‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 97 sur 238 · CAP · texte numérisé non relu

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mer, sur une colline boisée, à une heure de Tarbes, sur la ligne du chemin de fer de Toulouse à Bayonne. Cette station thermale, très ancienne, mais peu connue et qui fut longtemps fréquentée par les seuls malades des départements limitrophes, a vu sa vogue et son succès s’accroître singulièrement dans ces dernières années, et le nombre des malades qui s’y rendent, à chaque saison, dépasse plusieurs milliers. Ce résultat est dû à ce que les eaux de Capvern sont mieux connues, grâce aux travaux des docteurs Ticier, Delfau, Carrigou, Calés, et à ce que la nouvelle Compagnie concessionnaire a métamorphosé cette station qu’elle a doté d'hôtels splendides etconfoi'tables, de villas délicieuses et d’un nouvel et magnilique établissement thermal, élevé d’après les plans du célèbre architecte Abadie, de l’Institut, et qui, grâce à l’activité et aux conseils éclairés du médecin inspecteur actuel, notre savant ami le docteur Calés, réalise, tant au point de vue de l’installation balnéaire qu’en matière d'hydrothérapie, tout ce que la science et l’art moderne ont créé de plus parfait. Cette superbe construction a été inaugurée le l"juin 1884.

Les eaux minérales de Capvern appartiennent à la classe des eaux sulfatées calciques et faiblement magnésiques. Elles provienent de deux sources, le Hount-Caoudo qui débite plus de 2 millions de litres d’eau, et le Bouridé qui, dans le même temps, en fournit plus d’un million ! D’une limpidité parfaite, sans odeur, ce qui est une exception dans les eaux pyrénéennes, d’une saveur douce, mais d’un arrière-goût un peu salin, d’un toucher rude, les eaux de la Hount-Caoudo offrent un dégagement spontané et continu d’un gaz incolore et laissent déposer un léger sédiment de couleur ocreuse. Celles du Bouridé sont aussi limpides, mais n’ont pas le même goût styptique que celles de l’autre source.

On administre les eaux de Capvern en boisson, en bains et en douches. En boisson, elles excitent l’appétit, se digèrent facilement, augmentent dans de notables proportions la sécrétion urinaire et sont légèrement laxatives. Elles se prennent à la dose quotidienne de 2 à 6 verres, le matin à jeun, à un quart d’heure d’intervalle. En bains et en douches, les eaux de la Hount-Caoudo sont plus particulièrement excitantes et celles du Bouridé sont, au contraire, sédatives, ce qui est une ressource de plus pour le médecin qui peut ainsi modérer ou modifier, selon les besoins, les effets des unes par ceux des autres.

Les maladies que l’on soigne à Capvern d’une manière toute particulière et toute spéciale et avec un plein succès sont les affections des voies urinaires, la gravelle urique, la néplirite calculeuse, le catarrhe vésical, les inflammations chroniques de la prostate. Les eaux de Capvern sont aussi ti'ès heureusement administrées aux goutteux, aux individus atteints de gastralgie, de dyspepsie, de constipation, et à ceux qui ont des engorgements du foie et des coliques hépatiques.

Disons en terminant que les eaux de Capvern, grâce à leur conservation parfaite, peuvent se boire transportées, et que le nombre des bouteilles consommées annuellement loin des sources dépasse plusieurs centaines de mille. D'- Paul labarthe.

CARBONATE. — Nom donné par les chimistes aux sels formés par les combinaisons de l’acide carbonique avec différentes bases. Les principaux carbonates usités en médecine sont le carbonate de chaux (V. Chaux)-, le carbonate de fer (V. Fer)-, le carbonate de Lithine (V. Lithine] ; le carbonate de magnésie (V. Magnésie)-, le carbonate de plomb (V. Plomb, Céruse)-, le carbonate de potasse (V. Potasse)-, le carbonate de soude Soude), etc. p. l.

CARBONE. — Le carbone est un métallo'ide très répandu dans la nature, où on le rencontre sons des formes très variées ; à l’état pur et cristallisé, il constitue le diamant ; à l’état amorphe et pinson moins pur, il constitue le charbon (V. Charbon], l.e carbone, par sa combinaison directe avec l’oxygène, forme Voxyde de carbone et le sulfure de carbone, par son union directe au soufre. Ces deux produits ont une certaine importance en hygiène, en thérapeutique et dans l’industrie.

Oxyde de carbone. — L’oxyde de carbone est un gaz incolore, inodore, plus léger que l’air, très peu soluble dans l’eau, brûlant avec une flamme bleuâtre caractéristique en se transformant en acide carbonique. Il est impropre à la respiration et agit comme un véritable poison. Les empoisonnements accidentels ou volontaires par l’oxyde de carbone sont très fréquents. En France on se suicide volontiers par ce gaz, par suite de ce préjugé que la vapeur de charbon ne fait pas souffrir. Quant aux empoisonnements accidentels, voici comment il se produisent : l’oxyde de carbone se diffuse à travers les poêles en fonte et se mêle à l’air des appartements que chauffent ces appareils, et, d’après les analyses de MM. Henri Sainte -Claire Deville et Troost, l’air qui entoure un poêle en fonte allumé contient de 13 centilitres à 1 litre 30 d’oxyde de carbone. Or, d’après M. Leblanc, qui a si bien étudié les causes de viciation de l’air, 2 à 3 millièmes d’oxyde de carbone dans l’air sont suffisants pour tuer un chien. L’oxyde de carbone détermine la mort, ainsi que l’a démontré Claude Bernard, en rendant les globules rouges du sang, sur lesquels il se porte, impropres à absorber l’oxygène de l’air, et en se substituant à lui, l’hématose ne se faisant plus, le sang devient impropre à entretenir la vie et l’individu meurt. Ainsi que nous le verrons dans l’article Charbon, dans l’asphyxie par le charbon, c’est surtout l’oxyde de carbone beaucoup plus que l’acide carbonique qui agit comme toxique.

On a essayé d’introduire l’oxyde de carbone dans la thérapeutique. C’est ainsi qu’en 1837, le professeur 'lourdes l’a conseillé comme anestliésiqnc, après une série d’expériences sur les animaux, desquelles il résulte que ce gaz produit en effet une anesthésie rapide dans laquelle on remarque une période d’excitation, pendant laquelle l’animal se débat, en même temps que sa respiration et sa circulation sont accélérées, et une période d’ane.sthésie caractérisée par la résolution musculaire, le ralentissement de la respiration et de la circulation, l’insensibilité et la stupeur; mais, en présence des dangers graves auxquels expose l’oxyde de carbone, il n’a jamais été employé comme anesthésique, au moins pour produire l'anesthésie générale. En re-

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vanche, le D' Koze, de vStrasbourg, l’a utilisé avec succès, comme anesthésique local, en douches vaginales pour calmer les douleurs dans le canal de l’utérus et, dans les hystéralgies ; il l’a aussi employé directement sur les parties douloureuses, dans les rhumatismes et les névralgies.

Sulfure de carbone. — Le sulfure de carbone dont le principe de la préparation consiste à faire passer de la vapeur de soufre sur du charbon chauffé au rouge, est un liquide incolore, d'une odeur désagréable, rappelant celle du chou pourri, très mobile, fort peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool pur et l’éther, facilement inflammable, brûlant avec une flamme bleue et donnant naissance à l’acide carbonique et à l'acide sulfureux. Si on le mélange à l’oxygène, sa vapeur produit, au contact d'un corps qui brûle, une forte détonation.

Comme l’oxyde de carbone, le sulfure de carbone, ainsi que l’a montré Simpson, est un anesthésique puissant, et plusieurs médecins anglais l’ont administré à la dose de 1 à 3 gouttes contre les douleurs rhumatismales et comme emménagogue. Le D' Pilaski a conseillé une potion au sulfure de carbone, d'après la formule suivante :

Sulfure de carbone rectifié 20 gouttes,

Éther 4 grammes.

Laudanum de Sydenham 30 gouttes,

Sirop simple 30 grammes,

Eau distillée de menthe poivrée. . . 123 —

à prendre par cuillerée à bouche, une toutes les heures, dans le choléra. Ce produit a aussi été conseillé à l’extérieur comme caustique léger contre les plaies atoniques et les ulcères variqueux.

En raison de ses propriétés parasiticides et après de nombreuses expériences, le grand chimiste Dumas a conseillé l’arrosage des vignes infestées de phylloxéra avec une solution de sulfure de carbone et jusqu’ici, nous devons dire que c’est encore Je meilleur remède à opposer à ce terrible dévastateur.

