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' fère que par l’intensité. L’usage externe du bichromate est assez répandu en solution plus ou I moins forte suivant les circonstances. Veut-on pro- ' duire rapidement une eschare pour faire disparaître , une petite tumeur, par exemple, c’est à la solution 1 concentrée (10 gr. de bichromate pour 10 gr. d’eau) qu’il faut avoir recours ; a-t-on besoin, au con- I traire, d’un léger caustique pour agir comme irrij tant sur des ulcérations, la solution étendue (1 gr.
I de bichromate pour 10 gr. d’eau) doit faire tous les I frais de la médication topique.
’ D" Marc. Camboulives.
^ CHROMIQÜE (acide). — (V. Chrome.)
I CHUTES. — Les chutes peuvent entraîner des ac- I cidents plus ou moins graves selon les circonstances i dans lesquelles elles se produisent. 11 est évident, d’une manière générale, qu’une chute d’un lieu élevé et sur un corps dur est beaucoup plus dan- ! gereuse qu’une chute faite seulement de la hauteur d’un homme et sur un corps mou. On voit cependant des individus tomber simplement de leur hauteur se faire des lésions plus graves que certains autres qui tombent d’une hauteur de plusieurs mètres.
Lorsqu’on est renversé par un corps quelconque, mu avec une assez grande vitesse, les chutes sont toujours beaucoup plus graves, parce que, dans ce cas, une partie de cette vitesse est communiquée à l’individu renversé et projeté sur le sol ou contre tout autre obstacle.
Les accidents occasionnés parles chutes sont très nombreux et variés: contusion simple ou avec plaie, entorses, luxations, fractures, déchirures musculaires, contusions simples ou compliquées de déchirures des organes internes, etc.; sans compter les commotions et les congestions cérébrales avec perte de connaissance. Lorsqu’on tombe dans l’eau d’une certaine hauteur, la chute occasionne plus particulièrement des ecchymoses, des hernies. (V. Blessé, Blessure, Contusion, Ecchymose, Entorse, Fracture, Hernie, Luxation, commotion et conjestion du cerveau.) P L
CHTLE. — Nom donné à une matière nutritive assimilable, qui est le résultat de la transformation des aliments albuminoïdes en peptones, des féculents en glucose et de l’émulsion des corps gras, opérée par le suc gastrique, le suc pancréatique, le suc intestinal et la bile. Le chyle est un liquide blanc, laiteux, un peu visqueux, alcalin, d’une salée et d’une odeur particulière, qui, après avoir été absorbé par les vaisseaux chylifères de l’intestin, est versé dans le canal thoracique qui le porte lui-même dans les veines. Le chyle renouvelle le sang et reconstitue nos organes (V. Digestion). P. l.
CHYLIFÈRES. — Nom donné aux vaisseaux lymphatiques des intestins qui absorbent le chyle pendant la digestion, pour le porter dans le canal thoracique. Ils sont très nombreux dans l’intestin grêle et rares dans le gros infestin, et se réunissent pour se jeter dans le réservoir de Péquet qui forme l’origine du canal thoracique. p, l.
CHYME. — Nom donné à la bouillie demi-liquide, homogène, d’une couleur rosée et d’une odeur variable, suivant le genre des aliments digérés, qu’on trouve dans l’estomac, lorsque la digestion stomacale est avancée, et qui est composée de matières alimentaires digérées et de substances que la salive et le suc gastrique n’ont pas attaqué (V. Digestion). P. L.
CIROÜLE, CIBOULETTE. — On appelle ainsi des plantes cultivées dans les potagers et qui sont d’un fréquent usage dans la cuisine française, comme condiment. Elles ont un goût moins fort que l’ail et plus délicat que l'oignon, et se mangent crues, mélangées à la salade, ou cuites dans les ragoûts, les sauces et les omelettes. Indépendamment de l’odeur désagréable qu’elles communiquent à l’haleine et à la sueur, ces plantes auxquelles on attribue la propriété d’exciter l’appétit, occasionnent souvent des maux de tête, échauffent, altèrent, rendent en un mot les digestions laborieuses et ne conviennent, par conséquent, en aucune façon, aux estomacs délicats. p. l.
CICATRICE. — On donne le nom de cicatrice au tissu nouveau qui est le produit du travail de la cicatrisation (V. ce mot).
