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GRIPPE. — La grippe est une maladie épidémique caractérisée par un catarrhe des muqueuses nasale, pharyngienne et bronchique et par des symptômes généraux (fièvre, céphalalgie, courbature), dont l’intensité variable permet de distinguer deux variétés de grippe, l’une légère, l’autre grave.
La grippe est une maladie essentiellement épidémique, qui, à diverses époques (à peu près tous les dix ans), a sévi dans tous les climats, sous toutes les températures, et dont on ignore la cause spécifique. — Est elle contagieuse ? Les avis à ce sujet sont trop partagés pour qu’il soit possible de se prononcer.
Pour Hardy et Béhier, la grippe est une maladie épidémique avec des phénomènes généraux particuliers et non une maladie générale avec des phénomènes de bronchite.
Gintrac a noté une vingtaine de grandes épidémies de grippe depuis 1850 jusqu’en 1870.
Le nombre des individus atteints est souvent considérable: ainsi, à Paris, en 1780, la grippe fut si générale, dit Geoffroy, que « le spectacle de l’Opéra manqua un jour, les plaidoiries cessèrent au Cbâtelet et la musique de Notre-Dame fut interrompue pendant trois jours. »
La grippe frappe tous les rangs de la société ; elle atteint les adultes de péférence aux enfants et aux vieillards.
Elle s’annonce par du malaise, une profonde lassitude, des douleurs contusives dans les membres, des frissons, de la fièvre et du mal de tête.
D’abord peu accentués, ces symptômes se dessinent de plus en plus; ainsi le malade éprouve une lassitude et une prostration souvent étonnantes, des douleurs dans les muscles du rachis, du cou, de l’abdomen, etc.; une céphalalgie plus ou moins forte, généralisée ou localisée dans les régions frontale, temporale, occipitale; une fièvre, précédée de frissons, présentant un redoublement nocturne et se terminant le matin par des sueurs.
La plupart des muqueuses sont atteintes d’une inflammation catarrhale; ainsi, on observe : 1“ un coryza (éternuement, sécheresse, puis écoulement muqueux); 2» une angine (douleur, sécheresse et rougeur de la gorge, gonflement des amygdales) ; 3® une laryngo trachéite (toux sèche, raucité de la voix, douleur le long du larynx et de la trachée) ; 4® une bronchite avec râles sibilants et muqueux ; O® quelques troubles digestifs (nausées, vomisse ments et diarrhée).
Il faut ajouter que , suivant l’épidémie ou les prédispositions individuelles, on observe la prédominance de tel ou tel .«ymptôme, ce qui modifie notablement la pbysionomie de la maladie.
En général, la grippe évolue rapidement ; sa durée varie de quatre à dix jours, et elle peut se terminer par des phénomènes critiques, tels que sueurs abondantes, épistaxis, herpès labialis; mais sou vent la convalescenceest longue et les complicationsfréquentes.
Parmi les complications de la grippe, la pneumonie et la bronchite capillaire suffocante sont les plus communes. Les pleurésies, péricardites, attaques de rhumatisme, s’observent souvent; de plus, la grippe peut être le point de départ de la phthisie caséeuse; elle provoque ou accélère la
DlCnONNAIHE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.
fonte des tubercules. Les hémorrhagies, les troubles digestifs persistants sont plus rares.
Simple, la grippe n’est point grave; mais ses complications sont souvent mortelles.
La grippe peut être confondue :
1® Avec une bronchite. Les prodromes de la grippe ressemblent à ceux de beaucoup de maladies aiguës, et surtout à la bronchite; mais la prostration, les douleurs continues des membres, annoncent qu’il ne s’agit point d’une inflammation simple de la muqueuse des bronches ;
2° Avec une fièvre typhoïde, dont elle se distingue par l’invasion brusque du mal et par la marebe de la température;
3“ Avec la rougeole; mais si les symptômes de catarrhe sont les mêmes, l’éruption ne saurait laisser le moindre doute.
Le traitement de la grippe sera tour à tour celui dn coryza, de Vangitie, de la laryngo-trachéite ou de la bronchite, suivant la prédominance de l’un ou de l’autre de ces symptômes (V. ces mots).
D' Léon Moynac.
GROSEILLE. — La groseille est un fruit en grappes, tantôt rouge, tantôt blanc rosé, d’une saveur sucrée et acidulé très agréable, que l’on mange frais, au naturel ou saupoudré de sucre et arrosé de vin, de kirsch ou de rhum, et avec lequel on prépare de la gelée, des confitures et un sirop excellents. La groseille est rafraîchissante et de digestion facile. p. l.
GROSSESSE. — La grossesse est l’état de la femme qui a été fécondée et qui porte en elle le produit de la conception. La grossesse commence dès que la fécondation a eu lieu et se termine par l’expulsion du foetus, c’est à-dire par l’accouchement.
D’après de nombreuses statistiques basées sur un nombre considérable de cas, on est arrivé à établir que la durée moyenne de la grossesse était de deux cent-soixante-dix jours ou neuf mois solaires. Mais il est certain que dans certains cas, assez nombreux même, la grossesse se termine avant le terme normal, et que dans d’autres, beaucoup moins fréquents, elle se prolonge plusieurs jours au delà de la limite que je viens de fixer. Mais jamais elle ne dépasse la dixième époque menstruelle, sans qu’il en résulte un trouble profond et la mort de l’enfant.
Nous avons vu que Va fécondation pouvait se faire sur Vovaire ou dans le tiers externe de la trompe. De là l’ovule fécondé, après avoir parcouru les deux autres tiers de la trompe, arrive dans l’utérus et s’y développe jusqu’à l’accouchement. On a affaire alors à une grossesse naturelle, utérine. Mais si, pour une raison particulière, cet ovule fécondé se développe sur l’ovaire ou dans la trompe, nous serons en face d’une grossesse hors nature ou extra-utérine.
La grossesse utérine peut être simple quand il n’y a qu’un seul fœtus ; elle est dite composée ou gémellaire quand il y a deux ou plusieurs enfants. Enfin on appelle compliquée celle qui coexiste avec une tumeur de l’utérus ou de l'abdomen. Il y a encore les fausses grossesses, nom donne mal à propos à certains états qui peuvent, dans une certaine mesure, simuler la grossesse.)
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Grossesse utérine. — La grossesse imprime à l’économie, d’une manière générale, des modifications importantes à signaler. Il est facile de comprendre que l’utérus, dans lequel l’œuf fécondé va se développer, sera plus que tout autre organe, celui qui subira les changements les plus importants. En effet, le volume de la matrice augmente à mesure que la grossesse poursuit son cours, .si bien que l’utérus qui, à l’état de vacuité, est entièrement contenu dans la cavité pelvienne arrive à la fin du huitième mois à s’élever jusqu’à la région épigastrique. Cet accroissement se fait progressivement, si bien qu’on
Fig. 5oi.
