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d’autres, de la recouvrir d'une ou plusieurs couches de collodion, prétendant par ces divers moyens, enrayer la marche de la maladie. Nous rejetons cette pratique comme inutile et n’influant en rien sur le développement de l’anthrax. On a aussi conseillé les applications de glace ou de mélanges réfrigérants : avec la majorité des chirurgiens, nous les repoussons encore, car les réfrigérants, diminuant la vitalité de la partie malade, facilitent la production de la gangrène. Nous préférons de beaucoup appliquer sur la tumeur de larges cataplasmes de farine de graines de lin, arrosés de laudanum, et, si le malade les trouve trop lourds, nous conseillons de les remplacer par les cataplasmes Hamilton. Si la douleur est trop forte on aura recours à une potion calmante opiacée.
Mais tout cela constitue seulement un traitement palliatif. Le vrai traitement curatif est le traitement chirurgical qui comprend trois méthodes : Y excision, la cautérisation et Vincision.
L'excision n’a guère été employée jusqu’à présent. Quant à la cautérisation, d'après Follin et Trélat, elle doit être plus généralement réservée aux anthrax qui s’accompagnent de phénomènes généraux graves. Elle peut être pratiquée à l'aide du fer rouge ou de certains caustiques, tels que le caustique de Vienne, le chlorure de zinc ou le beurre d’antimoine.
Reste la méthode des incisions qui, hâtons-nous de le dire, est le plus généralement employée. Avec Velpeau, Demarquay, Richet, Verneuil, Alph. Guérin et la majorité des chirurgiens, nous sommes d’avis que les incisions doivent être pratiquées de bonne heure, avant l’apparition des accidents généraux, car elles arrêtent la marche de l’anthrax et s’opposent à la gangrène de la peau. De plus, nous conseillons des incisions multiples et profondes, s’étendant jusqu’à la base de la tumeur. Certains chirurgiens conseillent d’appliquer ensuite de simples cataplasmes sur l’anthrax incisé, d’au! res recouvrent les anfractuosités de la plaie avec de la poudre de quinquina, ou les pansent avec des solutions d’acide phénique, de permanganate de potasse. Nous préférons badigeonner ces anfractuosités aussitôt après l’opération, et les jours suivants, avec de la teinture d’iode. Ce procédé est certes douloureux, mais il a le sérieux avantage de modifier favorablement les parties qui tendent à se gangrener, de leur donner une nouvelle vitalité qui favorise et hâte la cicatrisation. Mais quelque soit le pansement adopté, il faut toujours tenir la plaie excessivement propre.
Si la suppuration est de longue durée, si la fièvre a affaibli le malade, il faudra lui administrer des toniques, des préparations de fer et de quinquina, et relever ses forces par une alimentation substantielle. D' Paul Lababthe.
ANTHROPOLOGIE. — Littéralement, science de l'homme, mais ce nom a été employé indistinctement, jusqu’à nos jours, soit dans un sens plus restreint, soit dans un sens général. Platner, qui s’en servit l’un des premiers, considérait l’anthropologie comme cette partie de la science qui traite de l’intelligence humaine et des facultés intellectuelles servant à différencier l’homme des animaux. Bur-
dach, au contraire, appelait anthropologie l’ensemble des connaissances scientifiques dans leurs applications à l’étude de l’homme. Bien des définitions ont été données depuis, mais dans le langage actuel, celle de Broca demeure le plus généralement adoptée. L’anthropologie est l’étude du groupe humain, considéré en lui-même et dans ses rapports avec le reste de la nature.
Ainsi comprise, l’anthropologie est une science toute nouvelle ; elle date du commencement de ce siècle, et nul ne conteste qu’elle ne doive la place qu’elle occupe aujourd'hui dans la science générale et les progrès qui ont marqué les étapes de sa marche rapide, à l’homme éminent dont nous venons de rappeler le nom et dont le monde savant déplore la perte.
