‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 148 sur 238 · DAN · texte numérisé non relu

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min de fer. A quels accidents n’exposerait pas un chauffeur de locomotive qui ne reconnaîtrait pas de loin le disque rouge, signal de l’arrêt instantané du train, un marin qui ne pourrait distinguer les feux de tribord ou de bâbord d'un navire marchant vers lui. On se demande pourquoi les compagnies’n’ont pas depuis longtemps changé la couleur de leurs signaux (vert et rouge) contre bleu et .jaune, et même pourquoi ds ne les ont point remplacés par d’autres, tels qu’une disposition particulière de lumière qui ne pourrait prêter à une fausse interprétation.

Quoiqu’il en soit, tout sujet daltonique ne peut être admis dans les chemins de fer, car il n'est point pour lui d'espérance de retour à la vision colorée normale, attendu qu’on ne connaît aucun moyen de rendre cette faculté perdue ou absente.

D' A Gillet de Gri.\NDMONT.

DAMIANA. — On donne ce nom à une plante herbacée originaire du Mexique et de l’Amérique du Nord dont la tige et les feuilles, douées d’une odeur forte analogue à celles du buchu et d une saveur aromatique agréable, sont employées depuis longtemps par les médecins américains, sous forme d extrait fluide renfermant 75 p. 100 d'alcool, comme aplirodisiaque. Le damiana agit énergiquement sur les organes génitaux des deux sexes, et excite les appétits sexuels; de plus, le damiana est doué de propriétés toniques, stomachiques et diurétiques très manifestes. Mais c’est avant tout un aphrodisiaque sûr. Les quelques expériences auxquelles je me Suis livré avec la petite quantité de damiana que j ai pu me procurer, sont tout à fait contirmatives des faits annoncés par les médecins américains. J'ajoute que l'usage du damiana , à l'encontre du phosphore, surtout de la strychnine et encore plus de la cantharide, peut être continué longtemps sans le moindre inconvénient. u' paul Lababthe.

DANSE. — Pour l’hygiéniste, la dansé est loin d’être uniquement un amusement frivole. Elle est un exercice combiné, qui met en œuvre, dans des mouvements variés et symétriques, un grand nombre de groupes musculaires, simultanément. C’est une sorte de mélangé cadencé et rhythmique de course, de marche et de saut Exercice très ancien et (on peut le dire) universel, la danse a subi, à travers les âges, de nombreuses modifications. Chez les Crées, elle s'accompagnait toujours de gestes, de mimique, qui en faisaient, selon le mot du poète Simonide, « une poésie muette ». Telle qu’elle est chez nos modernes, la danse est un divertissement souvent plein d’agrément et de gaîté et dont la pratique donne au corps la légèreté, la force et la souplesse. En obligeant de baisser. d’e//V;c<^r les épaules, elle fait tenir la tête droite et élargit la poitrine. Ses mouvements finissent par donner aux maniérés une expression d’agilité et de grâce particulières ; la démarche devient vigoureuse et équilibrée, le pas llexib'e et confiant, si l’on peut dire.

La danse proprement dite agit surtout pour développer les muscles de la jambe ; ses variétés, à nuances innombrables, donnent au geste et au pas une vivacité modérée qui n’est point sans charme.

La souplesse des jointures s’acquiert surtout par . ces mouvements articulaires étendus , que nous ^ appelons mouvements de circumduc/ion, et que les , maîtres à danser appellent plus simplement des ^ « ronds de jambe ». ,

La danse est l'exercice féminin par excellence. On j aura beau introduire dans les écoles de filles 1 enseignement delà gymnastique ou celui de l’escrime, la danse restera toujours l’exercice préféré du beau sexe. C’est que cet exercice lui convient naturellement ; et qu’il remédie, le plus agréablement du monde, à l’existence sédentaire où s’étiole la femme, de par notre civilisation peu rationnelle. La jeune fille quittera volontiers son indolente immobilité pour courir à iin exercice qu’elle aime passionnément. La nutrition torpide de son frêle organisme en sera rehaussée, par l'excitation du mouvement circulatoire, stimulant la rénovation moléculaire de tous les tissus. Alors s’atténuera le lymphatisme, apanage habituel de la vierge ; la poitrine se développera sous la double influence de 1 agitation des muscles et du vif mouvement de l’air. Alors naîtra la faim, cette inconnue de la jeune fille. La flaccitidité ronde des chairs disparaîtra pour faire place à une fermeté de bon aloi et à des saillies musculaires sans danger pour l’élégance des formes. Les pâles couleurs ou le rose maladif des joues feront place à une carnation vivante. Les lèvres quitteront .Z leur teinte cire vieille, pour revêtir le ton éclatant à du rouge sang. La chloro-anémie sera en fuite. , La danse serait aussi bien utile àl éducation dans . les collèges du sexe laid. Elle aiderait certainement . à y corriger les attitud^^s et les habitudes vicieuses, j atténuant ainsi les déplorables effets des internats, j Pour combattre la nostalgie (qui n’est qu une des formes de l’ennui), la Convention n'avait-elle pas | ouvert, dans chaque caserne, une école de danse? | Le navigateur Cook ne devait-il pas la santé e.xcep- -, tionnelle de ses matelots, à ces agréables exercices, qui ont, d’ailleurs, à leur actif la cure de bien des ■ mélancoliques et la palliation des plus graves affections nerveuses. . , ,

La danse serait peut-être l’exercice le plus hygie- • nique, s’il avait lieu à l’air libre, au lieu d’être inséparable du méphitisme de l’air confiné des salons et salles de danse ! Ce n’est donc guère que le 14 juillet ( fête pour les droits de l’homme), que ,j l’hygiène a aussi pleinement ses droits en matière de danse. Ne pourrait-on touteiois autori.ser les sauteries en plein air, durant la belle saison? Bien des pays, qui occupent sur la planète une plus inclémente latitude que notre France, possèdent, durant l’été, de nombreux bals, à peine abrités par des tentes contre les intempéries.

La danse est très fatiguante pour les sujets faibles, surtout lorsqu’on s'obstine à vouloir danser avec des talons hauts. Il n’est pas rare de voir des jeunes filles anémiques être prises (après des excès de valse) de syncopes, de vomissements, de maux de tête atroces. Un jour, un cas de ce genre nous en imposait pour une méningite. Chez les gens sanguins, la danse immodérée peut également produire des verliges et des congestions au cerveau.

Mais les réels inconvénients de la danse ne >ésident guère que dans le bal Dans le vers fan^ix .

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