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Baignoire avec appareil mobile posé sur une planche au bout de la baignoire, lorsque le bain est chauffé. L’eau contenue dans le double corps de l’appareil mobile sert à chauffer le linge et à réchauffer le bain (système Waltor-Lécuyer).
fesseur Lœschner, de Prague, entre autres, a nié l’ absorption cutanée et assigné le rôle thérapeutique dans l’emploi des bains minéralisés, à l’inhalation pulmonaire. A deux reprises, la Société d’hydrologie a entendu le rapport d'une commission chargée d’élucider ce problème ; les recherches de M. Laurès invoquées par cette commission, tendent à la négative. D’un autre côté, M. llomolle avait signalé l'alcalisation et la diminution de densité des urines au sortir du bain simple; c’était également la conclusion de M. Sergent dans une thèse inaugurale soutenue devant la Faculté de Paris en 1862; or, une thèse soutenue d(!vant la même Faculté, par M. Hébert en 1861, a fourni des conclusions diamétralement opposées. M. Jamin a fait à Ncris des recherches qui n'ont pas encore résolu la question. Nous croyons, avec M. le professeur Béclard, que ces divergences ne prouvent nullement contre le pouvoir ab.sorbant de la peau, mais que l’élément de température d’une part et de l’autre les variations qui peuvent survenir dans l’évaporation pulmonaire, pendant la durée du bain, méritent non seulement d’être prises en considération, mais
doivent prédominer dans les recherches entreprises pour éclairer ce point de physiologie.
Bains partiels. — Ce sont des immersions localisées à telle ou telle partie du corps, dont l’action générale est proportionnelle à l’étendue de la partie immergée et à l’importance de cette partie au point de vue du réseau nerveux. Dans certains cas, l’action indirecte du bain partiel se manifeste dans les régions non immergées, qui ont avec la première d’étroites sympathies.
Les bains partiels s’euqdoient à toutes les températures comme excitants locaux, comme dérivatifs et comme révulsifs. Nous allons passer en revue les bains partiels les plus employés.
Demi-bain. — On s’en sert rarement en France. Le malade est couché dans une baignoire ordinaire, dans laquelle on verse de l’eau froide jusqu’à une hauteur de 30 à 40 centimètres. La tête et la poitrine sont lavées avec de l’eau froide pendant la duree du bain, afin que les parties non immergées prennent part à la soustraction de calorique. En même temps les membres inférieurs sont vigoureusement frottés dans l’eau. A la sortie du bain, qui ne peut être que de courte durée, le malade favorise la réaction par l’exercice ou en se plaçant dans un lit préalablement chauffé. Lorsqu’on veut augmenter l’effet excitant produit par le bain froid, on commence par chauffer le malade au moyen de la douche chaude dirigée sur la partie inférieure du corps ou par des maillots.
Le demi-bain peut remplacer le bain entier quand on veut soustraire à l’organisme moins de calorique et quand le malade ne peut supporter la pression exercée par l’eau sur le thorax; il peut être substitué au bain de siège quand le malade éprouve des difficultés à plier les jambes et à se placer, par conséquent, dans la Ifaignoirc spéciale; il peut enfin être un utile adjuvant dans certaines parties des membres inférieurs.
Bains de siège. — On les administre dans des baignoires circulaires en zinc ou en cuivre, munies
Fig. !3'J.
Baignoire pour bain de siège à effet d’eau {système Walter-Lécuyer).
d'un dossier servant d’appui au malade, ou dans des baquets de même forme renfermant de Feau en quantité suffisante pour que le niveau s’élève jus-
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qu’au milieu de l’abdomen. Le bain de siège peut être à eau courante ou à eau dormante. Dans le premier cas, on se sert d'un vase à double fond en zinc ou en cuivre, perce sur son enveloppe interne d'une ou plusieurs rangées de trous dont les axes convergent vers le centre du bassin. L'eau s’échappe en autant de jets qui frappent le malade dès qu'on I ouvre le robinet. Un trou pratiqué au fond du l)assin donne issue au liquide (jui se renouvelle incessamment.
Les ell'els des bains de siège à eau dormante sont semblables à ceux que produit l’immersion géné- I raie dans les mêmes conditions de tempéi'ature et
sique très prononcée : ce procédé opératoire est contre-indiqué chez les sujets qui ont de la tendance aux hémorrhoïdes ou aux hémon-bagies des organes pelviens.
Le bain de siège à eau tempérée localement à la façon du bain entier, à égalité de température. Son action sédative est mise à profit dans certaines excitations des organes du bassin. En résumé, le liain de siège par l’action qu’il exerce sur la tonicité et l’énergie des organes génito-urinaires est indiqué contre les affections anciennes et atoniques de ces organes. Mais il ne convient pas quand il existe des phénomènes ou des complications du côté du cœur.
Fig. 140. — Appareil de Dupont jiour transporter les malades de leur lit dans la baignoire.
de durée. A une application courte et froide correspond une excitation des organes soumis au contact ' de l’eau ; à une application longue et tempérée cor- I respond un apaisement de ces mêmes organes. Il I est bon d'ajouter que l’action de ces bains ne se j limite jias toujours au lieu d'application. Elle peut s'étendre plus loin et produire des effets dérivatifs J ou sympatliiques parfois très utiles.
Dans les bains de siège à eau courante, si l’eau est j froide et l'application de courte durée, on réveille I l’énergie des organes en activant la circulation. Si la tlurée du bain est prolongée, on obtiendra une action révulsive à la peau. On ne peut guère avec le bain de siège à eau courante froide avoir que des effets excitants, révulsifs ou révolutifs; mais si l’on élève la température de l’eau, on peut multiplier les effets et rendre de grands services dans cer- I taines maladies des organes génito-urinaires. On I obtient ainsi : le bain de siège alternatif qui conj siste en application alternative d’eau chaude et j d’eau froide à intervalles courts et égaux. Son ac- I tion excitante et révulsive très marquée le fait pré- I f(';rer au bain de siège froid à eau courante quand ' celui-ci est mal supporté, — et le bain de siège écossais, qui consiste dans une application prolongée d’eau chaude suivie d’une courte application d’un «•ourant d’eau froide utile pour vaincre certaines j ilouleurs rebelles à cause de son action analgé- I Dictio.n.naire populaire de Médecine usuelle.
