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Les causes efficientes, c’est-à-dire celles qui, suffisamment intenses et prolongées , produisent à coup sûr les lésions de la substance grise, sont surtout l’alcool, la belladone, le haschich, l’opium et le poison à la mode : la morphine.
Bien entendu , je n’indique ici que les faits de l’ordre le plus général. Une foule d’autres états et de conditions peuvent encore déterminer des troubles de la nutrition dans l’écorce cérébrale ; par exemple, révolution de la puberté, la menstruation, la grossesse, l’état puerpéral, les maladies des viscères abdominaux, l’hystérie, etc., etc. Ils seront indiqués à propos des maladies mentales en particulier.
De môme pour le traitement de la folie. On dira seulement ici et d’une façon générale, que la condition première et sine quâ non de la guérison dans l’immense majorité des cas, c’est l'isolement, c’està-dire l’internement du malade dans une maison spéciale où il soit placé hors du cerele de ses occupations habituelles.
Pour ce qui concerne les questions médico-légales, on les trouvera indiquées aux mots ; Aliénés (législation des), et Criniitialité.
(Voy. aussi Alcoolisme, Idiotie, Hallucinations, Hérédité, Hystérie, Lucide {Folie), Manie, Mélancolie, Monomame, Paralysie générale. Responsabilité, Suicide, etc.) D'' Albert Regnard,
Ancien interne des hôpitaux de Paris, Lauréat de la faculté de Strasbourg et de la Société médico-psychologique, Inspecteur général des asiles d’aliénés.
FOLLICULE. — On désigne sous ce nom, en anatomie, des formations très diverses, les unes gliindulaires (V. Glandes), les autres lymphatiques (V. Lymphatiques), les autres enfin représentant des organes encore à l’état de développement : follicule dentaire, follicule pileux, etc. (’V. Dent, Poil).
FOMENTATION. — On donne ce nom, en pharmacie, à des préparations liquides pour l’usage externe qu'on applique chaudes, tièdes ou froides, sur la partie malade, au moyen de linges, de flanelle, d'éponges ou de compresses recouvertes de toile cirée on de taffetas gommé. Les fomentations peuvent être émollientes, astringentes, résolutives, narcotiques. On les prépare en faisant infuser pendant une heure 20 à oO grammes de la substance active dans un litre d eau bouillante, dans du vin, de l’alcool, du vinaigre ou de l’huile. p. l.
FONCAUDE (EADX minérales de). — Foncaude est un petit village, situé à 3 kilomètres de Montpellier, qui possède des eaux thermales bicarbonatées calciques faibles, utilisées en boi.sson, en bains et en douches dans un petit établissement, comme sédatives du système nerveux et de la circulation et contre certaines affections de la peau, telles que l’eczéma et le psoriasis. P. L.
FONCIRGUES (EAOX minérales de). — Foncirgues est une petite station thermale du département de l’Ariège, située dans l’arrondissement de Pamiers, qui possède des eaux bicarbonatées calciques utili-
sées contre les affections des voies urinaires et certaines maladies de la peau (eczéma, psoriasis, etc).
FONCTION. — On désigne sous ce nom, l’ensemble des actes d’un appareil de notre organisme, actes qui sont la manifestation des propriétés particulières et spéciales aux tissus constituant les organes de cet appareil. Les physiologistes divisent les fonctions en trois grandes classes: 1° fonction de NUTRITION [digestion, circulation, respiration, urination); — 2° fonction de relation [inondation, sensation, locomotion phonation) ; — 3“ fonction de REPRODUCTION [fonctions sexuelles de l’homme et de la femme). p, l.
FONDANT. — On donne ce nom à des médicaments internes ou externes auxquels on attribue le pouvoir de résoudre les engagements et les tumeurs ganglionnaires de nature indolente. Parmi les principaux nous citerons : l’iode, le mercure et l’arsenic à l’intérieur, et à l’extérieur, les pommades et emplâtres mercuriels, les badigeonnages à la teinture d’iode, etc. p. L.
FONDEMENT. — Mot employé comme synonyme d’^aus (V. ce mot). p. L.
FONDEURS EN CUIVRE. — Hygiène professionnelle. — Nous renvoyons au mot Mouleurs, tout ce qui a trait à l’hygiène des divers ouvriers (fondeurs, mouleurs, ébarbeurs), employés dans les fonderies de cuivre. P. l.
FONFRÈDE (eaux minérales de). — Les eaux de Fonfrède, qui émergent de la rive gauche du Lot, dans les environs de Castelmoron, petite ville du département de Lot-et-Garonne, sont bicarbonatées calciques et sulfatées calciques faibles et s’administrent surtout en boisson dans les affections des voies urinaires et du foie. P. L.
FONGOSITÉS. — On donne ce nom, en chirurgie, à des productions charnues, molles, saignant tacilement, qui se développent sous forme de végétations à la surface des plaies, des ulcères, etc., et dont on vient à bout soit en les cautérisant avec la pierre infernale, soit en les excisant avec des ciseaux courbes ou avec le bistouri. P. L.
FONGUS. — Nom donné par les chirurgiens à diverses tumeurs dont l’aspect rappelle celui des fongosités, mais qui sont de nature différente et dont l’issue est presque toujours fatale. Elles s’observent surtout au testicule (V. ce mol).
FONTANELLE. — Nom donné par les anatomistes aux espaces membraneux et non ossifiés que présente la voûte du crâne chez le fœtus, un peu avant et au moment de la naissance (V. Fœtus).
FONTE. — Mot employé en médecine pour désigner la suppuration et la liquéfaction d’un organe,
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d’une glande ou d’un produit pathologique. Ainsi on dit fonte purulente de l'œil, fonte tuberculeuse du testicule, etc. p. l.
FORBACH (EAUX minérales de). — Forbach est un chef-lieu de canton de l'ancien département de la Moselle, qui possède des eaux minérales froides chlorurées sodiques fortes et sulfureuses faibles, utilisées en boisson contre le lymphatisme et la scrofule. p. l.