Paroi abdominale distendue par le fait de la grossesse.
A. Utérus gravide. — B. Vagin. G. Sacrum. — D. Pubis.
peut, en recherchant le point où s’élève le fond de la matrice, déterminer à peu près le terme de la gestation. On a remarqué que dans les trois premiers mois l’utérus, tout en se développant, peu' encore rester enfermé dans l’excavation pelvienne, mais qu’après, il franchit le détroit supérieur et gagne la cavité abdominale, si bien qu’à quatre mois le fond de la matrice se fait sentir à un ou deux travers de doigt au-dessus du pubis. A six moi? l’utérus s'élève à environ un travers de doigt au-dessus de l’ombilic, et à huit mois, comme je l’ai dit, il
est tout près de l’appendice xiphoïde du sternum, et quelquefois même, chez les petites femmes à bassin étroit, cet appendice est repoussé en avant.
Il ne faut pas croire que ce soit l’œuf qui, en se développant, distend ainsi les parois utérines, car dans les premiers temps au moins, cet œuf n’aurait pas une force d’expansion suffisante pour lutter
Rapports de l’utérus au terme de la grossesse. — A, A. Utérus. B. Diaphragme. — G. Lobe droit du foie — D. Lobe gauche. — E. Épiploon. - H. An.se de l’inh slin grêle. — L. Golon ascendant. — M.. Paroi abdominale antérieure.
contre les parois épaisses de cet organe. 11 y a là une hypertrophie facile à saisir en songeant que le poids de la matrice, chez une femme arrivée au terme de sa gestation, est de t,200à 1,500 grammes, quand, à l’état de vacuité, cet organe ne pèse que 40 à 60 grammes. A terme, l’épaisseur des parois de la matrice est de 2 à 5 millimètres.
A mesure que l’utérus se développe et s’élève dans l’abdomen', il change de forme. Ue triangulaire qu’il
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diverses parties du fœtus. Le siège ou la tête se présentent alors sous la main comme une tumeur, arrondi, plus ou moins consistante. Les pieds, les genoux forment de petites saillies moins volumineuses, et surtout très fugitives sous la main qui les explore Ceci est surtout facile à percevoir chez les femmes maigres, et l’on peut aitisi déterminer admirablement la situation du fœtus dans l’iitérus.
Un fait remar(|uable c'est l'inclinaison de la matrice. Itans la grande majorité des cas la matrice s’incline à droite. Il est très rare qu’elle se porte du coté gauche. Ce sont les intestins (|ui occupent au contraire ce côté-la, et la p'‘rcussion permet facilement de le constater par la sonorité qu’on perçoit.
Toutes les femmes ne portent pas, pour ainsi dire l’utérus de la même façon. Chez les grandes femmes, à leur première grossesse, la matrice, repoussée en arriéré parla paroi abdominale (| ni résiste, se loge sur le côté et s’étale en quelque sorte en avant de la colonne vertébrale ; aussi cesfemme.s ()euventcarher assez longtemps leur état de gestation. Cln'z h“S petites femmes dont la cavité abdominale est moitis grande, la matrice, pour se développer, repousse la paroi ahdomina'e et fait en avant une saillie plu- prononcée. Mais c’est surtout après plusieurs urosse-ses successives que la peau ayant perdu son élasticité se laisse plus facilement distendre et que l’utérus, venaul plus librement en avant, fait une saillie si prononcée qu’on l’a ttomparee à un [tain de sucre Chez quelques-unes le ventre tomhi- en avant jusque sur les cuisses comme le ferait une besace.
Toutes ces modifications appartiennent à l’utérus en général, mais les changements qui s’opèrent
Fig. 537.
Situation de rutériis arrivé à un degré avancé de la grossesse dans l’attitude verticale de la femme. — 1. Vessie. —2. Urèthre. a. rubis. — i. Rectum. — 5. Vagin. — 6. Orifice externe de Futérus. — 7. Orifice interne. — 8. Foie. — t). Intestin.
cernent qu’on arrive jusqu’à l’orifice interne et même sur la partie que l’enfant présente, ou tout au moins sur les membranes de l’œuf.
Le raccourcissement du col est plus apparent que
dans le col de la matrice ont une importance telle que je crois devoir y insister. Ce sont le ramollissement, le raccourcissement et l’effacement.
Dès le premier mois qui suit la fécondation on observe par le toucher que la partie inferieure du col de l’utérus, celle qui a reçu le nom de rnu'eau de tanche, éprou- 9 vait un léger ramollissement. Le
3 doigt explorateur éprouve une sen sation analogue à celte qu’on ressent en appuyant sur le velours d’une table de bois. A mesure que la grossesse continue son cours, ce ramollissement, d’abord limité à la partie inférieure, gagne peu à peu et s’élève, si bien qu’à la fin du huitième mois le col tout entier est envahi jusqu’à l’orifice interne, qui existe encore quelquefois, mais qui bientôt cédera à son tour.
Il arrive aussi quelquefois, que l’orifice externe qui, chez le plus grand nombre de femmes, rnste fermé, ou à peine imperméable, jusqu’au début du travail, commence à s’entr’ouvrir, vers le sixième mois de la grossesse et qu’à la fin, on peut y introduire l’index jusque dans les deux tiers inférieurs de la longueur du col. Ce n’est qu’après le commencement de l’etla-
était avant la conception, il devient globuleux, piriforme. Son fond s’arrondit, la face antérieure devient très fortement convexe, les bords également. Quand on palpe la matrice à travers l’abdomen, on perçoit des bosselures de volumes divers qui répondent aux
Fig. 556.
Situation de l’iiténis arrivé è un degré avancé de grossesse, dans le dérubitiis dorsal delà ’emme.— 1. Vessie. — *2. Urèthre. — 3 l'ubis i. Reelum. — 5. V’agin. — fi. Orifice externe de l’utérus. — 7. Orifice interne. — 8. Foie. — 9. Intestin.
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réel. En effet ce n’est qu’un rapprochement des deux orifices l’un de l’autre. Le col tout entier qui a une forme légèrement conique, la peiite extrémité répondant au museau de tanche devient plutôt fusiforme, c’est-à-dire gonflé dans sa partie médiane.
Quant à l'effacement qui a lieu dans la dernière quinzaine de la grossesse, il consiste dans la réunion graduelle de la cavité cervicale avec la cavité utérine proprement dite. L’orifice interne, ramolli comme nous venons de le voir, s’entr ouvre et peu à peu, comme un anneau qui glisserait de haut en bas, on voit le col qui disparaît si bien qu’au commencement du travail il ne reste plus que l’orifice externe plus ou moins entrouvert.
paru en ce moment. L’ovule ne peut donc cheminer bien loin et vient se loger dans un des replis de cette muqueuse, qui ne tarde pas à s’épaissir encore tout au tour, si bien que l’œuf est ainsi emprisonné et qu’aux membranes qui l’environnent et qui lui sont prof ires, vient s’en ajouter une au Ire fournie par la matrice et qui n’est autre que la muqueuse même de cet organe. C’est ainsi que l’œuf se fixe à l’utérus et que, dans cette place, il accomplira son développement jusqu’à ce qu’il ait rempli toute 1» cavité de l’organe.
