‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 188 sur 238 · EM P · texte numérisé non relu

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(ItTiiirro assertion, car aujourd’hui l’émétique à haute dose n’est guère affecté qu’au traitement de la pneumonie aiguë, franche.

D' Marc. Camboulives.

ÉMÉTO-CATHARTIQUE. — Nom donné à des n)édicaments qui agissent en même temps comme vomitif et comme purgatif. L’émétique, à la dose de O à tO centigrammes, mélangé de 15 à 20 grammes de sulfate de soude, dans 4 ou 500 grammes d’eau ou de tisane, qu’on prend en trois fois à un quart d’heure d'intervalle, constitue un excellent éméto-catharlique très fréquemment employé. p. l.

ÉMINENCE. — Mot employé, en anatomie, pour désigner certaines saillies ou renflements des os, du cerveau, du foie, ou de quelques muscles. . p. i.

EMMÉNAGOGUE. — Nom donné , en thérapeutique, aux divers médicaments qui, par leur action .«ipéciale sur la circulation locale de l’utérus, congestionnent et fluxionnent cet organe de telle façon qu’ils font apparaître les règles supprimées, tardives ou laborieuses. Les principaux emménagogues sont ; l’absinthe, l’armoise, l’ergot de seigle, la rue, la Sabine, le safran, et surtout l’apiol. p. l.

EMMÉTROPE. — On donne ce nom à l’œil normal, régulièrement conformé, dans lequel les rayons lumineux parallèles, provenant d’objets infiniment éloignés, réfractés par les milieux réfringents de l’œil, viennent se réunir exactement sur la rétine. L'emmétropie est le contraire de Y Améiropie (V. ce mot). p. L.

ÉMOLLIENT. — Nom donné, en thérapeutique, aux substances médicamenteuses qui ont la propriété de relâcher, de détendre, d’assouplir et d’amollir les tissus des organes avec lesquels on les met en contact, et en même temps d’émousser plus ou moins leur sensibilité. On divise les émollients en deux groupes : 1° les émollients mucilagineux, parmi lesquels nous citerons la gomme arabique, la gomme adragante,les fécules, le sucre, le miel, la mauve, la guimauve, le bouillon-blanc, le lichen, la violette, l'orge, la réglisse, les jujubes, etc.; — 2“ les émollients huileux, tels que les huiles d’amande douce, d’olives, de noisette, de lin, etc. p. l.

ÉMONCTOIRE. — On donne ce nom, en anatomie, aux organes, conduits ou canaux, destinés à évacuer les divers produits d’élimination du corps humain. .Vinsi les reins et la vessie sont les émonctoires de l'urine, etc. p. i..

EMOÜLEÜRS. — Hygiène professionnelle. — (V. Remouleurs.)

EMPATEMENT. — On donne ce nom à un engorgement non inflammatoire des tissus qui conservent l'impression du doigt pendant un certain temps, lorsqu’on les presse. p. l.

EMPHYSÈME. — On donne le nom d’emphysème à la présence de gaz dans le tissu cellulaire.

L’emphysème a été divisé en traumatique et spontané, faux et vrai ; mais, en réalité, la présence de fluides gazeux dans le tissu cellulaire peut s’observer dans trois circonstances différentes.

A. Le gaz provient d’une cavité viscérale qui en contient normalement (arbre aérien, tube digestif) et qui a été ouverte, soit par un traumatisme, soit, mais bien plus rarement, par une surdistension ou une lésion organique; — B. 11 provient de l’extérieur ; — G. 11 s’est développé d’emblée dans le tissu cellulaire.

A. E.mphysème par ouverture d’une cavité viscérale.— On sait que les diverses parties de l’arbre aérien (sinus de la face, fosses nasales, larynx, trachée, bronches, poumons) et le tube digestif contiennent des fluides aériformes; or, pour que ces fluides puissent en sortir, et, de là, pénétrer dans le tissu cellulaire, il faut : 1» que cette cavité soit perforée; 2" que les fluides qu’elle contient soient soumis à une certaine pression qui les pousse mécaniquement à travers la perforation; 3° enfin que ces fluides ne puissent traverser librement la couche celluleuse pour s’échapper à l’extérieur.

Or, 1“ la perforation de la cavité s’observe, soit à la suite d’un traumatisme (fracture des côtes, des os de la face, perforation du larynx, des bronches, des poumons, de l’intestin, etc.) par un instrument piquant et étroit, soit par le fait d’une lésion organique, soit encore à la suite d’un violent effort (quintes de toux, etc.); 2° la projection des fluides gazeux à travers l’ouverture anormale est le fait même de la pression à laquelle sont soumis ces fluides dans certains actes, tels que l’expiration, la toux, l’effort, etc. ; 3° enfin, le défaut d’issue à l’extérieur tient à ce que la peau est saine (blessure des poumons ou de la muqueuse nasale par un fragment osseux sans déchirure, etc.), ou à ce que son ouverture est étroite et oblique (plaie par instrument piquant). Les emphysèmes les plus fréquemment observés succèdent aux fractures de côtes, aux plaies pénétrantes de poitrine et aux fractures des os de la face ; dans ces diverses circonstances, lorsque les voies aériennes sont perforées, l’air qu’elles contiennent se trouvant, dans certains actes, tels que l’expiration, la toux, l’effort, etc., soumis à une forte pression, s’engage en partie à travers l’ouverture et s’infiltre dans le tissu cellulaire.

B. Emphysème a la suite de plaie des téguments. — Cette variété est exceptionnelle, car il est rare de rencontrer des circonstances dans lesquelles l’air soit poussé avec force à travers les lèvres d’une plaie ; cependant, c’e.st ainsi qu’agissent les bouchers qui, à l’aide d’un soufflet introduit par une petite ouverture faite aux téguments, insufflent les animaux d’abattoir pour faciliter leur dépouillement, les maquignons qui veulent arrondir leurs bêtes, etc. C’est enfin ce qu’on a l’occasion d’observer dans certaines plaies, disposées de telle sorte que les mouvements ou les contractions musculaires exercent une sorte d'aspiration de l’air extérieur.

C. Emphysème spontané. — La formation directe ou spontanée de gaz dans le tissu cellulaire est fort rare et sa pathogénie encore plus obscure.

L’emphysème peut s’observer dans toutes les ré^^

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gions pourvues de tissu cellulaire, sauf cependant le cuir chevelu, la paume des mains et la plante des pieds, dont la trame est trop serrée pour se laisser distendre par des gaz; il est circonscrit ou diffus.

L’emphysème circonscrit se présente sous l’aspect d’une tuméfaction uniforme, mal limitée, blanche, indolente, sonore à la percussion et même transparente; elle s’affaisse légèrement par la pression et en donnant lieu à une sorte de crépitation comparable à celle que produit le froissement de l’amidon et désignée sous le nom de crépitation gazeuse; en général, il n’existe que peu ou point de troubles fonctionnels ou de voisinage.

Les emphysèmes généralisés ou très étendus soulèvent la peau d’une façon démesurée et donnent lieu à d’étranges difformités : le tronc s’arrondit comme un tonneau, les membres prennent une forme cylindrique, le visage devient monstrueux; l’infiltration gazeuse gagne les couches cellulaires profondes et apporte à l’accomplissement des diverses fonctions des obstacles souvent mortels.

L’emphysème spontané , heureusement très exceptionnel, a une signification fort grave; ses symptômes se confondent avec ceux de la gangrène foudroyante.

Nous venons de signaler les dangers des emphysèmes généralisés et spontanés; quant à l’emphysème circonscrit, qui est de beaucoup le plus ordinaire, il se forme plus ou moins vite, se limite et disparaît, soit en quelques heures, soit en quelques jours, par la résorption de l’air épanché et la cicatrisation de la plaie; son pronostic est donc bénin.

Dans l’emphysème circonscrit, il faut : 1“ prévenir une nouvelle infiltration de gaz dans le tissu cellulaire, en changeant la position du malade, en empêchant certains mouvements, en augmentant l’ouverture d’une plaie, etc.; 2° favoriser la disparition des gaz infiltrés, soit par des frictions ou des compressions méthodiques, soit par des ponctions simples ou pratiquées avec un appareil aspirateur.

Lorsque, à la suite d’un traumatisme, on voit se déclarer un emphysème spontané avec imminence de gangrène, le pronostic présente la plus grande gravité; on a conseillé de recourir à l’amputation du membre blessé, en même temps que par des boissons toniques et stimulantes on chercherait à relever l’état général du blessé. d' Léon movnac.

EMPHYSÈME PULMONAIRE. — On désigne sous ce nom la dilatation permanente d’un certain nombre de vésicules du poumon. Lorsque l’air, rompant les vésicules pulmonaires, s’infiltre dans le tissu cellulaire qui les sépare, l’emphysème prend le nom d’interlobulaire.

■ Pour que l’emphysème se produise, il faut que le tissu pulmonaire n’ait pas une résistance normale, c’est là une prédisposition souvent héréditaire. Cela étant, toutes les conditions capables d’augmenter la tension de l’air renfermé dans les poumons deviendront des causes occasionnelles d’emphysème.