Les cicatrices peuvent être difformes, elles peuvent occasionner à leur tour des difformités; elles peuvent enfin être exposées à des maladies.
Cicatrices difformes. — Les cicatrices, d’abord rosées, prennent plus tard une teinte d’un blanc mat, elles sont glabres, sèches, à peu près insensibles et douées d’une puissante rétractilité.
Tels sont leurs caractères ordinaires, mais elles peuvent être rendues difformes, soit par une coloration, soit par une disposition anormales. Ainsi elles peuvent être parsemées de points noirs, dus à des grains de poudre incrustés dans leur épaisseur, ou présenter des taches brunes, dues à la décoloration du taffetas gommé noir dont on aura recouvert la plaie. Quant à leur disposition, elles sont tantôt saillantes, tantôt déprimées, tantôt adhérentes aux os, etc.
Difformités par cicatrices. — Il est des cicatrices qui entravent à divers degrés les fonctions de certains organes; accident fréquent à la suite des vastes cicatrices consécutives aux brûlures; c’est, en général, à leur rétractilité que sont dus ces difformités ou accidents qui sont très variés ; tantôt c’est un membre qui est dévié de sa position normale, tantôt ce sont des doigts qui adhèrent entre eux, c’est la tête qui est inclinée, ce sont des orifices naturels qui se ferment ou au contraire restent constamment ouverts, comme cela s’observe souvent à la suite des brûlures des lèvres, des paupières, etc.; on a même observé la luxation progressive des grandes articulations. (Follin.)
Le traitement doit être d’abord prophylactique, c’est-à-dire qu’il faut prévenir "ïes fâcheuses conséquences de la rétractilité des cicatrices; pour cela on suivra le précepte de Dupuytren, en donnant aux parties une position diamétralement opposée à celle qui favoriserait la cicatrisation de la perte de substance; on interposera des linges huilés entre
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les doigts brûlés; on placera des tubes ou des éponges préparées dans les orifices naturels.
La difformité produite, on doit y remédier par l’incision des brides ou des adhérences, par leur excision, par l’auloplastie, etc.
Maladies des cicatrices. — Les cicatrices sont exposées à des lésions assez nombreuses, les principales sont :
Hypertrophie ou kêldide. — Il n’est pas rare, surtout chez les sujets scrofuleux, de voir les cicatrices se couvrir de bosselures violacées, tantôt dures et fibreuses, tantôt assez molles, bosselures qui par leur progrès peuvent se rapprocher et former une masse volumineuse; leur coupe est d’un blanc terne; très dures, elles crient sous le scalpel comme le tissu fibreux; le microscope démontre, en effet, qu’elles sont formées par ce tissu, par des cellules embryonnaires et par des vaisseaux en quantité variable.
Ces kéloïdes peuvent être abandonnées à ellesmêmes ou simplement comprimées, c’est ce qui convient le mieux lorsqu’elles ne sont ni très difformes, ni très gênantes; dans le cas contraire, on peut les extirper; on n’est pas, il est vrai, à l’abri des récidives.
Cicatrices douloureuses. — Certaines cicatrices sont le siège d’un prurit plus ou moins désagréable, d’autres sont très douloureuses; ces douleurs tiennent, soit à un développement névromatique des nerfs qui se terminent dans la cicatrice, soit aux rapports de la cicatrice avec des aspérités osseuses, ainsi que cela s’observe parfois au niveau de l’extrémité des os amputés; dans d’autres cas, la cause de la douleur ne peut être reconnue; certaines cicatrices sont seulement douloureuses pendant les temps humides, ce qui a fait admettre leur propriété hygrométriques.
Pour combattre ces douleurs, on devra, après avoir épuisé toutes les pommades calmantes, recourir à la cautérisation au fer rouge (Larrey) ou à l’extirpation du tissu cicatriciel.
Les ulcères s’observent fréquemment sur les cicatrices minces, incessamment distendues ou tiraillées par le voisinage d’un os. D' Léon Moynac.
Des cicatrices en médecine légale. — L’étude des cicatrices a une double application en médecine légale; elle peut éclairer la justice dans les questions d’identité et elle peut fournir des indices utiles sur la nature et l’ancienneté des plaies.
