‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 64 sur 238 · AZY · texte numérisé non relu

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eide azotique ou nitrique n’est pas très fréquent et dans presque tous les cas observés il était le résultat d’un suicide.

Aussitôt après son ingestion, l’acide azotique détermine une série d’accidents caractéristiques. On constate tout d’abord sur les lèvres des taches jaunes ocrées; la bouche est blanchâtre, la langue tuméfiée et jaune citron. Le malade éprouve la sensation d’atroces brûlures dans la bouche et la gorge, une irritation très vive du tube digestif accompagnée de violentes douleurs épigastriques et abdominales; puis surviennent des vomissements sanguinolents et glaireux, mélangés, dans les cas graves, de débris de muqueuse gastrique et œsophagienne ; des envies fréquentes d’uriner avec ténesme vésical; une soif ardente. Le malheureux empoisonné est dans un état d’angoisse extrême, son pouls est petit, fréquent, irrégulier; il est abattu, le délire s’empare de lui et fait redouter une mort prochaine.

Le traitement de l’empoisonnement par l’acide azotique consiste tout d’abord à faire vomir le malade ; à lui faire boire ensuite une grande quantité d’eau albumineuse ou d’eau mélangée de 20 à oO grammes de magnésie calcinée ou de craie délayée ; ou bien à lui faire avaler une solution de bicarbonale de soude, afin de neutraliser l’acide et de lui enlever ainsi sa propriété caustique. Contre les douleurs vives, on administre les préparations d’opium. Puis, le médecin institue le traitement des lésions produites par la substance toxique sur les divers organes.

Hygiène professionnelle. — La fabrication de l'acide azotique est accompagnée d’un abondant dégagement de vapeurs nitreuses qui exercent sur les ouvriers une action délétère. Ceux-ci sont atteints d'accès de toux convulsive , de suffocation , de bronchites graves, de corysas intenses et d’ophthalmies. On observe encore chez eux des vomissements et des symptômes de gastrite aiguë. Aussi la fabrication de l’acide azotique est-elle comprise dans la troisième classe des industries insalubres, et la loi de 187o interdit d’y employer les enfants.

Le meilleur moyen d’éviter tous les accidents que nous venons d’énumérer, consiste à condenser avec soin les vapeurs nitreuses dans une série de bomi)onnes remplies de pierre ponce humectée, d’après la méthode de MM. Plisson et Devers, puis à ventiler

les ateliers d’une façon constante à l’aide d’une cheminée, haute d’au moins 40 mètres, avec laquelle sont aussi mis en communication les appareils de condensation.

L’acide azotique est employé par les bijoutiers, les graveurs à l'eau forte, les doreurs, les orfèvres,

joailliers, etc. Les ouvriers qui sont employés dans les fabriques à' acide sulfurique, à' acide arsenique, de nitro-beuzine, etc., sont aussi exposés aux vapeurs d’acide azotique (V. ces mots). D-- Paul Labarthe.

AZOTURIE. — Nom donné à un état pathologique spécial dans lequel les urines contiennent une bien plus grande quantité d’un principe azoté, appelé urée, qu’à l’état normal. L’azoturie est un symptôme du diabète et de la polyurie (V. ces mots). P. L.

AZYGOS. — Nom donné par les anatomistes à deux veines, l’une considérable, la grande veine azygos, qui est située à droite et en avant de la colonne vertébrale, s’étend des premières vertèbres lombaires à la troisième vertèbre dorsale et fait communiquer la veine cave inférieure avec la veine cave supérieure dans laquelle elle se jette; l’autre, la peltle veine azygos, qui tire son origine des veines vertébro-lombaires et se jette dans la grande veine azygos, en se portant de bas en haut sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale. P. h

AZYME. — Le pain azyme, connu plus communément sous le nom de pain à chanter, hostie, oublie, est une pâte faite avec de la farine cuite sans levain, et disposée en feuilles minces, destinées à masquer le goût de certains médicaments, principalement les poudres, et à faciliter leur administration. Pour se servir du pain azyme, on mouille légèrement sa surface avec un peu de salive, afin de le ramollir, puis on verse dans son centre la poudre à avaler, on replie les bords sur la poudre, de façon à la couvrir entièrement, on place le bol ainsi obtenu sur la langue et on l’avale par un mouvement rapide de déglutition. 11 est utile de boire, aussitôt après, une gorgée d’eau pour faciliter sa descente dans l’estomac. En 1872, un pharmacien distingué de Paris, M. Limousin a eu l’ingénieuse idée de fabriquer avec du pain azyme des cachets médicamenteux, très commodes, appelés Cachets médicamenteux Limousin {Y. ce mot). D' Paul Labarthe.