En première ligne viennent toutes les professions nécessitant des efforts violents et répétés. L’effort (l('■bnle en effet par une puissante inspiration, puis

les lèvres de la glotte se rapprochent, s’opposent à la sortie de l’air qui distend leè poumons, et c’est en définitive sur eux que s’appuie le thorax pour servir de base aux muscles en action (boulangers, chanteurs, portefaix, etc.).

Les symptômes de l’emphysème pulmonaire peuvent se grouper sous quatre chefs : 1“ dyspnée; 2“ déformation du thorax; 3» modifications dans les phénomènes de percussion et d’auscultation de la poitrine ; 4“ troubles secondaires de la circulation.

1° Dyspnée. — Elle est habituelle, débute souvent dans la jeunesse et s’exagère sous l’influence du moindre effort; elle résulte de la diminution du champ de l’hématose par le fait de la rupture d’un grand nombre d’alvéoles, de la déformation persistante du' thorax (voussure) et de l’abaissement du diaphragme qui empêchent le poumon de revenir complètement sur lui-même pendant l’expiration et, par suite, d’emmagasiner une quantité d’air convenable. L’emphysème est avec la phthisie la maladie qui diminue le plus la capacité respiratoire, ainsi qu’on peut le mesurer avec le spiromètre.

2° Déformation du thorax. — Elle peut être générale ; cela n’a guère lieu que chez quelques vieillards dont la poitrine devient globuleuse; la déformation est le plus souvent partielle, limitée au creux sous-claviculaire, aux parties latérales du sternum; parfois le sommet du poumon emphysémateux s’élève dans le creux sous-claviculaire qui s’efface et se trouve remplacé par une tumeur dans laquelle on entend un léger murmure vésiculaire. Le diaphragme est souvent très abaissé et refoule le foie et la rate.

3° Percussion et auscultation. — La percussion donne au niveau des voussures une sonorité exagérée et une sensation d’élasticité plus grande ; cependant, lorsque les vésicules sont surdistendues elles ne rendent qu’un son sourd et étouffé (Skoda). La sonorité descend souvent fort bas, ce qui s’explique par l’abaissement du foie et du diaphragme.

Au niveau des parties sonores, l’auscultation révèle une grande faiblesse, parfois une absence presque complète du murmure vésiculaire, ce qui tient à l’inertie des vésicules dans lesquelles l’air ne .se renouvelle pas ; dans certains cas, l’expiration est un peu rude et prolongée. Parfois on entend tous les râles de la bronchite (sibilants, ronflants, muqueux et sous-crépitants) ; la bronchite est en effet une complication très fréquente.

4“ Troubles circulatoires. — L’atrophie et la destruction des capillaires au niveau des vésicules altérées expliquent l’excès de force que doit déployer le cœur droit pour triompher de cette résistance, et par suite son hypertrophie et les désordres secondaires dans la circulation des veines caves, turgescence de la face, varicosités des ailes du nez, œdème des extrémités inférieures.

La durée de. l’emphysème est fort longue; il dure souvent toute la vie, qu’il peut abréger soit par les altérations cardiaques, soit par les catarrhes pulmonaires.

L’emphysème interlobulaire ne peut guère être reconnu qu’à l’autopsie.

La bronchite complique habituellement l’emphy-

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I st“me ; l’union de la voussure et dfe la sonorité à I des râles nombreux indiquera l’existence simultanée de ces deux maladies.

I.es hémoptysies, l’amaigrissement, l’âge, les I sueurs nocturnes, le volume du foie, feront recon- I naître la tuberculose. L’emphysème peut, il est ( vrai, donner lieu à un affaiblissement du murmure I respiratoire et à des râles sous-crépitants siégeant ' sous les clavicules, mais ces phénomènes existent , en même temps dans toute l’étendue du thorax, ils I coexistent avec une voussure et une exagération de ! la sonorité au lieu de la matité qui appartient aux t tubercules.

Les palpitations et l’oedème indiqueront la maladie du cœur.

Si la dyspnée était très forte, on pourrait faire appliquer de nombreuses ventouses scarifiées autour du thorax, ou encore un vésicatoire Albespeyres. Il faut ensuite donner de l’émétique ou de l’ipéca, combattre le catarrhe bronchique par la médication spéciale à cette maladie (V. Bronchite) ; la dyspnée par les préparations employées contre V asthme {y. ce mot). Les bains d’air comprimé et les inhalations d’oxygène, à l’aide de V appareil Limousin ont été vantés dans ces derniers temps.

!>'' Léon Moynac,

EMPIRIQUE. — Mot détourné de son vrai sens par le public qui l’emploie en mauvaise part, comme synonyme de charlatan, tandis qu’en réalité, dans l'antiqjité, l’empirisme était une école médicale qui n’acceptait pour base de la médecine que la seule expérience, par opposition à l’école dogmatique qui appuyait cette science sur le raisonnement seul. P. L.

EMPLATRE. — Les emplâtres sont des médicaments externes, d’une consistance ferme, qui ont pour base, tantôt des corps gras et résineux, tantôt des corps gras et un oxyde de plomb. Les emplâtres sont plus consistants que les cérats, les pommades et les onguents; ils sont solides, gélatineux; ils se ramollissent par la chaleur du corps, sans couler, conservent la forme qu’on leur donne et restent adhérents aux parties sur lesquelles on les applique.

Relativement à leurs éléments constitutifs , on distingue deux sortes d’emplâtres. Les uns, que l’on peut appeler EMPLATRES résinecx, emplatres-ox- (;üents, ont une composition analogue à celle des onguents dont ils ne diffèrent que par une plus forte proportion de matières solides. Les autres, qu’on appelle emplâtres proprement dits , contiennent de l’oxyde de plomb combiné avec les acides oléique , margarique et stéarique. Beaucoup de pharmacologistes réservent le nom d’emplâtre à ces derniers composés et rangent les emplâtres résineux parmi les oiu/uents (V. ce mot).

I.es EMPLATRES PROPREMENT DITS Sont divisés en deux variétés : la première comprend les emplâtres préparés par l’intermédiaire de l’eau en emplâtres non brûlés; la seconde comprend les emplâtres préparés sans eau, ou emplâtres brûlés. Les uns et les autres exigent pour leur préparation des matières choisies de première qualité. Ainsi l'huile d’olive

pure est préférable aux autres huiles , la litharge anglaise, exempte d’oxyde de cuivre et de fer, est préférable à tous les autres oxydes de plomb connus.

L'emplâtre simple ou non brûlé est de beaucoup le plus employé. Il se prépare avec

Litharge en poudre 1 partie

Axonge 1 —

Huile d’olive 1 —

Eau commune 2 —

On chauffe dans une grande bassine de cuivre l’axonge, l’huile et l’eau; après liquéfaction, on ajoute la litharge et on maintient l’eau en ébullition, en agitant continuellement jusqu’à ce que la matière bouillante ait acquis une couleur blanche uniforme et une consistance convenable, ce dont on s’assure en malaxant une parcelle d’emplâtre dans l’eau froide et constatant qu’elle n’adhère pas aux doigts. On laisse alors refroidir et, pendant que l’emplâtre est encore chaud, on malaxe pour séparer l’eau et on le roule en magdaléons ou petites masses cylindriques du poids de 30 grammes ou au delà.

Les emplâtres composés ont tous pour excipient l’emplâtre simple, dans lequel on incorpore la substance active. Les plus connus et les plus usités sont l’emplâtre Diachylon, l’emplâtre Diapalme, l’emplâtre de Vigo.

Très fréquemment employés autrefois, les emplâtres le sont un peu moins aujourd’hui. 11 faut avouer pourtant qu’ils tiennent et tiendront toujours une place importante dans la thérapeutique, parce qu’il sera difficile dans maintes circonstances de les remplacer par d’autres agents. Voici quelle est la manière de s’en servir. Après les avoir ramollis dans de l’eau tiède, on les étale en couches peu épaisses, avec une spatule ou un couteau, sur des tissus de toile, de taffetas ou de peau mince, auxquels on a donné au préalable la forme qu’on désire. On doit toujours laisser assez de marge pour que les emplâtres ramollis par la chaleur ne fusent pas sur les vêtements. On les approche un peu du feu avant de les appliquer, et on les laisse en place huit, dix, vingt-quatre heures, jusqu’à dix et quinze jours, suivant les matières plus ou moins irritantes dont ils sont composés. On s’en sert comme agglutinatifs et cicatrisants, pour réunir les bords des plaies et contribuer à leur cicatrisation (emplâtre Diachylon) ; comme résolutif contre les engorgements indolents (emplâtre de Vigo); comme résolutif, astringentetdessiccatif(onguentI>îapai?ne), etc. (V. Diachylon, Diapalme, Vigo).

D' Marc. Camboulives.

EMPOISONNEMENT. — (V. Poison.)

EMPYÈME. — On désigne sous ce nom un épanchement purulent spontané ou traumatique contenu dans la cavité de la plèvre (V. Pleurésie pwulente). — On donne aussi le nom d’empyème ou pleurotomie à l’opération chirurgicale que l’on pratique pour donner issue à l’épanchement purulent contenu dans la cavité pleurale (V. Pleurotomie).

