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cette cause produit plus souvent un entropion (V. ce mot). Dans certaines paralysies du muscle orbiculaire des paupières, on observe généralement un ectropion à un faible degré. C’est à une cause de ce genre qu’on attribue l’ectropion des vieillards, dit sénile, que d’autres rattachent au relâchement et au boursouflement de la muqueuse, au relâchement de la peau de la paupière, à l’affaiblissement du muscle tenseur du cartilage tarse.
Les lésions de toute espèce, de la peau des paupières, sont une cause fréquente d’ectropion : phlegmasies chroniques de cette peau, à la suite de conjonctivites, de blépharites ciliaires; brûlures à divers degrés ; pustule maligne ; ulcères syphilitiques ; pustules varioliques suppurées ; lupus scrofuleux ; cancer ; blessures accidentelles ; fistules symptomatiques de lésions osseuses de l’orbite.
L’ectropion est facile à reconnaître, en tenant compte des rapports que présente le bord libre de la paupière relativement au globe. Dans ce cas, ce bord libre, au lieu d’être appliqué à la surface du bulbe, s’en éloigne plus ou moins; la muqueuse palpébrale, cachée à l’état normal, apparaît dans une plus ou moins grande étendue de sa surface, d’après le degré de la maladie. Dans l’ectropion sarcomateux , la muqueuse palpébrale offre un aspect granulé, ou bien un bourrelet fongueux avec des végétations. L’ectropion résultant d’une paralysie de l’orbiculaire des paupières est caractérisé par l'impossibilité, de la part du malade, de rapprocher les paupières. L’ectropion cicatriciel se reconnaît à la présence de brides de tissu inodulaire, dans l’épaisseur de la peau.
L’ectropion ne constitue pas seulement une difformité ; il occasionne un larmoiement habituel, la muqueuse oculaire cessant d’être suffisamment abritée, s’enflamme, sécrète un liquide âcre et irri- j tant qui excorie la peau avoisinante et produit des . ulcérations.
Le traitement varie d'après l’espèce d’ectropion, , c’est-à-dire d’après la cause qui a produit le renversement en dehors de la paupière. L’ectropion qui se développe dans le cours d’une conjonctivite aiguë, réclame les moyens dirigés contre cette dernière affection (V. Conjonctivite).
S’agit-il d’un ectropion sarcomateux, on peut essayer les scarifications de la muqueuse, pour diminuer le boursouflement de celle-ci. La cautérisation avec le cautère actuel, ou divers caustiques, réussit quelquefois. Pour peu que le bourrelet muqueux soit proéminent, il est préférable d’en faire l’excision ; il n’y a pas à redouter une hémorrhagie consécutive à cette opération.
Lorsque l’affection est de vieille date, et que par suite la paupière a subi un allongement dans le sens transversal, il faut pratiquer une opération qui a pour but précisément de raccourcir le voile dans ce sens. Il existe plusieurs procédés propres à atteindre ce but : le procédé de M. W. Adams, celui de Dieffenbach, celui de Warton Jones, etc.
Le procédé de W. .\dams consiste à faire une perte de substance, en forme de V, à base correspondant au bord libre de la paupière, à sommet tourné vers le cul-de-sac conjonctival, en comprenant dans l’ablation du lambeau toute l’épaisseur
des parties molles du voile. La figure 413 représente un ectropion de la paupière inférieure; on pratique une perte de substance triangulaire à cette paupière, en suivant les lignes b a, b c ; en prolon-
Ectropion de la paupière inférieure. Opération par le procédé de W. Adams.
géant cette perte de substance dans toute l’épaisseur du voile, elle se fait aux dépens de la conjonctive correspondante, suivant les lignes a e,cj. Finalement on enlève le lambeau e a b c f. On réunit alors les lèvres de la solution de continuité
Fig. 41i.
Ectropion de la paupière inférieure. Opération par le procédé de W. Adams.
par deux ou trois points de suture entortillée. La figure 414 représente le résultat obtenu ; on voit que les points a c, éloignés l’un de l’autre dans la figure 413 sont alors en rapport direct.
Lorsque l’ectropion est la conséquence d’un raccourcissement de la peau de la paupière, le traitement est subordonné à la cause du raccourcissement, et en cas de cicatrices, aux conditions dans lesquelles se trouvent ces dernières.
Si l’ectropion est la conséquence d’une inflammation chronique de la peau de la paupière, on combat cette phlegmasie par les moyens appropriés. S’agit-il d’une cicatrice de la peau, avec ectropion peu marqué, on obtient parfois la guérison, en excisant une portion de la conjonctive palpébrale qui, dans ce cas, est généralement boursouflée. L’incision transversale de la bride cicatricielle, déjà conseillée par Celse, ne donne qu’une guérison temporaire ; dès que la cicatrice est
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reconstituée, l’ectropion reparaît. Le procédé de W. Adams décrit plus haut réussit quelquefois dans ce genre d’ectropion. Mais le procédé de Warthon Jones, consistant en une autoplastie par glissement donne de meilleurs résultats.
Soit (fig. 415) un ectropion de la paupière inférieure. On fait partir de chacune des commissures des paupières, une incision. Ces deux incisions.
Fig. 415.
Ectropion de la paupière inférieure. Opération par le procédé de Warton Jones. ,
ac, b c, se réunissent en V, à un centimètre environ au-dessous du bord libre de la paupière, au niveau du point c. L’incision ne comprend que la peau et le tissu cellulaire subjacent. On dissèque le lambeau triangulaire a c b, à un degré suffisant
Ectropion de la paupière inférieure. — Opération par le procédé de Warton Jones.
pour que la paupière remonte à sa place normale. Alors, il existe à la place même dû ce lambeau a été pris une perte de substance ayant la forme d’un Y. On réunit par la suture la branche verticale c' d! et les deux branches obliques b' c', a' c' de cette plaie.
Lorsque l’ectropion est occasionné par des brides cicatricielles plus ou moins nombreuses, on peut mettre en usage d’autres procédés opératoires imaginés par Walther, Ledran, Gensoul, Bouchacourt. Bonnet, Dieffenbach, Jœger, Jüngken.
Quelque ingénieuses que soient toutes ces manœuvres opératoires, il est difficile de s’opposer, en cas de cicatrices étendues, à la rétraction du tissu inodulaire , ce qui a pour conséquence de reproduire la difformité. De là, l’idée suggérée à Mirault,
et appliquée par lui, de pratiquer la fusion temporaire des paupières, en avivant le bord libre des deux voiles et en les réunissant par la suture. Pour obtenir l’affrontement, il est nécessaire, après avoir incisé transversalement la paupière renversée, de disséquer les lèvres de cette incision dans une étendue suffisante, pour faire reprendre au bord libre sa place normale. Les paupières sont désunies à une époque où l’on espère que la force de rétraction du tissu cicatriciel est épuisée, c’est-àdire au bout d’un an au plus tôt.
Malheureusement, pour les cas de ce genre, la force de rétraction du tissu cicatriciel ne s’épuise guère, et l’artifice employé par Mirault ne donne que des succès temporaires. De là l’idée d’utiliser l’autoplastie pour remédier à certains ectropions. Après avoir incisé ce qui reste de la paupière, à une petite distance et parallèlement au bord ciliaire, avoir disséqué cette partie pour la remettre en situation normale, on comble la perte de substance, en empruntant un lambeau de peau à une des régions voisines (V. Blépharoplastie).
En empruntant à l’une des régions de la face, le lambeau destiné à combler la perte de substance de la paupière, on s’expose à un retour plus ou moins prononcé de la difformité par suite des tractions exercées sur le lambeau rapporté , par le tissu cicatriciel qui se forme au niveau de la perte de substance qu’on a produite pour la confection même de ce lambeau.
