Inflorescenco. — 2. Fleur. — 3. Fruit. — i. Feuille
la paralysie des muscles de la vie de relation, la paralysie des muscles de la vie organique, aveu l’inertie du diaphragme et la mort par asphyxie. A petites doses, elle détermine une légère excitation de l’estomac, le ralentissement de la circulation et des mouvements respiratoires, l’abaissement delà température, la diminution de la sensibilité, la sédation du système nerveux, un affaissement momentané dans le fonctionnement des muscles de la vie de relation aussi bien que dans ceux de la vie végétative, une augmentation notable dans la diurèse et la diaphorèse.
Si des déductions physiologiques que nous ve-
Fig. 204.
Fleur et fruit de la grande ciguë.
nous d'émettre, d’après la majorité des observateurs contemporains, nous en tirons des conclusions pratiques, il nous sera facile de concevoir que la ciguë puisse rendre des services comme stupéfiante, sédative, diurétique, sudorifique et anti-catarrhale dans la phthisie, la coqueluche, les toux rebelles, la chorée, le priapisme, les névralgies, les névroses,
les douleurs arthritiques, les gonflements articulaires et les liydroplsies de toute espèce.
2“ La PETITE CIGUË, Vulgairement appelée faïucpersil, ciguë des jardins, croît dans les lieux cultivés. Elle diffère du persil par son odeur nauséeuse, sa tige ordinairement violette ou rougeâtre à la base, ses feuilles d’un vert noirâtre, ses fleurs blanches et non jaunâtres comme elles se présentent dans cette dernière plante. Elle a été l’occasion de mé-
Fig. 205.
Petite ciguë ou faux persil.
prises fort graves, quelques empoisonnements sont résultés de ce défaut d’attention. Elle est à peu près inusitée en médecine à cause de sa moindre valeur thérapeutique par rapport à la grande ciguë.
3» La CIGUË viREUSE est un poison nacotico-âcre encore plus actif et plus dangereux que les autres ciguës ; elle ne doit être employée que lorsque l’on ne peut avoir sous la main les plantes précédentes.
4® La CIGUË AQUATIQUE, phellandrie ou fenouil aquatique, est une plante de la famille des ombellifères, très commune dans les mares et sur les bords des ruisseaux. Elle ressemble beaucoup à la grande ciguë par sa disposition extérieure, par sa composition chimique et par sa puissance sédative et anticatarrhale. Elle fournit à la médecine ses fruits qui ont été vantés par plusieurs bons observateurs contre les catarrhes et la phthisie pulmonaire.
On prescrit la phellandrie en poudre à la dose de 2 à 6 grammes dans les vingt-quatre heures par prises de 30 centigrammes. Elle se donne aussi en pilules, en sirop. Son principe actif, la phellandrine, a été essayé également en granules, en sirop et pour l’usage externe. d-- Marc. Camboulives.
Empoisonnement par la ciguë. — Les empoisonnements criminels par la ciguë et son alcaloïde, la
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cicutine, sont assez rares. Toulniouche en a rapporté un cas, dans lequel une femme avait voulu empoisonner son mari en lui faisant manger une soupe avec de la racine de ciguë ; celui-ci fut averti du danger par le goût âcre du mets qu’on lui servait.
L’empoisonnement accidentel est fréquent, et reconnaît presque toujours pour cause la ressemblance qu’offrent les différentes espèces de ciguës avec d’autres végétaux inoffensifs, surtout avec le persil. Il importe donc de bien établir les caractères à l’aide desquels on peut distinguer cette dernière plante des ciguës proprement dites. (V. plus haut et Persil.)
Les effets sont les mêmes pour toutes les espèces de ciguë. On observe, une heure environ après l’ingestion du poison, [des vertiges, des éblouissements de la céphalalgie, une anxiété précordiale et des vomituritions sans résultat. La pupille est dilatée, la vue trouble, l’intelligence nette. Le malade a des mouvements spasmodiques et des contractions tétaniques; puis la mort arrive dans le coma.
On observe à la surface du corps des plaques livides et des extravasations sanguines. Le sang est moins fluide; presque tous les organes son congestionnés. On trouve quelquefois dans l'estomac des fragments reconnaissables de la plante toxique qu’il suffit de triturer dans un mortier avec une solution de potasse pour développer l’odeur caractéristique de la conicine (Christison).
La première indication, en présence d’un empoisonnement par la ciguë, consiste à faire vomir le malade. Après avoir provoqué des vomissements, on cherchera à neutraliser le poison, on fera prendre soit du tannin, soit de l’eau iodée ou une solution faible d’iodure de potassium ioduré. La solution iodée donne avec la conicine et les sels de cette base, comme avec presque tous les alcalo'ides, un précipité qui est insoluble dans l’eau (Rabuteau). Enfin, si l’on croit que l'absorption du poison est totale, il faut administrer au malade de l’alcool ou de l’éther étendu d’eau, lui faire des frictions excitantes et, s’il y a asphyxie imminente, pratiquer la respiration artificielle. D'' a. lutaud.
CILS. — On donne ce nom aux petits poils qui sont implantés obliquement dans l’épaisseur du bord libre des paupières. On en compte environ 120 à chaque paupière. Leur couleur et leur longueur varie suivant les individus ; ceux de la paupière supérieure sont plus longs que ceux de la paupière inférieure. Ils ont une direction curviligne, ceux de la paupière supérieure regardant en haut et ceux de la paupière inférieure en bas; lorsque celles-ci sont fermées, ils s’entrecroisent. Leur rôle consiste à empêcher l’introduction dans l’œil des insectes et des corpuscules légers qui voltigent dans l’air.