La cicatrice est formée par du tissu conjonctif nouveau qui a passé à l'état fibreux; sa structure est toujours identique, quelle que soit la nature de la plaie à laquelle elle a succédé, mais elle peut présenter un aspect tout différent presque toujours en rapport avec la forme de la plaie. La cicatrice des plaies faites par des instruments tranchants présente une forme linéaire ou elliptique qui est, en général, subordonnée à l’élasticité, à la tension de la peau et à la laxité du tissu cellulaire souscutané. Les cicatrices des plaies contuses ont souvent la forme circulaire et les bourrelets qui les entourent sont plus saillants. Celle qui résulte d’un coup de feu représente un disque déprimé au centre si le coup a été tiré à distance ; lorsque le coup a
été tiré à bout portant, la cicatrice est également déprimée, mais elle présente des bords irréguliers. Les brûlures donnent lieu à des cicatrices variables, suivant l’agent qui a produit les désordres ; les liquides bouillants ou le contact rapide d’un corps enflammé donnent lieu à des cicatrices étendues et superficielles : les caustiques produisent en général des cicatrices plus circonscrites et plus profondes.
Il importe de ne pas confondre les cicatrices provenant d'une blessure avec celles qui peuvent résulter d'une affection interne ou de l’application de certains agents thérapeutiques sur la peau (vésicatoires, cautères, sétons). Ainsi les cicatrices du cou, de l’aine, de l’aisselle, doivent nécessairement faire soupçonner une ancienne affection scrofuleuse ou vénérienne. Chez les sujets scrofuleux, les cicatrices sont le plus souvent exubérantes et font saillie au-dessus de la peau environnante.
La date d’une cicatrice se reconnaît à la couleur. La teinte rosée qu’on observe dès le début persiste pendant trois mois environ. Puis la cicatrice se rétracte, diminue d’étendue et subit diverses modifications: il est alors impossible de déterminer la date du traumatisme. L’examen histologique permet également de distinguer l’ancienneté du tissu : « Si la cicatrice est récente, dit lourdes, elle contient encore des éléments globuleux ; les cellules ne se sont pas encore toutes allongées et transformées en fibres. Si elle est ancienne, au contraire, tout est fibre ; le tissu connectif condensé forme la substance inodulaire ». D’’ A. lutaud.
CICATRISATION. — La cicatrisation n’est autre chose que la formation de la cicatrice, par suite d'un travail spécial de réparation organique qui se produit à la surface d’une plaie en voie de guérison.
La cicatrisation ne se fait pas toujours de la même manière ; tantôt les bords de la plaie, maintenus en contact, s’agglutinent et se fusionnent : c’est la réunion par première intention; tantôt ces lèvres se recouvrent de bourgeons charnus qui suppurent, et il se forme lentement une cicatrice : c'est la réunion par seconde intention; dans des cas plus rares, la plaie se recouvre d’une croûte au-dessous de laquelle se fait la cicatrisation : c’est la cicatrisation sous-cutanée. Nous allons étudier chacun de ces modes ne cicatrisation.
Cicatrisation par réunion immédiate ou par première intention. — C'est l’adhésion immédiate et sans suppuration des lèvres d’une plaie mises en contact.
Plusieurs conditions sont nécessaires à cette réunion immédiate : il faut que les lèvres de la plaie soient bien nettes, qu’elles soient juxtaposées, sans interposition de corps étrangers ni de caillots sanguins trop volumineux, que les tissus analogues se correspondent (peau avec peau, muscle avec muscle), qu’il ne se soit pas écoulé trop de temps depuis l’accident, afin que les deux parties que l’on rapproche aient conservé leurs relations vasculaires et nerveuses avec l’organisme.
On a cependant vu des parties du corps (bouts du nez, pulpe des doigts complètement séparés), se
réunir lorsqu'on venait à les juxtaposer même après un certain temps (de quelques minutes à une heure); les plaies de certaines régions très vasculaires, comme la face, ont beaucoup de tendance à se réunir par première intention.