Cet inconvénient est bien moins à craindre, en ayant recours à la nouvelle méthode qui a été mise en usage depuis quelques années, et qui consiste à transplanter directement, sur la perte de substance de la paupière, un lambeau cutané pris et complètement détaché, sur un autre point du corps du malade lui-même, le bras ou l’avant-bras, ou sur un autre sujet.
Il résulte de faits nombreux de ce genre, que la blépharoplastie, exécutée avec des lambeaux, pris à grande distance de la perte de substance à réparer, comporte plusieurs procédés : Vauloplastie, c’est-àdire l’emprunt fait au sujet lui-même; Y hétéroplastie, c’est-à-dire l’emprunt fait à un sujet étranger. Quel que soit le lieu d’emprunt, le lambeau peut être transporté en totalité, ou par fragments.
D' fano.
ÉCUME. — On donne le nom d’écume bronchique au mucus sécrété par les bronches devenu écumeux par son agitation et son mélange avec l’air pendant les mouvements respiratoires. L’écume bronchique s’observe dans les troubles graves de la respiration, dans la pneumonie des vieillards qui n’ont pas la force d’expectorer, dans certains cas d’asthme, dans certains cas d’asphyxie, principalement dans l’asphyxie par submersion. p. L.
ÉCUSSON. — On donne ce nom, en pharmacie, à des préparations médicamenteuses de diverses natures, étendues en couches minces sur de la peau, sur de la toile ou sur du sparadrap. Leurs formes sont très variées : ils sont carrés, ovales, ronds, rectangulaires, etc. On les prépare avec des emplâtres, des matières résineuses, des électuaires, des
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oiiyiients, etc. Le moyen le plus simple pour faire un écusson, consiste à découper dans une feuille de papier un moule doni l'intérieur représente exactement la forme que doit avoir le médicament. On applique le moule sur du sparadrap, on met au milieu de l’espace à remplir la quantiié voulue du médicament qu’on étend en couche, dans tous* les sens, en le malaxant avec les doigts jusqu'à ce que le moule soit rempli. p. l.
ECZÉMA. — L’eczéma est une maladie superficielle de la peau, non contagieuse; elle a pour caractères des vésicules ou vésico-pustules , petites, presque confluentes, avec ou sans rougeur, et accompagnées le plus souvent de démangeaison. Ces vésicules ont deux modes de terminaison, l’une par absorption du liquide qu’elles contiennent, l’autre par des excoriations donnant lieu à une exhalation séreuse ou séro-purulente à laquelle succèdent des croûtes squameuses minces, d un jaune verdâtre, et des écailles furfuracées.
Cette définition de l’eczéma, comme tontes les autres, laisse quelque chose à désirer. Mais on en trouvera le complément dans la description des phénomènes locaux et dans quelques cas particuliers.
Quels sont les symptômes de l’eczéma. — On a généralement reconnu trois degrés bien distincts dans le développement de l’eczéma.
Premier dey lé. — Les phénomènes du premier degré ont presque toujours quelques prodromes, tels que fourmillement, prurit, sentiment de chaleur sur la partie de la peau qui va devenir le siégé I du mal.
Les vésicules qui ont ici tant d’importance ne sont cependant pas le premier symptôme perceptible, elles sont souveni précédées de plaques éry- I thémateuses sur lesquelles les vésicules font érup- ’ tion ; cette base érythémateuse peut manquer, et . alors on voit poindre des vésicules sur la surface I encore intacte de la peau ; elles sont nombreuses,
I étroitement agglomérées, de forme acuminée, et : n’ayant qu'un léger relief à peine sensible à l’œil nu.
La durée des vésicules est fort courte; il est rare, h dit Hardy, que leur existence se prolonge au delà || de trente-six à quarante-huit heures : c’est pour-
II quoi les médecins n’ont pas toujours l’occasion de il les observer; cependant nous avons de la peine à l| croire avec le If Dauvergne que, sur des milliers !| d'eczéma on ne rencontre pas cinquante fois des i vésicules, et avec Devergie, que c’est à peine si I l’on en constate la présence une fois sur quarante, j Nous avons dit que les vésicules déjà formées i| peuvent disparaître sans qu’on ait le temps de les ' observer; il est certain aussi que dans les parties il où l'épiderme a une grande résistance, comme aux ■| mains et aux pieds, les vésicules en voie de formation ■ ] peuvent avorter clandestinement à la suite de la réil sorption de la petite quantité de sérosité qu’elles il contiennent.
I Lorsque les vésicules ont acquis tout leur déve- I lop|)ement, on les trouve formées parle soulèvement d'ime partie de l’épiderme contenant une gouttelette de sérosité d’abord limpide, transparente, se troublant ensuite et devenant laiteuse : quelque Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
considérable que soit la vésicule, il n’y a jamais d’engorgement de tissu autour de sa base, et c’est là une preuve de sa constitution essentiellement épidermique.
Lorsque les vésicules sont très nombreuses, très serrées, deux ou trois d'entre elles ou un plus grand nombre peuvent se réunir en une enveloppe unique, et alors elles affectent la forme des bulles qui caractérisent le pemphigiis. La résorption des vésicules et des bulles est le cas le plus rare ; presque toujours leurs parois se rompent, soit spontanément, soit par le contact de l’ongle ou du frottement des vêtements, et le déchirement, le fendillement qui en résultent laissent échapper une sérosité plastique et gluante qui empèse le linge et le tache en gris. Ce liquide est d’abord limpide de couleur citrine, et Devergie a constaté de plus qu’il est de nature alcaline, puisqu’il a la propriélé de ramener au bleu le papier de tournesol préalablement rougi par un acide.
Les vésicules ne restent pas à l’état de simplicité que nous venons de signaler, elles peuvent se présenter sous la forme de vésico-pustules , ce qui n’est pas une lésion élémentaire d'un genre entièrement différent , mais la même lésion dans laquelle une intensité plus grande d’inflammation a produit du pus au lieu de donner seulement de la sérosité. C’est donc à tort qu’on a introduit ici à propos de la vésico-pustule le nom d'impéligo, qui appartient à une maladie autre que l’eczéma et qui constitue une espèce tout à fait distincte.
On a fait remarquer à ce sujet que ces vésicopustules, comme les simples vésicules, se rompent après trente-six ou quarante-huit heures, et que, quoique le liquide purulent qui en sort forme des croûtes plus épaisses, plus verdâtres, ce phénomène ne pHut être pris que comme un état plus grave de la maladie eczémateuse, et non point pour une maladie différente.
Pour achever la description de notre premier degré, disons enfin que, dans des cas assez rares, il n’y a ni vésicules ni vésico-pustules, mais seulement des déchirements épidermiques formant des lignes sinueuses et entrecroisées dont les fentes fournissent la sérosité plastique qui est destinée à se former en croûtes. D’ailleurs, dit le D" Dauvergne, les vésicules ne sont pas une conséquence nécessaire de l’inflammation, quelques malades même, au début de l’eczéma, n’offrent point de vésicules, et l’exsudation séreuse ainsi que la formation des écailles sont la suite immédiate de l’état congestif.
Diuxième degré. — Dans ce degré, il n’y a plus de vésicules ni de vésico-pustules; des érosions et des croûtes les remplacent : ces dénudations épidermiques sont toujours humides et fluentes; elles présentent un aspect d’un rouge nuancé, pointillé; elles peuvent n’occuper que des points isolés ou bien envahir une surface continue et d’étendue considéiable. La sécrétion morbide qui en découle est ou simplement séreuse et transparente, ou bien opaque et purulente, suivant le caractère primitif de l'éruption. S’il était arrivé, ce qui est rare, que les liquides se fussent résorbés, il n’y aurait qu’une desquamation légère sous forme de débris épidermiques blanchâtres et foliacés; autrement la con-
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crétion s’opère presque immédiatement sous forme de croûtes squameuses, grises, jaunes et verdâtres. Quelquefois on peut reconnaître à l’aspect des croûtes si elles sont d’origine séreuse ou purulente, parce que les premières sont généralement minces, aplaties, semblables à des squames, tandis que les secondes sont épaisses et rugueuses; chez les unes et les autres de ces croûtes, on a remarqué qu’elles sont adhérentes dans la plu-^ grande partie de leur surface intérieure, et que les bords de leur circonférence restent constamment libres.