L’anthropologie a besoin du concours de toutes les sciences. Lanatomie qui décrit les diverses par- i ties du corps de l’homme devient l’anthropologie anatomique, lorsque cette description est étendue à un certain nombre de sujets pris dans une même race, i que des moyennes sont établies, et que ce même | travail accompli sur des sujets d’une race différente permet d'établir une comparaison entre les résultats obtenus pour les deux groupes. Il est advenu de ! cette application ainsi comprise de l’anatomie que ^ plusieurs de ses branches ont été étudiées d’une ' manière toute spéciale et ont pris, pendant ces der- i nières années, un grand développement; ainsi la crâniologie, l’étude du cerveau, de la taille, des cheveux, des yeux, celle de tout le squelette. Ce que nous venons de dire de l’anatomie est applicable à la physiologie, c’est-à-dire à l’étude des fonctions; les conditions d’existence matérielle de l’homme envisagé au point de vue de l’histoire naturelle, son j acclimatation, ses croisements, ses maladies, sa longévité, les phénomènes d’hérédité qu'il présente, j toujours étudiés dans les divers groupes humains et 1 comparés entre eux, ont déjà donné bien des expli- ;
cations sur l’origine et la formation des races, les j
modifications qu’elles ont présentées, leur extinction. j L ethnographie, que l’on doit entendre la description des caractères extérieurs des peuples, leurs mœurs ’j et coutumes, leur histoire, n’est pas la partie la < moins cultivée de l’anthropologie générale, et c’est grâce à cette manière d’entendre et de définir la science de l'homme que l’on commence à tirer parti des renseignements circonstanciés et mieux étudiés rapportés par les voyageurs. La linguistique, tout ' en ayant perdu la place prépondérante qu’elle gardait autrefois, — l’on a dit bien longtemps, telle langue, telle race, — n’apporte pas moins des éléments précieux dans le déterminisme des groupes humains.
Les migrations des peuples, leur séjour plus ou moins prolongé au milieu d’éléments conquis, se reconnaissent souvent aux mots nouveaux, aux expressions modifiées, signalés après le passage ou la conquête. La géologie apporte à l’anthropologie un ‘ précieux concours en déterminant l’âge des terrains où ont été trouvés les débris de l’homme et ceux de son industrie, et Y archéologie dite préhistorique est devenue cette partie de l’archéologie dont l’objet est de signaler et de définir, par ces débris mêmes, les conditions d’existence des plus anciens habitants de la terre. Ainsi comprise, l’anthropologie a une noble
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mission. Elle éclaire les origines de l’humanité, facilite le classement des races humaines, étudie les divers milieux qu’elles habitent, et en essayant de reconstituer te passé, indiquent quelques-uns des moyens de préparer l’avenir. Limitée à l’histoire, elle rend déjà des services signalés; appliquée à la sociologie ou à l'étude des sociétés humaines, elle en rendra de plus grands encore, si elle sait écarter la passion et les intérêts personnels qui trop souvent viennent paralyser les efforts de la science.
Nous devons dire pour terminer que l'anthropologie est représentée dans l’enseignement officiel par une chaire au Muséum, placée à côté des belles collections de cet établissement, et par un laboratoire faisant partie de l’École des hautes études. L’enseignement privé comporte à Paris la Société d’anthropologie fondée par Broca avec le concours de quelques savants, et qui grâce à l’activité et à l’autorité de son fondateur a servi de modèle à des réunions semblables établies dans les principaux pays de l’Europe ; une école libre dont les cours sont de plus en plus suivis ; un musée, aujourd’hui le musée Broca, ouvert au public dans les bâtiments de l’École de médecine, enfin des recueils spéciaux.
D' A. Düreau,
Vice-Président de la Société d’Anlhropologie.
ANTHROPOMÉTRIE. — L’anthropométrie est l’art de mesurer le corps de l'homme, soit en totalité, soit dans ses différentes parties. Elle réclaine des connaissances assez complètes en anatomie et le maniement d’instruments délicats. La méthode de mensuration et le choix des instruments ne sont pas indifférents. Enfin la mesure d’une seule partie du corps est souvent insuffisante. 11 est certain qu’il y a des têtes petites et de grandes têtes, comme il y a des petites et de grandes tailles, et que c’est la comparaison entre les proportions de la tête et celle de la taille qu’il sera fort souvent utile de connaître. L’anthropométrie a donc aussi pour but l’étude des rapports entre les différentes mesures, d' a. dureaü.
ANTI. — Préposition qui, dans le langage médical, placée devant un adjectif dérivé du nom d’une maladie, sert à qualifier les médicaments employés à combattre et à guérir cette maladie. Ainsi, en disant antigoutteux, antiscrofuleux, antiblennorrhagique, etc., on désigne les médicaments usités contre la goutte, la scrofule, la blennorrhagie. p. l.