Comme agent dérivatif et de dérivation, il est utile contre les engorgements anciens des organes contenus dans l’abdomen et <;nntre les congestions de la tête ou de la gorge. Par ces effets analgésiques il peut être utilisé contre les phénomènes douloureux qui siègent dans les régions où il est appliqué. Enfin par son action sédative ou antiphlogistique il combat efficacement certaines maladies de l’urètre et les inflammations aiguës de la vessie.
Bains de jambes. —Comme le demi-bain, dont il est un diminutif, il produit une dérivation puissante et peut être utilisé pour décongestionner les organes supérieurs et ceux qui sont contenus dans la cavité abdominale. On l’a vu réussir dans certaines formes de goutte et de rhumatisme siégeant aux extrémités. Employé comme agent antiphlogistique ou de sédation, on doit s’abstenir de toute espèce de frictions, se servir d’eau modérément froide, Ib à 20°, et prolonger l’application assez longtemps pour éteindre tout mouvement de réaction.
Bains de pieds. — Ce sont des immersions limitées aux «pieds et administrées dans des baquets spéciaux où pénètre de l’eau à une température variable. On distingue des bains île pieds froids à eau donnante ou courante et des bains de pieds chauds également à eau dormante ou courante.
Bain de pieds froid à eau dormante. — Les pied sont placés dans un baquet où l’eau s’élève à to ou
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15 centimèfres. Si l’application est do courte duree elle produit un effet excitant qui peut se transformer en un effet dérivatif, si on favorise le mouvement de réaction par des frictions énerf^iques sur les pieds durant l’immersion. Si l’application est prolonfjfée elle peut produire des effets sédatifs ou antiphlogistiques, selon le degré de température de l’eau.
Bain de 'pieds à eau courante. — On se sert d’un baquet en bois ou en métal, percé de trous nombreux et construit de façon à présenter un plan incliné destiné à faciliter l’écoulement de l’eau. Les effets de ce bain spécial ressemblent à ceux du précédent, seulement ils sont plus accentués, plus puissants et plus prompts. Au surplus, il faut noter une action spéciale, action de nature réflexe, qui se manifeste dans les mollets, dans les cuisses et dans tous les organes du bassin lorscjue les jets d’eau froide sont dirigés sur la plante des pieds. Ce l)ain peut être utile dans l’atonie des intestins et de la vessie, dans l’hématurie et surtout dans la rnénorrhagie.
Bain de pieds chaud à eau dormaute et à eau courante. — Bain de pieds écossais. — Bain de pieds alternatif. — Les pédiluves chauds, tels qu’ils sont employés chaque Jour, ont relativement peu de valeur. Sans doiite le bain de pieds chaud appelle le sang aux extrémités inférieures, mais ses effets s’effacent promptement et il n’est pas rare d’observer après son administration des phénomènes d’excitation du côté de la tête. Dans tous les cas, les effets du pédiluve chaud sont sinon incertains, du moins très passagers. Pour rendre leur action plus durable, plus efficace, il faut faire succéder au courant d'eau chaude un courant d’eau froide. Le bain de pieds écossais est basé sur ce principe et consiste en un courant prolongé d’eau chaude immédiatement suivi d’un courant rapide d’eau froide. Le pédiluve écossais a des effets dérivatifs puissants qui peuvent être utilisés dans la congestion pulmonaire et cérébrale. Il rend des services dans l’aménorrhée, la dysménorrhée, et possède des effets analgésiques incontestables. Il agit même en déterminant des actions réflexes qui peuvent rendre de grands services dans certaines maladies du système nerveux.
Le b lin île pieds alte'ruatif est constitué par des courants alternatifs d’eau froide et d’eau chaude, ([ui ont une courte-, durée et qui frappent les pieds pendant une période de temps à peu près égale. 11 a un effet excitant et peut être utilisé dans certaines maladies et notamment dans l’anesthésie plantaire.
Nous bornerons là cet article, remettant à l’article Étave l'étude des bains d" vapeur et de leurs dérivés ; les bains russes, les bains turcs, maures et turco-iomains. Dé inènn; les bains minéraux et les bains de mer seront étudiés aux aidiclcs Eaux minérales et .l/er. D' Bem-B.vrue.
BAIN DE PENNÉS. — On appelle ainsi, du nom de son inventeur, M. J. A. Pennés, savant ])liarniacicn de Paris, ([ui a enrichi la thérapeuti((ue de plusieurs préparations précieuses, un bain médicameuleux salin, dans la composition duquel entrent :
Le bromure de potas.sium.
Le chlorure rie barium.
Le chlorure rie calcium,
Le fluorure rie calcium.
Le plios]riiate sodique,
Le sulfate d'alumine,
Le sulfate rie fer,
Le sulfate de manganèse, La soude bicarbonatée, La soude boratée,
éléments doués de la plus grande énergie, additionnés des Imiles essentielles stiivantes :
Huile essentielle de Lavande,
Huile essentielle de Romarin,
Huile essentielle de Thym,
et le principe actif du Delphinium ou Staphisaigre.
Pour prendre un bain de Pennés, il faut, au moment de l’employer, verser les sels dans un verre, ou un bol .rempli d’eau, où on en fait une solution concentrée; ptiis, dès qu’on est plongé dans b bain, on se frotte avec cette solution jusqu’à complète dissolution des sels dans l’eau dti bain, dont la tetiqtérattire ne dépasse pas 40 centigrades. On si' frictionne alors tout le corps pendant un quart d’heure, à l’aide d’une éponge, d’une brosse ou d'un tampon de laine. On reste un autre quart d’heure en repos dans l’eau, et on reprend ces frictions cinq minutes avant de sortir du bain, dont la durée variera entre 30 et 40 minutes, lors môme qu'un sentimeid de chaleur et de picotements viendrait à se produire.
Si l'on veut substituer les compresses ou les frictions au bain , il suffira de dissoudre le sel d<' Pennés dans 10 fois son volume d’eau chauffée à 4(1 degrés centigrades, puis tremper dans la liqueur obtenue le linge qu’on appliquera aussitof sur le corps, ou bien une éponge avec laquelle on lavera rapidement tout le corps, en se plaçant debout au milieu d’un grand bassin de bois on de zinc, suivant la méthode anglaise.