Toutes ces différentes lésions : vésicules, vésicopustules, dénudations épidermiques, suintement séreux ou séro-purulent, concourent à former la physionomie de l’eczéma, et, si quelques-unes d’entre elles manquent ou échappent à l’observa tion, celles qui subsistent n’en servent pas moins chacune à son particulier, à déterminer avec certitude le diagnostic de cette maladie-
De même que la formation de la vésicule ou de la vésico-pustule est le caractère le plus significatif du premier degré, de même, la concrétion croûteuse est aussi la caractéristique du second. Au bout d’un certain temps, ces croûtes tombent et l’on découvre au-dessous d’elles une surface rouge, nuancée, ponctuée et couverte de petites érosions arrondies. Ce sont de ces points comme autant de petites bouches ouvertes que s’épanche par petites gouttelettes, un liquide transparent et plastique, entièrement semblable à celui qui avait précédé la chute des croûtes de première création, et qui s’apprête à en créer de nouvelles. Cette alternative de chute et de renouvellement des croûtes va durer jusqu’à la fin du second degré.
Troisième degré. — Les concrétions croûteuses qui caractéri-ent le deuxième degré disparaissent dans le troisième ; c’est l’état squameux qui les remplai'e. On voit alors sur les parties débarrassées de croûtes une surface, tantôt d'un rouge assez vif, tantôt d’un brun foncé. La sérosité se tarit : un produit nouveau se présente sous forme de squasmes, il y en a de très petites et de très fines comme dans le pityriasis, et d’autres épaisses et imbriquées comme dans le psoriasis. Enfin, des squasmes faciles à se détacher peuvent, dit Devergie, prendre la dimension d’une pièce de 1 à 2 francs ; sur les points où ces squasmes existent, elles ressemblent à de l’épiderme desséché, et le reste de la surface malade est transparent et lisse.
Hardy a remarqué que , lorsqu’on fait tomber ces diverses squames à l’aide de bains et de cataplasmes, la surface malade mise à nu devient seche, polie, luisante, comme si elle avait été couverte d’un vernis, et qu’elle se ride en plis longitudinaux très superficiels. Ajoutons aux observations précédentes que cette surface, quand on y regarde de près, est le siège d’une injection des vaisseaux capillaires très distincte. La couche du corps muqueux n'a plus son aspect naturel, elle est de couleur plus foncée, sans cependant que son épaisseur soit plus grande.
Dans cet état, on est encore loin de la guérison, quoique la nature semble faire un effort pour remplacer la désorganisation épidermique par un épiderme ntmveau ; celui-ci, au moment où il se forme.
est encore inconsistant, il a une tendance à s’exfolier, à se déchirer inégalement, et présente l’aspect de fissures laissant échapper un suintement séreux. Cet épiderme est très peu adhérent, car en le poussaii l obliquement des doigts, on le voit se plisser sous la pression la plus légère. Un épiderme de celte nature n’a pas de chance de remplacer celui que la maladie vient de détruire, il ne peut qu’en imiter la chute.
Au contraire, quand on voit l’injection capillaire s’éteindre graduellement, par suite, la partie malade diminuer de circonférence et commencer à blanchir au centre, on peut espérer d’avoir enfin une organisation épidermique de bon aloi.
Ici finit le ti'oisième degré ; ajoutons cependant que la série régulière de trois ordres do phénomènes différents n’est pas constante, et que cette division n’est qu’un expédient pour rendre la description de la maladie plus claire, plus concise. En effet, rien n’est moins rare que de rencontrer en même temps les trois degrés de l’eczéma sur diverses parties du corps d’un même individu, ou encore de les rencontrer tous mêlés sur un même point.
En même temps qu’apparaissent ces phénomènes morbides si nombreux et si divers dont nous venons de donner la description, il survient d’autres symptômes, surtout appréciables pour le malade, c’est-à-dire, de la chaleur, du purit et du gonflement.
La chaleur est quelquefois assez vive pour que le médecin en éprouve la sensation en touchant seulement la peau du malade, et quant à celui-ci, il se plaint toujours du grand malaise que cette chaleur lui cause. Ce symptôme persiste, mais à des degrés très divers pendant le cours de la maladie.
Le prurit est faible au début de l’eczéma ; ce n’est d’abord qu’un léger fourmillement, mais qui devient intolérable lorsque les vésicules se sont multipliées, étendues, et surtout après qu’elles se sont ouvertes. Cette vive démangeaison a des moments d’apaisement; on s’en croit débarrassé; lorsqu’elle s’étend tout à coup avec la rapidité de l’éclair sur la surface entière de la peau, soit que ce réveil ait été occcasionné par un excès de liqueurs fortes ou de café, ou bien qu’il soit dû à une cau.se plus légère, telle que le simple contact des vêtements sur la peau. Mais c’est bien moins la promptitude de cette sensation qui est à redouter que le degré extrême de douleur qu’elle est susceptible d’acquérir. Alors le besoin de se gratter est si impérieux, qu’il devient impossible pour les malades de ne pa' se déchirer la peau avec les ongles : les quelques gouttes de sang qui s’écoulent après celte manœuvre leur procurent souvent une sensation singulière mêlée de plaisir et de douleurs, mais ils tombent ensuite dans l’abattement jusqu’à ce que le prurit leur fasse de nouveau subir ses épreintes.
Le prurit peut manquer et se réduire à une légère démangeaison dans l’eczéma aigu , tandis qu’il accompagne presque constamment l’eczéma chronique. On peut donc regarder le déclin croissant du prurit comme un signe de la marche de la maladie, vers la guérison.
Enfin, l’eczéma a pour dernier symptôme digne
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d’ètre mentionné une sorte de gonflement se manifestant surtout vers les parties où le derme n’a qu’une faible adhérence avec le tissu cellulaire sousjacent, comme à la face, aux paupières, aux mains et aux pieds.
On regarde ce gonflement comme un signe d’un épanchement de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire, et qui peut, dans lecas d’une inflammation croissante, être suivi de formation de quelques abcès, comme on le voit assez fréquemment aux seins, aux aisse'les, etc.
Observe-t-on des phénomènes généraux dans l’eczéma? — La plupart des phénomènes généraux qui accompagnent les fièvres éruptives, tels que : malaise, courbature, soif, inappétence, chaleur, accélération du pouls, état saburral de la langue, peuvent se rencontrer au début de l’eczéma ; mais ils ne sont ni aussi durables, ni aussi marqués que ceux qui se montrent au début de ces fièvres. Suivant Riett, les symptômes les plus constants seraient une soif plus vive, et des urines plus chaudes. Lorsque toute celte série de symptômes existe, elle donne lieu à croire que la maladie va envahir une grande surface ; mais on a remarqué que, mêpie dans ce cas, les symptômes généraux s’évanouissent aussitôt que 1 eczéma est localisé.
Dans ce qui précède, nous avons parlé de l’eczéma sans tenir compte des circonstances d’âge, de tempérament, de siège; il est bon d’en dire ici quelques mots. Ainsi chez les très jeunes enfants, lors même que la maladie n’atteint pas sa plus grande intensité , il y a souvent un abattement général, de l’insomnie et une fievre presque continuelle; mais l’état du malade sera plus gravement altéré si une irritation des organes digestifs vient compliquer la maladie de la peau.