FORCE. — On donne ce nom en général « à toute cause d’un effet produit, qu’elle soit ou non mesurable d’après le résultat : c’est tout ce qui produit, empêche, change ou modifie le mouvement, etc. L’important, pour ne point arriver à des conclusions absurdes, est de ne pas considérer une force comme un être, comme une substance qui anime les corps et qui soit distincte d’eux : car c’est tout simplement une propriété, non plus envisagée isolément ou en elle-même, mais dans ses rapports avec les autres propriétés du même corps ou des corps d’une autre nature. Toute propriété inhérente à la matière brute ou organisée devient force dès l’instant que, envisagée dans un corps, elle modifie l’état moléculaire, l’état physique ou les propriétés d’un objet, voisin ou éloigné, selon sa nature. Par force on n’entend donc désigner autre chose qu’une manière d’examiner les propriétés inhérentes aux corps bruts ou organisés, de les étudier dans leurs relations réciproques, telles que les êtres nous les offrent à l’état actif, au lieu de les considérer d’une manière indépendante ; indépendance qui n’existe jamais autrement que par un effort de l'abstraction. Il y a, comme on voit, autant d’ordres de forces que de propriétés. Le moX force désignant une abstraction, une source quelconque de mouvement, ce mot et le mot de propriété ont au fond le même sens, comme cela est confirmé par la réductibilité de l’une des notions à l’autre, puisqu’une source de mouvement ne peut pas être autre chose qu’une propriété, mais force et propriété n’ont pas le même sens pour ceux qui pensent faussement que les forces sont des êtres, des entités, les causes des propriétés. » (Littré et Robin, Bict. de médecine, 12' édit. 1866). — Nous n’ajouterons rien, à cette définition de nos illustres maîtres. p. L.
FORCEPS. — Le forceps est un instrument très employé dans la pratique des accouchements et qui, d’une manière générale, est représenté par une pince en fer, constituée par deux branches réunies par une articulation, comme les ciseaux ordinaires.
Cet instrument ne s’applique que sur la tête de l’enfant.
Le forceps fut inventé il y a plus de deux cents ans par des médecins anglais, les frères Chamberlen, qui, pendant longtemps, exploitèrent cet instrument comme un secret de famille, ce qui leur valut une grosse fortune. Tombé dans le domaine public au commencement du dix-huitième siècle, l’instrument des Chamberlen subit des modifications importantes.
moins
l’office
Sans entrer dans la description d’un instrument que la figure ci-contre {fig. o02) fera suffisamment connaître, nous dirons seulement qu’une des branches porte un pivot, ce qui lui a valu le nom de branche à pivot, branche mâle ou encore branche gauche, parce qu’on l’applique toujours sur la gauche de la malade. L’autre branche porte une mortaise creusée sur le côté et fraisée.
Cette branche s’appelle branche à mortaise ou branche femelle, ou encore branche droite. L’articulation, les branches mises en place, se fait alors par l’introduction du pivot dans la mortaise, puis on imprime au pivot un tour de vis qui le fait descendre dans la fraisure comme un simple écrou.
Chaque branche porte à l’une de ses extrémités une partie large, concave, percée d’une fenêtre que l’on appelle cuiller, et à l’autre extrémité un crochet plus ou recourbé qui peut, dans certains cas, faire d’un crochet mousse. Quelquefois on munit ce crochet d’une armature en bois qui donne une meilleure prise à la main de l’accoucheur.
Quand on a décidé de se servir du forceps, on doit disposer la malade sur le bord du lit, dont la partie latérale regarde une fenêtre. Les pieds de la femme sont placés sur deux chaises et les jambes maintenues écartées par deux aides, garde-malades, femmes de chambre ou autres. Le siège est amené tout à fait au bord du lit, de manière même à lui faire faire une légère saillie dans le vide. Enfin la tête soutenue par un ou deux oreillers répond à l’autre bord du lit, qu’on a eu soin d’isoler du mur, afin qu’on puisse circuler tout autour. Il est bon, en général, qu’une personne de la famille se tienne près de la tête de la malade, pour lui parler, lui faire prendre courage, la consoler, et surtout en passant les mains sous les aisselles pour la retenir et l’empécher de tomber, luttant ainsi contre les efforts de tractions quelquefois très énergiques que l’accoucheur est obligé de faire pour faire descendre la tête. 11 faut toujours disposer ainsi la femme quand la tête fœtale est encore élevée. Si, au contraire, cette tète est appuyée contre la vulve, il est possible alors de laisser la femme sur son lit couchée horizontalement, en se contentant de faire soulever le siège par un
coussin un peu dur. On se sert souvent dans ce cas d’un petit forceps qu’on . appelle forceps anglais (fig. 502). Mais cette concession que l’on fait à la cliente pour lui éviter un changement de position et toute la mise en œuvre des préparatifs d’une opération, est assez désagréable à l’accoucheur qui est gêné pour l’introduction des branches de l’instrument, pour l’exécution des divers mouvements qu’il doit faire faire au forceps, enfin pour la protection qu’il doit accorder aux parties génitales, afin d’éviter une déchirure grave du périnée. Aussi je ne saurais trop insister sur la nécessité, dans les applications du forceps, de faire prendre
I' à Ja femme la position classique, ne fût-ce que dans son propre intérêt.
La malade mise en place, l’accoucheur devra examiner encore une fois avec le plus grand soin |; la situation et la position de la tète fœtale, et l’état I de dilatation et de dilatabilité de l’orifice utérin.
D’une manière absolue, si l’orifice n’est pas sufti- , samment dilaté ou dilatable, quelle que soit la cause qui sollicite l’application du forceps, il faut attendre, ; car dans ce cas, le remède serait pire que le mal.
