‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 221 sur 238 · FUS · texte numérisé non relu

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peau de toutes sortes, et quelquefois sans cause appréciable. Enfin, aujourd’hui que les relations du furoncle, de l’anthrax et du diabète sont parfaitement établies, lorsqu’on observera plusieurs furoncles chez un individu, on devra rechercher s*il n’existe pas de sucre dans ses urines.

Le furoncle est caractérisé par une tumeur d’un rouge plus ou moins vif, à base large, se perdant dans le tissu cellulaire sous-cutané, à sommet acuminé et peu saillant, bien circonscrite, d’un volume qui varie entn* celui d’un pois et celui d’un (eufde pigeon, très douloureuse. Cette tumeur ne tarde pas à se ramollir, et, au bout de quelques Jours, il se forme à la partie la plus élevée une petite ouverture qui, d’abord, donne issue à du pus et, plus tard, à une masse grisâtre désignée sous le nom de bourbillon ; ce dernier une fois expulsé, la cavité purulente qui le renfermait se resserre et finit par se cicatriser. On ne s’accorde pas sur la nature du bourbillon. Dupuytren le considérait comme formé par le tissu cellulaire graisseux sousdermique gangrené par la compression ou par l’étranglement auquel il est soumis de la part des aréoles fibreuses de la face profonde du derme ; d’autres pathologistes, Gendrin, Rérard, Denonvilliers, pensent que c’est une matière plastique sécrétée par les aréoles du tissu cellulaire, enflammé, sécrétion pseudo-membraneuse analogue aux fausses membranes des séreuses. Aujourd’hui, le plus grand nombre des chirurgiens, plaçant le siège primitif du furoncle dans l'appareil glandulaire pilosébacé de la peau, soutiennent que c'est la glande sébacée elle-même, siège primitif du mal, i|ui se mortifie et devient le point de départ du travail d’élimination. Nous adoptons cette interprétation.

Le furoncle se termine le plus souvent par suppuration ; quelquefois,, mais rarement, par résolution: plus rarement encore, le furoncle, après être entré dans la période de résolution, s’enflamme de nouveau pour suppurer ensuite. Dans quelques circonstances, la peau qui recouvre la tumeur se mortifie, ce qui retarde beaucoup la guérison. On a signalé, dans quelques cas de simples furoncles du cou ou de la face, l’explosion de phlébites purulentes nées de la partie malade et propagées par les veines ophtalmiques jusqu’aux sinus caverneux, qu’on a trouvés, ainsi que l'arachnoïde, remplis de pus. On comprend toute la gravité d’une pareille complication.

Le furoncle est facile à reconnaître; c’est une affection en général peu grave, mais quelquefois extrêmement douloureuse; dans certaines régions, dans le conduit auditif externe notamment, il cause des soutl’rances que les narcotiques énergiques sont impuissants à calmer.

Ouelques chirurgiens ont propose, dans le but de faire cesser les douleurs vives qui accompagnent le furoncle, de l'inciser de bonne heure, afin de faire

cesser cet étranglement du tissu cellulaire graisseux auquel Dupuytren faisait jouer un si grand rôle dans la production du bourbillon. Cette pratique est formellement rejetée par Royer; A. Rérard et Denonvilliers réservent le débridement pour les cas où le furoncle est accompagné de douleurs excessives.

Dans la plupart des cas, il suffit de soumettre la partie malade à l'application de topiques émollients et relâchants : cataplasmes de farine de lin ou de fécule, bains d’eau tiède ou d’eau de guimauve; on calme la douleur par l’administration de préparations narcotiques ou par l’application surlatumeur de cataplasmes arrosés de laudanum. Lorsque le furoncle marche lentement vers la suppuration, on le recouvre d’un emplâtre d'onguent de lanière. Une fois que le sommet de la tumeur s’est perforé, on facilite la sortie du bourbillon par une pression modérée. On a proposé de faire avorter le furoncle en le cautérisant, dès le moment de son apparition, avec un crayon de pierre infernale. L’application constante de compresses imbibées d’une solution aussi concentrée que possible, de chlorate de potasse, a réussi entre les mains de Rüss (de Strasbourg). Chez les sujets qui ont une éruption successive de furoncles pendant p’usieurs semaines, il convient d’administrer les purgatifs et des infusions déplantés dépuratives. ’ D' fano.

FUSAIN. — Nom vulgaire donné à Yeuonymus, arbre originaire de l’Amérique du Sud, et cultivé en France dans nos jardins, qui contient une substance amère purgative connue sous le nom d’euonymine (V. ce mot). P. L.

FUSION. — La fusion est le passage d’un corps solide à l’état liquide par l’action de la chaleur. On distingue deux sortes de fusion : la fusion ignée, où le feu agit seul sur le corps solide, comme cela a lieu pour les métaux et la fusion aqueuse, où l’eau faisant partie intégrante de la substance solide agit comme dissolvant à une haute température et la fait fondre; cela se pusse ainsi pour les sels cristallisés qui fondf'nt dans leur eau de cristallisation.