Les cils ne sont pas toujours Implantés régulièrement. Il arrive parfois qu’ils poussent en dedans et vont frotter et irriter la cornée et constituent l’infirmité appelée Trichiasis (V. ce mot) ; d’autres fois, ils forment deux rangées dont l’une est régulière, tandis que l’autre est dirigée vers la cornée. On dit dans ce cas qu’il y a Dütichiasis . ce mot).
Enfin, les cils peuvent tomber comme les cheveux, la barbe et les sourcils. Cet accident s’observe à la suite de la blépharite ciliaire, de la syphilis, de certaines fièvres graves, et constitue une véritable alopécie ciliaire. Cette alopécie est tantôt temporaire et tantôt définitive. Dans ce dernier cas elle est sans remède, car on ne peut vraiment conseiller le traitement, mis en pratique dans certains pays par les femmes dans un but de coquetterie, et qui consiste à enfiler un cheveu dans une aiguille très fine, à l'introduire dans la paupière, à une certaine di.stance du bord libre, et à la faire ressortir par la ligne des cils, puis lorsque le cheveu a une longueur suffisante, au dehors du bord libre de la paupière, pour former un cil, à couper celui-ci au niveau de la piqûre d’entrée! D' Paul Labarthe.
CILIAIRE. — Qualificatif donné par les anatomistes à ce qui a rapport aux cils et à certaines parties du fond de l’œil. Ainsi on appelle bord ciliaire, le bord libre des paupières sur lequel sont implantés les cils; glandes ciliaires, celles qui sont annexées aux cils, etc. On appelle corps ciliaire, la partie de l’intérieur de l’œil comprise en arrière du cristallin, entre l’iris et la choro’ide. Le corps ciliaire est composé du muscle ciliaire ou anneau antérieur de la choro'ide et des procès ciliaires, au nombre de soixante à soixante-dix, qui sont disposés en couronne autour du cristallin dont ils enchâssent la partie postérieure (V. Ghordide). p. l.
CIMENT. — On donne ce nom en chirurgie dentaire à une série d’amalgames employés pour l’obturation des dents cariées CV. Den^j.) P. L. I
CIMETIÈRE. — Hygiène publique. — Les cimetières sont des terrains dans lesquels on inhume les cadavres humains. Placés autrefois dans l’intérieur des villes, et autour des églises, les cime- , tières, de par la loi, doivent aujourd’hui être situés hors des enceintes des villes.
Législation. — Voici du reste les principaux articles des différents décrets relatifs aux cimetières ;
Décret du 23 prairial an XII. — Article 1''. — Aucune inhumatinn n’aura lieu dans les églises, temples, synagogues, hôpitaux, chapelles publiques, et généralement dans i aucun des édifices clos et fermés où les citoyens se réunis- i sent pour la célébration de leur culte, ni dans l'enceinte des i villes et bourgs.
Art. 2. — Il y aura, hors de chacune de ces villes ou bourgs, à la distance de 33 à 40 métrés au moins, des terrains spécialement consacrés à l’inhumation des morts.
Art. 3. — Les terrains les plus élevés et exposés au nord i seront choisis de préférence ; ils seront clos de murs de 2 mé- ; ' 1res au moins d’élévation. On y fera des plantations en pre- inant les précautions convenables pour ne point gêner la circu- ' i. lation de l’air. j
Art. 4. — Chaque inhumation aura lieu dans une fosse sé- i ii parée; chaque fosse qui sera ouverte aura 1“,50 à 2 mètres f
de profondeur, sur de largeur, et sera ensuite remplie ^
de terre bien foulée.
Art. 5. — Les fosses seront distantes les unes des autres t
de 0'’,3 k 0'”,4 sur les côtés, et de 0'",3 à 0'",5, à la tête et '
aux pieds.
Art. 6. — Pour éviter le danger qu’entraîne le renouvelle- ' ment trop rapproché des fosses, l’ouverture des fosses pour ; j de nouvelles sépultures n’aura lieu que de cinq années en
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cinq années ; en conséquence les terrains destinés à formelles lieux de sépulture seront cinq fois plus étendus que l'espace nécessaire pour y déposer le nombre présumé de morts qui peuvent y être enterrés chaque année.
Art. 7. — 1 .es communes qui seront obligées en vertu des articles l et 2 du titre 1"' d’abandonner les cimetières actuels et de s'en procurer de nouveaux hors de l’enceinte de leurs habitations, pourront, sans autre autorisation que celle qui leur est accordée par la déclaration du 10 mars 1776, acquérir les terrains qui leur seront nécessaires en remplissant les formalités voulues par l'arrêté du 7 germinal an IX.
Art. 8. — Aussitôt que les nouveaux cimetières seront disposés pour recevoir les inhumations, les cimetières existants seront fermés, et ils resteront dans l’état où ils se trouveront, sans que l’on puisse en faire usage pendant cinq ans.
Art. 9. — .V partir de cette époque, les terrains servant maintenant de cimetières pourront être affermés par les communes auxquelles ils appartiennent, mais ù la condition qu’ils ne seront qu’ensemeneés ou plantés, sans qu’il puisse y être fait aucune fouille ou fondation pour des constructions de bâtiment, jusqu’ù ce qu’il en soit autrement ordonné.