Exception est faite, bien entendu, pour certains , états pathologiques, comme V agglutination, la rigidité, la contraction spasmodique du col de l’utérus. 1 Enfin, après avoir trempé dans l’eau tiède les cuil- ' 1ers du forceps pour éviter à la femme l’impression désagréable du fer froid, on en enduit la face externe d’un corps gras : huile, cérat, beurre, I saindoux, et l’on se met en devoir d’introduire I l’instrument. Les règles qui président à l’application
du forceps qui, comme nous l’avons vu au début, ne se place que sur la tête fœtale, varient suivant I la situation et la position occupée par cette tête.
I De là deux grandes divisions :
1° La tête fœtale est descendue dans l’excavation pelvienne ;
I 2“ La tête fœtale est engagée dans le détroit su- ! périeur ou retenue au-dessus de ce détroit.
Dans le premier cas, l’application est beaucoup plus facile, et l’on peut obéir à certaines règles particulières qu’on est forcément obligé de laisser de côté quand la tête est très élevée.
La première règle à suivre dans l’application de l’instrument est absolue, et peut se formuler ainsi : la branche gauche, branche mâle ou encore branche à pivot, se place à gauche, et la branche droite, branche femelle ou branche à mortaise, s'introduit à droite du bassin. La courbure concave sur les bords du forceps doit regarder en avant, plus ou moins obliquement peut-être, mais toujours en avant. Si à cette règle absolue on ajoute que l’on devra, autant que possible, saisir la tête par son plus petit diamètre transversal, c’est-à-dire le bi-pariétaldans les présentations du sommet, le bi-temporal et le bi-pariétal dans les présentations de la face, il ne nous restera plus qu’à examiner par quels procédés l’accoucheur arrivera à satisfaire ces conditions.
La malade ayant été placée comme nous l’avons dit plus haut, 1 accoucheur, après avoir préalablement graissé deux ou trois doigts de la main droite, le médius, l’index et l’annulaire, les introduit dans les parties génitales et les glisse sur la tête fœtale en ayant bien soin d isoler cette partie des bords de l’orifice qui reposeront, au contraire, sur la face externe de ces doigts.*Prenant ensuite avec la main gauche la branche du forceps ou branche à pivot, il la tient comme une plume à écrire, et faisant glisser l’extrémité de la cuiller sur la paume de la main droite, ne tardera pas à rencontrer la tête fœtale et s’insinuera entre cette tète et les doigts de l’accoucheur qui écartent l’orifice utérin. En même temps que la cuiller du forceps vient se mettre en rapport avec la tète fœtale, l’accoucheur abaisse peu à peu le manche de cette branche en la faisant passer devant la cuisse droite de la malade et parallèlement à cette cuisse. Une fois mise en place, la branche gauche
est abandonnée à un aide qui doit maintenir cette partie de l’instrument exactement dans la situation qu’elle occupe au moment où vous la lui confiez. Puis on introduit la branche droite de la même manière en ayant soin au préalable d’introduire deux ou trois doigts de la main gauche pour servir de guide et écarter le col utérin.
Les deux branches étant ainsi placées, on rap-
Forceps articulé, la tête foetale saisie par les cuillers.
proche les manches pour que le pivot réponde à la mortaise, puis on articule l'instrument (/i^r. 503).
11 peut arriver, quoique bien rarement, qu’après l’introduction de la branche gauche on éprouve'de
grandes difficultés pour placer la branche droite. 11 sera préférable, dans ce cas, de retirer la branche introduite en lui faisant exécuter les mêmes mouvements que pour sa mise en place, bien qu’en sens inverse , et de commencer alors par la branche droite [fig. 504). Mais une fois la branche gauche
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introduite, le pivot sera placé au-dessus de la mortaise (fig. 505), et pour articuler on devra décroiser les deux branches en les écartant légèrement pour faire passer le pivot en dessous.
Je ne veux pas insister davantage sur la partie
Fig, 505.
Mise en place de la branche gauche, la seconde.
mécanique de cette opération qui se fait si facilement par des mains exercées, mais je dois cependant énumérer quelques précautions qu’il est indispensable de prendre. Ainsi, j’ai remarqué que le forceps s’introduit beaucoup plus facilement si les doigts qui le guident sont placés latéralement et un peu en bas, en un point qui répondrait au grand ligament sacro-sciatique. 11 faut alors imprimer à la branche qui vient en avant un léger tour de spire qu’elle décrit en glissant sur la tête fœtale. U est rare même dans les positions les plus simples, comme les occipito-iliaques antérieures gauche ou droite, que les cuillers répondent exactement aux pariétaux. Le forceps est presque toujours oblique. Il n’y a pas lieu de s’en préoccuper. Enfin, comme les positions transversales de la tête sont extrêmement rares, on . est peu exposé à saisir la tête par le front et l’occiput, mais si ceci arrivait on en serait prévenu par le grand écartement des manches de l’instrument, écartement répondant à l’espace compris entre les cuillers. Ce serait pour l’accoucheur un avertissement de ne pas serrer les manches afin de ne pas déterminer de lésions sur la figure de l’enfant avec la cuiller de l’instrument qui s’appuie sur cette partie. Quand on éprouve quelques difficultés pour articuler les deux branches, soit parce que l’une est plus enfoncée que l'autre, soit parce que les deux branches sont renversées sur leur bord externe, on tâchera, par des mouvements doucement répétés, de remédier à ces inconvénients, mais si l’on sent que pour y parvenir il est néces-
saire d’employer la force, mieux vaut alors retirer l’instrument pour le replacer de nouveau.
