D' G. POYET
AMYGDALOTOMIE. — Nom donné à une opération chirurgicale qui a pour but de couper les amygdales.
Cette opération, une des plus fréquemment pratiquées, est toujours nécessitée par l’hypertrophie des glandes, hypertrophie qui chez les jeunes enfants peut entraver la croissance en gênant la respiration, hypertrophie qui peut gêner la déglutition dans quelques cas et qui toujours est la cause d’un nasonnement et d’un air hébété tout particulier. Cet air est si caractéristique qu’en voyant un enfant on peut à coup sûr dire si ses amygdales sont grosses ou non. Chez l’adulte, l’hypertrophie des amygdales peut encore causer du nasonnement, mais le plus souvent, si l’un se décide à les opérer, c’est qu’elles sont le siège d’abcès et d’inflammations qui quelquefois sont douloureuses. En thèse générale, on peut dire qu’il y a toujours avantage à enlever des amygdales hypertrophiées.
Opération avec le bistouri. — On enlevait autrefois les amygdales avec le bistouri. Nous sommes loin de rejeter cette méthode, mais nous ne sommes pas complètement de l’avis du D'' De Saint-Germain, qui l’emploie exclusivement. Ce chirurgien se sert de la pince de Museux pour saisir l’amygdale, puis avec un bistouri spécial en forme de faucille, qu’il introduit derrière l’amygdale, le tranchant tourné de bas en haut, il pratique la section d’arrière en avant et de bas en haut.
Pour nous, nous réservons l’opération par le bistouri pour le cas où les amygdales sont encastrées dans leur loge de telle sorte que les piliers du voile du palais recouvrent leurs faces antérieures, pour les cas où les glandes sont tellement molles que leur tissu se déchire lorsqu’ils sont embrochés par la
fourchette de l’amygdalotome, et enfin, pour les cas où ayant diagnostiqué la présence d’un calcul de l’amygdale ou une dureté toute spéciale de la glande, nous craignons de voir se briser la lame de l’instrument pendant l’opération. Nous utilisons encore cette méthode lorsque nous ne voulons enlever qu’une portion de la glande.
Opération avec l’amygdalotome. — Pour se servir de cet instrument, voici comment on procède.
Le patient étant placé devant une fenêtre bien éclairée, et solidement maintenu par un aide (s’il s’agit d’un enfant, on lui fait ouvrir la bouche aussi grande que possible et on déprime fortement la langue , soit avec un abaisse-langue ou une spatule, soit encore mieux avec l'index de la main gauche). On encastre dans l’anneau de la guillotine, et cela aussi exactement que possible, l'amygdale que l’on veut opérer.
Faisant agir alors le pouce d’arrière en avant, on embroche l'amygdale, puis continuant le même mouvement, toujours sans faire agir le médius et 1 index, on donne à la fourchette son mouvement d’élévation, ce qui amène une plus grande portion de la glande sous l’action du couteau. C’est la négligence de ce temps de l’opération qui fait que bien souvent l’on n’enlève qu’une portion insignifiante de l’amygdale. C’est lorsque l’on voit bien attirée en dehors de la loge la portion à enlever, que l’on ramène en arrière les deux anneaux du couteau.
De cette façon on fera toujours une bonne opération.
L’amygdalotomie n’offre que très peu de dangers et nous pouvons dire que le chirurgien prudent n’a jamais, ou presque jamais, d'accident à redouter. Le seul qui soit vraiment à redouter est l’hémorrhagie, et on a signalé des cas où des hémorrhagies consécutives ont amené la mort.
Il faut d’abord s’informer. avant d’opérer, si le malade n’est pas sujet aux hémorrhagies spontanées et aux effusions sanguines profuses dans tous les cas de blessure quelconque, et surtout ne jamais tenter l’opération si les amygdales, volumineuses, sont d’un rouge violacé et sillonnées de gros vaisseaux veineux dilatés. Les hémorrhagies, en effet, sont toujours veineuses et il est démontré que dans les cas terminés fatalementce n’a jamais étél’artère carotide qui a été lésée. En admettant qu’une hémorrhagie se déclare après l’opération, si cette hémorrhagie n’est pas foudroyante, ce qui est exccs-
Fig. 80.
Compresseur de Ricord.
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siveniont rare, il faut inviter le malade à respirer largemeiil, la bouche ouverte, ce qui favorise la circulation veineuse des gros vaisseaux du cou.
11 faut alors, si riiémorrhagie ne s’arrête pas, faire sucer de la glace et bien se garder de toucher les amygdales avec du perchlorure de fer, moyen que l’on ne doit employer qu’à la derniere extrémité, en voici la raison. L’action du perchlorure de fer coagule les couches superficielles du sang et empêche de voir quels sont les points sur lesquels SC fait l'hémorrhagie. On se priverait ainsi du meilleur moyeu d'hémostase que nous ayons, nous voulons parler de la fo>cip7-es\ure. Dans un cas d'hémorrhagie de l'amygdale, nous avons pu la faire cesser immédiatement en plaçant quatre pinces hémostatiques que nous laissâmes en place pendant six heures. La compression en masse sur l’amygdale est encore un excellent moyen. Elle se'pratique avec de longues pinces terminées par des tampons d'amadou (fig. 80). L'un des tampons s’applique sur l'amygdale, l'autre prend son point d’appui sur les parties latérales du cou, au-dessous de l’angle de la mâchoire. On peut encore pratiquer la compression S digitale. Enfin, dans quelques cas, il peut être nécessaire de comprimer la carotide ou d'en faire la ligature.
