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fants, non pins qu’aux individus dyspeptiques et doués d’un estomac délicat. P. l.
ÉCHARDE. — On donne ce nom à de petits corps aigus, le plus souvent des aiguilles de bois ou des fragments métalliques, introduits accidentellement dans l’épaisseur de la peau, où ils peuvent déterminer des accidents inflammatoires tels que abcès, panaris, etc. La première indication, lorsqu’on a une écharde dans la main, consiste à l’extraire à l’aide d’une pince, d’une pointe de canif ou d’une épingle. Lorsque le corps étranger a été enlevé, on fait un petit pansement émollient. (V. Plaie), p. l
ÉCHARPE. — On donne ce nom en chirurgie à un bandage plein destiné à soutenir l’avant-bras fléchi sur la poitrine. Il est trop connu pour que
nous en donnions la description. Il suffit de regarder fa figure 409 pour comprendre comment on l’applique. L’écharpe s’emploie dans les maladies et les blessures de l’épaule, du bras, du coude, de l’avant-bras et de la main. P. l.
ÉCHAUFFEMENT. — Mot employé vulgairement tantôt comme synonyme de blennorrhagie, tantôt comme synonyme de constipation (V. ces mots).
ECHINOCOQUE. — (V. llydatides.)
Eclairage. — L’éclairage n’est autre chose que l'emploi de la lumière artificielle pour permettre à l'homme d’y voir clair lorsque la lumière solaire lui fait défaut.
Les différentes substances employées maintenant pour l’éclairage artificiel sont le suif, la cire, sous orme de chandelles et de bougies ; les huiles
grasses végétales, huile de colza, d'œillette, de] cAènevis, de noix ; les huiles minérales telles que le pétrole, le schiste, qu’on brûle dans des lampes ; le • gaz et enfin Y électricité.
Passons rapidement en revue ces différents modes d’éclairage, voyons leurs avantages, leurs inconvénients et leur influence sur la santé en général et sur la vue.
1° Suif. — Chandelles. — La chandelle fabriquée avec du suif, mélange de la graisse de tous les animaux, donne en brûlant une flamme continuellement vascillante aussi bien dans le sens horizontal que dans le sens vertical; ces vascillations sont dues à l’agitation de l’air déterminé par l’échauffement et la dilatation des couches immédiatement en contact avec la mèche en ignition, et leur remplacement par des couches d’air froid. De plus, la flamme de la chandelle diminue au fur et à mesure que la mèche s’allonge et que la combustion devient de plus en plus incomplète. Il faut alors recourir aux mouchettes. Ajoutons que la combustion très imparfaite du suif de chandelle donne lieu à un dégagement de vapeurs dans lesquelles il y a des gaz hydrogène et carbonés, des traces d’acide stéarique, oléique et margarique et des huiles empyreumatiques, qui, respirées, irritent les muqueuses des voies aériennes et de la gorge, et déterminent un picotement pénible et de la toux. Ces vapeurs exercent aussi leur action irritante sur la muqueuse lacrymale et produisent souvent du larmoiement. Quant à l’intensité de la lumière d’une chandelle elle n’est pas considérable, si nous prenons pour terme de comparaison une lampe Carcel, et si nous représentons l’intensité de sa lumière par 100, celle de la chandelle sera de 10 seulement.
En somme, la chandelle de suif constitue un procédé d’éclairage défectueux.
2° Cire. — Bougies. — Les bougies que l’on fabrique soit avec la cire des abeilles, soit avec l’acide stéarique, soit avec de la cétine, donnent en brûlant une flamme qui varie beaucoup moins que celle de la chandelle, parce que la mèche se détruisant spontanément et facilement, sans qu’il y ait besoin d’avoir recours aux mouchettes, il s’ensuit que les oscillations de la flamme des bougies sont beaucoup moins fréquentes et beaucoup plus petites que celles de la flamme des chandelles. Déplus, les bougies brûlent complètement en donnant peu de fumée et en répandant des vapeurs beaucoup moindres, ne renfermant que des traces presque insensibles d’huile empyreumatique, et par suite n’irritant pas la gorge et les yeux comme celles des chandelles.
D’après Becquerel l’intensité de la lumière d’une bougie est supérieure à celle d’une chandelle. En prenant toujours comme terme de comparaison une lampe Carcel, dont nous représenterons l’intensité de lumière par 100, Becquerel a trouvé que celle de la bougie de cire d’abeille était de 13,61, celle de la.bougie stéarique de 14,30 et enfin celle de la cétine de 14,40.
La bougie constitue donc un procédé d’éclairage bien supérieur à la chandelle. Seulement si une bougie est suffisante pour les occupations peu prolongées et n’exigeant pas une grande lumière, nous
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sommes d’avis que, lorsqu’on doit passer plusieurs heures à lire, à écrire, à dessiner, à coudre ou à broder, il faut avoir deux bougies allumées et garnies d’un abat-jour qui a le double avantage d’augmenter l’intensité de la lumière et d’empêcher les oscillations de la flamme, si fatigantes pour la vue.
Huiles grasses végétales. — Lampes. — Nous avons dit que les principales huiles végétales employées pour l’éclairage sont : l’huile de colza, l’huile d’œillette, l’huile de chènevis et l’huile de noix. L’huile de colza, bien purifiée et débarrassée des mucilages végétaux qu’elle renferme presque toujours, est la meilleure de toutes. Après elle viennent, par ordre de valeur, l’huile d’œillette extraite de graines contenues dans les capsules du pavot, qui est un peu visqueuse, puis l’huile de chènevis qui est jaune, visqueuse et âcre, et enfin l’huile de noix, plus visqueuse et plus âcre encore, et de beaucoup la moins bonne de toutes.
Quant aux lampes, les plus employées sont sans contredit les lampes Carcel et les lampes à modérateur.
Ces dernières sont des lampes à double courant d’air, dans lesquelles le réservoir d’huile est audessous de la mèche. Un piston, poussé par un ressort à boudin qui comprime l’huile lorsqu’il est au bout de sa course , la fait monter jusqu’à la mèche.
Dans les lampes Carcel, le réservoir est aussi au-dessous de la mèche et l’huile parvient jusqu’à elle, sous l’influence d’un mouvement d’horlogerie. Les lampes Carcel sont incontestablement les meilleures.
