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ECT

ECTROMËLE. — Nom donné par Geoffroy-Saint-

Hilaire à des monstres unitaires autosites, chez

Fig. 412.

Monstre ectromële phocomèle (Musée Dupuytren).

lesquels les membres sont plus ou moins avortés, ou même manquent complètement, alors que la

tête et le tronc, ainsi que les organes qu’il renferment, sont normalement conformés.

Ces monstres présentent trois formes variées qui sont : 1“ les monstres ectromèles proprement dûs, chez lesquels les membres thoraciques ou abdominaux sont nuis. Le plus souvent ce sont les membres thoraciques qui font défaut ; — 2° les monstres ectromèles hémiméliens, chez lesquels les membres sont remplacés par des moignons plus ou moins courts, privés de tout vestige de main ou de pied et terminés le plus souvent par un ou plusieurs doigts imparfaits et rudimentaires ; — 3° les monstres ectromèles phocomèles, chez lesquels il y a atrophie des segments des membres autres que le segment terminal, qui se rapproche du tronc et souvent même semble s’y insérer directement. Ainsi, dans le cas représenté par la figure 412, dont l’original est au musée Dupuytren, les os du bras et de l’avant-bras font défaut, ainsi que ceux de la cuisse et de la jambe, ce qui donne à ces monstres l’aspect de phoques, d’où leur nom.

ECTROPION. — On donne ce nom au renversement des paupières en dehors. On l’appelle aussi éraillement des paupières. Il ne faut pas le confondre avec le raccourcissement simple des paupières, ou lagophtalmie (V. ce mot).

L’ectropion atteint plus souvent la paupière inférieure que la supérieure ; plus rarement les deux voiles à la fols. 11 occupe toute l’étendue transversale de la paupière {ectropion général) ou une portion seulement {ectropio7i partiel). Suivant que le bord libre est plus ou moins renversé en dehors, l’ectropion est au premier, au second ou au troisième degré. Dans le dernier cas, le cartilage tarse est entièrement basculé, de façon que la face postérieure ou conjonctivale est tournée directement en avant.

L’ectropion est accompagné d’altérations de la paupière subordonnées à la cause productrice. Si c’est par suite d’une lésion de la peau du voile, cette peau est plus courte, ou présente des brides de tissu cicatriciel, circonscrites à l’épaisseur du tégument externe, ou adhérentes aux parties subjacentes, même aux os. La peau peut être saine, pendant que la conjonctive, au contraire, est considérablement tuméfiée, épaissie, inégale, rouge et même fongueuse. Parfois le cartilage tarse s’est allongé, est devenu plus mou et a perdu son élasticité. Le bord ciliaire est resté normal, ou bien est déformé, irrégulier, dépourvu de cils.

Les causes sont de diverses espèces ; les inflammations aiguës ou chroniques de la conjonctive, qui ont pour conséquence de produire une tuméfaction de la muqueuse. Celle-ci repousse la paupière en dehors et peut arriver à la renverser à un degré plus ou moins prononcé. Lorsque la conjonctive palpébrale s’est hypertrophiée et épaissie, à la suite d’accès inflammatoires répétés, l’ectropion est dit sarcomateux. L’ectropion se développe quelquefois à la suite de granulations palpébrales volumineuses. Il peut être la conséquence d’une contraction spasmodique de l’orbiculaire des paupières ; on l’appelle alors ectropion spasmodique. Toutefois

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