Il n’est pas rare, à la suite de l’amygdalotomie, de j voir survenir une inflammation assez vive que l’on combattra par les émollients. Quelquefois la surface ulcérée se couvre de couennes diphthéro'i'des.
I Quelques applications de nitrate d’argent auront 1 raison de cet élat.
Mais nous le répétons, ce sont là des accidents rares et qui ne devront jamais arrêter le chirurgien I ou le médecin lorsqu’il aura reconnu que l’amygdaj lotomie peut être utile à son malade. D" g. Poyet.
AMYLACÉ. — Qualificatif donné à des matières I qui renferment de l’amidon. (V. Arnidon.)
ANALEPTIQUES. — En hygiène alimentaire, on donne ce nom aux aliments qui ont la propriété de . restituer à la nutrition par l’intermédiaire du sang I les matériaux qui lui manquent pour qu’e'le s’ac- ' complisse d’une manière normale. Les principaux aliments analeptiques sont les azotés protéique^, les bouillons, conson)més, gelées, extraits et poudres I de viande ; les graisses, le beurre, les huiles comes- ' tibles, les œufs ; certaines fécules, telles que l’ar- I row-root, le sagou, la semoule, le tapioca ; le clio- I colal, le palamout, le racahout, etc.
En thérapeutique on donne le nom d’analeptiques I aux médicaments qui relèvent les forces, tels que le fer, le chlorure de calcium, le chlorure de sodium, le manganèse, le phosphate de chaux, etc. P. L.
ANALGESIE. — (Voyez Anesthésie.)
ANANAS — Beau fruit originaire des Indes-Orien- 1 taies, que l’on cultive dans toutes les régions inter- ' tropicales et même en France, et qui est constitué 1 par l'adhérence et la soudure d’un certain nombre I de baies surmontées d’un panache très élégant de I feuilles terminales. 11 y a des ananas blancs, rouges et jaunes. Ces derniers sont les plus recherchés.
parce qu’ils sont les moins acides, les plus sucrés et les plus salubres. D'une digestion assez difficile, l’ananas ne doit être mangé que lorsqu’il a atteint sa maturité parfaite et arrosé de vin de madère, de kirch ou d'eau de-vie. C’est dire qu’il ne convient ni aux convalescents ni aux gastralgiques. p. l.
ANAPHRODISIAQOE. — (Voyez Antiaphrodisiaque.)
ANAPHRODISIE. — Non donné à la diminution ou à l'abolition de la sensibilité générale et à l’absence de désirs vénériens. (V. Impuissance.) p. l.
ANAPLASTIE. — Nom donné à cette partie de la chirurgie qui a pour but de rétablir dans leur forme et dans leurs fonctions des organes difformes. (V. Autoplastie.) p. l
ANASARQÜE. — Nom donné à l’infiltration séreuse qénéniie du tissu cellulaire sous-cutané, le nom à'œ ième étant réservé à l’infiltration partielle. Dans l’anasarque à son début, on remarque seulement un peu de bouffissure, un léger soulèvement de la peau, dans les régions où celle-ci est fine, dans les parties les phis déclives où le liquide séreux tend à s’accumuler sous l’influence de la pesanteur, aux paupières, aux organes génitaux externes, aux jambes autour des chevilles ou nialléoles. Dans l'anasarque plus avancée, la bouffissure et le gonflement s’accusent davantage et produisent de véritables déformations qui varient suivant les régions. Ainsi, à la face, la tuméfaction des paupières forme dans certains cas deux véritables tumeurs; la figure est alors élargie, les joues tendues ou au contiaire flasques et pendantes, les lèvres tuméfiées, ce qui modifie singulièrement l’expression de la physionomie. Sur la poitrine, les saillies et les dépressions s'effacent, et la surface de la peau tend à prendre partout le même niveau ; les parois de l'abdomen s’épaississent, se tendent, et la dépression formée par le nombril s’exagère. Aux membres, les saillies osseuses et les plis cutanés naturels s’effacent; la face dorsale des mains et des pieds se tuméfie, tandis que les faces palmaire et plantaire conservent leur aspect normal. Le plus souvent, la peau simjlement pâle au début, prend plus tard une teinte blanc mat uniforme et un aspect luisant. On constate en outre une demi-transparence dans les parties où la peau est fine. Si on la presse avec le doigt, il se forme une dépression, une empreinte qui persiste quelques instants ; si on fait une petite piqûre avec une épingle, il sort de la sérosité, preuve manifeste de l’infiltration.
L’anasarque, à proprement parler, n’est pas une maladie, mais un symptôme qui appartient à plusieurs maladies. On la rencontre dans l’anémie à son plus haut degré, dans les affections organiques du cœur, dans les maladies des reins, surtout la néphrite albumineuse chronique, dans la cirrhose du foie, enfin dans la plupart des maladies graves (cancer, phtisie, etc.) qui amènent la cachexie.
Il est important de bien observer par où commence l’anasarque, car lorsqu’elle dépend oes maladies du cœur, elle envahit d’abord les pieds et ga-
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