‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 223 sur 238 · GAR · texte numérisé non relu

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chlorose, jaunisse, etc.), conseillée d’une façon tout à fait empirique par Raspail contre la scrofule.

la garance est aujourd’hui complètement abandonnée comme médicament. p. l.

GARCINIA. — (V. Gomme-gutte.)

GARDE-MALADE. — La garde-malade n’a pas besoin d’êlre définie, mais il est bon et utile d’énumérer les qualités qu’elle doit réunir. Fonssagrives les a fort bien résumées. « .Je ferai volontiers de la garde-malade type le portrait suivant, dit notre confrère : qu’elle soit d’âge moyen pour n’avoir ni la pesanteur de la vieillesse, ni l’étourderie d’une jeune femme ; qu’elle soit d’une propreté et d’une exactitude irréprochables ; qu’elle fasse le moins de bruit possible, c’est-à-dire qu’elle ne tienne ni à se faire remarquer,»ni à déployer un zèle ostensible ; qu’elle n’ait rien de repoussant dans la figure, rien de rude dans la voix ou de grossier dans les manières ; qu’elle ne parle que lorsqu’on l’interroge ; qu’elle ne fasse ni médecine ni théorie ; qu’elle constate et qu’elle n’interprète pas ; ‘ que sobre d’exigences personnelles elle ne dérive pas, à son profit, une partie de l’activité de la maison ; enfin qu’elle soit intelligente, car sans intelligence, on ne fait rien de bien, pas même les choses de cœur. » Voilà l’idéal que l’on rencon-

tre, malheureusement pour les malades, beaucoup trop rarement. p. l.

GARDON. — On donne ce nom à un petit poisson blanc, à écailles assez grandes, d’un éclat argenté très vif sur tout le corps sauf sur le dos qui est verdâtre, très commun dans nos rivières, dont la cbair d'un goût agréable est digestible, mais a l’inconvénient d’être remplie d’un grand nombre de petites arêtes. Le gardon se mange frit ou en matelote. p. L.

GARGARISMES. ■ — On désigne sous le nom de gargarismes des médicaments magistraux liquides, de nature et de composition variables, destinés à combattre les maladies de la bouche, de la gorge et du pharynx. L’eau leur sert ordinairement de

véhicule, très rarement le lait, le vin, la bière, le vinaigre ou l’alcool affaibli.

La préparation des gargarismes se fait : par solution avec les substances solubles dans l’eau, telles que les gommes, les extraits, les sels ; par mixtion avec le vin, les teintures, les alcoolats ; par infusion avec les substances aromatiques où à texture tendre ; par décoction avec les matières dures'ou peu solubles ; par ces quatre modes réunis, lorsque plusieurs substances pour être combinées exigent des traitements divers. Le véhicule est donc très facile à trouver puisqu’il s’agit d’em- ' ployer à volonté un liquide quelconque, de l’eau, une tisane, une solution, etc. Il constitue aussi la condition, sine quà non, car il n’est pas possible de faire un gargarisme sans véhicule. Mais il est rare que le véhicule le forme à lui seul; le plus souvent on y ajoute un ou plusieurs principes actifs, comme le chlorate de potasse, l’alun, le borax un ou plusieurs édulcorants, comme le miel, le sirop de miel, le miel rosat, le sirop de mûres* les sirops en général.

Règle générale, le poids moyen d’un gargarisme doit être de 150 à 500 grammes, à prendre froid ou tiède, par gorgées ou par cuillerées, de quart d’heure en quart d’heure ou de demi-heure en demi-heure, dans les affections de la bouche, des amygdales, du voile du palais et de la partie supérieure du pharynx. A cet effet, on prend dans la bouche une cuillerée de la liqueur médicamenteuse, on renverse la tête en arrière pour la faire descendre jusqu’au fond de l’isthme du gosier, puis on produit un mouvement lent d’expiration de manière à imprimer à la colonne liquide de légères secousses ;dès ce moment, un son de glouglou se fait entendre et persiste jusqu’à la fin de l’expiration. Alors, de deux choses l’une : ou bien on rejette le liquide au dehors ; ou bien on abaisse la tête, on ferme la bouche, on fait venir le liquide en deçà du voile du palais, derrière les arcades dentaires, on exécute deux ou trois mouvements, respiratoires par les narines et on recommence le son du glougou comme nous l’avons indiqué. Les enfants en bas âge n’étant pas capables de se gargariser, on leur fait préparer des gargarismes qu’ils prennent par cuillerées comme des potions. 11 est d’ailleurs un certain nombre de ces médicaments dont il est bon d’avaler quelques cuillerées pour produire sur l’affection morbide de meilleurs • effets. D' MAnc. Cambouuves.

GARGOUILLEMENT. — Nom donné au bruit qui se produit dans les intestins, lorsque des gaz traversent, sous forme de bulles, les matières alimentaires qui y sont contenues. On appelle encore gargouillement le bruit que l’on perçoit par l’auscultation dans les poumons des phthisiques atteints de cavernes. P. l.

GAROU. — Le garou, appellé aussi daphné ou sainbois, est un arbrisseau de la famille des thymélacées, très commun dans les terrains incultes du midi de la France, surtout du Languedoc, dont l’écorce brune et légèrement grisâtre, mince, à odeur faible et nauséeuse, à saveur amère puis

GAS

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chaude, brûlante et corrosive très persistante renferme une matière résineuse et une huile grasse vésicante.

Inusité à l’intérieur, malgré ses propriétés drastiques, le garou sert à peu près exclusivement à préparer une pommade cpispastique destinée à entretenir les vésicatoires. Encore ne s’en sert-on plus guère aujourd’hui et lui préfère-t-on avec juste raison le papier épispasfique d'Albespeyres (V. ce mot)- P. L.