Lorsqu’on brûle de l’huile de colza bien épurée dans une bonne lampe Carcel ou dans une bonne lampe modérateur, à mèches circulaires, munies d’un verre formant cheminée d’appel , et qu’on a soin de faire brûler la mèche à blanc, en maintenant le tirage dans des conditions telles que toutes les vapeurs fournies par l’huile soient entièrement brûlées, on obtient une flamme très éclatante, sans la moindre fumée. Lorsqu’on fait usage de la lampe à huile, il faut avoir soin de toujours faire arriver l’huile sur la mèche en quantité suffisante pour que celle-ci ne charbonne pas en brûlant; il faut aussi éviter de trop monter la mèche afin qu’elle ne fume pas , car alors elle dégage des vapeurs d’une odeur particulièrement désagréable et capable, ainsi que l’a plusieurs fois observé le professeur Parrot, de provoquer des accès de suffocation chez les asthmatiques.
L’éclairage à l’huile de colza et à la lampe Carcel dans les conditions que nous venons d’énumérer, est sans contredit, le meilleur éclairage privé qu’on puisse avoir.
Huiles minérales. — Le pétrole est une huile minérale naturelle qui jouit sans doute d’un pouvoir éclairant remarquable et qui a l’avantage d’être peu cher, mais ces deux avantages ne nous semblent pas suffisants pour justifier son emploi dans l'éclairage privé. En effet , le pétrole développe une température très élevée, et laisse échapper des huiles enpyreumatiques d’une odeur absolument insupportable. De plus, il s’enflamme très facilement et détone avec violence. On ne compte plus
le nombre des brûlures quelquefois mortelles qu’il a occasionnées et les incendies parfois considérables qu’il a allumés. Son emmagasinage, son transport, son maniement, offrent des dangers continuels. Pour toutes ces raisons nous ne saurions conseiller l’emploi du pétrole pour l’éclairage.
Gaz. — Le gaz constitue un excellent mode d’éclairage public, adopté dans toutes les villes, dans les édifices publics, les théâtres, etc. Mais nous ne sommes nullement partisan de son emploi dans l’éclairage privé, et surtout dans les pensions et les collèges, où il commence à se généraliser, parce qu’il exerce sur l’homme un certain nombre d’influences spéciales néfastes.
D’après Becquerel, ces influences sont les suivantes :
1° Le séjour continuel dans un lieu où brûle le gaz d’éclairage détermine souvent de la toux, une irritation bronchique, et peut, s’il y a une prédisposition, favoriser le développement de maladies plus graves des poumons, et en particulier des tubercules.
2° Le séjour continuel, la nuit et le jour, dans un magasin, un atelier où brûle du gaz, produit quelquefois l’étiolement des sujets qui y sont exposés. On sait que, par étiolement, on doit entendre l’altération du sang, qui consiste dans la diminution simultanée et progressive de ses trois principaux éléments constitutifs (albumine , globules, fibrine/.
3° La petite quantité d’acide sulfureux, de sels ammoniacaux et de charbon non brûlé qui existe dans l’atmosphère d’un lieu éclairé au gaz, peut déterminer de la toux ; c’est la présence de ces gaz qui est probablement la cause des accidents dont il a été question plus haut ; il en est de même du sulfure de carbone qui peut également s’y trouver.
4° La présence dans l’air d’une petite quantité d’acide sulfhydrique, qui se produit quelquefois dans la combustion du gaz de l’éclairage, peut amener des accidents plus graves et même l’asphyxie.
5“ Enfin, l’asphyxie est la conséquence de l’inspiration du gaz d’éclairage qui remplit une pièce de manière à enlever la quantité d’air atmosphérique et d’oxygène nécessaire pour entretenir la respiration.
Électricité. — Quant à l’électricité, elle a surtout été appliquée jusqu’à ce jour à l’éclairage de la voie publique, des gares de chemin de fer, des grands chantiers et ateliers, de quelques théâtres. On commence à l’appliquer à l’éclairage privé dans les appartements, et le jour n’est pas éloigné, où, après une série de perfectionnements, on parviendra à la rendre peu onéreuse, commode et inoffensive pour la vue. Quant à moi je crois que la lumière électrique est l’éclairage de l’avenir destiné à supplanter tous les autres. D' Padl Labarthe.
ÉCLAMPSIE. — L’éclampsie est une affection nerveuse, caractérisée par des accès convulsifs épileptiformes, qui survient chez la femme enceinte, en travail ou en couches.
L’éclampsie n’est pas une affection très rare. On
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l’observe environ une fois sur 350 accouchements, d’après certains auteurs, ou seulement une fois sur 450 accouchements, d'après d’autres.
On divise les causes de l’éclampsie en causes prédisposantes et causes occasionnelles.
Parmi les causes prédisposantes, la première est sans contredit la primiparité. En effet, les quatre cinquièmes environ des cas d’éclampsie s’adressent à des primipares. On pense que les femmes qui deviennent enceintes pour la première fois sont souvent effrayées de cette nouvelle situation, elles craignent que les choses ne se terminent pas bien, elles se tourmentent d’autant plus que la grossesse approche davantage de son terme final, en un mot, elles vivent dans un état de surexcitation nerveuse qui favorise l’évolution de l’éclampsie. De même, les filles mères, préoccupées du moyen de cacher leur faute, de faire reconnaître l’enfant au père, des difficultés sans nombre que la naissance de cet enfant élève sur leur route, sont plus exposées aux attaques éclamptiques. Ce sont là des raisons morales, mais on pense que la paroi abdominale chez la femme qui n’a jamais eu d’enfants, résiste au développement de l’utérus, ne se laisse pas distendre sans résistance, repousse le globe utérin vers la paroi postérieure de l’abdomen et favorise, en conséquence, la pression que l’utérus gravide exerce sur les vaisseaux qui se rendent aux reins ou qui en viennent. De là, congestion rénale, albuminurie, altération du sang et éclampsie.
Pour les mêmes raisons, les femmes rachitiques, dont la cavité abdominale est diminuée, celles qui ont des grossesses gémellaires ou une hydropisie de l’amnios. En un mot, tout ce qui en augmentant le volume de l’utérus ou diminuant la capacité abdominale, favorisera la compression des vaisseaux des reins, la congestion rénale et l’albuminurie, peut être considéré comme une. des causes de l’éclampsie.
On a dit aussi que les femmes pléthoriques étaient plus exposées à cette maladie que les autres. Je crois au contraire que l’éclampsie s’adresse plus fréquemment aux femmes d’un tempérament lymphatique exagéré.
On peut considérer comme causes occasionnelles ou déterminantes, tous les obstacles à l’accouchement, qui peuvent se présenter, soit du côté de la mère, soit du côté du fœtus, ainsi que les opérations obstétricales manuelles ou instrumentales. J’y ajouterai les émotions morales vives. Rien n’est plus fréquent, en effet, que de voir une jeune femme tomber brusquement à terre, en proie au premier accès convulsif, ayant été subitement effrayée d’un bruit inattendu, un coup de fusil, le bris d’un vase, d’une glace, ou violemment émue d’une triste nouvelle, comme la mort d’un père, d’un enfant, l’abandon de son amant, la perte de sa fortune, etc.
