‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 165 sur 238 · DOG · texte numérisé non relu

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Théorie de la distillation. — Rien de plus simple que la théorie de la distillation lorsqu’elle s’exerce sur un seul liquide. Celui-ci, en effet, porté à l’ébullition dégage des vapeurs d'une force élastique égale à celle de l'air atmosphérique; et comme elles sont sans cesse poussées par la formation de nouvelles vapeurs, l’air est bientôt chassé de l’appareil qui ne contient plus que le produit gazeux; il suffit alors de le refroidir pour le condenser en un liquide homogène. L’opération continue tout le temps que dure l’ébullition du liquide.

La chose se complique un peu quand on mélange deux liquides qui entrent en ébullition à des températures inégales; comme par exemple de l’eau bouillant à 100 degrés avec une essence bouillant à 130 degrés. On conçoit bien que le liquide le plus volatil entre en ébullition à son terme ordinaire et distille. Mais ce qu’on ne sait pas à priori que le second à ce degré-là distille également et que la proportion des deux vapeurs se maintienne constamment en rapport avec la tension de chacune d’elles; de telle façon que, la vapeur d’eau se renouvelant sans cesse, la vapeur d’essence se renouvelle dans les mêmes proportions, et si l’eau est en assez grande quantité toute l’essence passe à la distillation, malgré sa volatilité moindre.

La chose se complique encore plus, quand deux liquides qui distillent ensemble ont dr l’affinité l’un pour l’autre, les résultats sont modifiés par cette affinité et varient du plus au moins dans la plupart des distillations. Ainsi par le mélange d’eau et d’alcool les premières liqueurs condensées sont plus spiritueuses que celles qui suivent; par le mélange d’eau et d’acide acétique au contraire, elles le sont moins, mais elles vont en augmentant à mesure que l’opération avance à tel point qu’à la fin elles acquièrent leur maximum d’intensité.

Ceci connu, la distillation est une opération qu’on emploie souvent en pharmacie, en chimie, dans la droguerie et toutes les fois, en un mot, qu’on veut purifier un liquide, le débarrasser des résidus qu’il contient, ou le mélanger à un autre pour en retirer certains principes et en former un produit nouveau. C’est par ce procédé qu’on prépare les eaux distillées, les alcoolats, les essences dont on fait un si fréquent usage. D' Mahc. Cambouuves.

DIURÉTIQUE. — On donne ce nom aux substances médicamenteuses animales, minérales ou végétales qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion de l’urine. Parmi les substances animales, nous citerons le lait ; parmi les substances minérales, nous citerons la lithine,le nitrate de potasse, le chlorate de potasse, le borate de soude, le salicylate de soude, le i’erro-cyanure de potassium ; parmi les substances végétales nous citerons la digitale, la scille, le colchique, la térébenthine, le cubcbe, le kava, le genièvre, la bourrache, le thé, le café, le vin blanc, l’alcool, etc.... (V. ces mots).

DIVULSION. ■— On donne ce nom, en chirurgie urinaire, à une méthode de traitement des rétrécissements de l’urèthre (V. Urèthre). p. i,.

DOCIMASIE. — Médecine légale. — On donne ce nom en médecine légale à l’ensemble des épreuves auxquelles, dans un cas présumé d’infanticide, on soumet les poumons d’un fœtus, pour constater s’il a respiré, et par conséquent s’il est sorti vivant du sein de sa mère, ou bien s’il était mort avant l’accouchement.

11 existe plusieurs méthodes de docimasie : nous allons passer en revue les principales.

A. Docimasie par balance (Méthode de PloucquetJ. — Le poids du poumon augmentant d’une manière notable lorsqu’il a été pénétré par l’air et par le sang, Ploucquet avait eu l’idée, en 1736, de rechercher les rapports qui pouvaient exister entre le poids des poumons et le poids total du corps suivant que l’enfant a ou n’a pas respiré. Se basant sur un petit nombre d’observations, il avait cherché à établir que le poids du poumon d’un enfant mort-né est à celui du corps entier dans la proportion de 1 : 70 et que, lorsque l’enfant a respiré, cette proportion est de 1 : 33. Ces chiffres avaient été acceptés par Fodéré et Mahon, mais les travaux de Devergie, d’Orfila et surtout de Casper ont démontré que cette proportion n’est pas exacte, qu’elle peut varier selon l’àge, le genre de mort, la constitution du sujet, etc., et qu’elle ne pouvait être d’aucune utilité pratique dans les expertises médico-légales relatives à l’infanticide.

B. Docimasie hydrostatique par la méthode de Daniel. — Cette méthode qui n’a jamais été d’un usage général et qui n’est presque plus employée aujourd’hui date de 1780, elle est fondée sur le principe d’Archimède. On détache les poumons, le cœur et le thymus de la cavité thoracique après avoir pratiqué la ligature des gros vaisseaux afin de ne pas laisser perdre de sang et on les pèse à l’aide d’une balance très sensible ayant un crochet adapté à la partie inférieure d’un de ses plateaux. On en sépare le cœur et le thymus et on les pèse de nouveau; on en déduit le poids du cœur et du thymus et on obtient ainsi le poids net des poumons. On suspend alors les poumons seuls au crochetdu plateau de la balance, on les fait plonger dans l’eau et, s’ils immergent, on note sur l’échelle du vase le degré d’élévation du liquide et on met dans l’autre plateau le poids necessaire pour rétablir l’équilibre. Si les poumons surnagent, on les fait immerger en les plaçant dans un petit panier en fil d’argent ; on note également la masse d’eau qu’ils déplacent et les poids nécessaires pour rétablir l’équilibre.

Ces expériences ont pour but de faire apprécier l’augmentation de volume et l’augmentation de poids sous l’influence de la respiration. Ainsi, les poumons qui n’ont pas respiré et qui n’ont qu’un petit volume déplaceront peu d’eau et perdront peu de poids, tandis qu’au contraire, les poumons qui ont respiré et qui ont un volume plus considérable devront déplacer beaucoup d’eau et perdre beaucoup de poids. Exemple i si les poumons non pénétrés d’air pèsent 50 à l’air libre, ils peuvent perdre 13 et il leur reste un poids de 33; si les poumons ont respiré ils peuvent peser 100 à l’air libre, perdre 30 par l’immersion et conserver un poids de 70. Nous avons dit plus haut que le poids du poumon qui a respiré augmentait presque du double.

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