« Lorsem’on fait dissoudre une dose de sel de Pennés, dans un bain chaud, écrivait le docteur Lecointe dans le Bulletin de thérapeutique, la temperature de l’eau s’abaisse, les sujets qui s’y plongeni sentent, au bout do 10 à 12 minutes, la peau qin s’échauffe, et chez quelques-uns, à système dermique très irritable, elle se flagelle de vergetures. rouges qui éveillent une cuisson ; le pouls devient large, plein ; les sujets accusent un sentiment de turgescence générale, et clu'z quel([ues- uns les oreilles tintent ou bourdonnent.
« A la sortie du bain, le pouls se calme, il survient quelquefois une sueur bienfaisante, douce et perlée; d'autres fois, au lieu do sueur, on observe des urines abondantes, claires, limpides. Un senliment de bien-être s’empare du sujet, la peau devient fraîche, douce au toucher, l’appétit s’éveille et devient impérieux, et la seule expression qui puissi' rendre ce qu’on éprouve : c'est une sensation de jeunesse. »
De son côté le professeur Guider a écrit à projxis de ces bains : «J’ai souvent employé les bains dr Pennés, et je me suis assuré qu’ils exercent sur la périphérie cutanée d’abord, et consécutivement sur toute 1 économie, une stimulation énergi(i ne qui peut être utile dans un grand nombre d’affections. »
Depuis déjà 30 ans, les bains di' Pimnès sont
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usités dans la thérapeutique et ont été expérimentes sur une vaste échelle dans presque tous les hôpitaux de Paris, et plus de cent professeurs agrégés, et médecins distingués, ont [)uhlié les heureux résultats obtenus par leur emploi dans le traitement de l'anémie, la chlorose, la cliorec (Pelletan, Pouchut, Plache); des rhumatismes, des arthrites chroniques,
I (les sciatiques, du lombago, des courbatures, des
I douleurs musculaires (\onat, Arnal, Debout, Marchai de (iahi, Bouchut, Ossian Henry, Duplay, Brian) ; (h's alTections chroniques de l'utérus, de l'aménorrhée, de la dysménorrhée, de la leucorrhée ehronique(Xonat, Baeihorski,Bertherand, Laharthe); des anciennes blessures de guerre (Lacronique).
« Les bains de Pennés sont utiles dans les scrofulides, dans les affections cutanées non accompagnées de réaction intlammatoire, dans toutes les affections scrofuleuses ou arthritiques, qui ont pour 1 siège le systénie lymphatique ou osseux; ils ont une ! action fondante, réîsolutive , des plus manifestes,
I dans les engoi’gements viscéraux qui dépendent d'une diathèse scrofuleuse, dartreuse ou arthrij tique. » Cette opinion si précise de Bazin, l'illustre I dermatologiste d(' l'hôpital Saint-Louis est aussi celle de ses collègues, les professeurs Cazenave et Hardy.
Enfin les hains de Pennés, par leur action franchement tonique et stimulanh', conviennent aux indi- \ idus affaiblis par les diarrhées, la lièvre des marais, i l'inertie des fonctions digestives, le diabète. Ils sont aussi recommandés aux convalescents, dont ils i-eniontent les forces générales. D' c. Sauran.
BAINS (EADX MINÉRALES DE). — Bains est une petite ville des Vosges, dont les ciaux thermales qui renferment très peu de principes minéralisateurs, ne présentent pas de spécialisation thérapeutique bien déterminée et agissent surtout par leur thermalité. On peut les recommander aux individus affectés de rhumatismes douloureux et d’arthrites chroni(jues. p. l.
! BALANITE. — Nom donné à l'inflammation de I la membrane muqueuse qui tapisse le gland. Dans la grande majorité des cas, l’inflammation de la I membrane muqueuse du prépuce l’accompagne et I on dit, alors, qu'il y a balano-posthife (V. ce mot).
BALANO-POSTHITE. — On donne ce nom à l’in- I flammation des muqueuses qui tapissent la surface I externe du gland et la surface interne du prépuce.
' Cette affection se montre à tous les âges, depuis j l’enfance jusqu’à la vieillesse, mais elle est beauj coup plus fréquente chez l’adulte. Elle peut être I causée par la malpropreté, la masturbation ; par le ' coït plusieurs fois répété avec une femme au vagin étroit ; par le co'it avec une femme atteinte de vulvite, d'urétrite, de vaginite, ou d’un écoulement menstruel, ou même d’une simple leucorrhée. Elle peut survenir chez les individus atteints de phimosis congénital, chez lesquels il existe à la base du sillon I balano-préputial une accumulation de cette matière i âcre, blanchâtre et pâteuse, sécrétée par les glandes sébacées, que nous appelons smegma. La balano- ! posthite peut encore être oernsionnée par des végé-
tâtions, dos ulcérations syphilitiques, des érosions chancreuses ou des éruptions lierpétiqucs souspréputiales. Les diabétiques y sont aussi sujets. Mais, le plus souvent, cette affection est occasionnée par l’api)lication du muco-pus blcnnorrhagique par auto-contagion sur la muqueuse balano-préputiale, soit que le muco-pus urétral la détermine en passant du méat entre le prépuce et le gland, soit qu’elle succède à la propagation par continuité de tissu, de l’inflammation urétrale au gland et au prépuce.
Au premier abord, il semble que la balano-posthile doit être très fréquente, au moins aussi fréquente que la blennorrhagie, puisque la muqueuse balano-préputiale, dans le coït, est beaucoup plus exposée que la muqueuse urétrale. Cependant c'est le contraire qui a lieu. I.a balano-posthite est assez rare. En consultant ma statistique personnelle de 1883, je trouve sur 416 blennorrhagies, 388 blennorrhagies simples et 28 blennorrhagies compliquées de balanoposthite. A quoi tient cette rareté? à ce que l’épithélium qui protège ces muqueuses est beaucoup plus épais et résistant (jue celui de la muqueuse im’’trale, surtout chez les circoncis et chez les individus qui décalottent toujours.
Le professeur Desruelles, du Val-de-Gràce, à qui nous devons une étude magistrale de la balanoposthite, admettait trois variétés de cette affection.