La tête étant bien prise, ce dont on s’assurera en faisant quelques légères tractions sur le forceps, il s’agit de l’amener à l’extérieur. Or quelle que soit la position occupée dans le bassin parla tête fœtale, il faut d’abord faire descendre cette tête jusque sur le plancher du bassin. Pour cela, il faudra tirer sur le forceps suivant l’axe, de l’excavation. Quand la tête sera descendue assez bas, il faudra ramener sous, la symphyse pubienne la partie de cette tête qui viendrait s’y présenter si l’accouchement se faisait naturellement, c’est-à-dire l’occiput dans les présentations du sommet (figt. 507), le menton dans celles de la face. Je sais bien que cette manière de voir est combattue par quelques accoucheurs qui veulent dans les positions postérieures du sommet, par exemple, que l’on ramène l’occiput à la commissure antérieure du périnée. Mais je dois dire que dans tous les cas que j’ai rencontrés, il m’a toujours été beaucoup plus facile de faire exécuter à la tête le premier mouvement de rotation que le second, bien que l’occiput eut alors une distance beaucoup plus longue à parcourir. Et je suis convaincu que, sauf des exceptions très rares, quand on éprouve des difficultés à opérer ce mouvement de rotation, c’est qu’on veut l’exécuter trop tôt, alors la tête n’est pas assez descendue. J’ajoute que bien souvent il m’est arrivé de voir cette rotation naturelle se pro-
Fig. 506.
Dégagement de la tête avec le forceps anglais, correspondant au quatrième temps de l'accouchement naturel.
duire dès l’introduction de la première branche. Enfin quand l’occiput est ramené sous la symphyse pubienne, les autres temps de l’accouchement doivent être absolument imités de la nature, tels que nous les avons décrits à l’article Accouchement [fig. 506). Je ne veux pas entrer ici dans les détails se rapportant à l’application du forceps dans chaque
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position de la tête fœtale. On trouvera des renseignements complets à cet égard dans les livres spéciaux. Je dirai seulement que dans les positions occipito-postérieures, quand on a ramené l’occiput
cette seconde manœuvre. Du reste, ce sera à l’accoucheur à juger, en pareil cas, s’il lui est impossible de terminer l’accouchement sans employer cette modification.
Forceps dans la position occipito-iliaque gauche. — On ramène l’occiput derrière le pubis
SOUS la symphyse pubienne, le forceps se trouve alors appliqué en sens inverse, c’est-à-dire que la courbure sur les bords répond au périnée. Quelques auteurs conseillent de retirer l’instrument pour le
Dans les présentations de la face, le forceps s applique exactement comme nous l’avons dit plus haut, mais là plus que Jamais, si le menton est en arrière il faut le ramener sous la symphyse pubienne, ou tout au moins le dégager le long de la branche montante du pubis, caria longueur du cou ne permettrait pas de faire le dégagement à la commissure antérieure du périnée.
Quand la tète de l’enfant, se présentant par le sommet, est encore au détroit supérieur ou au-dessus, on place les branches du forceps de chaque côté du bassin, sans trop se préoccuper de la position de la tête (/îçr, 508)." On cherche avant tout à saisir cette partie et à l’entraîner dans l’excavation, se réservant après de modifier la situation des branches de l’instrument, si cela est indispensable pour la .bonne terminaison de l’accouchement. Dans les présentations du siège, le tronc étant sorti, on est
Fig. tJOS. — Forceps au détroit supérieur. — La tète est toujours saisie obliquement.
réappliquer de nouveau. Ceci n’est pas toujours indispensable, et lorsque la tête a été saisie obliquement, ce qui se présente le plus souvent [fig. 507), on peut très bien dégager la tête sans recourir à
quelquefois obligé d’appliquer le forceps sur la tête retenue au détroit supérieur. On agira dans ce cas comme nous venons de l'indiquer [fig. 509).
Quand la tête est restée seule dans l’utérus, à la
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suite de l’embryotomie par exemple, il faut avoir soin de bien faire fixer cette tête par un aide audessus du détroit supérieur, sans quoi il est très difficile de la saisir avec le forceps. Elle s’échappe constamment ou glisse entre les cuillers, comme le fait un noyau de cerise placé entre le pocice et l’index. On est même quelquefois obligé de placer un crochet aigu dans la bouche afin de bien appliquer cette tête sur le détroit et, dans ce cas, il est
Forceps appliqué le tronc étant sorti, la tète retenue au détroit supérieur.
préférable de la saisir avec le céphalotribe de Tarnier ou celui de Bailly, qui lient à la fois du forceps et du céphalotribe.
Quand l’enfant se présente parla face et que des raisons engagent à terminer l’accouchement au plus tôt, alors que la face n’est que peu engagée dans le détroit supérieur. Je suis d’avis qifil est préférable d'avoir recours à la version qu’au forceps qui, d’une manière générale, donne d'assez mauvais résultats dans les présentations de la face.
Le forceps est un instrument d'une utilité incontestable, et l’on a pu, grâce à lui, sauver un nombre considérable d'enfants, et éviter bien des métrites aux femmes en couches. C'est surtout dans les cas d’inertie utérine, d’insuffisance des contractions utérines, de résistance des pai-ties molles qu'on est appelé à appliquer le forceps. Quand fenfant, pour une cause ou une autre, souffre dans le sein maternel, ce dont on est averti par des irrégularités dans le battement du cœur fœtal ou par l’écoulement du méconium, souvent par les deux phénomènes à la fois, c’est par une application du forceps qu’on termine l'accouchement sitôt que la dilatation do l’orifice utérin le permet.
Dans les rétrécissements légers du bassin on a pu, avec le forceps, faire passer des têtes d’enfant qui n’auraient jamais pu franchir ce rétrécissement sans cet instrument.
Enfin, pour terminer ce que nous avons à dire du forceps, je rappellerai que les deux manches se ter-
minant par des crochets, l’un mousse, l'autre aigu, celui-ci masqué par une olive, trouvent quelquefois leur emploi dans l’extraction de l’enfant se présentant par le siège, et dans certains cas de présentation de l’épaule où le crochet placé sur le cou de l’enfant permet d’abaisser cette partie qui peut être alors sectionnée plus facilement par l'embryotomie. D' Ant. de Soyre.
FORCIPRESSURE. — Nom donné par les chirurgiens à une méthode hémostatique (V. ce mot) qui consiste à appliquer pendant un temps plus ou moins prolongé une pince sur une artère divisée ou non, pour arrêter le sang pendant les opérations et empêcher les hémorrhagies. p. l.