Art. 13. — Toute personne pourra être enterrée sur sa propriété, pourvu que la dite propriété soit hors et à la distance prescrite de l’enceinte des villes et bourgs.
Art. lo. — Les lieux de sépulture, soit qu’ils appartiennent aux communes, soit qu’ils appartiennent aux particuliers, seront soumis à l’autorité, police et surveillance des administrations municipales.
Décret du 7 mars 1808. — Art. 1®'. — Nul ne pourra, sans autorisation, élever aucun bâtiment, ni creuser aucun ])uits, à moins de 100 mètres des nouveaux cimetières transférés hors des communes en vertu des lois et règlements.
Art. 2. — Les bâtiments existants ne pourront également être restaurés ni augmentés sans autorisation. Les puits pourront, après visite contradictoire d’experts, être comblés, en vertu d’une ordonnance du préfet du département, sur la demande de la police locale.
Ordo.wance du 6 décembre 1843. — Art, l'^ — Les dispo” sitions des titres 1 et 2 du decret du 23 prairial an XII qui prescrivent la translation des cimetières hors des villes et des bourgs, pourront être appliquées a toutes les communes du royaume.
Art. 2. — La translation du cimetière, lorsqu’elle deviendra nécessaire, sera ordonnée par un arrêté du préfet, le Conseil municipal entendu. Le préfet déterminera également le nouvel emplacement du cimetière, sur l’avis du Conseil municipal, après enquête de commodo et incommodo.
Après avoir indiqué les documents législatifs relatifs aux cimetières, nous allons examiner les règles d’hygiène qu'il convient d’observer, pour en assurer la salubrité.
1® Position des cimetières. — Si la disposition des lieux et si la direction des vents dominants dans la localité le permettent, il faut établir les cimetières au nord et à l’est des villes, à 35 ou 40 mètres au moins de leur enceinte, à l’abri des montagnes et des forêts. On atténuera ainsi l’intensité des miasmes qui s'échappent des terrains des inhumations, et on les mettra en rapport avec des vents froids et secs, dont l’influence est infiniment moins nuisible que celle des vents chauds et humides (vents du sud et de l'ouest), qui augmentent l’activité de la putréfaction. Si la disposition des lieux ne permet d’établir le cimetière que dans une plaine, il faut placer entre la ville et lui une plantation d’arbres élevés, qui couperait le cours des vents, et préserverait au moins en partie des fâcheux effets d'un pareil voisinage.
Il faut, dans le choix du terrain, tenir compte de la direction des vents dominants dans la localité.
et placer le cimetière dans une position telle que ces vents soufflent de la ville vers le cimetière, afin de disséminer les miasmes qui peuvent s’en dégager.
Si la ville s’élève en terrain plat sur le bord d’un fleuve, d’un ruisseau, d’un torrent, il faut choisir, pour établir le cimetière, un terrain situé en aval, et dont le niveau soit assez élevé par rapport aux cours d’eau voisins, pour mettre à l’abri de toute inondation.
2“ Choix des terrains. — A. Nature physique. — On doit préférer les terrains élevés et secs aux terrains bas et humides, parce que l’excès d’humidité autour des cercueils et l’altération des eaux par le mélange de produits de décomposition offriraient, à des degrés divers, de sérieux inconvénients.
B. Nature chimique. — La nature chimique du sol est l’un des éléments les plus essentiels à considérer, parce qu’elle exerce une influence très importante sur la destruction des cadavres. Orfila a établi par des expériences très concluantes faites avec le sable, le terreau et le calcaire, que la décomposition marche beaucoup plus vite dans le terreau et la terre végétale que dans les terrains sablonneux ou calcaires, et que les terrains argileux (probablement par l’alumine qui en constitue la base), sont plus conservateurs que les autres.
La loi du 23 prairial an Xll (art. 6), ayant déterminé pour le service des cimetières un roulement quinquennal, on comprend qu’il y a convenance, à tous les points de vue, de choisir un terrain qui amène une décomposition aussi prompte et aussi complète que possible.
C. Nature du sous-sol. — La nature du sous-sol, dit Tardieu, doit aussi être soigneusement étudiée, dans le choix de l’emplacement d’un cimetière, sous d’autres points de vue. Ainsi, la proximité de l’eau, ou, au contraire, d’une couche rocheuse qui ne permettrait pas de donner aux sépultures la profondeur de 1™,50 à 2 mètres (art. 4 du décret du 23 prairial an XII), rend les terrains tout à fait impropres à servir de cimetière. Un terrain où l’on ne peut creuser à 2 mètres de profondeur sans que l’eau vienne à paraître, en quelque faible quantité que ce soit, doit être absolument rejeté. — Quant à la nature rocheuse du sous-sol, on pourra y suppléer en transportant de la terre friable dans une épaisseur convenable, comme il avait été question de le faire pour un cimetière voisin de Marseille. En 1832, le conseil de salubrité de cette ville constatait que le cimetière du quartier Saint-Louis, très peu étendu, ne présentait que quelques points isolés où l’on pût creuser des fosses à une profondeur convenable; le rocher était presque à découvert en divers lieux de ce cimetière, et surtout sur les parties latérales. Ainsi la dernière fosse qui ax’ait été creusée n’était qu’à 0“,83 de profondeur, le cercueil, reposant sur le rocher, n’avait pu être recouvert que de 0‘“,65 de terre; ce qui est évidemment insuffisant, les émanations putrides résultant de la décomposition des cadavres devant nécessairement s’élever et se répandre dans l’atpfiosphère, puisqu’il est bien re-
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connu que, pour éviter cet inconvénient, il faut que chaque fosse ait 2 mètres de profondeur, et que le fond de la fosse repose sur la terre meuble, afin que les liquides puissent s’infiltrer et que les gaz putrides résultant de la décomposition ne puissent pas se dégager dans l’atmosphère [Dicl. hyg. publique et de salubrité, 2*= édition, 1862, t. 1, p. 509).