Dans la première variété, celle qui s’observe chez les individus dont le prépuce lâche et mobile couvre. et découvre facilement le gland, la balano-posthite; s’annonce par des picotements incommodes, des démangeaisons importunes et une chaleur inaccoutumée sous le prépuce. 11 y a un léger gonflement du prépuce et du gland. La surface de celui-ci est rougeâtre, douloureuse ; il en est de meme de la partie correspondante du prépuce. Si on laisse cos surfaces en contact, une sécrétion anormale s’établit rapidement; blanchâtre et peu épaisse d’abord, elh; s’épaissit et devient jaune verdâtre, à mesure que l’inflammation augmente. Les bords du prépuce sont gonflés, rouges, cette rougeur s’étend jusqu’à sa base. Si on décalotte, on voit les deux muqueuses du prépuce et du gland tapissées de fausses membranes qui recouvrent des excoriations plus ou moins profondes, suivant l’intensité et l’ancienneté de l’inflammation.
Dans la seconde variété, celle qui s’observe chez les individus qui décalottent difficilement, par suite de la longueur du prépuce et de l'étroitesse de son orifice, le gonflement inflammatoire est très prononcé et débute brusquement. Le prépuce est (l’un rouge foncé jusqu’à sa base, et son ouverture rétrécie forme comme un anneau qui étreint si fortement le gland, que l’extrémité de ce dernier, dépassant le limbe du prépuce, est tantôt étranglée, rouge, tendue, luisante, tantôt au contraire blanchâtre et œdématiée. Quant à l’ouverture du prépuce, elle est tantôt plissée et semble se diriger en arrière; tantôt, au contraire, elle forme un bourrelet saillant au dehors et aplati en dedans. La sécrétion muco-purulente est moins abondante et moins épaisse que dans la variété précédente, et comme elle s’écoule difficilement au dehors, elle forme parfois, en s’accumulant derrière la couronne du gland.
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une espèce de tumeur circulaire qu’un observateur inexpérimenté pourrait prendre pour un abcès. Dans cette variété, la douleur est très vive, surtout jiendant la miction et lorsque la verge est en érection.
Enfin, dans la troisième variété, celle qui se rencontre chez les individus dont le gland est habituellement recouvert, et qui ont un prépuce long, à ouverture droite et pour ainsi dire à goulot, chez ceux enfin qui sont atteints do phimosis congénital ou accidentel, rinflammation est très intense, le prépuce est gonflé, d’un rouge brun, la douleur est très vive et nullement proportionnée au gonflement et à l’irritation, même lorsque la verge n’est pas en érection. La sécrétion muco-purulente est très abondante, épaisse, crémeuse, d’un jaune verd .tre, et s’écoule avec difficulté par l’orifice étroit du prépuce. L’extrémité de celui-ci dépasse le gland; il forme le plus souvent un bourrelet saillant d’un rouge foncé; dans certains cas, il se prolonge sous la forme d’un tubercule soutenu par un pédicule épais; parfois, enfin, ce bout du prépuce est contourné sur luiniênie en forme do vrille.
Le diagnostic de la balano-posthite est facile dans la première variété; difficile dans la seconde et surtout dans la troisième, car alors, on ne sait, à première vue, si l'écoulement provient du canal de f urètre ou du prépuce. En faisant uriner le malade, si celui-ci éprouve de la douleur dans le canal, le pus provient d'une blennorrhagie, sinon, il vient de la muqueuse balano-préputiale. Mais, est-il dù à une balano-posthite, à un chancre, à des plaques muqueuses, à des boutons d’herpès? la question devient plus difficile à résoudre. Cependant, avec de l’attention, en interrogeant les antécédents du malade, en palpant les aines pour voir s’il y a un bubon, symptomatique de chancres mous, ou la pléiade ganglionnaire qui accompagne le chancre infectant; en pressant le gland et le prépuce pour voir si on trouve une ulcération limitée, indurée et un peu en relief, ou plusieurs ulcérations; enfin, en pratiquant l’auto-inoculation du pus sécrété, on arrivera à étahlir un diagnostic certain.
La marche et la durée de la balano-posthite sont fort variables. Cet accident, à marche aiguë, atteint son apogée dans le premier septénaire, puis l'inflammation décroît, récoulcment diminue, les douleurs s’apaisent et la guérison arri\e d’ordinaire au bout d’une quinzaine. Dans certains cas, si on néglige la balano-posthite, elle s’aggrave et peut entraîner des accidents quelquefois très sérieux, tels que : Perforation, induration, gangrène du prépuce, ou adhérences de celui-ci avec le gland, .fai observé plusieurs de ces accidents , alors que je remplissais les fonctions d’interne à l’hôpital du Midi, et pendant que j’étais attaché au service des 'Vénériens militaires.
11 est donc indispensable d’instituer un traitement dès le début de la balano-posthite. Dans la première variété, il faut découvrir le gland, nettoyer à grande eau la muqueuse balano-préputiale pour la débarrasser de tout le muco-pus, puis promener légèrement sur toute sa superficie un crayon de nitrate d’argent, faire aussitôt après un second lavage, entourer le gland d’un linge on d’un peu
de ouate, et ramener sur lui le prépuce. Ce procédé, conseillé par Diday, et que je pratique toutes les fois qu'il n’effraye pas le malade, est certes douloureux, mais il est radical et la cessation de l’écoulement a toujours lieu du quatrième au sixième jour.
Lorsque les malades ne veulent pas s’y soumettre, au lieu d’opérer avec le crayon de nitrate d’argent, je me contente, après le lavage pratiqué comme précédemment, de recouvrir le gland et le sillon balano-préputial avec un linge ou de la ouate trempée soit dans la solution suivante :
Nitrate d'argent • • • centigr.
Eau distillée .jO grammes,
OU dans celle-ci :
Chlorure de zinc 0,50 ceutigr.
Eau distillée .50 grammes,
( t je ramène ensuite le prépuce'sur le gland.
J’ai réussi, dans certains cas, en saupoudrant shnplement la muqueuse balano-préputiale avec du tannin très finement pulvérisé. Quel que soit le moyen employé, la condition première et essentielle consiste à bien isoler les deux muqueuses du prépuce et du gland.
Dans la seconde et la troisième variété, lorsque le malade ne peut pas décalotter, si l’inflammation est trop vive, il faut avoir recours aux bains locaux et émollients de guimauve ou de tètes de pavot, faire entre le prépuce et le gland des injections émollientes d’abord, puis lorsque finflammation diminue, remplacer celles-ci par des injections avec une décoction concentrée de quinquina, qu’on répétera quatre ou cinq fois dans lu journée, ou avec la solution suivante ;
Nitrate d'argent 0,25 centigr.
