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gne successivement les cuisses, le tronc et le visage ; tandis qu’elle débute par les paupières et la face avant de s’étendre au reste du corps, lorsqu’elle est liée à une affection du rein, et qu’elle est précédée d’une ascite lorsqu’elle est symptomatique d’une cirrhose du foie.
L’anasarque est toujours d’un fâcheux augure dans les maladies du cœur, du foie et des reins. Dans les maladies diathésiques (cancer, phtisie, etc.) elle indique d’ordinaire une issue fatale peu éloignée.
Pour traiter rationnellement l’anasarque, il faut d’abord chercher à guérir la maladie qui l’a produite; mais, outre ce premier but à atteindre, il faut aussi diriger des moyens thérapeutiques spéciaux contre l’infiltration cellulaire, soit pour favoriser la résorption du liquide, soit pour amener son évacuation. Les meilleurs résultats sont alors obtenus par l’emploi des purgatifs, des diurétiques et des sudorifiques.
Comme purgatifs, on donnera la préférence aux drastiques, aloès, rhubarbe, scammonée, coloquinte, etc. {pilules de Bosredon, pilules Suisies, grains de santé de Franck, etc.). Parmi les diurétiques, on aura recours aux tisanes de bourgeon de sapin ou de chiendent, additionnés par litre de 2 à 3 grammes de nitrate de potasse ; aux préparations de scille (10 à 20 centigrammes de poudre) aux préparations de digitale [Digitaline Homolle et Quévenne), au vin de colchique, à la dose de 1 à 2 cuillerées à bouche matin et soir, etc. — Quant aux sudorifiques , nous conseillons l’acétate d’ammoniaque à la dose de 3 à 10 grammes dans une potion gommeuse ou dans la tisane, et mieux les préparations de Jaborandi {Jaborandi du D' Coutinho), etc. — Le régime lacté contre-indiqué dans l’anasarque liée à la cirrhose du foie, est excellent dans celle qui est sous la dépendance d’une affection du cœur ou des reins.
Pour le traitement de l’anasarque qui survient lorsque l’anémie est à son plus haut degré, voyez le mot Anémie. D' A.-L. Ladarthe, père.
ANASTOMOSE. — Nom donné par les anatomistes à l’abouchement de deux artères ou de deux veines qui viennent se confondre l’une dans l'autre.
ANATOMIE. — Dans le principe, l’anatomie était à la fois l’art de faire des dissections et la science d’en exposer méthodiquement les résultats dans un but exclusivement médical. Depuis, entraînée dans le courant des sciences congénères, l’anatomie a dû étendre son domaine jusqu’aux spéculations scientifiques les plus élevées et constituer ainsi une des parties les plus ardues du savoir humain. De nos jours, l’anatomie est une science qui recherche la connaissance exacte de la structure des corps organisés, par l’analyse des éléments isolés et la détermination de leurs rapports communs.
Envisagée d’après cette définition générale, l’anatomie est ou humaine, ou animale, ou végétale, suivant qu’elle a pour objectif l’homme, les animaux ou les végétaux, et comprend plusieurs subdivisions :
1“ L’anatomie descriptive, qui décrit les os et leur assemblage symétrique [ostéologie) ; le système des muscles {myologie) ; les vaisseaux sanguins et leur distribution [angiologie); les nerfs et leurs modes de ramifications {nécrologie) et les organes viscéraux {splunchnologie).
2° L’anatomie comparée, qui compare les organes des animaux avec ceux de l’homme, en marque les analogies et les dissemblances, soit dans un but scientifique, soit pour faire profiter de ses comparaisons d’autres branches de la médecine, telle que la médecine légale.
3° L’anatomie topographique (ou des régions ou chirurgicale), qui étudie, non plus une série d’organes du même ordre, mais tous les divers organes d’une même région du corps, en vue d’éclairer la pratique de la chirurgie.
4° L’anatomie générale (ou histologie), qui examine les éléments anatomiques à l’aide du microscope et ne s’arrête qu’aux limites extrêmes du grossissement.