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EMPYREUME. — On donne ce nom à une odeur particulière, sui generis, qui se dégage des produits volatiles obtenus par la distillation des matières animales ou végétales. p. l.

ÉMULSION. — On donne ce nom en pharmacologie à des préparations liquides, d’apparence laiteuse, tenant en suspension dans l’eau des matières huileuses, résineuses ou gommo-résineuses. On distingue deux sortes d’émulsions : les émulsions naturelles et les émulsions arlificAelles.

Les émulsions naturelles sont celles que l’on fait avec les semences huileuses (amandes, pistaches, etc.), préalablement débarrassées de leur épisperme au moyen de l’eau bouillante, que l’on pile ensuite dans un mortier en ajoutant peu à peu et lentement la quantité d’eau froide nécessaire pour obtenir un liquide laiteux. Ces émulsions sont particulièrement constituées par de l’huile tenue en suspension dans l’eau, à la faveur de la matière albumineuse des semences. Avant d'en faire usage, il faut les passer au travers d’un linge.

Les émulsions artificielles sont celles qu’on obtient en triturant violemment des huiles ou des résines liquides dans de l’eau avec une gomme (le plus souvent la gomme adragante), un mucilage ou un jaune d’œuf. Souvent on y ajoute non seulement du sucre, mais encore diverses substances aromatiques ou médicamenteuses, soit pour rendre leur goiit plus agréable, soit pour modifier leurs propriétés thérapeutiques.

Naturelles ou artificielles, les émulsions ainsi préparées ne se conservent pas; elles s’altèrent toutes et, au bout d’un temps plus ou moins long, elles perdent leur homogénéité. On voit alors l’émulsion se séparer en deux couches, celle de dessus formée par l’huile qui est plus légère que l’eau qui reste au fond. Il faut donc avoir soin de ne les préparer qu’au moment d’en faire usage.

M. Le Reuf, pharmacien distingué de Bayonne, ancien interne des hôpitaux de Paris, a trouvé le moyen de préparer des émulsions stables qui se conservent indéfiniment, le coaltar Le Beuf et le goudron Le Beuf (émulsions inscrites au nouveau Codex) que tout le monde connaît, en sont la preuve. Pour cela, il a eu l'ingénieuse idée d’employer la sap07iine, principe actif du quillaya saponaria,qui, unie aune petite proportion d'alcool, jouit de la propriété de dissoudre le goudron et les résines et de les maintenir indéfiniment en suspension dans l’eau. D'' Paul Labahthe.

ENCANTHIS. — On donne le nom d’encanthis à

une inflammation chronique de l’angle interne del’œii, due à un développement considérable des poils de la caroncule lacrymale. On obtient la guérison de cette affection qui est d’ailleurs très rare, Fig. «5. - Encanthis. par l’arrachement

des poils et la cautérisation avec un collyre au sulfate de cuivre.

Il arrive quelquefois que la caroncule lacrymale est atteinte de dégénérescence cancéreuse ou encanthis malin. L’excision, suivie de cautérisations répétées, est ici le seul traitement à appliquer. p. l.

ENCASTIN-LES-BAINS (eaox minérales d’). — Encastin-les-Bains est un établissement thermal situé à un kilomètre de Puycasquier, petite ville pittoresque du département du Gers, à 14 kilomètres d’Auch, alimenté par plusieurs sources dont la principale est sulfuro-alcaline. Les eaux d’Encastin s’administrent en boissons, en bains et en douches, dans un établissement reconstruit par M. Dupin, médecin de Puycasquier, et muni de tout l’arsenal hydrothérapique moderne. Notre excellent confrère obtient de très bons effets des eaux d’Encastin dans les rhumatismes musculaires et articulaires chroniques ; dans certaines maladies de peau (eczéma, lichen, psoriasis, etc.); dans plusieurs affections de l’appareil digestif (inappétence, dyspepsie, gastralgie, etc.) ; dans les engorgements chroniques du foie ; dans les catarrhes vésicaux, etc. p. l.

ENCAUSSE (EAOX minérales d’). — Encausseest un petit village de la Haute-Garonne, situé dans l’arrondissement de Saint-Gaudens, dont les eaux minérales sulfatées calciques thermales, s’administrent en boissons, en bains et en douches, dans certaines maladies de l’appareil digestif, du foie et de l’appareil urinaire. Les affections utérines accompagnées d'excitabilité nerveuse et inflammatoire de l’utérus sont aussi heureusement modifiées par ces eaux. Nous en dirons de même des rhumatismes.

ENCENS. — L'encens ou oliban est une gomme-

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résine qui est fournie dans l’Inde par le boswellie à dents de scie, ou bostrellia serrata de Roxburg, de la famille des térébinthacées, elle est encore fournie dans l’Arabie, l’Abyssinie et l’Ethiopie par un balsainodendron d’une espèce incertaine. Il existe donc dans le commerce deux sortes d’encens : l’encens de l’Inde et l’encens d’Afrique. Le premier, le plus estimé, est en larmes arrondies, d’une couleur jaune roussûtrc et souvent soudées deux à deux; le second est en grosses masses plus Colorées ou citrines. L’encens est composé de gomme, de résine, d’huile volatile et de quelques autres principes (Hraconnot). Il a une odeur parfumée des plus agréables, surtout lorsqu’on le brûle.

L’est un tonique stimulant à peu près abandonné. On n'y a guère recours aujourd’hui que pour des fumigations excitantes contre le rhumalisnie. Mais, en revanche, on s'en sert souvent pour masquer les mauvaises odeurs répandues dans la chambre d’un malade. A cet effet, on projette quelques grammes de celte gomme-résine suides charbons ardents d’où il se dégage aussitôt des \apeurs odoriférantes, capables de neutraliser les émanations putrides en question.

L'encens entre dans la composition du baume de Fioraventi, de la Thériaque et de divers emplâtres.

t)'' Mahc. Camboulives.

ENCÉPHALE. — L’ encéphale est la partie des centres nerveux contenue dans la cavité crânienne; il comprend : cerveau ; FIg. cervelet ; 3°Vislhme

de r encéphale ou moelle allongée (V. ces mots).

Cet organe a la forme d’un œuf dont la grosse extrémité serait dirigée en arrière. Son poids varie entre 1300 et 1500 grammes; il est plus considérable proportionnellement chez l’enfant que chez l’adulte, chez riiomme que chez la femme.

Son développement est souvent en rapport avec l’intelligence : l’encéphale du célèbre naturaliste Cuvier pesait, à 63 ans, 1829 grammes; celui de Hyron, mort à 30 ans, 1807 grammes; celui des idiots descend quelquefois au-dessous de 1000 gr. De même que tous les organes de l’économie, l’encéphale se développe par l’exercice ; mais on a singulièrement exagéré ce fait en prétendant que Napoléon était obligé de changer de chapeau après chaque bataille.

L’encéphale est formé d’une masse de substance blanche centrale, enveloppée d’une écorce de substance gri.se constituée, par un amas considérable de cellules nerveuses; l’anatomiste .1. Luysacompté jusqu’à 70 de ces cellules par millimètre carré. L'encéphale ne renferme jamais de tissu graisseux, j)arce qu’en raison de la résistance du crâne la substance nerveuse serait comprimée lorsque les cellules paisseuses deviendraient trop abondantes.

Eti raison de la mollesse et de la délicatesse de sa texture, la masse encéphalique est protégée parle crâne dont la disposition en voûte augmente la résistance; il est recouvert lui-même, non sans motif, d’un cuir chevelu plus ou moins touffu. Les cheveux, en effet, ne servent pas seulement à orner le visage; comme ils sont mauvais conducteui-s de la chaleur et de l'électricité, ils mettent l'encéphale à l'abri des influences atmosphériques et, en vertu

de leur élasticité, ils le protègent contre l’impression des corps extéi-ieurs. Cette dernière propriété a été mise à profit dans les équipements militaires : le crin qui orne certains casques n’a d’autre but que d'amortir les coups de sabre. D'' g. Witkow.ski.

ENCÉPHALITE. — On donne ce nom à l’inflammation de l’encéphale et principalement du cerveau. D’après .laccoud, on ne doit admettre que deux encéphalites : l’ENCÉPHALITE AIGUE SUPPURATIVE et I’EN- CÉPHAUITE CHRONIQUE OU SCLÉROSE CÉRÉBRALE.

A. Encéphalite aigue. — Elle peut être primitive et tenir, dit-on, à des fatigues intellectuelles, à l’action du froid, de la chaleur, de l’insolation. Elle est le plus souvent secondaire, c’est-à-dire consécutive, soit a une altération du rocher, à une otite, à une tumeur cérébrale, quelle que soit sa nature, soit à un traumatisme (contusion cérébrale, esquilles enfoncées dans la pulpe nerveuse).

Les symptômes de l’encéphalite aiguë se présentent sous des formes assez diverses, mais ce qui prédomine, au début du moins, ce sont les contractures, l’agitation et le délire. Lorsque l’encéphalite est traumatique, les phénomènes qui la caractérisent ne surviennent que trois ou quatre jours après l’accident.