Eau distillée 50 grammes,
deux fois par jour, de préférence le soir et le matin, ou encore avec cette autre :
Tartrate ferrico-potassique 6 grammes.
Eau distillée 30 grammes.
qui m’a souvent réussi, et à laquelle je serais presque tenté de donner la préférence.
Quant à la balano-posthite, dont sont atteints assez fréquemment les diabétiques, mon ami le professeur Fournier recommande de la traiter par des lavages à l’eau de Vichy, suivis d’applications de bicarbonate de soude finement pulvérisé. J ai eu occasion d’employer ce traitement sur plusieurs diabétiques, et j’avoue que je n’ai obtenu aucune amélioration. Par contre, je suis arrive à débarrasser mes malades de leur balano-posthite, par des onctions avec le glycérolé connu sous le nom de Creme Simon. Celui de mes malades, dont la balano-posthite durait depuis trente-quatre jours, a été guéri en trois jours. I>' Paul Labarthu,
Ex-médecin des Vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité. Professeur de syphiligraphie à l’Ecole pratique de la Facidté.
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BÂLARÜC (EAüx MINÉRALES DE). — Balaruc est un village de riIérauU, lu\ti sur une presqu’île formée par l’étang salé de Thau, à trois lieues de Celte et à trois kilomètres de Frontignan, si renommé pour ses vins. Ses eaux minérales furent connues des llomains; Rabelais les célébra dans ses écrits, et nous savons, par les lettres de M'"° de Sévigné, que les seigneurs de la cour de Louis XIV les fréquen- " laient.
M Inodores, d'un goilt salé lixiviel, d’une tempéra- II lure de 48' centigrades, les eaux de Balaruc renferment par litre un peu plus de 7 grammes de chlorure de calcium et 88 centigrammes de chlorure de magnésium. Elles appartiennent donc à la classe des eaux chlorurées sodiques, et présentent une minéralisation sensiblement supérieure à celle des eaux allemandes de VViesbaden.
Les eaux de Balaruc s’administrent en boisson,
I en bains, avec l’eau thermale pure ou additionnée d’eau-mère provenant des marais salants, en bains (le boue minérale, en bains de vapeurs, en étuves I sèches et en douches, dans un établissement com- ' plètement et fort habilement restau’ré et aménagé ; sous la direction du savant ingénieur hydrologue, M. J. François.
I Comme toutes les eaux chlorurées sodiques ther- 1 males et fortes, les eaux de Balaruc, bues à faibles 1 doses constipent, et sont purgatives, au contraire, à la dose de trois à quatre verres. Elles augmentent l’appétit, facilitent la digestion. Administrées en bains, à une température modérée, elles sont sédatives et exercent une heureuse influence sur les désordres de l’innervation. A une température plus élevée, elles deviennent excitantes et déterminent sur la surface cutanée, une action dérivative pré- I cieuse dans bien des cas. En un mot, les eaux de Balaruc sont toniques et reconstituantes, purgatives, altérantes, stimulantes et résolutives.
Le lymphatisme et la scrofule, ces deux fléaux de j notre siècle, avec leurs diverses manifestations, sont très heureusement traités à Balaruc. « Sous l’in- I Iluence de ces eaux, écrit le docteur Adrien Planche,
' le savant inspecteur, dans la monographie magistrale qu’il leur a consacré, on voit au bout de ([uelques jours de traitement, des ganglions engorgés I et isolés diminuer de volume, et ceux qui sont ag- I glomérés par du tissu allulaire se désagréger par la disparition de ce dernier. Les plaies, les ulcères,
; (jui sont la conséquence des abcès, se détergent,
I leur coloration de violacée devient d’un rouge plus vif, les bords se décollent, des bourgeons charnus I apparaissent, et la cicatrisation se fait d’une manière ' assez rapide.
a Les trajets fistuleux commencent aussi, au bout de 1 quelques jours, à voir diminuer l’écoulement du pus qui se faisait par leur orifice externe avant le traitement ; l’aspect est plus satisfaisant, et la cicatrisation vient rapidement fermer ces sources intarissables de pus, surtout s’il n’y a aucune communication avec un os carié. La carie, la nécrose elle-même subissent une heureuse modification, la vitalité des parties profondes est réveillée en même temps que les conditions de l'état général deviennent meilleures; l’élimination des séquestres est facilitée, et elle coïncide avec le réveil général de la consti-
tution. Les articulations, enfin, envahies par l’affection morbide, diminuent également de volume, et les mouvements des membres deviennent plus faciles et moins douloureux ».
Les rhumatismes chroniques sont aussi très heureusement traités à Balaruc. Mais la véritable caractéristique de ces eaux, c’est leur efficacité traditionnelle contre les paralysies. Tous les médecins qui ont exercé à Balaruc, les docteurs Roussel, Le Bret, Crouzet, Planche, sont d’accord sur ce point. Aussi voit-on, à Balaruc, beaucoup de malades atteints de paralysie, soit d’une lésion organique du cerveau ou de la moelle, apoplexie ou ramollissement cérébral. Le moment où la médication par les eaux de Balaruc sera jugée nécessaire, variera d’après les conditions spéciales au sujet, et d’après l’étendue et le siège de la lésion; mais, d’une manière générale, le moment le plus opportun est du quatrième au sixième mois du début de l’accident.
ü' Paul I.abarthe.
BALBUTIEMENT. — Ce mot qui signifie parole hésitante, est synonyme de bégaiement (V. ce mot).
BALLONNEMENT. — Mot employé en médecine pour désigner l’état du ventre distendu par l’accumulation d’une grande quantité de gaz dans les intestins (V. Pneumaiose). P. L.
BALLOTTEMENT. — Mot employé en obstétrique pour désigner les mouvements que l’accoucheur communique au fœtus en repoussant, avec le doigt indicateur introduit dans le vagin, l'utérus de bas en haut, et en le laissant retomber sur lui-mème. Le ballottement est un des indices les plus sérieux de la grossesse, et il se produit que le fœtus soit vivant ou mort (’V. Grossesse). p. l.