FORGES-LES-EAUX (eaux minérales de). — Forges-les-Eaux est un bourg du département de la Seine-Inférieure, situé à 4 lieues de Gournay, dans l’arrondissement de Neufchâtel, qui possède dés eaux ferrugineuses froides qu’on peut utiliser dans les affections où le fer est indiqué. p. l.
FORMICATION. — (V. Fourmillement).
FORMULAIRE. — Nom donné aux ouvrages qui contiennent un recueil de formules usitées en médecine. p. l.
FORMULE. — On appelle ainsi l’indication écrite par les médecins des noms des substances qui peuvent entrer dans la composition d’une préparation médicamenteuse, suivie de la dose de chacune d’elles, de la forme pharmaceutique (potion, pilule, etc ), que le pharmacien doit donner au médicament, et de la manière dont celui-ci doit être pris par le malade. p l.
FORTIFIANT. — Nom donné aux substances médicamenteuses ou simplement alimentaires qui ont la propriété d’augmenter les forces d’un individu. Les analeptiques et les toniques sont les principaux fortifiants. p. l.
FOSSES D’AISANCE. — (V. Latrines).
FOSSES NASALES. — Anatomie. — Les fosses nasales sont le siège de l’olfaction. Elles représentent aussi la partie supérieure des voies respiratoires.
Creusées dans la face, elles sont séparées l’une de l’autre par une cloison médiane et verticale dont la lame perpendiculaire de Xethmdide et le vomer forment la partie osseuse que complète en avant le cartilage nasal. Elles s’ouvrent au dehors par les narines et communiquent en arrière par le pharynx, dont la partie supérieure appelée pharynx nasal ou arrière-cavité des fosses nasales est considérée comme faisant partie de celle-ci. ^
La paroi inférieure ou plancher des fosses 7iasales n’est autre que la face supérieure de la voûte palatine ; la paroi supérieure ou voûte est constituée par le sphénoïde, la lame criblée de Velhmdide et les 05 propres du nez.
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C’est sur la paroi externe que se trouvent les cornets an nombre de trois, ils se dirigent vers la cloison formant la paroi interne. Au-dessous de chaque cornet se trouvent les méats. Les cornets supérieur et moyen sont une dépendance de l’ethmoïde, tandis que le cornet inférieur est formé par un os propre.
Les animaux, tels que le chien et le lapin , dont l’odorat est très développé, ont les cornets dune dimension plus considérable que ceux de l’homme.
Les fosses nasales communiquent avec des cavités que l’on appelle sinus. Les cellules ethmoïdales s'ouvrent dans le méat supérieur, et les sinus frontaux et maxillaires dans le méat moyen ; le méat inférieur reçoit l’ouverture du canal nasal qui communique avec l’appareil lacrymal par son autre extrémité.
Les fosses nasales sont tapissées par la muqueuse pituitaire ou de Schneider du nom de l'auteur qui l’avait décrite au •XVII' siècle. Cette muqueuse reçoit les terminaisons du nerf olfactif.
Dans la région inférieure ou respiratoire, répithéüum est cylindrique à cils vibratils, tandis que dans la région supérieure ou olfactive, l’épithélium est formé de cellules spéciales, sortes de bâtonnets garnis de cils destinés apercevoir les odeurs.
La muqueuse est lubréfîée par le mucus nasal, auquel s’adjoint la sécrétion lacrymale qui quelquefois, sous linfluence de certaines émotions s’écoule en assez grande abondance par le canal nasal qu’elle oblige à se moucher fréquemment.
Arriére cavité des fosses nasales. —
Les fosses nasales s’ouvrent par leur partie postérieure dans une cavité unique qui n’est autre que la région supérieure du pharynx. La limite inférieure du pharynx nasal n’est autre que l’ouverture qui fait communiquer les cavités nasale, buccale et pharyngienne.
Au moment de la déglutition cet orifice est fermé par le voile du palais.
Sur lés parois latérales de l’arrière cavité des fosses nasales, on remarque le pavillon de la trompe d'Euslache qui met en communication le pharynx et l’oreille moyenne.
La muqueuse renferme un grand nombre de follicules clos qui forment par leur agglomération sur la paroi postérieure une masse appelée amygdale pharx ngienne ou troisième amygdale. En s’hvpertrophiant elle donne naissance" aux tumeurs glandulaires.
Déviation de la cloison des fosses nasales. — Ce vice de conformation n’est pas rare; il est dû à une disposition anormale de la voiite palatine qui détermine une diminution du diamètre vertical des fosses nasales.
On voit alors une saillie qui occupe le côté gau-
che qu’elle obstrue en partie ou en totalité, tandis que de l’autre côté il existe une dépression correspondante. Les chirurgiens ont souvent confondu cette saillie avec une tumeur.
Fig. olO.
Il est généralement inutile de remédier à cette déformation ; mais, lorsque la respiration est impossible, on a dô déterminer une fracture de la cloison et même réséquer une partie de son cartilage.
Ecchymoses et bosses sanguines de la cloison des fosses nasales. — Suivant que les violences extérieures agissant sur le nez sont légères ou fortes, on voit survenir une ecchymose ou une bosse sanguine que l’on appelle aussi hématome.
L’ecchymose dont les caractères ont été donnés précédemment, passe généralement inaperçue et guérit en quelques jours.
La bosse sanguine est due à un décollement de
Coupe antf ro-postérieure de la face et du cou. — Région de l’isthme du gosier. — A. Cloison des fosses nasales. — B. Coupe de l’os ma.xillaire supérieur. — C. Canal palatin inférieur". — D. Coupe du voile du palais.
— E. Glande de nuck. — F. Amygdale. — G. Coupe du muscle génioglosse. — il. Luette. — 1. Tissu graisseux situé entre les deux muscles génio-glosscs. — .1. Tendon d’insertion du muscle génio-glosse. — K. Os maxillaire inférieur. — L. Muscle génio-hyoïdien. — M. Coupe de l’épiglotte. — N. Coupe du muscle mylo-hyoïdien. — 0. Coupe de l’os hyoïde.