En pha”macologie, les mots fusion et liquéfaction sont pris souvent comme synonymes. Cependant on applique plus particulièrement ce dernier mot à l’opération qui consiste à produire par la chaleur, dans certains solides, un écartement des molécules assez grand pour qu’ils affectent l’état liquide. C’est ainsi qu’on obtient la liquéfaction de l’axonge, du beuire de cacao, du soufre, du cérat, des oeguents et des pommades. En définitive, la fusion étant prise comme terme générique, on remarque que l'acide acétique cristallisé, le beurre, le phosphore sont les corps les plus faciles à fondre, tandis que le cuivre, l’or, le fer, le platine sont les plus difficiles. O'- marc. Camboumves.

lOT

GAÏAC. — Le gaïac est un grand arbre exotique, à tige tortueuse; il appartient à la famille des zygophyllées et croît dans les Antilles, principalement à la Jamaïque et à Saint-Domingue. Le commerce nous fournit de cet arbre le bois et la résine. Le bois est en grosses bûches, recouvertes d’une écorce grise, mince, compacte, dure, pesante, résineuse, amère, parsemée sur sa face interne d’une infinité de petits cristaux brillants, elle est aujourd’hui presque inusitée ; il n’en est pas de même du bois lui-même, très dur, très compacte, également résineux, plus pesant que l’eau, composé d’un cœur brun verdâtre et d’un aubier jaune, il est inodore, sa râpure jaune devient verte au contact de l’air et de la lumière; sa composition contient, d’après Trohnnsdorff, de la résine qui est le principe actif et qui a été désigné sous le nom de gaïncine, de l’extractif amer, delà gomme, de l’albumine et des sels. L’écorce a une composition analogue. La résine suinte spontanément ou à l’aide d’incisions de la partie corticale. Elle est en masses irrégulières, friables, d’un brun verdâtre, d’une saveur âcre, d’une odeur balsamique, solubles dans l’alcool, peu solubles dans l’eau , insolubles dans les huiles grasses. A l’état de pureté, la résine du gaïac, autrement appelée gaiacine ou mieux acide gaïacique, se combine avec les alcalis pour former des savons.

A faible dose, le gaïac active la circulation, augmente la chaleur, pousse à la diaphorèse. A haute dose, il produit la sécheresse de la bouche, la perte d’appétit, la céphalalgie, les coliques, les vomissements et la diarrhée suivie d’une vive excitation des organes sécréteurs. C’est, en d’autres termes, un stimulant général dangereux à des doses élevées, mais utile, en petite quantité, dans l’aménorrhée, les flueurs blanches, les catarrhes chroniques et surtout dans les affections goutteuses, rhumatismales, syphilitiques, cutanées ou scrofuleuses. Ce médicament jouissait autrefois d’une très haute renommée, il a perdu aujourd’hui une grande partie de son prestige. D'' marc. Camboulives.

GAINE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner les parties aponévrotiques et fibreuses qui entourent les tendons et les muscles, ainsi que les

membranes synoviales qui enveloppent les tendons et tapissent les coulisses des os p. l,

GALACTOGÈNE. — Qualificatif donné aux substances alimentaires ou médicamenteuses qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion du lait : une bonne nourriture, les féculents, surtout les lentilles et les pommes de terre, l’eau de son, le galéga, le lacto-phosphate de chaux, etc., sont des galactogènes. La succion et l’électrisation des mamelles par des courants intermittents réussissent souvent à y faire venir le lait plus abondamment. p. i,.

GALACTOPHORES. — Nom donné par les anatomistes aux canaux excréteurs de la glande mammaire (V. Mamelle). p. l.

GALACTORRHÉE. — On désigne sous ce nom l’écoulement exagéré du lait chez la femme, soit pendant la lactation, soit après le sevrage (V. Lait, Lactation, Sevrage). p, l.

GALANGA. — Le galanga est le rizhome de Valfinius officinal, plante à port de roseau de la famille des amonacées, que l’on cultive dans le

Fig. 526.

Rizhome de Galanga majeur.

sud de la Chine. D’un brun orange à l’extérieur et d’une teinte chamois pâle à l’intérieur, ce rizhome est un aromatique stimulant de même que le gingembre, dont il a la saveur brûlante, employé

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comme épice en-Livonieet dans la Russie centrale, en puise de Ihé en Tartarie; il entre encore dans la composition de certaines préparations stimulantes et toniques employées contre la dyspepsie, p. i.

GALBANUM. — On donne ce nom à une gommerésine produite par la férule galbaniflua, de la famille des ombellofères que l’on trouve en Perse et dans le Levant. Cette résine se présente sons la forme de gouttes, variant de la grosseur d’un pois à celle d’une noisette, adhérentes entre elles et formant une masse parfois assez molle pour être fluide, mais le plus souvent compacte et dure, translucide et colorée en brun, en jaune ou en gris. Elle est employée à l’intérieur comme stimulant expectorant, et à l’extérieur sous forme d’emplàtre contre les tumeurs indolentes et sur les articulations atteintes de rhumatisme-chronique. Le galbanum entre enfin dans la composition du diacliylon, du diascordium, du baume de Fioravanti et de la thériaque. p. l.