D. Étendue du terrain. — L’étendue des terrains destinés aux cimetières doit être proportionnée à la population qu’ils sont appelés à desservir. Le décret du 23 prairial an XII (art. 6) exige, pour les emplacements des cimetières, des dimensions telles, que le même lieu ne puisse servir à de nouvelles inhumations qu’après un laps de temps de cinq ans, temps qui a paru suffisant pour la destruction des cadavres. — Pour connaître l’étendue que doit avoir le terrain destiné au cimetière, il suffit d’établir une proportion entre la moyenne de mortalité d’une population donnée et la dimension des fosses. Tardieu estime qu’il faut, en tenant compte des éventualités qui peuvent résulter d’épidémies répétées ou d’un accroissement rapide de la population, 2 mètres carrés de terrain par inhumation. Supposons une ville de 10,000 âmes ayant une mortalité de 3 p. 100 en moyenne; nous trouvons que 000 mètres carrés sont nécessaires pour subvenir aux inhumations d’une année ; mais le laps de temps exigé pour procéder, dans le même emplacement, à des inhumations successives étant de cinq ans, il faut multiplier ce chiffre par 5, ce qui donne 3,000 mètres carrés de terrain, pour une population de 10,000 âmes. 11 faut, bien entendu, ajouter à cela les allées, les bâtiments de service, les murs, les haies, etc., etc.
Prescriptions nécessaires à observer dans les cimetières. — 1" Drainage. — Tous les cimetières doivent être drainés, parce que, ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure, la nécessité de choisir pour les inhumations une terre profonde, sans sous-sol rocheux, implique en quelque sorte l’état d’humidité de tous les cimetières.
La nécessité du drainage est une pratique salubre qui présente, d’après MM. Ch. de Freycinet et Fonssagrives le triple avantage : 1° d’imprimer aux eaux chargées de matières organiques une direction inoffensive; 2' de favoriser la prompte décomposition des corps par Tappel d’air que le drainage produit dans le sol; 3° de donner plus de vigueur et un développement plus rapide aux arbres des cimetières.
2° Plantations. — Les arbres dans les cimetières ne sont pas seulement une tradition poétique, dit M. Fonssagrives, ils répondent aussi à un intérêt de salubrité de premier ordre. D'abord, ils dessèchent le sol et jouent, par rapport à l’eau qui l’imprègne, le rôle ingénieusement spécifié par Chevreul de îuyaux de drains verticaux. Les plantations dans les cimetières doivent être faites d’une manière méthodique et discrète.
En effet, des plantations trop serrées et disposées sans réflexion peuvent être nuisibles en recouvrant le sol d’un épais feuillage, qui en entretient l’humidité et fait obstacle à l’évaporation des vapeurs chargées des produits de décomposition, et
en opposant une barrière à la libre circulation de l’air et des miasmes qu'il entraîne avec lui.
Les allées des cimetières seront plantées dans la direction des vents les plus habituels; les arbres droits et élancés, comme les ifs, seront préférés aux cèdres, dont la branchure est horizontale, aux saules pleureurs dont les rameaux flexibles retombent en couche épaisse jusqu'au sol ; les trembles, les peupliers d'Italie, dont les feuilles toujours en mouvement agitent et tamisent l’air en quelque sorte, au feuillage plus lourd et plus épais du tilleul et du marronnier. On se gardera surtout de changer un cimetière en bosquets, car ceux-ci ne pourraient que servir de réceptacles aux miasmes condensés. Des arbres élancés, des troncs dégagés, permettront à l’air de circuler partout (Tardieu). — Il faut, dit Fonssagrives, choisir des arbres à tronc élevé, à feuillage droit, ne gênant pas l’évaporation du sol, et préférer les arbres verts résineux qui présentent ces caractères, parce que, si on s’en rapporte à certaines expériences, ces arbres ont la propriété de produire plus d’ozone que les autres, ce qui est un autre avantage pour la salubrité de l’air, l’air ozonisé brûlant avec activité les matières organiques qu’il tient en dissolution ou en suspension.
3*’ Entourer le cimetière de fossés. — Il faut entourer le pourtour des cimetières d’un fossé à radier régulier, à pente convenable et d’une profondeur de 3 mètres au moins au-dessous du sol du cimetière. Lotte tranchée fait office de collecteur, et empêche on partie les eaux cadavériques d'arriver jusqu'aux puits des villes.