Quant aux transformations qui s’opèrent dan& l’ovule, depuis sa sortie de la vésicule de Graaf jusqu’à la naissance de l’enfant, il en sera parlé an mot CEuf.
Kig. S58. Fig. 559. Fig. 560.
Figures indiquant la perméabilité graduelle du col de l’utérus chez les multipares au début,
au commencement et à la fin de la grossesse.
Dans tout ce que je viens de dire, j’ai eu en vue lafemme primipare, c’est-à-dire celle qui en est à sa première grossesse. Chez les multi pares, au con traire, quionteu plusieursenfants,leramollissement se fait plus rapidement. Le col est presque toujours ouvert et permet au doigt de le parcourir, au moins jusqu’à l’orifice interne, et, dès le début de l’effacement, on arrive même facilement sur la partie que l’enfant présente.
Je n’insisterai pas sur les modifications de texture que subit le muscle utérin, pendant la grossesse, et qu’on trouvera rapportées tout au long dans les livres spéciaux. Je dirai seulement que les vaisseaux qui parcourent les parois de cet organe et qui en temps ordinaire sont assez ténus, prennent un développement considérable, ce qui explique l’abondance du sang qui accompagne le détachement du placenta après l’accouchement et les hémorrhagies si considérables qui surviennent parfois avant ou après la délivrance. Quelques mots maintenant sur la muqueuse utérine.
Quand l’ovule fécondé, après avoir parcouru la longueur de la trompe, arrive dans la cavité utérine, il trouve la muqueuse qui tapisse la face interne de la matrice congestionnée, boursouflée, hyp rtrophiée, au point que la cavité, déjà très restreinte, en temps ordinaire, a complètement dis-
En dehors des modifications qui se produisent dans le volume, la forme, la direction, la situation et la structure de l’utérus, on observe certains changements importants à signaler dans les organes voisins. C'est ainsi par exemple que le vagin, intimement lié à l’utérus participe, dans une certaine mesure, aux déplacements de cet organe. Dans les premiers mois, quand la matrice est entièrement contenue dans l’excavation pelvienne, le vagin est raccourci, parce que le poids de l’utérus l’entraîne un peu en bas. Plus tard, quand la matrice s’élève dons l’abdomen, elle entraîne avec elle le vagin qui est plus allongé; enfin quand le col s’efface et que la partie de l’enfant tend à descendre, les parois vaginales s’écartent et la partie supérieure de ce conduit acquiert une certaine amplitude. Nous avons vu que la circulation devenait très active dans les parois utérines : il en est de même pour le vagin qui, par suite prend une couleur plus foncée, quelquefois même violacée. C’est par suite de la dilatation des veines que se produisent ces nodosités, cet état variqueux, qu’on observe si souvent à l’entrée du vagin et dans l’épaisseur des grandes lèvres.
Les glandules du vagin s’hypertrophient également, et il n’est pas rare de rencontrer sous le doigt des surfaces qui rappellent les éruptions va-
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rioleuses confluantes. C’est ce qu’on appelle la vaginite granuleuse des femmes enceintes. Ces glandes sont le siège d’une hypersécrétion assez active, si bien que certaines femmes, pendant la grossesse, ont des écoulements blancs, jaunâtres ou verdâires, très abondants. Souvent ces pertes déterminent des irritations très vives à l’extérieur et même à l’intérieur. Dans ce cas, le mieux est d’employer des lotions émollientes souvent répétées et des injections également adoucissantes, faites très doucement et avec le plus grand soin. Une décoction de racines de guimauve avec deux têtes de pavot, employée tiède, est ce que je préfère.
Quelquefois l’exagération de vitalité de ces régions détermine le développement à l’entrée de la vulve de végétations blanches ou rosées, qu’on a comparé justement à une tète de chou-fleur. Quelques médecins ont pu s’y tromper et prendre ces productions pour des végétations syphilitiques. Il n’en est rien, et malgré tous les essais qui ont été tentés pour les faire disparaître, soit par l'excision, soit par la cautérisation, le mieux est d’attendre, en entretenant dans ces régions une grande propreté, et sitôt après l’accouchement, auquel elles n’amènent aucun obstacle, ces productions disparaissent spontanément.
Par suite du développement de l’utérus et de son élévation dans l'abdomen, la vessie se trouve fortement repoussée en avant et l’urèthre est appliquée contre la symphyse pubienne. 11 en resuite que le réservoir urinaire ne peut pas se développer comme d’habitude et la pression exercée contre l’urèthre sollicite des besoins fréquents d’uriner, auxquels les femmes sont obligées de satisfaire.
Ai-je besoin de dire que pendant la grossesse, la constipation, si fréquente chez toutes les femmes est encore augmentée par la compression exercée par la tumeur utérine ; enfin, ce même utérus si développé, dans les derniers mois exerce sur les gros trous vasculaires voisins, principalement sur la veine cave inférieure et sur les iliaques, une compression qui empêche le retour facile du sang ’ veineux vers le cœur, de là, stase sanguine. C'est ce qui explique la fréquence des varices et des hémorrhoïdes. En outre, on observe souvent l’œdème des membres inférieurs, quelquefois limité à la partie la plus déclive des pieds et le pourtour des ma'lé des, mais quelquefois aussi plus étendue, surto t si le volume de l'utérus est exagéré, comme dans les grossesses gémellaires et l’hydramnios. Le port d’une ceinture qui soulève un peu l'utérus et la station étendue est ce qu’il y a de préférable à faire dans ce cas. En outre le médecin fera bien de s’assurer s’il n’y a pas d’albuminurie, car la réunion de ces deux signes: œdeme et albuminurie, pourraient faire craindre Véclampsie.
Enfin la peau du ventre, qui résiste d’abord à la pression que l’utérus exerce en se développant, finit par ceder; mais, après avoir épuisé pour se distendre toute l’élasticité qui lui appartient, elle est obligée de s’érailler pour s’étendre davantage, et alors ou voit apparaître ces verfietures, simples éraillures de la peau, qui se présentent sous une coloration rouge noirâtre, après l’aLCouchement et
qui finissent par revêtir une couleur blanc nacré, signe indélébile de la préexistence d’une grossesse ou d’une tumeur à développement rapide.