Le sulfure de carbone n’est pas seulement utilisé parla médecine et l’agriculture, l’industrie, mettant à profit .ses propriétés dissolvantes, l’emploie pour éliminer les traces de phosphore blanc du phosphore amorphe, pour dégraisser les étoffes de laine, et principalement pour vulcaniser le caoutchouc.

Hygiène industrielle et professionnelle. — Les ouvriers qui dans ces diverses industries font usage du sulfure de carbone, sont soumis à l’action de ses vapeurs qui déterminent chez eux, au bout d’un t(;mps plus ou moins long, une sorte d’empoisonnement chronique qui a été très bien étudié par Delpech. D'après les deux mémoires publiés par le médecin de Necker, en 1857 et 1866, les ouvriers soumis habituellement aux vapeurs de sulfure de carbone, ressentent des maux de tète accompagnés de battements douloureux aux tempes, des douleurs musculaires et articulaires, des fourmillements et des crampes, surtout aux membres inférieurs, de l’anesthésie de la peau; ils sont agités, rient et pleurent sans motif, s'irritent et s’emportent à propos de rien; leur esprit devient très mobile ; les hommes ont une excitation génésique assez prononcée et on constate chez les femmes une exagération des Dictionnaire populaire de Médecine us r.Ei.i.s.

règles. Les ouvriers ont le goût perverti, iD ('q rouvent du dégoût pour les aliments, dans certains cas ils ont des nausées, des vomissements, de la colique et de la diarrhée. En même temps on constate chez eux de l’oppression, une toux sèche, des palpitations de cœur et de fortes transpirations. Leur haleine fétide est toute imprégnée de l’odeur des vapeurs d’oxyde de carbone, il en est de même de leurs urines. A cette série d’accidents et de symptômes succèdent de l’abattement, de la tristesse et du découragement, une faiblesse musculaire des bras et des jambes, un engourdissement très prononcé des mains, qui va quelquefois jusqu’à la paralysie, une frigidité complète remplace l’excitation génésique. La vue se trouble, la cornée chez quelques ouvriers, atteint un tel degré d’insensibilité que MM. Hergeron et Lévy ont pu promener une barbe de plume à sa suiface, sans que l’œil se ferme ; la mémoire s’affaiblit, l’ouie s’émousse ; inutile d’ajouter que la santé générale est de plus en plus altérée et que bientôt, ne mangeant presque plus, ces malheureux deviennent profondément anémiques et arrivent à la cachexie.

En dehors de ces graves accidents produits sur les ouvriers, le sulfure de carbone est encore un grand danger d'incendie et de détonation, puisque nous avons vu au commencement de cet article avec quelle facilité ses vapeurs s’enflamment à l'air, à une assez grande distance des corps en ignition.

Les précautions à prendre concernent donc les chefs d’ateliers et les patrons.

Les industriels devront suivre les prescriptions édictées par le decret du 19 mai 1873, d’après l’avis du Conseil d'hygiène de la Seine : construire les ateliers en matériaux incombustibles, avec combles en fer; y pratiquer une ventilation énergique et bien conduite; les vapeurs de suffure de carbone étant plus lourdes que l'air, ainsi que le fait justement remarquer Douchardat, établir un double plancher à claire-voie et établir les tuyaux d’aspiration non au plafond, mais au niveau du premier plancher plein imperméable; éclairer les ateliers par la lumière du jour et n’y jamais pénétrer avec une lumière. Mieux vaudrait encore faire travailler les ouvriers en plein air sous des hangars.

Quant aux ouvriers ils devront, autant que possibte, prendre dès le début certaines précautions d'hygiene préservatrice et chercher à se mettre à l’abri des vapeurs de sulfure de carbone eu s’isolant au moyen d’appareils clos, communiquant avec une hot:e de dégagement ou un tuyau de ventilation. Ils pourront dans ce but se munir de l’appareil inventé par l’un d’eux, M. Descliamps, de Delleville. Cet appareil clos consiste en une cage vitrée enveloppant la table de travail : la cloison du coté de l’ouvrier est pourvue d’oritices pour le passage des mains et des avant-bras; des manches de caoutchouc, imperméables, souples et amples, serrées aux poignets garantissent l'occlusion complète des ouvertures pendant le travail et les ouvriers sont ainsi à l’abri complet des dégagements de vapeurs.

Lorsque, faute de précautions, les phénomènes d’intoxication commencent à se produire, les ouvriers suspendront tout travail, passeront la plus grande partie de la journée au grand air, prendront

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une noun ilure tonique et réparatrice, éviteront les excès de boisson, se livreront à des ablutions et à des bains généraux, stimulants, fréquents. Si les phénomènes de paralysie se montraient, il faudra avoir recours aux préparations de strychnine et à l’électricité, et ne pas oublier que malgré la gravité de feur forme, tous les symptômes de l’intoxication parles vapeurs de sulfure de carbone, disparaissent en général assez rapidement lorsqu’on en éloigne la cause première et qu’on les traite assez à temps.

CARBONIQUE (ACIDE). — L’acide carbonique est un gaz incolore, inodore, d’une saveur fraîche et piquante un peu aigrelette, soluble dans l’eau et l’alcool, impropre à la respiration et à la combustion. Il existe toujours dans l’air dans la proportion de 4 à 6 dix millièmes, en moyenne. 11 est le produit de la respiration animale et se dégage pendant l’expiration, tandis que les plantes l’absorbent à leur tour en dégageant l’oxygène. Il se produit aussi pendant la combustion des divers charbons; il se dégage de certains volcans éteints; on le trouve combiné à la chaux sous forme de craie ou de marbre; il existe dans plusieurs eaux minérales, telles que Saint- Galmier (Badoit) , Rcnlaigue, Fougues, Orezza, Vichy, Bigorre, Chatelguyon, etc., etc. Enfin, il se dégage pendant la fermentation alcoolique du vin, de la bière, etc., et pendant la fermentation putride.

L’acide carbonique existe dans notre organisme. Il se trouve dans tous les tissus et tous les liquides du corps humain, principalement dans le sang où il est surtout à l’état de bicarbonate de soude et à l’état libre, ou plutôt dissous, grâce aux phosphates de soude et de potasse que ce liquide contient. 11 provient des phénomènes chimiques de la nutrition qui se produisent plutôt dans les tissus en dehors des vaisseaux que dans le sang où il est déversé par exosmose à travers les parois des capillaires. Le sang artériel en contient en moyenne 30 p. 100 en volume et le sang veineux 35 p. 100.

Le sang se débarrasse d’une grande partie de l’acide carbonique qu’il contient, en passant dans les poumons qui l’éliminent presque en totalité; le reste s’élimine par la peau et par les reins, et l’élimination par les reins sert à nous expliquer les quelques effets diurétiques produits par l’acide carbonique. Ce gaz est donc un produit de la combustion organique, mais là ne semble pas se limiter son rôle dans notre organisme. D’après le physiologiste Brov n-Séquard, l’acide carbonique serait l’excitant nécessaire d’un des centres nerveux qui tient sous son empire l’importante fonction de la respiration.

Effets. — Projeté sur la peau saine, l’acide carbonique détermine d’abord une sensation de froid et de picotements bientôt suivie d’un sentiment de chaleur qui peut s’accompagner de rougeur de la peau. Si le contact est prolongé, il se produit un léger degré d’anesthésie.

Si au lieu de projeter le gaz sur la peau, on plonge le corps entier dans un bain d'acide carbonique, on observe les mêmes elléts généralisés; mais de plus, d’après Boturcau, la chaleur se

montre surtout au creux de l'épigastre, à la partie interne des membres, principalement des cuisses, aux parties génitales et au périnée, où elle détermine des picotements et des chatouillements.

Enfin, appliqué sur la peau dénudée ou sur les muqueuses, l’acide carbonique produit les mêmes effets, mais plus rapides et plus intenses.

Respiré à l’état pur, l’acide carbonique qui, nous l’avons vu, est impropre à la respiration, détermine de la rougeur de la face, la proéminence des yeux, de la céphalalgie, des vertiges, une sorte d’ivresse, une sensation de chaleur à l'épigastre et dans la poitrine, de la dyspnée, un besoin instinctif de res pirer et l’accélération des mouvements respiratoires, l’élévation du pouls, des convulsions, enfin du coma, de la cyanose, la paralysie de la respiration et la mort.

