieure de la membrane de l'humeur aqueuse
— 9, 9. Corps ciliaire. — 10. Procès ciliaire. — 11. Iris. — 12. Pupille. — 13, 13. Rétine. — U, U. Membrane hyaloïde. — IS, 15. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde.— 16, 16. Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline. — 18. Canal de Petit. — 19. Cristallin. — 20. Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22. Chambre antérieure.
— 23. Chambre postérieure.
font complètement défaut, comme chez les albinos, la couche pigmentaire est transparente, et permet de voir à travers les vaisseaux de la choroïde, ce qui donne au fond de l’œil et à la pupille une teinte rougeâtre. Cette couche pigmentaire, qui fait dans l’œil humain l’olfice de l'enduit noir qui tapisse l’intérieur des instruments d’optique, sert à absorber les rayons lumineux qui ont traversé la rétine.
Anomalies. — On a constaté très rarement l’absence totale de la choroïde. 11 n’en est pas de même de la division congénitale de la choroïde, appelée coloboma. Ce dernier cas n’est qu’un arrêt de développement de la membrane; le corps ciliaire est alors aussi parfois divisé en deux parties.
C’est particulièrement dans la disposition du pigment choroïdien qu’on trouve de grandes différences dues à une conformation primitive. Sous ce rapport, il existe des variétés bien accentuées entre les sujets bruns et les sujets blonds.
Valbinisme est un état caractérisé par l’absence
congénitale, totale ou partielle, de la matière colorante du pigment de la choroïde. Chez les albinos, la choro'ide n’est pas dépourvue de cellules pigmentaires ; seulement ces cellules sont privées de granulations.
Atrophie. — (V. Choroïdite et Staphylôme.)
Blessures. — Elles sont produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants. Il est rare que les deux premières espèces aient lieu, sans lésion simultanée de la rétine.
Les plaies par instruments piquants sont quelquefois bénignes, elles sont accompagnées d’un écoulement de sang insignifiant et suivies d’une inflammation modérée. Dans d’autres cas, l’inflammation consécutive est intense, elle se propage à l’iris et entrave l’exercice de la vision. Si la blessure est plus large et que les membranes subjacentes aient été lésées, la plaie reste parfois béante, laisse écouler l’humeur vitrée et l’œil s’affaisse; d’où l’affaiblissement eu la perte de la vision.
Les contusions de la choroïde déterminent parfois une hémorragie de cette membrane, alors que la sclérotique reste intacte. C’est toujours une lésion grave, en admettant que le sang se résorbe, qu’il n’y ait pas de plilegmasie consécutive, l’atrophie de la choroïde est toujours à craindre dans ce cas.
“On traite les blessures de la choroïde par les émissions sanguines locales à la région temporale, des dérivatifs sur le canal intestinal, le repos absolu des yeux, l’occlusion des paupières. Les phénomènes inflammatoires consécutifs seront combattus par les moyens exposés plus loin.
Décollement. — C’est une affection très rare, ce qui tient à ce que la choroïde et la sclérotique sont unies plus intimement l’une à l’autre que la choroïde et la rétine. Les décollements de la rétine ("V. Rétine) sont relativement plus fréquents.
Tumeurs. — Il en est de diverses espèces ; des sarcomes à forme mélanique, affection très grave et qui exige l’énucléation de l’œil. On a signalé des tumeurs dermoïdes, composées de couches analogues à celles de la peau et du tissu cellulaire souscutané, de poils, d’agrégats de matière brunâtre, disposés sous forme de tubes arrondis, entrelacés d’une façon assez régulière pour qu’on ne puisse affirmer si ces masses sont de simples dépôts pigmentaires ou des canalicules de glandes sudoripares remplis d’une matière noire. Il existe aussi des cas à'ossi/icalion de la choroïde. D' Fano.
choroïdite. — Nom donné aux inflammations de la choroïde. Avant qu’on se servît de l’ophtalmoscope pour explorer les parties profondes de l’œil, la choroïdite était englobée dans les affections connues sous le nom générique d'amblyopies, d'amauroses.
Cette inflammation se présente avec des caractères analogues à ceux qu’elle offre dans les autres tissus : congestion des vaisseaux, si nombreux, qui entrent dans l’organisation de cette membrane; formation A'exsudats plastiques, très rarement de pus. La plilegmasie se termine souvent par Valrophie des éléments de la choroïde.