Chez les adultes, ces complications inflammatoires n’existent presque jamais.
Chez les vieillards eczémateux déjà affaiblis et épuisés par d’anciennes maladies, on observe souvent une diarrhée concomitante ou bien une alternative d’éruption et de diarrhée.
Quels sont les sièges habituels de l’eczéma? — Quant aux sieges habituels de l’eczéma, on a remarqué que, quoique cette maladie puisse paraître sur plusieurs points de la peau et envahir une grande surface, elle se fixe le plus souvent sur les parties où les glandes sébacées sont en grand nombre, et les transpirations cutanées plus abondantes. Voici la longue énumération de ces lieux d’élection : les oreilles, les aisselles, les aines, le scrotum, les organes de la génération, le mamelon, le cuir chevelu, les lèvres, les avant-bras, les mains et les cuisses. On sait aussi qu’au delà même de la peau, l’eczema peut s’étendre de proche en proche aux muqueuse^ des narines, de la conjonctive, du vagin et du rectum.
Quelles sont la marche la dorée et la terminaison de l’eczéma? — Les lecteurs ont déjà été avertis que ce type d’eczéma se développant en trois degrés consécutifs, n'est qu’une vue spéculative qui se trouve souvent en défaut quand on examine chaque cas en particulier. Ainsi quand la maladie a atteint son troisième degré, il arrive souvent une recrudescence qui la ramène au second ou même
au premier degré, et alors la marche, au lieu d’être progressive, devient rétrograde; et ces aller et retour, à force de se répéter, peuvent prolonger indéfiniment la durée de la maladie.
Il arrive aussi vers la fin du troisième degré, à ce moment où la peau a pris cet aspect rouge, lisse, vernissé, indiquant l’approche de la guérison, qu’apparaissent tout à coup des fentes sinueuses et entre-croisées qui sont des signes certains qu’une terminaison heureuse est encore fort éloignée.
Il y a encore deux choses à remarquer dans la marche de cette maladie; d’abord que l’éruption semble obéir à une loi de symétrie dans le cours de son développement, c’est à-dire que lorsqu’un membre en est atteint, il est rare que l’autre ne le soit pas également; et cela est encore vrai pour la partie droite et gauche du tronc.
Une seconde remarque plus importante dans la marche de l’eczéma, c’est sa tendance à l’extension, qui s'opère, soit en augmentant de surface dans la même région, soit en se portant à la fois sur des points divers séparés les uns des autres par des surfaces encore saines de la peau. Quand ces points affectés se multiplient beaucoup, on dit que l’eczéma est général, mais il est reconnu par tous les auteurs que l'eczéma ne peut envahir la totalité du tégument externe.
Un voit des eczémas ne durer que trois ou quatre semaines, mais ce cas est très rare. Cette maladie est de nature essentiellement chronique ; chez les vieillards elle est interminable; et quoique heureusement elle puisse guérir chez les adultes, il est certain néanmoins que, même dans cette condition, elle fait le désespoir des médecins par la fréquence de ces récidives.
Chez les personnes blondes et jeunes, l’éruption est plus subite, plus facile, et elle marche avec moins de peine vers la résolution. Dans quelquesuns de ces cas, la peau n’ayant reçu qu’une impression légère, peut reprendre, avec le temps, son premier aspect sans qu on puisse même soupçonner la partie qui a été le siège de la maladie.
L’eczéma, lorsqu’il guérit, ne laisse jamais de cicairice, ce qui prouve que, quelle qu'ait été l'importance des lésions élémentaires, jamais ce tissu n'a été le siège d une ulcération véritable, aussi, dans le cours de nos descriptions, nous avons toujours eu le soin de remp^p,cer la dénomination d’ulcère par celle plus exacte d’érosion et dénudations épidermiques.
Après la guérison, la surface qu’occupait l’eczéma laisse encore voir pendant quelques semaines des vaisseaux capillaires sensiblement injectés ; la peau aussi est tendue, rugueuse et mamelonnée. En général, ces derniers symptômes finissent par disparaître, mais dans un espace de temps qu’il est difficile de déterminer.
Il y a même des cas nombreux de guérison s’opérant maigre la complication de maladies d’autre nature Ainsi on voit des affections asthmatiques, catarrhales ou des leucorrhées, lorsqu’elles sont concomitantes, se raviver en même temps que l’eczéma maiche vers la guérison. Le contraire aussi arrive, c’est-à-dire que l’eczéma reparaît lorsque les autres maladies s’éteignent. Les alternatives peu-
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vent se répéter bien des fois impunément. Et quand elles ont lieu entre l’eczéma et une maladie très dangereuse, comme une angine couenneuse par exemple, si la mort survient c’est toujours par le fait de cette maladie adjointe et non par le fait de l’eczéma.
L’eczéma récidive-t-il? — Dans aucune maladie on n’observe des récidives aussi fréquentes que dans l’eczéma; c’est un des caractères les plus marqués de cette maladie. Certains malades sont sujets à des récidives tous les ans, tous les deux ans, d’autres en ont plusieurs dans une même année.
On comprend bien que la fréquence des récidives en dehors même de la gravité de la maladie, doit varier suivant les températures, les émotions morales, le régime hygiénique, et surtout suivant l'efficacité du traitement qu’on leur applique. Kègle générale, ces éruptions consécutives sont moins graves que la première atteinte, et disparaissent aussi plus promptement.
Variétés d’eczéma suivant le siège. — Nous appelons eczémas U'calisés tous ceux qui ont pour caractère d'être circonscrits, d’être très persistants et de récidiver fréquemment sur le môme point.
Eczé-ma capitis, ou eczema du cuir chevelu. — On a confondu autrefois cette variété avec les teignes. En effet, lorsque les vésicules eczémateuses sont rompues, et qu’elles laissent échapper une grande quantité de sérosité, ce liquide, en se desséchant, agglutine les cheveux et forme des croûtes jaunâtres, semblables par la couleur à celles du favus, mais les premières sont molles, peu adhérentes.
Sous ces croûtes on trouve les surfaces du cuir chevelu, rouges, suintantes et excoriées.
Quand le suintement devient moins abondant, au lieu de croûtes, il se forme des squames plus ou moins sèches qui couvrent le cuir chevelu, et en même temps on trouve des granulations jaunâtres et verdâtres sur les cheveux ;ceu.\-ci tombent quelquefois, mais ils repoussent toujours, à moins qu’ils n’aient éprouvé une altération profonde dans leur structure.
Eczéma des oreilles. — Quand celte variété apparaît à l’état très aigu, accompagné d’un suintement séro-purulent. les oreilles deviennent rouges, tuméfiées, et acquièrent une grande dureté. Les circonvolutions de la conque s’effacent, le conduit auditif externe se rétrécit, et il n’est pas rare de voir l’intensité de l’inflammation produire la surdité ; mais cet accident disparaît avec la maladie. Si toutefois la surdité persiste, c’est que l’eczéma avait eu une trop longue durée dans les profondeurs du conduit auditif externe.
L’eczéma peut se montrer derrière les oreilles, dans le pli qui les sépare de l’apophyse mastoi’de, et sur cette apophyse elle-même ; il peut s’étendre encore sur le cuir chevelu ou sur le cou.
Eczéma des mamelons. — Ce n’est guère que chez les femmes que l’on observe cette variété ; les hommes en sont rarement atteints. L'eczéma peut occuper le pourtour du mamelon, l’auréole et le mamelon lui même, soit d’un sein, soit des deux seins à la fois. U détermine fréquemment la forma-
tion d’abcès dans le tissu cellulaire sous-jacent, et le gonflement des ganglions de l’aisselle.