Lorsque l’acide carbonique est aspiré mélangé à l’air, dans les proportions de 1 cinquième d’acide carbonique et de 4 cinquièmes d'air ou d’hydrogène, le mélange est encore respirable, mais ainsi que cela résulte des expériences de Demarquay : « il ne serait pas prudent d’augmenter la dose ».

Enfin, lorsque l’acide carbonique est respiré en faibles quantités, il détermine des effets antipasmodiques.

L’acide carbonique introduit dans l’appareil digestif, sous forme d’eau chargée de cet acide (eau gazeuse), provoque une saveur piquante et une sensation de chaleur et de bien-être dans l’estomac. Sous son influence l’appétit est réveillé, les sécrétions salivaires et gastro-intestinales sont activées ainsi que les contractions péristaltiques de l’estomac et des intestins. Ingéré en trop fortes quantités, l’acide carbonique détermine une légère excitation cérébrale, comme une légère ébriété, une accélération du pouls, une gêne épigastrique et, au lieu de | stimuler l’estomac et de faciliter la digestion, il i amène, comme le fait remarquer Bouchardat : « du 1 météorisme, une distension exagérée de l’estomac qui | ne sont pas indifférents pour la santé. » Aussi vaut-i ; toujours mieux boire des eaux gazeuses naturelles, ) telles que les eaux de Saint-Galmier (Badoit), Pou- ; gués, Orezza, Vichy, Chatelguyon, Royat, Renlaigue, etc., dans lesquelles l’acide carbonique se i trouve naturellement à l’état de dissolution aqueuse, que les eaux gazeuses artificielles, eaux de seltz, etc., trop chargées d'acide carbonique sous une près- \ sion habituelle de 6 à 7 atmosphères.

Usages. — Les applications thérapeutiques de l’a- i eide carbonique ne sont pas très nombreuses.

A l’extérieur, on l’a appliqué à la cicatrisation ! des plaies, depuis que Demarquay a démontré ([ue ( ce gaz hâtait cette cicatrisation. On l’a aussi appli- ^ qué à cause de ses propriétés antiputrides et ânes- ! thésiques, en injections sur les cancers des seins et f de l’utérus ulcérés; en douches vaginales pour coin- ; battre les douleurs utérines qui accompagnent sou- { vent la période menstruelle (le meilleur appareil et 1 le plus simple pour administrer les injections da- j eide carbonique, est celui de M. Fordos, pharnia- j cien distingué des hôpitaux de Paris); en bains j locaux ou généraux contre les douleurs névral- [ij giques, rhumatismales ou goutteuses. On est par- J venu à faire disparaître des obstructions intesti- )

nales en pratiquant dans le rectum des injections d'eau de sellz, et à sonlaffer des cystites avec ténesme vésical, au moyen d'injections d’eau de seltz dans la vessie.

Dans certains établissements d'eaux minérales, riches en acide carbonique, on a administré ce gaz en inhalations dansccrtaines atfections chroniques de l'appareil respiratoire, telles que bronchites, laryngites, angines granuleuses, avec un certain succès. Mais c’est surtout dans les digestions laborieuses, les crampes d’estomac, les vomissements, les catarrhes gastro-intestinanx, la constipation, les flatulences, que l’acide carbonique en dissolution dans l’eau trouve sa principale indication. Ajoutons en terminant qu’il est aussi utile chez les individus atteints de goutte phosphatique.

D’’ Paul Labarthe.

CARCANIÈRES (eadx minérales de). — Carcanières est un petit village de l’arrondissement de Poix, situé dans une gorge profonde et sauvage, sur les bords de l’Aude, qui possède des eaux minérales sulfurées sodiques, provenant de plus de 18 sources réparties entre quatre petits établissements où on les administre en boisson, en pulvérisation, en bains et en douches. Les malades qu’on rencontre à Larcanières sont surtout atteints d’atfections chroniques de l’appareil respiratoire, de rhumatismes et de maladies de peau. p. l.

CARCINOME. — (V. Cancer^)

CARDAMOME. — Le cardamome est le fruit

lique. Le cardamome de la Ihériaque.

de VEllêtarie cardamome , plante de la famille des amomées, qu’on trouve sur la côte du Malabar, à la Jamaïque et dans les lieux humides et ombragés de l’Inde.

11 est constitué par une capsule oblongue, pointue aux deux bouts, de 3 à 4 centimètres de longueur, à trois faces et à trois valves constituant trois loges qui contiennent chacune, disposées sur deux rangées, cinq à sept graines très anguleuses, de couleur brun foncé, d’une odeur et d’une saveur forte, aromatique, .suave, dues à une huile essentielle, soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles grasses. Le cardamome jouit de propriétés stomachiques excitantes et carminatives. Il est peu usité en France, mais les Anglais et les Indiens l’emploient comme condiment, comme excitant et comme aphrodisiaque, sous forme de poudre ou de teinture alcooentrait dans la composition P. !..

C ARDEURS. — Hygiène professionnelle. — Les

cardeurs sont les ouvriers qui sont employés au cardage du coton, de la laine, de la soie, du lin ou du chanvre, avant que ces substances soient soumises à la filature. Nous renvoyons le lecteur au mot Filature, où nous traiterons d’une façon complète l’hygiène des divers ouvriers qui y sont employés (Voy. Filature). p. l.

CARDIA. — Nom donné pai' les anatomistes à l’orifice supérieur de l’estomac qui fait communiquer celui-ci avec l’œsophage (V. Estomac). p. l.

CARDIALGIE. — Synonyme de gastralgie (V. ce mot). - ' p L.

CARDIAQUE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner les artères, les veines et les nerfs du cœur (y. Cœur). p, l,

CARDITE. — On donne ce nom à l’inflammation du cœur, maladie rare qu'il est à peu près impossible de reconnaître pendant la vie, qui peut se produire à la suite des péricardites et des endocardites, par inflammation de voisinage ou par altération du sang, à la suite de fièvres graves, principa lement de la fièvre typho'i’de. Aiguë ou chronique, la cardite est toujours mortelle. P. L.

CARDON. — Le cardon est une plante de la famille des carduacées, originaire de Barbarie et très commune dans le midi de la France où on le cultive beaucoup dans les potagers pour ses feuilles à côtes épaisses, charnues et succulentes, qui se mangent cuites dans du bouillon, apres avoir été attendries par l’étiolement. Celui-ci se fait en liant en bottes les feuilles et en les entourant pendant un mois d’une chemise de paille ou de deux tuiles canal. Ainsi abritées de la lumière, les feuilles blanchissent, perdent leur àcreté et prennent un grand développement. Le cardon cuit au jus ou dans du bouillon, est un aliment sain, mais peu nourrissant, d’une digestion facile, très convenable pour les convalescents et pour les estomacs délicats, et propre à entretenir la liberté du ventre. Le cardon à la moelle, si fort exalté par Brillat-Savarin, est un met très délicat mais indigeste. Les fleurs bleues du cardon ont la propriété de cailler le lait, et sont vendues dans ce but sous le nom Aq petite chardonnette. D' Paul Labarthe.

CARICA PAPAYA. — Lecarica papaya ou papayer, de la famille des papayacées, originaire de l’Amérique du Sud, selon les uns, des îles Molusques, suivant les autres, qui se rencontre dans l’Inde, à l’île Maurice, à la Réunion, aux Antilles et dans toute l’Amérique du Sud, est un arbre qui a le port du palmier, au tronc peu résistant, au sommet duquel les feuilles très élégantes, palmées à 5 ou 7 divisions profondes, se trouvent réunies en forme de parasol, avec les fruits au-dessous. Ces fruits, charnus et assez volumineux, d’une couleur vert jaune rougeâtre avant leur maturité, riches en amidon, deviennent farineux par la cuisson et entrent pour une bonne part dans l’alimentation des nè-

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grès. Lorsqu’ils sont mûrs, ils sont sucrés et parfumés, se rapprochant comme goût des abricots de nos pays et sont très recherchés comme dessert aux colonies. Les graines enfermées dans le fruit sont très nombreuses, rondes, chagrinées, marquées de sillons profonds, noires lorsque le fruit est mûr, et ont une saveur chaude et poivrée qui rappelle celle de la graine de capucine.

Les différentes parties du carica papaya, mais plus particulièrement le fruit vert, incisé, fournissent en abondance un suc blanc laiteux, liquide,

Fig. 218.