— F’. Bourse séreuse rétro-hyoïdienne. — Q. Membrane thyro-hyoïdienne.
— K. Coupe du muscle arylénoïdien. — S. Corde vocale supérieure. — T. Ventricule du larynx. — U,V. Coupe de l’os cricoïde à la partie supérieure. — X. Coupe de la partie antérieure de l’os cricoïde. — a. Arc antérieur de la vertèbre allas.' — e. Pavillon de la trompe d’Eustache. — f. Ouverture du sinus sphénoïdal.
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la muqueuse. En soulevant le lobule du nez ou en faisant usage du spéculum nasal, on aperçoit d’un côté ou même des deux côtés de la cloison, une saillie d’un rouge foncé qui vient meme quelquefois jusqu’à l’orifice des narines. La muqueuse est boursoufflée et le nez gonflé. La bosse sanguine s’accompagne de douleur et de gêne de la respiration.
Le traitement consiste en application de compresses résolutives sur le nez ; si la tumeur ne disparaît pas, il faut la vider au moyen d’un bistouri étroit ou d’un galvanocautère en pointe.
Fractures de la cloison des fosses nasales. — Elles sont dues à une violente contusion et s’accusent par les symptômes suivant: épistaxis, douleur, tuméfaction et rougeur de la peau du nez et mobilité anormale de la cloison. Le nez s’aplatit, d’où difficulté de la respiration et voix nasonnée.
La fracture peut se compliquer de plaie externe ou d’épanchement sanguin ou encore d’abcès de la cloison. Elle peut laisser après elle une ditformité du. nez due à l’aplatissement où à une inclinaison latérale de la cloison.
Si la fracture est simple, elle ne réclame aucun autre traitement que celui de la contusion. S’il y a déplacement des fragments , on doit réduire la fracture, si c’est possible, et appliquer un tube en caoutchouc dans chaque narine et une gouttière en gutta-percha sur le nez.
Lorsqu’il y a un épanchement liquide, on le vide d’après les procédés ordinaires.
Abcès des fosses nasales. — Ils surviennent à la suite d’un traumatisme ou d’un épanchement sanguin ; on les voit apparaître dans le cours d’une fièvre éruptive {rougeole, variole, etc.); la présence des corps étrangers favorise encore leur développement.
Ils s’accusent par une sensation de chaleur dans les fosses nasales, par de la douleur, de la fièvre et de la céphalalgie.
De chaque côté de la cloison, on aperçoit une saillie rouge, fluctuante que l’on ne confondra pas avec la bosse sanguine lorsqu’on aura soin de tenir compte de l’étiologie et les phénomènes généraux.
Les abcès peuvent amener une carie ou une névrose de la cloison.
La guérison est rapide lorsque l’on donne issue au pus.
Épistaxis. — (V. ce mot.)
Coryza. — (V. ce mot.)
Épaississement de la muqueuse des fosses nasales. — L’hypertrophie de cette muqueuse s’observe assez souvent à la suite d’un coryza chronique, principalement chez les enfants lymphatiques. Cet épaississement est général ou partiel ; dans ce dernier cas, il occupe principalement les extrémiiés du cornet inférieur ou la partie postérieure du cornet moyen. La muqueuse est rouge, épaissie, tomenteuse comme on peut le constater par la rhinoscopie antérieure et la rhinoscopie postérieure.
Outre les symptômes habituels du coryza avec enchifrènement et obtusion de l’odorat, l’hypertrophie de la muqueuse s’accompagne de nasonnement et de gêne de la respiration surtout lorsque l’affection est bilatérale.
L’examen des fosses nasales fera distinguer l’épaississement de la muqueuse d’un polype ou de toute autre tumeur.
Le traitement consiste en badigeonnage de la muqueuse au -moyen d’un pinceau trempé dans une solution de nitrate d’argent (1 gramme de nitrate pour 50, 30 et même 15 grammes d’eau distillée) ou encore en cautérisations avec quelques cristaux d’acide chronique fondus sur une tige métallique ou même avec le galvanocautère.
Ulcérations des fosses nasales. — Les ulcérations peuvent être simples ou symptomatiques d’un état général, tel que fièvres éruptives ou diathèses. Elles peuvent encore être occasionnées par l’irritation que déterminent les polypes et les corps étrangers. On les rencontre encore fréquemment chez les ouvri’ers chromateurs, chez les chaufourniers exposés à l’action de la chaux, chez les découpeurs de zinc, enfin chez les femmes qui respirent des vapeurs arsénicales. Les scrofuleux, les phthisiques et les diabétiques y sont prédisposés. On observe aussi quelquefois les chancres de ces parties, à la suite de l’introduction d’une sonde contaminée par le virus syphilitique lorsqu’on pratique le cathétérisme de la trompe d’Eustache. Les plaques muqueuses et les ulcérations syphilitiques tertiaires ne sont pas rares dans ces régions.
Corps étrangers des fosses nasales. — Les corps étrangers que l’on peut rencontrer dans les fosses nasales sont de nature très diverse : pierres, boutons, perles, projectiles de guerre, fragments de bois, bouts de crayon, noyaux de fruits, haricots, parcelles alimentaires, etc.
Ils sont généralement introduits par les narines comme on a assez souvent l’occasion de le constater chez les enfants, ou ils pénètrent d’arrière en avant pendant un effort de toux ou de vomissement.
Us peuvent occuper toutes les parties des fosses nasales, mais c’est sur le plancher ou dans le méat inférieur qu’on les rencontre le plus habituellement.
Us déterminent une sensation de pesanteur, de plénitude et de chatouillement qui amène les malades à éternuer ou à se moucher fortement, ce qui a souvent pour effet d’«xpulser le corps étranger.
Une injection d’eau tiède faite par la narine avec un irrigateur ou autre appareil tel que le siphon nasal ou la seringue à bout olivaire, peut produire le même résultat.