En général, l’éclampsie . est annoncée par des symptômes précurseurs qui peuvent se montrer plus ou moins longtemps à l’avance. Même dans la plupart des cas où l’accès éclamptique vient vous surprendre inopinément on peut, en interrogeant les personnes qui entourent la malade, ou elle-même, quand elle reprend connaissance, après
le premier accès, apprendre que certains des prodromes dont nous allons parler, ont existé chez elle, mais qu’on n’y a pas pris garde.
Le plus ordinairement les convulsions sont précédées d’une céphalalgie violente partielle ou générale, d’une vive douleur épigastrique accompagnée souvent de nausées et de vomissements, de troubles dans la vue plus ou moins intenses, se traduisant quelquefois par un simple affaiblissement de la vision, parla perception de bluettes, d’étincelles, et d’autres fois par une cécité amaurotique brusque et complète. L’ou'ie est moins nette, le toucher moins délicat, la parole embarrassée, la langue épaisse. Mais les deux symptômes sur lesquels toute l’attention de l’accoucheur doit se porter, sont : l’œdème qui siège d’abord aux jambes, puis s’exagère au point de gagner, en quelque sorte, tout le tissu cellulaire sous-cutané, si bien que le visage semble épaissi, les paupières boursoufffées ; en second lieu, la présence de l’albumine dans les urines de la malade.
Que l’accès éclamptique survienne brusquement ou qu’il soit précédé de quelques uns des prodromes que nous venons d’étudier, on peut le diviser en quatre périodes ;
1“ Période d’invasion; 2“ période de convulsions toniques; 3° période de convulsions cloniques; 4“ période de coma.
1° Le malade ne pousse aucun cri. 11 survient dans les membres, et surtout dans les bras, des secousses convulsives qui sont séparées par des repos. Les paupières supérieures sont agitées par des frémissements choréiques qui sont suivis de calme. Les yeux se dirigent à gauche et en haut, puis à droite et en bas, avec une extrême lenteur et cela plusieurs fois de suite. Les avant-bras sont fléchis à angle droit sur les bras qui se tournent en pronation forcée. Les poings se ferment et emprisonnent les pouces.
2° Alors la face pâlit, la respiration devient courte, bruyante et saccadée. La face située sur la ligne médiane du corps est entraînée par des convulsions toniques et saccadées vers le côté gauche. La bouche est entr’ouverte, les mâchoires sont écartées, il y a un léger tremblement dans la langue. Les yeux se portent et restent dirigés à gauche et en haut; ils sont en partie recouverts par les paupières supérieures. Les convulsions toniques retentissent en même temps dans les membres supérieurs et inférieurs.
3“ C’est la période la plus effrayante de l’accès éclamptique. La face qui était dirigée à gauche revient vers la ligne médiane, la tête s’agite par un mouvement de balancement de droite à gauche. Les mâchoires se rapprochent avec force et saisissent la langue, soit sur ses côtés, soit à la pointe ou mordent la face interne des joues. De même que les convulsions toniques, les convulsions cloniques se manifestent brusquement et simultanément dans les différentes parties du corps. Les paupières sont agitées par un clignotement régulier extrêmement rapide, les yeux roulent et présentent, par moment, du strabisme.
11 y a des convulsions cloniques du muscle orbiculaire des lèvres. La malade semble marmotter
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C’est dans cette période que la face prend quelquefois l’expression de la figure du satyre.
La langue convulsée cloniquement chasse à travers l’interstice des dents incisives une salive écumeuse mêlée de sang, provenant des lésions produites par les morsures, les artères carotides et temporales battent avec violence. La respiration est suspendue et l’air contenu dans la cavité buccale semble barboter avec l’épaisse salive qui y est contenue. La lace se congestionne, se bouffit et vers la fin de cette période elle devient pâle, puis bleuâtre et livide; les lèvres deviennent violettes.
La cyanose annonce la terminaison des convulsions. Les convulsions cloniques se répètent deux, trois, quatre fois et même plus par seconde, elles sont plus rapides au début qu’à la fin de cette période, dont la durée est d’un quart de minute à une minute environ. Si cette période se prolongeait, la mort de la femme en serait la conséquence.
4» La malade fait de grands efforts d’inspiration. La respiration commence à se rétablir, l’expiration s’accompagne d’un violent stertor. Pendant cette expiration il y a rejet d’écume sanguinolente. Les paupières ne battent plus, elles sont à ^demi baissées, les yeux restent fixes, la résolution est complète.
Cette période est souvent très courte après le premier accès et la malade reprend assez rapidement connaissance, mais à mesure que les accès se répètent le coma augmente au point d’occuper tout l’intervalle qui sépare les accès entre eux.
Le nombre des accès est très variable. Rarement on n’en observe qu’un seul. En général, ils sont peu nombreux quand l’éclampsie débute après 1 accouchement, mais si au contraire la maladie survient pendant la grossesse ou pendant le travail, il n’est pas rare de compter 10, 20, 30, ou 150 accès comme j’ai pu le voir une fois.
La durée de l’accès proprement dit, c’est-à-dire limité aux trois premières périodes, dépasse rarement 2, 3 ou 4 minutes.
L’éclampsie puerpérale peut se terminer de trois manières ‘ 1° par le retour à la santé ; 2° par la mort ; 3» par une autre maladie.
1” Dans le premier cas les accès s’éloignent de plus en plus, leur durée diminue, le coma se dissipe. La malade semble sortir d’un long rêve, la mémoire manque sur certains points. Certaines femmes ont oublié leur nom, d’autres leur adresse, d’autres même leur situation. J ai connu une jeune femme qui pendant plusieurs années ne s’est plus rappelé avoir été enceinte. L enfant était ne mort pendant les accès éclamptiques.
2” La mort peut arriver pendant les accès surtout s’ils sont nombreux, mais plus souvent elle survient pendant le coma.
3” L’éclampsie prédispose à toutes les affections qui atteignent les femmes en couches; et plus particulièrement la fièvre puerpérale, la manie puerpérale, la phlegmasie alba dolens, etc.
Il est difficile de confondre l’éclampsie avec toute autre affection convulsive, sauf peut-être l’hystérie et l’épilepsie. Mais les accès hsytériques diffèrent essentiellement des accès éclamptiques (V. Hysiérie), et quant à l’épilepsie, il ne faut pas oublier
le cri initial qui fait rarement défaut, ensuite les accès se succèdent moins rapidement que dans l’éclampsie, en outre on n’observe pas d’albumine dans les urines, ce qui est la règle chez les éclamptiques.
Quant au pronostic, il est grave pour la mère et pour l’enfant. D’après certains auteurs il meurt une éclamptique sur deux, d’après d’autres il n’en succombe qu’une sur cinq.