3° L’anatomie pathologique, qui recherche les altérations morbides des organes et les productions de tissus anormaux qui se développent sous l’influence des maladies ; puis, détermine la corrélation qui existe entre ces anomalies et les symptômes morbides, et apporte ainsi à l’art de guérir des éléments précis et utiles.
6° L’anatomie philosophique qui, de la connaissance des organes, s’élève à la recherche des lois générales de l’organisme.
7° L’anatomie artistique (ou plastique), qui envisage dans une idée esthétique les formes, les proportions, les attitudes, les mouvements et les expressions de l’homme et des animaux, et maintient les inspirations des peintres et des sculpteurs dans le domaine du réel nécessaire. D' Paul Labarthe.
AN ATOMISME. — Nom donné à une doctrine médicale dans laquelle le médecin explique — en physiologie toutes les fonctions d’un organe ou d’un tissu par sa structure ou sa disposition, — en pathologie tous les troubles fonctionnels par une altération matérielle de l’état anatomique de ce tissu ou de cet organe. P. L.
ANCHILOPS. — Nom donné par les oculistes à une petite tumeur située près de l’angle de l’œil, du côté du nez, à côté ou au devant du sac lacrymal, qu’on confond souvent avec la tumeur lacrymale (’V. ce mot). Mais l’absence d’écoulement par le point lacrymal, pendant la pression de la tumeur, empêchera toute erreur de diagnostic. Le pus se développe rapidement dans l’anchilops; sitôt qu’il est formé, on incise la petite tumeur, et la guérison arrive promptement. P. L.
ANCHOIS. — Petit poisson de mer, très recherché comme condiment, qui se mange surtout salé ou confit dans l’huile, et auquel on attribue des propriétés stimulantes et aphrodisiaques. p. L.
ANCOLIE. — Cette plante, de la famille des re- | non enlacées, vulgairement appelée aiglanline et i gants de notre-dame, haute de 50 à 90 centimètres, ,
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à belles fleurs, d'un vert violet, panachées et entourées de cornets recourbés, qu’on rencontre communément dans les bois pendant l'été, était autrefois très usitée en médecine comme calmante, diurétique et sudorifique. Elle est aujourd’hui presque abandonnée. p. h.
ANCONÉ. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région postérieure et supérieure de l’avant-bras, qui s'étend de la tubérosité externe de l’humérus au tiers supérieur du cubitus. Il étend l’avant-bras sur le bras. p. l.
ÂNDA. — Nom donné à un gros arbre, de la famille des euphorbiacées, très commun dans certaines parties du Brésil, principalement autour de Rio-Janeiro, où il croît dans les terrains sablonneux, près de la mer, dont le fruit contient une amande blanche employée de temps immémorial dans le pays, comme purgatif.
D'après Pison, une ou deux de ces amandes sèches, qui ont une saveur de noisette, mangées crues, déterminent une purgation agréable, modérée, sans causer de douleurs d'entrailles ou autres. Cette action purgative est due à une huile qui, retirée de l’amande par pression, se présente en couleur jaune pàle, d'une transparence parfaite, d’une saveur presque nulle et, ce qui la rend très facile à absorber, très fluide.
J’ai rapporté en 1881, dans mon journal le Médecin Praticien, que les médecins brésiliens qui ont essayé cette huile pure, en ont obtenu les mêmes résultats que de l'huile de ricin et à doses moindre. En la donnant à la dose de 10 grammes, elle produit la purgation sans amener jamais d’irritation intestinale consécutive, et cette dose suffit pour produire trois ou quatre évacuations alvines.
Il est à désirer qu’on importe en France ce purgatif, qui remplacerait très avantageusement l’huile de ricin — si désagréable à tous, surtout aux femmes et aux enfants — puisque l'anda purge aussi bien et à dose moitié moindre, et, de plus, purge agréablement. D' Paul Labarthe.
ANDABRE (eaüx minérales D’). — Andabre est une station thermale, voisine de Camarès, dans l’Aveyron, dont les eaux ferrugineuses, bicarbonatées sodiques, sont utilisées surtout en boisson dans l’anémie, la chlorose, le lymphatisme, les dyspepsies a toniques et les digestions lentes. Les eaux d'Andabre, grâce à la notable quantité d’acide carbonique qu’elles renferment, se conservent très bien, et peuvent se boire transportées. D'' Paul Labarthe.
