‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privéeChapitre 98 sur 238 · nialbeureux pétrifiés à l’aspect de · texte numérisé non relu

nialbeureux pétrifiés à l’aspect de

Meduse, selon la fable, ou aux pages, dnii^ 1.^’ d honneur et autres, immobilisés de U position où ils se trouvait, par la baguette cette diir*^- lo. Belle au bois dormant, avei

tion 3e I- ueaucüup plus vue, 1 ac

lire»; i Pesaiiteui’ reprend ses droits sur les mem mes immobilisés.

intermittents qui constituent cett ange a ectioii surviennent presque toujours brus qiienient. C est ainsi que Boerhaave rapporte l’iiis toire d un individu atteint dans le moment où il re conduisait son médecin; Lafaille, celle de deu: Cordeliers qui demeurèrent tout à coup immobile et comme loudroyés à la messe au moment du con

summalum est. En dépit de ces deux exemples typiques et toujours cités, c’est surtout chez les femmes que l’on observe la catalepsie, et, disons-le de suite, dans l’immense majorité des cas, chez des femmes hystériques. C’est surtout chez celles-ci qu’on a signalé quelquefois des prodromes, parfaitement insignifiants d’ailleurs, consistant dans des bâillements, des vertiges, des maux de tête et — ce qui est le comble de la banalité quand il s’agit de femmes plus ou moins hystériques, — de la « mauvaise humeur » !

Presque toujours l’accès de catalepsie éclate subitement. Le malade, quelquefois sous le coup d’une grande frayeur, dans beaucoup de cas, sans cause déterminante appréciable, demeure immobile, sans regard et sans voix. Si l’on saisit un membre, qu’on le fléchisse ou qu’on le tende, qu’on le torde en un sens quelconque, il obéit avec la plus grande facilité et demeure immobile dans la situation où on l’a laissé; il semble que l’on malaxe de la cire molle {Jlexibilitas cerea). Voila mouvements. — La

sensibilité est aussi altérée ; il peut y avoir insensibilité au toucher (anesthésie) et même à la douleur (analgésie) (V. ces mots). L’irritabilité reflexe est considérablement diminuée. — V intelligence, parfois suspendue, est conservée le plus souvent : le ; malade entend, comprend, mais se trouve dans l’impossibilité d’agir, à moins qu’on ne lui communique ; l’impulsion initiale. Ajoutons que la respiration est { inégale et ralentie, le pouls petit et moins fréquent ; la température peut s’abaisser notablement. L’évacua- ^ tion des urines et des matières fécales est parfois retardée; la déglutition s’opère bien, pourvu, que l’on ait soin d’introduire le bol alimentaire profondément dans le pharynx.

L’attaque se termine ordinairement en quelques minutes. Exceptionnellement on l’a vu durer des lieures et même des jours; mais ces derniers cas, d’ailleurs presque toujours compliqués, sont extrêmement rares. Il est plus fréquent d’observer des accès composés, se prolongeant pendant plusieurs jours, avec rémissions plus ou moins fréquentes. La fin de l’attaque est annoncée par des bâillements; le malade se détire comme s’il sortait d’un profond sommeil et se plaint d’un peu de courbature. Il peut conserver quelque souvenir de l’accès, dans le cas où la connaissance n’était pas tout à fait abolie.

Les causes de la catalepsie seront difficiles à déterminer si l’on y veut trop de précision ; mais, de même que l’on arrive de l’aliéné à l’homme sain d’esprit en passant par des transitions insensibles, de même des phénomènes comme ceux-là peuvent se rencontrer chez tous les individus doués d’une extrême susceptibilité sous le rapport du système nerveux, depuis les malades sous le coup d’étals pathologiques bien déterminés jusqu’aux sujets à tempérament nerveux prononcé. L’iiystérie joue ici le jirincipal rôle et avec elle toutes les causes qui la déterminent, émotions violentes, troubles psychiques variés, etc. Dans cet ordre d’idées, il faut citer en première ligne l’excitation cérébrale provoquée par les pratiques superstitieuses et le fanatisme. à

On lira sans doute avec intérêt le récit du cas sui- ; vant, emprunté à la triste affaire des ürsulines de Loudun, récit dans lequel les symptômes caracté- .

