‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 46 sur 238 · APO · texte numérisé non relu

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dans la thérapeutique. C’est un liquide oléagineux, d’une couleur jaune ambrée, qui tache le papier à la manière des corps gras, sans que la chaleur fasse disparaître cette tache. Son odeur spéciale et tenace rappelle un peu celle de la graine de persil pulvérisée; sa saveur est piquante et âcre. Son extraction nécessite une série d’opérations longues et minutieuses, car la graine de persil ne donne guère plus de 1/2 à 2 p. 100 d’apiol.

L’apiol possède une action tonique et fébrifuge réelle. Mais la principale propriété de ce médicament, et la plus précieuse, est celle que lui ont découverte Joret et Homolle. 11 ré>ulte d’une longue série d’expériences et d’observations que l’apiol exerce une action toute spéciale sur la menstruation. Il ramène les règles chez les femmes atteintes à^aménhorrée, c’est-à-dire dont le flux menstruel est supprimé depuis un temps plus ou moins long; et il régularise la menstruation chez celles qui sont atteintes de c’est-à-dire dont les règles

sont irrégulières ou insuffisantes et accompagnées de tranchées et de douleurs abdominales et utérines.

Cette action est tellement manifeste que le professeur Kouchardat n’hésite pas à qualifier l’apiol de « très puissant emménagogue, » et que, d’après le docteur Siredey, le savant médecin de Lariboisière, dont la compétence en gynécologie est si grande, il serait « le médicament dont la propriété emménagogue serait le mieux établie ».

Tour à tour expérimenté par les -docteurs Valleix, Marotte, Fauconneau -Dufresne, Corlieu, Bouchut, Lamouroux, etc., l’apiol a toujours donné d'excellents résultats. 11 est vrai que les expériences avaient été faites avec l’apiol préparé par les docteurs Joret et Homolle, et enfermé dans de petites capsules gélatineuses dosées à 20 centigrammes.

L’apiol s’administre, ainsi que l’indiquent MM. Marotte et .Siredey, suivant l’âge de la personne, à la dose quotidienne de une à trois capsules, pendant les deux ou trois jours qui précèdent l’époque probable des règles, et doit être continué de la même manière pendant les deux premiers jours de leur écoulement.

Les docteurs Joret et Homolle , et après eux la plupart des médecins, ont reconnu l’innocuité de l’apiol administré au début de la grossesse. C’est ainsi que le D' Fauconneau-Dufresne, entre autres, a publié les observations de deux dames parvenues au deuxième mois de la grossesse, qui prirent chacunes grammes environ d’apiol en capsules, croyant être atteintes d’aménorrhée, et ne soupçonnant pas leur état. Cependant aucun phénomène fâcheux ne se produisit, et elles accouchèrent très heureusement.

On voit aisément quelle est l’importance de ces faits qui prouvent que l’apiol peut être regardé comme un médicament sûr et inoffensif. L’erreur, .■;i facile à faire, du début de la grossesse avec l’aménorrhée, pourra donc être éclairée d’un jour tout nouveau par l’usage intelligent de l’apiol; mais à la condition expresse d’employer toujours ce médicament absolument pur et très exactement dosé. Or, les capsules d'apiol de Joret et Homolle sont, sans contredit, la préparation qui réalise le mieux ces deux conditions essentielles. D' p.-l. tarride.

APOLLINARIS (Eau minérale d’). — Eau minérale artificielle allemande, fabriquée par les Allemands qui nous l’expédient d’Angleterre pour détourner les soupçons, et qui osent la qualifier sur les étiquettes de « Eau minérale naturelle , la reine des enux de table, adoptée par le prince de Galles U » M. Chatin directeur de l’Ecole de pharmacie, a dénoncé la fraude en pleine tribune de l’académie de médecine en 1882. Apolinaris ne contenait pas d'acide carbonique lorsqu’elle a été analysée et autorisée en France en 1878, et tous ceux qui en ont bu depuis savent qn’elle renferme maintenant des quantités si considérables d'acide carb oriique que, dès qu’on en débouche une bouteille, il y a une effervescence telle que la moitié du contenu se répand sur la table, avant qu’on ait le temps d’incliner la bouteille sur le verre 1

Laissons donc aux honnêtes Allemands et aux Anglais cette eau artificielle, au goût âpre, désagréable ; notre belle France est assez riche en excellentes eaux minérales naturelles de table.

D' Paul Lararthe.