On pent admettre, d’après les données précédentes, une choroïdite congestive et une choroïdite
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exsudative. Ce quo l'on :i ('écrit sous le nom de choroïdite atrophique n'est pas une forme spéciale, mais bien une conséquence éloignée de deux variétés précédentes.
1° Choroïdite congestive. — Elle est plus commune chez les adultes et les vieillards que dans l’enfance. Les congestions du cerveau, l’application immodérée des yeux sur des ouvrages fins, l’usage de lunettes à verres concaves ou convexes d’un numéro trop élevé, la suppression d’hémorroïdes, du flux menstruel, en sont les causes les plus communes.
Les symptômes sont parfois d’une détermination difficile, parce qu’il n’est pas toujours aisé d’apprécier la part à faire à la choroïde d’une part, à la rétine de l'autre.
Chez quelques sujets, les vaisseaux sous-conjonctivaux sont distendus . 11 en est qui présentent autour de la circonférence de la cornée, un anneau bleuâtre.
Quelques malades se plaignent de raideur et de tension du globe. Par suite de l’action compressive des vaisseaux choro'ïdiens sur la rétine, ou parce que cette dernière est déjà elle-même affectée, la vision est troublée de diverses manières : il y a des obscurcissements passagers de la vue, parfois de la photophobie, des apparitions de lueurs globuleuses dans l’obscurité, une fatigue plus ou moins prompte quand le sujet lit, écrit ou travaille à la couture; il y a perceptions de mouches, de taches jaunâtres, verdâtres ou bigarrées dans le champ visuel; quelquefois des névralgies ciliaires se propageant à diverses branches de la 5® paire, c’est-à-dire au front, à la tempe.
Examiné à l’ophtalmoscope, le fond de l'œil présente une couleur rouge brunâtre, disposée par plaques ou uniformément répartie, les vaisseaux sont volumineux, inégaux et tortueux, c’est même moins d’après la teinte de la coloration du fond de l’œil que par l’appréciation du calibre des vaisseaux de la choro'ïde, qu’on se prononcera sur l’existence d’une choroïdite congestive.
La congestion choroïdienne se dissipe parfois au bout de quelques jours, et alors tous les troubles fonctionnels disparaissent. D’autres fois, la maladie passe à la forme exsudative ; ou bien elle revêt une marche très lente et se termine pur l’atrophie de la membrane.
La première indication est de suspendre tout travail (les yeux. Pour dégorger les vaisseaux de la t choroïde, il faut appliquer des sangsues derrière les oreilles, ou à la région temporale. 11 convient aussi d’administrer des révulsifs sur le canal intestinal,
I de faire prendre des manuluves d’eau chaude, de 1 préférence à des pédiluves. La suppression d’hé- : niorrhoïdes ou du flux menstruel comportent des moyens propres à rappeler ces écoulements san- I guins. Il y a utilité à baigner l’œil, dans la soluj lion astringeante suivante :
1 Eau distillée 150 grammes
j Sulfate de zinc 10 centigr.
plusieurs fois par jour, pendant cinq minutes chaque fois.
2® Choroïdite exsudative ou plastique. — Elle est caractérisée par la production d’une certaine quan-
tité de lymphe plastique sur la face interne ou dans l’épaisseur de la choroïde. On reconnaît cette affection à l’ophthalmoscope , d’après les signes suivants ;
Le fond de l’œil offre généralement la teinte rosée, coupée, de distance en distance, par des taches d’un blanc terne, de dimension et de configuration variables. Les vaisseaux de la rétine passent au-devant de ces taches, ce qui ne permet pas de les confondre avec des exsudais de la rétine. Une fois l’exsudât de la choro'ïde résorbé, la portion correspondante de la choroïde s’atrophie, et on aperçoit, comme dans la choroïdite atrophique, des accumulations de pigment aux limites des portions malades.
La choroïdite plastique détermine des troubles fonctionnels graves : affaiblissement plus ou moins marqué de la vision; perception de scotomes, c’està-dire de parties obscures dans le champ visuel dont l’étendue est plus ou moins restreinte.