Ce n’est pas en effet seulement par les miasmes dont les cimetières chargent l'air, que la salubrité des villes est menacée, dit M. Fonssagrives ; les eaux des puits peuvent aussi recevoir des infiltrations qui leur communiquent des qualités nuisibles. De 1840 à 1846, les eaux des puits de Ménilmontant ont été altérées par des infiltrations provenant du cimetière du Père-Lachaise. Il y a peu de temps, M. Lefort appelait l’attention de l’Académie de médecine sur cette grave question d'hygiène, et son travail a été, dans le sein de cette compagnie, l’objet d'un rapport de M. Vernois. M. Lefort a analysé l’eau d’un puits unique servant à l’alimentation de toute la commune de Saint-Dizier, dans l’.âllier, et placé à 50 mètres seulement du cimetière. L’eau de ce puits a paru d'une saveur désagréable et chargée de matières organiques, l’auteur n’hésite pas à attribuer cette altération au voisinage du cimetière. — J’ai moi-même pu constater, dit encore M. Fonssagrives, dans un village de l'Hérault, une situation semblable du cimetière, et j’ai émis l’avis qu’il devait être abandonné, et que les inhumations devraient se faire, à l’avenir, dans un emplacement plus éloigné et mieux choisi.
11 faut également que la tranchée qui doit entourer les cimetières, pour arrêter les eaux d'infiltration au passage, soit bordée d’un rideau d’arbres placé à l’extérieur, faisant abri par leur feuillage, et détruisant par leurs racines une partie des eaux saturées de matières organiques qui baignent leurs pieds.
Une précaution excellente consiste à placer le long dos murs des cimetières un rideau cle cyju’ès
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seiTos les uns contre les outres, ils ajoutent leur alnâ à celui du mur de clôture, dont ils dépassent la hauteur.
Abandon et translation des cimetières. — En général, on abandonne les cimetières dans deux circonstances :
1“ Ou parce qu’ils sont devenus, par leur insuffisance ou leur encombrement, impropres à servir plus longtemps de lieu de sépulture;
2“ Ou parce que des raisons de convenance y font renoncer pour choisir un autre terrain.
Michel Lévy a établi, qu’au bout d’un certain temps, qui varie suivant la qualité de leur sol et le rapport de la masse des terres avec celle des cadavres inhumés, les cimetières atteignent une limite de saturation des matières animales, et deviennent impropres à provoquer la fermentation putride. Cette saturation s’observe dans deux conditions : soit dans certaines parties de cimetières où un nombre disproportionné de cadavres se trouve accumulé dans un espace donné, soit dans un cimetière tout entier, lorsqu’on a continuellement devancé, dans les inhumations secondaires, le temps nécessaire à la décomposition de cadavres précédemment inhumés.
On comprend que, dans de pareilles conditions, il soit urgent d’abandonner les cimetières et de les transférer dans un autre lieu. Si on prend cette détermination, les membres des conseils d'hygiène consultésdoivent, en donnantleuravis, prescrire l’observation des mesures suivantes que nous considérons, avec Tardieu et les autres hygiénistes, comme rigoureusement indispensables :
1“ Fermer les anciens cimetières, et empêcher, pendant un temps très long (ce temps fixé à dix ans parles art. 8 et 9 du décret du 23 prairial est trop court) (Tardieu), qu’il y soit fait aucune fouille ou fondation.
2® Etablir dans ces cimetières des plantations qui, au moyen de l’absorption exercée par leurs racines, hâtent la consommation des produits organiques enfouis dans le sol, et s’en emparent à leur profit. Il faut observer, en faisant ces plantations, de ne pas creuser des trous trop profonds, dans la crainte de tomber sur quelque foyer de décomposition propre à fournir des miasmes délétères.
3» Adopter, pour opérer les exhumations les règles suivantes, tracées par le conseil de salubrité de la Seine : Veiller à ce que les ouvriers chargés des exhumations ne se livrent pas à la boisson; leur délivrer deux ou trois fois par jour un verre moyen de boisson légèrement tonique; leur faire souvent laver les mains, d’abord dans de l’eau ordinaire, ensuite dans un liquide dé.sinfectant; projeter sur les débris humains donnant de l'odeur et sur les terres extraites des fosses, du chlorure de chaux en poudre; si l’odeur persiste, arroser avec un liquide désinfectant; mettre les corps que l’on aurait à changer de bière, entre deux couches d'une pondre désinfectante; couvrir d’un drap imbibé d'un liquide désinfectant, les bières qui donneraient de l'odeur.
.Si on abandonne le cimetière pour des raisons de convenance, il suffira de demander l’application des arliclcs 8 et 9 du décret du 23 prairial, an XII, qui
exigent que les cimetières qui viennent à être fermés ne servent à aucun usage au moins pendant dix ans. Ils peuvent être ensuite affermés, être ensemensés et plantés sans qu’on puisse y faire aucune fouille ni fondation, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné. Edmo.xu Dupuy,
Ph‘'“ de 1''° classe, ancien interne des Hôpitaux, auteur d’un Manuel d’hygiène publique et industrielle.
CINABRE. — Nom donné au sulfure de mercure (V. Mercure). p. p.
CINCHONINE. — Nom donné à un alcalo'ide tiré du quinquina et principalement du quinquina gris, qui se présente sous forme d’aiguilles déliées, brillantes, incolores, d’une saveur moins amère que la quinine et analogue à celle du sulfate de magnésie. Très peu soluble dans l’eau, puisque 2,500 parties d’eau bouillante n’en dissolvent qu’une partie, la cinchonine jouit des propriétés analogues à la quinine, mais beaucoup moins marquées et de plus courte durée. Son action est aussi moins constante, et il faut en donner deux fois plus que de quinine. Pour toutes ces raisons la cinchonine est fort peu employée. p. l.