Quant aux enfants, si la maladie survient avant le début du travail, la mort du fœtus est la règle. La mortalité pour les enfants, chez les femmes éclamptiques est d’environ cinq sur huit.
Le traitement de l’éclampsie se divise en : 1° traitement préventif; 2" traitement paliatif; 3“ traitement curatif.
1° Quand une femme enceinte présente les prodromes que nous avons étudiés plus haut, et surtout l’œdème et l’albuminurie, il ne faut pas hésiter à pratiquer une abondante saignée et à mettre la malade au régime lacté. Si au bout de quelques jours ou même de quelques heures, la céphalalgie intense n’a pas cessé à la première saignée, on en pratiquera une seconde et l’on administrera un lavement purgatif ; le régime lacté, de légers laxatifs seront ensuite prescrits et l’on surveillera la malade avec la plus grande attention pour intervenir à la moindre apparence d’accès convulsif.
2“ Quand l’accès convulsif débute brusquement on devra d’abord faire en sorte que la malade ne se morde pas la langue pendant la période de convulsions cloniques. Pour cela avec une compresse pliée en plusieurs doubles on repoussera la langue dans la cavité buccale.
On pratiquera le toucher pour savoir si le travail est commencé, quelle est la partie que l’enfant présente et si le bassin est bien conformé.
On examinera les urines et l’on pratiquera une saignée du bras d’environ 500 grammes.
Pendant le coma des compresses froides sur le front, des sangsues derrière les oreilles et un lavement purgatif, ont donné souvent de bons résultats. Si l’on peut faire avaler quelque chose à la malade on pourra tenter une révulsion sur l’intestin avec un mélange de calomel et de jalap donné d’heure en heure.
Contre les accès on emploie souvent des lavements avec l’hydrate de chloral à la dose de 4 à 5 grammes dans 125 grammes d’eau. En outre, on peut faire respirer du chloroforme chaque fois que l’agitation de la malade annonce l’apparition d’un nouvel accès.
Cette médication compte un certain nombre de succès.
3° Enfin il est bon de surveiller le travail et sans chercher à accélérer la dilatation de l’orifice par des applications d’éponge préparée ou de tout autre procédé analogue, on se tiendra prêt à terminer l’accouchement par le 'forceps ou la version,. selon la présentation fœtale, sitôt que l’orifice utérin sera suffisamment dilaté pour cela. D' ant. de soyre.
ÉCLECTISME. — On donne ce nom en médecine, à une méthode qui consiste à prendre, parmi les systèmes et les opinions déjà émises sur une question
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donnée, ce que l’on croit bon, au lieu de soutenir un de ces systèmes ou une de ces opinions d’une maniéré absolue dans son entier. P. i
ÉCLISSE. — (V. Attelles.)
ÉCOLES. — Hygiène pubUque et privée. — Dans une circulaire du 15 juin 1876, relative à l’amélioration e nos etablissements scolaires, et rappelée par M. Bardoux, ministre de l'instruction publique, dans une plus recente, du 16 août 1878, nous lisons ce qui suit : a 11 faut que les locaux scolaires présenten par leur étendue et leur disposition intelligente, toutes les garanties désirables de commodité et de bonne hygiène; il faut surtout que l’air et la lumière pénètrent abondamment dans les salles de c asse. Ae 1 oublions pas, il faut rendre le séjour de 1 eco e attrayant pour l’élève, et donner au père de tamille cette conviction que la santé de son enfant ne peut pas être compromise par la fréquentation ne nos etablissements scolaires. »
Examinons les principes qui permettent de réaiser les conditions de ce programme, et pour cela, e udions les éléments essentiels sur lesquels repose hygiene de ces établissements. ,
« Tous ces édifices, dit Michel Lévy, dans son iraite dhygüne publique et privée, t. II, p. 511, oivent réunir, au plus haut degré, les avantages une bonne exposition, de l’isolement sur des poin s elevés, de 1 abondance d’eaux salubres, d'un cftauflage convenable en hiver, d’une ventilation reguhere dans les salles de classes et d’études, dans es ortoirs, de la propreté des latrines, qui laissent dn a desirer dans la plupart de ces établissements, etc., etc. Que la lumière solaire, dont l’iniluence sur le développement du corps est si proon e, pénétré facilement dans toutes les parties des atiments, qu’une température douce, égale, y régné pendant la saison froide, dont on connaît les enets meurtriers sur les enfants en bas âge. Des c ortoirs spacieux, des salles d’études accessibles à air et au soleil, des cours et des jardins pour les jeux, les promenades et les exercices gymnastiques, des bains et des soins exacts de propreté, un somnieil suffisant, une surveillance nocturne qui prévienne les écarts d'une funeste précocité ; une nourriture abondante, saine, variée et préparée avec une propreté sévère, un temps de récréation après les repas; une juste pondération des travaux intellectuels et des exercices propres à développer la force physique ; un mobilier scolaire bien étudié et convenablement choisi, la séparation en quartiers et en cours de récréation distinctes suivant les âges et les intelligences, la visite journalière d’un médecin qui soumet les élèves à une exploration particulière à leur entrée à la maison, qui les suit dans les phases de leur évolution et qui fait fléchir la règle commune suivant les indications de leur santé ; une infirmerie isolée où toutes les sollicitudes de la famille entourent le jeune malade, mais dans laquelle il ne faut pas créer par l’accumulation des maladies un foyer d’infection, le soin de renvoyer sous le toit domestique tous ceux dont l’état peut donner lieu à des craintes de propagation morbide ou réclamer des soins tout particuliers :
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telles sont les vraies règles de l’hygiène de ces établissemenls. «
Causes d’insalubrité. — Mais tous ces établissements sont loin de répondre aux conditions théoriques que nous venons d’indiquer, et présentent, en général, de nombreuses causes d’insalubrité.
Si les membres des Conseils d’hygiène ne peuvent exercer qu’une action secondaire sur l’administration intérieure, l’alimentation, les soins médicaux ou moraux, régis du reste par des règlements spéciaux, ils doivent signaler et donner les moyens de faire disparaître les causes d’insalubrité suivantes, que l’on rencontre dans beaucoup de ces établissements :
1° Causes d'insalubrité extérieures inhérentes aux quartiers, aux emplacements occupés, au voisinage des bâtiments interceptant la lumière et l’air, à la proximité soit d’usines ou de fabriques répandant des émanations nuisibles, soit d’hôpitaux;
2° Causes d’insal;.brité intérieures, telles que l’insuffisante capacité des salles et par suite le manque d’air respirable, un éclairage défectueux, des moyens de chauffage imparfaits, l’humidité, le méphitisme des latrines, les amas d’eaux pluviales et ménagères, l’absence de moyens d’approvisionnement d’eau pour l’entretien de la propreté, le manque de préaux couverts pour la récréation des enfants, un mobilier scolaire défectueux, etc., etc.
