EUG
naire de 60 à 80 mètres. Il a été décrit pour la première fois par Labillardière allant à la recherche de Lapeyrouse en 1792. Plus lard, cet arbre a été introduit en Europe et en Afrique par Ramel, l’un des hommes qui pendant ce siècle a cherché le plus à se rendre utile à l’humanité. En effet, guidé par l’idée philanthropique que la salubrité bien connue du climat de l’Australie est due aux émanations embaumées de cet arbre dont les feuilles renferment une huile volatile aromatique, d’une odeur suave, Ramel a pensé que* son acclimatation dans
Eucalyptus globulus (branches et fleurs).
les terrains incultes de l’Algérie, de la Provence, de l’Espagne, de l’Italie et des îles de la Méditerranée produirait un fort revenu et deviendrait en même temps une puissante condition de salubrité pour ces pays marécageux. Nous n’avons qu’à le féliciter sur la réalisation de cette belle entreprise, qui se montre tous les jours de plus en plus féconde en applications pratiques industrielles, commerciales et thérapeutiques. C’est sur ce dernier point, le seul qui nous intéresse, que nous allons nous arrêter un instant.
Les feuilles d’eucalyptus ont une composition complexe, comme, du reste, toutes les parties des plantes que la médecine emploie. Elles renferment, outre certaines matières communes à la plupart des végétaux, du tannin, de la résine, un principe amer et une essence communément désignée sou.s le nom A'f-ucalyptnl. Ce principe actif se présente sous l’aspect d’un liquide incolore, très fluide, doue d’une saveur fraîche assez agréable et d’une odeur aromatique assez analogue à celle du camphre, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles.
Effets. — Données à des doses modérées, les feuilles d’eucalyptus ou leur essence n’irritent pas