ANDROGYNE. — Synonyme Hermaphrodite.
{V. ce mot.)
ANDROMANIE. — (V. Nymphomanie.)
ANÉMIE. — Nom donné à un état morbide caractérisé par une diminution dans la quantité et la qualité des globules rouges du sang (V. Sang). D'après les remarquables recherches faites par le D' Malassez, avec son compte-globutes (V. ce mot), le sang, à l’état normal, contient en moyenne Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
3,500,000 globules rouges par millimètre cube. Dans l’anémie, ce chiffre tombe à 2 millions à 1,500,000 ; on l’a même vu'tomber, dans des cas d’anémie extrême , à 500,000 , et à 300,000 dans les derniers jours de l’existence. Non seulement le chiffre des globules rouges diminue, mais les globules euxmêmes sont altérés dans leur volume, leur forme, leur consistance et leur couleur.
L’anémie peut ne dépendre que de l’altération du sang et peut aussi être le symptôme d’une autre lésion. On admet encore une anémie locale : c’est celle qu’on observe lorsque les membres ont été longtemps enveloppés et un peu serrés dans des appareils. Ces membres présentent dans ces cas une décoloration très grande et une certaine mollesse, tandis que le restant du corps a conservé sa nuance et sa consistance normales.
L’anémie affecte plus spécialement les adolescents, les jeunes filles et les femmes ; les individus lymphatiques y sont plus prédisposés que les autres ; la vieillesse la détermine également. Chez les jeunes filles, au moment de leur formation et de l’apparition des règles, l'anémie est fréquente CV. Chlorose). Les femmes enceintes y sont également sujettes, ainsi que celles qui allaitent. .
L'insuffisance de nourriture pendant un certain temps, de même qu'une nourriture de mauvaise qualité produisent l’anémie. Les ouvriers, forcés de travailler dans des lieux bas, humides, mal aérés y sont sujets : on en a vu un exemple frappant chez les mineurs d’Anzin, au commencement de ce siècle ; le même fait a été précédemment observé chez ceux de Schemnitz, en Hongrie. L’anémie affecte aussi les individus qui, par leur profession, sont exposés aux vapeurs de plomb ou de mercure, ou encore aux vapeurs d’oxyde de carbone, et ceux qui sont sous l’influence persistante d’un air trop chaud, tels que les chauffeurs de machines, les cuisiniers, les boulangers, sans compter les habitants des payi tropicaux.
Les hémorrhagies provenant de blessures ou arrivant spontanément, occasionnent l’anémie. Celle-ci peut être aussi la conséquence de maladies organiques, telles que les affections tuberculeuses du poumon et des intestins; certaines affections du foie, de l’estomac, des reins, de l’utérus ; les fièvres intermittentes, le diabète, le cancer, la syphilis, etc.
Les sujets anémiques présentent tous une décoloration marquée de la peau qui prend une teinte analogue à celle de la vieille cire blanche. La muqueuse de la bouche, des gencives, des paupières, celle des parties génitales pâlissent; les veines situées sous la peau se désemplissent et s’affaissent ; elles ne sont plus visibles ou bien ne laissent qu’une faible trace violette-bleu pâle. 11 y a cependant certains anémiques dont le visage conserve des couleurs assez vives, dont la peau s’injecte facilement, rougit à la plus légère émotion et devient pourpre après la moindre marche ou le moindre exercice un peu fatigant; mais cette belle apparence est trompeuse et on retrouve encore, sous ces couleurs passagères, la pâleur caractéristique de l’anémie.
Les anémiques respirent difficilement. La moindre marche, un escalier monté un peu vite, un rien les essouffle. Pour certains, le simple fait de lever les
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bras produit une véritable fatigue, et cette faiblesse musculaire est d'autant plus frappante que chez eux les muscles ont encore leur volume normal et que souvent l'embonpoint lui-même est conservé. Chez eux, le pouls est fréquent, tantôt petit et filiforme, tantôt large et mou ; les battements du cœur sont précipités, la plupart du temps irréguliers. Le moindre exercice, la moindre émotion déterminent des palpitations qui sont parfois excessivement violentes et peuvent faire tomber le malade en syncope. Si on pratique l’auscultation, on constate l’existence d'un souffle doux, au premier bruit du cœur, que l’on perçoit le plus souvent à la base, au niveau du quatrième espace intercostal et près du sternum.