Moyen de les faire disparaître. — Les moyens propres à faire disparaître ces causes d’insalubrité se déduisent naturellement des règles générales d’hygiène que nous avons déjà indiquées, et des règles particulières tracées par les savants qui se sont occupés de l’hygiène scolaire, et que nous allons essayer de résumer.
l» Emplacement. — Choisir un terrain sec ou rendu sec, situé aux extrémités de la ville, sur une partie plutôt élevée que déclive ; fuir le voisinage (au moins à 500 mètres) d’un hôpital, d’une caserne, d’une grande usine, d’un marché public, d’un cours d’eau peu profond et sujet à rester demi-sec en été, de prairies marécageuses et de tout établissement bruyant; s’isoler le plus possible de toute habitation, et disposer les bâtiments et les cours, de façon que les voisins ne puissent pas avoir des jours sur l’établissement; réserver une partie de l’espace pour des jardins et des cours ; y planter beaucoup d’arbres, y ménager un accès facile.
2® Orientation. — Préférer l’exposition sud-est et nord-ouest qui, dans nos climats, permet l’accès du soleil le matin et le soir. Cependant, on n’oubliera pas que telle exposition favorable en apparence, et même en principe, peut, suivant la localité, être mal choisie ; si par exemple elle place le bâtiment et ses ouvertures sous le vent dominant, sous un vent chargé de pluie, d’humidité, d’effluves et de principes nuisibles.
3® Disposition des batiments. — a. Proportionner l’étendue des bâtiments à l’effectif de la population qu’ils doivent loger, n’avoir qu’un premier étage surmonté de greniers, installer les classes au rezde-chaussée élevé de plusieurs marches au-dessus du niveau du sol ; au-dessus des classes, les salles d’études, les dortoirs, les vestiaires ; dans une autre
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partie, au rez-de-chaussée, les cuisines et leurs dépendances, les salles de jeux et d’exercices, la gymnastique ; et au-dessus, les appartements des fonctionnaires et employés, les salles de physique, de chimie, de dessin , et le laboratoire de chimie, quand il ne trouvera pas sa place au rezde-chaussée. — Dans un pavillon isolé, au rez-dechaussée, les salles de bains et de bains de pied, au premier étage, l’infirmerie et la lingerie. — Dans un autre pavillon et à l’entrée de l’établissement, la loge du concierge, le vestiaire des professeurs, le parloir, les bureaux de l’administration. Au-dessus le vestiaire général et la brosserie. — Ne pas oublier de pratiquer des caves qui assainissent tous les lo'iaux du rez-de-chaussée et qui permettent l’installation d’un calorifère général à air chaud. (Vernois).
p. Observer avec soin toutes les règles de propreté et d’hygiène conseillées pour la salubrité des habitations. “
y. D’après une circulaire ministérielle du 30 juillet 1858, l’aire d’une classe doit présenter, par élève, une superficie du 1 mètre carré et une hauteur de 4 mètres ; soit 4 mètres cubes par élève. Observons toutefois, que cette proportion est beaucoup trop faible, et que d’après les calculs du général Morin, elle doit être de 12 à 13 mètres cubes pour lés écoles d’enfants et de 25 à 30 mètres cubes pour les écoles d’adultes, par heure.
8. Les dortoirs doivent avoir une aération constante en dehors de la présence des élèves, et un cubage d’air au minimum de 20 mètres par élève (Vernois).
4“ Éclairage naturel. — Les salles d’études et de classes doivent être éclairées d’un seul côté et par le côté gauche (D'' Daily, D" Guillaume, D"' Liebreich, Em. Trélat).
Si on accepte l’éclairage bilatéral, à droite et à gauche, préféré par le D‘'Gariel, il faut mitiger par des rideaux l’effet trop éblouissant des rayons de lumière.
Ne jamais les éclairer par devant ou par derrière.
Éclairage artificiel. — Se fait à l’aide du gaz et des huiles végétales.
Toutes les fois que la chose sera possible, il faudra se servir du gaz, qui a l’avantage de la propreté et de la célérité. Voici, dans ce cas, les précautions à prendre dans les études et les classes : laisser toujours un vasistas ouvert; placer les réflecteurs à l'“,50 ou 1“,20 de la tête des élèves. Se servir de verres neutralisants (verres colorés au noir de fumée ou verres bleus) ; mettre à l’entour de la flamme un contre-abat-jour, de manière à ce que les rayons qui arrivent sur le papier des élèves ne soient que des rayons de deuxième réflexion ; combattre la vacillation de la flamme en plaçant immédiatement après le compteur un régulateur (système Clegg) ; se servir de l’abat-jour Dalloz (en usage dans les ateliers du Moniteur universel à Paris, 13, quai Voltaire) ; s’assurer de la parfaite épuration du gaz ; observer dans la disposition des conduits et des compteurs les prescriptions imposées par les règlements civils (Vernois).
5® Ventilation. — On ne saurait installer dans ces établissements des systèmes de ventilation ana-
logues à ceux qu’une nécessité bien plus impérieuse impose aux casernes ou aux hôpitaux. Il ne s’agit que d’assurer dans les locaux où sont réunis les élèves, soit le jour, soit la nuit, une aération vive et suffisante, en rapport avec la destination spéciale de la pièce (dortoir , réfectoire, infirmerie, classe, étude). La meilleure méthode et la plus efficace, est celle qui repose sur une ventilation produite par des ouvertures opposées, et dont l’action, en l’absence des enfants, peut être prolongée pendant un grand nombre d’heures. Toutes les fois que l’aération ne peut se faire par deux côtés opposés, il faut la favoriser en pratiquant des ouvertures multipliées et d’un diamètre convenable, de distance en distance, dans les murs des deux côtés les plus longs de la classe, disposées les unes un peu audessus du niveau du plancher, d’un côté, les autres au ras du plafond, de l’autre côté , ou à la partie supérieure d’une fenêtre munie d’un grillage mécanique. Chaque ouverture doit pouvoir se fermer à volonté. Celles d’en bas donneront entrée à l’air pur, plus froid; celles d’en haut, issue à l’air vicié qui, par sa température plus élevée, tend toujours à monter vers le plafond.
6° Chauffage. — Employer, suivant les cas et les établissements, poêle à circulation d’eau chaude et à air libre ; calorifère à prise d’air extérieure et à double enveloppe (système Leras et Péclet); appareil Geneste ou thermo-conservateur; calorifères à air, chaud; poêles en faïence. La température, qui sera constatée par un thermomètre, ne doit pas être moindre de 12° ni dépasser 16°.