APOMORPHINE. — Nom donné par les chimistes à un alcaloïde qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, tui devient verdâtre au contact de l’air, amorphe, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, obtenu en faisant réagir l’acide chlorhydrique sur la morphine dans un tube scellé et chauffé à 150°.

L’apomorphine tend à prendre une place importante dans la thérapeutique, à cause de ses propriétés vomitives presque merveilleuses. Administrée à la dose de 2 centigrammes, à l’intérieur, ou à celle de 2 à 5 milligrammes en injection hypodermique, elle détermine des vomissements rapides, sans nausées préalables et sans laisser, après effet produit, cet abattement et cette prostration consécutive à l’administration de Yipéca et de Vémétiquê. De plus, les vomissements ne sont pas suivis de diarrhée.

Indépendamment de cette propriété vomitive énergique, l’apomorphine jouit encore d’une action expectorante qui a été utilisée par MM. Kormann, Jurasz, Beck et Siredey, dans la bronchite aiguë, dans la bronchite chronique, et surtout dans cette forme si pénible du catarrhe sec, où l’on voit les accès de toux diminuer et la dyspnée s’amender sous son influence. On peut dans ces cas administrer l’apomorphine d’après la formule suivante de Beck :

Chlorhydrate d’aponiorphine . 6 h 8 centigrammes.

Acide chlorhydrique dilué . . 1 grammes.

Sirop simple 30 —

Eau distillée 120 —

à prendre une cuillerée à soupe toutes les 2, 3 ou 4 heures. La même solution est utilisée pour les enfants, mais on ne leur en donne en moyenne qu’une cuillerée à café toutes les heures ou toutes les 2 heures. D'- Paul Lararthe.

APONÉVROSES. — Nom donné par les anatomistes à des membranes de nature fibreuse très résistantes, inextensibles, qui enveloppent les muscles comme dans une gaine et favorisent leur contraction. Les aponévroses sont formées de plusieurs fi-

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bres différentes, les unes parallèles à l’axe du corps, les autres perpendiculaires ou obliques, qui s’entrecroisent plus ou moins obliquement. Elles sont percées de trous circulaires destinés au passage des veines, des artères et des nerfs. Leur surface externe d’un blanc nacré, luisante et lisse, n’est séparée de la peau que par le tissu cellulaire graisseux sous-cutané, tandis que leur surface interne adhère plus ou moins aux muscles, au moyen de prolongements fibreux, dont les uns pénètrent entre les principaux groupes de muscles, les autres entre chaque muscle, et d’autres enfin vont s’insérer au périoste dans les points où les muscles sont en contact avec les os. A leurs extrémités, les aponévroses s’attachent sur les saillies osseuses ou bien se perdent dans les tendons.

Les aponévroses sont plus ou moins épaisses |et résistantes, selon l’étendue et la puissance des muscles qu’elles enveloppent. Celles qui enveloppent les muscles larges sont les moins épaisses ; les plus résistantes sont celles qui enveloppent les muscles du hras et des jamhes; enfin les plus minces et les moins résistantes sont celles qui enveloppent les muscles courts, dont l’action est très peu énergique. (V. Muscle, Tendon.) D"' Paül Labarthe.

APOPHYSE. — Non donné par les anatomistes à des éminences osseuses qui forment des saillies ou des prolongements dont les unes, rugueuses, servent à l’attache des muscles, et les autres, encroûtées de cartilages, servent aux articulations des os. Les apophyses qu’on trouve sur le squelette sont nombreuses. Une des plus saillantes est l’apophyse olécrane, constituée par l’extrémité supérieure du cubitus, et qui forme cette pointe que l’on observe au coude. (V. Oj.) p. l.

APOPLEXIE CËRÉBRALE. — (Voyez Congestion et Hémorrhagie du cerceau, Hémiplégie, Encéphalite, Ramollissement.) P.

APOZÈME. — Les apozèmes, d’après le Codex, sont des préparations magistrales qui diffèrent des tisanes en ce qu’elles renferment une plus grande quantité de principes médicamenteux, et qu’elles ne servent pas de boisson ordinaire aux malades. Ce sont, en somme, des tisanes composées. p. l.

APPAREIL. — Mot qui, en anatomie et en physiologie, sert à désigner l’ensemble des organes qui concourent à l’accomplissement d’une même fonction. C’est ainsi qu’on appelle appareil digestif ou de la digestion, l’ensemble des divers organes (bouche, amygdales, œsophage, estomac, foie, intestins, etc.), qui concourent à la fonction de la digestion des aliments et de l’absorption des parties nutritives de ces aliments. — En chirurgie, le mot appareil est employé à désigner l’ensemble des divers objets ou instruments qui sont nécessaires pour pratiquer une opération chirurgicale ou pour procéder à un pansement. P.