Quand il existe seul sur le sein, c’est ordinairement pendant le temps de la puberté, de la gestation ou de l’allaitement. D’après Hardy, cet eczéma forme un excellent signe de diagnostic de la gale chez la femme.
Eczéma des parties génitales. — Ces variétés sont généralement d’une ténacité désespérante; la démangeaison qui les accompagne est insupportable ; et comme elle excite à des frottements irrésistibles et mêlés parfois d’une sensation voluptueuse. elle peut entraîner certains sujets à des habitudes d’onanisme.
An scrotum, l’eczéma présente des squames larges et feuilletées.
A l'anus, l’eczéma laisse voir souvent des fissures, et il peut se propager dans l’intérieur de l’intestin.
A la vulve, en cas d’eczéma, les lèvres sont rouges, dures, suintantes ; quand cette maladie pénètre dans le vagin et le canal de l’urèthre, la rougeur, le gonflement, le suintement caractéristique constituent une vaginite dartreusp.
Au prépuce et au gland, l’eczéma a été décrit par quelques auteurs sous le nom impropre di'herpès prœputialis.
Eczéma des mains et des pieds. — Hardy, étudiant cette variété, s’était d’abord mépris sur sa nature ; il crut un moment que c’était un herpès, parce qu’il avait sous les yeux des vésicules petites, agglomérées et persistantes, telles qu’on les rencontre dans les affections vesiculeuses de ce nom. Mais cet auteur, après examen, remarquant qu’il y avait là une sécrétion plus abondante, moins transparente que ne le comporte l’herpès, est revenu à comprendre que c’était bien à une forme d’eczéma qu’il avait affaire, et le premier il en a donné une bonne description.
L’eczéma des mains se présente le plus souvent sous la forme chronique ; il peut apparaître sous la forme aiguë.
Dans le premier cas, indépendamment des caractères ordinaires de l’eczéma, tels que rougeur, suintement, desquamation, démangeaison, on observe sur les doigts et sur l’étendue des mains, des rides nombreuses, très prononcées et accompagnées de gerçures profondes, ce qui fait ressembler souvent cette affection à un lichen ; c’est à cette forme de maladie que l’on donne généralement le nom de gale des épiciers, parce qu’elle est due à l’irritation que produit un maniement journalier de substances âcres.
Dans cette même forme chronique l’eczéma des mains se manifeste par des desquamations épidermiques persistantes, surtout la face palmaire des doigts. S’il ne survenait pas de temps en temps des vésicules caractéristiques de la maladie, on en ignorerait souvent la nature.
Dans le second cas, lorsque cette variété apparaît sous forme aiguë, on voit sur le dos des mains de petites vésicules de la grosseur d’un grain de millet. Celles-ci sont-elles nombreuses, il y a inflammation du tissu cellulaire sous-jacent, et alors le gonflement à la paume des mains est plus con-
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siilérable que d'habitude. Uegarde-t-on avec attention ces vésicules, on cles trouve très dures , ce qui s’explique très bien à raison de la structure si dense du ti-isu cutané dans cette partie. C'est encore cette dureté de la peau qui nous explique la résorption de la sérosité d(‘s vésicules, comme aussi la transformation de ces vésicules en des bulles dont le volume s’élève quelquefois jusqu’à celui d’une noisette et au dessus.
.\près tout ce. que nous avons vu et dit au sujet de l'eczéma des mains à l’état aigu, il ne nous reste plus qu’à en signaler les terminaisons : il y en a deux distinctes qui sont, d’une part, l’affaissement des vésicules, lequel s’opère par le rapprochement du derme et de l’epiderme, et la chute de ce dernier tissu sous forme de petites squames, et d’autre part, la détente des bulles, lesquelles, en se desséchant, donnent lieu à des squames plus larges, plus épaisses.
11 n’est pas rare non plus de voir dans les vésicules et dans les bulles,, une sérosité de caractère purulent.
On rencontre celte variété à la plante des pieds, mais là ce cas est bien moins fréquent.
Quelles sont les complications de l’eczéma ? — L’eczéma a été décrit jusqu’ici à l’état simple, mais il peut être compliqué d’autres affections soit du tégument externe, soit des muqueuses.
C’e't ainsi que l’eczéma précède souvent la gale; d’autres fois il apparaît dans le cours de cette maladie lorsqu'elle est mal soignée ou traitée avec des pommades trop irritantes. L’eczéma accompagne les phénomènes pustuleux et tuberculeux du sycosis, les syphilides squameuses et tuberculeuses, et l’éléphantiasis tuberculeux des Arabes.
C’est avec le lichen que l'eczéma paraît le plus souvent associé; ces deux éruptions sont parfois tellement confondues qu’il est très difficile de les distinguer l’une de l’autre ; on les désigne alors sous les noms de lichen agnus ou A’eczéma lichenoïde.
Le pityriasis, au contraire, considéré par quelques auteurs comme une complication de l’eczéma, n’est qu’un état différent de la même maladie. On n’ignore pas, du reste, que ce dernier se termine habituellement sous la forme d’une desquamation légère.
Dans le cours de l’eczéma, on observe encore, comme complications, des fui oncles, de petits abcès, des pustules d’ecthyma, des bulles de rupia, etc.; cette dartre peut être aussi compliquée de maladies des muqueuses respiratoires et intestinales.
L’eczéma est-il facile à reconnaître et à distinguer ? — Les caractères bien tranches que nous avons signalés dans les trois degrés de l’eczéma seront généralement suffisants pour séparer cette maladie des autres afi’ections.
Ainsi s’agit-il de distinguer l’eczéma de Véryllième, il suffit de savoir que, tandis que l’eczéma est toujours humide, au contraire dans l’érythème il n’y a pas de suintement, et que si de petites vésicules y apparaissent, elles sont éphémères, elles SC détachent promptement et la desquamation ne se produit qu’une fois.
Avec le lichen et l’eczéma, on a affaire à des maladies ayant deux caractères communs : le suin-
tement et la croûte. Malgré cela, il faut les distinguer l’une de l’autre , ce sera facile si l’on remarque que dans le lichen il n’y a que peu de suintement, que les croûtes sont petites, très adhérentes et que surtout la peau est sèche, épaisse et dure, tandis que dans l’eczéma, l’exhalation séreuse est |)lus abondante, les croûtes sont plus larges, plus molles, et les surfaces plus unies et plus humides.
Il y a certaine période du pemijhiiius folliacé qui, caraclériié par des débris de bulles, des surfaces excoriées, peu humides, pourrait faire confondre un eczéma avec la première maladie. La manière de distinumer l’une de l’autre, c’est de se rappeler que le pemphigus folliacé envahit généralement l’étendue de la peau, sans laisser de parties saines, tandis que l’eczéma, quelque généralisé qu’il soit, laisse toujours voir des espaces intacts sur l’étendue qu’il occupe. Enfin l’épaisseur, la largeur des squames et le peu de plasticité du liquide suffiront pour empêcher toute confusion.
Lorsque l’eczéma passe à l’état squameux, il y a un moment d’indécison oû on peut le confondre avec le psoriasis. Mais, pour se tirer d’embarras, il faut interroger le malade, et s’il vous dit qu’il y a eu épanchement séreux, empesant le linge, vous savez immanquablement que vous avez affaire à un eczéma, et non à un psoriasis, lequel n’est jamais accompagné d’exhalation humide.
Nous avons déjà signalé l’impossibililé de distinguer le pityriasis de l’eczéma lorsque celui-ci, marchant vers la période décroissante, prend l’aspect pilyriasique ; mais dans les autres périodes, la rougeur spéciale de l’eczéma, ses vésicules, son suintement et ses croûtes sont des caractères suffisants pour le diagnostic.