Indépendamment des causes indiquées à l’article choro'ïciite congestive, il faut signaler la syphilis. La choroïdite spécifique se développe à la période de transition des accidents secondaires aux accidents tertiaires.
Le traitement est basé sur les mêmes données que celui de la choroïdite congestive. Si l’affection reconnaît pour point de départ la syphilis, on administre la liqueur de Van Swieten , ou mieux le biiodure de mercure et l’iodure de potassium combinés, sous forme de, pilules du D' Labarthe, on fait pratiquer des onctions hydrargyriques sur l’orbite. Cette dernière médication peut être faite à titre de médication antiplastique, même dans les choro'ïdites exsudatives qui ne se rattachent pas directement à la syphilis.
3® Choroïdite atrophique. — J’ai déjà dit que cette variété n’est pas, à proprement parler, une forme de choroïdite, mais une conséquence éloignée de cette affection.
L’atrophie de la choroïde se reconnaît facilement à l’ophtalmoscope : on constate une décoloration plus ou moins prononcée du fond de l’œil. Chez les sujets blonds, l’image ophtalmoscopique ne présente plus cette teinte d’un beau rose qui se rencontre à l’état normal. Chez les bruns, elle offre, par places, une teinte sale. Dans ces divers points, le pigment choroïdien est en voie de résorption. Dans d’autres parties, le fond de l’œil offre des plaques d’un blanc plus ou moins pur, de formes et de dimensions variables, parfois limitées à la circonférence, ou parsemées de taches d’un brun très foncé ou noires. Ces taches sont formées par une accumulation de pigment dont la sécrétion a été augmentée. Là où se trouvent ces plaques, les vaisseaux de la rétine qui passent au-devant d’elles, sont très visibles, tandis que les vaisseaux de la choroïde, généralement très distincts dans les parties peu décolorées, manquent complètement. Les artères de la choroïde sont minces, les veines dilatées. Il n’est pas rare de rencontrer des stries opaques à la périphérie du cristallin.
Beaucoup de sujels présentent, autour de la papille optique, une plaque irrégulière, de coloration blanchâtre, indiquant une atrophie complète de l’é-
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lément vasculaire de cette portion de la choroïde, cette altération est appelée staphylôme postérieur. D’autres malades présentent, en même temps que l’atrophie choroïdienne, des corpuscules flottants dans le corps vitré.
L’atrophie choroïdienne exerce une influence marquée sur la vision. En général, les sujets se plaignent de ne pas voir de loin; ils sont myopes à un degré variable, et on ne remédie pas toujours à ce trouble de la vision par des verres concaves, ce qui prouve qu’il y a aussi, dans ces cas, une véritable diminution de l’acuité visuelle. La plupart des malades se plaignent aussi d’apercevoir, dans le champ visuel, des scotomes de forme variée, appelés vulgairement mouches.
Le repos, ou tout au moins un exercice modéré des yeux, est une condition indispensable pour améliorer la vision. En cas de congestion des veines choroïdiennes, il faut pratiquer une déplétion sanguine locale , au moyen de sangsues, ou bien avoir recours à une dérivation sur l’intestin, continuée pendant un certain temps. En l’absence de phénomènes congestionnels, il est préférable d’avoir recours à la médication générale tonique, à des frictions stimulantes sur les paupières et l’orbite. Les lunettes à verres concaves sont formellement contre-indiquées, s’il n’existe pas de signes certains de myopie. D' Fano.
CHOU. — Le chou est un genre de plantes de la famille des crucifères qui comprend plusieurs espèces employées dans l’alimentation, et dont les principales sont le chou pommé, le chou vert, le chou rouge, le chou de Bruxelles, le chou-fleur, etc.
Tous les choux renferment, avec beaucoup d'eau, une assez grande quantité d’albumine végétale et des sels de potasse, de chaux, de magnésie, et des chlorures alcalins. Ils contiennent aussi de l’oxyde ferreux, du phosphore, du soufre, une résine, une huile essentielle et un principe assez soluble dans l’eau et l’alcool. Cette composition explique pourquoi, d’une part, le chou qui cuit a une odeur si forte, et, d’autre part, pourquoi il donne lieu à un grand dégagement de gaz intestinaux ou vents chez les personnes qui en ont mangé.