CIRCONCISION. — On donne ce nom à l’opération qui consiste dans l’enlèvement complet du prépuce dans toute sa circonférence. Abraham fut le premier qui pratiqua la circoncision sur luimême d’abord, et ensuite sur son fils Ismaël et sur tous les esclaves de sa maison. Prescrite cinq siècles plus tard, dans la loi mosaïque, cette institution s’est depuis transmise et conservée très fidèlement chez les juifs jusqu’à nos jours. Les mahométans pratiquent aussi la circoncision sur leurs enfants.
Les juifs font subir la circoncision à leurs enfants huit jours après la naissance. C’est le rabbin qui la pratique. Un aide tient l’enfant en travers sur ses genoux, tandis que le rabbin, placé en face, saisit le prépuce entre le pouce et l’indicateur de la main gauche. L’indicateur fait glisser le prépuce dans la fente d’un instrument de métal appelé posthétome, qui a pour but de protéger le gland; puis, rasant la surface de ce tuteur avec le bistouri, il emporte d’un seul coup toute la partie excédante du prépuce. 11 achève l’opération en déchirant de ses ongles, taillés exprès, la membrane muqueuse jusque vers la couronne du gland. Il étanche ensuite le sang en dirigeant sur la verge de l’eau qu’il tient dans sa bouche, et en tourmentant cet organe par des succions. (Depuis 1843 on a supprimé la succion, du moins en France.) Le pansement consécutif est très simple et consiste dans l’application d’une bandelette de lin autour de la verge, qu’on tient relevée sur le pubis à l’aide d’un anneau.
Les mabométans ne circoncisent leurs enfants qu’à 7 ou 8 ans, quelquefois à 13 ans, en mémoire d’Ismaèlqui n’aurait été circoncis qu’à cet âge. L’opération diff'ère de celle des juifs. L’opérateur saisit fortement le prépuce entre le pouce et l’index et l’attire à lui de manière à ne pas laisser la muqueuse en arrière; un aide applique alors un nœud sur la peau du prépuce, mais en ayant soin de raser le glande
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tout en l’évitant. 11 applique ensuite un second nœud en avant du premier, et la section se fait entre les deux nœuds. La section opérée, on plonge la verge dans un œuf frais, et on panse la plaie au moyen de bandelettes huilées. Dans ce procédé, le nœud offre l’avantage d’anesthésier en partie, par sa forte constriction préalable, la portion que l’on va couper.
La circoncision a passé du domaine religieux dans le domaine de la chirurgie et a subi une foule de modifications et de perfectionnements. Chirurgicalement, la circoncision est surtout pratiquée pour remédier au vice de conformation du prépuce connu sous le nom de phimosis, et à tous les accidents auxquels cet état donne lieu. Nous renvoyons donc la description des divers procédés chirurgicaux de circoncision au mot phimosis (V. ce mot.)
Paul Labarthe.
CIRCONFLEXE. — Nom donné par les anatomistes à des artères, des veines et des nerfs qui existent autour des articulations de l’épaule et de la cuisse. P. L.
CIRCONVOLUTION. — On donne le nom de circonvolutions cérébrales aux replis et aux élévations qu’on observe à toute la surface du cerveau Cerveau).— »On donne le nom de circonvolutions intesiinales aux replis et aux contours formés par l’intestin grêle dans l'abdomen. p. l.
CIRCULAIRE. — On donne ce nom au cercle que décrit une bande autour d’un organe dont il fait le tour complet. — On donne aussi le nom de circulaire à un bandage simple, formé par des circonvolutions qui se recouvrent plus ou moins complètement. P. L.
CIRCULATION. — La circulation est caractérisée par le mouvement continu et pour ainsi dire circulaire du sang, qui se porte du cœur aux organes et retourne des organes au cœur. Le transport du sang aux organes s’effectue par les artères et son retour au cœur par les veines. Les artères et les veines communiquent entre elles par le réseau des vaisseaux capillaires. A ces différents canaux est annexé un système de vaisseaux lymphatiques qui puisent dans nos tissus la lymphe, destinée à régénérer nos tissus. Le cœur et les nombreux vaisseaux qui en dépendent constituent Yappareil circulatoire.
Le cours du sang était inconnu des anciens. Ils croyaient que les veines seules étalent chargées do distribuer le sang dans toutes les parties du corps et que les artères étaient destinées à y faire circuler Vesprit ou le pneuma; Us pensaient en outre que le sang dans les vaisseaux était animé d’un simple balancement, qu’ils, comparaient an mouvement d’oscillation des flots de l’Epire.
Galien démontre le premier que les artères contiennent du sang pendant la vie et que ce liquide circule du cœur vers les extrémités; mais il crut que la cloison interventriculaire était percée. André Vésale, en 1543, réfuta l'erreur de Galien et prouva que les deux ventricules ne communiquaient pas directement entre eux. En 1543, Michel Servet, qui,
à l'instigation de Calvin, fut condamné à être brûlé vif comme « sematteur d’hérésies », avait donné une description assez précise de la petite circulation, c’est-à-dire de la circulation pulmorraire; il avait remarqué qu’en traversant les poumons le
Fig. ‘>GC,
Diagramme de la circulation. — 1. Ventricule gauche du cœur.
— 2 Oreillette droite. — 3. Ventricule droit. — 4. Oreillette gauche. — 5. Veines pulmonaires. — 6. Poumons. — 7. Aorte.