Les mamelles qui sont sous la dépendance des organes génitaux participent aux modifications imprimées par la grossesse à l’économie. En effet, peu de temps après la conception, ces organes augmentent de volume-et deviennent plus sensibles. Si on les presse entre les doigts on sent profondément que la glande mammaire est plus grosse et celte pression est douloureuse. Ce gonflement des seins qui s’accompagne de picotements, de petites douleurs lancinantes, reste presque stationnaire pendant les deux premiers tiers de la durée de la grossesse pour augmenter davantage à la fin. Quelquefois la mamelle laisse suinter un liquide incolore qui tache la chemise comme le ferait de l’empois.
Outre le gonflement de la mamelle, on remarque un changement dans la coloration de l’aréole et du mamelon. Ceci est surtout facile à reconnaître chez les femmes brunes ou châtaines. Chez les blondes et les rousses la coloration naturelle de ces parties est à peine prononcée, hors l’état de grossesse et pendant la gestation on n’y observe que peu de changements. Chez les brunes, au contraire, la coloration de l’aréole s’exagère notablement, et il se fait autour de la première aréole, une seconde zone concentrique d’une coloration moins prononcée. Le mamelon devient également plus foncé. En outre on voit se former sur la surface de l’aréole de petites élevures qui ne sont autres que l’hypertrophie de glandes sébacées qui s’y trouvent et qui laissent sécréter un liquide sébacé blanchâtre, qui a été souvent pris à tort pour du lait. On a donné à ces élevures le nom de tubercules de Montgoméry.
Les seins ne sont pas seuls le siège d’une exagération de dépôt pigmentaire. Chez les mêmes femmes brunes et châtaines, on observe sur le ventre une ligne plus ou moins foncée qui part du pubis, gagne l’ombilic et s’élève même souvent au-dessus de celte cicatrice en la contournant. On a donné à ce dépôt pigmentaire le nom de ligne brune abdominale. Le visage également se recouvre souvent de grandes taches grisâtres, dont l’ensemble constitue ce qu’on appelle le masque des femmes enceintes.
En dehors des modifications anatomiques que la grossesse imprime à l’économie, il existe encore quelques changements dans différentes fonctions, que nous alluns passer en revue.
De tous, le plus important, c’est la suppression de la menstruation. C’est en effet le premier qui révèle à la femme la probabilité de son état. Certainement quelques troubles ont pu se produire dans la digestion et dans la nutrition, mais ces états particuliers surviennent quelquefois hors de l’état de grossesse, mais quand à ces modifications vient s’ajouter l’arrêt des menstrues, la femme pense aussitôt à la probabilité d’une grossesse. Et cepennanl L s règles ne s’arrêtent pas toujours aussitôt qu’il y a conception. C’est ce qui arrive dans la grande majorité des cas, mais enfin il existe quelques exceptions qu’il est bon de signaler. J’ai
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connu plusieurs dames chez lesquelles la première époque cataméniale qui suit la fécondation, se traduisnit toujours par un léger écoulement sanguin, de très peu de durée, et moins coloré. Chez quelques autres, les règles se poursuivent pendant les trois ou quatre premiers mois, déterminant soit une simple tache rouge, soit un écoulement à peine rosé, durant à peine quelques heures. Aussi, malgré ces exceptions, on peut poser en règle géné rate, que chez la femme les règles se suppriment complètement où, si elles continuent à se faire sentir, elles ne sont ni si abondantes, ni si colorées qu’en temps ordinaire. L’écoulement du sang rouge et abondant pendant une grossesse doit être conisidéré comme une véritable perte qui nécessitera des soins particuliers et immédiats. t
Presque toutes les femmes qui deviennent enceintes vomissent. Chez la plupart, les vomissements se produisent le matin à jeun, au réveil, et se composent de matières glaireuses, filantes et blanchâtres. D’autres vomissent après l’ingestion des aliments dont elles rendent la totalité ou plus souvent une partie seulement. Plusieurs repas peuvent être pris sans être suivis de vomissements, puis l’un d'eux est rejeté sans qu’on puisse assigner une cause certaine à ce trouble momentané. Ces vomissements, en généra!, persistent pendant les trois au quatre premiers mois, pour disparaître ensuite et ne se reproduire qu’accidentellement pendant les deux derniers. Certaines femmes ont des vomissements pendant toute la durée de la grossesse, mais d’une manière intermittente
Malgré ces vomissements, il est rare que la santé générale soit altérée, et la plupart continuent à vaquer à leur> occupations, ne se dérangeant que pour satisfaire au besoin de rendre qui les saisit inopinément. Il existe malheureusement quelques femmes chez lesquelles les vomissements prennent un caractère extrêmement grave par leur répétition et l’impossibilité qui en résulte pour celles qui en sont alteintes, de prendre aucune nourriture. Mais ceci constitue une véritable maladie qui sera décrite aux mots Vomisspinenls incoercibles.
.le signalerai encore les perversions des sens, les goûts bizarres, les désirs impossibles à réaliser, un état qui rappelle ce que nous décrirons plus tard sous le nom de Manie puerpérale, qui s’ob'serve plus fréquemment après l’accouchement, mais dont on voit aussi quelques exemples pendant la grossesse.
A quels signes peut-on reconnaître qu’une femme est enceinte, et comment peut-on déterminer à quelle période de la grossesse elle est parvenue? — Un des points sur lequel je veux insister maintenant, est le diagnostic de la grossesse, c’est-à-dire d’indiquer à quels signes ou peut reconnaître qu'une femme est enceinte et ensuite déterminer à quelle période de la grossesse elle est parvenue au moment de l'exan)en.
Four cela, nous avons à notre disposition trois moyens d'investigations, le loucher, le palper et Y auscultation, auxquels viennent s’ajouter l’interro gatoire de la patiente et l'inspection de diverse^ par ties du corps, comme les seins, le ventre, les organes génitaux externes.
On a divisé les signes auxquels on peut reconnaître la grossesse en deux ordres :
Les signes de probabilité et les signes de certitude.
Nous allons les passer en revue les uns et les autres.
Les SIGNES DE PROBABILITÉ sont : La suppression des règles, l’augmentation de volume du ventre, les modifications qui apparaissent du côté des seins, et les troubles généraux de la digestion, de la nutrition, de la circulation, de l’innervation, etc.
Après ce que j’ai dit précédemment sur la suppression des règles, j’ajouterai simplement que ce signe, si important qu’il soit, ne peut à lui seul affirmer l’existence de la grossesse, car il peut se faire que, pour des raisons connues, et d’autres ignorées, la menstruation se suspende. Cette question a été traitée au mot Aménorrhée.
L’augmentation de volume du ventre peut être le résultat de la présence d’un kyste de l’ovaire, d’une tumeur fibreuse de l’utérus, d’une ascite, ou simplement d’une rapide exagération du tissu graisseux. Aussi, par lui même et pris isolément, ce signe ne suffit pas pour diagnostiquer la grossesse.