Carica papaya.

très coagulable à l’air, légèrement amer et styptique, avec un arrière saveur analogue à celle de la graine de capucine. Ce suc contient une proportion considérable d’un principe, la papaïne, principe amorphe, blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, analogue à la pepsine animale, que l’illustre chimiste Wurtz et Bouchut ont analysé et expérimenté, et appelé pepsine végétale. Ce suc exerce une action prodigieuse sur la fibre musculaire qu’il ramollit instantanément et fait entrer en digestion. Les émanations même de l’arbre suffisent pour produire sur la viande cet effet singulier, et dans les pays où le papaya est cultivé, les habitants suspendent dans les hautes branches les viandes qu’ils veulent conserver.

On conçoit aisément le parti que la thérapeutique

pouvait tirer de propriétés aussi merveilleuses. Des expériences de laboratoire furent instituées et donnèrent les résultats les plus surprenants. M. Wurtz, dans un rapport présenté à l’Académie des sciences le 15 novembre 1880, constate que la papaïne a dissous Jusqu’à deux mille fois son poids de fibrine, opérant avec autant de rapidité et de régularité que la meilleure pepsine animale, et que le produit de cette digestion donne de la peptone et une substance analogue à la leucine.

Du laboratoire, la papaïne est passée dans la pratique, et des faits innombrables sont bientôt venus prouver que son action était certaine et constante. MM. Wurtz et Bouchut ont reconnu que toute matière azotée, lait, viande, fibrine, est digérée par le suc de carica papaya en quantité beaucoup plus forte que celle que peut dissoudre la pepsine que sécrète l’estomac et qu’il présentait sur la pepsine

Carica papaya, détail des fleurs et des fruits.

cet avantage qu’il dissolvait la matière azotée aussi bien dans un milieu acide que neutre ou alcalin.

Deux pharmaciens, M. Trouette, ancien interne des hôpitaux, lauréat de l’Ecole de Pharmacie de Paris, et Perret, ex-préparateur à la Faculté de médecine de Strasbourg, se sont faits depuis quelques années les propagateurs de la papaïne, et l’offrent aux médecins et aux malades sous cinq formes différentes : sirop de papaïne, vin de papaïne, élixir de papaïne, cachets de papaïne et dragées de papaïne. Chacune de ces préparations trouve son emploi suivant l’âge, le tempérament, et le goût du malade, mais leur effet constant peut être garanti.

11 résulte des nombreuses expériences thérapeutiques faites dans les hôpitaux de Paris par Bouchut, Dujardin-Beaumetz, Hillairet, Guéneau de Mussy, Constantin Paul, etc., et par beaucoup d’autres médecins français et étrangers, que la, papaïne

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Trouette-Perret, trouve son application dans tous les cas où la pepsine est indiquée, c’est-à-dire dans les affections du tube gastro-intestinal, dans la dyspepsie, la gastralgie, les gastrites, les lientéries et dans toutes les maladies qui ont pour cause un mauvais fonctionnement de l’estomac. Le D" Moncorvo, de Rio-de-Janeiro, l'administre avec plein succès comme vermifuge. D’après le D" Vinson, la papa'me Trouette-Perret est un remède souverain contre le tœnia ou ver solitaire. Non seulement elle tue le ver, mais encore elle le digère. M. Boucliut, dans son service de l'hôpital des Enfants, a obtenu, par les applications locales de papa'me, la digestion des fausses membranes chez plusieurs petits malades atteints du croup, et par suite leur guérison. D' Paul Labarthe.

CARIE. — La carie est une inflammation chronique des os ayant deux caractères constants : la suppuration et le ramollissement du tissu osseux. Elle affecte ta substance spongieuse ou la substance compacte, les cartilages ossifiés, mais de préférence les os courts et les extrémités des os longs.

Dans un premier degré, on constate sur l'os carié les lésion de l’ostéite et celles de la périostite, avec ramollissement de la substance osseuse. L’os carié se laisse écraser sous le doigt et couper avec un scapel. Qu’on le coupe ou qu’on le presse, on voit sortir de ses aréoles un liquide sanieux, mélangé de pus et de sang. On observe aussi des bourgeons charnus répandus à sa surface. Autour du point carié, on constate la présence d’ostéophytes.

Dans un deuxième degré, l’os devient rugueux, raboteux, et il prend une teinte brune et noire.

Dans un troisième degré, l’os a disparu en partie; il y a eu désagrégation moléculaire. La substance osseuse, dans la carie, perd une partie de sa matière morganique.

Au point de vue de la physiologie pathologique, l’évolution de la carie comprend deux périodes.

La première est caractérisée parla transformation graisseuse des corpuscules osseux, sans inflammation préalable. Cette lésion qui a été décrite par M. Ranvier, n’est appréciable tout d’abord qu’au microscope. On constate en même temps que les noyaux de ces corpuscules sont atrophiés. Par suite de cette altération anatomique, due à un trouble de nutrition de l’os, les lamelles osseuses sont frappées de mort, .àlors commence la deuxième période.

Dans la deuxième période, il s’établit autour des parcelles osseuses nécrosées une inflammation, une ostéite à forme particulière. C’est elle qui constitue la carie, telle qu’on l’a décrite jusqu’à présent.

La carie, nous venons de le voir, n’est qu’une ostéite spéciale, se développant sur un terrain altéré, pour ainsi dire, et souvent préparé par la scrofule, quelquefois même par la syphilis. Elle peut être aussi occasionnée par des causes externes, telles que les violences extérieures, la présence d’un corps étranger dans un os, le voisinage d’une phlegmasie, etc.

Au début de la carie, le malade ressent dans un point déterminé d’un os des douleurs vives, intermitteules, souvent nocturnes, suivies d’une légère

tuméfaction et d’un peu de chaleur. Plus tard, le gonflement augmente, la peau prend une teinte d’un rouge sombre, s’amincit et on peut sentir la fluctuation. L’abcès s’ouvre, et il reste un trajet fistuleux, à travers lequel un stylet peut être introduit. Ce stylet rencontre l’os carié, dans lequel il pénètre le plus souvent sous l’influence d’une légère pression, en brisant quelques lamelles osseuses ramollies. Lorsqu’on le retire, il s’écoule un peu de sang par la fistule. L’ouverture fistuleuse a des bords saillants, fongueux; elle donne passage à un pus mal lié, souvent fétide.

La carie détermine, d’abord, des symptômes locaux, qui peuvent durer indéfiniment et qui sont sujets aux mêmes rémissions que ceux de l’ostéite. Plus tard, s’y joignent les symptômes des complications, qui peuvent amener une terminaison funeste.

Si la carie siège à l’extrémité d’un os long, elle donne naissance à une tumeur blanche; si ellesiège sur les côtes ou sur les os du crâne, elle peut déterminer une pleurésie ou des symptômes de méningite. Elle est sujette à des complications, suite de suppuration ; aussi n’est-il pas rare de la voir se terminer par une infection purulente ou par infection putride.

Dans quelques cas, elle détermine des symptômes généraux caractérisés par l’amaigrissement, l’anémie et la diarrhée ; elle peut occasionner la fièvre hectique et la mort du malade par suppuration. On comprend que sa durée, longue ordinairement, doive varier.

11 est rare qu’elle guérisse spontanément. Cependant la partie cariée se détache quelquefois sous forme de séquestre; la carie s’est alors transformée en nécrose, et la guérison peut avoir lieu à la suite de l’expulsion de la partie mortifiée. D’autres fois, les fongosités se changent peu à peu en bourgeons charnus de bonne nature, et forment une cicatrice définitive.

La carie peut présenter diverses formes, et l’on conçoit qu’elles entraînent quelquefois une certaine modification dans les symptômes. La carie peut être superficielle, ou profonde et centrale-, dans ce dernier cas, l’os se dilate, les douleurs existent, mais les autres symptômes ne surviennent que plus tard. Il y a une carie dure et une carie molle, qu correspondent à l’ostéite raréfiante et condensante. La carie bulleuse est celle qui s’accompagne debour soufflement de l’os ; la carie térébrante présente des excoriations de la surface osseuse ; la carie nécrotique centrale s’accompagne de la nécrose de quelques lamelles osseuses. La carie sèche suppure peu; la carie fongueuse, moins grave, s’accompagne d’une grande production de fongosités; la carie torpide, atonique, est, de toutes, la plus grave ; elle a une marche lente et s’observe surtout chez les scrofuleux. Enfin, on a distingué une carie scrofuleuse, rhumatismale, scorbutique, syphilitique, etc.

Grave, en général, le pronostic varie selon le siège et l’étendue de la carie. 11 est plus grave au voisinage d’une articulation et dans les os qui avoisinent des organes importants, comme les méninges et les plèvres.