BACILLE. — (Voyez Microbe, Vibrion).

BACTERIE. — (Voyez Microbe, Vibrion).

BADIANE. — (Voyez Anis étoilé).

BADIGEONNAGE. — Nom donné à une méthode thérapeutique, qui consiste à étendre sur une partie de la peau ou d’une membrane muqueuse, à l’aide d’un pinceau, une substance médicamenteuse quelquefois demi-solide, mais le plus souvent liquide, soit dans le but de soustraire cette partie au contact de l’air, ou d’exercer sur elle une certaine compression, comme lorsqu’on fait un badigeonnage au collodion ; soit pour produire une action révulsive sur la peau, comme lorsqu’on la badigeonne à la teinture d’iode ; soit enfin pour modifier une surface cutanée ou muqueuse, malade ou ulcérée. p. l.

BAGNËRES-DE-BIGORRE (eaux minérales de). — (V. Bigorre).

BAGNERES-DE-LÜCHON (EAUX MINÉRALES DE). — (V. Ludion).

BAGNOLES (eadx minérales de). — Bagnoles est un village de l’Orne, situé à 25 kilomètres d’Alençon, dont les eaux minérales, d’une température de 27°, faiblement sulfureuses, sont employées contre les rhumatismes, certaines aft’ections gastro-intestinales, et certaines paralysies.

Outre ses eaux sulfureuses , Bagnoles possède aussi deux sources ferrugineuses faibles, qui ne sont presque pas utilisées. p. l.

BAGNOLS (EADX MINÉRALES DE). — Bagiiols est un petit village de la Lozère, à 20 kilomètres de Mende, dont les eaux sulfurées sodiques thermales sont employées dans tes affections rhumatismales, les affections dartreuses et scrofuleuses, les affections chroniques de l’appareil respiratoire. p. l.

BAIGNOIRE (Voyez Bains).

BAILLEMENT. — Nom donné par les physiolo-

gistes à une inspiration longue, graduelle, lente, souvent indépendante de la volonté, accompagnée d’un écartement considérable des mâchoires, et suivie d’une expiration également longue et lente et plus ou moins bruyante. Pendant le bâillement, le bord libre du voile du palais est appliqué contre la paroi postérieure du pharynx ; il ferme ainsi les voies nasales à la sortie de l’air, et celui-ci ne sort plus que par la bouche. Le voile du palais se tend dès le commencement du bâillement, au moment où la bouche se referme. Le lecteur peut facilement sentir sur lui-même ce mouvement convulsif; il peut aussi le constater de visu, en bâillant devant une glace, tandis qu’il déprime légèrement sa langue.

On considère en général le bâillement comme un acte instinctif occasionné par un embarras de la respiration, ou un ralentissement survenu dans cette fonction, et qui semble avoir comme conséquence directe d’introduire dans les poumons une plus grande quantité d’air.

Le bâillement peut survenir dans des conditions diverses. Ainsi, les modifications qu’éprouve la respiration en passant de la veille au sommeil et réciproquement, excitent le bâillement quand on est sur le point de s’endormir et lorsqu’on s’éveille. Les femmes sujettes aux attaques de nerfs, bâillent presque toujours au commencement et à la fin de l’accès. L’ennui, le désœuvrement, la faim, les digestions laborieuses, les malaises, les états morbides de nature spasmodique, la fatigue, déterminent le bâillement. Enfin, chacun sait que l’imitation et le souvenir peuvent aussi provoquer le bâillement, surtout chez les femmes et les enfants ; d’où le proverbe : Un bon bâilleur en fait bâiller deux.

