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abortives coupables, de rappeler que sur 116 cas d’avortement criminel exactement observés, 60 ont été suivis de mort, tandis que sur 26 avortements pratiqués légalement, selon les règles de l’art, on n’a observé aucun accident grave. L’hémorrhagie, la métro-péritonite et la rupture de l’utérus sont les plus redoutables complications de l’avortement, et ce sont ces accidents eux-mêmes qui font découvrir le crime dans un grand nombre de cas.
11 importe de préciser, autant que possible, l’intervalle qui s’est écoulé entre les manœuvres abortives et l'expulsion de l’œuf. Sur 34 cas d’accouchements provoqués, Orfila avait noté que le maximum de temps écoulé entre l’opération et l’expulsion était de treize heures et demie et le maximum de six jours. Tardieu, qui a observé un nombre considérable d’avortements produits par des manœuvres criminelles directes, formule l’opinion suivante :
« Je considère comme rares les cas où la date de l’expulsion du fœtus a été de six, sept, huit ou onze jours. Le maximum et le minimum du temps écoulé entre l’opération et la consommation de l’avortement, varient donc de cinq heures à onze heures; mais, je le répète, le résultat est obtenu le plus souvent à la suite des manœuvres criminelles dans tes quatre premiers jours. S’il s’agit du procédé fréquemment employé aujourd’hui, de l’injection intra-utérine, les choses marchent plus vite encore. Après une seule injection, si elle a réellement pénétré dans la cavité de la matrice, les contractions commencent très vite et peuvent provoquer l’expulsion en quelques heures. Je ne l’ai pas vue tarder au delà de dix-huit heures et, dans deux cas, je l’ai vue accomplie en six ou huit lieures. » Dr a. Lutadd.,
A'VORTON. — Nom donné au fœtus né avant terme, c’est-à-dire avant d’être viable (V. Fœtus, Mort-né). P. L.
AVULSION. — (Voyez Extraction).
AX (EADX MINÉRALES D'). — Ax est une petite ville de l’Ariège, située à 44 kilomètres de Foix, non loin de la frontière d’Andorre, dans une vallée de montagnes, à 700 mètres d’altitude, dont les eaux sulfurées sodiques thermales, alimentent quatre établissements qui, au lieu de se faire une guerre préjudiciable à tous et à chacun, feraient bien mieux de fusionner.
Analogues à celles de Luchon, les eaux d’.àx sont indiquées contre la scrofule, le rhumatisme chronique articulaire et musculaire, certaines maladies de peau, les affections catarrhales de l’appareil respiratoire, etc. p. l.
AXILLAIRE. — Qualificatif donné par les anatomistes à la région de l'aisselle et aux artères, veines, nerfs et ganglions de cette région (V. Aisselle). P. L.
AXIS. — Nom donné par les anatomistes à la seconde vertèbre du cou ou cervicale. Cet os présente à sa face supérieure une saillie volumineuse qui a reçu le nom d’apophyse odontoïde. Cette apophyse s’articule avec l’arc antérieur de Vatlas. De telle
sorte que les mouvements de demi-flexion de la tête, qui caractérisent le signe non, s’exécutent au niveau de l’atlas et de l’axis, tandis que les mouvements de flexion et d’extension que l’on fait dans le signe oui, se passent entre l’atlas et l’os occipital de la tête.
Fig. 136.
Axis (deuxième vertèbre cervicale). — 1. Apophyse odontoïde. — 2. Facette articulaire pour l'union de l’arc antérieur de l’atlas. — 3. Col de l’apophyse odonto'ide — A,i. Apophyses transverses. — 5,5. Apophyses articulaires supérieures s’articulant avec les apophyses inférieures de l’atlas. — 6,6. Apophyses articulaires inférieures, s’articulant avec la troisième vertèbre cervicale.