11 est bon de soumettre le malade à un traitement

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général qui s’adresse à la constitution du sujet ; administrer les amers, les toniques, les ferrugineux, le phosphate de chaux, les antiscrofuleux ou les antisyphilitiques, suivant tes cas. Le traitement local, plus important, se compose de moyens destinés à modifier les tissus malades, tels que ; cataplasmes, bains, scarifications, vésicatoires volants, cautérisation transciirrente , cautères et moxas. Les autres moyens sont destinés à transformer la carie en nécrose. Le plus souvent, on porte directement le fer rouge sur le tissu malade, après en avoir enlevé la plus grande partie avec la gouge et le maillet. On place ensuite des compresses d’eau froide sur le point cautérisé. Ce moyen simple, applicable surtout aux os superficiels, détermine une prompte réparation de la partie que le fer a cautérisée.

On peut, dans quelques cas, se frayer une voie à travers les parties molles et pratiquer la résection de la portion cariée, en conservant le péiâoste. Dans les cas où cette opération est impossible, l’amputation est souvent nécessaire. o» j.-a. foiit.

CARIE DENTAIRE. — (Voyez Dents.]

CARMINATIF. — Nom donné en thérapeutique aux médicaments qui ont la propriété d’expulser les llatuosités ou gaz qui se forment dans le tube gastro-intestinal, et de prévenir leur accumulation. L’anis, la cannelle, le piment, la mélisse, la menthe, la noix vomique, l’élixir de Garus, etc., sont des carminatifs. p. l.

CARONCULE. — Nom donné par les anotomistes à plusieurs petits tubercules charnus qui se trouvent sur différents organes. Les principaux sont la caroncule lacrymale et les caroncules myriiformes.

Caroncule lacrymale. — Nom donné à une petite élevure charnue, située au niveau de la commissure interne de l’œil du côté du nez, formée par un amas de glandules sébacées surmontées de ])etits poils blancs, au-dessus de laquelle passe la conjonctive en s’y adossant pour former un petit lepli placé verticalement entre la caroncule et le globe de l’œil. Il arrive parfois que les poils de la caroncule prennent un développement anormal et déterminent de la conjonctivite, qui ne cesse qu’après leur extirpation. On a quelquefois, mais très rarement, observé des abcès de la caroncule lacrymale (V. Conjonctive).

Caroncules myrtiformes. — Nom donné à des petits tubercules rougeâtres, situés à l’entrée du vagin, plus ou moins fermés, très variables dans leurs dimensions et leur nombre, formés par les lambeaux de la membrane hymen, déchirée après les premiers rapprochements sexuels complets V. Hymen). P p

CAROTIDES. — Anatomie. — Nom donné par les anatomistes aux artères principales de la tète et du cou. On distingue les artères carotide primitive,

CAROTIDE EXTERNE et CAROTIDE INTERNE.

Les CAROTIDES PRi.viiTivEs sout au nombre de deux : l’une, droite, naît du tronc brachio-céphalique ; l'au-

(IMl

tre, gauche, vient directement de la convexité de la crosse de l'aorte et est plus longue que la droite de toute la hauteur du tronc brachlo-céphalitiue. Toutes deux sont situées à la partie antérieure et latérale du cou et séparées l'une de l’autre parla trachée-artère et le larynx ; on peut sentir leur battement avec le doigt de chaque côté de cette saillie. Elles se terminent au niveau supérieur du cartilage thiro'i'de où

Fig. 'ÜU.

Région carotidienne. — A. Muscle sterno-rnaïloïdien tiré en dehors par une érigne. — B. Muscle omo-hyoVdicn. — C. Muscle sterno-thyroïdien. — D. Muscle sterno-hyoïdien. — E. Muscle digastrique. — F Glande parotide. — G. Veine jugulaire interne. — H. Nerf grand hypoglosse. — 1. Branche ascendante du grand hypoglosse. — J. Artère carotide primitive. — K. Ar tère carotide interne. — L. Artère carotide e.xterne. — M. N. 0. Branches de la carotide externe. — P. Aponévrose du cou. — I). Nerf pneumogastrique entre la veine et l’artère, mais plus superficiel qu’il ne l’est en réalité. — R. Corps thyroïde.

elles présentent une légère dilatation et se divisent en deux branches, la carotide externe et la carotide interne. Les carotides primitives ne donnent naissance à aucune branche collatérale.

La CAROTIDE EXTERNE, destiiiéc surtout au cou et à la face, va du niveau du bord supérieur du cartilage thyroïde au col du condyle de la mâchoire inférieure, où elle se divise en deux branches, l’artère temporale super ficielle et l’artère maxillaire interne, après avoir fourni sur son parcours six branches collatérales, dont trois antérieures, les artères thyrdidienne supérieure, et /aciaZe; deux pos-

térieures, les artères occipitale et auriculaire ; et une interne, l’artère pharyngienne inférieure.

La Carotide interne qui se rend dans l’intérieur du crâne pour se distribuer au cerveau et à l’appareil de la vision, commence au niveau du bord supérieur du cartilage thyi’o'ide, passe entre le pharynx et la glande parotide, arrive à la base du crâne où elle pénètre par le canal carotidien du rocher, longe ce canal, passe plus loin sur la lame cartilagineuse qui ferme le trou déchiré antérieur, se dirige dans la gouttière caverneuse, traverse le sinus caverneux et se termine un peu au-dessus du trop optique où elle fournit quatre bi’.inelies termi-

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nales : les artères cérébrale antérieure, cérébrale moyenne, communiquante postérieure et choroïdienne, et une seule branche collatérale, l’artère ophthalmique.

Blessures des carotides. — Les carotides primitives, par leur situation, sont très exposées aux plaies par instruments tranchants et piquants, et aux plaies par armes à feu. .le dois dire que les plaies par instruments tranchants sont de beaucoup plus fréquentes et qu’elles sont presque toujours le résultat de tentatives de suicide. Elles sont généralement et rapidement mortelles, surtout lorsque l’artère a été largement ouverte, à moins que, le l)lcssé tombant aussitôt en syncope, l’hémorrhagie ne s’arrête quelques instants et laisse au médecin le temps d’arriver pour pratiquer la ligature du vaisseau.

Anévrismes des carotides. — Les carotides peuvent être le siège d’anévrismes. Je dois dire cependant qu’ils sont très rares. Ainsi, sur 551 anévrismes, le D'' Crisp eu a trouvé 25 siégeant sur les carotides, et ceux de l’artère carotide primitive étaient de beaucoup plus fréquents que ceux des carotides externe ou interne, ün ne connaît même qu’un seul cas d’anévrisme de la carotide externe. (\ . Anévrisme). O"' Paul Labarthe.

CAROTIDIEN. — Qualilicatif donné à tout ce qui a rapport aux carotides. p. l.

CAROTTE. — La carotte est une plante herbacée de la famille des ombellifères dont la racine occupe une place importante dans notre alimentation et dans celle des bestiaux que l'on veut engraisser. 11 y a des carottes blanches, jaunes, rouges et violettes. Les blanches et les jaunes sont de qualité inférieure: les rouges, principalement la toupie rouge de Hollande, la carotte de Paris et la rouge d'Achicomt sont les plus estimées. Tendres et sucrées lorsqu’elles sont jeunes, les carottes durcissent, deviennent ligneuses, perdent leur suc et acquièrent un goût âpre et fort qui les rend indigestes, lorsqu’on les laisse longtemps en terre. Tous les maraîchers et toutes les cuisinières vous diront que les bonnes carottes doivent se casser nettement par le milieu lorsqu’on essaye de les plier en deux

La carotte qui sert à assaisonner la plupart des soupes, des sauces et des ragoûts, se mange aussi seule sautée au beurre ou cuite au blanc. Elle constitue un bon aliment, pas très nutritif ni très réparateur, cependant elle contient du gluten, de l'albumine végétale, du succédé canne, de la mannite, de Tacide pectique, une matière résineuse qui lui donne sa couleur et des principes volatils propres à stimuler ses propriétés digestives. En somme, la carotte est un aliment salubre et d’une facile digestibilité. Les diabétiques devront s’en abstenir.

La semence de carotte, d’une odeur aromatique assez prononcée, d’une saveur un peu chaude, amère et également aromatique, est employée dans la cuisine chez les Turcs, qui la mêlent souvent à la bouillie des enfants. En Angleterre, dans certaines familles, on remplace le thé par une infusion de graines de carotte.