Chez certains individus, le bâillement se produit d’une façon si opiniâtre que sa répétition fréquente constitue une véritable infirmité. Pour s’empêcher de bâiller, certains médecins conseillent de retenir quelque temps la respiration ; d’autres, au contraire, recommandent de faire une grande inspiration. Chez une jeune fille atteinte de bâillement en quelque sorte incoercible, Ballenand eut recours à deux vomitifs, à la suite desquels l’infirmité disparut complètement. Enfin, le bâillement peut dans certains cas déterminer une luxation de, la mâchoire infé-

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Heure, et cette luxation une fois produite chez un individu peut récidiver plusieurs fois (V. Mâchoire). D’où encore ce vieux dicton : Bâiller à se désarticuler la mâchoire. D’' T’aul Labarthe.

BAIN. — Le bain est l’immersion plus ou moins prolongée du corps, en totalité ou en partie, dans un milieu liquide, solide ou gazeux. Mais dans l’immense majorité des cas on désigne de ce nom l’immersion dans un liquide de composition et de température variables.

L’immersion générale du corps constitue le bain entier', l’immersion partielle constitue, suivant la partie immergée : le demi-bain, le bain de siège, le manuluve. le pédiluve, etc.

Les bains remontent à la plus haute antiquité et ont été employés par tous les peuples anciens et modernes au double point de vue de Lhygiène et du''traitement des maladies. Ils ont subi des modifications en rapport avec le climat, la température, les milieux et les besoins à satisfaire. Aux temps anciens le bain était déjà entouré d’un grand luxe et de recherches de tout genre ainsi que nous le prouvent les descriptions des poètes grecs; ce luxe ne fit que croître chez les Romains qui le poussèrent à un degré extrême. La peinture, la sculpture, les mosaïques embellissaient les Thermes dont les dimensions étaient parfois gigantesques : 3,000 personnes, dit-on, pouvaient se baigner dans les thermes de Caracalla.

Moïse, Mahomet, avaient ajouté une sanction religieuse à l’indication hygiénique du bain. Le christianisme au contraire proscrivit les bains qui pendant tout le moyen âge disparaissent presque en tant qu’usage général. Les croisés rapportèrent d’Orient l’habitude 'des bains; mais ce n’est que depuis deux siècles à peine que les pratiques balnéaires ont été répandues véritablement.

Les bains, avons- nous dit, se divisent en bains liquides, solides et gazeux. Si nous suivons la classification d’Ossian Henry, nous voyons que les bains liquides se divisent en ; bains simples qui comprennent les bains d’eau douce (pluie, rivière, source, puits) et les bains d’eau salée (eau de mer, eaux minérales naturelles ou artificielles) — et bains composés ou médicamenteux. Ces derniers comprennent les bains aromatiques (plantes aromatiques, vin, alcool) — les bains excitants (moutarde) — les bains émollients (son, amidon, fécule, petit lait et lait), les bains fortifiants (gélatine, huile, sang, bouillon, etc.),

Les bains solides se divisent en bains solides proprement dits (sable, cendre, amidon) et bairu- demiliquides (boues minérales, marcs de raisins, d’olives, fumier).

Les bains gazeux sont secs (air sec, chaud, comprimé, mercuriels, sulfureux, iodés, résineux, etc.) ou humides (vapeur simple ou chargée de principes médicamenteux).

De tous ces bains les plus importants sont naturellement les bains d’eau simple qui sont de deux ordres :

1“ Les bains en équilibre avec les fonctions de l’organisme. Ceux-là sont plus spécialement du ressort de l’hygiène et constituent les bainsde propreté;

2° Les bains non équilibrés qui agissent par sudation, par froid ou par chaud et remplissent ainsi un but médical.

L’étude des bains d’eau simple comporte de nombreuses questions relatives à la température, la durée, les effets physiologiques, les indications. Nous ne pouvons ici que les résumer rapidement. Malgré les variétés individuelles dépandant des habitudes, de l'âge, du sexe, de la constitution, on doit considérer que de 10° à 20° le bain est froid, de 20° à frais, de 28° à 33“ tiède, de 35“ à 40° chaud, de 40° à 43° très chaud. Les effets physiologiques varient naturellement avec la température.

Bains froids. — Pour comprendre l’action du bain froid, il faut se rappeler quels sont les effets du froid modéré sur l’organisme.

Le froid agit sur la sensibilité tactile en déterminant une impression douloureuse qui, lorsque le froid est vif, peut aller jusqu’à l’anesthésie. L’insensibilité persiste un certain temps après la cessation de l’action du froid, ce qui permet de frictionner la peau avec des linges rudes sans que le patient en ressente de la douleur. L’immersion dans l’eau froide est moins désagréable si l’on entre dans l’eau rapidement que si l’on y entre lentement et progressivement, parce que dans le premier cas la sensation est généralisée et par conséquent moins distinctement perçue.