La contracture est le symptôme le plus frappant, elle s’accompagne souvent d’une grande agitation et de convulsions, et peut se localiser dans une partie quelconque ou revêtir la forme hémiplégique.

L’intelligence peut être conservée, mais très souvent il existe du délire, de l'amnésie, des troubles de la sensibilité, très rarement de la paralysie.

La fièvre est un symptôme aussi important que la contracture; elle s’accompagne souvent de constipation, parfois de céphalalgie et de vomissements.

Après deux ou trois jours, cette période d’excitation fait place à de la dépression, de la stupeur, de la paralysie, du coma, et le malade succombe, ou bien il revient peu à peu et survit plusieurs mois en conservant, soit une douleur de tète, soit quelques symptômes indiquant que la guérison n’est pas complète. Il est très fréquent de voir survenir de nouvelles attaques.

Il importe de savoir que certains abcès du cerveau consécutifs à des fractures du crâne ne révèlent leur présence qu’au bout d'un temps assez long. Quoi qu’il en soit, la mort est la terminaison habituelle de l’encéphalite suppurée.

Dans les cas d’encéphalite aigue, il faut chercher à diminuer la congestion par des saignées, l’application de la glace sur la tète, l’administration à l’intérieur du calomel à dose fractionnées, 10 centigrammes en 20 paquets (un par heure).

B. Encéphalite chronique. — ("V. Sclérose.)

i)'' Léon Moynac.

ENCÉPHALOCÉLE. — On donne ce nom à la hernie d’une partie plus ou moins grande de l’encéphale, à travers une ouverture accidentelle ou congénitale des os du crâne.

L’encéphalocèle est une lésion peu commune, qui se rencontre assez souvent unie à d’autres vices de conformation, tels que bec-dedièvre, spina-bifida, etc.

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isochrones au pouls, et dont la pression détermine des troubles cérébraux. On ignore ses causes. Elle est compatible avec la vie, mais sa situation l’expose à des phlegmasies dangereuses, et le plus souvent les enfants qui en sont porteurs meurent en bas âge.

V hydrencéphalocèle est une tumeur plus commune que la précédente, arrondie, souvent bosselée, molle, pâteuse, sans expansion, sans battements, à peu près irréductible, dont la pression détermine souvent des troubles cérébraux. Elle est souvent mortelle.

La méningocèle est très rare, aussi n’en dironsnous rien ici. p. l.

ENCËPHALOÏDE. — On donne ce nom à une variété de cancer (V. ce mot). p. l.

ENCHIFRÈNEMENT. — (V. Coryza.)

ENCHONDROME. — On donne ce nom aux chondromes qui se forment dans le centre de la gravité des os longs (V. Chondrome). p. l.

ENCLUME. — Nom donné par les anatomistes au second des quatre osselets de l’oreille moyenne. 11 présente un corps irrégulièrement quadrilatère qui s’articule avec la tête du marteau, une branche supérieure qui se porte en arrière horizontalement et une branche inférieure qui descend verticalement dans une direction parallèle au manche du marteau. 11 se termine par une petite facette concave qui s’articule avec l’os lenticulaire (V. Oreille).

ENCOMBREMENT. — Ce mot sert à désigner l'accumulation d’un nombre d’individus sains ou malades dans des espaces clos (casernes, camps, hôpitaux, etc.), trop étroits, et ne contenant par conséquent pas une quantité d’air suffisante pour chaque personne. L’encombrement diminue la proportion d’oxygène nécessaire à la respiration de chacune, augmente considérablement la quantité d’acide carbonique et détermine une sorte d’asphyxie chronique. L’encombrement entraîne aussi comme conséquence directe la viciation de l’air et il est certainement la cause occasionnelle la plus puissante des épidémies.

Quant à l’encombrement nosocomial des hôpitaux, il est particulièrement redoutable, surtout au point de vue de la propagation des maladies contagieuses, telles que la variole, la rougeole, la fièvre typho'ide, le typhus, la coqueluche, la diphthérite, la septicémie chirurgicale et la septicémie des femmes en couches. p. l.

ENDÉMIE. — On donne le nom d’endémie à toute maladie qui, due à des causes locales, règne habituellement dans une contrée et y revient d’une façon périodique ou irrégulière. Les maladies endémiques sont nombreuses et variées ; parmi les principales, nous citerons : les fièvres intermittentes dans les pays marécageux et dans ceux où se trouvent des eaux croupissantes; la dysenterie, la fièvre jaune, dans les pays chauds; le choléra sur

Cette tumeur présente trois variétés : 1° Yencéphalocèle proprement dite, formée exclusivement

Fig 437.

Dissection d’une encéphalocèle. — Hernie du lobe antérieur du cerveau (Musée Dupuytren).

par la pulpe nerveuse ; 2° Vhydrencéphalocèle, formée par une hydropisie ventriculaire et par une

Fig. 438.

Encéphalocèle (hydrencéphalocèle palatine) chez un nouveau-né.

partie de l’encéphale ; 3° la méningocèle exclusivement formée par le liquide céphalo-rachidien.

V encéphalocèle est une tumeur globuleuse ou aplatie, présentant des mouvements d’expansion, en rapport avec la respiration et des battements

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les bords du Gange, le goitre et le crétinisme dans certaines vallées des Pyrénées et des Alpes; la pellagre en Lombardie, les ophthalmies en Egypte, etc.

ENDERMIQDE. — On donne ce nom à une méthode thérapeutique qui consiste à administrer certains médicaments en les appliquant sur la peau préalablement dépouillée de son épiderme, par un procédé quelconque, mais plus particulièrement au moyen d’un vésicatoire. Les médicaments sont absorbés directement sans exercer aucune influence sur l'appareil digestif. On préfère aujourd’hui, et avec raison, à la méthode endermique la méthode dite hypodermique (V. ce mot). p. l.

ENDIVE. — (V. Chicorée.)

ENDOCARDE. — On donne ce nom à la membrane séreuse qui tapisse la surface interne du cœur en se moulant très exactement sur toutes les saillies et les dépressions que présentent les cavités de cet organe (V. Cœur). p. l.

ENDOCARDITE. — On donne le nom d’endocardite à l'inflammation de la membrane interne du cœur, on en distingue trois variétés: — 1° I’endo-

CARDITE AIGUE SIMPLE OU PLASTIQUE ; — 2° I’eXDOCAU- DITE ULCÉREUSE ; — 3“ I’E.NDOCARDITË CHRONIQUE.

Les causes des endocardites sont par ordre de fréquence.

1“ Le rhumatisme articulaire aigu, surtout lorsqu’il est généralisé. Loi de Bouillaud : dans le rhumatisme articulaire aigu, violent, généralisé, la coexistence d’une endo-péricardite est la règle, son absence l’exception; dans le rhumatisme léger et localisé, la proposition doit être renversée.

2" L’extension d’une phlegmasie voisine (péricardite, myocardite, pneumonie, pleurésie).

3“ Une altercation générale de l’organisme : (elles sont les endocardites observées à la suite des fièvres éruptives, du mal de Bright, de l’infection purulente, etc.

4° Par une rare exception, on a vu l’endocardite se développer à la suite d’un traumatisme chez les gens affaiblis, misérables, alcooliques.

Les deux premiers ordres de causes engendrent surtout l’endocardite plastique ; les deux derniers produisent surtout l’endocardite ulcéreuse.

L’endocardite chronique e»t très souvent le reliquat d’une endocardite aiguë; mais parfois elle s’installe sans bruit, sous l’influence de l àge, de la même façon que s’établit l’athérome artériel ; peut-être la syphilis, l’alcoolisme, les phlegmasies réitérées de l’appareil respiratoire y prédisposent-ils.

Chez le nouveau-né on a observé des endocardites du cœur droit ; ce qui tient à son activité fonctionnelle durant la vie fœtale.

Endocardite simple. — Elle se traduit par trois phénomènes principaux: 1° par l’éréthisme ou excitation cardiaque; 2° par l’épaississement des valvules et l’imperfection de leur jeu ; 3“ par la fièvre.

1° Excitation cardiaque. — Elle se révèle par des palpitations ; les battements du cœur sont ÜICTION.NAIRE populaire de Mèdeclne usuelle.

violents, précipités, ils ébranlent la paroi thoracique.

2“ É paississemenf des valvules. — Les valvules épaissies par la phlegmasie remplissent mal leurs fonctions , déterminant d’une façon passagère le rétrécissement ou l’insuffisance des orifices ; il en résulte des bruits de souffle qui, par leur brusque apparition, leurs alternatives fréquentes, se distinguent des souffles organiques ; en effet, l’épaississement des valvules est momentané ; dès que la fluxion inflammatoire disparaît, elles reprennent leur jeu régulier.

3° Fièvre. — L’endocardite étant une phlegmasie, elle détermine une accélération du pouls et une élévation de température ; mais il est assez difficile de faire la part de ce qui revient à l’endocardite et à la maladie qu’elle complique. Quoi qu’il en soit, dans l’endocardite simple, la température ne dépasse pas 39 degrés.