Lorsqu’une plaie se réunit par première intention, il s’épanche entre les surfaces saignantes juxtaposées un liquide glutineux, liquide, que les anciens médecins désignaient sous le nom de lymphe plastique; ce liquide est occupé par des cellules embryonnaires qui proviennent des tissus divisés, et par des vaisseaux qui proviennent des capillaires voisins, s’anastomosent entre eux, se fusionnent, et rétablissent les communications vasculaires entre les deux parties séparées. En 24 heures, ces anastomoses sont établies et en sept ou huit jours le tissu cicatriciel interposé entre les lèvres de la plaie est aussi solide que les parties voisines ; sa teinte rosée s’efface peu à peu, il devient blanc, et il ne reste qu’une cicatrice linéaire qui peut même disparaître presque complètement.
Cicatrisation par réunion médiate ou par seconde intention. — On dit qu’une plaie se réunit par seconde intention lorsque ses lèvres, au lieu de s’agglutiner immédiatement, restent séparées, se recouvrent de bourgeons et suppurent; la durée de la cicatrisation est beaucoup plus longue que dans le premier cas.
La réunion par seconde intention s’observe : lorsque les lèvres de la plaie restent éloignées l’une de l’autre, librement exposées à l’air ou séparées par des corps étrangers, par des caillots sanguins, lorsqu’elles sont contuses, mortifiées par un caustique; que l’organisme est profondément altéré ou que 1 air est vicié. C’est pour cela que dans les hôpitaux et les grandes villes la réunion est presque toujours médiate, tandis qu’en province elle est presque toujours immédiate.
Le mécanisme de la cicatrisation médiate ne diffère guère de celui qui préside à la réunion immédiate. Elle consiste toujours dans la formation d’un tissu embryonnaire qui passe successivement à l’état adulte.
Lorsqu’une plaie se cicatrise par seconde intention, sa surface se recouvre d’un liquide glutineux, jaunâtre, parsemé de points gris ou rougeâtres, formés par des caillots sanguins et par des débris de tissus mortifiés; peu à peu la plaie se nettoie, se déterge, et vers la fin de la première semaine, elle est couverte de petites granulations rouges désignées sous le nom de bourgeons charnus ; celle couche granuleuse, qu’on appelle 7nembrane pyrogénique, sécrète un liquide qui porte le nom de pus; la suppuration est donc établie.
Les bourgeons se développent, se fusionnent, se rétractent et diminuent graduellement l’étendue de la surface en suppuration ; de plus, on voit son pourtour se recouvrir d’une mince pellicule blanchâtre, formée par de l’épiderme, qui finit par recouvrir toute la plaie ; la suppuration cesse dans les points qu’elle recouvre.
Cette pellicule s’épaissit, prend une teinte d’un blanc éclatant, une densité fibreuse, et constitue une cicatrice qui va persister indéfiniment, laissant une trace ineffaçable de la plaie : cette cicatrisation
ÜICTlO.N.N.VIUi: l>01>üL.URi: DE MÉDECINE USUELLE.
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est formée par du tissu fibreux dans lequel on ne trouve pas de glandes.
Cicatrisation sous-crustacée. — Dans certains cas, on voit une plaie se recouvrir d’une croûte jaunâtre et dure, croûte formée par la dessiccation du sang, de la lymphe, du pus, des débris épidermiques ; cette croûte se fusionne par sa périphérie avec le pourtour de la plaie ; ses parties profondes sont molles et baignées de pus, parfois même le pus vient sourdre sur un des bords ; la croûte peut alors tomber, puis se reformer; mais en général elle ne se détache que vers le quinzième jour, et, au-dessous d’elle, on trouve une cicatrisation convenable.
Cette cicatrisation sous une croûte ne s’observe guère que sur les plaies peu étendues et chez les sujets bien portants; pour aider sa formation, il faut éviter d’essuyer les liquides qui suintent à la surface de la plaie, et les laisser se dessécher.
Nous ferons, en terminant, une remarque de la plus haute importance : si, au point de vue histologique, le mécanisme delà cicatrisation ne présente que peu de différence, le tissu de cicatrice, c’est-àdire le tissu embryonnaire nouveau, forme un tissu semblable à celui des parties auxquelles il s’interpose; ainsi, les cicatrices des os produisent des os, celles des nerfs produisent du tissu nerveux, etc.
D' Léon Moynac.