Quelle est la gravité de l’eczéma ? — L’eczéma n'est jamais mortel que dans le cas où il envahit la peau dans sa presque tolalité, qu’en même temps il se propage sur les membranes muqueuses ou bien qu’il s’y est fixé depuis longues années.
On compretid que le degré de gravité varie suivant les conditions de chronicité et de récidivité.
Cette maladie, quand elle se prolonge chez des sujets affaiblis et spécialement chez les vieillards, est toujours grave, surtout si elle est compliquée d’œdème, d’ulcère et de varices.
Quelles sont les causes de l’eczéma ? — Les causes de l’eczéma sont prédisposantes et occasionnelles :
On doit considérer comme prédisposés à l’eczéma les individus à tempérament lymphatico-nerveux, à constitution débilitée. C’est pour ces raisons que les enfants, les jeunes gens, les femmes et les vieillards contractent plus facilement cette maladie. Celle-ci peut être héréditaire. Elle se manifeste souvent à l’époque de la puberté, à l’àge critique, pendant la grossesse et l’allaitemeht.
On a remarqué que les saisons ne sont pas sans influence sur la production de l’eczéma; ainsi, il n’est pas rare de le voir renaître chaque année au printemps.
Les causes occasionnelles sont principalement les excès de table, de boissons, une nourriture trop succulente et épicée, l’ingestion de certains poissons de mer, le homard, les coquillages, etc. Les fortes
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émotions morale^, la frayeur, le chagrin, les veilles, enfin toute espece de fatigue. n
Parmi les causes occasionnelles, il y en a qui agissent directement sur la peau, par exemple, les corps gras, les substances âcres, les vésicatoires, les frictions sèches, l’action prolongée d’une chaleur intense, comme cela arrive chez les boulangers, les forgerons, les cuisiniers, etc.
Tout individu vivant dans ces conditions sera d’autant plus exposé à la maladie qu’il négligera les soins de propreté.
Quel est le traitement de l’eczéma ? — Chaque degré de l’eczéma a, pour ainsi dire, un mode de traitement qui lui est propre.
Ainsi au début, lors de la période inflammatoire, on conseille généralement à l’extérieur des topiques émollients, la poudre d’amidon, de lycopode, de sous-nitrate de bismuth, les cataplasmes de fécule ou les cataplasmes HamUton, les lotions de guimauve, conjointement avec des boissons rafraîchissantes.— Plus tard, ce sont des pommades à la glycérine, au calomel, au sulfate de fer, qu’on prescrit en même temps que des tisanes anieres avec le houblon, la pensée sauvage, la petite centaurée, etc. — Des purgatifs salins (sulfate de magnésie, sulfate de soude, eau de Rubinat, etc.) plus ou moins répétés, et un régime alimentaire doux, dans lequel n’entreront ni l’alcool, ni le vin pur, ni les épices, ni les coquillages ni les poissons de mer, ni la charcuterie (pas plus la fraîche que celle qui est salée ou fumée), ni le gibier, particulièrement le gibier noir ou faisandé.
Lorsque ces moyens ne suffisent pas pour arrêter le développement de la maladie, que le second degré se prononce, que la démangeaison devient intense, on prescrit à l’intérieur diverses préparations arsenicales, telles que solutions de Fowler, de Pearson, d’acide arsénieux, d’arséniate de soude et d’arséniate d’ammoniaque.
A l’extérieur, on aura recours à des lotions avec la solution suivante :
Borate de soude 2 grammes
Eau 100 —
ou bien avec celle-ci :
Sublimé 0.10 centigr.
Alcool 5 grammes
Eau 100 —
OU à des pommades comme celle-ci :
Acide borique 5 grammes
Glycérine neutre G —
Faites dissoudre, et ajoutez :
peuvent être pris alternativement avec les bains alcalins ou d’amidon.
Lorsque l’eczéma se présente à l’état squameux, on se sert de pommades irritantes, principalement’ de pommades mercurielles, de lotions de sublimé, de l’huile de cade, du goudron, et mieux du coaltar sapmiiné de Le Beuf.
Pour ma part, depuis 1842, époque où je commençai d’expérimenter l’iodo-chlorure mercureux, j’emploie généralement dans ma pratique et avec un succès constant, ce précieux composé dans lequel entrent l’iode, le mercure et le chlore, ces trois grands médicaments qui dominent pour ainsi dire la thérapeutique des maladies de la peau. Je fais une pommade avec :
lodo-chlorure mercureux. . . 0.20 a 0.35 cenligr.
Axonge 30 grammes
Teinture de Benjoin 1 — \-
que j’applique une fois par jour pendant trois jours sur les seules parties malades. Après un intervalle de cinq à huit jours, suivant les cas, je recommence une série de trois applications en trois jours, et ainsi de suite jusqu’à guérison.
Les eaux minérales ne sont indiquées que lorsque l’eczéma passe à l'etat chronique ; dans l’eczénia aigu elles sont plutôt nuisibles qu’utiles. Les eczémas chroniques sont très heureusement influencés par les eaux de Bigorre. Cauterets, par celles de Royat, de La Bourboule, etc. Chacune de ces stations compte aussi chaque année à son actif un bon nombre de guérisons. Quant^aux b.ains de mer, ils sont absolument interdits aux eczémateux.
Terminons cet article déjà bien long en rappelant que, quels que soient les moyens e uployés pour obtenir la guérison de l’eczéma, le régime alimentaire et le traitement médical doivent être secondés par un ensemble de précautions hygiéniques importantes Les individus atteints d’eczéma éviteront toute fatigue et toute excitation générale; ils s’abstiendront donc des exercices de corps violents, tels que gymnastique, escrime, équitation, chasse, etc., les sueurs abondantes qu’ils déterminent, exaspérant les éruptions de l’eczéma. U en sera de même des travaux intellectuels opiniâtres et concentrés, des veilles prolongées, des émotions morales tiistes et pénibles ; on devra autant que possible les écarter. Inutile d’ajouter que ceux dont l’eczéma est produit par des contacts irritants, devront, autant que faire se pourra, sinon abandonner la profession, cause première du mal, du moins éviter le plus possible le contact direct des substances irritantes. D" Félix Rochard,
Auteur d’un Traité des maladies de peau.
Vaseline 20 grammes
Baume du Pérou 1 —
ou cette autre :
Hydrate de chloral 2 grammes
Cold cream 20 —
Les sulfureux sont également employés à l’intérieur et à l’extérieur, par exemple sous la forme commode de sulfureux Pouillet; en bains, ceux-ci
ÉDREDON. — On donne ce nom à une couverture, faite avec de la soie, du satin ou de la satinette remplie de duvet de canard ou d’oie, qu on met sur les lits pendant l’hiver pour donner plus de chaleur au corps pendant le sommeil. Avec la plupart des hygiénistes, Fonssagrives en tète, nous trouvons que l’édredon est « une superfluité et une mollesse dangereuses » et nous voudrions qu’on le réservât d’une manière presque exclusive pour les
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malades, et que les gens bien portants n’en fissent usage que pendant les grands froids. p. l.
ÉDULCORATION. — L’édulroration a pour but de diminuer la saveur in.<îipide ou désagréable d’une tisane ou d’une potion, par l’addition de sucre, de miel ou d’un sirop approprié. p. l.
EFFÉRENT. — Qualificatif donné par les anatomistes aux canaux ou conduits par lesquels les fluides sécrétés par les glandes, sortent de ces glandes. p. l.
EFFERVESCENCE. — On donne ce nom au bouillonnement causé par le df'gagement rapide d’un gaz traversant un liquide sous forme de bulles qui viennent crever à la surface. p. i.
EFFLORESCENCE. — On donne ce nom à un phénomène chimique que présentent différentes substances cristallisées, dont la surface se désagrège et se transforme en une matière pulvérulente, sous l’influence de l’air qui leur enlève une portion de leur eau de cristallisation. Ainsi, les cristaux de carbonate de soude exposés à l’air se recouvrent au bout d’un certain temps d’une couche de poudre blanche formée par ce sel déshydraté.