APPENDICE. — On désigne ainsi en anatomie, certains prolongements minces de divers organes qui ont l’air d’être surajoutés à ces organes, p. l.

APPÉTENCE. — On désigne généralement sous ce nom le premier degré de l’appétit. (V. ce mot.)

APPÉTIT. — L’appétit a été défini : une sensation qui fait qu’on éprouve le besoin de mettre en activité différents organes de l’économie.

Notre corps par sa vitalité est soumis à un travail physique, mécanique ou intellectuel constant, qui lui fait dépenser une grande partie de cette vitalité même. Cette déperdition conduirait loin, si nous n’avions en nous ce que, dans sa physiologie, M. le professeur Béclard, d’après Brillat-Savarin appelle « la sonnette d’alarme », c’est-à-dire l’appétit qu’on peut mieux définir par ce mot — le désir de manger.

Lorsque ce désir devient un besoin, l'appétit fait place à la faim. (V. ce mot).

Le désir provoqué par l’appétit se traduit plutôt par des sensations agréables que pénibles. Il n’y a que lorsque l’on a faim que ce besoin, qui n’est plus un désir, devient impérieux et occasionne des douleurs dans la région stomacale.

L’appétit, malgré tout, peut provoquer des bâillements, mais jamais de tiraillements d’estomac douloureux.

L’appétit n’est que la sensation ou le désir de se réconforter périodiquement, de prendre des aliments solides et liquides d’une façon régulière, et cette régularité marche de pair avec le travail du tube digestif. C’est seulement lorsque les aliments que l’on a pris ont été digérés d’une façon complète que l’appétit se fait sentir.

Comme il a été dit plus haut, l’appétit quelquefois se traduit d’une façon agréable. C’est une envie, c’est un désir, une demande du sens du goût. — Les papilles de la bouche sont dans un état léger de surexcitation ; la salivation augmente; l'individu, dans cette situation, ressent comme un souvenir physique de tel ou tel aliment qu’il a trouvé bon antécédemment, et, dont le sens du goût qui en a été flatté se souvient. — L’odorat, parfois, s’en mêle et il arrive que l’individu en appétit, dans ces conditions, sent le fumet du plat qu’il désire.

C’est là que s’arrête l’appétit ; plus loin c’est la faim, dont nous ferons un article spécial.

Dans l’ordre naturel, l’appétit est l’indice de la faim, car la faim le suit — et cependant il arrive que, la faim assouvie, l’appétit persiste encore. Combien de personnes après avoir suffisamment mangé n’ont-elles pas senti leur appétit renaître en s’approchant d’une table mieux servie que celle qu’elles venaient de quitter quelques instants auparavant?

Il en découle que l’appétit a plus de rapport au désir qu’au véritable besoin, — c’est pour cela que, si on l’écoutait, il pourrait devenir préjudiciable à la santé — et par là même il rentre dans le domaine de l’hygiène, hygiène qui défend la gourmandise. L’appétit varie indépendamment de ce besoin, suivant les âges, les tempéraments, le sexe, les saisons et les climats.

Dans l’enfance la vie n’est qu’activité. L’enfant joue, court, saute ; chez lui pas de préoccupations, la nature seule le dirige pour le conduire à son développement, il n’a que de la fatigue physique. Il y a bien par ici, par là, quelques larmes, elles sont

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hien vite séchées par un rire. — Donc, pas d’influence nerveuse. Le corps seul a^it, le corps seul dépense et s'accroît. .Vussi l’organisme de l’enfant demande-t-il beaucoup, et pour ses petites fatigues amusantes et pour son développement. Il faut lui rendre la vitalité que ces deux causes lui font perdre. 11 faut calmer son appétit.

D’ailleurs, chez l’enfant, l’appétit est vite satisfait par ce fait mémo qu’il se fait fréquemment sentir. Cela tient à la petitesse de l’estomac et à la force di- , gestive dont cet organe est doué. Aussi au point de Mie de l'hygiène, il est bon de donner souvent à I manger aux enfants, mais peu à la fois; quatre à cinq repas par jour, c’est au moins ce qu'il leur faut. Car, ainsi que l’a dit avec raison Hippocrate : « les enfants sont ceux qui supportent le moins l’ab- I stinence. »

' En avançant eu dge, l’appétit se fait moins sentir,

; c'est-à-dire moins souvent; cependant, jusqu’à par- ,j faite croissance, laMimiuution est peu remarquable.