7° Mobilier scolaire. — Les bancs et les tables doivent varier d’après la taille de chaque élève. C’est là une question capitale admise par tous les hygiénistes, qui attribuent à la mauvaise installation des tables et des bancs, les déviations de la colonne vertébrale que l’on remarque chez tant d’enfants.
En général, les bancs sont trop élevés. — Pour que l’enfant soit bien assis, il faut que ses pieds reposent sur le plancher, sur une traverse ou sur un petit banc, et que ses jambes soient pliées à angle droit. « C’est pourquoi il importe, dit le D" Du Mesnil, de calculer la hauteur du banc de telle sorte que le genou étant plié à angle droit et le tibia posé verticalement, le pied puisse appuyer de toute la plante sur le plancher, ce qui est réalisable, quand la hauteur du banc est égale à la hauteur du tibia depuis le talon jusqu’au creux poplité. »
Il faut laisser entre les tables et les bancs une distance très faible, car sans cela les enfants sont obligés de s’asseoir sur le bord du banc, de se coucher pour ainsi dire sur la table, d’où des dangers pour la vue, les organes de la poitrine et la colonne vertébrale (D' Falk, D' Erisman, D"" Riant).
Il faut munir les bancs d'un dossier suffisant, pour prévenir la fatigue en soutenant les reins. C’est une réforme demandée aujourd’hui par tous les hygiénistes, et qu’il serait bon d’introduire dans toutes les écoles.
Il faut veiller à la hauteur des tables. Cette hauteur des tables devrait être telle que, lorsque les élèves sont commodément assis sur les bancs, le bord de la table arrive à la hauteur du creux de
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l'estomac. Dans ce cas là, le coude et l’avant-bras reposent naturellement sur l’inclinaison de la table. Le bras descend librement à côté du tronc, et forme avec l’avant-bras un angle droit. C’est dans cette position que les mouvements de l’avantbras peuvent s’exécuter en toute liberté, qu’ils exigent le moins d’efforts et par conséquent fatiguent le moins (D"^ Guillaume).
On a proposé de nombreux types de mobiliers scolaires, que nous n’avons pas à indiquer ici; nous citerons cependant les modèles du D' Guillaume, dits de Neufchâtel ; ceux de M. Gréard, directeur de l’enseignement primaire de la Seine, qui nous paraissent, quant à présent, devoir être préférés, surtout pour les écoles rurales.
8“ Skkvice des eaux. — Choisir une eau potable, surveiller la nature des conduites, et des réservoirs et employer pour ces conduites, des tuyaux de plomb doublés d’étain.
9® Lieux d’aisances. — Les lieux d’aisances sont défectueux dans la plupart des établissements, et présentent de nombreuses causes d’infection et de malpropreté.
Les causes d’infection sont dues ; 1® à la communication directe (avec ou sans appareils obturateurs) du conduit de la fosse avec les égouts de la ville, des puisards ou puits perdus ; 2® au trou de chute sans obturateur et fosse sans tuyau d’aération ; 3° aux fosses très grandes et vidées très rarement; 4® au défaut de ventilation des cabinets ; G® aux cabinets placés dans un enfoncement, où il y a stagnation obligée de l’air infect ; 7® aux parois souillées chroniquement de matières et d’urines décomposées ; 8® à l’absence de tout moyen de désinfection.
Les causes de malpropreté tiennent : 1® aux cabinets trop vastes, permettant à l’élève de se poser à droite et à gauche ; 2° au trou de chute situé à la hase du mur et obligeant l’élève à se placer trop en avant ; 3® à la pente défectueuse du sol pour l’écoulement des urines ; 4® au mauvais état du sol et à la stagnation des urines; 5® à l’absence d’urinoirs spéciaux ; 6® à la disposition vicieuse des portes.
La question des latrines scolaires présente un grand intérêt. Aussi, à la suite d un rapport présenté par M. le D" Perrin, sur l’urgence d’une réforme à introduire dans les latrines scolaires, sous le rapport de l'hygiène physique et morale de l’enfance, la Société de médecine publique a décidé, après avoir pris l’avis d’une commission prise dans son sein, et dont M. le D' Riant était rapporteur, d'adopter les conclusions suivantes :
A. Mesures d'une application immédiafe et générale. — 1® Suppression des fosses permanentes, remplacées par des réservoirs mobiles enlevés très fréquemment.
2® Installation (dans les écoles de garçons) d’urinoirs séparés, à raison de 3 au moins pour 100 enfants, avec sol incliné vers le trou de chute et pourvu d’une rigole, avec des parois recouvertes d'ardoise ou de faïence, pour en faciliter le fréquent lavage et en assurer l’exacte proprété.
3“ Installation de cabinets d’aisances (3 au minimum pour 100 élèves) présentant les dispositions suivantes :
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a. Sol des cabinets surélevé de 10 centimètres sur le sol de la cour.
b. Portes s’ouvrant de dedans en dehors.
c. Portes des cabinets élevées à 10 centimètres du sol, pleines jusqu’à 1“,60, à claire-voie au-dessus, pour faciliter la ventilation.
d. Distance entre la porte et la partie antérieure du siège, 55 centimètres.
e. Angles partout arrondis, pas de coins.
/. Cabinets recouverts, sinon dans toute leur étendue, au moins à 1 mètre de hauteur, de peinture à l’huile au blanc de zinc, de peinture émaillée au silicate de zinc, ou revêtus de fa'i'ence ou de ciment, afin de permettre de fréquents lavages et de ne conserver la trace d’aucune malpropreté.
g. Ventilation active.
h. Suppression absolue des ouvertures dites à la turque.
i. Adoption d’un siège en bois pouvant être lavé ou ciré, sur lequel les enfants s’asseoient, mais ne montent jamais, condition indispensable pour la propreté. Ce siège doit être muni d’une tablette placée à 30 centimètres au plus, au-dessus du sol, ayant une forme ovale à grand diamètre antéropostérieur, pour éviter que la tablette puisse être mouilléepar l’urine. (Entre le bord antérieur de la tablette et la lunette, il ne doit jamais y avoir plus de 5 à 6 centimètres.)
4® Adoption du système moule ou carth-closet, partout où le water-closet est impraticable. (Dans le système moule, la terre projetée au moyen d’un appareil automoteur adapté au siège , enveloppe les matières, supprime les émanations, et ne détruit pas, comme beaucoup de désinfectants, la valeur de l’engrais.)
5® Nécessité dans chaque école ou lycée, et pour tout le temps de la présence des enfants, d’un surveillant spécial préposé à la tenue des cabinets d’aisances.
B. Dispositions à établir partout où il sera possible, et au fur et à mesure que les conditions d'hygiène générale le permettront.