Il en est de même des modifications du côté des seins, qui, comme nous l’avons vu plus haut, au moins en temps que coloration, manque chez certaines femmes et est toujours difficile à apprécier chez celles qui ont déjà eu plusieurs enfants. Quant à la tension, à l’augmentation du volume des seins, on l’observe dans un certain nombre d’affections utérines, en dehors de la grossesse. Quelques femmes qui ont allaité leurs enfants, conservent encore pendant longtemps un suintement plus ou moins coloré par les mamelons.
Enfin les troubles fonctionnels qui surviennent dans les organes digestifs, se présentent fréquemment en dehors de tout état de gestation.
Les signes de probabilité, pris chacun isolément, n’ont donc qu’une bien mince valeur. Il n’en est pas de même de leur réunion, et au deb l de la grossesse, alors que les signes de certitude ne penvent encore être perçus, il est certain qu’une femme qui d’habitude est bien réglée « t chez laquelle la menstruation se suspend, qui accuse en même temps une augmentation de volume du ventre, des picotements et une certaine tension dans les seins, le tout accompagné de vomissements et de troubles généraux dans l'appareil digestif, a bien des chances pour être enceinte.
Les SIGNES DE CERTITUDE sont : le biilloltement, les mouvements actifs du fœtus et les battements du cœur de l’enfant.
Le ballottement a une importance extrême, car on peut diagnostiquer ainsi l’existence du fœtus, même quand il est mort. C’est un signe de certitude, car il n’existe rien qui puisse faire illusion.
Les battements du cœur du fœtus se perçoivent à l’aide de l'uuii uUation. C’est à partir du quatireme mois de la grossesse, c’est-à-dire quand le fond de l’utérus commence à s’élever dans l'abdomen, que l’on peut, en appliquant le stéthocope sur le fond de la matrice situé, comme nous l’avons dit, au-dessus de l’arcade pubienne, entendre les battements du
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cœur de l’enfant. Ces battements sont très précipités et se répètent de 133 à 145 fois ]Tar minute. 11 sera d me facile de ne pas les confondre avec les pulsations de l’aorte de la mère, si l’on a soin, pendant que l’on'ille est appliquée sur le stéthoscope, de tenir avec la main le pouls maternel. On verra, même si la femme dont on ausculte l’abdotnen est en proie à une fièvre assez violente, que les battçments du cœur de l’enfant sont plus fréquents et ne sont pas isochrones avec les battements du cœur de la mère. Je n’ai pas besoin d’insister sur la valeur de ce signe qui, à lui seul, suffit pour lever tous les doutes que l’on pourrait garder sur l'existence réelle de la grossesse. Mais pour que l’auscullaiion puisse donner les résultats que l’on en attend, il faut que la grossesse ait atteint quatre mois, et que le fœtus soit vivant
Enfin les mouvements actifs du fœtus se font généralement’ sentir entre quatre mois et quatre mois et demi. Ouelquefois un peu plus tôt, chez certaines femmes. D’abord ils se présentent comme un léger chatouillement, qui passe inoporçu pour celles qui n’ont jamais eu d’enfants; mais bientôt ils se traduisent par des chocs produits généralement par l’extension brusque d’un membre du fœtus.
Enfin la femme distingue nettement les mouvements de translation qu’exécute l’enfant dans sa sphère liquide. A la fin tout à fait, quand la tète du fœtus est engagée dans le détroit supérieur et que l’enfant ne peut plus évoluer en totalité, la mère ne perçoit plus qu’un mouvement de pendule portant l’extrémité qui répond au fond de la matrice tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, ou un mouvement de rotation sur son axe qui amène tan tôt le dos, tantôt la face antérieure de l’enfant en avant ou vers une partie latérale. A ce moment encore , l’enfant peut changer ses membres de place, mais pelotonné et serré comme il l’est dans la matrice, ces mouvements n’ont plus la même étendue, et se traduisent rarement par ces chocs brusques ressentis pendant les sixième et septième mois. C’est alors qu'on observe, quand on considère le ventre nu de la femme enceinte, ces petites bosselures qui se produisent tout à coup à un point pour disparaître presque aussitôt et réapparaître à une autre endroit. Et quand on veut saisir avec la main la partie fœtale qui détermine ces petites élevures temporaires , le petit membre de l’enfant fuit aussitôt sous e doigt.
Pour peu qu’une femme ait conservé jusqu’à quatre mois et quatre mois et demi quelques doutes sur l’existence de sa grossesse, la perception des mouvements du fœtus l’éclairera bien vite sur son état, car r est encore là un signe de certitude. Et cependant certaines femmes croiront sentir remuer alors (|u’il n’y a pas de grossesse. Ce seront ou le passage de gaz dans l’intestin, ou des mouvements nerveux des muscles de l’abdomen, qui peuvent en imposer à la femme qui désire vivement des enfants ou à celte qui redoute une grossesse, mais qui ne sauraient tromper un observateur sérieux et instruit.
Pour déterminer l’époque probable de la grossesse il faut tenir compte : l" de la dernière époque des règles ; 2° de l’élévation du fond de l’utérus dans l’abdomen ; 3“ du moment où ont été perçus pour la première fois les mouvements actifs du fœtus. J’en ai dit assez sur ce sujet pour ne pas insister de nouveau.
Grossesse composée. — Tout ce que nous venons de dire de la grossesse utérine simple peut s’appliquer également à la grossesse gémellaire. Les
Fig. 561.
Grossesse gémellaire {l’un des fœtus se présente par le sommet et l’autre par le siège).
signes de la grossesse, les malaises que la femme éprouve sont les mêmes, que la femme ait un ou plusieurs enfants enfermés dans la cavité utérine. Seulement, le volume du ventre est plus considérable, et, à quatre mois par exemple, la femme paraîtra avoir une grossesse de six mois, à huit mois il semble que le ventre ne pourra plus se développer davantage.
Il est rare qu’une grossesse gémellaire se prolonge pendant les 270 jours réglementaires. Généralement l'accouchement se produit trois semaines, un mois, avant le terme ou même beaucoup plus tôt. Quelquefois, au début de la grossesse un fœtus est expulsé et l’autre reste dans la matrice et s’y développe ensuite, comme dans une grossesse utérine sim le et l’on est très étonné au moment de la délivrance de trouver à côté du placenta qui est expulsé une autre poche vide. Mais ces faits sont rares, car, souvent, quand l’expulsion d’un œuf n’entraîne pas celle de son jumeau, c’est que ces
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pas au médecin quel est l'aîné. On croyait que le premier sorti étant le dernier conçu devait être les cadet, le second né étant le premier conçu. Les recherches physiologiques ayant démontré qu’il ne pouvait y avoir de superfœtation dans l’espèce humaine, il faut admettre que les deux ou trois fœtus proviennent ou d’un ovule ayant deux vitellus comme il y a des œufs de poule à deux jaunes ou de deux ovules fécondés simultanément et venus ensemble dans la cavité utérine. Quant à l’état de faiblesse de l’un des enfants par rapport à l’autre, on est convenu d’admettre qu’il se passe pour eux ce que nous voyons arriver tous les jours pour deux fruits qui, côte à côte, prennent leur sève au même point. L’un gêne l’autre, et c’est celui qui a la puissance d'absorption la plus énergique qui se développe davantage. En résumé, l’aîné des enfants dans une grossesse gémellaire est celui qui naît le premier.