ANTIAPHRODISIAQÜE — Qualificatif donné aux médicaments qui jouissent de la propriété de diminuer plus ou moins l’inclination aux plaisirs de l’amour, ou un état particulier d’éréthisme des orçanes génitaux, chez l’homme et chez la femme, qui fl’en est cependant pas toujours le signe. Parmi les principaux nous citerons par ordre alphabétique Vagnus caylus, la belladone, le bromure de camphre, le bromure de potassium, le ca/é, le camphre, la ciguë, la digitale; le houblon et son principe actif. Je lupulin; le nénuphar, Y acide salycilique, le tabac, etc. (V. ces mots. Voyez aussi : Anaphrodisie, Nyn.phomanie, Priapisme, Satyriasis.) p. i.
ANTICHAMBRE. — Nom donné à une pièce se-
condaire, qui fait communiquer l’extérieur et l’intérieur des chambres de nos appartements, soit directement, soit par l’intermédiaire de couloirs qui s’ouvrent sur elle. Une antichambre devrait toujours être assez spacieuse, suffisamment claire, bien aérée, et d’une température telle que, pendant l’hiver, l’air venant du dehors puisse s’y échauffer avant de pénétrer dans les chambres de l’appartement.
ANTIDOTE. — Nom donné à toute substan'-e jouissant de la propriété de prévenir ou de détruire les effets d’un poison. (V. Contrepoison.) P. L.
ANTIÉMÉTIQUE. — Nom donné en pharmacie aux remèdes propres à calmer ou à faire cesser les vomissements. P. L.
ANTIHYPNOTIQUE. — Qualificatif donné aux différents moyens et remèdes employés en médecine pour combattre le sommeil. P. L.
ANTILAITEUX. — Qualificatif donné aux aliments et aux médicaments qui ont la propriété de diminuer et de supprimer la sécrétion du lait, et à ceux qu’on emploie contre les accidents produits par la cessation brusqué de cette sécrétion ou par l’engorgement laiteux des seins chez les nourrices. (V. Lait, Nourrice, Sevrage.) P. L.
ANTIMOINE. — L’antimoine ou régule d'antimoine est un corps simple, métallique, brillant, cassant, pulvérisable et insoluble dans l’eau. On le trouve dans le commerce en pains orbiculaires don? la surface présente une sorte de cristallisation sous forme de feuilles de fougère. Dans cet état, il est impur et contient particulièrement de l’ai-senic dans sa composition ; il doit être purifié pour les usages médicinaux, il présente alors une texture grenue, lamelleuse et la couleur éclatante d’un blanc argentin.
L’antimoine et ses composés ont été emplo}'és en thérapeutique dès la plus haute antiquité. Dioscoridc et Galien faisaient usage d’un sulfate d'antimoine naturel, qu’ils désignaient sous le nom de stibine. Vers la fin du moyen âge, Paracelse, Van Helmont commençaient à varier les préparations antimoniales : les uns prescrivaient Yantimoine métallique, les autres vantaient Yoxysuljure d'antimoine, qu’ils appelaient verre d'antimoine.
Les succès de l’antimoine allaient ainsi croissant à travers les siècles, lorsque Jacques Perreau inventa cette histoire d’après laquelle plusieurs moines auraient été empoisonnés par la stibine, d’où dériverait le mot anti-moine, le seul employé aujourd’hui. Dès lors, le médicament en question fut en proie à une foule de controverses. Défendu à outrance par ses partisans, attaqué avec autant d’énergie par ses adversaires qui, tels que Guy-Patin, le surnommaient le tartre stygié, pour faire ressortir qu’il conduisait sur les bords du Styx ceux qui avaient le malheur de goûtera ce breuvage; il resta ballotté par deux vents contraires jusqu’au moment où Louis XIV, gravement malade à Calais, lui dut sa guérison. A partir de ce moment sa réhabilitation
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fut établie, et de nos jours les composés d’antimoine sont journellement employés en thérapeutique.
