‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 79 sur 238 · BOL · texte numérisé non relu

BOL

corps médical, à commencer par le premier de nos hygiénistes, le professeur Bonchardat, recommandèrent le phénol Bobœuf, qui jouit des précieuses propriétés de détruire les ferments, les principes virulents et les matières septiques.

Étendu d'eau, il constitue un excellent liquide pour le pansement et la désinfection des plaies et des ulcères, et c’est même à cette action désinfectante vraiment remarquable qu’est due sa vulgarisation rapide. Il modifie très heureusement et parfois guérit certaines maladies de peau particnlièreinenl tenaces, telles que l'eczéma des mains. Il rend des services réels dans les mille petits accidents de la vie de chaque jour, dans les brûlures, dans les piqûres d'insectes, abeilles, guêpes , etc. , même dans les morsures de serpents. En temps d’épidémies, de variole, de fièvre typho'ide, de dyssenterie, de choléra, ses qualités préservatrices et curatives sont mises à profit par un grand nombre de médecins, qui le répandent dans l’atmosphère et l’administrent souvent en potion. Bon nombre d’accoucheurs le recommandent pour entretenir chez les nouvelles accouchées une propreté irréprochable. Enfin, le phénol Bobœuf est extrêmement utile pour la désinfection des égouts, pour l'assainissement des appartements et des chambres des malades, des casernes, des usines, des ateliers,- etc. Aussi ne comptet-on plus le nombre des administrations gouvernementales et privées qui font usage de ce précieux produit.

En dehors de son phénol ordinaire, M. Bobœuf a fait encore trois autres produits hygiéniques : — 1" un phénol parfumé, véritable eau de toilette qui, à toutes les propriétés du phénol, joint une odeur et une couleur agréables, et est particulièrement apprécié par les dames pour leur toilette intime; — 2° un dentifrice au phénol, dans lequel celui-ci est heureusement associé au quinquina, à la menthe, à l’anis, à la cannelle et à la poudre de pyrèthre, et constitue un dentifrice réellement antiputride et antiseptique, d’un goût très agréable, absolument neutre et, par conséquent, n’attaquant nullement l’émail des dents ; — 3“ un savon au phénol, excellent pour l’hygiène de la peau. U' c. Sauha-v.

bœuf (VIANDE DE). — Le bœuf est sans contredit celui de nos animaux do^iestiques qui fournit à l’alimentation la viande noire la plus remarquable par sa saveur ai-oniatique succulente et par l’abondance de ses principes nutritifs.

D’après Berzélius, 100 parties de maigre de viande de bœuf, privée des portions tendineuse? renfermeraient :

üau 77.20

Musculine et analogues 1-5.80

Albumines solubles et hématine. 3,20

Ratières gélatinisant par la coctioii 1.80

Graisse, extractif, créatine, cendres. ». 2.00

La viande d’un bœuf jeune et gras est bien supérieure à celle d’un bœuf vieux et maigre. Quant à celle du bœuf surmené elle est mauvaise et, d’après .M. Husson, de Toul, elle se charge d’acide lactique, qui, sous l'intluence d’une température appropriée, produit bientôt une sorte de digestion artificielle,

qui modifie l’aspect et la consistance de la chair, et amène la fermentation butyrique, avec son odeur désagréable caractéristique.

Chez le bœuf engraissé à point, disent mon illustre maître et ami, le professeur Henri Bouley et M. Nocard, la coupe transversale d’un muscle présente, sur un fond uniformément rouge vif, une arborisation blanche très touffue, un véritable réseau à mailles très serrées et très délicates, constituant ce qu’en termes de boucherie on appelle le marbré ou le persillé.

Les morceaux de viande de bœuf qui proviennent d’une région superficielle sont i)resque toujours recouverts d’une couche plus ou moins épaisse de graisse : si la couverture est abondante, on peut en conclure que la viande est de bonne qualité, suffisamment infiltrée de graisse; mais il faut encore que la graisse de couverture soit ferme et d’une couleur blanche ou légèrement jaunâtre.