Il est assez facile de diagnostiquer d’avance la présence de plusieurs enfants dans l’utérus. La grande distension de cet organe que l’on sent rempli non pas de liquide, mais de parties solides, les mouvements actifs des fœtus qui se perçoivent en tous les points de l’abdomen et enfin l’auscultation qui révèle l’existence de deux bafements du cœur, non isochrones l’un à l’autre, permettent d’affirmer l’existence de plusieurs enfants. L’aüscnltalion bien pratiquée a permis de diagnostiquer l’existence de trois enfants dans la matrice.
Hygiène de la grossesse. — D’une manière générale, la femme qui devient enceinte ne devra rien changer à ses habitudes. Cependant certaines précautions sont indispensables pour pouvoir conduire jusqu’à terme le produit de la conception, car, si pour quelques-unes les imprudences les plus téméraires, les accidents les plus graves, n’empêchent pas la grossesse de suivre son cours, chez le plus grand nombre, il faut relativement peu de choses pour compromettre et même pour interrompre complètement la marche de la gestation.
L’alimentation devra être ce qu’elle est d’habitude, sans exagération La femme enceinte fera bien de s’abstenir de tous les aliments qui produisent le développement de gaz. Nous avons vu, en effet, que dans ce nouvel état la femme était plus facilement constipée que d’habitude, il est donc nécessaire de ne pas augmenter cette prédisposition. Chez certaines femmes dont le bassin est un peu étroit, on a conseillé une diète relative, dans le but de diminuer le volume de l’enfant Cette méthode préconisée par le professeur Depaul a donné quelques résultats.
Il faut éviter les changements de milieu trop brusques. En particulier, les femmes qui vivent d’habitude dans les plaines ne devront pas aller séjourner dans-les montagnes, ou l’air est raréfié. Au contraire, celles qui habitent les villes se trouveront toujours très bien d’aller passer quelques mois à la campagne ou au bord de la mer. Souvent ce changement a pu arrêter des vomissements rebelles à tous les médicaments.
deux œufs sont parfaitement isolés l’un de l’autre et le fœtus, expulsé prématurément, emporte avec lui toutes ses annexes.
En général, outre le développement du ventre qui est exagéré, les troubles de la circulation déterminés par le pression exercée par l’utérus sont observés plus tôt et sont plus intenses. Aussi l’œdème ne reste pas limité aux malléoles, les membres inférieurs, les organes génitaux externes, et même la paroi abdominale, sont presque toujours envahis par l’infiltration.
La grossesse composée peut être limitée à la
Fig 562.
Grossesse gémellaire (les deux fœtus se présentent par le sommet).
coexistence de deux enfants, mais il peut y en avoir, en même temps, trois, quatre ou cinq dans la matrice. Il est rare que tous les enfants vivent. Généralement les grossesses de 4, ou 5 enfants, se terminent de très bonne heure. Il n’est déjà pas fréquent d’observer une grossesse trigémellaire produire trois enfants vivants, et cependant tout le monde peut voir les trois petites' jumelles de notre grand caricaturiste Bertall qui ont aujourd’hui dix ans et qui sont très bien portantes.
En général, dans les grossesses gémellaires, l’un des deux enfants est moins fort que l’autre, cç qui, joint à certaines théories autrefois en honneur, avait fait penser que ces deux fœtus n’avaient pas été conçus à la même époque.
Et aujourd’hui encore, dans le monde, quand il y a deux enfants, il est rare que le père ne demande
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Les mouvements brusques, l’équitation, les courses en voiture dans les rues mal pavées ou dans les mauvais chemins à ornières, même les voyages en chemin de fer un peu longs, devront être proscrits. Quand une raison impérieuse nécessitera un voyage, on fera bien de scinder la route en plusieurs parties, de manière à ne pas rester en chemin de fer plus de douze heures de suite sans prendre de repos. Si la femme enceinte éprouvait une trop grande fatigue dans les reins, quelques douleurs dans le ventre, ou un léger écoulement rosé, il serait indispensable de se mettre au lit pendant quelques jours et d’apaiser les douleurs à l’aide de petits lavements contenant 10 à 12 gouttes de laudanum.
Les émotions violentes, les spectacles énervants, devront être évités avec le plus grand soin. Enfin les femmes qui ont déjà fait une ou plusieurs fausses couches, feront bien, à une grossesse suivante, de prendre le lit jusqu’à ce que le terme où les avortements antérieurs ont eu lieu, soit complètement franchi d'au moins une quinzaine de jours.
Les vêtements serrés au corps, les corsets trop bien lassés, seront mis de côté. La malade portera une brassière ou un corset dit de grossesse, dont les côtés, munis de bandes en caoutchouc, ne compriment ni la taille, ni les seins. Si la femme éprouve des douleurs dans les reins, un sentiment de pesanteur dans le ventre, elle fera bien d’employer une ceinture hypogastrique simple doublée de flanelle ou de tout autre corps plucheux, afin d’éviter l’impression du froid sur le ventre.
11 faut supprimer les jarretières s’il y a des varices aux jambes ou de l’œdème. Enfin les hauts talons Louis XV seront absolument rejetés.
Les bains ne sont pas indispensables, mais à partir de quatre mois et demi on pourra prendre tous les quinze jours un grand bain d’une durée maximum de vingt minutes.
Quant aux bains de mer, sans les proscrire absolument, je pense qu’il faut être très sobre de ce genre d’exercice; non seulement la femme enceinte ne devra pas se livrer à la natation, mais elle fera bien de ne se plonger dans l’eau de mer que les jours où la température sera très chaude. D’une manière générale, tous les bains, soit dans une baignoire, soit à la mer, seront interdits dans la première moitié de la gro.ssesse.
Les injections vaginales doivent être absolument suspendues, sauf le cas de vaginite granuleuse, comme nous l’avons vu. Au contraire, les lavements seront indispensables pour combattre la constipation opiniâtre habituelle à cet état. On pourra aussi faire usage de temps à autre, d’une pilule de Podophylle Coirre,oii d’un grain de santé du D' Fninrk.