GALE. — La gale est une maladie contagieuse caractérisée : 1° par une éruption prurigineuse de petites vésicules transparentes plus ou moins nombreuses, rondes, dures à leur base, pointues à leur sommet, remplies d'une sérosité transparente tout d’abord, puis légèrement visqueuse et purulente ; 2° par des sillons sous- épidermiques qui viennent aboutir aux vésicules ; 3° par une démangeaison particulière et caractéristique qui semble diminuer un instant lorsqu’on vient de se gratter et qui augmente vers le soir et surtout la nuit pendant le séjour au lit, ou encore lorsque le malade a fait usage de café ou de liqueurs alcooliques. Vésicules, sillons et démangeaisons sont engendrés par un petit insecte appelé acarus ou sarcopte de la gale, dont le lecteur trouvera la description au mot acarus.

Cette maladie affecte chez l’homme quatre grands sièges principaux : les mains, vers les faces latérales et les commissures des doigts; les poignets surtout au niveau du hord radial; la verge et surtout le gland, et le bord antérieur de Faisselle. On l’observe aussi sur d’autres parties du corps telles que le nombril, les fesses et les bourses. Chez la femme, les parties les plus souvent atteintes sont la main, le poignet et le sein.

La gale étant parasitaire et entretenue par l’acarus dont la prolifération est formidable, il est clair qu’elle durera ce que le malade voudra qu’elle dure.

Avec les dermatologistes de Saint- Louis on peut admettre deux variétés de gale : 1° la gale maligne, ou gale de l’ouvrier qui lui laisse prendre, par sa négligence, une extension considérable, à ce point qu’elle envahit tout sou corps eu quelques se-

maines. C’est celle qu’on observe à l’hôpital; la gale bénigne, celle des gens du monde, discrète, que les porteurs combattent sans s’en douter par les lavages fréquents, les ablutions et les lotions de toute espèce, et que souvent ils gardent fort longtemps parce qu’elle ne les fait pas beaucoup souffrir. ’

Ui gale ne se transmet pas seulement de l’homme à l’homme. 11 existe une gale du cheval, du mouton, du loup, qui se transmettent fort bien à l’espèce humaine.

Le traitement de la gale consiste à tuer le parasite. On est arrivé à obtenir ce résultat en une heure et demie, grâce à Hardy. Voici en quoi consiste le traitement du savant dermatologisle ; Tout d’abord on frotte le malade des pieds à la tête pendant une bonne demi-heure avec du savon noir; puis le malade prend un bain, d’une demi-heure, et continue à s’y frotter encore avec le savon; enfin il est frictionné avec la pommade à'Helmérich (V. ce mot) ; à la suite de quoi, sans essuyer sa pommade, il se rhabille avec les vêtements qui, pendant les trois temps de son traitement, ont été soumis dans une étuve à une chaleur de 100 degrés, conserve sa pommade pendant 24 heures, au bout desquelles il s’en débarrasse par un' bain alcalin.

Le traitement de Hardy, qui est appliqué tous les ans à plus de 4,000 malades à l’hôpital Saint-Louis, est radical, mais un peu rude et irritant pour la peau. Dans la clientèle de la ville on peut l’adoucir en remplaçant le savon noir par du savon de toilette et en dédoublant la pommade d'Helmérich par l’addition d’un quart ou d’un tiers d’axonge, et en prenant le second bain deux ou trois heures après l’application de la pommade.

A côté de ce traitement classique, on a proposé une foule de moyens pour guérir la gale. Nous n’en citerons que trois.

Le premier, proposé par William Peter’s,en 1881, comme très commode à appliquer à la campagne, consiste à faire matin et soir pen&ant quatre ou cinq jours une onction avec

Onguent styrax 2 parties.

Huiles d’amandes douces 1 —

Cette pommade, dès la première application,, calme les démangeaisons et guérit rapidement les éruptions pustuleuses et croùteuses provoquées par Facarus. Chez les enfants au-dessus de trois ans, il suffit d’une seule friction par jour pendant quatre ou cinq jours.

Le second, proposé par le docteur Frissart, ert 1881, consiste à frictionner tout le corps avec

Acide phénique cristallisé 3 grammes.

Huile d’olive .'100 —

Fig. b-27 Acarus femelle.

Fig. 528 Acarus mâle.

GAL

GAL

Cette solution remplit les deux indications, du traitement rationnel, puisque l'acide phénique tue le parasite, et que le corps gras agit topiquement sur les éruptions concomitantes et les complications. D'ordinaire, deux frictions suffisent pour amener la guérison complète.