GARÜS (ÉLIXIR de). — L’élixir d(‘ Garus (^st une liqueur composée de :

Aloès socoti'in i gramme

Myrrhe 0,40 ceiitigr.

Girofles 0,40 —

Muscade 2 grammes

Cannelle de Ceylan 4 —

Safran 1 gr. 40 centigr.

Vanille 0,40 centigr.

que i’on concasse et qu’on fait macérer pendant quatre jours dans :

Alcool k 80“ 1000 grammes

puis qu’on filtre et qu’on additionne de sirop de sucre en quantité variable suivant le degré d’alcool que l’on veut conserver à l’élixir.

Le Garus est stimulant, stomachique et digestif et peut très bien remplacer la chartreuse, p. l.

GASTRALGIE. — Nous définirons la ^gastralgie une névrose douloureuse de l’estomac, accompagnée de troubles digestifs sans lésion appréciable de ce viscère, plus fréquente dans les villes qu’à la campagne, qui atteint de préférence les personnes nerveuses et surtout les femmes.

La gastralgie peut être déterminée par toutes les causes susceptibles d’irriter la muqueuse de l’estomac : alimentation insuffisante ou trop abondante, écarts de régime et excès de table, abus des épices, des vins gfiiéreux purs, des liqueurs alcooliques, du thé, du café, de la bière, etc. Elle reconnaît aussi pour cause les passions vives, les émotions dépressives, les fatigues de l’esprit, les veilles prolongées, la masturbation, les excès de coït, etc. On l’observe très souvent chez les anémiques, les chlorotiques, les hystériques, les hypochondriaques, les phthisiques; chez les. individus atteints de fièvres intermittentes, chez ceux qui sont sous l'influence de l’intoxication par le plomb, le mercure, etc. Elle est aussi fréquente chez les arthrétiques, les rhumatisants et les goutteux; souvent elle survient chez les malades qui font un usage prolongé de certains médicaments, tels que le sulfate de quinine, les balsamiques, etc. Enfin la grossesse, la lactation, certaines maladies de l’appareil génital chez la femme, telles que les métrites, l’aménorrhée, la dysménorrhée, sont des causes fréquentes de gastralgie.

Deux ordres de symptômes caractériî;ent la gastralgie : 1° des accès douloureux; 2° des troubles digestifs.

Les accès douloureux peuvent débuter brusquement; mais d’ordinaire ils s’annoncent par du ptyalisme, des nausées, de la salivation, puis le

malade ressent une douleur aiguë, lancinante ou déchirante, brûlante, rongeante, ayant son maximum d’intensité dans le creux de l’estomac, et s’irradiant vers les parois thoraciques, le ventre, le dos, les reins, dont la violence est parfois assez grande pour produire l'angoisse et la syncope. En même temps, cette douleur est exagérée par une pression légère avec le doigt et calmée, au contraire, lorsque cette pression est graduée et exercée avec la pomme de la main. L’épigastre est soulevé et balonné ; souvent, au contraire, il se rétracte fortement. Après avoir duré plus ou moins longtemps, de quelques minutes à quelques heures, la douleur disparaît tantôt instantanément, tantôt lentement et peu à peu, et la fin de l’accès peut être accompagnée de bâillements, d’éructations gazeuses inodores, de sueurs, etc.

Quant aux troubles digestifs, ils peuvent manquer porfois, mais le plus souvent on observe de la dyspepsie, de V inappétence, des nausées; la chaleur brûlante, atroce, qui se produit au creux de l’estomac et remonte dans la gorge, s’accompagne du rejet, sans effort, par la bouche, d’une certaine quantité de matière liquide, incolore, tantôt insipide, tantôt d’une saveur acide ou très salée, appelée pyrosis. Il existe aussi des troubles fonctionnels remarquables, tels que l’exagération de la faim ou de la soif, une perversion du' goût qui porte les gastralgiques à se nourrir exclusivement d’aliments inusités ; cornichons, poivre, sel, vinaigre, etc., ou à avaler les corps les plus divers : plâtre, charbon, pierre, papier, etc. La constipation est habituelle.

La gastralgie a une durée variable. Elle peut se dissiper d’elle-même ou persister pendant des mois et des années, suivant la cause qui l’a engendrée. Son pronostic n’est pas grave, en ce sens qu’on ne meurt pas d’une gastralgie, mais lorsqu’elle dure longtemps, que sa marche est lente et continue, elle exerce sur la nutrition et sur les fonctions psychiques une influence fâcheuse.

Lorsqu’on se trouve en présence d’une gastralgie,il faut tout d’abord songer à bien reconnaître la cause véritable sous la dépendance de laquelle elle se trouve (chlorose, anémie, rhumatisme, goutte, phthisie, aménorrhée, dysménorrhée, inappétence, dyspepsie, etc. (V. ces mots), et instituer le traitement rationnel réclamé par chacune de ces affections, ce qui suffira presque toujours à guérir la gastralgie.

En dehors de ce traitement rationnel, on ne peut faire que la médecine des symptômes. Au moment de l’accès, il faut avoir recours aux préparations opiacées, soit en potion, soit en lavement ; on fera des applications de linges très chauds sur le creux de l’estomac. Dans les cas graves, on se trouve bien des inhalations de chloroforme et d’éther. On a aussi employé avec succès la valérianate [vatériavate de Pierlot), la belladone, le bromure de potassium {sirop de Laroze), la strychnine, etc. Les courants électriques continus rendent parfois de très grands services : pour les appliquer, on place le pôle positif au niveau des dernières vertèbres cervicales, et le pôle négatif sur le creux épigastrique, un peu au-dessous du point douloureux. Les séances ne doivent pas durer plus de six à huit minutes.

D' Paül Labarthe.

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