La carotte a été fort employée jadis en médecine ;

l'AH ;{4;{

en topique contre le cancer; en suc concentré contre l’extinction de voix, l’asthme, la phthisie; en salade contre les vers intestinaux; en tisane contre la jaunisse. « Toutes les personnes qui ont la jaunisse, écrivait le professeur Richerand, ont la plus grande confiance à l’eau de carotte jaune, et lorsque j’y substitue une tisane plus laxative, elles se pro curent en cachette de l’eau de carotte et ne man quent jamais de lui attribuer leur guérison. Les malades sont persuadés qu’il existe un rapport mystérieux entre la maladie et le remède qu’ils emploient; il y a analogie de couleur et similes similibus gaudent, me disait l’un d’entre eux. » On a aussi attribué à la graine de carottes en tisane, des propriétés diurétiques, et certains médecins anglais l’ont administrée contre la gravelle et les coliques néphrétiques. Aujourd’hui, la carotte, dont les diverses propriétés thérapeutiques étaient absolument problématiques, n’est plus employée en médecine. Seuls, les paysans de certaines contrées de la France, font avec la pulpe râpée de carotte, des cataplasmes qu’ils appliquent sur les gerçures du sein et sur les brûlures. D' Paul Labarthe.

CARPE. — On app<dle carpe, en anatomie, le squelette du poignet, c’est-à-dire de cette partie du membre supérieur comprise entre l’avant-bras et la main. Le carpe est compo.sé de huit petits os disposés sur deux rangées : l’une supérieure comprenant de dehors en dedans le scaphoïde, le semi-lmnaire, le pyramidal et le pisiforme, qui s’articulent par leur face supérieure avec les deux os de l’avant-bras, le radius et le cubitus; l’autre inférieure ou métacarpienne, comprenant de dehors en dedans le trapèze, le trapézoïde, le grand os et l’o^ crochu, qui s’articulent par leur face inférieure avec les os du métacarpe et par leur face supérieure avec la face inférieure des os de la première rangée. Tous ces os s’articulent entre eux par amphiarthroses (Voyez Poignet et Main). p, p,

CARPE. — La carpe est un poisson de la famille des cyprénides, très commun en France dans les rivières et dans les étangs, dont la chair, lorsqu’elle ne sent pas la vase, constitue une nourriture saine, légère et de bon goût. Les gourmands préfèrent la carpe laitée à la carpe œuvée, la carpe de rivière à la carpe d’étang ou de vivier, et choisissent celles qui sont larges et peu allongées. On les mange frites, grillées, à la Chambord ou en matelote. Les gastralgiques et les dyspeptiques ne les mangeront que frites ou grillées, la sauce au vin étant d’une digestion difficile. Quelques personnes mangent les œufs de carpe, mais ils sont considérés comme indigestes. P. L.

CARPHOLOGIE. — On donne ce nom à des mouvements involontaires et automatiques des mains el des doigts que l’on obsei've chez certains malades qui semblent chercher à saisir dans l’air ou sur les draps de lit des objets imaginaires, ou à ramener à eux les couvertures. Ces mouvements s’observent particulièrement dans la période ultime des maladies aiguës, dans les tièvres graves à forme ataxique et précèdent presque toujours l’agonie, p. l.

CAR

CAR

CARREAU. — On donne le nom de carreau à la tuberculisation des ganglions du mésentère ou pédicule membraneux que le péritoine forme à l’intestin grêle. Cette maladie, spéciale à l’enfance, s’observe surtout de trois à dix ans, elle est d’autant moins grave que l’enfant est plus jeune, et elle se développe sous l’influence de toutes les conditions débilitantes qui pré.sident à la genèse des tubercules. Pourquoi chez les enfants les tubercules affectent-ils les ganglions mésentériques ou bronchiques de préférence aux poumons? N’est-ce pas en raison de l’activité spéciale du système lymphatique à cet âge?

Les ganglions mésentériques sont tuméfiés au point d’acquérir les dimensions d’un œuf de poule, ils sont isolés ou réunis de façon à former une jyiasse dure et bosselée, leur coque est épaissie; si on les inci.se, on les trouve criblés de petits foyers jaunes ou grisâtres de dimensions variables, de dépôts caséeux comparables à du fromage, ou même, si la lésion est plus avancée, à un liquide puriforme; en somme, l’altération du ganglion consiste tantôt en produits tuberculeux, tantôt en dépôts caséeux, résultats de ces inflammations chroniques, si fréquentes chez les scrofuleux.

Chez la moitié environ des enfants emportés par le carreau on rencontre des ulcérations tuberculeuses dans l’intestin, les ganglions bronchiques, le péritoine, etc...

Le début de cette affection est des plus obscurs, et le carreau n’est reconnu que lorsque les lésions sont déjà avancées. On apprend alors que, depuis un certain temps, l’enfant s’affaiblit, il pâlit, maigrit, il a fréquemment de la diarrhée, mais il ne vomit pas, son ventre est gros. Eu somme, les symptômes sont fournis : 1° par l’aspect du ventre; 2“ par les troubles digestifs; 3" par l’état général.

Le volume du ventre n'a pas, chez les enfants atteints du carreau, toute la valeur qu'on lui attribuait jadis, car le ventre peut grossir sous l’influence de causes multiples, telles que nourriture grossière, digestions pénibles, dégagement anormal de gaz. Mais lorsque les parois peuvent être déprimées, on constate la présence de tumeurs bosselées et irrégulières, ce signe est caractéristique ; la pression est rarement douloureuse.

Les troubles digestifs consistent en diarrhée, mais l’appétit est conservé; cette diarrhée se rattache moins â la maladie ganglionnaire qu’aux ulcérations intestinales qui la compliquent.

Le mauvais état de l’enfant, sa faiblesse, son dépérissement, tiennent à la fois à la tuberculose intestinale et à ce que les ganglions moins perméables arrêtent jusqu’à un certain point le cours du chyle. Ajoutons qu’une santé parfaite est compatible avec des ganglions mésentériques très développés.

Le carreau a une marche fort lente, et sa durée est impossible à préciser; il peut guérir comme guérissent les adénites cervicales si fréquentes dans les mêmes conditions. Ce sont surtout les ulcérations intestinales qui aggravent le diagnostic.

La constatation dii'ecte des tumeurs abdominales est le signe caractéristique du carreau, la péritonite chronique est la seule maladie qui puisse ex-

poser à une erreur, mais les vomissements verdâtres, les douleurs abdominales, le gonflement uniforme du ventre, caractérisent la péritonite.

Le traitement consistera surtout dans une alimentation substantielle et de facile digestion, une bonne hygiène, le séjour à la campagne, l’hydrothérapie, les bains salés, iodés ou sulfureux. La diarrhée sera combattue par les moyens ordinaires.

D' Léon Moynac,

Ancien interne des hôpitaux, ancien professeur libre d’anatomie, de pathologie et de clinique médico-chirurgicale.

CARRELET. — (Voyez Plie).

CARRIERS. — Hygiène professionnelle. — Les

ouvriers employés dans les carrières sont exposés à une série d’accidents et de maladies. Parmi les accidents, nous signalerons les éboulements, soit des blocs de pierre, soit des terres escavées qui peuvent les ensevelir ou les écraser ; les chutes par suite de ruptures des échelles, des cordes, des chaînes qui supportent les bannes dans lesquelles ils sont placés pour descendre dans les carrières et en remonter. Parmi les maladies, nous signalerons les affections catarrhales, rhumatismales et névralgiques occasionnées par le séjour prolongé dans les galeries souterraines froides et humides, telles que bronchites, rhumatismes musculaires et articulaires, lumbago, névralgies musculaires, etc.; une irritation continuelle de la muqueuse du nez, du pharynx et des yeux, des blépharites ciliaires, des conjonctivites, dues à l’action des poussières, etc.

L’hygiène préventive, c’est-à-dire l’usage de la flanelle sur le corps, de lunettes et de masques respirateurs, préviendra la plupart de ces maladies. Quant aux accidents, ils seront évités si le matériel est toujours en bon état et fréquemment vérifié, et si les exploiteurs de carrière se conforment aux ordonnances de police qui régissent la matière, c’est-àdire s’ils font toujours deux puits, un pour l’extraction de la pierre, l’autre spécial pour l’ascension et la descente des ouvriers, et s’ils font étayer les voûtes des carrières par des piliers suffisamment nombreux, au fur et à mesure des besoins.

D' Paul Labarthe.