Les sujets anémiques ont toujours des troubles dans leurs fonctions digestives : ils ont peu d'appétit, ne désirent que des aliments bizarres: ils digèrent mal, ont souvent de la constipation et leurs urines sont abondantes et pâles. Les maux de tête, les migraines, les lassitudes générales accompagnent fréquemment l'anémie. 11 n’est pas rare de rencontrer chez ces malades de la tristesse, un manque absolu d’énergie. Certains ont des vertiges, des éblouissements, des tintements d’oreilles, surtout, lorsqu’après s’être baissés, ils se relèvent brusquement. Lorsque l’anémie est très prononcée, les yeux perdent de leur éclat, ils sont soulignés par une auréole bleuâtre. La face se boursoufle, les pieds se gonflent ; il peut même arriver que la sérosité s’infiltre dans le corps entier.
Chez les femmes, les règles sont en général peu abondantes et décolorées; parfois, elles sont très profuses et s’accompagnent de douleurs vives. Il y a presque toujours existence de flueurs blanches. Souvent aussi, op constate des phénomènes d'hystérie.
L’anémie est une affection à marche chronique dont la gravité dépend de la nature de sa cause : si elle est consécutive à une hémorragie accidentelle ou à une maladie aiguë, comme l’organisme répare vite les pertes qu’il a subies, elle guérira assez rapidement ; si, au contraire, l’anémie est due à une maladie persistante et impossible à faire disparaître entièrement, elle persiste en s’aggravant chaque jour davantage.
Le traitement de l’anémie consiste essentiellement à relever les forces et à reconstituer le sang. Pour atteindre ce but, aucun moyen n’est préférable au fer. C’est lui qui fait la base de la médication depuis que son action sur les globules rouges du sang est connue. Les autres moyens mis en usage, quoique excellents et très utiles, ne sont cependant qu’auxiliaires.
Nous ne donnerons pas ici la liste interminable et fastidieuse des préparations ferrugineuses tour à tour proposées ; nous nous contenterons de citer les meilleures, les plus éprouvées, et, par suite, les plus habituellement employées, et comme la pharmacie les a presque toutes spécialisées, nous ajouterons le nom particulier sous lequel chacune d'elles est connue : fer réduit par l’hydrogène I fer Quévenue) ; protoiodure de fer {pilules de Blancard) ; protochlorure de fer {fer Rahutcau) ; pyrophosphate de fer et de soude [fer Leras) ; pyrophosphate de fer ammoniacal [fer Robiquel) ; protoxalate de fer [fer
Girard) ; protoxyde de fer [sirop ferrugineux de Dusourd) ; citro-lactate de fer {élixir ferrugineux Rocher), etc. Rn même temps que les préparations de fer, qu’on prendra de préférence au moment des repas, on boira le vin coupé avec des eaux ferrugineuses {Orezza, Reniai g ue , Fougues, Royal, etc.).
Le fer, avons nous dit, est le meilleur tonique; cependant on peut lui adjoindre avec profit quelques autres toniques amers et stimulants, en particulier le quinquina [vin de Séguin)’, le coca {vin de Chevrier) ; les écorces d’oranges amères {sirop de Laroze);\a. quassiaamara (quam'ne Fréminf)’, ou bien des préparations dans lesquelles on combine soit le fer avec le quinquina {sirop quino ferrugineux de Grimault) ; soit le fer avec le quinquina et la glycérine [vin ferrugineux de Catillon) ; soit le quinquina et le Colombo [vin de Bellini); soit le quinquina, le Colombo et le sirop d’écorces d’oranges amères [élixir de Gigon), etc. Le vin de Baudon antimoniophosphaté convient plus spécialement aux anémiques prédisposés aux affections tuberculeuses.
l.e professeur Hayem a obtenu de très bons effets de l'usage quotidien des inhalations d’oxygène à l’aide de Vappareil Limousin.