Le troisième, publié en 1884 par le D'^Dolan, dans The British Medical Journal, est un remède qui réunit trois avantages précieux : la simplicité, l’efficacité et le bon marché. 11 consiste dans remploi en friction de la mixture suivante :

Fleur de soufre lüü parties.

Chaux éteinte 200 —

Eau 1,000 —

On fait bouillir en agitant de temps en temps, puis on laisse refroidir et on décante dans une bouteille qu'on bouche hermétiquement.

Voici comment l’auteur applique son remède : il fait prendre un bain chaud au galeux, puis lui badigeonne tout le corps avec un pinceau trempé dans la mixture, l’enveloppe dans des couvertures et le fait Vnettre au lit. Au bout de peu de temps, par suite de la précipitation du soufre, la peau du patient présente une teinte analogue à celle des cobayes, les démangeaisons cessent aussitôt, et dans les cas bénins le malade peut être renvoyé guéri à la suite d’un nouveau bain. Un second badigeonnage n’est nécessaire que dans les cas très invétérés. Lorsque l’irritation de la peau produite par l’application de la niixture est trop vive, Doland fait prendre tout simplement un bain alcalin au malade. Nous ajouterons qu’après ce bain on pourra saupoudrer le malade d’amidon ou lui faire des onctions de glycérolé d’amidon.

û’’ A.-L. L.^barthe, père.

GALËGA. — Le galéga officinal est une plante fourragère de la famille des légumineuses, originaire du midi de l’Europe, cultivée dans le midi de la France, en Espagne, en Suisse et surtout en Italie, où on la fait manger aux vaches et aux chèvres dont on veut augmenter la quantité et la qualité du lait. Dans certaines localités, même, les nourrices mangent le galega en salade dans le but de voir leur lait devenir plus abondant. Peut-être devrait-on faire des essais sérieux pour voir si réellement cette plante jouit de vertus galactogènes et dans quelles proportions. p. l.

GALËNIQUE. — En pharmacologie on donne le nom de pharmacie galénique à cette partie de la pharmacie qui s’occupe de l’étude de l'ensemble des médicaments préparés spécialement dans les officines, comme les poudres, les potions, les pilules, les pommades, les extraits, etc. p. l.

GALIPOT. — On donne ce nom à la résine qui, à la fin de la saison, s’écoule et se dessèche sur le tronc des pins maritimes, en croûtes jaunâtres plus ou moins épaisses. Le galipot, que l’on n’emploie pas seul en médecine, entre dans la préparation du diachylon et du sparadrap. p. l.

GALLIQUë (ACIDE). — L’acide gallique, qu’on retire de la noix de galle, se présente sous forme d'aiguilles incolores, longues, soyeuses, inodores, à saveur astringente et acidulé, soluble dans 100 parties d'eau froide et dans 3 parties d’eau bouillante, très soluble dans l’alcool. Cet acide, qui jouit de propriétés analogues à celle de tannin, mais moins fortes, est employé comme astringent, comme antihémorrhagique dans l’hémoptysie, l'épistaxis, les hémorrhagies des organes urinaires, etc. p. l.

GALMIËR (EAUX MINÉRALES DE SAINT-). — (V. Saint- Galmier.)

GALVANISME. — (V. Éleclricité.)

GALVANOCAÜSTIQUE. — On donne ce nom à une méthode chirurgicale qui fait usage des actions chimiques qui se produisent lorsque deux électrodes d’une pile sont plongés dans les tissus, et qui utilise aussi la chaleur développée par un courant électrique. Dans le premier cas, c’est la galvanocaustique chimique et dans le second , la galoa.nocaustique thermique.

Galvanocaustique chimique. — Elle repose sur ce principe que, lorsqu’un corps imparfaitement conducteur, se trouvant dans des conditions de cohésion qui facilitent sa décomposition , est placé dans le circuit d’une pile d'un pouvoir électromoteur suffisant, ce corps est décomposé; l’acide se porte sur rélectrod(( positive, l'alcali silr l’électrode négative. Lorsqu’ils ne peuvent attaquer les électrodes, si le corps interposé est de la matière organique, les acides et les alcalis naissants agissent sur les tissus à la manière des caustiques et déterminent l'apparition d'une eschare nettement limitée au niveau des points de contact des électrodes.

On peut ainsi faire, à volonté, sans intervention de la chaleur, des cautérisations semblahles à celles produites par l'action des acides ou des alcalis.

11 faut appeler cette méthode galvanocaustique chimique, de préférence à électrolyse ; car, dans les cautérisations faites au moyen du courant voltaïque, l’élcctrolyse n’est que la première partie dit l’opération : c’est une décomposition, une éleclrolyse, dans le sens jiropre du mot, puisque l'action des courants sépare les acides des alcalis ; dans le deuxième temps, c'est à une synthèse que l’on assiste ; les acides et les alcalis obéissent à leurs affinités et entrent dans de nouvelles combinaisons en même temps qu’ils agissent sur les tissus ambiants.