L’importance de l’infiltration graisseuse de la viande est considérable au point de vue de jes propriétés alitnentaires ; non seulement la viande grasse est plus tendre et plus savoureu.sè, mais surtout elle contient une proportion bien plus élevée de principes nutritifs : tandis que la viande de bœuf gras, d’après MM. Bouley et Nocard, ne renferme que 39 à 40 pour 100 d’eau, la viande maigre en contient jusqu’à 77, comme nous l’avons vu plus haut.

Si la valeur nutritive de la viande de bœuf varie suivant que l’animal est gras ou maigre, elle varie aussi avec les différentes parties de l’animal, dont les morceaux ont été divisés en trois catégories.

hn croupe ou culotte, la tranche p.ra.ise, le gîte à la noix, Valouau, le filet, fournis par les muscles de la région fessière, sus et sous-lombaire, et par le psoas, tous muscles épais, très infiltrés de graisse, et présentant trè^ peu d’intersections tendineuses, constituant les morceaux les plu? recherchés, les plus nutritifs, ceux de la première catégorie.

L'épaule et le paleron, le’ talon du> collier, le train de côtes, la bavette d'aloyau, fournis par les muscles de l’épaule, du sternum et de la région costale, sont des morceaux inférieurs, ceux qui rentrent dans la deuxième catégorie.

Enfin, le collier, le plat des' joues, le plat de côtes, le gîte de devant, le gîte Ce derrière, le jarret, la queue, constituent les bas morceaux ou les morceaux de Iroisiènie catégorie, d'une valeur nutritive de beaucoup inférieure aux deux autres. (V. Bouillon, Conserves, Viande). D' Padl Labakthe.

BOISSON. — On désigne sous qe nom tout liquide qu’on introduit dans les voies digestives comme aliment ou comme médicament, soit pour calmer la soif, soit pour favoriser la dissolution et la digestion des aliments solides, soit pour' réparer les parties fluides de l’organisme, soit pour faire absorber certaines^substances médicamenteuses, telles que limonadesj'' tisanes, eaux minérales, etc. p. l

BOL. — Nom donné à une composition pharmaceutique plus volumineuse et plus molle que les pilules, plus solide que les élecluan-es, dont le poids varie entre 50 centigrammes et 2 grammes, à la-

BON

BON

quelle on donne la forme et la grosseur d'une petite olive. Les bols ne se conservent pas comme les pilules et ne peuvent être préparés d'avance, r. l.

BOLDO. — On désigne sous ce nom un arbre très commun au Lliili, dont la feuille est la seule ])artie usitée eu médecine, et s’emploie sous forme d’infusion, de teinture, d’e.xtrait et d’éli.xir.

D’une couleur vert foncé, ayant beaucoup de ressemblance avec la feuille de pei'venclie, d’une saveur camphrée, piquante lorsqu’elle est fraîche, d’un brun rougeâtre au contraire, marquée de points blanchâtres lorsqu’elle est desséchée, la feuille de b(ddo renferme une huile essentielle, à odeur agréable, logée dans de petites glandules logées à sa surface, et un alcaloïde appelé la boldine.

D’après les premières recherches de MM. Dujardiu-Beaumetz et Verne, faites en 1876, il faudrait considérer le lioldo comme un médicament excitant de la nutrition , qu'on pourrait placer à côté de la coca. Des expériences plus récentes de M. Verne, eu 1882, il semble résulter que le boldo n’a d'influence ni sur la circulation, ni sur la température, ni sur la quantité d’urine, mais qu'il augmente d’une manière sensible l’élimination de l’urée. Comme fait particulier, M. Verne a observé une légère excitation le [iremier jour de l'administration du boldo; mais- cette excitation disparait aussitôt, et il n’est pas rare;, ajoute-t-il, de voir les malades recouvrer le sonxmeil qu’ils axaient perdu par suite d'anémie profonde ou de toute autre causé ayant amené une rupture de l'équilibre nerveux.

Le boldo est, au Chili, le remède pxqxulaire contre les maladies du l'oie. Eu France, on ne l'a encore employé avec quelque succès que dans certains cas de dyspepsie et dans la convalesce.nce.