La tolérance pour le froid s’établit progressivement après la première impression; ce phénomène trouve son explication dans la diminution de la conductibilité des impressions par suite de l'abaissement de la température des- nerfs, fait mis en relief par les belles expériences d’ilelmoltz.

En même temps l’eau froide abaisse la température du corps qui, d’après les expériences de Currie, ne peut dépasser certaines limites.

11 est arrivé à faire descendre la température du corps à 29“,44; mais ce point représente l’extrême limite qu’on ne peut atteindre sans danger de mort. Il va sans dire que certaines parties du corps, la main, par exemple, peuvent être ramenées à une température beaucoup plus basse.

L’activité des combustions respiratoires est d’autant plus grande que la température à laquelle le corps est soumise est plus basse; mais il ne faut pas en conclure qu'il y ait pour cela amélioration des mouvements respiratoires; ceux-ci sont au contraire ralentis dans le bain froid, seulement les respirations sont plus amples et plus profondes. En même temps la circulation est ralentie, le pouls didiminue de fréquence. Il est vrai que dès le début de l’application froide, les battements du cœur s’accélèrent, mais ils se ralentissent bientôt et deviennent d’autant moins fréquents que la température de l’eau est plus basse. Ce double effet est dû à une action réflexe.

La pâleur de la peau qui se produit sous l’influence du froid est due à une contraction des vaisseaux capillaires. Lorsque l’abaissement de température continue d’agir, la pâleur de la peau cesse el fait place à une rougeur qui indique une stagnation du sang dans les vaisseaux. Cette stagnation nous paraît être plutôt le résultat d’une action réflexe que de la moindre flexibilité des globules sanguins ou de

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répaississement de la partie liquide du sang, ainsi que le voudraient quelques auteurs. La contractilité musculaire est en même temps diminuée.

L’eau froide appliquée sur la peau agit sur tous les viscères en déterminant des actions réflexes dans toutes les régions innervées par le grand sympathique.

I.es effets réflexes ne se limitent pas seulement à la circulation et à la respiration, aux mouvements péristaltiques du tulie digestif et au réveil des contractions dans les voies génito-urinaires; leur action est plus étendue : par eux les phénomènes d’absorption et de sécrétion sont modifiés, la nutrition devient pins active et l’échange de matières plus accéléré. Nous entrerons dans le détail de ces phénomènes à l’article Hydroihtrapie.

.\près être sorti du bain froid la réaction se fait plus ou moins rapidement, suivant l’état des forces du malade; alors le pouls se développe et il survient un sentiment de bien-être général, accompagné d’une chaleur plus ou moins vive sur toute la surface du corps. Cette réaction peut du reste être facilitée par la friction, le massage, l’exercice et l’élévation de la température du milieu dans lequel elle se fait.

Nous voyons donc que le bain froid sera surtout tonique ou exextani chez les sujets dont la faiblesse paraît due à une torpeur générale ou une concentration des forces. Chez eux, il augmentera l’énergie du cœur et des artères, et, par suite, de toutes les fonctions de la vie animale. Plus prolongé, il sera tempérant et sédat>f, en enlevant une partie du stimulus propre des nerfs. Dans certains désordres du .système nerveux , le bain agira en produisant une excitation ou une sédation particulière; enfin, appliqué prudemment et localisé parfois, il sera révulsif ou répercusit quand un organe particulier est menacé de congestion ou d’iiémorragie.

Les bains froids conviennen aux sujets mous et lymphatiques, dans le rachitisme, la scrofule, l’ostéomalacie, dans les leucorrhées opiniâtres, les écoulements chroniques et rebelles, l’incontinence d’urine, les pollutions nocturnes. Ils donnent aussi de bons résultats dans les ulcérations inflammatoires de l’utérus. On les a employé pour faciliter l’appari- Bon des règles chez les Jeunes filles chlorotiques. Mais les plus grands effets des bains froids sont ob- ' tenus dans le traitement des névroses, chorée, hystérie, tétanos.