Endocardite chronique. — Ses symptômes sont ceux des lésions valvulaires qu’elle engendre CV. Valvules).

Endocardite ulcéreuse. — Son invasion est très obscure; survenant d’ordinaire dans le cours d’une maladie sérieuse, elle s’annonce par une a^^gravation considérable due à l’invasion de symptômes qui sont, tantôt ceux de la fièvre typho’ide, tantôt ceux de l’infeclion purulente. Ainsi, dans la forme typho'îde, il survient de la prostration, du délire, de la diarrhée , du météorisme , une fièvre très intense [40 à 41 degrés (comme dans toutes les maladies infectieuses)], un gonflement de la rate et même des taches rosées. Ces phénomènes tiennent à l’infection générale de l’organisme et aux petites embolies qui s’arrêtent dans l’intestin, la rate et même les capillaires de la peau. Dans la forme purulente, outre les mêmes symptômes généraux, il se forme des collections de pus dans les jointures.

Le diagnostic serait fort douteux s’il n’était éclairé par deux ordres de signes : 1" Par l’auscultation du cœur qui révèle des bruits de souffle en rapport avec les altérations valvulaires ;

2° Par les désordres spéciaux qu’entraînent les embolies : ainsi le malade peut être brusquement frapfié d’une hémiplégie : elle se rattache à l’oblitération de l’artere cérébrale moyenne et à l’anémie de l’hémisphère cérébral correspondant. D’ordinaire cette émiplégie siégé adroite; car c’est dans l’artère cérébrale moyenne du côté gauche que s’engage l’embolie, sans que l’on connaisse les motifs de ce lieu d’élection ; ou bien c’e.st le sphacèle d’un membre, ou encore de vives douleurs dans la rate, les reins, etc., toujours par oblitération de leurs vaisseaux.

L’endocardite simple dure quelques jours, deux semaines au plus ; puis les phénomènes aigus se dissipent, et alors, de deux choses l’une: ou bien la séreuse recouvre son intégrité, ou bien les symptômes s’aggravent de façon à prendre, après un nombre d'années indéterminé, les Caractères de l’endocardile chronique ;V Lésions oaioaiaires).

La mort est la terminaison de l’endocardite ulcéreuse : on l’a vu survenir, oieu r ir a ■ u i !i, / ■ (..

1 dans l’endocardite simple par formation de

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dans le cœur; leur présence s’annonce par des syncopes.

L’endocardite aiguë sera traitée comme la péricardite, avec laquelle elle coexiste fréquemment. Suivant les cas, on emploiera les émissions sanguines, le tartre stibié, les alcalins ou la digitale, et les révulsifs sur la paroi thoracique.

Dans la forme ulcéreuse on cherchera, mais souvent en vain, à lutter contre le mal par les toniques et les antiseptiques (aconit, sulfate de quinine, etc).

D' Léon Moynac.

ENDOMÉTRITE. — On donne ce nom à l’inflammation de la muqueuse de l’utérus (V. Métrité).

ENDOSCOPE. — L’endoscope est un instrument imaginé par Désormeaux, en 1853, et destiné à l’examen des conduits et des cavités du corps dont

l'ouverture étroite, ne permet que l’introduction d’une sonde de faible diamètre ; l’urèthre, la vessie, le col et le corps de l’utérus, l’œsophage et les fosses nasales. Il se compose d’une lampe dont la flamme est située au centre de courbure d’un réflecteur concave sphérique ; d’une lentille qui reçoit la lumière directe et celle qui est renvoyée par le réflecteur, et la concentre sur le point à éclairer ; d’un miroir plan, percé au centre et qui, recevant le faisceau lumineux sous un angle de 45 degrés, le réfléchit à angle droit dans la direction d’une sonde introduite dans les parties à examiner.

L’endoscope sert à explorer l’urèthre, la vessie, le col et le corps de l’utérus, l’œsophage et les fosses nasales. p. L.

ENDOSMOSE. — On donne ce nom à un pliénomène physique qui se produit lorsque deux liquides hétérogènes, nuisibles et de densité différente sont séparés par une membrane mince et poreuse, telle qu’une vessie ; il s établit entre ces deux liquides et à travers la membrane deux courants en sens inverse, d’intensité variable, qui tendent à les mé-

langer. Un de ces courants, le plus fort, celui produit de l’extérieur à l’intérieur, c’est-à-dire du liquide moins dense au liquide plus dense, s’appelle endosmose, l’autre plus faible et en sens inverse a reçu le nom à'exosmose.

L’endosmose joue un rôle très important dans plusieurs des principaux phénomènes de la physiologie animale, surtout dans ceux qui ont rapport à Vabsor-piion et à la nulrilion (V. ces mots.) p. l.

ENDUIT-FŒTAL. — (V. Sébum.)

ENFANCE. — L’enfance est cette période de la vie humaine qui s’étend depuis la naissance) usque vers l’âge de sept ans (V. Ages). p. l.

ENFANCE (ASSISTANCE publique de l’). — Notre siècle se singularise et s’honore par un mouvement social en faveur de l’enfant. Ce mouvement, si fécond en heureux résultats, est conçu et dirigé dans Tardent désir du bien, du soulagement des malheureux, de la moralité publique, du progrès de la démocratie et de la grandeur de notre pays.

C’est en effet dans l’enfant que repose tout l’espoir de l’avenir de la patrie. De sa vie, de ses forces, de sa santé dépendront un jour la sécurité de la nation, parce qu’il combattra, la fortune publique, parce qu’il travaillera. Un État bien organisé ne saurait se désintéresser des soins à donner à l’enfant pour Télever vigoureusement aussi bien que pour l’instruire. Dans l’antiquité, cette idée était poussée si loin que chez quelques peuples, et à Sparte notamment, on avait substitué la cité à la famille.

L’organisation donnée à la France par la révolution ne pouvait laisser en dehors du concours de la nation l’assistance à fournir à l’enfant. Aussi des décrets des 29 novembre 1790, 28 juin et 19 août 1793, 19 brumaire et 22 floréal au II, 20 thermidor an III et 5 messidor an IV, avaient ils créé un véritable code de l’assistance enfantine, dont l’effet devait être d’assurer les secours publics à tout enfant qui en avait besoin. Les charges que ces mesures législatives inspiraient auraient été excessives pour les ressources du temps, si l’exécution en avait été complète. En substituant Tas.sistance communale et départementale a celle de l’État, les lois postérieures n’ont rien laissé subsister de ces dispositions premières. Mais il n’était pas possible d’abandonner à l’initiative privée ou à celle de chaque municipalité le soin de pourvoir aux nécessités de l’existence de tous les enfants. La loi du 27 primaire an V et l’arrêté du 30 ventôse de la même année, complétés par le décret du 19 janvier 1811, réglèrent le sort des enfants trouvés et abandonnés ainsi que celui des enfants pauvres. De même, le décret du 25 juillet 1811, en autorisant la création d’une grande société de charité maternelle, s’efforça de secourir les enfants pauvres non abandonnés, en donnant quelques secours aux mères indigentes qui élèvent elles-mêmes leurs enfants Mais toutes ces lois négligeaient absolument l’enfant qui, n’étant pas abandonné dans le sens juridique du mot

A gauche l’instrument est disposé avec la sonde qui permet d’explorer le canal de l’urèthre.

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par sa mère ou ses parents, est en réalité confié, sans surveillance, à des soins mercenaires, ou sur l’éducation morale duquel ne veille aucune tutelle paternelle. Ce n’est que depuis peu d’années que le législateur s’est préoccupé de perfectionner son oeuvre en édictant la loi du 5 mai 1869 qui créa un service des enfinits assistés et celle du 23 décembre 1874 qui s'efforça de ‘protéger tes enfants du premier âge. Encore l’œuvre n’est-elle pas complète et la loi qui doit régler le sort des enfants moralement abandonnés soumise à l’examen des Chambres n’est-elle pas votée.

De l’ensemble des textes législatifs il résulte que l’assistance est due ou peut être donnée à l’enfant, depuis le jour où il vient au monde jusqu’à celui où il est de force à pourvoir à sa subsistance, dans les diverses situations suivantes :

1® Lorsqu’il est abandonné matériellement par ses parents ;

2® Lorsqu’il est orphelin ;

3® Lorsqu’il est abandonné normalement ;

tk° Lorsqu'il est confié à une nourrice ;

0° Lorsqu’il est nourri par sa mère.

En principe, l'Etat laisse au département ou à la commune le droit de veiller à ce que les soins suffisants soient donnés à l’enfant ; il ne prend que, dans quelques rares occasions, le fardeau de l’assistance directe. Mais l État participe à l’assistance du département ou de la commune en se réservant le ser\ice de surveillance de l’assistance même et en allouant des subventions aux départements, aux communes et aux sociétés de charité privée.

Enfants matériellement abandonnés. — Les enfants matériellement abandonnés sont compris dans les deux catégories suivantes :

Enfants trouvés ;

Enfants abandonnés.

Les enfants trouvés sont, aux termes du décret de 1811 ceux qui, nés de père et mère inconnus, ont été trouvés exposés dans un lieu quelconque ou portés dans les hospices destinés à les recevoir.