Les rapports sexuels seront considérés comme des excitants et aliandonnés momentanément. Dans tous les cas, il faudra en être très réservé et les éviter pendant les premiers mois de la grossesse et dans la période qui répond aux époques. J’ai vu un certain nombre d’avortements ne pas avoir d’autre cause que l’excitation générale eC locale déterminée par l’abus des plaisirs vénériens.
DiCTION.VAJnE POPULAIRE DE UÉOECLNE USUELLE.
Cette interdiction devra être absolue pour les femmes sujettes aux avortements.
Rappelons en terminant qu’on ne saurait trop recommander aux femmes enceintes de faire usage pendant leur grossesse, surtout pendant les derniers mois, des préparations de posphate de chaux (um de Dasarf, vin de Bnudon, etc.), destinées, d’une part à leur fournir les matériaux nécessaires au développement du fœtus, principalement de son système osseux, d’autre part à leur préparer un lait riche. Quant à celles qui présentent des symptômes d'anémie et de dyspepsie, nous ne pouvons que les renvoyer à ces mots, où elles trouveront le régime et le traitement qui leur conviennent.
Grossesse extra-utérine. — La grossesse extrautérine a lieu quand l’ovule fécondé n’a pas pu, pour une cause ou pour une autre, parvenir jusque dans la cavité utérine. 11 peut alors arriver plusieurs cas : ou bien l’œuf se développera, restant fixé sur l’ovaire qui lui a donné naissance, et formera la variété ovnrique ; ou l’œuf tombe dans un des replis du ligament large et constitue la variété abdominale proprement dite; ou encore l'œuf s’arrête dans un des points de la trompe et l’on aura la variété tubaire ; ou enfin cet œuf se fixe dans la partie du canal tubaire qui parcourt la paroi utérine et nous aurons la variété inlerstitiei le.
Les grossesses extra-utérines sont des états toujours très graves qui se terminent presque toujours par la mort de l’enfant et souvent par celle de la mère.
La cause qui empêche l’œuf fécondé d’arriver dans la cavilé utérine est généralement inconnue ; on admet ou bien une mauvaise conformation des organes génitaux internes ou une contraction spasmodique de la trompe, résultat soit d’une chute, d’une émotion morale extrêmement vive, et qui ferme brusquement le conduit par lequel l’œuf devrait cheminer pour gagner l’utérus Or, si cette contraction spasmodique se prolonge un peu, l’œuf se greffe à l’endroit où il a été arrêté et s’y développe.
Le diagnostic de ces sortes de grossesses est toujours difficile. 11 faut d’abord déterminer qu’il y a grossesse par les signes que nous avons énumérés, et pour affirmer que le fœtus n’est pas dans l’utérus, il faut s’assurer avec l’hystéromètre que cet organe ne contient rien.
La terminaison de ces sortes de grossesses se fait de trois façons différentes : ou bien l’enfant meurt, le liquide amniotique se résorbe peu à peu, les parois de l’œuf s’appliquent exactement sur le fœtus qui se momifie en quelque sorte, et la femme continue à vivre, portant en elle, dans un côté du ventre, une tumeur plus ou moins grosse, qui n’est autre chose qu’un kyste fœtal. Dans d’autres cas, après la mort de l’enfant, le kyste suppure et, après avoir contracté des adhérences avec les organes voisins, il se produit une ouverture par la paroi abdominale, par le rectum, par le. vagin ou par la vessie, et le contenu du kyste s’écoule, suivi de débris fœlaux désagrégés, qui sont peu à peu expulsés, avec plus ou moins de. lenteur. Quelquefois la suppuration épuise la pauvre femme
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(jui succombe avant qu’une ouverture libératrice se soit fait jour à l’extérieur. Enfin il peut arriv^erque le kyste, soit avant le début de la suftpuration, soit après, se rompe, et le contenu se répandant dans l’abdomen détermine une péritonite et la mort de la malade. Quand on croit devoir extraire le fœtus d’une grossesse extra-utérine, soit vers le neuvième mois pour obtenir un enfant vivant, soit en tout autre moment, quand il est évident que la suppuration persistante entraînera fatalement la mort de la femme, on a recours à la qastrotomie.
Fausses grossesses — On désigne sous ce nom certains états qui peuvent, dans une certaine mesure, simuler la grossesse pour des yeux peu clairvoyants ou distraits, mais qui en imposent aux femmes et surtout à celles qui désirent vivement ou craignent avec. effroi la naissance d’un enfant.
Je ne parle pas ici des tumeurs fibreuses de l’utérus, des polypes de ce même organe, des kystes de l’ovaire, de l’ascite, etc., qui sont rarement pris pour une grossesse.
Dans les fausses grossesses proprement dites, il y toujours une part laissée à l’imagination de la femme qui interprète certains signes suivant son désir ou sa crainte, et qui, pour la même raison, croit éprouver certaines douleurs qui n’existent pas.
Aussi voit-on, la plupart du temps, ces états se produire à une période de la vie de la femme où commencent à s’établir certains troubles dans les fonctions menstruelles, comme à l’approche de la ménopause, ou bien chez celles qui nourrissent depuis quelques mois un dernier enfant. Comme exemple de ce dernier cas, je me rappelle avoir été appelé un soir près de la cliente d’un de mes très estimés confrèn.'s, absent de Paris ce jour là. En arrivant,je trouvai tout préparé pour une couche prochaine, le lit, les linges, la garde-malade et même la mère de la jeune femme. Cette dernière se promenait de long en large dans sa cliambns, s’arrêtant toutes les quatre ou cinq minutes, en se ])laignant, comme saisie par la contraction utérine. Un examen rapide et superficiel, m'ayant démontré qu’aucun travail n’était commencé, j’engageai tout le monde à se reposer et je m’en allai moi-même, promettant de revenir le lendemain matin, même si les douleurs se calmaient d'ici là, car, ajoutai-je, il me semble que Madame n’est pas à terme. Le lendemain un examen sérieux et approfondi me permit d’affirmer que, nons eulenient la grossesse n’était pas parvenue au neuvième mois, mais encore que cette grossesse était douteuse et ne pouvait guère atteindre plus de trois mois à trois mois et demi, si elle existait réellement. L’événement prouva plus tard que j’avais eu raison, car cette jeune dame était devenue enceinte pendant qu’elle allaitait son dernier enfant et elle accoucha six mois après la visite que j’eus à lui faire. Ceci prouve quel rôle joue l’imagination dans ces fausses grossesses, car au jour que les femmes se sont fixées pour accoucher, elles éprouvent des douleurs et font des efforts comme si le travail existait réellement. Ces cas sont fréquents.