On faisait jadis avec l'antimoine de petites balles purgatives appelées pilules perpétuelles, parce qu’elles pouvaient servir au même usage un grand nombre de fois. On en préparait aussi des gobelets dans lesquels on laissait séjourner du vin blanc, qui s’imprégnait, sous l’influence de l’air, d’une certaine quantité d’oxyde qui lui donnait des propriétés émétiques. Ces deux médicaments infidèles sont tombés dans l’oubli depuis nombre d’années. Nous pouvons en dire de même de la poudre. Cependant Trousseau s’en est servi avec avantage dans la pneumonie, le rhumatisme articulaire aigu, la bronchite capillaire, à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes qu’il faisait prendre en pilules, ou bien en suspension dans un looch ou dans un julep gommeux. La même poudre triturée avec deux parties d'axonge, lui servait à faire une pommade irritante pouvant produire les effets d'une pommade faiblement émétisée.
Oxyde blanc d’ Antimoine. — L’oxyde blanc d’antimoine s’obtient tantôt par cristallisation, il est fusible, blanc, volatil et, en cet état, il est souvent désigné sous le nom de fleurs argeutines d'antimoine; tantôt par précipitation, il est alors d’un blanc bleuâtre et cristallise par le refroidissement en une couleur gris perle.
Trousseau l’employait comme contre-stimulant dans la pneumonie aux doses de 6 à 8 jusqu’à 16 grammes par jour, suspendu dans un looch ou dans un julep gommeux. Gubler prétend que des proportions beaucoup plus faibles peuvent produire des résultats semblables, car ces préparations insolubles trouvent toujours dans l’estomac une suffisante quantité d’acide pour les dissoudre convenablement. La célèbre poudre antimoniale de James, ainsi composée d’après le Codex :
Oxyde blanc d’antimoine 10 grammes.
Phosphate de chanx 20 —
est un remède jadis très vanté en Angleterre à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes par jour, en potion ou en pilules, contre la pneumonie, les inflammations, les fièvres.
Chlorure ou Beurre d’ Antimoine. — Le chlorure d'antimoine, ou beurre d’antimoine, est un sel blanc, solide, demi -transparent, déliquescent à l’air, très soluble dans l’eau et d’une saveur excessivement caustique. C’est un poison corrosif des plus énergiques; aussi est-il inusité à l’intérieur et ne s’emploie à l’extérieur que sous forme de chlorure liquide que l’on obtient en exposant le chlorure solide au contact de l’air humide dans un entonnoir de .erre. Ce sel se présente alors sous l’aspect d’une masse graisseuse (beurre d’antimoine), blanchâtre, demi-fluide, facile à étendre en couche mince, à l’aide d’un pinceau sur la pustule maligne ou les plaies envenimées qu’on veut cautériser.
Sulfure rouge d’ Antimoine. — Nom donné à un sel d’antimoine plus connu sous celui de kermès. (V. ce mot.)
Tartrate de potasse et d’antimoine. — Nom donné à un sel d antimoine plus connu sous celui de émétique ou de tartre stibié. (V. ce mot.)
D' Marc Camboulives.
ANTIMONIAUX. — Nom donné à un certain nombre de médicaments à base d’antimoine, dont l’emploi thérapeutique date de la plus haute antiquité. Ils peuvent se diviser en deux grandes catégories : les antimoniaux solubles et les antimoniaux insolubles. Les premiers sont dangereux à doses relativement peu élevées ; ils occasionnent des nausées, des vomissements, un ralentissement marqué de la respiration et de la circulation, suivi d’un affaissement général de tout l’organisme, lorsqu’on a poussé les doses jusqu’à l’intoxication; le tartre stibié ou émétique est le plus important des médicaments de cette catégorie. I.es seconds, n’étant solubles que par l’intermédiaire de sucs sécrétés dans le tube gastrointestinal, ont une action plus lente, moins énergique: ils sont purement contro-slimulants et ne deviennent vomitifs que par l’administration de doses successives : le sulfure rouge d'antimoine ou kermès et Yoxyde blanc d' antimoine sont les deux médicaments de ce groupe les plus usités.
D' Marc Camboüuvee.
ANTIPÉRIODIQUES. — Nom sous lequel on désigne des médicaments qui ont la propriété d’empêcher la reproduction des phénomènes morbides dont l’ensemble constitue une affection périodique. Leplus connu et le meilleur des antipériodiques est sans contredit le sulfate de quinine, (V. ce mot.)