Ce procédé de cautérisation n’a été érigé en méthode que depuis les travaux de Ciniselli (1860). Cependant, dès 1841, on avait utilisé l'action de l'électrolyse pour résoudre certains engorgements comme ceux qui amènent le rétrécissement de l’urèthre ou le rétrécissement de la tronq)e d’Eustache. Tripier remaiajua qu’à l’électrode positive la cicatrice était dure et rétractile, tandis qu’à l’électrode négative, elle était molle et non rétractile.

Grâce à ces différences dans la cicatrisation on peut obtenir à volonté un tissu dur ou mou,^ce qui rond de. grands services en thérapeutique.

GALLE (NOIX DE). — (V. Noix de Galle.)

GAL

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fait construire pour l’oreille {fig. 529). Il se compose cl une soncle en caoutchouc durci (a) destinée à contenir un til d’argent ou de platine, terminé à son extrémité par une petite plaque, c. Le canon, b, reçoit le conducteur négatif de la pile.

Les parties de la muqueuse en contact avec le point c seront seules cautérisées.

On peut répéter cette expérience sur un morceau de viande en plaçant les électrodes sur chacune de ses faces. On verra bientôt se dégager au point c des bulles de gaz en même temps qu’il se formera une eschare de couleur blanche.

Galvanocaustique thermique. — C’est un procédé de cautérisation obtenu au moyen d un fil ou d’une lame de platine dont les extrémités sont^^mises en rapport avec une pile énergique^ et peu résistante. Dès que le courant est^ établi le platine s’échauffe et rougit, de sorte qu on peut détruire les tissus en les sectionnant avec autant de netteté que le ferait le bistouri, tout en évitant l’écoulement du sang.

L’avantage de cet instrument est dû à ce que l’on peut introduire à froid le cautère dans des cavités très étroites, on évite ainsi la chaleur rayonnante que pi'oduisent le cautère actuel et le thermocautère.

Les deux modèles de pile les plus employés pour cet usage sont ceux de Chardin et de Trouvé.

Dans le premier de ces appareils(;Ç5r. 530), la pile plongée dans le liquide est en rapport par deux conducteurs avec un manche terminé par un cautère en pointe.

Une manivelle remonte ou abaisse la pile à volonté.

L’autre appareil (/îg. 532) diffère principalement du précédent par la vis que l’on manœuvre au moyen de la manivelle C.

Aujourd’hui ces piles galvanocaustiques sont universellement employées pour les opérations chirurgicales, telles que section des tissus, cautéri sation des

différentes tumeurs, etc.

Lorsqu’on veut enlever un polype, qu’il siège dans les fosses nasales, dans l’utérus, dans l’oreille ou dans toute autre cavité, c’est à la galvanocaustique qu’il faut donner la préférence.

On évite ainsi de déchirer la membrane muqueuse, et chose importante, on ne craint pas les hémorrhagies.

Pour ces opérations, nous faisons usage d’un manche qui permet de rétrécir à volonté une anse de fil O dont les extrémités sont fixées à un anneau I, mobile 331).

glandes du pharynx, des amygdales, des

Pour pratiquer la galvanocaustique chimique, il faut avoir à sa disposition une pile à courants constants (pile de Trouvé ou de Chardin).

Muni d’un galvanomètre de Caiffe, cet api»areil indique à tout monieiU de l’elcctrisation la valeur absolue du courant.

Si l’on veut avoir une cicatrice molle, il faut avoir soin de terminer l’électrode positive par une

Fig. 5“29.

Appareil de J. Baratoux pour la galvanocaustique chimique de la trompe d'Eustache.

large plaque de métal ou de charbon recouverte de peau de chamois que l’on place mouillée sur

Fi y. o30.

Pile galvanocaustique de Chardin.

un endroit quelconque du corps, le ventre, la cuisse, etc.

.\ l’électrode négative, on adapte l’instrument

Manche pour l’anse galvanocaustique.

spécial à chaque organe, qui doit produire la cautérisation.

Tel (‘st, par exemple, l’appareil que nous avons

GAN

GAN

On ferme le courant, c’est-à-dire on fait rougir

Fig. 53-2.

Pile galvanocaustique de Trouvé.

le cautère, en appuyant sur un bouton fixé au manche. D-- J. Baratoüx.

GANGLION. — Nom donné par les anatomistes à de petits corps de nature très différentes qui sont situés sur le trajet des nerfs et des lymphatiques (V. ces mots). p. l.

GANGRÈNE. — On peut définir la gangrène, la cessation de la nuti ition dans une partie du corps ; elle est caractérisée par la perte du sentiment, du mouvement et de touti; action organique dans cette pai'tie.

Les mots gangrène et sphacèle sont employés à peu près indifféremment; on donne le nom d’e^chare à la partie mortifiée. La mortification des tissus osseux et cartilagineux a reçu le nom de nécrose.