I Lorsque le cdrjis a acquis tout son développement, l’appétit devient plus modéré et deux bons repas suffisent.

Dans la vieillesse l’organisme somnolent n’a que

|l>eu de désirs, aussi l'appétit ne sonne plus la clochette d'alarme et, dans la presque totalité des cas, c’est plutôt par habitude ou par raison que les vieil-

i lards mangent. C’est surtout à cette époque de la vie que l’hygiène doit être observée et qu’il faut, à la régularité des repas, joindre le choix des aliments.

Au point de vue du tempérament, il est’ à remarquer que les personnes lymphatiques ont peu d’ap pétit. Les personnes sanguines ont un appétit plus vif. Les gens dont le tempérament est bilieux sont en général plus fort mangeurs et presque tous les aliments, quels qu’ils soient, leur plaisent. D’après l’histoire, .Vlexandre le Grand avait un tempérament bilieux et mangeait ' au milieu de ses soldats le I même pain qu'eux avec un extrême plaisir, j L’appétit varie suivant le sexe. La femme mange 1 moins que l'homme. Cela tient, d’abord à la prédo- ' minance de son système lym- I phatique. Puis, elle a des tra- I \aux qui la fatiguent moins I que ceux de l'homme, en par- I lant d’une façon générale :

1 car, il est bon do remarquer i <iue les femmes qui accomplissent des travaux demandant une grande dépense de force musculaire, les blanchisseuses de lavoir, par exem- [ pie, ont un très vif appétit.

I Mais en général l’appétit revêt, chez la femme, un caractère nerveux, capricieux, plus ou moins intense, suivant le milieu et les habitudes, et aussi suivant les états physiologiques, tels que la grossesse principalement.

Les saisons et les climats ont aussi leur influence sur ce besoin. Ainsi, d’une manière générale, on mange plus en hiver qu’en été. Cet appétit plus grand en hiver qu’en été a sa raison physiologique Lorsque

la température extérieure s’abaisse nous sommes forcés de lutter contre le froid on développant une plus grande quantité de chaleur animale. Cette chaleur animale que nous étudierons plus loin est due à la respiration et aux décompositions, aux transformations chimiques que subissent les aliments pendant l’acte de la digiîstion. (V. chaleur animale), En été l’appareil digestif est débile, l’estomac est paresseux, et l’afipétit diminue. Aussi, est-il de bonne hygiène d’user pendant l’été d’aliments légers et de digestion facile, tels que légumes frais, viandes blanches ; en hiver, au contraire une forte nourriture s'impose.

De ce qui se passe suivant les saisons, il est facile de déduire ce qui se passe suivant les climats. On peut le traduire par cette phrase : L’appétit est en raison inverse de la température.

En j'ésumé, pour avoir de l’appétit l’exercice est nécessaire. On dit quelquefois : « Il mange comme un cliasseur ! » Tout le monde ne peut pas aller à la chasse, néanmoins tout le monde peut prendre autant de fatigue agréable qu’un chasseur, .l’ai dit fatigue agréable, car l’excès qui en tout est un défaut serait préjudicial)le à l’appétit. Après de trop rudes corvées on mange peu.

Que faut-il faire pour conserver l’appétit? Eh bien, vivre avec sobriété, éviter tous excès, régulariser autant que possible les heures de repas. Si l'emploi que Ton occupe est sédentaire, il faut s’astreindre, quelle que soit la saison, à une petite promenade matin et soir. Pour tout le monde nous recommandons les exercices corporels, la marche, la gymnastique et en été les bains froids.

Lorsque pour une cause ou pour une autre l’ap pétit diminue ou disparaît, on dit qu’il y a inappétence. (V. ce mot). !)'■ P.vuL Labauthe.

APYREXIE. — Ce mot signifie, à proprement parler, absence de fièvre dans le cours d’une maladie. Il sert aussi à désigner l’intervalle qui sépare les accès fébriles dans les fièvres intermittentes. r- i-.

AQUAPUNCTURE. — Nom donné à une méthode thérapeutique qui a pour l)ut de produire avec l’eau un jet filiforme assez puissant pour percer la peau, dans le but de calmer les douleurs par une sorte de

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