‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 78 sur 238 · BOB · texte numérisé non relu

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peine apparent, mou et sans rénitence; si le derme incise n’a qu’une épaisseur naturelle, sans injec- 'ion sanguine ; si le sang infiltré dans le tissu cellulaire ou renfermé en foyer est liquide ou s’écoule aussitôt, on peut en conclure que la lésion est -pos- Urieure à la mort. »

On sait que l’écoulement de sang est à peu près nul sur le cadavre, à moins qu’une veine volumineuse ait été ouverte. On peut dire qu’une plaie qui a été le siège d’une hémorrhagie abondante a été faite pendant la vie. La plaie faite sur le vivant a SOS bords plus ou moins écartés par suite de la rétraction de la peau et des muscles; on y trouve des caillots de sang plus ou moins adhérents accompagnés d’une rougeur des tissus et d’une infiltration du tissu cellulaire ; on peut y constater un commencement d’inflammation adhésive ou suppurative et tous les caractères liistologiques de l’exsudation aqueuse ou plastique. La plaie faite sur le cadavre ne présente pas de rétraction; les lèvres sont pâles, sans gonflement et laissent entrevoir distinctement les tissus.

Toutefois, ces signes ne sont pas très accentués pendant les quelques instants qui suivent la mort et ne deviennent manifestes qu’à mesure que s’éteignent les phénomènes vitaux. Les caractères des plaies peuvent quelquefois aider à constater dans quel ordre avaient été faites les blessures, mais cotte constatation est toujours très difficile.

Dans les brûlures faites pendant la vie, on observe comme phénomène constant une rougeur plus ou moins vive qui entoure la plaie ou l’eschare. Ce caractère, qui n’existe pas dans la brûlure post mortem, a une grande valeur. Quant à la phlyctène, elle n’est pas constante sur le vivant et peut être jiroduite par l’application du calorique sur la peau des cadavres infiltrés.

Enfin, sur le cadavre, il est plus difficile de détruire lacoliésion organique. Quelques auteurs insistent sur ce point, qui se rapportent surtout aux Jraclures et aux lésions' de la peau. Malgaigne a également observé que les os se fracturent beaucoup plus difficilement sur le cadavre que sur le vivant, et Casper pense que les fractures de l’os hyo’ide et du larynx ne se produisent pas après la mort; il n’a pu réussir à déchirer ni le foie ni la rate.

Examen juridique des blessures sur le vivant. —

11 faut, autant que possible, procéder à l’examen avant que les parties soient tuméfiées et que les pansements et appareils aient été appliqués. Lorsque l’examen n’aura pas été immédiatement pratiqué et que la tuméfaction est considérable, il est préférable de remettre la visite à un autre jour et (le constater seulement dans un rapport provisoire l’idat général du blessé. Avant d’enlever l’appareil d’un pansement, il faut toujours s’assurer par un examen minutieux que ce déplacement peut être lait sans danger pour le malade.

L’expert pourra, dos sa première visite, fixer l’éooque probable de la guérison. S’il s’agit d’un accident de peu d'importance, il pourra déclarer que la idessurc ne causera pas une incapacité de travail •• '(? plus de vin^i jours, et qu elle n’entraînera ni iniirmité, ni déraugèiuent de fonctions. La prudence

exige néanmoins qu’il fasse une restriction; il devra donc ajouter à sa déclaration une des formules suivantes ou tonte autre analogue : — Sauf le cas de circonstances imprévues; — à moins de circonstances extraordinaires et dont on ne prévoit pas la possibilité.

Si la blessure paraît grave, il pourra exprimer ses craintes sur l’issue probable de l’accident, mais il sera toujours très circonspect et se réservera de donner son pronostic dans un second rapport.

Les détails que nous avons donnés plus haut seront consultés lorsqu’il s’agira de constater la nature et la gravité de la blessure. Nous terminerons en signalant quelques circonstances particulières qui peuvent aggraver le pronostic. Ces circonstances sont antérieures ou postérieures à la blessure. Parmi les premières, nous citerons les prédispositions morbides relatives à la grossesse, à la mauvaise constitution de l’individu. Un coup léger peut produire un ulcère sur une jambe variqueuse, un étranglement herniaire, la rupture d’un anévrisme s’il atteint certains organes. Les circonstances aggravantes posté-, rieures sont ordinairement le résultat du traitement, de la constitution médicale, des épidémies, etc. (V. Contusions, Ecchymoses, Fractures, Luxations, Plaies, Brûlures, Cicatrices). D' a. Lutaud.

BLEUE (MALADIE). — ('Voyez Cyanose).

BOBŒUF (phénol). — Le phénol Bobœuf, si justement célèbre et qui reçoit tous les jours de si nombreuses applications en chirurgie, en médecine et en hygiène, est un produit obtenu par la combinaison de l’acide phénique (V. ce mot) avec la soude. Si c’est à Runze et à Laui’ent que revient l’honneur d’avoir les premiers décrit l’acide phénique, c’est à Bobœuf que revient celui d’en avoir rendu les applications plus faciles et plus généralisées. L’ing(> nieux chimiste est parvenu à rendre l’acide phénique soluble au moyen des oxydes alcalins avec lesquels il forme des sels définis. La combinaison avec la soude {Phénate de soude) a donné le phénol Bobœuf auquel l’Institut de France a décerné le prix Monthyon en 1861. Ce produit, c’est l’acide phénique amené à une forme facilement maniable, entière-i ment inoffensive, toujours identique dans sa composition et ses effets; en d'autres termes, le phénol Bobœuf est supérieur et préférable à l’acide phénique, dont il réunit tous les avantages sans avoir aucun de ses inconvénients.

Les indications et la valeur thérapeutique de ce produit ont été déterminées pour la première fois en 1863 par le médecin principal Laveran, qui, après de nombreuses expériences (îans les salles de l’hôpital du Val-de-Grâce, adressa au ministre de la guerre un rapport concluant à l’inscription du phénol Bobœuf dans le formulaire des hôpitaux militaires, dans lequel l’éminent chirurgien déclare que « le phénol Bobœuf est un hémostatique aussi efficace que le perchloi’ure de fer, un- agent de conservation précieux et un agent désinfectant d’autant plus utile qu’il possède l’avantage de ne pas irriter les surfaces malades, à l’exemple du chlore, de l’iode et de leurs composés ».

A la suite de Laveran, toutes les illustrations du

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