Les parties gangrenées se présentent sous deux aspects : tantôt elles sont sèches et raccornies [gangrène sèche), tantôt molles et gonflées [gangrène humide] ; mais en réalité ces deux formes ne diffèrent qu’en un seul point, c’est que dans la gangrène humide, en raison d'un obstacle à la circulation veineuse ou d’une absence d’évaporation, la dessiccation de la partie malade ne s’effectue pas ; les liquides infiltrent les tissus et en déterminent la putréfaction; d’ailleurs ces deux formes sont reliées par une foule d’états intermédiaires; elles peuvent se succéder, coexister, etc.

A. Forme sèche. — Les tissus sont durs, secs, raccornis, mais ils conservent à peu près leur texture.

Les seules modifications anatomiques portent ;

1° Sur leur couleur, qui, variable suivant les tissus, est en général noirâtre, rouge carmin, feuille morte, etc., ce qui tient, soit à la diffusion de la matière colorante du sang (hématosine), soit à des substances ([ui en diffèrent chimi([uement, soit à des formations pigmentaires nouvelles (Demme) ;

2° Sur la présence de la graisse qui infiltre en très grande quantité tous les tissus de la partie gangrenée et qui résulte probablement de la décomposition des matières azotées (Raynaud).

Ainsi les mmscles, les téguments, les nerfs sont infiltrés de granulations graisseuses, de corpuscules

Fig. 533.

Gangrène sèche du pied et de la partie antérieure de la jambe.

noirâtres; on y trouve encore des cristaux d’hématoidine, de cholestérine, de sulfate de fer, etc.

B. Gangrène humide. — Les altérations sont les mêmes, mais les tissus ramollis, gonflés, infiltrés de sérosité, se putréfient rapidement; ils s’en dégage des gaz qui sont de l’ammoniaque, de l’hydrogène phosphoré ' et sulfuré, de l’acide valérianique, etc.

L’évolution de la gangrène comprend trois phases : 1“ la mortification ; 2“ Vélimination des parties mortifiées; 3” la cicatrisation.

1“ La mortification d’une partie du corps se traduit par des changenumts dans sa couleur, sa température, ses fonctions, sa sensibilité, son volume, son odeur.

La couleur varie. suivant les différents tissus; la gangrène de la peau s’annonce par des plaques bleuâtres ou noirâtres, les muqueuses prennent une teinte grise ou brune, les poumons sont ardoi-

Fig. 53t.

Gangrène humide de la main et de l’avant-bras causée par un appareil mat appliqué dans un cas de fracture du radius.

sés, fauves, le cerveau verdâtre, l’intestin a une teinte feuille-morte qu’on a eu souvent foccasion d’observer dans l’opération de la hernie étranglée ; les tendons, les nerfs conservent leur couleur blanche.

La température s’abaisse et se met en équilibre avec celle du milieu ambiant, d’où cette sensation froide et cadavérique que détermine le contact d’une partie mortifiée.

Les fonctions de la partie mortifiée sont naturellement supprimées, ses sécrétions abolies, sa circulation arrêtée.

Au moment où la gangrène se produit, le malade éprouve souvent d’affreuses douleurs dans la partie qui se sphacèle ; mais lorsque la gangrène est complète, toute sensibilité disparaît et ces parties peu-

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vent être diviséçs sans que le malade s’en aperçoive.

Dans la gangrène sèche les tissus sont durs et raccornis par le fait de l’évaporation des liquides; dans la gangrène humide ils sont tumctiés et ramollis.

L’odeur des parties gangrenées esl généralement fétide.

2° Élimination des eschares. — Les parties mortifiées irritent les parties saines avec lesquelles elles sont en contact, et il en résulte une inflammation qui sépare l’eschare et cicatrise la plaie.

Vers le troisième ou le quatrième jour ou voit, ,sur tout le pourtour de l’eschare, les tissus s’enflammer et former autour d’elle une couronne d’un rouge plus ou moins vif.

Vers le si.xièine jour une scissure se produit entre l’eschare et la zone inflammatoire, elle forme un sillon dont la profondeur se creuse chaque jour, et d’où s’écoule un liquide purulent (sillon d'élimination)-, l’eschare se détache après un temps très variable,

La chute de l’eschare met à nu une couche de bourgeons charnus, ce sont eux qui ont présidé à son élimination et qui vont être les agents de la cicatrisation ; de plus, cette zone inflammatoire oblitère les vaisseaux, épaissit les séreuses et crée des adhérences entre leurs feuillets; malheureusement ce travail protecteur n’est pas toujours complet, d’où hémorrhagies, perforation des séreuses au moment de la chute des eschares.

.3° Cicatrisation. — Nous venons de voir par quel mécanisme elle s’effectue; à la chute de l’eschare il reste une plaie qui ne diffère point d’une plaie simple.

Quant aux symptômes généraux, ils varient beaucoup suivant la nature de la gangrène, son étendue, son siège, etc.; dans les cas légers, il n’y a qu’un certain degré de réaction inflammatoire, tandis que dans les cas graves le malade présente les accidents de la septicémie.