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risMques de la catalepsie et, entre autres, la jlexibilUas cerea sont décrits avec une précision parfaite, l/auteur de la relation dit que « Monsieur étant venu aux lirsulines l’après-dînée de ce même jour, on exorcisa cette religieuse (sœur Claire de Suzilly) en sa présence; que le démon, l’ennemi de la vierge, parut, selon le commandement que lui en fit le père Èlizéo, capucin, son exorciste ordinaire; qu’il l’assoupit et la rendit souple et maniable comme une lame de plomb ; que l’exorciste lui plia ensuite le corps de diverses façons, en arrière et en avant et des deux côtés, en sorte qu’elle touçhait presque la terre de la tète, et le démon la retenait dans la posture où elle avait été mise, jusqu’à ce qu’on la changeât... qu’elle était presque insensible, puisque le père lui prit la peau du bras et la perça d'outre en outre avec une épingle sans qu'il sortît une goutte de sang ou que la fille en fit paraître aucun sentiment ; que Sabulon parut ensuite, qu’il la roula par la chapelle et lui fit faire diverses contorsions et tremblements....; qu’il lui fit après cela une extension des jambes en travers qui fut telle, qu’elle touchait du périnée contre terre ; que pendant qu’elle était dans cette posture, l'exorciste lui fit tenir le tronc du corps droit et joindre les mains; que Sabulon, conjuré d’adorer le Saint-Sacrement, fit quelque résistance, etc. » {Histoire des diables de Loudun, .\msterdam, 1740, p. 331). Entendez que cet étonnant « Sabulon » est un diable qui s’est fourré dans le corps de la supérieure desUrsulines. Les annales de la science n’olfrent pas d’observation de catalepsie plus caractéristique que celle de cette malheureuse possédée.

11 faut encore citer parmi les causes plus rares, la chorée, la mélancolie, la manie ; la catalepsie est souvent associée avec l’extase. La catalepsie partielle a été observée, selon Rosenthal, à la suite des fièvres paludéennes, du typhus, de l’anesthésie par le chloroforme et l’éther. Les femmes sont surtout atteintes.

Enfin, les belles expériences de M. Charcot ont démontré que l’hypnotisme pouvait faire naître l’état cataleptique chez les hystériques. {Comptes rendus de l'Académie des sciences, février 1882). Le célèbre professem' a rendu un immense service en déterminant les conditions scientifiques et expérimentales de ces phénomènes étranges, exploités de tout temps par tous les charlatans, religieux, magnétiseurs et autres, pour leur plus grand avantage personnel, au détriment du public, toujours na'if et toujours trompé.

Quant à la théorie des phénomènes cataleptiques, les expériences de Schiff et de Goltz, rapprochées des lésions trouvées dans deux cas par Schwarz et Meissner, et de l’ensemble des faits cliniques, ont permis àM. Rosenthal de la construire d’une façon satisfaisante. La nature de cet article aussi bien que l’espace limité ne permettent pas de l’exposer dans ses détails ; j’indiquerai seulement que, dans le cas d’un ébranlement considérable de l’influx nerveux, rendant difficile, sinon impossible la transmission par les voies ordinaires, des ordres de la volonté partis de la substance corticale du cerveau pour;gagner les racines antérieures des nerfs, on comprend très bien que le sujet demeure immobile

dans la position où l’attaque l’a surpris. De plus, ici, comme dans tous les cas de suppression de la volonté, les reflexes (voy. ce mot) s’exagèrent ; dans ces conditions, les mouvements que l’on imprime aux membres provoquent immédiatement la contraction reflexe des muscles qui, toujours en raison de la suppression de la volonté, demeurent dans l’état où on les laisse. Naturellement, il y a de plus une exagération du tonus musculaire, suffisamment expliquée par le trouble existant dans le centre d’innervation.

