C. Sarran
DEFRESNE (peptone de). — Sans empiéter ici sur l’article consacré au mot peptone (v. ce mot) nous pouvons rapf)eler qu’on donne ce nom à de la viande digérée artificiellement par les ferments digestifs, pepsine ou pancréatine, et rendue assimilable par l’estomac et l'intestin sans nécessiter aucun travail digestif de la part de ces organes.
La peptone de Defresne se distingue des autres peptones, en ce que, au lieu d’être obtenue à l’aide de la pepsine, elle est préparée à l’aide de la pancréatine (v. ce mot) qui depuis 1872 a été de la part de ce savant l'objet d’études constantes, et de la viande de bœuf. Elle est présentée aux médecins et aux malades sous deux formes essentielles qui répondent aux besoins Journaliers: la peptone liqui 'e et le vin de peptone. Ene troisième forme, intermédiaire entre les deux précédentes est Vélixir de peptone.
La /‘eptone liquide de Defresne représente exactement les éléments digestifs et nutritifs de la viande de bœuf. Elle contient par cuillerée à soupe 40 grammes de viande, 40 centigrammes de lactophosphate de chaux organisé et 4 centigrammes de phosphate de fer hématique. Elle se prend à la dose de 1 à 2 cuillerées à soupe, diluée dans l’eau tiède, du bouillon ou du potage. Cette préparation est agréable et savoureuse et rappelle le goût de la viande rôtie.
I.e vm de peptone de D f esne. contient par 80 grammes de vin, 40 grammes de viande, 45 centigrammes de lacto-phosphate de chaux organisé,
4 centigrammes de phosphate de fer hématique. 11 se prend à la dose d’un demi-verre à madère pour les adultes, et d’une cuillère à bouche pour les enfants, à la fin du repas, sa saveur est très agréable.
\f élixir de peptone, d’un goût exquis, contient par chaque cuillerée à bouche 20 grammes de viande , 22 centigrammes de lacto-phosphate de chaux organisé et 2 centigrammes de phosphate de fer hématique, et se prend à la dose de 2 cuillerées à bouche après les repas.
Toutes ces préparations trouvent leur indication chez tous les individus dont la nutrition est incomplète et, plus particulièrement, chez ceux qui sont atteints de maladies de l’estomac et de l’intestin, chez les anémiques, les scrofuleux, les phthisiques, chez les convalescents, les vieillards débiles, les nourrices et enfin les enfants de constitution délicate (V. Pancréatine, Peptone). d' C. Sarran.
DÉGÉNÉRESCENCE. — On désigne sous ce nom les changements subis par un organe ou un tissu dans sa composition ou dans ses propriétés. Ainsi on dit qu’un organe est atteint de dégénérescence graisseuse, tuberculeuse, etc., lorsque les éléments constitutifs de cet organe sont remplacés ou infiltrés par de la graisse, de la matière tuberculeuse, cancéreuse, etc. p. l.
DÉGLUTITION. — On donne ce nom à ce moment de la déglutition pendant lequel le bol alimentaire est porté de la bouche dans l’estomac (V. Digestion). P. L.
DÉGOÛT. — Ce mot signifie répugnance, aversion pour les aliments, et n’est nullement .synonyme à' anorexie ou inoppétem e, deux mots qui désignent sensiblement la perte d'appétit. Le dégoût devient fréquent au début de la plupart des maladies aiguës, principalement des maladies de l’estomac : dyspepsie, gastralgie, gastrite, etc. 11 existe aussi dans la grossesse (V. ces mots). p. l.
DÉGRÂISSéURS. — Hygiène professionnelle. —
(V. Teinturiers.)
DÉJECTIONS. — Ce mot est employé parfois comme synonyme de déféc tion. Lorsqu’on l’emploie au pluriel, il est synonyme do matières fécales, de garde-robes, de fèces (V. ces mots), p. l.
DELABARRE (sirop de). — Ce sirop spécial, aromatique et d’une saveur très agréable, est dû au docteur Delabarre, auteur de numbreux ouvrages de pathologie dentaire et qui fut pendant de longues années dentiste de l’IIôpifai des Enfants et des crèches de Paris. C’est un mellite de safran et de tamarin, qui jouit d'une réputation universelle justement méritée dans le traitement du prurit de la dentition chez les enfants — prurit si douloureux, si agaçant, qui énerve ces petits êtres, leur fait porter constamment les doigts à la bouche ainsi que tous les corps étrangers dont ils peuvent s'emparer, leur arrache des cris furieux et déchirants et entraîne si souvent des accidents graves, tels que
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vomissements, diarrhée, convulsions, etc., qui ébranlent la vitalité générale.
Dans cette préparation, le miel agit comme adoucissant, le safran comme antispasmodique et léger anesthésique, le tamarin comme agent rafraîchissant et même un peu laxatif. Sous son influence, les démangeaisons des gencives sont calmées et anéanties, et l’enfant retrouve le calme pour un temps plus ou moins long.
Le mode d'emploi du sirop de Delabarre est fort simple 11 suffit d’en verser 1 ou 2 gouttes sur le doigt indicateur et d'en frictionner les gencives de l’enfant, matin et soir, plus souvent si cela est nécessaire. Quelques personnes ont proposé de remplacer le doigt par un pinceau. Ces personnes n’ont certainement jamais soigné des enfants à la mamelle, car elles sauraient alors combien il est plus facile de passer rapidement le doigt sur les gencives que de promener un pinceau dans la bouche de ces petits êtres, .\joutons que la prudence veut qu’on ne laisse pas les nourrices faire usage de ce pinceau, car elles peuvent par megarde le laisser tomber dans la bouche de l’enfant qui, dans un mouvement brusque de déglutition, pourrait très bien l’avaler.