CARTILAGE. — On donne ce nom en anatomie, à un tissu solide , moins dur que le tissu osseux, élastique et flexible, d’une couleur variant du blanc opale au blanc jaunâtre. On en distingue deux sortes : 1. les CAUTiLAGES PROPUEjiENT DITS, Comprenant: les cartilages du fœtus , tous les cartilages articulaires; les cartilages du nez, du larynx, de la trachée, des bronches ; les cartilages costaux, etc. — 11. Les FiBUO-CAKTiLAGES, parmi lesquels on trouve les cartilages tarses, les disques intervertébraux, le disque interarticulaire de l’articulation temporomaxillaire, le fibro-cartilage du pavillon de l’oreille, le cartilage de Santorini, etc.

I. Cartilages proprement dits. — Il en existe de deux espèces : les cartilages articulaires et fes cartilages périchondrés.

Les cartilages articulaires sont ceux qui revêtent les surfaces articulaires. Ils sont résistants et élas-

CAS

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tiques, disposés sous forme de lames, dont l’une des faces est adhérente à l’os, l'autre étant libre dans la cavité articulaire, lisse, onctueuse et en contact direct avec la synovie qui la lubréfie. Ils sont constitues par une substance fondamentale granuleuse, creusée de petites cavités que Robin appelle chondroplastes, ovoïdes, arrondies’, et renfermant des cellules, dites cellules de cartilage, s’élevant quelquefois jusqu’à vingt par chondroplaste. Tous les anatomistes sont d'accord pour dire qu'ils sont dépourvus de vaisseaux et de nerfs.

Les cartilages périchondrés sont tous ceux qui ne revêtent pas les surfaces articulaires. Ils sont caractérisés par la présence d’une membrane analogue au périoste des os et qui a reçu le nom de périchondre. D'un blanc terne , très résistants et très élastiques, ils sont constitués aussi par une substance fondamentale homogène, dans laquelle sont creusés également des chondroplastes deux ou trois fois plus gros que ceux des cartilages articulaires et renfermant des cellules de cartilage.

IL Les FiBRO-CARTiLAGES. — lls fout partie, pour la plupart, des articulations mobiles. Les uns remplissent l’espace qui reste libre dans certaines articulations dont les surfaces ne sont pas juxtaposées, et prennent la forme des surfaces avec lesquelles ils sont en contact : on les appelle disques interarticulaires. Les autres, en forme de bourrelets plus ou moins saillants, existent autour de certaines cavités articulaires; on les rencontre autour de la cavité cotylo'ïde de l’os coxal, autour de la cavité gléno'i'de de l’omoplate, etc. lls ont une structure plus complexe que celle des cartilages proprement dits, et paraissent constitués par un mélange de tissu fibreux, de tissu cartilagineux et de tissu élastique. On y rencontre des vaisseaux et des nerfs.

Les cartilages sont insensibles; ils peuvent s’enflammer, se nécroser, se ramollir (V. Arthrite, Tumeur blanche. Rhumatisme, etc.).

D' Paul Labarthe.

CARTILAGINEUX. — (V. Cartilage.)

CARUS. — (V. Coma.)

CAR'VI. — Le carvi est une plante de la famille des Ombellifères, dont les semences, noirâtres, analogues à celles du fenouil et de l’anis, d’une saveur aromatique, chaude et sucrée, sont employées en Allemagne comme condiment dans la confection de la choucroute, et comme médicament carminatif en infusion. p. l.

CASCARILLE. — La casc^rille est l’écorce du croton eleutheria, de Swartz, arbre des Antilles et de divers pays de l’.Amérique méridionale, appartenant à la famille des euphorbiacées. Cette écorce se présente dans le commerce en petits fragments roulés de 3 à 5 centimètres de longueur et de l’épaisseur du petit doigt. Leur surface est rugueuse, feuilletée, leur couleur d’un brun obscur, leur cas- • sure résineuse, lls ont une saveur amère, un peu âcre, très aromatique, donnant à l’analyse de la résine, une huile volatile verte et suave, un principe amer mucilagineux.

D’après la composition de cette écorce, on peut présumer à l’avance qu’elle est à la fois stimulante et tonique : aussi l’a-t-on vantée dans les affections asthéniques, les diarrhées, les catarrhes et même contre les fièvres intermittentes. Dans ces cas là, on employait la poudre soit seule à la dose de 2 à 10 grammes en plusieurs prises soit associée au quinquina. 11 est reconnu aujourd’hui que ce fébrifuge n’a qu’une très faible action antipériodique. La tisane, le vin, l’eau distillée, le sirop et la teinture sont encore plus rarement employés que la poudre. La cascarille est un succédané de la cannelle; elle entre dans la composition de la plupart des élixirs stomachiques. Marc. Camboulives.

CASÉINE ou CASÉUM. — On appelle ainsi une substance organique, blanche, molle, analogue à l’albumine, sans saveur, faisant partie constituante du lait, dans lequel elle se trouve presque entièrement dissoute. G est la caséine qui, après avoir été coagulée et séparée de la crème ainsi que du petit lait, constitue le fromage blanc ordinaire; unie au beurre, elle forme les fromages gras. (V. Lait, Fromage). P P

‘iÇCASSE. — La casse officinale est le frui‘ ou sim-

Fig. 221.

Casse* — Feuille ; fleur; fruit coupé et fruit entier.

plement la pulpe du fruit du cassier ou canéficier, du cassia fistula, grand arbre de la famille des lé-

CAS

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gumineuses, originaire de l’Ethiopie, très commun aujourd’hui dans les Indes, l’Egypte et l’Amérique du Sud. Ce fruit est une gousse siliquiforme, pendante, étroite, cylindrique, longue de 30 à 60 centimètres, lisse, noire, indéhiscente, marquée d’une bande longitudinale sur chaque suture. On y trouve à l’intérieur un grand nombre de loges séparées par des cloisons transversales. Chaque loge renferme une graine arrondie, plate, dure, entourée ellemême d’une pulpe brun rougeâtre ayant une saveur acidulé, sucrée, assez agréable et une consistance qui approche de celle du miel.

Ces diverses parties de la gousse ont reçu en pharmacie des noms différents. Ainsi l’on appelle casse en bâtons, le fruit à son état naturel; casse en noyaux, le fruit raclé dont on a retiré la pulpe et les graines ; casse mondée, la pulpe séparée des graines et passée à travers un tamis de crin ; casse cuite, la pulpe cuite avec une certaine quantité de sucre.

La pulpe de casse est un laxatif doux qu’on emploie quelquefois dans les affections inflammatoires et fébriles, ainsi que dans les fièvres bilieuses et gastriques des pays chauds. Son goût agréable en fait un médicament précieux dans la médecine des enfants. Elle se prescrit généralement en infusion à la dose de :

Casse en gousse 30 à 60 grammes.

Eau chaude 300 à 1000 —

et se prépare de la manière suivante. On ouvre la gousse avec un maillet, on délaye la pulpe intérieure dans l’eau chaude et on passe à travers un blanchet ; cette tisane se prend par tasses dans la matinée.dans les fièvres éphémères, bilieuses, gastriques ou inflammatoires, comme tempérante et laxative. On prépare encore avec la casse un extrait que Ton fait prendre à la dose de 10 à 30 grammes en une seule fois. Enfin la casse entre dans, le fameux traitement des frères de la Charité contre la colique des pevitres (V. ce mot).

D' Marc. Camboulives.

CASSIS. — Le cassis est le fruit du groseiller noir que l’on mange, en dessert, comme les groseilles blanches et rouges, et avec lequel on prépare une liqueur agréable dont voici la formule :

Feuilles de cassis 1.30 grammes

Cassis bien murs et mondés 3 kilos

Cannelle 3 grammes

Girolle —

Alcool k 56" 3 litres

Sucre 1 kilo 300

Eau 1 litre

On écrase les fruits de cassis et on les fait macérer avec les feuilles, la cannelle et le girofle, dans l’alcool pendant quinze jours; puis on passe avec expression, on ajoute l’eau et le sucre, on mêle et on filtre. Dans les ménages, on prépare simplement la liqueur de cassis en remplissant à demi une grande bouteille avec des fruits et le reste)d’eau-de-vie blanche, après y avoir ajouté un peu de sucre. On laisse infuser au soleil pendant deux mois, en agitant la

bouteille de temps à autre; puis on presse et on passe. La liqueur de cassis, quelle que soit la formule adoptée, est d’un goût fin et délicat, stomachique, digestive, diurétique et carminative, qu’on boit pure et étendue d’eau.