Paul Labauthe.

BOLET. — (Voyez Champignon).

BONBONS. — On donne ce nom général à toutes les diverses sucreries préparées par les confiseurs avec du sucre rrislallisé ou cuit, mélangé ou non de gomme et d'amande.s, de pistaches; de fruits confits ou aromatisés avec différentes huiles éssenfiellcs ou dos eaux distillées, telles (jue celles de menthe, de citrop, d’anis, d'orange, etc.

Les bonbons simplement faits av(!C du sucre et de couleur blanche ne présentent pas d'inconvénients bygiéniciues autres que ceux (ju’entraîne leur abus et qui se confondent avec ceux du sucre. C’est-àdire qu'ils éeliaufi'ent, constipent, empâtent la bouche, émoussent l'appétit, surtout chez les gastralgiques et les dyspeptiques, et rendent les digestions laborieuses, à cause de la grande quantité de

suc gastrique que le sucre absorbe pour se dissoudre.

Les b'iubons blancs faits avec du sucre, des amandes, des pistaches ou des fruits confits offrent les mêmes inconvénients.

Les bonbons coloriés avec des substances toxiques peuvent entraîner, lorsqu’on en mange beaucoup, des accidents toxiques graves qui, dans queh[ues cas, ont même été mortels. Aussi l’autorité a dû intei'venir à différentes époques pour défendre aux confiseurs l’emploi de certaines substances.

La dernière ordonnance ministérielle du 25 mai 1881, défend expressément aux confiseurs d’employer pour colorer les bonbons, pastilles et dragées, aucune des couleurs ci-après désignées :

CoLU.Eur.s xiiNÉr.ALES. — Composés de cuivre : cendres bleues, bleu de montagne. — Composés de plomb : massicot, minium, mine orange, oxychlorures de plomb, jaune de Cassel, jaune de Turner, jaune de Paris, carbonate de plomb, blanc de plomb, céruse, blanc d’argent, antimoniatc de plomb, jaune de chrome, jaune do Cologne. — Chromale de baryte : outremer jaune. — Composés de l'arsenic : arsénite de cuivre, vert de; Scheele, vert de Sebweinfurt. — Sulfure de mercure : vermillon.

Coui.Evns oauANiQEES : — Comme gutfe, aconit scapel, fuschine et ses dérivés immédiats, tels que bleu de Lyon, éosine, matières colorantes renfermant au nombre de leurs éléments la vapeur nitreuse, telles que le jaune de naphtol, le jaune Victoria ; matières colorantes préparées à l’aide dos composés diaso'i'ques, telles que tropéolines, rouge de xylidine.

11 est également interdit d’employer pour envelopper les bonbons des papiers coloriés à l’aide des couleurs précitées.

L’ordonnance ajoute que les fabricants et marchands seront personnellement responsables des accidents qui pourraient l’ésulter de l’usage des produits coloriés avec des substances que nous venons d’énumérer, ou enveloppés dans des papiers coloriés avec ces mômes substances.

11 sera fait annuellement, et plus souVhnt s’il y a lieu, des vi.sitcs chez ces fabricants et détaillants, à l’ctfet de savoir si les dispositions prescrites par la présente ordonnance, sont observées. I.es contraventions seront poursuivies conformément à la loi, devant les tribunaux compétents. A Paris, Icj. clicf de la police municipale, les commissaires de police, les maires et commissaires de police des communes du ressort de la préfecture de police, l'inspecteuigénéral des’ halles et marchés, le chef du laboratoire de cliimie et les autres préposés de la préfecture de police sont chargés, cliacun en ce qui le concerne, de l’exécution de cette ordonnance.

Après avoir énuméré les matières colorantes interdites, il est juste de donner la liste de celles que les confiseurs peuvent employer :

Couleurs rouges : — Cochenille, carmin, laque carminée, laque du Brésil, orseille.

Couleurs jaunes : — Safran, graines d’Avignon, graines de Perse, quercitron, curcurna, fustel e! leurs laques alumineuses. ^

BON

Page 1