L’axis présente aussi des apophyses transverses, dont les faces supérieures s’articulent avec les apophyses articulaires inférieures de l’atlas, tandis que les faces inférieures s’articulent avec la troisième vertèbre cervicale , par emboîtement réciproque. Quant au trou de l’axis, il est moins large que celui de l’atlas, plus large que celui des autres vertèbres, et présente la forme d’un cœur de carte à jouer, dont le sommet est dirigé en arrière. p. l,
AXONGE. — L’axonge, graisse de porc ou saindoux, est la graisse extraite de la panne du porc. Elle se prépare en coupant la panne par morceaux et la chauffant au bain-marie jusqu’à ce qu’elle soit complètement fondue et claire. On la passe ensuite à travers un linge serré et on la conserve dans des pots bien recouverts et placés dans un lieu frais. Dans cet état, l’axonge se présente sous la forme d’une graisse molle et blanche, sans saveur ni odeur, facilement altérable à l'air, ne pouvant p us servir (juand elle est vieille et rance.
Elle est quelquefois employée seule en onctions adoucissantes sur l’érysipèle, l’érythème, les surfaces gercées ou excoriées. Le plus souvent elle sert à la préparation des emplâtres, des onguents et des pommades. On peut même dire qu’elle forme l’excipient de presque toutes les pommades usitées en médecine, soit qu’on se serve de l’axonge pure, soit qu’on ait recours à Vaxonge benzdinée. Cette dernière se prépare en chauffant au bain-marie, pendant deux ou trois heures, un mélange d’une partie de benjoin concassé avec vingt-cinq parties d’axonge, passant à travers un linge et agitant jusqu’à refroidissement. La pommade à l’axonge benzoïnée a une odeur très agréable, capable de neutraliser les médicaments de mauvaise odeur ; elle se conserve très longtemps sans rancir.
D'' Marc. Camboulivts.
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AZOTATE. — Nom donné par les chimistes aux sels formés par la combinaison de 1 acide azotique ou nitrique avec différentes bases. Les principaux azotates usités en médecine sont : Yazotale ou nitrate d' argent (V. Argent)-, le sous-azotate ou sousnitrate de bismuth (V. Bismuth) ; le nitrate acide de inercure (V. Mercure)-, et V azotate ou nitrate de potasse (V. Potasse). P- L-
AZOTE. — Nom donné par les chimistes à un gaz incolore, élastique, un peu plus léger que l'air atmosphérique dont il forme les quatre cinquièmes, se liquéfiant sous une pression de 200 atmosphères; inodore, sans saveur, fort peu soluble dans l’eau, un peu plus dans l’alcool; éteignant les corps en combustion, impropre à la respiration et déterminant l’asphyxie et la mort, lorsqu'il est respiré seul. Cependant l’azote faisant partie de l’atmosphère, pénètre avec l'oxygène dans les poumons. L’air exhalé contient un peu plus d'azote que l'air inspiré, ce qui prouve que les animaux cèdent à l’air une partie de l'azote qui entre dans leurs aliments. Ce gaz forme, d’après le professeur Riche, le dixième environ de ceux qui sont contenus dans le sang, et il est plus soluble dans ce liquide que ne le laisse supposer a priori son peu de solubilité dans l’eau.
L’azote, qui fait partie de presque toutes les substances animales ou végétales, n’a aucune application en médecine. Parmi ses composés, trois ont une réelle valeur en thérapeutique, ce sont V ammoniaque '{y. ce mot) constitué par la combinaison de l'azote avec l'hydrogène; le protoxyde d'azote (V. ce mot) constitué par la combinaison de deux parties d'azote avec une partie d'oxygène ; enfin Vacide azotique ('V. ce mot) constitué par la combinaison d’une partie d’azote avec cinq parties d’oxygène.
D' Paul Labarthe.
AZOTE (PROTOXYDE D’). — Ce gaz, appelé encore gaz hilarant , est incolore, inodore, d’une saveur douce, très soluble dans l'eau, puisque un litre d'eau, à la I pression d.e 76 cent, et à la température de 15“ dis- ' sout un litre de ce gaz. Il jouit de propriétés anesthésiques, qui l’ont fait employer pour produire l’insensibilité dans les cas d’opérations chirurgicales \ (V. Anesthésip).