BALSAMIQUES. — - Nom donné à un groupe de médicaments de la nature des baumes, qui contiennent des résines renfermant de l’acide benzoïque ou de l’acide cinnamique, ou ces deux principes réunis (V. Baume et Résine). p. l.
BANANE-BANANIER. — Le bananier est une plante de la famille des musacées, qui pousse dans les régions tropicales, en Amérique, dans l’Inde et en Afrique. Sa tige, dont la hauteur varie de deux à cinq mètres, est unique et charnue; ses feuilles, réunies à son sommet, lui donnent l’aspect d’un palmier. Ses fruits sont disposés en double rangée appelée main, et ces mains réunies sur un pédoncule volumineux, composent le régime. Une main de banane contient environ de seize à trente fruits, et dix mains réunies forment un régime. Les premières bananes sortent à la base du régime, c’està-dire à la partie la plus rapprochée du tronc. On les cueille avant leur complète maturité, au moment où le fruit commence à perdre sa couleur verte pour prendre une teinte jaunâtre.
La banane mûre est un fruit de forme allongée, légèrement recourbée, d’une longueur variant entre dix et trente centimètres, composé d’une partie externe, constituant une sorte de peau qui s’enlève
facilement par lamelles longitudinales, et du fruit proprement dit. Celui-ci offre une chair courte, blanche, pulpeuse, sucrée et un peu acidulé, à saveur douce et agréable. Il renferme aO à 7Ü de fécule et 20 “/„ de sucre en moyenne. D'une digestion facile, jouissant de propriétés nutritives réelles, il est sans contredit un des fruits les plus usuels et les plus inoffensifs des pays chauds, celui qui entre le plus facilement dans le régime des Européens vivant dans les pays qui le produisent et il tient une place considérable dans l’alimentation des indigènes.
Il y a plusieurs espèces de bananes, mais deux surtout sont consommées : La grande et la petite banane. La grande banane, moins savoureuse et un peu âcre, se mange cuite au four ou sous la cendre, bouillie, ou frite comme la pomme de terre, qu'elle remplace dans l’alimentation indigène. La petite banane ou figue banane, plus petite, plus savoureuse que la précédente, se mange crue et au couteau comme la figue de France. On en fait des marmelades, des compotes et des confitures d'un goût très agréable.
Les jeunes feuilles tendres des bananiers servent dans les colonies pour le pansement des vésicatoires et des plaies, et produisent d'excellents effets, grâce à l’avantage qu’elles ont de ne pas sécher et de rester lisses sur les surfaces ulcérées. Beaucoup d’indigènes utilisent encore les jeunes feuilles , préalablement séchées à l’ombre, pour remplacer nos papiers à cigarettes, auxquels ils les préfèrent de beaucoup. D‘' Édouard Dupouv.
BANDAGE. — Avec le professeur Gerdy, nous donnons le nom de bandage à l’arrangement qui résulte de l’application raisonnée à une partie du ■corps, soit d’une ou de plusieurs bandes, soit d’une ou de plusieurs pièces de linge séparées. Nous empruntons aussi à son Traité des bandages la classification suivante, qui nous semble la plus rationnelle. Gerdy divise les bandages en trois classes ; 1“ Bandages simples; — - 2“ Bandages composés; — 3® Bandages mécaniques, comprenant chacune plusieurs variétés. Le tableau suivant permettra d’embrasser, d’un coup d’œil rapide, ces trois classes et leurs principales variétés.
qo
CO
cA
•pa
Bandages
circulaires.
Bandages
spiraux.
S Ils forment autour de nos parties des circulaires horizontaux qui se i recouvrent plus ou moins complè- V tement.
! Dans CCS bandages, la bande dé-
!i crit des tours de spire ; les tours de spire sont appelés doloires. Ils se recouvrent quelque fois à moitié, d’autres fois, ils ne sont que juxtaposés , parfois enfin , les doloires ^ sont h nne certaine distance les unes des antres.
Bandages
croisés
ou
en 8 de chiffre.
On donne ce nom aux bandages formés par des tours de bande également appelés doloires, qui se croisent de manière a présenter plus ou moins complètement la forme d’un 8.
Bandages
noués.
V Ce sont ceux qui forment un > nœud.
Bandages
récurrents.
C Ce sont ceux dont les tours de < bande vont et reviennent alternati- ( vement sur leurs pas.
Bandages
pleins.
\ Ce sont ceux qui sont faits avec
1 une large pièce de linge entière.
Bandages incaginés ou unissants.
f Ils sont formés par une bande i perforée dans une partie quelconque l de son plein, et qui reçoit dans les ’ ouvertures , soit un de ses chefs i taillé en autant de lanières qu’il y a f d’ouvertures, soit celui d’une autre bande taillée de la même manière.
Liens
Dans cette dernière variété se i rangent tous les bandages simples
V qui ne peuvent être placés dans les
1 genres que nous venons de nommer:
i ce sont des bandages contentifs des f sondes ou ceux qu’on emploie dans ’ la réduction des luxations.
Bandages en T.
^ Ce sont ceux qui ont la forme de > la lettre T.
Bandages en croix.
^ Ce sont ceux qui ont la forme > d’une croix.
Bandages en fronde.
/ Ce sont ceux qui sont formés jiar- 1 une large pièce de linge, dont les l deux extrémités sont taillées longitu- 1 dinalement, de manière à présenter i un nombre égal de chefs. Ces ban- 1 dages ressemblent assez à la fronde ^ dont se servaient les anciens.
Bandages en bourse ou suspensoirs.
Bandages en gaine ou vaginiformes.
/ Ce sont ceux qui ont la forme ' d’un petit sac dans lequel on place ( l’organe que l’on veut soutenir.
\ Ce sont ceux qui ont la forme ^ d’une gaine.
Bandages
lacés
et bouclés.
^ Ce sont ceux qui sont garnis de
1 cordons, de boucles, etc.
1“ Bandages à plaqu", composés d’une plaque et d’un cordon.
2* Bandages contentifs élastiques des sondes.
3° Bandages à ressorts spiraux.
i» Bandages à ressorts courbes, tels que bandages herniaires, etc.
5* andages mécaniques bouclés.
6° Appareils de fractures.
7° Appareils orthopédiques.
Nous ne donnerons pas ici la description de ces divers bandages, dont il sera parlé dans le dictionnaire, soit à leur nom particulier, soit aux mots consacrés aux différentes régions du corps où ils sont applicables, et aux maladies chirurgicales qui réclament leur emploi.