Le diagnostic de la gangrène est en général facile, cependant on ne prendra pas pour de la gangrène certaines taches noirâtres dues à des topiques ou à des ecchymoses, ni cet état de stupeur locale qui survient parfois à la suite de traumatisme (contusions, plaies d'armes à feu). — Les plaques diphthériques de la gorge, ressemblent à une gangrène de la muqueuse, mais elles s’en distinguent par leur défaut de consistance.

Le traitement de la gangrène présente trois indications principales :

t“ Prévenir on limiter le développement de la gangrène. — Pour cela on surveillera l’application des appareils, on changera souvent la position du malade; on peut, à l’exemple de Dupuytren et de l’iandin, ap{)liquer des sangsues sur les parties qui se mortifient, y faire des embrocations, des frictions, des cautérisations au fer rouge, etc. La poudre de quinquina, l’acide phénique peuvent être employés, mais nous croyons leur efficacité fort restreinte.

2° Favori.ver la chute des eschares. — Le rôle du chirurgien se borne à appliquer des émollients si l’inflammation est trop vive, et au conti’aire à

l’exciter un peu si elle n’est pas suffisante. La première indication est remplie par l’emploi des cataplasmes, la deuxième par le styrax, etc. On diminue leur odeur en les recouvrant de poudres aromatiques et en les imprégnant de liquides désin fectants : phénol Bobœuf, vinaigre de Pennés, coaltar saponiné Le Beuf, salicol Busaulle, etc.; on peut y pratiquer des incisions que l’on remplit de charpie imbibée d’alun, de chlorure de sodium, de nitrate de potasse, de façon à les momifier. La plaie qui succède à l’élimination des eschares doit être traitée comme une plaie simple.

3" Traitement général. — Il faut soutenir les forces du malade par un régime tonique, et dans quelques cas (gangrène diabétique) combattre par un traitement approprié la cause génératrice du sphacèle.

Classification des gangrènes. — Nous venons de parler de la gangrène en général. Au point de vue pathogénique il y a plusieurs classes de gangrène, présentant chacune plusieurs variétés. Avec la plupart des auteurs, nous admettrons trois classes de gangrène. — k.Gàngrènes directes. — B. Gangrènes indirectes. — Ç,. Gangrène par altération dusang.

A. Gangrènes directes. — Ce sont celles dans lesquelles il y a destruction immédiate des éléments anatomiques des tissus par une contusion, l’action de la chaleur ou du froid, des caustiques, etc.

1“ Gangrène par contusion. — La contusion peut être jiortée à un assez haut degré pour anéantir les propriétés vitales des tissus qu’elle frappe ; c’est ce que l’on observe surtout dans les plaies par armes à feu, dans les morsures, etc.

La gangrène par contusion est immédiate ou consécutive, elle est superficielle ou profonde, ses symptômes sont ceux de la gangrène en général ; il faut cependant remarquer; 1“ que dans les gangrènes profondes le membre présente rapidement une tension œdémateuse considérable, il se recouvre de phlyctènes, s’infiltre de gaz, etc.

2“ Que dans les plaies par armes à feu la zone de mortification entraîne des suppurations prolongées, des nécroses, des hémorrhagies consécutives, etc.

Si la désorganisation est superficielle et peu étendue, il faut se borner à faciliter l’élimination des eschares par l’usage des émollients ; si elle est profonde, il faut recourir à l’amputation.

2“ Gangrène par compression. — Une compression assez forte pour arrêter la circulation peut déterminer la gangrène ; c’est ce que produisent les appareils trop serrés, les pressions trop longtemps prolongées (eschares au sacrum, au grand trochanter, au talon) ; dans ce dernier cas, le contact de l’urine, des matières, et surtout la dépression de l’organisme produite par la maladie générale qui nécessite le décubitus prolongé, favorisent le développement du sphacèle.

Tantôt les parties comprimées prennent une teinte d’un rouge violacé, sans réaction inflammatoire, leur centre devient gris, puis noir ; tantôt elles présentent une rougueur érysipélateuse et se couvrent do phlyctènes.

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A la chute des eschares il n’est point rare d’observer la dénudation du tissu osseux, sa carie, sa nécrose, etc.

Il faut donc surveiller l’application des appareils, changer fréquemment la position des malades, veiller à leur propreté, recouvrir de larges plaques de diachylon les parties comprimées, ratfermir leur vitalité chancelante par des lotions alcooliques, etc.

3“ Gangrène par les caustiques. — Un grand nombre d’acides concentrés, d’alcalis, de composés métalliques ont la propriété de mortifier nos tissus, propriété bien souvent mise à profit par le chirurgien.

Nous ne pouvons citer que les principaux: le nitrate d’argent produit une eschare très superficielle, blanche sur les plaies, noire sur la peau ; la potasse caustique a une escliare noire et molle ; le chlorure de zinc ou pâte de Canquoin détermine rapidement une eschare blanche, dure, dont l’épaisseur assez notable est très régulière.