1® Application du système diviseur;
2“ Cuvettes en fa'i'ence ou en fonte émaillée, à parois verticales, applicables à tous les sièges ;
3® Appareils automoteurs hermétiques ;
4“ Adoption d’un siphon, d’un tuyau de chute.
Tel est le programme adopté par la Société de médecine publique, et qui présente une réforme d’hygiène qui ne doit plus être ajournée.
f0° Cours. — Elles doivent recevoir largement l’air et le soleil.
Leur sol doit être sec, et non recouvert de gros graviers.
Par conséquent, il laut fuir les cours encaissées et humides. Contre l’encaissement, il y a souvent des obstacles insurmontables. Contre l’humidité, on peut toujours pratiquer le drainage et rendre facile l’écoulement des eaux.
Elles devront toujours avoir des préaux couverts (Vemois).
Instruction sur les premiers symptômes des maladies contagieuses qui peuvent atteindre les enfants de deux à quatorze ans admis dans les salles d’asile et les écoles. — 11 nous semble im-
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portant de rappeler l’instruction , rédigée par le D' Delpech, et approuvée par le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, dans sa séance du 22 août 1879, dans laquelle sont énumérées les diverses maladies contagieuses, et exposés les premiers symptômes, avec une précision assez grande pour que les instituteurs puissent les reconnaître dès l’abord.
Il n’est point sans difficulté d’exposer les premiers caractères des maladies contagieuses qui peuvent atteindre les enfants reçus dans les salles d’asiles et les écoles primaires, avec une précision assez grande pour que les instituteurs puissent les reconnaître dès l’abord. Ces affections ne revetent point toujours, en effet, dès leur origine, et à une époque où elles peuvent cependant se transmettre, des caractères tranchés, même pour le médecin le plus instruit et le plus expérimenté. 11 est par suite absolument impossible de les rendre, par une courte description, facilement reconnaissables pour des personnes très éclairées et très intelligentes, sans doute, mais peu familarisées avec l’observation médicale. Mais la plupart d’entre ces maladies et celles en particulier dont il est le plus nécessaire de préserver les enfants, en raison de la rapidité de leur marche et de leur puissance de diffusion, présentent heureusement, à leur début, des caractères communs qui, à défaut d’un diagnostic précis, permettront, ce qui est important surtout, de faire reconnaître 1 opportunité de l’isolement des enfants qui en sont atteints.
Les maladies contagieuses peuvent, en effet, être rangées en deux classes : celles qui s’accompagnent de fièvre, et celles dans lesquelles la série des symptômes qui constituent la fièvre n’existe point.
Or, les maladies éruptives, qui tiennent, comme fréquence et comme gravité, le premier rang parmi les maladies contagieuses propres à l’enfance, sont des maladies fébriles ; on aura donc rempli, pour la plus grande part, le but de préservation qui est l’objet de cette note, en éloignant de la classe ou de la salle d’asile, et en maintenant chez ses parents, tout enfant atteint de fièvre.
Cette mesure, prise d’une manière générale et dans les cas même où il ne s’agirait point d’une affection démontrée contagieuse par la suite des faits, n’a aucun inconvénient. L enfant fébricitant est peu apte au travail, il ne profiterait point de sa présence ù la classe, et, de plus, la fièvre, quelle que soit sa cause, exige, avant tout, du repos, une température modérée et constante, et un régime spécial. Elle ne peut que s’aggraver par la fatigue qui résulterait des allées et venues de l’enfant, exposé de plus aux intempéries des saisons.
Tout enfant, atteint de fièvre, sera donc éloigné de ses condisciples, et avec plus de soin que jamais, dans les moments où régnent les fièvres éruptives. La fièvre dont il est frappé est-elle éphémère, dépend-elle d’une indisposition sans gravité, l’enfant reviendra promptement ù l’école ; est-elle le premier symptôme d’une maladie sérieuse et dutable, on 1 aura placé dans les circonstances les plus favorables à sa guérison ; est-elle enfin contagieuse, on en aura préservé les autres enfants en lui étant utile à lui-même.
L’existence de la fièvre chez les enfants quTls dirigent doit donc être, pour les instituteurs, les institutrices et les directrices, l’objet d’une recherche attentive, lorsqu’ils se plaignent d’une indisposition.
Or, s’il est parfois difficile de constater certains caractères de la fièvre, son existence même est, en général, facilement reconnue par des personnes même étrangères ù la médecine.
L’augmentation de la température du corps, 1 accélération du pouls en sont les principaux caractères.
L’augmentation de la chaleur se perçoit par 1 application de la main sur la peau du malade, et en particulier sur celle de la poitrine, de l’aisselle et souvent de la face et du front. L’accélération du pouls ne peut se constater exactement qu’au moyen de la montre; mais il est possible, avec un peu d’habitude, de se rendre compte d’une manière approximative de sa fréquence plus grande et de sa dureté plus prononcée.
A ces deux signes de la fièvre, il faut joindre les frissons ou la sueur, la soif plus vive, le manque d’appétit, la langue plus ou moins blanche, ou rouge, ou sèche, la coloration du visage, l’éclat exagéré ou l’alanguissement des yeux, le malaise général, la fatigue, la courbature, le mal de tête, l’abattement intellectuel ou l’excitation et le délire. Ces caractères, ou plusieurs d’entre eux, diversement groupés et d’une intensité variable, ne laisseront cependant en général aucun doute sur la présence d’un état fébrile.
L’enfant renvoyé dans sa famille ou qui y aura été retenu malade pendant plus d’nne semaine par la volonté de ses parents devra, pour rentrer eu classe, présenter une autorisation signée par le médecin-inspecteur.
Tout importantes qu’elles soient, les considérations qui précèdent resteraient insuffisantes, même en ce qui concerne les maladies contagieuses fébriles, si les principaux symptômes de celles-ci n’étaient point rapidement indiqués. Cet examen fera l’objet de la deuxième partie de cette note.
11 est important d’établir, dès l’abord, qu’il ne faut jamais se fonder sur la légèreté d’un cas de maladie contagieuse pour attacher moins d’importance ù l’empêcher de se propager. Ce raisonnement, que l’on fait généralement, est tout ù fait erroné, l’affection la plus légère manifestée chez un premier enfant pouvant chez un autre développer la plus grave maladie.
Les fièvres éruptives, qui sont le type des maladies contagieuses fébriles de l’enfance, seront examinées les premières. Elles comprennent quatre maladies bien connues :
La variole,
La varicelle,
La rougeole,
La scarlatine.
Nous en rapprocherons les oreillons, qui leur ressemblent par quelques-uns de leurs caractères, quoiqu’ils ne s’accompagnent pas d’éruption.