Nous nous contenterons de rappeler, d'après Ja-
BAN
BAN
main et Terrier, les principales règles à suivre dans I l'application des bandages.
Toutes les fois (ju'on veut appli(iucr uu bandage, j il faut : 1“ S'assurer si le l)andage peut remplir toutes les indications nécessaires ; 2“ réunir des ( aides en noinl)re suffisant, soit pour soutenir le r malade quand celui-ci ne peut rester debout ou i assis, soit pour soutenir le membre que le malade I ne pourrait maintenir élevé, soit enfin, pour con- I tenir les pièc((s d’appareil, etc.; 3“ placer le malade I dans la position la plus commode pour lui et pour I le cbirurgieu, et disposer comeuablemcnt ses aides ; ! i® appliquer le bandage d'une manière uniforme, c'est-à-dire qu'il soit également serré dans toute .son j étendue ; o“ serrer convenablement le bandage ; car, j trop làèbe, il glisserait et ne remplirait pas le but ; qu’on se propose ; trop serré, il pourrait causer des j accidents fort graves et même souvent la gangrène; 6” appliipicr toujours un bandage de bas eu haut, c'est-à-dire de manière à refouler les liquides vers les centres : si le bandage était appli(iué de haut en j bas, ces licpiides engorgeraient les extrémités. 11 est évident que cette dernière remarque ne s'applique qu’aux bandages placés sur les membres.
BANDAGE HERNIAIRE. — Ou appelle ainsi des appareils spéciaux destinés à maintenir les hernies réduites. En général, un bandage herniaire se compose d'une PKi.OTE destinée à être appliquée sur l'ouverture beruiaire; d'une cei.ntiiue ou d'un uessoKT qui maintiennent la pelote et lui communiquent »uue pression plus ou moins énergique; enfin d'un .soi'S-CLissE destiné à empêcher la pelote de glisser et de se déplacer.
I.a PEi.oTE présente à son centre une partie métalli(|ue, appelée éc.lssox, entièrement recouverte I par de la pt'aii de chamois rembourrée de charpie, de vieux linge, de laine ou de bourre de soie. Cette pelote varie de forme suivant la variété de hernie qii’clh' est appelée à maintenir, et le plus ou moins d'embonpoint du malade; elle peut donc être ronde, ovale, triangulaire, en poire ou en becde-corbin, et la face qui est en contact avec rorifice herniaire est tantôt plate, tantôt concave, tantôt convexe.
ha pelote ovule (fig.l4t) est un peu plate pour les sujets maigres et légèrement convexe chez ceux d’un certain embonpoint, ha pelote triangulaire (fig. 142) qui caractérise par sa forme le bandage français, est celle à la(|uelle nous donnons la préh'-rence dans la majeure partie d(;s cas. Elle est applicable dans les hernies inguinales directes, tendant à descendre dans le scrotum,
Sa forme triangulaire lui permet de couvrir entièrement le canal inguinal externe, dans tous les déplacements que peut subir le bandage, he modèle de pelote (fig. 143), est applicable dans les cas de hernies inguinales directes circonscrites au niveau du canal externe et présentant ta forme arrondie du volume d'un œuf de poule, ha forme de cette pelote est disposée de manière à ne comprimei' que le canal inguinal sans toucher la branche du pubis ; elle est assez convexe et ne doit être employée que chez les sujets un peu obèses.
ha pelote in forme de poire ronde ou ôec (tig. 144), est munie à sa partie centrale d’un pivot haut d’environ 1 centimètre. L'extrémité antéi'icure du ressort s'articule sur une pelote dorsale ronde (fig. 143), entre ces deux points, le ressort est libre, les mouvements du corps ne peuvent donc avoir aucune influence sur la position de la pelote qui est mobile, et ne compromet en rien la pression qu’elle exerce. Cette pelote est munie, à son centre, d'une petite tige’ permettant le pivotage en tous sens.
Enfin, la pelote en bec-de-corbin est légèrement bombée à son milieu, afin de faire saillie et de pouvoir presser sur le trajet du canal sans comprimer les cordons spermatiques.
La CEi.xTur.E est molle ou mélallique. Les ceintures molles sont formées de laine, de cuir ou de caoutchouc. Celles de M. Rainai, pèi'c, sont formées d'un tissu en fil auquel nous donnons la préférence. Les ceintures métalliques sont formées d’un ressort tordu en forme de spirale, qui a reçu le nom de ressort français. Ce ressort est soudé avec la pelote, et est recourbé de façon que son extrémité antérieure descende plus bas que son extrémité postérieure. Celle-ci prend son point d’appui sur la région lombaire du côté opposé à la hernie, tandis que l'extrémité anterieure maintient la hernie.
Quant aux sous-cuisses, ils sont destinés à maintenir la pelote en place, et doivent être fixés à la partie postérieure de la ceinture.
On distingue trois espèces principales de bandages herniaires : r le bandage inguinal; 2" le bandage crural; 3° le bandage ombilical.
Bandage inguinal.
— Pour la contention des hernies inguinales, dans la première enfance, depuis un mois jusqu’à dix-huit, nous adoptons le modèle de bandage en caoutchouc à air (fig. 146),] de
Fig. lit.
l’clote ovale.
Fig. 1 1-2.
Pelote triangulaire.
Fig. l.U.
Pelote arrondie.
Fig. lit.
Pelote en forme de poire.
Fig \ l;i.
Pelote dorsale ronde.
Bandage inguinal doublé pour la première enfance.
BÂN
BAN
MM. Léon et Jules Rainai frères, deux de nos plus habiles bandagistes, en ayant soin de faire retirer l’appareil deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, pour voir si la peau est excoriée ou rouge, et en même temps, pour renouveler l'application de la poudre d'amidon qui doit toujours précéder celle du bandage.
Chez les enfants de 2 à 6 ans, la hernie inguinale doit être contenue par un bandage à ressort (fig. 1 47), dans lequel les points d’appui sont répartis sur tous
les contours du bassin, la pelote triangulaire à bec allongé, munie d’un sous -cuisse adhérent, s’applique très bien sur le parcours du canal inguinal. Lorsque cette hernie est scrotale, on fait donner au ressort une force plus grande, de manière à résister à tous les efforts produits par la toux, ou les divers exercices violents.