— 8. Cerveau et extrémités supérieures. — 9. Veines caves.
— 10. Rate. — 11. Intestins. — 12. Reins. — 13. Extrémités inférieures. — 14. Foie.
sang veineux se débarrassait de ses fuliginosités et devenait jaune {/tavus), ou rutilant.
Quelques années pins tard, en 1559, Realdus Colombus, bien qu’ignorant les travaux de Servet, arrivait aux mêmes conclusions.
Puis, en 1593, André Césalpin pressentit la circulation générale. 11 reconnut que le sang passe des artères dans les veines par des anastomoses et revient au cœur.
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Mais c’est à Harvey, médecin de Charles 1"’, que revient l’honneur d’avoir découvert la circulation du sang; il la démontra, en 1628, dans son Exercitutio anaiomica de moiu cordis et sanguinis in animalibus.
Cette découverte eut à son début le sort de toutes les vérités nouvelles; elle rencontra beaucoup d’incrédules et même des détracteurs, dont les plus ardents lurent Primerose à Montpellier, Riolan à Paris et Parisanus à Venise.
Mécanisme de la circulation. — La circulation, avons-nous dit, comprend le transport du sang de l'appareil respiratoire dans tous les organes du corps et le retour du sang de ces organes à ce même appareil. Voici par quel mécanisme s’effectue la circulation.
Le sang veineux, affluant de toutes les régions du corps, arrive par les veines caves supérieure et inférieure dans l’oreillette droite du cœur; de là il passe dans le ventricule du cœur correspondant qui le projette ensuite dans les poumons, par l’artère pulmonaire.
En traversant les poumons, le sang se revivifie au contact de l’air et revient au cœur par les veines pulmonaires qui le conduisent dans l’oreillette gauche du cœur, d'où il tombe dans le ventricule correspondant. Les contractions du ventricule gauche poussent alors le liquide sanguin dans l’aorte et de là dans tout le système artériel jusqu’aux capillaires, où il abandonne aux tissus de l’économie ses matériaux nutritifs. Enfin, des capillaires le sang revient au cœur par les veines que nous avons choisies pour point de départ de ce trajet circulaire. C'est donc avec raison que l’on a comparé le cœur à une pompe foulante qui s’alimente elle-même.
La circulation du ventricule droit à l’oreillette gauche à travers les poumons représente la petite circulation; celle du ventricule gauche à l’oreillette droite, à travers tous les organes, est \b. grande circulation : la première préside à l’hématose et la seconde aux phénomènes do nutrition.
D’après les expériences de M. Hering, le sang ne met que trente secondes pour faire un tour complet de la circulation ; par conséquent, en vingt-quatre heures, un globule sanguin parcourt 2,880 fois le double cercle circulatoire, ce qui représente une vitesse de sept lieues à l’heure. La rapidité avec laquelle la circulation s’effectue justifie la dénomination de torrent circulatoire par laquelle on désigne habituellement le cours du sang dans le système vasculaire.
-Vous étudierons successivement la circulation du sang dans les différents segments de l’appareil circulatoire, c’est-à-dire dans le cœur, dans les artères, dans les vaisseaux capillaires et dans les veines; nous dirons ensuite quelques mots du mode de progression de la lymphe.
Circulation dana le cœur. — Les veines caves déversent dans les oreillettes du cœur le sang de toutes les parties du corps. Dès que les cavités sont remplies, leurs parois se contractent et le fluide nourricier passe dans les ventricules à travers les orifices auriculo-ventriculaires. Les cavités ventriculaires se laissent distendre par l’ondée sanguine, puis leurs parois réagissent à leur tour et chas.sent
Circulation artérielle et veineuse. — t. Cœur. — 2. Artère pulmonaire. — 3. Ramifications des artères, veines, bronches dans le poumon. — 4, Crosse de l’aorte. — 5. Veine cave supérieure. — G. Troncs brachio-céphaliques artériel et veineux. — 7. Veine jugulaire droite. — 8. Artère carotide. — 9. Artères et veines faciales. — tO. Artères et veines temporales. — 11. Artères et veines sous-clavières. — 12. Artères et veines axillaires. — 13. Veine céphalique superficielle. — li. Veines superficielles de l’avant-bras. — 15. Artères et veines brachiales, à gauche. — 10. Artères et veines cubitales. — 17. Artères et veines radiales. — 18. Arcade palmaire. — 19. Artère aorte abdominale. — 2Ü. Veine cave inférieure. — 21. Rein, à droite et à gauche. — 22. Artères et veines reinales. — 23. Artère et veine iliaque primitive. — 21. Artère et veine iliaque externe. — 23. Artère, et veine fémorale. — 20. Artère et veine jambière. — 27. Veine saphène interne. — 28, Veines superficielles qui se jettent dans la saphène.
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le sang qu’elles renferment dans les artères pulmonaire et aorte. Les valvules sigmoïdes laissent alors passer librement le sang dans les vaisseaux; mais elles s’abaissent aussitôt après, pour s’opposer à son retour dans les ventricules.
Les oreillettes et les ventricules continuent ainsi à se dilater et à se contracter alternativement jusqu’à la mort. C’est, paraît-il, l’oreillette droite qui se contracte la première.