L’élimination de ces eschares se fait plus ou moins l’apidcment et ne présente rien de spécial.

4° Gangrènes par températures exagérées. — (V. Brûlures et Froidures).

B. Gangrènes indirectes. — Nos tissus se nourrissent aux dépens d’éléments qui leur sont fournis par le sang, par conséquent si le sang ne leur arrive plus ils meurent par défaut d’apport nutritif; les troubles circulatoires qui engendrent les gangrènes de cet ordre (gangrènes dites indirectes ou spontanées) peuvent dépendre :

a. I)u système artériel : ainsi les artères peuvent être oblitérées par une thrombose, une embolie, une ligature ; leur circulation peut être compromise par une artérite, un atbérome, une ossification de leurs parois, etc. ;

b. Du système veineux : cependant il est très exceptionnel de voir l’oblitération d'une veine produire la gangrène ;

c. Du système capillaire: c’est ainsi que Raynaud rattache à un spasme des vaisseaux capillaires (ou des petites artérioles) la gangrène symétrique des extrémités.

Nous étudierons :

1“ La gangrène sénile ou par athérome ;

2" La gangrène par embolie ou ligature ;

3° La gangrène symétrique des extrémités.

1“ Gangrène sénile. — Cette dénomination s’applique à une gangrène, survenue de préférence chez les vieillards, frappant les extrémités et qui, développée en dehors de toute cause apparente extérieure, reconnaît pour point de dépai-t l’athérome artériel.

Le malade éprouve, au niveau des orteils ou des doigts de pieds, des fourmillements, des crampes, des douleurs très vives ; en même temps la peau qui les recouvre devient froide, décolorée, violacée ; la gangrène peut être humide, mais elle est le plus souvent sèche ; elle se limite aux orteils, ou bien gagne le pied, la jambe, etc.

Les troubles circulatoires sont très remarquables,les battements des artères ont disparu bien au-dessus des parties gangrenées, ce qui éclaire la pathogénie de ce genre de sphacèle.

Quand la gangrène est limitée, il s’établit audessus d’elle un travail d’élimination souvent impuissant, en raison de la présence du tissu o.sseux, à débarrasser le malade des parties mortifiées. Malgré les douleurs qui sont souvent très vives, la santé générale n’est pas altérée.

On a préconisé contrôla gangrène sénile, le quinquina en poudre, les fomentations excitantes, les saignées locales, l’opium à haute dose, etc. Lorsque la gangrène n’est pas limitée, toute opération est inopportune ; lorsqu’elle est circonscrite, plusieurs chirurgiens conseillent l’expectative, d’autres ont recours k l’amputation.

Gangrène par embolie et par ligature. — On sait que les concrétions formées dans le cœur peuvent se détacher, devenir libres dans le torrent circulatoire, s’arrêter dans certaines artères d’un calibre trop étroit pour leur livrer passage et les oblitérer comme le ferait une ligature. Les accidents étant les mêmes dans les deux cas, nous les réunirons dans une seule description.

. Les embolies provenant du ventricule gauche sont lancées dans les artères des membres, du cerveau, etc.; celles qui proviennent du ventricule droit et qui ont été souvent apportées dans l’oreillette droite par les veines caves sont lancées dans les poumons par l’artère pulmonaire.

Dès que l'artère est oblitérée il .se produit des fourmillements , de l’engourdissement et bientôt des douleurs très vives dans toute la région qui ne reçoit plus de sang; en même temps elle devient paie, froide, y d’aspect cadavérique ; si on explore l’artère, on constate qu’elle ne bat plus, elle forme un cordon dur, roulant sous le doigt, les battements sont également supprimés dans ses principales divisions.

Les désordres fonctionnels dépendent naturellement de l'artère oblitérée: s’il s’agit d’une artère cérébrale, le malade tombe brusquement frappé d’hémiplégie ; s’il s’agit d'une division de l’artère pulmonaire, il survient une dyspnée extrême, etc. ; mais quel que soit le siège de renibolie, au moment où elle oblitère l’artère le malade est pris d’agitation, d’étouffements, de malaise, de vomissements; son cœur fait souvent entendre des bruits de souffle, etc.

Si la circulation se rétablit par les voies collatérales, les phénomènes s’effacent peu à peu et la région reprend peu à peu son état primitif ; si, au contraire, elle est définitivement arrêtée, la gangrène se produit souvent sous lij^ forme humide.

La soudaineté des accidents, les troubles du côté du cœur permettent aisément de distinguer la gangrène par embolie des autres variétés de sphacèle.

3° Asphyxie locale. — Gangrène symétrique des extrémités. ^ Maurice Raynaud a décrit sous ce nom une variété de gangrène sèche, indépendante de toute altération anatomique appréciable du système vasculaire, et affectant toujours des parties similaires, en général les extrémités (doigts, orteils, oreilles, etc.).

Cette gangrène s’observe de préférence chez les gens adultes, d’un tempérament lymphatique et nerveux. Elle serait due à un spasme de vaisseaux

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