On les emploie aussi dans la manie, la mélancolie, l’hypochondrie et même dans certaines formes de l’ataxie locomotrice. Enfin, nous devons mentionner leur emploi dans les phlegmasies aiguës et dans les fièvres avec élévation considérable de la température. Il suffit de rappeler le beau travail de Maurice Reynaud sur le traitement du rhumatisme cérébral par les bains froids et la généralisation de l’emploi de ces mêmes bains dans la fièvre typhoïde.

Bains frais. — Ils donnent une impression analogue à celle du bain froid, mais moindre. Ils ne constituent guère qu’un moyen hygiénique qui se généralise de plus en plus pendant la belle saison. Le bain froid tempère la chaleur, calme la soif pendant la saison chaude; il fortifie les constitutions faibles et délicates.

Bains tièdes. — Scs eff’ets sont infiniment moindres, et comme la température de l’eau est voisine de celle du corps, ce bain, quand il s’applique à un sujet bien portant, ne fait point varier les principales fonctions de l’économie. Il n’agit que sur la peau qu’il baigne, dont il relâche les fibres contractiles et ouvre les pores. Au sortir du bain, on Jouit d’un sentiment agréable de fraîcheur avec augmentation de l’appétit. Il n’est ni tonique ni débilitant; c’est le vrai bain hygiénique. Il nettoie la surface du corps, facilite les fonctions de la peau et repose les membres fatigués.

On le conseille avec avantage dans la plupart des affections vésiculeuses, papuleuses, squameuses et pustuleuses de la peau : dans la convalescence des fièvres éruptives, dans certaines fièvres et notamment dans la fièvre puerpérale. On l’emploie aussi avec succès dans la péritonite, dans l’étranglement interne ou externe, dans la. blennorrhagie aiguë, enfin et surtout dans presque tout le groupe des névroses ; hystérie, hypochondrie, alienation mentale, convulsions, éclampsie.

Bains chauds. — Dès son entrée dans le bain, le malade est affecté d’une chaleur vive; la peau

Fig 137.

Baignoire avec appareil mobile pour chauffer l’eau d’un grand bain en 45 minutes, avec du charbon de bois (système Walter iécuyer).

rougit, le visage s’enflamme; non seulement la partie du corps qui est au-dessus de l’eau transpire, mais, selon toute probabilité, il doit en être de même pour toute la partie immergée, attendu que la chaleur humide provoque la sueur et que la pression de l’eau est insuffisante pour en empêcher la sortie de la paroi cutanée. Le pouls, qui d’abord est fréquent et élevé, le devient de plus en plus, puis s’affaiblit et devient irrégulier, en même temps que surviennent des palpitations et des étourdissements. 11 faut alors cesser l’application. Le malade reprend peu à peu son état antérieur, mais se trouve très faible et l’on peut constater qu’il a perdu de son poids dans le bain.

Les bains chauds et très chauds sont prescrits toutes les fois qu’il devient nécessaire de déterminer une forte excitation à la peau. Ainsi, dans le rhumatisme chronique, les entérites, la période algide du choléra, les fièvres éruptives pour provoquer l’éruption ou pour la rappeler.

Nous devons ici indiquer rapidement la question de l’absorption cutanée dans le bain. Maret, Madden, Kœthler, Seguin, ont fait diverses expériences à ce sujet, mais c’est surtout M. Kühn (de Nieder-

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bronn) qui a démontré que l'absorption dépendait de la température du bain. Le bain sollicite le mouvement des liquides de l’extérieur vers l’intérieur quand il est frais; il provoque l’exhalation quand il est chaud. La température indifférente constitue la limite où l'absorption cesse et où l’exhalation commence.

Pour M. Willemin « l’absorption de l’eau, dans les bains simples ou diversement minéralisés est mise hors de doute par des pesées exactes faites avant et après le bain. Ces pesées ont montré qu’à la sortie d’un bain tiède de 30 à 43 minutes de durée, le poids du corps reste le plus souvent stationnaire; dans le tiers environ des cas, il subit une faible diminution qui est généralement très inférieure au poids que le sujet perd dans le même temps à l’air libre. L’augmentation absolue de poids à la suite d’un bain est plus rare et faible aussi. L’analyse chimique démontre que dans un bain tiède, l’exhalation cutanée continue à se faire. L’absorption de l’eau ne semble influencée ni par la composition, ni par la densité du liquide employé ».

Il y a néanmoins des opinions contraires. Le pro-

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