Le protoxyde d’azote est aussi employé en méde- ■ cine depuis 1866. A cette époque, M. Limousin
I frappé de la grande solubilité de ce gaz et de son
I pouvoir oxydant remarquable, prépara une solution : de 1 volume de protoxyde d’azote dans 1 volume d’eau. Cette so' ution, d’une saveur douce, légèrement , sucrée, qui rend l’eau plus agréable à boire que quand elle est pure, et communique ce goût au vin et aux liquides avec lesquels on la mêle, M. Limousin l’expérimenta sur lui et constata tout d’abord sa 1 parfaite innocuité. 11 en but jusqu’à la dose de 1 2 bouteilles par jour, tantôt pure, tantôt coupée
avec du vin, et cette boisson ne produisit sur lui «ju’une légère excitation et une sensation de chaleur à la tète assez prononcée, ayant une certaine ana- I logie avec l’ébriété alcoolique. Après lui, le chirurgien Demarquay étudia sur lui-même les effets de cette solution ; il se soumit pendant quelques jours à ce régime et il constata que le protoxyde d’azote.
en dissolution dans l'eau, produisait sur ses fonctions digestives une action stimulante et apéritive très marquée, en même temps qu’une action diurétique remarquable. Les observations recueillies depuis, surtout par les professeurs Schutzenberger et Ritter, ont confirmé cette double action de ï’eau chargée de protoxyde d’azote, et démontré de plus que celle-ci a une influence très sensible sur les poumons, où elle facilite et complété l’hémalose du sang. Aussi emploie-t-on maintenant Yeauoxy azotée dans la gravelle urique, les rhumatismes, la chlorose et le diabete. D' Paul Labarthe.
AZOTIQUE (ACIDE) — Chimie. — L’acide azotique (ou nitrique ou eau forte) pur ou monohydraté, est un liquide incolore, d’une odeur forte particuMère, d’une saveur excessivement caustique. Il constitue un poison corrosif très énergique.
Effets. — L’acide azolique ou nitrique pur, versé sur la peau, la colore d’abord en jaune orangé, puis la cautérise fortement; il produit une eschare jaunâtre d’autant plus épaisse que le contact a été plus prolongé. Introduit dans l’intérieur, il cautérise de même la membrane muqueuse digestive, produit une inflammation locale qui s’étend la plupart du temps au péritoine et entraîne des désordres dont la mort est la conséquence inévitable. Étendu d’eau jusqu’à agréable acidité, il devient rafraîchissant et tempérant à la manière des autres acides. L passe dans la circulation sanguine invisqué par l’albumine qu’il a la propriété de coaguler, puis il s’élimine par le rein et en augmente la sécrétion.
Usages. — Cet acide concentré sert à détruire les verrues ou autres petites tumeurs semblables; il sert également à cautériser les ulcères du nez, de la bouche, de l’utérus, les plaies envenimées, les bourgeons charnus luxuriants. M. le docteur Hamon (de Fresnay), préfère l’emploi de cet acide à celui de l’acide sulfurique, comme moins douloureux pour faire des cautérisat'ons ponctuées, linéaires, transcurrentes, dans le traitement des arthrites chroniques, des tumeurs blanches et de certaines affections de la matrii'e, et va même jusqu’à les préférer aux cautr-risations par le fer rouge. A l’état de dilution, l’acide nitrique est avantageusement utilisé à l’intérieur contre les inflammations et les fièvres, par ses vertus tempérantes. Les professeurs Forget et Rayer Font vanté comme un précieux diurétique dans le traitement de l’albuminurie, administré en limonade selon la formule suivante :
Eau 100 grammes.
Sirop de sucre 60 —
Acide nitrique 12 gouttes.
à boire par petites doses dans le courant de la journée.
Celte même limonade a été employée encore par certains médecins contre l’enrouement des chanteurs. On utilise encore l’acide azotique en gargarisme ou en collutoires, contre les ulcérations buccales, mais très rarement. Enfin l’acide azôtique ou nitrique entre dans la plupart des papiers et cigarettes antiasthmaliques. D'' Marc. Camboulives.
Empoisonnement. — L’empoisonnement par l’a-
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