ANTIPÉRISTALTIQUES. — Nom donné à des mouvements des parois de l’estomac et des intestins, qui se produisent de bas en haut, de telle façon que les matières alimentaires contenues dans ces organes se trouvent reportées en sens inverse de leur marche habituelle dans l’appareil digestif. C’est par des mouvements antipéristaltiques que le vomissement est déterminé. p. l.
ANTIPHLOGISTIQUES. — Qualificatif donné aux médicaments et autres moyens employés en thérapeutique pour combattre l’inflanamation, tels que la saignée, les sangsues, les ventouses, les cataplasmes, les bains, l’abstinence plus ou moins complète d’aliments, etc. P. L.
ANTIPSORIQUE. — Nom donné aux différents remèdes employés contre la gale. (V. ce mot.) p. l.
ANTISCORBUTIQUES. — Nom donné aux médicaments simples ou composés qui ont la propriété de guérir le scorbut. Les plus usités sont le cresson, le cochléaria, le raifort, etc., qui entrent dans la composition des préparations antiscorbutiques les plus connues et les plus usitées, telles que le cresson Maître, le sirop de raifort iodé de Grimault, le sirop de Portai, etc. (V. ces mots.) p. l.
ANTISEPTIQUES. — On désigne sous ce nom les diverses substances ou préparations hygiéniques et pharmaceutiques qui jouissent de la propriété de s’opposer à la décomposition des matières organiques, ou de l’arrêter lorsqu’elle est déjà commencée. Les antiseptiques sont assez nombreux ; parmi les plus usités, nous citerons : l’n/coo.^ ’ acide ph'mjque.
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le phénol Bobœuf, Vacide salycilique, le salicol Dosa ulf,V acide lliymique,\e thymol Doré,\e. vinaigre de Pennés, le coaltar Le Benf, la glycérine, Veucalyptot, les hyyosul fîtes, le bichlorure de mercure, etc. (V. ces mots ; V. aussi Septicémie.) p. l.
ANTISPASMODIQUES.— On désigne sons ce nom les médicaments qui ont la propriété de taire cesser et disparaître les phénomènes d'excitation du système nerveux désignés sous les noms A'état nerveux, vapeurs, et de calmer les contractions nmsculaircsdésordonnéesconnues sous le nom de^pa^me^. Les plus connussent : Vassajœlida, l'acide cyanhydrique, le casloreum, le musc, la valériane, etc... (V. ces mots.) P. L
ANTITRAGUS. — Nom donné par les anatomistes à l’éminence conique du pavillon de l’oreille, située en face du tragus et en dessous del'anthélix.tfS.Anihélix, Tragus, Oreille.) P. L.
ANURIE. — Mot employé en médecine pour désigner la suppression de la sécrétion urinaire. (V. Urine.) P L.
ANUS . — Anatomie. — Nom donné à l’orifice inférieur du rectum, qui constitue la partie terminale du canal alimentaire. La nature a placé cet orifice loin des organes des sens afin que, selon la remarque de Fénelon « ils n’en soient incommodés.» Situé sur la ligne médiane, au fond du sillon qui sépare les fesses, entre les deux tubérosités de l’ischion, en avant de l’os coccyx, en arrière de la verge chez l'homme, et du vagin chez la femme, l’anus a son ouverture plus rapprochée du coccyx chez l'homme que chez la femme, c’est-à-dire plus en arrière.
L’orifice de fanus est rond, étroit, formé à fextérieur par la peau qui se continue avec la membrane muqueuse à l’intérieur et forme un grand nomb e de plis qui s'effacent, lorsque cet orifice est dilaté par les matières fécales expulsées. Au pou rtour de l’anus, la peau est généralement de couleur brune, humectée par un fluide onctueux, a odeur caractéristique, provenant des glandes sébacées qui existent là en grand nombre. Elle est couverte, chez l’homme, de poils abondants qui manquent généralement chez la femme.
L’orifice anal est maintenu fermé par un muscle circulaire, appelé .sphincter anal, qui s’oppose ainsi au passage des matières fécales qui,sanslui, s’échapperaient involontairement. 11 est dilaté parun autre muscle appelé releveur de l'anus. {V. lieclum, Défécation.)
Imperforation de l’anus. — Ce vice de conformation, que l’on rencontre chez quelques nouveau-nés dans les quarante-huit premières heures, consiste dans une occlusion du tube intestinal au niveau de l’ouverture terminale de l’anus Cette occlusion présente plusieurs variétés : tantôt l’orifice anal est fermé simplement par la peau, ou par une membrane mince, ou encore par une couche de tissus de quelques millimètres d’épaisseur, tantôt, l’orifice anal est ouvert extérieurement, mais il existe une cloison également mince à une légère hauteur.