La catalepsie se distinguera toujours assez facilement par la possibilité de fixer les membres dans les positions les plus étranges et en dépit de la pesanteur. La « mort apparente » qui peut en résulter ne peut donc pas être confondue avec la mort réelle — sans compter que dans la catalepsie il y a persistance des bruits du cœur, — et c’est seulement en raison de la plus crasse ignorance qu’on pourrait observer l’inhumation de cataleptiques encore en vie. Il est vrai que la « crasse ignorance » est toujours la plaie saignante dans plus d’une bourgade civilisée, ou considérée comme telle. Le pronostic est relativement peu grave dans la catalepsie simple sans hystérie ; par malheur, il s’agit presque toujours d’une complication de la forme la plus grave de cqtte affection.

Le traitement, d’une façon générale, est celui de l’hystérie. Quant à l’attaque en elle-même, il faut d’abord coucher la malade dans la position la plus commode et attendre. Au bout de quelques minutes, l’accès persistant, on essaiera d’y mettre fin par des aspersions d’eau froide, par l’électricité, les sinapismes, quelquefois par des frictions douces, etc. Dans les cas de longue durée, on alimentera le sujet à l’aide de la sonde œsophagienne (Voyez Hypnotisme, Hystérie). a. Regnard.

CATAPLASMES. — Sous le nom de cataplasmes on désigne des préparations de la consistance d’une bouillie épaisse, ayant l’eau ou le lait pour excipient et pour base de la farine, des poudres ou des pulpes végétales. On peut les employer seuls ou arrosés de substances médicamenteuses, telles que l’huile, l’extrait de saturne, le laudanum. Quelquefois on enduit la partie douloureuse d’un corps gras : cérat, pommade, onguent ou liminent, avant leur application. D’autres fois on incorpore à la farine de lin réduite en bouillie une autre substance qui en modifie les propriétés ; poudre de ciguë, farine de moutarde, pulpes d’ail, de lis, d’oignon, etc.

De toutes les substances qui peuvent servir à la confection d’un cataplasme, la farine de lin est sans contredit la plus employée. Elle mérite de l’être parce qu’elle est la seule qui contienne à la fois de l’huile mêlée à une grande quantité de matière mucilagineuse; la fécule de pomme de terre, la mie de pain, le son, le riz, la pulpe de pommes cuites, les plantes émollientes bouillies, ne présentent pas autant d’avantages et ne s’appliquent qu’à un petit nombre de conditions morbides. Du reste, la préparation d’un cataplasme avec ces diverse* substances est pour toutes à peu près la même. Si nous prenons comme exemple le cataplasme à la farine de lin, nous verrons qu’il peut se préparer par deux

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procédés différents : tantôt on verse l’eau bouillante sur la farine et l’on agite jusqu’à ce que la bouillie ait acquis une consistance convenable ; tantôt on délaie la farine avec de l’eau froide et on fait cuire sur le feu en remuant continuellement, jusqu’à ce que la masse soit suffisamment bien liée, bans tous les cas, il faut que la farine soit fraîche, ou récemment broyée, car la farine vieille fermente, et, au lieu d’agir comme émollient, elle détermine une éruption de petits boutons à la surface cutanée. Le même effet se produirait encore si on laissait le cataplasme appliqué sur le même point pendant trop longtemps. En moyenne, un agent de cette nature doit être renouvelé toutes les deux ou trois heures : on évite par ce moyen qu’il ne se refroidisse en certains endroits, ne se dessèche sur d’autres et ne produise une action contraire à celle qu’il eût été nécessaire d’obtenir.