Quant au régime alimentaire, nous ferons remarquer qu’il doit occuper une place très importante dans la médication de l'anémie. « 11 faut à la fois, comme l’a écrit le professeur Lorain, un régime Ionique, fortifiant et approprié aux caprices et aux dispositions particulières des malades. 11 faut nourrir et ne pas refuser au malade les aliments que son instinct lui fait désirer, autant que la prudence le permet toutefois. Il faut se souvenir que l’abus des aliments liquides peut entraîner la dyspepsie des liquides, qui équivaut à l’inanition. » Il faut donc donner aux anémiques des aliments jouissant d’une très grande puissance nutritive sous un petit volume : des jus de viandes , de la viande crue hachée et mieux de la poudre de viande {poudre de viande de Catillon, poudre de viande de Trouette-Perret, etc.) ; au besoin, avoir recours aux peptones [peptones Catillon, peptones Chapoleaut, etc.).
Les soins hygiéniques doivent aussi entrer en sérieuse ligne de compte. Il faut soustraire tout d’abord les malades à toutes les mauvaises conditions hygiéniques qui ont causé le développement de l’anémie. C’est ainsi qu’ils éviteront à tout prix les lieux humides, froids, mal éclairés et mal aérés, pour habiter des endroits secs, exposés à un air vif et au soleil. Ils feront un exercice modéré, mais en plein air. Enfin, ils feront usage des bains de mer, des bains de Pennés et de l’hydrothérapie.
D'' Paül Labarthe.
ANÉMONE PÜLSATILLE. — Variété de plantes de la famille des renonculacées, appelée encore coquelourde, herbe -au-vent, fleur-des-dames, qui croît dans les bois sablonneux et découverts, et dans les prés secs de presque toute la France, dont la fleur est bleu-violet et la graine munie de longues queues soyeuses qui lui donnent l’aspect d’un goupillon.
L’anémone pulsatille appliquée, fraîche et pilée, sur la peau, détermine de l'érithème et de la vési-
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cation. Celte (loiil)le action est due à une matière âcre à laquelle on a donné le nom A'anéDionine. On pourrait donc se servir de l’anémone comme rubéfiant et vésicant, dans les campagnes, si on n’avait pas sous la main des sinapismes ou des vésicatoires. On a vanté jadis l’anémone contre les maladies de peau, les fièvres, les maladies vénériennes, l’asthme, la coqueluche, etc... Les homéopathes font encore un grand usage des olfactions d’anémone contre les maladies du système nerveux. Mais la généralité des médecins ne croit plus depuis longtemps à l'efficacité de cette plante. A peine se serton quelquefois de l’eau distillée d’anémone pour faire disparaître les taches de rousseur, et des feuilles réduites en poudre comme sternutatoire. D' Paul Labarthe.
Fig. 81.
Anémone pulsatille.
ANENCÉPHALE. — Nom donné par Geoffroy Saint-IIilaire à un monstre privé de cerveau et de moelle épinière. (V. Acéphale.)
ANESSE (LAIT D’). — (V. Lait.)
ANESTHÉSIE. — D’une façon générale, on désigne ainsi la perte complète ou partielle de la sensibilité, une des trois grandes fonctions du système nerveux, les deux autres étant l’intelligence et le mouvement. L’anesthésie peut être spontanée ou provoquée. Sous le nom d’anesthésie spontanée, il faut entendre la perte de la sensibilité, ordinairement partielle, se développant dans le cours de certains états pathologiques, dans les maladies et les blessures du cerveau et de la moelle, dans l'hystérie, l’épilepsie, etc. Nous ne nous occuperons ici que de ïanesthésie provoquée ou chirurgicale.