Disons en terminant que le sirop de Delabarre peut toujours être employé sans danger, et que môme lorsqu’au lieu d’en frotter les gencives de l’enfant on le lui ferait boire, on n’aura jamais le moindre accident à redouter. D' p.-l. Takride.
DËLETËRE. — Qualificatif donné aux substances, plus [larticuliérenient aux gaz, capables de nuire à la santé. C’est ainsi qu’on dit : gaz délétères, substances délétères. p. l.
DELIQUESCENCE. — On donne ce nom à une propriété qu’ont certains corps solides, la potasse caustique, le chlorure de calcium, etc., d’absorber riuimidité de l’air de façon à s’y dissoudre et à se transformer en liquides. p. l.
DELIRE. — Le délire est un désordre des facultés mentales. Le délire se présente sous deux aspects très ditférents : A. Tantôt il survient d’une façon aiguë, temporaire, dans le cours de maladies graves : cette forme sera seule étudiée ici ; B. Tantôt il existe d’une façon chronique comme symptôme essentiel et pathognomonique de la folie ou aliénation mentale : notre description restera complètement étrangère à cette sorte de délire.
La prédisposition au délire est extrêmement variable: elle est très marquée chez les personnes impressionnables, chez les femmes nerveuses, chez les enfants au-dessus de cinq ans, chez les gens atfaiblis, etc.
De plus, le délire n’étant qu’un symptôme, il est accompagné d’autres manifestations indiquant soit une escilwion, soit une dépréssion cérébrale, soit une névrose.
11 est encore une remarque importante : le coma et les patalusie , étant une cessation plus ou moins complète des fonctions nerveuses, révèlent des altérations profondes, et souvent la désorganisation complète des éléments nerveux ; le délire, au contraire, n’étant qulun simple désordre intel-
lectuel, indique une souffrance des éléments nerveux, mais il apprend en même temps que ces éléments ne sont ni détruits, ni même profondément désorganisés.
Les différences de caractères que présente le délire permettent d’en distinguer deux variétés : 1“ \e délire doux, calme, tranquille (siibdelirium) ; 2° le délire furieux.
t° Délire tranquille. — Ce délire porte à la fois sur les paroles, les gestes et les actions ; le malade marmotte à voix basse quelques paroles incohérentes, souvent une interrogation faite d’un ton résolu suffit pour arrêter ces divagations ; mais parfois on n’obtient qu’une réponse brève, sèche, impolie, d’autres gardent un silence obstiné.
A cela se joignent des gestes et des actes incohérents ; l’un remue sans cesse, fouille ses oreillers, entasse ses couvertures, cherche à saisir des corps qu’il croit voir flotter devant ses yeux, il se lève sans motif, sans but déterminé; voulez- vous l’empêcher d’accomplir ces différents actes, il ne discute pas, n’oppose pas de résistance, mais il recommence presque aussitôt.
Il existe encore des hallucinations de la vue, de l’ou’ie, du toucher (bruits étranges, visions effrayantes, etc.).
2® Dans le délire furieux toutes les fonctions cérébrales sont surexcitées, le visage est rouge, anime les yeux brillants, la physionomie égarée, le malade pousse de> cris d’effroi ou de fureur, il ne reconnaît ni parents, ni amis; se croyant poursuivi, il s’échappe sans vêtements, se précipite par la fenêtre, il cherche à se suicider; veut-on se saisir de lui, ses forces se décuplent, il se livre à d’incroyables efforts pour rompre ses liens; sa sensibilité est abolie, il se meurtrit, se déchire, arrache les pièces de son appareil, sans paraître éprouver la moindre souffrance ; il crache, il expulse l’urine et les fèces. Enfin, épuisé par ces efforts, couvert de sueur, la voix rauque, brisé de fatigue, il s’apaise pour un temps plus ou moins long.
Entre les deux types très tranchés que nous venons de dépeindre , et qui souvent alternent entre eux, se rem ont'ent mille nuances intermédiaires.
Le délire peut cesser brusquennmt, ou bien il se calme peu à peu et fait place à un sommeil rép rateur; à son réveil, le malade est fatigué, courbaturé; si le délire a été violent, il n’en a souvent conservé aucun souvenir, tandis qu’il se rappelle les faits et gestes extravagants occasionnés par un délire léger.
L’agitation nerveuse que présentent les sujets impressionnables atteints d’une fievre ressemble, jusqu’à un certain point, au déliré véritable, mais les malades ont toujours conscience de leurs actes, ils comprennent les questions qu’on leur adresse et y répondent d’une façon raisonnable; d’ailleurs entre cet état d’agitation et le délire il n’y a qu’un pas.
L’aliénation mentale a pour caractère pathognomonique le délire; mais ce désordre mental se distingue de celui que nous étudions ici par les circonstances qui l’accompagnent. En effet, un aliéné est, sauf sous le rapport mental, un homme bien
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portant, tandis que le délire aigu ne s’observe que dans le cours de maladies fébriles, de lésions traumatiques, d’empoisonnements bien déterminés; au surplus, quelques jours d’attente suffiront pour lever tous les doutes.
Le cerveau étant l’instrument qui préside à l’exercice des facultés mentales, le désordre de ces facultés suppose nécessairement un désordre organique ou dynamique du cerveau.
Les circonstances dans lesquelles on observe le délire peuvent se grouper sous quatre chefs :
A. Altérations organiques intéressant le cerveau ou même d’autres organes;
B. Altérations du sang (anémie , pléthore , intoxications) ;