Dans les campagnes, on applique les feuilles vertes de cassis hachées sur les coupures et sur les panaris, pour en hâter la guérison. D' Paul Labarthe.

CASTERA-VERDUZAN (eadx minérales de). — Castera-Verduzan est un petit village du département du Gers, situé à 22 kilomètres d’Auch, dans une jolie vallée, dont les eaux minérales sulfurées sodiques et ferrugineuses sont administrées en boisson, en bains et en douches dans un établissement élégant et confortable.

Parmi les affections qui se rencontrent surtout dans cette station, nous citerons la chlorose, l’anémie, les leucorrhées, les gastralgies et les gastrites chroniques, les catarrhes bronchiques et pulmonaires, les maladies de peau et les rhumatismes.

CASTORÉUM. — Le castoréum est un produit oléo-résineux et fétide contenu dans les deux poches qui accompagnent les organes génitaux du castor, animal amphibie, un peu plus gros que le chat domestique. Ces deux poches se présentent dans le commerce sous l’aspect de deux masses piriformes, allongées, un peu comprimées latéralement, se réunissant ensemble par une anse plus étroite qui leur donne la forme d’une besace. A l’intérieur se trouve disséminée dans les loges cellulaires, une matière brune ou jaunâtre, d’une odeur forte toute particulière, d’une saveur âcre et amère, c’est le castoréum proprement dit. Celui de Sibérie est plus estimé que celui du Canada; ils renferment tous deux une huile volatile, de la castorine, de la résine, des matières albuminoïdes, des matières grasses et des sels; ils sont insolubles dans l’eau, presque entièrement solubles dans l’alcool ainsi que dans l’éther. Introduits dans les voies digestives et absorbés, ils agissent à peu près comme l’asa-fœtida et la valériane en calmant la surexcitation morbide du système nerveux et sont ensuite expulsés au dehors avec les diverses sécrétions.

Plus souvent employé autrefois, le castoréum est un peu délaissé maintenant à cause de son action incertaine. Il se donne pourtant encore assez souvent dans l’hystérie, l’hypochondrie, les palpitations nerveuses, le hoquet convulsif et dans un certain nombre de maladies spasmodiques fébriles ou non fébriles. Mais il est surtout indiqué dans l’aménorrhée s’accompagnant de gonflement douloureux et tympanique du ventre, dans les coliques nerveuses dont le point de départ vient de l’intestin grêle et dans le travail pénible de l’enfantement. Le castoréum est même devenu un remède populaire dans le nord de l’Europe et de l’Amérique pour faciliter l’accouchement, calmer la violence des tranchées utérines, expulser le placenta.

On le fait prendre en poudre ou en teinture, rarement seul à cause de sa faible valeur thérapeutique, le plus souvent associé à l’opium, au camphre, à la valériane, à l’oxyde de zinc ou à d’autres substances

CAS

CAS

qui relèvent ses propriétés antispasmodiques. Les doses sont à peu près les mêmes que celles de l’asa-

Appareil du Castoréum. — a, a. Uretères. — />. Vessie. — CjC. Testicules. — d, d. Canaux déférents. — e, e. Vésicules séminales. — f, f. Glandes de Cooper. — g. Prostate. — A. Fourreau de la verge où viennent s’ouvrir les poches du castoréum. — i. Verge. — k, k. Poches où se àépose le castoréum. — l. Ouverture du prépuce dans le cloaque anal. — jn, m. Glandes anales. — n, n. Orifice des glandes anales. — o. Anus. — p. Queue.

plaies ou d’arrachement complet du testicule. On trouve dans les ouvrages de chirurgie d’armée, des observations de soldats qui ont eu la verge et les testicules emportés par un boulet.

Le fanatisme religieux, la jalousie, la vengeance, ont souvent armé des mains coupables ou porté des individus à se mutiler eux-mêmes. Tout le monde a présent à l’esprit le cas du fameux docteur de l’église, Origène, qui dans son exaltation mystique et pour se conformer aux paroles de l’évangile : « Si votre œil droit est pour vous une occasion de chute, arrachez-le et jetez loin de vous. » s’enleva les testicules. Nous savons aussi qu’il a existé une secte de chrétiens, connue sous le nom de Valériens, qui non seulement pratiquaient sur eux-mêmes la castration pour gagner le ciel, mais qui, dans leur fanatisme, mutilaient de la même façon, de gré ou de force, ceux qui tombaient sous leurs mains. La terrible vengeance du chanoine Fulbert sur l’infortuné Abeilard est dans toutes les mémoires.

Fig. 223.

Castration. — Ligature en masse du cordon.

fœtida. La potion suivante dont la formule est empruntée au Codex :

Teinture de castoréum 2 grammes.

Eau distillée de valériane 60 —

Eau distillée de fleur d’oranger. ... 60 —

Éther sulfurique 4 —

Sirop d’armoise composé 30 —

à prendre par cuillerée toutes les heures, est la préparation la plus employée. Le castoréum entre dans la composition de la thériaque et des pilules de cynoglosse. D' M.\rc. Comboülives.

CASTRATION. — La castration est une opération qui a pour but l’amputation des deux testicules. Par extension, on a donné ce nom à l’ablation d’un seul de ces organes, et, en médecine légale, ainsi qu’on le verra plus bas, on appelle castration l’ablation d’un organe quelconque nécessaire à l’accomplissement des fonctions génératrices.

La castration peut être le résultat d’accidents, de

Nous ne parlerons que pour mémoire des Italiens qui, pendant de longs siècles, pratiquèrent la castration sur de jeunes enfants, dans un but d’art et de luxe, pour donner à leur voix la douceur et la suavité de la voix de femme, avec une plus grande étendue et un développement plus parfait; non plus que de la castration des hommes destinés à garder les femmes dans les sérails de l’Orient (V. Eunuque).

Enfin nous jetterons un voile sur ces opérateurs ignorants qui, au siècle dernier, parcouraient les campagnes et prétendaient guérir et prévenir les hernies par la castration, et contre lesquels plusieurs édits royaux furent lancés, grâce aux instances de l’illustre chirurgien Vicq-d’Azir.

La castration, chirurgicalement parlant, est une opération qui n’est employée que pour enlever un testicule cancéreux ou tuberculeux. On peut la pratiquer avec le bistouri, avec l’écraseur linéaire ou avec l’anse galvanique. Généralement, c’est avec le bistouri qu’on- opère. Le chirurgien, après avoir tendu le scrotum entre le pouce et l’index de la

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main gauclie, pratique, avec le bistouri qu’il tient de la main droite, une incision s'étendant d’ordinaire de l’orifice ingminal à la partie inférieure du scrotum; puis il divise successivement toutes les enveloppes du testicule.

Une lois sur le testicule, il le dégage en disséquant avec le bistouri ou une spatule les adhérences que la maladie peut lui avoir fait contracter ; il fait la ligature en masse du cordon, et le coupe au-dessous de la ligature avec un bistouri ou des ciseaux. La castration n’est pas regardée comme une opération dangereuse, et d’après le chirurgien anglais Curling, rarement elle se termine d’une manière fatale (V. Testicule). j)r p^ul Labarthe.

Médecine légale. — Et d’abord voici les principaux articles du Code :

Code pénal, Art. 316. — Toute personne coupable du ciinte de castration subira la peine des travaux foicés à perpétuité. Si la mort en est résulté avant l’expiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort.

Alt. l.,o. Le crime de castration, s’il a été immédiatement provoqué par un outrage violent à la pudeur, sera considéré comme meurtre ou blessures excusables (V. Blessures).

Le crime de castration existe chaque fois qu’il y a amputation, non seulement des testicules, mais encore d un organe quelconque nécessaire à l’accomplissement des fonctions génératrices {arrêt de la Cour de cassation, 1<^^ sept. 1814). L’amputation seule de la verge serait donc suffisante pour constituer le crime. Cette mutilation est assez rare aujourdbui, en tant que tentative criminelle, et ne s observe guere que comme acte de folie, de jalousie ou de fanatisme. Chez la femme, la castration est constituée par renlèvement des ovaires, et ne semble pas devoir prendre place parmi les tentatives criminelles visees par la loi. I1^A.Lütaud.

~ désigne une

< ( ion nerveuse dans laquelle on observe, — outre

une perte complète ou simplement partielle de l’in- ^ sensibilité, — l’abolition des mou-

avec cette particularité que les nembres demeurent immobiles dans la position 1 avaient au début de l’accès ou dans celle qu’on

ex «ne idée assez

en aspeid des malades frappés de catalepsie,

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