Mais si le corps étranger vient se loger dans une anfractuosité, U y séjourne et détermine les phénomènes variables avec la nature même de la substance de ce corps. Ainsi une graine se ramollit, se gonfle et germe même. Ainsi Renard croyant extraire un polype du nez chez un enfantde troisans, ne retira qu’un pois qui avait poussé des racines au nombre de dix à douze.
Lorsque le corps est rugueux, il blesse la muqueuse et produit des épistaxis.
Le séjour prolongé dans les fosses nasales, de cette substance lorsqu’elle est inaltérable, détermine de l’enchifrènement et du coryza chronique. Le malade mouche des mucosités fétides parlois sanguinolentes, et l’odorat diminue. Il n’est pas rare de voir survenir une douleur sourde et même une
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névralgie du nez et du front accompagnée de vomissements.
A l'examen rhinoscopique, on constate de la rougeur et de la tuméfaction de la muqueuse, avec obstruction plus ou moins complète des fosses nasales par le corps étranger qui se présente sous un aspect noirâtre; il est parfois enchatonné dans la muqueuse qu’il a ulcérée. Dans quelques cas môme cette lésion de la pituitaire s’est étendue jusqu’aux os qui, mis à nu, se sont nécrosés.
Lorsque le corps étranger est resté logé dans les fosses nasales pendant un temps plus ou moins long (de quelques mois jusqu’à dix et même vingt et vingt-cinq ans), il s’est recouvert de concrétions salines qui l’ont rendu méconnaissable. On lui donne alors le nom de rbinolithe. Au centre de ces rhinolilhes formés de plusieurs couches de sels de chaux, on trouve toujours le corps étranger qui a déterminé tous ces accidents.
Si, dans quelques cas, il est facile de diagnostiquer la présence du corps étranger, en se basant sur les commémoratifs, il n’est pas toujours possible d’assurer son existence ; on a vu les chirurgiens le confondre avec des tumeurs malignes, avec des polypes, des nécroses.
Pour leur extraction, nous conseillons de faire usage d’un stylet à pointe recourbée, ou encore d’une pince ou serre-nœud. Dans de rares cas, il faudra recourir au broiement de la tumeur ou à l’incision des narines, de manière à rendre l’extraction possible.
Parasites des fosses nasales. — On peut aussi rencontrer des insectes dans les fosses nasales, où ils sont à l’état de larves. La mouche bleue de viande, dans nos pays, et la lucilia hominivorax, aux Indes, à Cayenne et au Pérou, déposent leurs œufs à l’entrée des narines où ils peuvent éclore, et alors les larves pénètrent plus profondément dans les fosses nasales.
C'est dans les mois les plus chauds que l’on constate les accidents occasionnés par ces insectes. La malpropreté et l’existence d’un écoulement purulent et fétide y prédisposent.
La présence de ces larves s’accuse par une sensation de chatouillement et de pesanteur frontale, par la céphalalgie et les épistaxis. Si ces animaux ne sont pas expulsés, ils déterminent des phénomènes qui souvent sont mortels. La lièvre survient, la face s’œdématie, les ulcérations se produisent sur la muqueuse qui se détruit, ainsi que les tissus et les os sous-jacents : on a même vu le nez et les yeux complètement envahis par ces ulcères qui s’accompagnent de douleurs atroces et se terminent par une méningite au bout de huit à quinze jours.
Pour se débarrasser de ces larves, il faut faire usage d’injections avec une infusion de tabac ou • avec une solution de térébenthine, ou mieux de sublimé corrosif. On emploiera la formule suivante, dont on mettra une cuillerée à bouche dans un demi-litre d’eau tiède qu’on fera passer dans les fosses nasales avec un irrigateur ou une seringue à injection :
Sublimé corrosif 8 grammes.
Alcool "iO —
Eau distillée l.^ l —
Les inhalations de chloroforme et d’éther seron^ encore utilisées avec succès.
Catarrhe naso-pharyngien. — C’est une atfection chronique qui occupe le pharynx nasal. ;
Elle nous a toujours paru être déterminée par le coryza chronique; et elle-même peut produire consécutivement une laryngite tenace, qui ne se termine que par la guérison de la cause qui l’a engendrée.
Les malades accusent de la sécheresse de la gorge et du chatouillement de la partie supérieure du voile du palais.
La respiration nasale étant difficile, ils dorment la bouche ouverte; leur haleine a une odeur désagréable; à leur réveil, ils ont de fréquentes nausées. Tous ces phénomènes sont dus à des mucosités dures, épaisses et adhérentes à la paroi postérieure du pharynx.
La rhinoscopie postérieure permet de constater la rougeur, l’hypertrophie de la muqueuse.
Le traitement doit être avant tout local. Pour débarrasser le pharynx des mucosités, nous employons les bains de gorge ainsi composés :
Borate de soude 10 grammes.
Eau distillée 170 —
Glycérine 30 —
Nous conseillons aussi les injections nasales avec les solutions salines destinées à balayer les mucosités. .Le sulfate, le bicarbonate et le borate de soude sont utilisés avantageusement, à la dose de 10 grammes pour un litre d’eau tiède.
A ces moyens, nous joignons les badigeonnages à l’iode, au chlorure de zinc, au nitrate d’argent, au ratanhia, etc.
A l’intérieur nous recommandons l’usage des eaux ou des poudres sulfureuses.
Contre les diathèses, nous prescrivons le traitement antilymphatique, antirhumatismal, etc., etc.
Tumeurs des fosses nasales. — Ces tumeurs sont de diverse nature, mais celles que l’on rencontre le plus habituellement sont les polypes muqueux et les polypes fibreux.
Polypes muqueux des fosses nasales. — L’étiologie des polypes muqueux n’est pas bien connue. On croit que le coryza chronique, le froid humide et les traumatismes en sont les causes les plus fréquentes. Ils occupent ordinairement une seule fosse nasale, mais il n’est pas rare toutefois de les voir se développer des deux côtés de la cavité nastde.