Les enfants abandonnés sont, d’après le même décret, ceux qui, nés de père et mère connus, et, d’abord élevés par eux ou par d’autres personnes à leur décharge, ou sont délaissés sans que l’on sache ce que leurs père et mère sont devenus, ou sans qu’on puisse recourir à eux. Cette définition est incomplète : doivent être assimilés aux enfants ainsi abandonnés, les enfants, dont les père et mère sont détenus et condamnés pour faits criminels ou de police correctionnelle — les enfants dont les parents sont traités dans les hospices — ceux qui sont maltraités par leurs parents — ceux nés dans les hospices, de femmes admises à y taire leurs couches, dans le cas où ces dernières refusent de s’en charger à leur sortie de l’hospice. Grâce aux efforts de l’administration, ce genre d’abandon est devenu, d’ailleurs, fort rare.

Aux termes de l’article 58 du Code civil, toute personne qui a trouvé un enfant nouveau-né est tenue de le remettre à l’officier de l’état civil, ainsi que les vêtements ou autres effets trouvés avec l’enfant, et de déclarer toutes les circonstances du temps et du lieu où il a été trouvé. Il en est dressé un procès-verbal détaillé qui énonce, en outre.

l’àge apparent de l’enfant, son sexe, les noms qui lui sont donnés, l’autorité civile à laquelle il est remis. Ce procès-verbal est inscrit sur les registres de l’état civil.

Le législateur a prononcé (Code pénal, art. 346 et 347) contre la personne qui, ayant trouvé un nouveau-né, ne l’a pas remis à l’officier de l’état civil, la même peine que celle qui frappe celui qui, ayant assisté à un accouchement, n’en fait pas la déclaration.

L’enfant abandonné ou trouvé, tel qu’il a été admis à l’hospice dépositaire, est compris parmi les enfants assistés dont, soit la commune, soit le département, ont la charge.

Les intérêts matériels des enfants trouvés ou abandonnés sont directement placés et de plein droit sous la tutelle des commissions administratives des hospices, en vertu des dispositions de la loi du 13 pluviôse an XIII et du décret du 19 janvier 1811.

Orphelins. — Les enfants orphelins sont, aux termes de l’article G du décret de 1811, ceux qui, n’ayant ni père ni mère, n’ont aucun moyen d’existence.

Les orphelins pauvres sont, comme les enfants trouvés et abandonnés, placés sous la protection de l’Assistance publique et leur condition est réglée par le décret précité.

Enfants moralement abandonnés. — L’assistance à donner à l’enfant qui n’est pas matériellement abandonné par ses parents, mais que ceux ci laissent sans éducation morale, fait l’objet de propositions de lois émanées de l’initiative parlementaire, mais non encore revêtues de leur approbation.

Cette assistance n’en existe pas moins partiellement. Des sociétés privées se sont fondées à cet effet. En outre, un service administratif a été formé par l’Assistance publique de la Ville de Paris. Ce service, accepté par le Conseil général de la Seine, en 1880, a été rattaché au service des enfants assistés.

Depuis la création du service, c’est-à-dire du 1" janvier 1881 jusqu’au 30 juin 1882, il a été recueilli 1,151 enfants, dont 849 garçons et 302 filles; 220 ont été envoyés par les magistrats du Petit Parquet; 169 par la Préfecture de police; 762 ont été amenés directement par les parents, soit de leur propre volonté, soit sur la demande des commissaires de police, des maires de Paris ou des communes suburbaines, des bureaux de bienfaisance.

Tout enfant dont l’admission est réclamée est, sans aucune formalité, immédiatement recueilli à l’hospice dépositaire pendant environ quinze jours, mais l’admission définitive n’a lieu qu’après ce stage.

Enfants en nourrice. — Des enfants placés en nourrice étant victimes d’une mortalité qui s’élevait, dans certains cantons où l’industrie nourricière était pratiquée, jusqu’à 75 et 80 p. 100, le législateur dût intervenir. M. le docteur Théophile Roussel, député à l’Assemblée nationale, déposa, en 1872, une proposition de loi qui, votée le 23 décembre 1874, est aujourd’hui connue sous le nom de loi sur la protection des enfants du premier âge. Cette loi devait être complétée par un règlement

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d’administration publique, qui a été promulgué le 27 février 1877.

L’article de la loi porte que tout enfant âgé de moins de deux ans qui est placé, moyennantsalaire, en nourrice, en sevrage ou en garde, hors du domicile de se-; parents, devient, par ce fait, l’objet d’une surveillance de l’autorité publique dans le but de protéger sa vie et sa santé.

La même loi impose certaines obligations soit à celui qui place un enfant en nourrice, en sevrage ou en garde, soit aux nourrices. Pour ces dernières, ces obligations varient suivant qu’elles veulent se procurer des nourrissons en sevrage ou en garde, ou se placer comme nourrice sur lieu.

Des commissions locales sont instituées, par arrêté du préfet, après avis du comité départi inental, dans les parties du département où l’utilité en est reconnue, pour concourir à l’application des mesures de protection des enfants et de surveillance des nourrices et gardeuses d’enfants.

La surveillance des enfants dans la commune est surtout assurée par des visites d’un médecin inspecteur dont la nomination appartient au préfet.

L’inspecteur de service des enfants assistés est chargé de centraliser tous les documents relatifs à la surveillance instituée par la loi. Chaque année, il présente un rapport sur l’exécution du service dans le département, et il rend compte du résultat de ses tournées.

Enfants nourris par leurs mères. — Depuis un grand nombre* d'années, l’administration de l’Assistance publique à Paris, pressentant qu’elle pourrait empêcher soit l’abandon des enfants, soit la remise des enfants à des nourrices mercenaires, avait décidé de donner des .secours temporaires mensuels aux mères qui voudraient bien se charger elles-mêmes de nourrir et d’élever leurs enfants. Dès 1860, par les soins de l’Administration du ministère de l’intérieur, la mesure du secours temporaire ou secours à dojnicilp était étendue à tous les départements La loi de 1869 devait compléter cette organisation en classant, au nombre des dépenses intérieures 'du service des enfants assistés, les secours temporaires destinés à prévenir ou à faire cesser l’abandon.

La plupart des arrêtés préfectoraux fixent la durée des secours à trois ou quatre ans révolus. Si la mère vient à décéder, l’allocation mensuelle est continuée à l’enfant et mandatée au nom de la personne qui consent à le recueillir.

Pour favoriser les légitimations, les règlements stipulent une indemnité de 60 à 1 00 francs en faveur de la mère qui contracte mariage avec le père de l’enfant aux conditions établies par l’article 331 du Code civil. Cette allocation met lin aux secours temporaires.

Tel est l'exposé de notre système d’assistance publique en faveur de l’enfance.

' Il convient d’ajouter que la charité privée vient joindre son action tutélaire à celle de l’assistance publique, dans le but de prévenir les abandons d’enfants et de favoriserrallaitement maternel. Dans cet ordre d’idées, nous citerons les Sociités de charité maternelle, qui sont au nombre de 861, la Société pour la propagation de V allaitement ma-

ternel, reconnue d’utilité publique, les Sociétés protectrices de Venjance, les Crèches.

Cette charité privée accomplit son œuvre, augmentant chaque jour sa coopération, et par une série d’institutions, dont certaines sont admirables, perfectionne, par sa propre initiative, tout ce que l’organisation légale peut encore avoir d’incomplet (V. Aveugles, Crèches, Sociétés de secours mutuels, Sourds-Muets, Tours, Hôpitaux).

Trigant de Beaumont.

ENFANTEMENT. — (V. Parturition.)

ENFLURE. — Nom donné d’une manière générale par le vulgaire à la tuméfaction de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, sans s’inquiéter de la cause qui la produit. p. l.

ENGELURE. — On donne le nom d’engelure à un gonflement inflammatoire et douloureux de la peau et du tissu cellulaire non cutané, plus ou moins circonscrit, accompagné tantôt d’une simple rougeur avec démangeaison, tantôt d’un engorgement profond avec phlyctènes remplies d’une sérosité rougeâtre, tantôt enfin de véritables ulcérations amenant la destruction complète de l’épiderme et atteignant quelquefois jusqu’aux tendons et même aux os. Les engelures ne sont pas produites par le froid seul, ainsi que beaucoup de personnes le croient, elles sont le résultat de l’action alternante du froid et de ta chaleur sur nos tissus. Elles surviennent lorsque, venant du dehors avec l’onglée aux pieds et aux mains, on se met les mains et les pieds devant un feu ardent. Il se produit alors une réaction vive, c’est-à-dire une inflammation, et cette inflammation est entretenue par les alternatives de froid vif et de chaleur trop forte. Les bains de pieds chauds que l’on donne quelquefois aux enfants pour guérir leurs engelures, produisent un effet opposé à celui qu’on veut obtenir.

Les engelures s’observent chez les enfants et siègent le plus ordinairement aux orteils et aux doigts. Elles peuvent aussi exister sur les oreilles et le nez. Elles sont très rares en ces derniers points chez les hommes; au contraire, chez les femmes qui portent des voilettes il n’est pas rare de voir des engelures sur le point de l’oreille où le voile s’arrête.