Historique. — L’idée de rendre les malades insensibles pendant les opérations est toute naturelle : comme toutes les grandes idées elle n’est pas nouvelle. Sans parler du Nèpenthé, qui supprime tous les maux du corps et de l’esprit, et dont il est question dans les poèmes homériques {Odyss., I^V, 221), nous savons par Pline que la mandragore était employée comme agent stupéfiant, dans certaines opérations. On se servait aussi dans le même but d'une pierre, dite pierre de « Memphis », dissoute dans du vinaigre. M. Stanislas Julien rapporte, d'après un manuscrit chinois, le fait du médecin Iloa-Tho qui, au troisième siècle, donnait à ses malades une préparation de chanvre pour les rendre insensibles pendant les opérations. Plus tard nous apprenons de Boccace (Decameron), que de son temps, le chirurgien Mazzeo délia Montagna, de l’école de Salerne, n’opérait ses malades qu’après les avoir endormis à l’aide d’une eau de sa composition.
Un auteur récent, M. Rottenstein {Traité d' Anesthésie chirurgicale, 1880), a prétendu que ces procédés n’avaient aucun rapport avec la pratique ac-
tuelle. 11 s’agissait, dit-il, non pas d’inhaler, mais d'ingérer des substances plus ou moins toxiques, dans le but de stupéfier le malade, non de l’anesthésier. Mais c’est une querelle de mots ; nous aussi nous administrons des substances plus ou moins toxiques, et tout en ayant pour but d’anesthésier simplement le patient, nous le stupéfions, nous paralysons en même temps l’intelligence et le mouvement. Le fait d’inhaler les substances, au lieu de les ingérer, est tout à fait secondaire. Au surplus, le même auteur, cite le cas de Hugues de Lucques, chirurgien du treizième siècle, qui mettait sous le nez de ses malades, pour les endormir, une éponge imbibée de suc de mandragore, de morelle, jusquiame, laitue, etc.
La vérité est que la découverte de l’anesthésie chirurgicale, telle qu’on la produit aujourd'hui, n’a pas été le fait du hasard ni du génie d’Ilorace 'Wells, comme M. Rottenstein essaie de le démontrer. Comme toutes les grandes inventions, celle-ci était déjà dans l’air, lorsqu'elle fut réalisée : seulement il manque ici l'homme de génie, presque toujours nécessaire quand il faut franchir le dernier pas, à moins qu’on ne veuille attribuer ce rôle aux grands chimistes qui vers la fin du siècle dernier surent décomposer l’air et isoler les gaz inconnus avant eux. En 1799, dans le laboratoire du médecin et chimiste Beddoes, Humphry Davy indiquait les propriétés anesthésiques du protoxyde d’azote et son application possible dans les opérations chirurgicales. En 1818, Faraday montrait que les inhalations d’éther produisent des effets analogues à ceux de ce gaz.
En 1844, Horace Wells, dentiste de Hartford (Connecticut), se fit arracher une dent après avoir aspiré du protoxyde d’azote. H ne souffrit pas et s’écria, paraît-il : « Une nouvelle ère dans l’extraction des dents ! Cela ne m’a pas fait plus de mal qu’une piqûre d’épingle. » Malheureusement, une tentative faite ensuite publiquement ne réussit pas, et Wells abandonna, pour le moment, les expériences. Nous admettons, avec M. Rottenstein, qu’il les reprit plus tard, après les avoir obtenus à l’aide de l’éther ; nous ne nions pas qu’il se soit suicidé de désespoir, en voyant perdu pour lui l’honneur de la découverte * mais nous affirmons qu’il manqua de foi, d’énergie et d’activité, qualités indispensables dans la circonstance et qui se rencontrèrent au moins chez le médecin-chimiste Jackson et chez le dentiste Morton (de Boston).
C’est en septembre 1846, que Jackson conseilla à ce dernier l’emploi de l’éther pour abolir la douleur dans l’extraction des dents. La réalité de l’anesthésie ayant été constatée, une opération fut pratiquée le 17 octobre 1816 à l’hôpital de Massachusets, avec plein succès sur un malade soumis à l’inhalation des vapeurs d’éther. Le problème était dès lors résolu. Au mois de janvier 1847, Malgaigne, à Paris, puis Velpeau, expérimentant le nouveau procédé, obtinrent le même résultat : l’enthousiasme fut bientôt général. Dans le courant de la même année, Simpson, à Edimbourg, constatait la réalité des propriétés anesthésiques du chloroforme, propriétés annoncées par Flourens peu de temps auparavant, dans une note qui du reste passa inaperçue.
C’est cet agent puissant et d'un usage si commode