On appcîlle vulgairement ymyœ.Me graisspysp, celle qui est simulée par une accumulation de ti.ssu
graisseux dans la paroi abdominale, les mamelles, etc., état qui s’observe assez fréquemment avec les troubles menstruels au moment de la ménopause. On dit qu’il y a grossessp gazp.use, quand c’est une accumulation de gaz dans les intestins, qui fait croire à l’existence de la gestation, et enfin grossesse ■nerveuse quand, appuyées sur un certain développement du ventre, les femmes éprouvent certaines centractions mVisculaires qui simulent assez bien à la vue les mouvements actifs du fœtus et de véritables douleurs névralgiques qui sont alors prises pour les contractions de l’utérus au début du travail CV. Hydrométrie, Physométrie).
D' A. DE SOYRE.
GRUAU. — On donne souvent le nom de gruau à la fleur de la farine du froment; mais le véritable gruau est l’avoine dépouillée de sa balle ou enveloppe (V. Avoine). p. l.
GUACO. — On donne ce nom à un certain nombre de plantes herbacées à tige grimpante, appartenant, les unes à la famille des aristolochiacées, les autres à celle des synanihérées ou composées, qui croissent dans l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, et dont les diverses parties, tige, feuille, fleur, renferment un suc que les indigènes emploient à l’intérieur et en applications topiques contre les morsures des serpents venimeux. Ce suc a aussi été employé contre la diarrhée, le choléra et les rhumatisn)es. En 1861, dans un mémoire communiqué à l’Académie de médecine, notre excellent ami le D' N. Pascal a recommandé l’alcoolé de Guaco, à cause de sa triple action détersive, astringente et antis*éptique, dans le traitement des plaies en général et dans celui du chancre simple en particulier. D‘' Paul Labarthe.
GUAGNO (EAUX MINÉRALES DE). — Guaguo est un village corse de 900 habitants, situé dans l’arrondissement d’Ajaccio, qui possède des eaux minérales chlorurées sodiques faibles, employées en boisson, en bains et en douches contre l’eczéma sous toutes ses formes; contre les accidents consécutifs aux plaies par armes à feu, cicatrices vicieuses, rétractions tendineuses, fausses ankylosés, trajets fistuleux, etc.; contre les rhumatismes, le lymphatisme et la scrofule. p. l.
GUANO. — On donne le nom de guano au résidu que l’on rencontre en masses considérables de 15 à 20 mètres d’épaisseur, sur les côtes du Pérou et dans les îles de la côte occidentale de l’Amérique, et qui est formé par l’accumulation des excréments des innombrables oiseaux de mer qui vivent dans ces parages. Riche en acide urique, en urales et en phosphates de chaux, d’ammoniaque et de magnésie, d’une odeur ammoniacale et d'une saveur salée âcre, le guano, outre qu’il con'titue un engrais de premier ordre, est aussi empluyé en médecine. Les Colombiens l’ont a[)pliqué au traitement de la lèpre et de plusieurs autres maladies de peau, telles que la teigne, l’eczéma, le psoriasis, etc., sous forme de bains, à la dose de 500 grammes pour un bain, et sous forme de pommade, à laison de 2 grammes
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de guano par 30 grammes d'axonge, mais, paraît-il, sans résultats notables ■ jusqu’à ce jour. On fait aussi avec le guano et la terre végétale mêlés, des cataplasmes dont on entoure l’articulation du genou, dans les arlbrites clirouiques et les tumeurs blanches. On a fait, enfin, un sirop de guano, employé, non sans succès, contre la scrofule, les bronchites chroniques et la phthisie, ce qui ne doit pas surprendre, puisque le guano renferme du phosphate de chau.x. A ce singulier sirop, on nous permettra, je pense, de préférer, par exemple, le sirop de Dusarl au lacto-pliosphate de chaux.
D'' Paul Labarthe.
GUARANA. — (V. Paullinia.)
GUÊPE. — [.a guêpe est un insecte de l’ordre des hyménoptères, dont les piqûres sont très douloureuses et réc aillent le même traitement que celles des abeilles (V. ce mot). p. l.
GUÉRISON. — On donne le nom de guérison à la terminaison d'une maladie par le retour à la santé, c’est-à-dire par le retour des organes et de leurs fonctions à l’état normal et physiologique, p. l
GUI. — Le gui, ou Viscum album, qui était en si grande vénération chez les Gaulois et avait dans la religion des Druides un caractère symbolique et
sacré, est une plante parasite de la famille des loranthacées, à tige rameuse et ligneuse, à feuilles ovales, épaisses et dures, à fleurs petites et verdâtres, à fruits blancs, douceâtres, un peu plus gros que les groseilles blanches, mûrissant en automne et quelquefois en hiver, qui croît sur plusieurs arbres, principalement sur le pommier, le poirier, l’amandier, le hêtre, le noyer, le tilleul, l’orme, le frêne, le chêne, lorsqu’ils sont vieux et malades.
Les feuilles de gui, amères et mucilagineuses, étaient utilisées jadis en médecine, comme antipas-
modiques contre la chorée et l'épilepsie. Vers 1810, le D’’ Blaciie essaya le gui contre la coqueluche et en retira paraîl-il de bons effets. Aujourd’hui cette plante est complètement inusitée.
Paul Labarthe.
GUILLON (EAUX MINÉRALES de). — Guillon est un village du Doubs, situé à 6 kilomètres de Baumeles-Dames, dans la vallée de Cusenieu, l’ime des plus jiittoresques de la Franche-Comté, dont les eaux minérales sulfurées calciques sont employées en bains, en douches, en boisson et en inhalations, dans les affections catarrhales des bronches , dans les rhumatismes et les raideurs articulaires, dans certaines affections de la peau, etc. p. l.
GUIMAUVE. — La guimauve officinale est une plante vivace de la famille des malvacées qui habite en France les lieux frais ou humides et les champs cultivés. Sa racine est pivotante, longue d’environ 30 centimètres, jaunâtre quand elle est
pourvue de son épiderme, très blanche quand elle en est dépouillée, fusiforme ou cylindrique avec de petits tubercules disséminés de distance en distance à l’origine des radicelles; sa tige est cylindrique, pubescente, élevée de 50 centimètres à 1 mètre; ses feuilles sont alternes, pétiolées blanchâtres, les inférieures à cinq lobes peu marqués, les supérieures à trois stipules membraneuses; ses fleurs disposées en fascicules à Faisselle des feuilles sont blanchâtres ou légèrement rosées ; son fruit orbiculaire et très déprimé est enveloppé par le calice qui s’ouvre à la maturité.
Comme la mauve, la guimauve doit ses propriétés émollientes et adoucissantes à la grande quantité de mucilage qu'elle renferme et qui la fait rechercher souvent pour l’usage interne et pour les applications topiques. La tisane, les pastilles et la pâte ont une saveur d'ouce, légèrement sucrée, utile dans les maladies de poitrine. Le sirop sert à édulcorer les tisanes et les potions béchiques. La décoction s’emploie en lotions et fomentations sur les régions douloureuses, en injections dans les vaginites, en lavements dans les entériies et les dyssenteries, en bains dans les gastralgies rebelles et