Les engelures durent le temps des grands froids, à moins que les personnes qui en sont atteintes ne gardent le repos de la chambre. Elles ne s’ulcèrent que lorsqu’il y a un défaut de soin, lorsque les chaussures blessent les pieds ou lorsqu’on fait des marches forcées. D’ordinaire les ulcérations des engelures ne dépassent pas le derme et ne présentent pas de gravité. La gangrène qui peut survenir par compression sur l’engelure est plus sérieux; mais il est très rare qu un doigt soit perdu à la suite d’une engelure.

Tous les traitements préconisés contre les engelures ne les guérissent pas tant qu’il fait très froid. Il n’y a, en réalité, qu’un remède sùr contre cette affection : éviter les alternatives de chaud et de froid. Quelques jours de repos (6 à 8) à la chambre, des cataplasmes Ilamilton chauds, donneront le plus

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1 souvent une guérison certaine. Mais, si le froid coni (inue et si le malade sort, les engelures revien- ' dront, surtout s’il se chauffe les pieds en rentrant.

I Les applications de neige sur les engelures sont I un vieux remède populaire sans valeur.

'I Dès qu’une engelure parait, on peut la recouvrir

I d’une couche de taffetas Marinier au baume du Commandeur, ou bien d’un morceau de papier

II Fayard et Blayn; on peut aussi la badigeonner soir et matin avec un pinceau trempé dans de l’ammoniaque (alcali volatil) ou bien de la teinture d’iode. Au bout de quelques jours, la peau se flé-

I trit, et on ne ressent plus aucune gène.

P. Vigier a proposé de faire soir et matin des onctions avec la pommade suivante :

Axonge 15 grammes

Pommade Kosat

Alun calciné

lodure de potassium 1 gramme

Laudanum de Kousseau ... 1 —

qu’il prépare de la manière suivante : il triture avec soin l’alun calciné dans 3 grammes d’huile d’amandes douces; il ajoute ensuite les corps gras et, lorsque le mélange est opéré, il y incorpore le laudanum et l’iodure de potassium préalablement dissous dans i gramme d’eau distillée.

On peut encore se servir du glycérolé suivant:

Glycérine pure 60 grammes

Amidon 4 —

Tannin 1 —

qu’on prépare en délayant l’amidon et le tannin dans la glycérine sur un feu doux, en remuant toujours, jusqu’à ce que le tout ait acquis une consistance de gelée, et qu’on applique froid en couche mince sur la partie malade, en ayant soin de recouvrir avec une bande de vieux linge.

Lorsque les engelures sont ulcérées on peut les panser avec ce même glycérolé pur ou additionné I de coaltar Le Beuf ; ou encore la pommade suij vante :

Axonge 1,5 grammes

Poudre de lycopode 0,30 ceutigr.

Tannin 0,.50 —

Guéneau de Mussy conseille d’envelopper les doigts malades avec un morceau de flanelle imbibé de la mixture suivante :

Vin de quinquina. . .

Alcool camphré

Teinture d'arnica. . . .

lodnre de potassium . .

Laudanum de Sydenham

Desprès conseille le repos elle pansement par occlusion avec des bandelettes de diachylon.

Les personne sujettes aux engelures devront tous les ans, au commencement de l’hiver, chercher à les prévenir, en fortifiant les pieds et les mains par des frictions sèches aromatiques, par des lotions avec de l’eau-de-vie, de l’eau-de-vie camphrée, de l’eau froide additionnée de benjoin, de borax ou d’extrait de Saturne, en les enduisant de glycérine ou de beurre de cacao, etc. d' a.-l. Labarthe père.

ENGHIEN (EAUX minérales D’). — Enghien est une petite ville toute moderne, située à 11 kilomètres de Paris, dans un site délicieux, qui possède des eaux sulfatées calciques froides, faiblement minéralisées. Ces eaux alimentent un bel établissement, où on les administre en boisson, en bains, en douches, en inhalations et en pulvérisations, principalement contre les maladies chroniques, de l’appareil respiratoire, laryngites, asthme, bronchite chronique, phthisie au premier et au second degré greffée sur un tempérament lymphatique ou scrofuleux, p. l.

ENGORGEMENT. — On donne ce nom au gonflement,- à l'augmentation de volume et souvent aussi de consistance d’un tissu ou d'un organe, déterminé par la compression ou l’oblitération des vaisseaux sanguins ou lymphatiques qui s’y rendent, ou par l'infiltration de sérosité ou de produits de sécrétion divers dans les interstices des éléments anatomiques. On dit aussi d’un conduit qu’il est engorgé, lorsqu’il y a réplétion et distension de ce conduit, avec embarras à l’écoulement des matières qu’il renferme, produit, soit par l’arrivée subite d’une quantité de liquide supérieure à celle qu’il peut contenir, soit par un obstacle matériel quelconque à l’écoulement de ce liquide. p. l.

ENGOURDISSEMENT. — On donne ce nom à un état particulier de stupeur qui paralyse instantanément un ou plusieurs organes en même temps, et nous empêche d’en faire usage selon les besoins de notre activité. Lorsqu’une partie seulement du corps est engourdie , cet état résulte soit d’une attitude trop longtemps prolongée, soit d’une fausse position de cette partie, soit d’une pression trop forte qu’elle aurait eu à subir, et l’engourdissement s’accompagne souvent alors de picotements et de fourmillements incommodes. Cet état est dû au trouble et à l’interruption momentanée de l’action du système nerveux ; la preuve en est qu’on peut le produire à volonté en comprimant simplement le nerf principal d’un membre (on peut aussi obtenir le même résultat par la compression d’une artère importante). Dans ces cas, l’engourdissement cesse ordinairement avec sa cause et, s’il ne disparaît pas assez rapidement, on le fait cesser par de simples frictions sèches locales. Lorsque l’engourdissement est général il est causé le plus souvent par un froid vif et soutenu; il faut le combattre en frictionnant la personne engourdie, en lui faisant prendre une boisson très chaude, thé, grog, etc., et en ne lui permettant de s’approcher du feu que peu à peu. — Il est enfin des cas où l’engourdissement est le symptôme d’une affection du cerveau. Lorsqu’il se montre chez un vieillard replet, il est presque toujours l’avant-coureur de l’apoplexie ou de la paralysie, p. l.

ENGRAIS (FABRICATION ET DÉPÔTS D’). — Hygiène publique. — La fabrication des engrais au moyen de matières animales est une industrie rangée dans la première classe des industries insalubres et dangereuses, à cause des émanations infectes et délétères d’ammoniac, d’hydrogène sulfuré, etc., qui se dégagent des matières animales pendant leur décomposition et leur fermentation.

70 grammes

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On ne doit donc autoriser de pareils établissements qu’à la condition expresse qu’ils s’élèveront à une grande distance des habitations, qu’ils seront clos de murs, entourés de plantations d’arbres. De plus, on exigera que les matières premières soient désinfecti es au fur et à mesure de leur arrivée dans la fabrique, à l’aide de mélanges désinfectants tels que sulfate de fer, chlorure de chaux, etc., dans la proportion de 10 kilos par 3 ou 4 mètres cubes de matières environ. P. l.

ENKYSTÉ. — On donne ce nom à des tumeurs qui sont renfermées dans une poche membraneuse contre nature développée accidentellement, qu’on appelle Kyste (V. ce mot). p l.

ENROUEMENT. — On donne ce nom à une altération de la voix qui est voilée, rauque, sourde et moins éclatante que de coutume (V. Amygdalite, Angine, Aphonie, Laryngite, Toux, Voix), p. l.

ENTÉRITE. — Le mot entérite signifie d’une manière générale l’inflammation de l’intestin. Limitée au gros intestin, elle a reçu celui de colite ; limitée au cæcum, celui de typhlite.

L’entérite peut être aiguë ou chronique.

Les causes de l’entérite peuvent se diviser en plusieurs groupes : 1» Les entérites par mauvaise qualité des ingesta, qu’elle soit absolue ou relative; dans ce groupe se rangent : A. les catarrhes intestinaux reliés aux maladies de l’estomac; lorsque le viscère élabore les aliments d’une manière incomplète, ceux-ci arrivent dans l’intestin dans de mauvaises conditions et jouent le rôle de corps étrangers; B. le catarrhe des enfants à la mamelle ou à l’époque du sevrage; C. les catarrhes par purgatifs répétés, etc.

2° Les entérites par troubles de l’innervation. — Émotions vives, frayeurs, larges brûlures, impression subite du froid, humidité. Dans ces diverses circonstances, le flux intestinal se produit par action réflexe.

3° Par stase veineuse. — Affections du foie, du cœur, des poumons, dilatation variqueuse des veines intestinales.

4® Entérites symptomatiques. — Dans les fièvres éruptives, la tuberculose, la fièvre typho'ide, le mal de Bright, la goutte, l’accumulation des matières fécales, les vers intestinaux.