Dans tous les cas d'imperforation de l’anus, s’il
n’existe aucune ouverture contre nature donnant issue aux matières stercorales, celles-ci s’accumulent dans l’intestin et le distendent ; l’abdomen se gonfle et se distend également; il est douloureux; l’enfant crie et fait des efforts ; il a des nausées, il vomit des matières jaunes ou vertes ; sa face se congestionne, il a des hoquets, des mouvements convulsifs, et il finit par succomber.
Il faut donc pratiquer l'opération, dès que l’imperforafion a été constatée. Pour cela, le chirurgien enfonce la pointe d’un bistouri au centre présumé de l’anus ; puis, il fend en croix, de dedans en dehors, la peau et la muqueuse ; saisit chaque lambeau avec une pince et en fait l’excision ; enfin, il procède au pansement qui consiste à introduire une mè^he de charpie sutfisamment grosse pour empêcher le rapprochement de la plaie, et pour que la cicatrisation se fasse sans rétrécissement de l'anus.
Anus contre nature. — On désigne ainsi une ouverture autre que l’anus naturel, située sur quelque point de la région abdominale et par laquelle sortent les matières intestinales. Cette infirmité dégoûtante
Kig. 101.
Appareil spécial destiné à recevoir les matières intestinales dans le cas d’anus contre nature.
est quelquefois un vice de conformation que l’enfant porte en naissant; le plus souvent elle est accidentelle. L’anus contre nature s’établit surtout à la suite de blessures au ventre, lorsque l’intestin a été coupé en tout ou en partie. Dans ces cas, il se forme, entre les bords de la plaie du ventre et l’intestin sectionné, des adhérences, et les matières intestinales sortent alors par cette ouverture. Si les adhérences ne se font pas, les matières s’épanchent dans l’abdomen et le blessé succombe à une péritonite. Les hernies étranglées , les obstructions intestinales
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peuvent aussi donner lieu à l’anus contre nature. (V. Hernies, Obstruction intestinale.)
L’existence d’un anus contre nature entraîne une malpropreté continuelle, l’excoriation de la peau dans le voisinage de l’ouverture fistuleuse, et des modifications dans la nutrition de l’individu, qui diffèrent selon la portion du canal intestinal où elle s’est produite. Si la rupture a eu lieu à la partie supérieure ou moyenne de l’intestin, ce que l’on reconnaît facilement par l’odeur, la couleur et le degré de consistance des matières, le danger est d’autant plus grand que celles-ci sont plus molles, lactescentes et aigres; le malade, quoique mangeant beaucoup ne peut réparer ses torccs, il maigrit, tombe dans le marasme et meurt. Si la rupture a eu lieu à la portion inférieure du gros intestin ou de l’intestin grêle, dans le voisinage de l’anus naturel.
Fig. 102.
Établissement d'un anus artificiel à la région lombaire droite, à égale distance de la dernière côte et de la crête de l'os iliaque.
la nutrition du malade n’est que très peu troublée, le bol alimentaire ayant été presque complètement digéré.
L’anus contre nature, lorsqu’il s’est produit spontanément, peut quelquefois guérir to it seul, mais le plus souvent le chirurgien est obligé d'intervenir et de pratiquer une opération délicate, spéciale, connue sous le nom A' entérotomie. (V. ce mol.)
Dans tous les cas, il faut nourrir très substantiellement le malade, tenir la plaie excessivement propre, préserver la peau des excoriations produites par l’écoulement des matières intestinales, au moyen de baudruches gommées ou de collodion appliqué au pourtour de l’ouverture. Dans les cas incurables, ou lorsque l’opération de l’entérotomie ne sera pas pratiquée, il faut employer un appareil spécial {/ig. 101 , composé d’une plaque en ivoire qui s’applique à l’ouverture de l’anus contre nature ; cette plaque est percée au centre d’un trou par où passent
les matières intestinales et auquel s’adapte un tube en caoutchouc muni d’une soupape par où s’’écoulent ces matières pour s’accumuler dans un réservoir, qu’on peut visser et dévisser à volonté pour le vider et le laver. Le tout est maintenu fixé au corps par une ceinture à boucle.