EFFLUVES. — Nom donné aux vapeurs qui se dégagent des matières animales et végétales en décomposition dans les lieux humides, principalement dans les marais, et qui ont pour caractère essentiel de donner naissance aux fièvres intermittentes, rémittentes, continues, etc. p. l.
EFFORT. — Mot par lequel on désigne, dans le vulgaire, les diverses espèces de hernies qui sont en effet, dans la plupart des cas, la conséquence d’un effort (V flemié). — Le mot sert encore à désigner la douteur qui succède à une contraction très énergique d’un muscle ; aux reins, cette douleur est appelée tour de reins.
Le mot est encore employé dans une autre sens en physiologie. Ainsi, lorsque les muscles entrent en contraction afin de donner aux mouvements du corps une force mécanique suffisante pour surmonter une résistance plus ou moins énergique, comme dans l’action de pousser, de tirer ou de soulever un fardeau on dit que l’on fait effort. Ce phénomène se compose de deux temps ; pendant le premier, on fait une grande inspiration qui a pour but de dilater la cavité thoracique et de donner à ses parois assez de résistance pour servir de point fixe aux muscles qui s’insèrent directement ou indirectement sur le tronc ou sur les segments adjacents ; le second temps est occupé par la contraction des muscles destinés aux mouvements de progression, de propulsion ou de traction que l’on se propose d’accomplir. Pendani la durée de ce dernier temps, l’air inspiré s’échappe par le larynx préalablement rétréci : la rapidité de cette sortie de l’air et le bruit qu’elle produit dépendant de l’énergie des contractions musculaires. Le « ho his » des marins et le cri de geindre ex^jriraent par leur
cadence les deux temps de l’effort. C’est l’accomplissement de ce phénomène qui expose aux hernies des viscères abdominaux, parce qu’ils sont repoussés par le diaphragme et peuvent s’échapper à travers les orifices naturels de l’abdomen.
D' G. WlTKOWSKI.
ÉGILOPS. — Nom donné par les oculistes à une petite fistule siégeant à l’angle interne des paupières, près du sac lacrymal et succédant à un abcès appelé anchilops (V. ce mot). p. i.
Egophonie. — On donne ce nom à un chevrotement particulier de la voix qui rappelle le bêlement de la chèvre ou plutôt la voix d’un individu qui parle avec un jeton entre ses dents. L’égophonie s’entend chez les malades atteints d’un épanchement pleurétique faible ou moyen. p. l.
ÉGOUT. — Hygiène publique — Les égouts sont des canaux souterrains destinés à porter, à une grande distance des lieux habités, les eaux de pluie et d’arrosement, les eaux sales et infectes qui ont servi aux usages domestiques, tout ou partie des vidanges, ainsi que les résidus liquides de certaines industries manufacturières.
La question des égouts intéresse au plus haut degré l’hygiène publique.
Il faut, dans la construction d’un égout, considérer non seulement la quantité d’eau qui doit y passer en temps ordinaire, mais encore examiner la superficie du bassin qu’il doit desservir et la quantité d’eau que fournissent les pluies en temps d’orage. Ainsi, plus un bassin aura une grande superficie et plus la quantité d’eau qui tombera à la fois sera considérable, et plus grande devra être la capacité de l’égout.
Quant aux conditions de construction et de dispositions qu’ils doivent remplir, les voici résumées succinctement.
Les égouts doivent offrir un écoulement facile aux eaux ménagères et pluviales et aux diverses matières qui peuvent y être introduites. Pour que cet écoulement soit facile, il faut leur donner une pente suffisante. A Paris, celte pente, un peu faible, ne dépasse pas 50 centimètres par kilomètre, c’est-à-dire 5 dix-millièmes par mètre.
Les égouts ne doivent laisser dégager aucune odeur méphitique sur la voie publique par les bouches qui, dans la plupart des villes, s’ouvrent librement à la surface des ch lussées. Pour cela, on a eu recours à des artifices divers. A Montpellier et à Saint-Étienne, on a adopté le système Millerat, qui consiste en une cuvette en tôle, à bascule, qui s’ouvre de dehors en dedans lorsque l’eau de la pluie la remplit et qui revient sur elle-même pour obturer l’égout, dès qu’elle l’a versée. Ce système, dont le principe est excellent, fonctionne difficilement d’une façon régulière, et le plus souvent, il arrive que la cuvette, chargée de débris solides de toute sorte, terre, pierre, immondices, etc., reste levée et ne bascule plus que lorsqu’on intervient et qu’on la débarrasse.
M. üupasquier, architecte de Lyon, a proposé d’appliquer aux bouches d’égout le système des si-
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phons renversés qu’il a installés à l’égout de l’abattoir de cette ville et qui fonctionne d’ailleurs très bien.
A Paris, les bouches d’égout s’ouvrent librement à la surface des chaussées, et il y a communication directe entre l’air de l’égout et l’air de la rue. Cette disposition ne présente pas de graves inconvénients; tes égouts de la capitale sont construits dans des conditions telles que les produits qui s’y trouvent n’y séjournent pas plus de vingt-quatre heures. D’ailleurs, il ne faut pas, comme le dit Bouchardat, exagérer l'inconvénient que présentent les odeurs désagréables dégagées par les égouts, pendant certains jours de chaleur; ces odeurs, déterminées par des gaz hydrogénés légers, sont plus désagréables que nuisibles. Cependant, nous serions de l’avis de Proust qui trouve que si on laisse communiquer les bouches d’égout avec l’extérieur, il faudrait, comme dans plusieurs villes d’Angleterre, forcer l’air qui s’en échappe à traverser une couche de charbon de bois qui le désinfecte.
Les égouts doivent être parfaitement imperméables pour prévenir l’infiltration des eaux corrompues dans le sol.
Les matériaux de construction qu’il convient d’employer pour obtenir des égouts imperméables, sont les pierres siliceuses et calcaires, soigneusement cimentées, et le béton, qui ne .-e laissent pas attaquer par les principes acides et corrosifs que renferment souvent les eaux industrielles. Une grande épaisseur ne semble pas nécessaire à donner aux murs pour les rendre imperméables, lorsqu’ils sont bien et solidement construits.
La forme donnée aux égouts a beaucoup varié. A Paris on a adopté une section ovoïde , la petite extrémité de l’œuf étant tournée en haut. Quant aux dimentions elles sont très variables, mais on ne construit plus de petits égouts, et les plus petits ont au moins P", 50 de hauteur sur 1 mètre de largeur, de façon à ce qu’un homme puisse toujours y pénétrer pour procéder à son curage Le grand collecteur d’Asnières a 4’", 50 de hauteur et 5“,60 de largeur, et sa cuvette qui varie de i'",50 à 3“,80, est bordée de chaque côté d'un trottoir de 90 centimè très de largeur. On y a aussi ménagé des refuges pour assurer la sécurité des ouvriers, lorsque les pluies torrentielles viennent inonder le canal subitement.
11 doit exister dans les égouts ce qu’on appelle des regards , communiquant avec l’extérieur. A Paris ces regards sont ménagés de 50 en 50 mètres et munis d’une échelle de fer.
Les égouts doivent être pourvus de moyens d’aération tels, que les gaz délétères ne puissent y séjourner el compromettre la sûreté et la vie des ouvriers chargés du curage. Ils doivent présenter de distance en distance, ou encontre-bas du radier, des réservoirs où puissent se déposer et etre completemet)t enlevées les matières plus ou moins solides, susceptibles d’etre employées avantageusement par l’agriculture.