Lorsqu’il n’existe qu’un seul polype, il présente des dimensions assez considérables : il occupe presque toute la fosse et peut alors faire saillie à l’entrée des narines ou dans la cavité pharyngienne. Mais si les polypes sont nombreux, ils sont petits, un seul étant plus développé que les autres. Dans le dernier cas, leur insertion se fait à la partie supérieure de la cavité, vers le cornet supérieur, tandis que dans le premier cas, c’est sur le cornet inférieur ou dans le méat inférieur qu’ils prennent leur point d’attache, comme nous l’avons remarqué maintes fois.
Lorsqu'ils sont petits, ils passent souvent inaperçus. Ainsi, récemment, nous avons vu accidentellement trois petits polypes du méat supérieur sur une jeune fille qui nous consultait pour une amyg-
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dalite ‘chronique ! Les malades éprouvent tout d’abord un sentiment de plénitude, un enchifrènement, de fréquents besoins de se moucher et des éternuements répétés. Plus tard, la voix devient nasonnée, la respiration est difficile; ils se plaignent d’un coryza chronique; ils dorment la bouche ouverte ; aussi sont-ils sujets aux maux de gorge. L’odorat diminue, et, dans quelques cas, l’ouïe s’affaiblit par suite d’irritation ou de compression de la trompe d’Eustache.
A l’examen rhinoscopique, on constate une ou plusieurs fumeurs pédiculées, arrondies, d’un gris usé, de consistance gélatiniforme.
Ces polypes récidivent fréquemment, au dire des auteurs. Nous ne partageons pas leur avis, car fréquemment les polypes ne sont pas extirpés complètement et, dans les autres cas, on a cru qu’il n’existait qu’une seule tumeur, tandis qu’au contraire elles étaient en grand nombre. Nous en avons vu jusqu’à cent vingt chez un malade.
Quel doit être le traitement des polypes. des fosses nasales ? — Nous ne nous arrêterons pas à l’exsiccation des polype à l’aide des poudres astringentes, à leur compression, à leur ligature ou à
Arrachement des polypes des fosses nasales.
A. Polype. — B. Main droite du chirurgien. — C. Chefs de la ligature. — D. Fil destiné à retirer le bout de la sonde, lorsque le polype est engagé dans l’anse de la ligature.
leur cautérisation. Ces moyens sont longs, douloureux et insuffisants.
Nous ne conseillerons pas non plus l’arrachement avec les pinces à pansement ou le mors, car l’on peut déterminer de graves hémorrhagies ou des fractions de cornets ou de l’ethmoïde.
Il est préférable de s’éclairer au moyen du spéculum du nez, de badigeonner le polype avec une solution de cocaïne au 1/20 pour l’anesthésier, puis l’on passe autour du polype l’anse de fil de fer du polypotome. Nous avons fait construire à cette intention un instrument à deux branches qui fonctionne comme une paire de ciseaux; il suffit de tirer à soi un anneau auquel sont attachées les ex-
trémités du fil pour sectionner le polype. 11 vaut encore mieux faire usage de l’anse galvanique qui ne diffère de l’instrument précédent qu’en ce que le fil est chauffé au rouge blanc par une pile galvanocaustique.
Après l’extraction du polype, il suffira de cautériser le pédicule avec du chlorure de zinc ou de l’acide chromiqne pour éviter toute récidive.
Polypes fibreux ou naso-pharyngiens. — On ne les observe guère que chez les jeunes gens. Les malades n’accusent au début que les symptômes du coryza ou encéplialalgie opiniâtre ; bientôt apparaît un écoulement muco-purulent, puis surviennent les troubles de la déglutition.
On constate alors dans les fosses nasales une tumeur dure et saignante : elle occupe ces parties et le pharynx supérieur; elle peut même pénétrer dans le sinus maxillaire et refouler le plancher orbitaire. Elle envahit les parties environnantes quelle détruit et laisse à leur place une plaie hideuse qui occupe quelquefois une grande partie de la face et des cavités buccale et pharyngienne.
La mort est alors produite par asphyxie, hémorrhagie ou accidents nerveux.
Outre les moyens de traitement déjà signalés pour les polypes muqueux, moyens généralement inefficaces, on a recours à diverses opérations qui ont pour but de mettre la tumeur à nu jusqu’à son point d’origine. Pour cela on incise le voile du palais et on enlève une partie de la voûte palatine ; dans d’autres cas, on résèque le maxillaire supérieur pour arriver à la tumeur que l’on enlève ou que l’on détruit au moyens des caustiques ou mieux avec le thermocautèrè ou le galvanocautère.
Tamponnement des fosses nasales. — C’est une opération qui consiste à obstruer les ouvertures des fosses nasales pour empêcher le sang de couler en dehors.
On se sert généralement de la sonde de Bellocq que l’oii introduit fermée dans la cavité nasale. Lorsqu’elle est arrivée au pharynx on pousse le ressort de montre qu’elle contient de manière que son extrémité passe par la bouche. On y fixe alors un tampon de charpie auquel sont attachés deux fils dont l’un, simple, est destiné à retirer plus tard le bouchon par la bouche et dont l’autre formé de deux clefs doit être ramené d’arrière en avant dans les fosses nasales avec la sonde. La charpie s’applique sur l’orifice postérieur de la cavité. On l’y maintient par une traction forte exercée sur le fil dont on écarte les deux clefs pour bourrer les narines d’autres bourdonnets sur lesquels on noue les deux bouts de ce fil.
L’hémorrhagie s’arrête par suite de la coagulation du sang.
Pour cesser le tamponnement on coupe la ligature, et on retire le bourdonne! postérieur en tirant sur le fil placé dans la bouche.
On peut encore employer une pelote à tamponnement dans laquelle on insuffle de lair lorsqu’elle est arrivée au fond du pharynx. Le ballon se gonfle et se couche sur les parois. Il suffit de tourner le robinet pour empêcher la sortie de l’air.
Nous préférons faire usage d’une sonde en