Anus artificiel. — On désigne ainsi une opération chiruigicale qui consiste à pratiquer sur la paroi abdominale une ouverture artificielle destinée à l’écoulement des matières, dans les cas d’imperforation congénitale de l’anus, de hernie étranglée, d’obstruction intestinale, etc. L’anus artificiel s’établit soit dans la fosse iliaque droite ou gauche, soit dans la région lombaire [fig. 102), au flanc. Cette opération est toujours grave et la moitié au moins des malades meurent de ses suites.
Abcès de l’anus. — (V. Abcès.)
Chute de l’anus. — (V. Rectum.)
Corps étrangers de l’anus. — (V Rectum.)
Dilatation de l'anus. — (V. Pédérastie.)
Fissures à l’anus. — La membrane muqueuse qui borde l’ouverture de l'anus peut être le siège de petites excoriation superficielles qui ont reçu le nom de fissures à l’anus. On les observe principalement entre vingt et trente ans, et beaucoup plus chez la femme que chez l’homme. La constipation habituelle, les hémorrho’ides, la vaginite, l’érythème humide qui succède à l'accouchement ou se produit spontanément, sont les causes déterminantes les plus fréquentes de cet accident.
Si oh examine un anus atteint de fissures, on aperçoit entre les plis rayonnés de la muqueuse et parallèles à ceux-ci, des fentes ulcéreuses d’un rouge vif, parfois grisâtre, à bords renversés ou taillés à pic. Ces fissures, dont la longueur varie de t à 2 centimètres, avec une largeur moyenne de 1 à 4 milimètres, peuvent siéger à la partie antci'ieure ou postérieure, ou encore sur les parties latérales de l’anus.
Le malade éprouve des douleurs vives chaque fois qu’il va à la garde-robe. La défécation est quelquefois impossible malgré les efforts, et lorsqu’elle a lieu, la douleur produite par la sortie des matières (qui sont dures et tachées de sang) est très intense et persiste longtemps. Si bien que le malade, pour éviter d’aller à la selle, en arrive à se priver presque de nourriture. Les douleurs produiles par les efforts de la défécation déterminent une constriction permanente du sphincter anal qui vient encore faire obstacle à l’issue des matières fécales.
On peut guérir les fissures à l’anus en employant les astringents locaux. Trousseau se trouvait très bien de la méthode suivante : tous les matins, il administrait d’abord un lavement à l’eau de guimauve, ou mieux à l’huile d’olive pour vider l’intestin ; puis, il faisait prendre matin et soir un lavement ainsi composé :
Extrait de ratanhia 4 grammes.
Alcool 4 —
Eau 125 —
Demarquay préférait aux lavements la pommade suivante :
Glycérolé d’amidon 30 grammes.
Extrait de ratanhia 2 —
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[ Lorsque les douleurs sont trop vives, on peut [i ajouter à cette fornmle :
^ Extrait de belladone 0.23 à 0.30 centigr.
5 Certains chirurgiens cautérisent les fissures avec I le nitrate d'argeut.
j Ces divers moyens sont surtout applicables au traitement des fissures légères. Dans les fissures I profondes, multiples, accompagnées de douleurs • très intenses, avec con.striciion du sphincter, il faut I débrider celui-ci par l’incision ou mieux par la dilatation forcée. Celle-ci se pratique de la manière sui- I Xante: on introduit dans l’anus, l'un après l'autre,
1 les deux pouces préalablement enduits de cérat, puis,
I on les écarte par une traction lente et soutenue I jusqu’à ce qu’ils produisent la déchirure interne d('s i libres du sphincter. On retire alors les doigts, et aucun pansement consécutif n’est nécessaire. Cette petite i opération est généralement sans danger.
I Fistules à l’anus. — On rencontre très fréquemi mont des individus atteints de fistules à l’anus. Celles-ci peuvent être complètes ou incomplètes.