Les égouts doivent être lavés à grande eau le plus souvent possible, l.es eaux de pluies en opèrent le lavage naturel. « L’irruption d'une grande quantité d’eau pure, comme le dit très bien Proust, délaye
les matières, et, par le seul fait de la pression mécanique, les entraîne rapidement au dehors, si les dispositions de l’égout s’y prêtent. Un fait remarquable, c’est que. pendant les pluies torrentielles les bouches d’égout exhalent très souvent une odeur des plus fétides; cela lient à ce que l’irruption soudaine de l’eau déplace les gaz qui, s’échappant partout où ils se trouvent une sortie, viennent répandre dans les rues l’odeur qui règne naturellement dans ces conduits souterrains. »
Le lavage naturel des égouts par les eaux de pluie est la plupart du temps insuffisant. Il faut alors pratiquer le lavage artificiel, soit en projetant dans le canal de l’égout de l’eau puisée dans les fleuves ou dans des réservoirs spéciaux, soit encore en établissant des barrages qui permettent de retenir une partie des eaux d’égout et de les lancer ensuite à un moment donné avec plus de violence. Dans la plupart des villes d’Angleterre on lave les égouts avec de l’eau de pluie qui tombe des toits et est recueillie dans des citernes exprès pour cet usage.
Le nettoyage des égouts s’opère, à Paris, de la manière suivante : dans les collecteurs, ce sont des wagons glissant sur des rails et munis d’une vanne qui chasse devant elle les boues et les immondices. Dans le grand collecteur cet office est confié à un bateau spécial muni aussi d’une vanne.
Enfin, on doit pratiquer dans les égouts une ventilation puissante et énergique, afin d’y rendre l’air respirable pour les ouvriers qui y travaillent. On joint à la ventilation les procédés chimiques désinfectants tels que la chaux ou les chlorures. Dans plusieurs villes d’Angleterre, on aspire l'air des égouts au moyen d’une puissante vis d’Archimède et on le répand dans l’air extérieur à des hauteurs telles que les habitants n’en éprouvent aucune incommodité. Plus de f.200 de ces appareils fonctionnent dans la seule ville de Liverpool.
On peut suppléer jusqu’à un certain point à la ventilation par les procédés chimiques, et désinfecter l’air des égouts avec la chaux , ou mieux avec le chlorure de zinc et le sulfate de fer.
D' Paul Lauarthe.
ÉGOUTIERS. — Hygiène professionnelle. — Les
individus employés dans les égouts sont exposés à un accident grave et parfois mortel : l’asphyxie. Celle-ci peut être produite par les gaz hydro-sulfuréset hydro-sulfate d’ammoniaque qui se dégagent des matières organiques en décomposition contenus dans les eaux d’égout. Elle peut aussi être déterminée dans quelques cas par la présence de gaz d’éclairage provenant de fuites dans les conduites enterrées dans le sol. De plus, le gaz d’éclairage accumulé en quantités plus ou moins considérables dans des égouts très peu ventilés, peut former des mélanges explosibles et occasionner des accidents terribles.
Les égoutiers sont aussi sujets à un certain nombre de maladies, telles que le rhumatisme et les angines, dues à l’humidité qui règne dans les voies souterraines On observe aussi chez eux des embarras gastriques, accompagnés de coliques violentes avec diarrhées et vomissement. Bon nombre sont anémiques, d’une pâleur terreuse, et présen-
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I tent des troubles nerveux et respiratoires. Ajou- ' tons enfin qu'on rencontre souvent chez eux des conjonctivites catarrhales et des blépharites.
D’une manière générale, les ouvriers employés ' dans les égouts doivent être vêtus de laine et de flanelle, et chaussés de hautes et fortes bottes imperméables. Ils doivent prendre une nourriture tonique, et ne pas se livrer à l'alcool.
Chaque fois qu'ils doivent descendre dans un égout, ils s'assureront d'abord que l'air y est suffisamment renouvelé, et enlèveront les [daques de fonte qui recouvrent les puits de descente, longtemps avant d'y pénétrer. Si, une fois dans l’égont,
' leurs lumières s'éteignent ou s’ils éprouvent un malaise général, des vertiges, ils se hâteront de remonter de l’égout.
Une excellente précaution avant de descendre I dans un égout consiste à se munir de Vappareil Galibert. Cet appareil, proposé par l’auteur en 1865, consiste en un masque respirateur propre- 1 ment dit communiquant avec un réservoir d’air I que l’ouvxier emporte lorsqu’il descend dans l’é- ] goût. D'' Padl Labarthe.
ÉGYPTIAC (ONGHENT). — L’onguent Égyptiac est une vieille préparation pharmaceutique dont voici la formule :
I Miel blanc 280 grammes
Vinaigre liO —
Sous-acétate de cuivre 100 —
mélangés, chauffés et évaporés jusqu’à consistance d’onguent, qu’on employait jadis à l’extérieur comme excitante comme styptique pour le pansement des plaies et des ulcères, et qui n’est plus en usage aujourd’hui que dans la médecine vétérinaire. P. L.
ÉJACÜLATEURS. — Nom donné par les anatomistes à deux canaux constitués par la réunion des deux extrémités inférieures des vésicules séminales et des canaux déférents, situés un de chaque côté de la ligne médiane de la face postérieure de la prostate dans laquelle ils pénètrent et qu’ils traversent de haut en bas et d’arrière en avant pour aller s'ouvrir dans la partie postérieure du canal de l’urèthre, à l'extrémité antérieure du véruniontamcm.
\ ce point de terminaison, ils sont séparés l’un de l'autre par Vulrici/le prostatique, petite poche membraneuse qui exerce sur eux une compression élastique et permanente et s’oppose au passage du sperme pendant le repos des organes générateurs. Ces canaux qui ont une longueur variable de 25 à 28 millimètres, et dont la structure est analogue à celle des canaux déférents, sont destinés à porter dans l’urèthre le sperme au moment de l'éjaculation (V. ce mot). P. L.
ÉJACULATION. — On donne ce nom à l’acte mécanique par lequel la liqueur spermatique est lancée hors des voies génitales. L’éjaculation « ce jaillissement précieux, comme dit Cockburn, qui fait connaître toute l’étendue de la volupté, » est un acte indispensable chez l’homme dans la fonction de génération.
Lorsqu’elle a lieu normalement, physiologiquement, c’est-à-dire pendant la copulation ou co’i’t, dont elle est le but et le résultat final, l’éjaculation est provoquée par les sensations génitales du co’i't.
m. Canal éjaculateur. — l. Vésicule séminale. — te. Canal déférent. — h. Queue de l’épididyme. — g. Tète de l’épididyme. — — f. Testicule. — a. Vessie. — b. Portion protatique de l’urèthre. — c. Portion membraneuse de Turèthre. — d. Portion spongieuse. — e. Uretère. — n. Glande de Mery ou de Cooper. — O. Corps caverneux. — p Bulbe. — r. Paroi spongieuse de l’urèthre. — s. Gland et fosse naviculaire. — t. Prostate.
et a lieu brusquement, par une série de petits jets saccadés. Elle est due suivant la plupart des physiologistes, d’abord, aux contractions des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs qui poussent le sperme dans le canal de l’urèthre ; ensuite, aux contractions successives du muscle de Wilson et du miiscle bulbo-caverneux qui chassent par saccades le liquide fécondant au dehors du canal de l’urèthre qu’il parcourt rapidement en produisant une sensation tellement voluptueuse que dans certains cas, comme le satyriasis, elle domine la raison.
La quantité moyenne du sperme de chaque éjaculation varie de 1 à 6 grammes. Elle est en moyenne de 4 grammes chez un adulte. Chose à noter, les vésicules séminales ne se vident jamais complètement dans une seule éjaculation. La force avec laquelle le sperme est projeté, ne dépasse pas