Ce bandage est recouvert de peau d’agneau très fine. Afin d’éviter sa détérioration rapide, causée par le contact de l’urine ou des matières chez certains enfants, MM. Rainai remplacent cette garniture en peau par une autre en toile caoutchoutée imperméable. De cette façon, l’appareil est préservé et son entretien est rendu plus facile en ce qu’il peut être lavé fréquemment.
Nous recommandons de couvrir ces bandages avec une toile fine que l’on change souvent, et de saupoudrer d’amidon les endroits sur lesquels ils doivent s’appliquer.
Tous les chirurgiens qui se sont occupés spécialement des hernies, recommandent de faire porter ces bandages le jour et la nuit, afin d’obtenir une cure radicale.
Chez l'adulte, on emploie dans les hernies sim-
Fig. in.
Bandage inguinal pour les enfants de 2 à 6 ans.
Fig. 148.
Bandage inguinal pour adulte.
pies un appareil (fig. 148), dans lequel la disposition des ressorts permet de donner à la pelote l’inclinaison nécessaire. De plus, les ressorts sont munis de plusieurs trous, de façon à pouvoir allonger l’appareil au fur et à mesure que la croissance se manifeste.
Le bandage représenté parla figure 149 est applicable dans les cas de hernie au début, il se compose d’un ressort excessivement léger et imperceptible.
11 est un peu plus large et très souple en arrière pour appuyer sur les deux apophyses sacro-ilia-
Bandage inguinal pour hernie au début.
ques, sans toucher la ligne médiane et le bas de l’épine de la colonne vertébrale.
Le bandage figure 150 est employé lorsque la hernie, déjà ancienne, est devenue scrotale.
Quelque désagréable que soit le sous-cuisse, il est impossible de s’en passer pour les bandages applicables aux enfants.
Il n’est d’ailleurs pas nécessaire qu'il soit très serré, puisqu'il a pour but, non de contribuer à la contention de la hernie, mais simplement d’empêcher le bandage de se déplacer ; il doit être peu tendu et n’exercer aucune pression.
Pour les personnes que la pression des ressorts du bandage fatigue, et qui veulent se reposer un peu pendant la nuit, M. Rainai, père, a fabriqué un appareil(fig. 151) composé d’une ceinture sans rcvssorts.
Fig. 150.
Bandage ingninal pour hernie déjà ancienne.
Fig. ISI.
Bandage de nuit.
non élastique, munie d’une pelote sur laquelle est fixé un levier destiné à produire une compression au moyen de courroies placées à l’une des extré-
BAN
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mités de la ceinture. On l'applique pour le repos au lit, aussitôt que le bandage à ressort porté pendant le jour a été retiré.
Bandage crural. — Le bandage français pour la hernie crurale, diffère de celui employé pour la hernie inguinale, en ce que son col est plus court et que sa partie antérieure descend plus bas ; le res-
Fig. lo2.
Bandage crural français, appliqué avec son sous-cuisses.
sort, avec sa courbure spéciale, est élargi en arrière pour appuyer sur le liaut des symphyses sacroiliaques.
Le sous-cuisse joue ici un rôle important, et si l’on a quehiue doute sur l’e.vacte contention de la hernie, il faut surtout compter sur ce puissant auxiliaire. Le sous-cnissc doit être fixé sur le collet du bandage, tout près de la pelote, de manière à embrasser le pli de l’aine et le pli de la fesse, ainsi que le représente la figure 152. Le chirurgien Adolphe Richard, dans ses leçons de l'hôpital Beaujon, insistait beaucoup et avec raison sur ce détail très important.
Le bandage crural pour les femmes a 5 ou 6 centimètres de plus comme longueur, que celui qui est destiné aux hommes, par la raison que chez elles le bassin est plus évasé et plus arrondi.
Bandage ombilical. — Chez les tout jeunes enfants, de 1 mois à 18, le meilleur bandage est encore le modèle de MM. Rainai (fig. 153). 11 se compose
Fig. 133.
Bandage ombilical pour les jeunes enfants.
d'une ceinture en caoutchouc naturel; une petite pelote à air, placée au centre, s’adapte sur le nombril. Des trous pratiqués sur toute la surface de la ceinture empêchent la sudation produite par le caoutchouc. MM. Rainai ont imaginé de remplacer
hlCTIONNXlRE P0PUL.\1HE DE MÉDECl.NE USUELLE.
la pelote ronde par une autre de forme carrée et plate, afin d’éviter par ce moyen la dilatation de l’anneau, ce qui arrive quelquefois avec les pelotes rondes et coniques.
Chez les enfants qui commencent à jnarcher, ce bandage en caoutchouc devient insuffisant, et le professeur Gosselin est d’avis qu’il faut avoir recours au bandage à ressort. Le modèle, figure 154, remplit très bien toutes ces indications. 11 est composé d'un seul ressort auquel est fixé une courroie destinée à le maintenir en place. La mobilité des plaques facilite le déplacement du ressort en totalité, sans nuire à la contention de la hernie, qui est constamment maintenue par la pelote, cette dernière ne suivant pas le ressort dans ses évolutions de bas en haut; la compression est obtenue par la simple force élastique du ressort d’avant en arrière.
Chez l'adulte, le meilleur bandage est celui représenté par la figure 155. Il est composé d’une
pelote convexe à sa partie appuyant sur l’ombilic. Sur le milieu de la plaque existe un pivot sur lequel viennent s’articuler deux ressorts, terminés chacun par une pelote dorsale également mobile, reliés par une courroie.
Ce bandage a l’avantage de ne pas comprimer le tour du corps, il agit en exerçant une pression directe d’avant en arrière, et a l’immense avantage de ne jamais se déplacer.
Chez les sujets atteints de hernie ombilicale, qui ne peuvent supporter la pression des ressorts, on peut avoir recours à l’appareil représenté par la figure 156. 11 est composé d’une pelote sur le milieu de laquelle est fixé un levier à quatre branches, destiné à recevoir les deux extrémités d’une ceinture non élastique embrassant le tour du corps.
Ce levier, dont les quatre branches sont tirées vers un centre commun, agissent en directions
Fig. 134.
Bandage ombilical pour enfants.
Bandage ombilical applique sur une adulte.