CICUTINE. — La cicutine, appelée aussi conicine, est une liqueur oléagineuse, incolore, volatile, d’un goût âcre, d’une odeur vireuse, très altérable à l’air où elle prend une couleur brunâtre. Elle est peu soluble dans l’eau, beaucoup dans l’alcool et l’éther; ses sels sont à peine cristallisables, déliquescents et non volatiles, à l’exception cependant du bromhydrate de cicutine qui cristallise parfaitement en prismes rombo’idaux incolores, n’est pas déliquescent et se conserve fort bien à l’air libre. Il possède avec les autres sels de cicutine, tels que le sulfate, l’acétate, le nitrate, la propriété d’être très soluble dans l’eau, tandis que cette base pure s’y dissout à peine.
Quelques médecins emploient la cicutine de préférence à la ciguë, parce qu’elle représente exactement toute la puissance d’action de cette plante sans en partager l’infidélité. Elle agit comme sédative du système nerveux et comme résolutive des engorgements. Dans le premier cas, elle sert à combattre les convulsions, les contractures, le tétanos, la coqueluche elles toux quinteuses; dans le second cas, elle est empiriquement utilisée contre les engorgements ganglionnaires et viscéraux et contre le cancer. Son rôle principal se borne le plus souvent à calmer les spasmes et la douleur; quelquefois, par cet intermédiaire, l’attection primitive peut disparaître. On débute dans l’administration de ce médicament par un demi-milligramme, qu’on répète plusieurs fois dans les 24 heures, lorsque l’économie s’est peu à peu habituée à cette absorption. C’est un poison narcotico-âcre comparable pour la violence à l’atropine, à l’aconitine et à l’acide prussique. 11 est urgent d’user d’une extrême prudence dans son emploi; administré à dose massive, il peut tuer presque instantanément. (Gubler.)
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Ce médicament se prescrit à letat d’alcaloïde libre, à l'état de sel ou à l’état de solution alcoolique. L’alcalo'ide libre se donne de un demi-miligrammeàtrois milligrammes dans de l’eau sucrée, en potions ou en pilules. D’après l’intéressante étude qu’en ont faite Devay et Guillermond, les fruits de la ciguë sont plus riches en conicine que les autres parties de la plante. 100 parties de fruits secs et bien mûrs renferment, en moyenne, 5 parties d’alcaloïde, ce qui revient à dire que 1 gramme de poudre de fruits contient assez exactement la dose de 50 milligrammes de conicine. Par ce moyen, on prépare des pilules d’un dosage sûr et d’une activité toujours égale. La solution de Fronmüller (circutine 3 gouttes, alcool rectifié 1 gramme, eau distillée 20 grammes) se prend dans les proportions de 12 à 15 gouttes trois fois par jour, le sirop à celles de 10 à 30 grammes dans le même laps de temps. Enfin le brombydrate de cicutine particulièrement étudié par Dujardin-Beaumetz, peut se prescrire eu potions, pilules, granules, solutions, pommade et injections hypodermiques, aux môme doses que 1 atropine elle-même. d' marc. Camdoulives.
CIDRE. — On donne le nom de cidre au jus fermenté de la pomme, que l’on boit à la place du vin dans certaines contrées de la France, principalement dans les cinq départements compris dans l’ancienne province de Normandie, qui, à eux seuls, fabriquent plus de la moitié des dix millions d’iiectolitres fournis annuellement par le pays.
Les pommes qu’on emploie pour faire le cidre peuvent toutes rentrer dans les trois catégories suivantes : 1“ les pommes acides ou sûres, très abondantes en jus, mais fournissant un cidre très léger, sans force, peu agréable, clair tout d’abord, mais très sujet à noircir ; 2'> les pommes sucrées ou douces, qui rendent peu de jus et font un cidre clair et agréable tant qu’il est sucré, mais sujet à l’amertume ; 3® les pommes amères et âcres, qui rendent un jus très doux, coloré, et font un cidre généreux qui peut se conserver pendant plusieurs années. Les cidres supérieurs sont faits avec un mélange de pommes des deux dernières catégories.