Quels sont les symptômes de l’entérite? Dans les cas légers, la maladie s’annonce par des douleurs de ventre qui, partant de l’ombilic, s’irradient dans divers sens, s’accompagnent de contractions intestinales et cessent en quelques instants, ce sont les coliques. Après un ou plusieurs de ces accès surviennent des évacuations composées d’abord des matières dures préalablement accumulées dans le gros intestin, et puis de matières ramollies et même rendues liquides par le fait de l’hypersécrétion dont la muqueuse enflammée est le siège (diarrhée).

Tout peut se borner là, mais souvent les coliques et la diarrhée continuent, la peau de l’anus est irritée ; cependant au bout de quelques jours tout rentre dans l’ordre, du moins chez l’adulte, car chez les enfants à la mamelle ou qu’on vient de sevrer l’en-

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térite est toujours plus sérieuse : elle s’accompagne de fièvre, de soif vive, d’une tension douloureuse du ventre et souvent de nausées et de vomissements.

Lorsque l’entérite occupe le duodénum , ce qui est plus rare que ne le croyait Broussais, elle s’accompagne souvent d’ictère soit par oblitération de l’ampoule de Vater, soit par extension de la phlegmasie à la muqueuse qui tapisse le canal cholédoque.

Est-elle limitée au rectum, elle détermine une vive douleur qui a son maximum d’intensité vers le coccyx et le sacrum; elle précède souvent la dysenterie.

Lorsqu’elle est limitée au cæcum, elle porte le nom de typhlite (V. ce mot).

Enfin chez les enfants, Barthez a décrit une forme d’entérite dite typhoïde. La peau est brûlante, la température élevée, la fièvre continue avec redoublement, les lèvres et les dents s’encroûtent de fuliginosités, le ventre est tei du, il survient des vomissements et le malade succombe en une ou deux semaines. Cette forme, heureusement très rare, survient chez les enfants de deux à cinq ans.

L’entérite à forme chronique est primitive ou succède à l’état aigu et présente trois caractères principaux :

1“ Douleurs plus ou moins vives survenant d’ordinaire quelques heures après les repas, s’accompagnant de borborygmes et de mouvements intestinaux appréciables par le malade. Chez quelques-uns, les douleurs se produisent aussitôt après l’ingestion des aliments qui, mal élaborés par l’estomac , traversent l’intestin comme le ferait un corps inerte et sont reconnaissables dans les selles (c’est la lientérie) Chez d'autres, les douleurs sont encore moins vives, mais le ventre est tendu, ballonné, au point de gêner la respiration, les digestions sont pénibles, il existe une constipation opiniâtre, puis, tout à coup, soit par le fuit d’une accumulation excessive de matières fécales, soit par un dégagement plus considérable de gaz, surviennent des douleurs fort vives, suivies de l’expulsion d’une quantité énorme de matières, c’est ce qu’on appelle une débâcle. Cette forme spéciale d’entérite chronique s’observe surtout chez les goutteux, les hémorrhoidaires ; elle les plonge souvent dans l’hypochondrie.

2° La diarrhée est habituelle, elle se reproduit huit, dix fois par jour, la couleur et la fluidité des matières varient souvent chez le même individu d’un moment à l’autre ; elle renferme parfois des parties muqueuses dispo-ées sous forme de cylindres, quelquefois les matières alimentaires sont reconnaissables (lientérie).

3® L’amaigrissement fait des progrès rapides, en rapport avec l’abondance des selles et aussi avec le siège de l’inflammation; lorsque 1 estomac est intact, les forces du malade sont moins directement atteintes que dans le cas contraire.

La marche de l’entérite chronique présente de nombreuses alternatives d’amélioration ou d’aggravation. Sa terminaison est subordonnée à la cause qui l’a produite, symptomatique de tubercules, d’ulcérations, d’un mal de Bright, elle suit la destinée de ces maladies : même simple, elle peut rarement chez l’adulte, plus souvent chez l’enfant, entraîner la mort. La peau devient sèche, terreuse,

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raniaigrissement fait des progrès continuels et le malade succombe dans le marasme.

Quel doit être le traitement de l’entérite? — I.orsque l'entérite est légère, il suftit de prescrire le repos, la diète, quelques lavements et boissons mucilagineuses ; si l’entérite occupait le gros intestin, on pourrait permettre l’usage de la viande bien débarrassée de ses parties tendineuses, car elle sera digérée par l’estomac et l'intestin grêle- Au bout de un à deux jours, on prescrira quelques préparations opiacées ; elles calment les douleurs, modèrent les sécrétions et les contractions intestinales. Il faut surtout s’attacher à combattre les causes de la diarrhée ; tient elle à une mauvaise alimentation ? purgatifs salins, puis changement de régime; à un refroidissement? les diaphorétiques et les opiacés; à un catarrhe de l’estomac? les vomitifs. Mais, dans les cas où la diarrhée est plus sérieuse, elle résiste à ces précautions hygiéniques ; l’opium, le laudanum, le diascordium et le sous-nitrate de bismuth donnés par la bouche et en lavement sont suivis des meilleurs résultats. Contre les vomissements on emploiera la glace et les injections sous-cutanées de morphine. Si, malgré fout, la diarrhée persistait, il faudrait recourir à un moyen bien efficace, qui consiste à recouvrir tout 1 abdomen d’un vésicatoire volant.

Ci'C/. les enfants, la forme typho'ide réclame l’emploi d'un régime tonique. Quant aux diarrhées qui sont si fréquentes pendant l’allaitement, un peu de sirop de coing, quelques petits lavements d'amidon et de bismuth, auxquels on joindrait au besoin une ou deux gouttes de laudanum, de petits bains émollients suffiront pour les guérir. Si l'entérite survient à l’époque du sevrage, on peut rendre une bonne nourrice à l’enfant, ou lui donner du lait de chèvre, d’ànesse, auquel on ajoutera un peu de bicarbonate de soude, ou mieux du sirop de Dusart. Décoction blanche de Sydenham, lavements laudanisés, cataplasmes. L’alimentation doit être l’objet de grands soins : les œufs, la viande très peu cuite.

Contre les diarrhées chroniques on a proposé l’emploi du nitrate d’argent en pilules ou en lavements : il ne paraît avoir de l’etîet que dans les cas où la diarrhée se relie à une altération de l’estomac ou du rectum.

Siiuvent dans les diarrhées chroniques on a employé avec succès les eaux alcalines tVichy) administrées plutôt eu bains qu’en boissons.

Il importe de ne pas condamner les malades à une diete trop absolue ; la viande crue peut rendre de grands services. D' Léon Moynac.

ENTÉROCÈLE. — Nom donné à la hernie de l’intestin \\. Hernie). p. l.

ENTÉROTOME. — On donne ce nom à un instru- I ment destiné à pratiquer Y entérotomie. I.e plus connu Pt le plus usité est celui de Dupuytren [fig. 4+0;. Il se compose de deux branches latérales ' de lo a 20 centimètres de long qui s’articulent par le milieu a la maniéré d’un forceps, et dont l’une,

I la branche femelle, est pourvue d'une rainure dans I laquelle s'engage la branche mâle, lorsque l’instru-

ment est fermé. Le rapprochement des branches s’obtient à l’aide d’une vis de pression qui se trouve à l’extrémité des deux manches de l'instrument.

ENTÉROTOMIE. — On d onne ce nom à une opération chirurgicale qui a pour but de guéi ir l’anus contre nalure (V. Anus). Elle consiste à détruire à l’aide de l’entérotome, la valvule, désignée sous le nom d’éperon, qui résulte de raccolement des deux

Fig. -WO.

Entérotomie pratiquée pour la destructiofi de l’éperon intestinal D. A, B. Anse intestinale ouverte en avant pour laisser voir l’entérotome. — C Mésentère. — D. Éperon formé par les deux bouts adossés de l’intestin. — E. Plaie extérieure. — F. Entérotome de Dupuytren.

bouts de l’intestin au niveau de l’anus contre nature, valvule qui empêche les matières alvines de passer du bout supérieur dans le bout inférieur de l'intestin, et à rétablir ainsi le cours régulier des matières dans toute l’étendue du tube intestinal.

Après s'être assuré par le toucher qu’aucune portion d'intestin ne se trouve logée dans l’angle formé par les deux bouts de l’intestin, on introduit l’entérotome, une branche dans le bout supérieur, l’autre branche dans le bout Inférieur, plus ou moins profondément suivant l’étendue de l’éperon. Puis, on serre lentement et progressivement la vis de l’entérotome jusqu'à ce que le ra[)prochement de ces deux branches annonce la destruction de l’éperon, ce qui a lieu d’ordinaire au bout de 5, 6 ou 8 jours. On enlève alors l’instrument et on cicatrise l’anus contre nature par l’avivement de ses bords et leur suture. d' Paul Labarthe.

ENTERREMENT. — (V. Inhumation.)

ENTORSE. — On donne le nom d’entorse à une lésion qui se produit lorsque les ligaments d’une articulation ont été violemment distendus ou déchirés, sans que les surfaces articulaires se soient déplacées.

L’entorse se montre rarement dans les symphyses. Elle est fréquente dans les diarthmses ; la plus commune est celle de l’articulation tibio-tarsienne que nous allons prendre comme type.

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