Les l'isTLLES COMPLÈTES soiit cclles qui ont deux ouvertures, l’une interne, dans le rectum ; l’autre externe, au pourtour de l’anus. L’orifice interne est généralement mou, comme déchiré. L’orifice externe est le plus souvent entouré de callosités. Il est ordinairement unique, s’ouvre dans l'immense majorité des cas sur un des côtés de l'anus, quelquefois en arrière, exceptionnellement en avant de cet organe. Onelquefois les orifices externes sont multiples et rapprochés les uns des autres. Dans ce cas, les i divers trajets de ces orifices externes aboutissent, en général, à un orifice interne unique. Les trajets des fistules complètes peuvent être directs et sinueux, avec des ampoules et des clapiers plus ou moins larges sur leurs parcours. Ils sont tapissés d'une membrane de nouvelle formation, lisse et très mince, analogue aux muqueuses.
Les FISTL’LES INCOMPLÈTES OU BOP.GNES SOllt Celles qui n'ont qu’une ouverture. Lorsque celle-ci se trouve du côté du rectum, la fistule est incomylèle interne-, lorsqu’elle se trouve au dehors seulement, la fistule est incomplète externe.
Chez les individus atteints de fistute complète, on observe au pourtour de l’anus un ou plusieurs petits orifices, par lesquels s’écliappent des gaz, du pus, des matières fécales. Si, le doigt indicateur d’une main étant introduit dans l'anus, avec l’autre main armée d’un stylet mousse, on explore le trajet de la fistule, le stylet s’enfonce dans la fistule et son extrémité pénètre jusque dans le rectum, ou l’indicateur la sent directement.
Chez l’individu atteint de fistule incomplète interne voici comment les choses se passent. Au début, le malade constate au voisinage de l’anus la présence d’une tumeur dure et profonde, dans laquelle il ressent des battements et des élancements pendant plusieurs jours. Puis, un beau matin, en allant à la selle, il rend par l’anus une certaine quantité de pus. Les garde-robes sont douloureuses et les matières fécales recouvertes de pus. Tout le pourtour de l’anus est sensible à la pression, la peau est altérée, livide, empâtée au niveau correspondant
dot
à la fistule. Si on introduit le doigt dans l’anus, on rencontre en un certain point des inégalités dures, au centre desquelles est une partie molle qui indique l’orifice de la fistule. Lorsque celui-ci n’est pas très bas, on le retrouve à l’aide d’un stylet mousse.
Enfin, lorsqu’on découvre une ouverture placée plus ou moins près de l’aniis, qui donne issue à du pus, sans gaz, ni matières fécales, on peut présumer qu’on est en présence d’une fistule incomplète externe. On a la certitude
de son existence lorsque, en explorant l’ouverture avec un stylet mousse, un doigt étant en même temps introduit dans l’anus, on constate que l’extrémité de l’instrument reste tou-
jours séparé de la cavité ano-rectalo par une épaisseur plus ou moins grande de tissus.
Les fistules à l’anus sont généralement consécutives aux inflammations chroniques de l’intestin, aux abcès de la marge de l’anus, aux chutes sur le siège. On les observe souvent chez les phtisiques.
Elles constituent une infirmité dégoûtante et très désagréable. Aussi, tout individu qui en est atteint, doit-il se liâter de s’en débarrasser, car elles ne guérissent jamais seules.
On a traité les fi-tules à l’anus de différentes manières. On a essayé les pommades, des injections irritantes de teinture d’iode dans le trajet fistuleux ; on a eu recours aux caustiques, à la compression, à la ligature, à l’excision. Ces différentes méthodes sont les unes ineflicaces, les autres douloureuses, longues, incertaines.
La méthode le plus généralement employée aujourd’hui, celle que préconisent Verneuil, Duplay, Labbé, Després et la plupart des chirurgiens, est la méthode des incisions. C’est par les incisions que fut traité Louis XLV, atteint de fistule à l’anus, comme le raconte longuement son chirurgien Dionis, dans son Cours d'opération^, et il ajoute : « J’ai connu plus de trente courtisans qui voulaient aussi qu’on leur fît l’opération, et dont la folie était si grande qu’ils paraissaient fâchés lorsqu’on les assurait qu’il n’y avait pas nécessité de la faire. » Car, bien entendu, ces courtisans n’étaient nullement fistuleux; mais, pour faire leur cour au Roi-Soleil, ils feignaient d’être atteints de la même infirmité, tout comme dans l’antiquité les disciples d’Aristote imitaient le bégayement de leur maître pour lui plaire.
.Avant de subir l’opération, les malades s’y préj [lareront pendant huit jours, en prenant des lave-
Fig. 103.
Fistule complète.
Fistule incomplète interne.
Fig. 103.
Fistule incomplète externe.