En second lieu viendront :
La stomatite ulcéreuse,
Vangine couenneuse ou diphtéritique et le croup,
La dysenterie,
La fièvre typhoïde,
affections qui ont pour siège principal les voies digestives. Puis viendront :
Le coqueluche, qui atteint les voies respiratoires.
Et les inflammations contagieuses des yeux :
Vophthalmie catarrhale,
Vophthalmie •purulente.
Au dernier rang seront placées les affections parasitaires La gale, affection parasitaire animale,
Et les teignes :
La teigne faveuse,
La teigne tonsurante,
La teigne décalvante, dues à des parasites végétaux.
Comme appendice viendra une névrose iVépilepsie), qui, chez les enfants en particulier, se développe assez fréquemment sous l’influence de la terreur causée par la vue d'une attaque épileptique. C’est lit encore un genre de contagion.
Nous arrêtons là la citation de l’instruction ministérielle qui se continue par l’exposé des premiers symptômes de chacune des maladies énumérées, car nos lecteurs trouveront dans le dictionnaire un article spécial consacré à chacune d’elles.
Edmond Düpuy.
Ph''“ de classe, ancien interne des Hôpitaux, auteur d’un Manuel d'hygiène publique et industrielle.
ÉCORCHURE. — On donne ce nom à une petite plaie tout à fait superficielle de la peau ou des muqueuses, produite par un frottement violent, caractérisée par une simple ablation de l’épiderme, un
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très faible écoulement sanguin, et guérissant trè fticilement d’ordinaire et par la simple application d'un morceau de taffetas Marinier. p. l.
ÉCOULEMENT. — Mot employé souvent par le vulgaire comme synonyme de blennorrhagie (V. ce mot). P. L.
ÉCRASEMENT LINÉAIRE. — Nom donné à une méthode opératoire imaginée par Chassaignac, qui a pour but de remplacer, pour diviser les tissus, les instruments tranchants par un instrument spécial appelé écraseur linéaire, composé d’une chaîne métallique articulée et serrée progressivement à l’aide d’un mécanisme à double crémaillère, articulée en bas avec le manche de l’instrument, de façon à diminuer lentementmais progressivement l’anse constituée par la chaîne et qui embrasse les tissus que l’on veut enlever. On parvient ainsi à rapprocher, à serrer et à condenser ces tissus dans l’anse métallique, puis à les étreindre assez puissamment pour les diviser.
Choze bizarre, tous les tissus sont divisés par l’écraseur, sauf la peau qui résiste et qu’il faut sectionner avec un bistouri. A l’aide de l’écraseur linéaire, on peut enlever sans effusion de sang des tumeurs hémorrhoïdales volumineuses , des tumeurs de la langue. On peut aussi pratiquer l’amputation de la langue, du col de l’utérus, l’extirpation des po- Pjg lypcs, etc. Mais pour opérer avec
^ .... succès, il faut toujours procéder
Ecraseur hneaire , ,
de Chassaignac. avec lenteur. P. L.
ÉCREVISSE. — L’écrevisse est un petit animal crustacé décapodes qui vit dans la plupart des cours d’eau et des rivières de nos pays, principalement dans la Meuse, l’Yonne, le Rhin, la Nièvre, etc., et qui fournit une chair blanche, appétissante, saine, nourrissante, d’un goût délicat et agréable, très recherchée des gourmets, mais un peu lourde à digérer surtout pour les estomacs faibles et délicats. Bouchardat dit que malgré leur saveur sucrée, les écrevisses conviennent aux diabétiques. Les individus qui sont sujets à des maladies de peau, principalement à l'urticaire, feront bien de s’en abstenir. On a vu des personnes atteintes de spasmes, de difficultés de la respiration, pour avoir mangé trop d’écrevisses. La meilleure façon de les accommoder consiste à les faire cu’re dans de l’eau salée très aromatisée et additior.flée d’un peu de vinaigre.
Dans l’antiquité, le bouillon d’écrevisse passait pour avoir la propriété de guérir la phthisie. On emploie encore aujourd’hui en médecine, en guise de craie lavée , comme antiacide et absorbant une substance calcaire qui se dépose dans l’estomac des écrevisses, sous forme de deux concrétions, pendant la période de la mue, vers le commencement de l’été, et qu’on appelle yeux d'écrevisse. D'' Paul Ladarthe.
ÉCROUELLES. — (V. Scrofule.)
ECTHYMA. — L’ecthyma est une affection de la peau qui consiste, en larges pustules blanches, se transformant bientôt en croûtes noires et épaisses. La maladie débute par des points rouges, durs, circonscrits ; en deux ou trois jours ces points deviennent d’un blanc de lait ; vers le septième la tumeur s’ouvre et le pus se concrète sous forme de croûtes noirâtres, très épaisses, qui tombent du douzième au quinzième jour, il est vrai qu’à côté des pustules guéries en surgissent de nouvelles qui vont suivre la même évolution et prolongent pendant plusieurs mois la durée de la maladie.
L’ecthyma peut se développer à peu près partout, cependant sur la face il est rare. 11 peut compliquer diverses autres maladies de la peau, il est surtout très fréquent chez les galeux et Yecthyma galeux est certainement la variété la plus commune ; il s’observe encore quelquefois chez les enfants ou les vieillards débiles, et dans ces cas il devient chronique, laissant après lui des ulcérations plus ou moins profondes.
Enfin chez les enfants en bas âge on observe parfois de Yecthyma syphilitique ; il apparaît sur les fesses, les jambes, la paume des mains, etc., laissant après lui des plaques d’un rouge cuivré.
Le traitement de l’ecthyma consiste dans l’emploi des bains simples, féculents, additionnés de son ou d’amidon, dans des applications de poudre d’amidon ou de sous-nitrate de bismuth. On aura aussi recours aux applications de compresses trempées dans du coaltar saponiné de Le Beuf, au cinquantième, ou dans àa phénol Bobæuf étendu d’eau, de préférence à l’acide phénique. Il faut rechercher s’il n’existe pas de gale et si on constate la présence de l’acarus, s’attaquer à lui directement par les moyens appropriés {V. Gale). II faut en outre prescrire un régime tonique et fortifiant si le malade est un vieillard cachectique. Enfin , contre l’ecthyma syphilitique des nouveaux-nés, il faut instituer une médication spéciale (V. Syphilis).
D'' Léon Moynac.
ECTOPIE. — On désigne sous ce nom en tératologie, toutes les anomalies consistant en un changement de place des organes d’un individu, surtout lorsque ces anomalies sont congénitales. Le type le plus complet de l’ectopie est la transposition des organes (V. Transposition). P. L.
ECTRODACTYLIE. — Nom donné en tératologie à une anomalie spéciale consistant dans l’absence d’un ou de plusieurs doigts de la main (V. Doigt).
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