Circulation dans les artères. — Le mouvement du sang dans les artères se fait du cœur vers les capillaires par le mécanisme suivant : au moment de la contraction des ventricules, le sang est projeté dans les artères pulmonaire et aorte; dès que la systole ventriculaire cesse, les parois de ces artères qui s’étaient laissées distendre par l’ondée sanguine, reviennent sur elles-mêmes, en raison de leur élasticité et poussent le sang vers les capillaires. La pression qu’exercent, après chaque impulsion cardiaque, les parois artérielles sur le sang qu’elles contiennent, a pour effet de rendre la progression de ce liquide continue, tandis qu’elle serait intermittente si les artères étaient des tubes inertes.
Les parois artérielles activent encore par leur contractilité le cours du sang. Cette action, qui apparaît surtout dans les artères de petit calibre, a été démontrée par ce fait que si, sur un animal vivant, l’on ouvre une portion d'artère comprise entre deux ligatures, on voit le sang jaillir et s’écouler jusqu’à la dernière goulte.
Circulation dans les vaisseaux capillaires. — Le
mouvement du sang dans les capillaires est lent et uniforme; il s'effectue suivant une direction déterminée qui va toujours des dernières ramifications artérielles aux premières divisions veineuses.
La force impulsive du cœur, qui est la cause la plus puissante du mouvement du sang dans les capillaires, ne se fait sentir qu’à un faible degré dans ces vaisseaux. C'est pourquoi l’ouverture des capillaires donne lieu à une hémorrhagie en nappes et sans saccades.
Le ralentissement du sang dans les capillaires est dû surtout à la multiplicité de leurs anastomoses et aux frottements considérables qu’opposent leurs parois au fiuide nourricier. De plus, les systèmes artériel et capillaire, considérés dans leur ensemble, représentent un cône, dont le sommet part du cœur et dont la base occupe la périphérie. Le courant sanguin, .se mouvant dans un espace de plus en plus grand, diminue peu à peu de vitesse. Harvey cite à ce propos l'exemple des fleuves dont le cours seinblc se rah'utir à mesure que leur lit s’évase davantage. La comparaison faite par Kuss, du système capillaire avec un lac, est de même justifiée par le rôle de modérateur qu’il remplit à l’égard du tori'ont circulatoire.
Circulation dans les veines. — Le courant sanguin se meut dans les veines en se dirigeant des capillaires vers le cœur. Son mouvement est uniforme comme pour les capillaires, mais il est plus rapide que dans ces derniers, en raison du rétrécissement plus considérable que présente le cône formé par le système veineux à mesure qu’il se rapproche du cœur.
Les contractions du ventricule gauche et l’élasti-
cité des parois artérielles qui reviennent sur ellesmêmes, après avoir été distendues par l’ondée sanguine, sont les principales causes de la progression du sang dans les veines. Comme l’impulsion qui détermine le cours du sang veineux se propage de la périphérie au centre circulatoire, on lui a donné le nom de vis a tergo (force par derrière). L’obstacle que les capillaires opposent à la circulation empêche les mouvements impulsifs du cœur de se faire sentir dans les veines. Aussi le sang s’écoule-t-il d’une veine ouverte par un jet continu, tandis qu’il s’échappe d’une artère par saccades correspondant à la systole ventriculaire*.
Le cours du sang veineux est de plus favorisé par les contractions musculaires ; c’est pourquoi la marche et les exercices prolongés activent la circulation.
Les mouvements respiratoires exercent aussi une influence manifeste sur la progression du sang veineux. En effet, à chaque inspiration les poumons aspirent, en se dilatant, le sang contenu dans le cœur droit, et, par suite, accélèrent le courant sanguin des veines qui s’y rendent. Ce mouvement d’aspiration est surtout sensible dans les veines qui avoisinent le cœur; aussi la nature a-t-elle eu la précaution de faire adhérer leurs parois aux aponévroses qu’elles traversent, pour les empêcher de s’affaisser au moment de l’inspiration. C’est ce que l’on observe à la base du cou pour les veines jugulaires et au niveau du diaphragme pour la veine cave inférieure.
Mais l’adhérence des veines aux membranes fibreuses adjacentes a pour inconvénient de faciliter, lorsque ces vaisseaux sont ouverts pendant une opération, l’entrée de l’air dans le torrent circulatoire ; et le sifflement qui accompagne cet accident est produit par le mouvement d'aspiration dont nous venons de parler.
L’influence qu’exerce la respiration sur le cours du sang veineux est encore démontrée par le gonflement des veines de la tête et du cou pendant une expiration forcée, comme dans le phénomène de l’effort.
De la circulation lymphatique. — Les vaisseaux lymphatiques puisent, dans la trame de nos tissus, les matériaux nutritifs qui ont échappé aux combustions organiques et les déversent dans le système veineux au niveau de la jugulaire et de la sous-clavière du côté gauche.
La progression de la lymphe est favorisée par la capillarité de ces vaisseaux, par la contractilité de leurs tuniques et par la vis a iergo qui résulte de l’absorption continuelle des éléments propres à la circulation par les réseaux lymphatiques.
D'' G. WiTKOWSKI.
CIRCUMDÜCTION. — On donne ce nom au mou- I vement dans lequel un membre décrit un cercle i complet dans une de ses articulations. Ainsi, lors- , que, le bras tendu horizontalement, la main trace j sur un tableau une circonférence, l’articulation | de l’épaule fait un mouvement de circumduction. :
CIRCÜMFDSA. — Ce mot latin qui signifie « les |l