Fabrication du cidre. — Sans entrer dans tous les détails de la fabrication du cidre, qui du reste subit des variations dans chaque pays, nous pouvons dire que cette fabrication est très simple. On choisit des pommes mûres, bien saines, ni véreuses, ni pourries ; on les réduit en pulpe avec une meule verticale en pierre ou en bois, et on en exprime le jus à l’aide de fortes presses. Par cette première pression, on a ce qu’on appelle le gros cidre. On délaye le marc dans de l’eau, on le soumet à une seconde pression et on obtient le petit cidre. Ces jus ainsi obtenus sont versés dans de grands tonneaux et abandonnés à eux-mêmes dans des celliers dont la température varie de 12 à 15 degrés. Là, ils subissent la fermentation alcoolique qui dure deux ou trois mois. Au bout de ce temps, le cidre est fait. On le soutire dans des futailles bien nettoyées, oû il continue à fermenter, lentement, mais d’une manière continue. Généralement, le cidre fait en été est buvable du 4” au 10® mois; celui fait en automne, du 0® au IC et celui d’hiver, du 10® au 20®.
Les cidres de Normandie sont sans contredit les plus estimés, et parmi eux il faut placer au premier rang ceux de la vallée d’Auge, de l’Avranchin, du Cotentin et du pays de Bray. Après les cidres de Normandie, viennent les cidres de Bretagne, avec ceux d’Ille-et-Vilaine en tête.
Altérations du cidre. — Comme le vin, le cidre est soumis à diverses altérations dont les principales sont l’acidité et la graisse.
léacidité se produit lorsque le cidre est au contact de l’air qui pénètre dans les tonneaux en vidange. On la prévient en faisant usage de petits tonneaux et en versant dans les tonneaux une certaine quantité d’huile d’œillette suffisante pour former une couche mobile préventive sur la surface du liquide. Si elle existe, on la corrige en ajoutant du sucre dans le tonneau, pour qu’il pui.sse se reformer de l’alcool.
Le cidre atteint de la graisse devient visqueux, il file et dégage une odeur putride. Pour le corriger, il faut ajouter une certaine quantité de tannin (15 grammes environ dissous dans un litre d’eau, pour un tonneau de 228 litres), qui coagule et précipite cette matière visqueuse.
Falsification du cidre. — La principale falsification du cidre consiste à le fabriquer avec des pommes tapées et du sirop de fécule. La plupart des cidres consommés à Paris ne sont pas faits autrement.
Usages. — Le cidre constitue une excellente boisson, lorsqu’il est bien préparé et bien conservé. Bu au repas, il facilite la digestion des aliments, tout en excitant légèrement l’appétit. Il est cependant moins excitant et moins tonique que le vin, et donne moins de force que lui. Il est très diurétique, et lorsqu’on n’y est pas habitué, il produit des effets laxatifs. Bon pour les individus pléthoriques, prédisposés aux congestions, le cidre ne vaut rien pour les personnes gastralgiques, lymphatiques et anémiques.
Toutes les nourrices normandes vous diront que le cidre augmente le lait. Sans doute, malheureusement c’est l’eau du lait qui augmente et non ses éléments utiles. D’’ Paul Labarthe.
CIGUË. — Sous le nom vulgaire de ciguës, on comprend un certain nombre de plantes de la famille des ombellifères, qui présentent des caractères différents. Les principales sont : 1® la ciguë officinale ou grande ciguë; 2° la petite ciguë ; 3® la ciguë vireuse ; et 4® la ciguë aquatique.
1® La GRANDE CIGUË se rencontre communément dans toute la France. Elle habite les terrains incultes et les bords des chemins. C’est une plante bisannuelle, de 1 mètre de hauteur environ, dont la tige creuse, cylindrique, est couverte de taclies d’un rouge-brun, d’oû l’épithète de ciguë maculée. La racine de cette ombellifèreest pivotante, les feuilles sont alternes, très grandes, profondément dentées, d’un vert brillant sur leur face supérieure, d’un vert pâle sur leur face inférieure, les fleurs petites, blanches, disposées en ombelle, les fruits courts, ovales, globuleux, comprimés latéralement. Les résultats de l’analyse donnent un principe actif, la conicine ou cicutine, un acide conéique, de l’huile volatile, de la résine, des sels, de l’albumine et du ligneux.
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Cette plante répand, surtout lorsqu’on vient de la comprimer entre les doigts, une odeur nauséeuse, fétide, qui rappelle assez exactement l’urine de chat. Klle est toxique à haute dose et produit des nausées, des vomissements, des vertiges, de la stupeur.
Fig. ‘2G3.
Grande ciguë.