Comme aliment, le chou est très nutritif, mais il est, en général, d’une digestion difficile et ne convient, par conséquent, qu’aux personnes douées d'un estomac vigoureux. 11 doit toujours se manger très cuit. Un bon moyen de le rendre plus digestible consiste à l’échauder, pendant 4 ou 5 minutes, avec de l’eau bouillante, avant de le faire cuire.
L’ancienne médecine employait le chou en décoction ou sous forme de sirop, comme antiscorbutique, dépuratif et tonique, et l’administrait dans une foule de maladies. Aujourd’hui que la nullité des propriétés thérapeutiques du chou a été démontrée, son usage est pour ainsi dire abandonné. Tout au plus, se sert-on dans les campagnes de larges feuilles de chou chauffées et enduites de graisse, en applications sur le ventre dans les entérites, ou sur les articulations dans les cas de douleurs rhumatismales.
D' Paul Labarthe.
CHOUCROUTE, — La choucroute n’est autre
chose qu’une conserve de choux hachés, qu’on entasse dans un tonneau par couches de 10 centimètres, alternées de couches de sel de 4 à 5 centimètres, et mélangés de graines de coriandre, de baies de genièvre et de tiges de sarriette, qu’on laisse fermenter pendant six semaines ou deux mois, en ayant soin d’enlever chaque jour l’eau verte qui vient surnager et de la remplacer par de la saumure. Au bout de ce temps la choucroute peut être mangée. Pour cela, on la dessale et on la fait cuire au gras avec du lard ou des saucisses. Malgré ce qu’en ont dit certains auteurs, la choucroute est, sinon plus, au moins aussi lourde à digérer que les choux. P. L.
CHROMATE. — (V. Chrome.)
CHROME. — Le chrome, ainsi nommé parce qu’il forme des combinaisons colorées avec la plupart des corps, a été découvert par Vauquelin en 1797. C’est un métal d’une couleur blanche tirant sur le gris, très fragile et très difficilement fusible. Il n’a jamais été employé en médecine. En revanche, deux de ses composés sont utilisés par la thérapeutique, ce sont : V acide c bromique et le bichromate de potasse; mais il faut réserver leur emploi pour l’usage externe, car ce sont deux poisons corrosifs violents.
Acide chromique. — L’acide chromique se présente sous la forme de cristaux d’un rouge orangé, très solubles dans l’eau. Sa solution aqueuse peut s’employer concentrée ou étendue : dans le premier cas, elle est d’un rouge foncé, elle est jaunâtre dans le second.
Qu’on ait recours aux cristaux ou à la solution, l’acide chromique constitue un agent trop redoutable et trop difficile à manier pour être donné à l’intérieur. On ne doit l’employer que comme topique. C’est ainsi que Magitot l’a recommandé dans la périostite alvéolo-dentaire; il fait tous les deux jours une application de cet acide sur les gencives malades avec la solution concentrée ou plutôt avec les cristaux et il obtient la guérison rapide, même des cas graves, dans l’espace de huit jours. Le chlorate de potasse ne saurait donner d’aussi beaux résultats. Les gingivites graves, les ulcérations scorbutiques, les tumeurs vasculaires, les indurations du col utérin, les excroissances verruqueuses, les cancro'ides, les chancres infectants, cautérisés trois ou quatre fois, à quelques jours d’intervalle, avec l’acide chromique, appliqué à l’aide d’une petite baguette de verre ou de bois, sont promptement améliorés ou guéris au moyen de quelques gouttes de cette solution concentrée. La solution faible de cet acide conserve les tissus au lieu de les détruire, elle peut être employée comme cicatrisante des plaies de mauvaise nature.
Bichromate de potasse. — Le bichromate de potasse est un sel qui cristallise en prismes d’un rouge orangé très foncé ; sa saveur est amère et sa solubilité plus grande dans l’eau chaude que dans l’eau froide. C’est un poison violent. Il ne faut pas dépasser la dose de 2 centigrammes par jour, si l’on veut ne pas avoir d’accidents à déplorer.
En définitive, le bichromate de potasse et l’acide chromique sont deux composés d’un même radical dont l’action thérapeutique de chacun d’eux ne dit’-