Quand la bouillie est préparée et qu’elle n’est ni molle ni dure, on la verse sur un carré de linge un peu plus grand que le cataplasme que l’on veut faire, on l’étend avec une palette de manière à lui donner l’épaisseur d’une couche de deux centimètres environ, puis on relève les bords du linge, on les plie sur la pâte, on recouvre celle-ci d’un morceau de gaze ou on la laisse à nu, et le cataplasme est terminé. 11 ne faut jamais mettre la bouillie entre les replis d’une serviette, d’un mouchoir, tissu quelconque qui ne serait pas suffisamment fin, le suc de la composition cataplasmique ne filtrerait pas assez et l’effet désiré ne serait pas atteint. Après cela, on applique le cataplasme sur la région malade, en ayant pris la précaution de le faire plus grand que ne l’est l’étendue du mal pour mieux en arrêter le progrès. Si on le recouvre ensuite d’un carré de flanelle, d’un morceau de taffetas gommé, d’une compresse et d’une bande de manière à ce que l’air ne pénètre pas et que l’appareil soit maintenu à une température constante on peut le laisser en place sans qu’il se dessèche ou s’aigrisse pendant douze heures, sinon il faut le changer, comme je l’ai dit, beaucoup plus souvent.

Les cataplasmes se préparent dans les maisons particulières, le pharmacien n’a qu’à servir les farines, les poudres, les extraits, les sels, les huiles, les alcolats, les vins, les teintures dont le médecin a indiqué le mode d’emploi, soit qu’on doive les étendre à la surface, soit qu’on doive les incorporer à la masse. Règle générale, les poudres seront délayées dans une eau mucilagineuse, comme les infusions ou les décoctions de mauve, de guimauve, de lin, de bouillon blanc, la pâte sera mieux liée, plus émolliente, plus onctueuse et maintiendra plus longtemps sur son point d’application un bain d’humidité efficace. Les cataplasmes seront appliqués tièdesdans la grande majorité des cas; trop chauds, ils produiraient des effets irritants et révulsifs qu’il est bon presque toujours d’éviter, à moins d’indication spéciale.

Les cataplasmes sont émollients avec la farine de lin, la fécule de pomme de terre, la pomme cuite ; calmants, avec la poudre de ciguë, les feuilles de belladone, de jusquiame, les décoctions de pavot, de morelle, les arrosages de laudanum, de teinture d’opium, de baume tranquille; ma-

turatifs, avec la pulpe d’oignon de lis, avec les onguents de la mère, basilicum et styrax ; résolutifs, avec tes arrosages d’eau blanche, d’eau-de-vie camphrée, d’eau de sureau sur un cataplasme ordinaire ; astringents, avec les feuilles de ronces, de roses de Provins cuites et appliquées à froid, avec les poudres de tannin, d’alun, de ratanhia.

D' Marc. Camboulives.

CATAPLASME HAMILTON. — (Voyez Hamilton.)

CATARACTE. — En ophtalmologie, on désigne sous ce nom l’opacité du cristallin (Voy. ce mot). Le cristallin constitué par un assemblage de fibres d’une nature particulière, transparentes, douées d’une certaine élasticité, se présente sous la forme d’une lentille de 10 millimètres de diamètre chez l’adulte et d’une épaisseur de 5 millimètres en-

Fig. 224.

Coupe antéro-postérieure de l’œil. — 1. Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — i. Canal de Schlemm. — 5, Procès ciliaires choroïdiens. — 6.6. Vasa vorticosa de la choroïde. — 7, Muscle ciliaire. — 8. Nerfs ciliaires. — 9. Rétine, — 10. Corps vitré. — 11. Cristallin.

viron. Cette lentille qui, grâce à son élasticité, peut, sous les efforts de certains muscles de l’œil, se gonfler ou s’aplatir et ainsi s’accommoder à la vision des objets rapprochés ou éloignés à la façon d’une lunette, est contenue dans une enveloppe absolument transparente, vitreuse et très élastique, de telle sorte qu’à peine déchirée, elle se rétracte en faisant une plaie de plus en plus grande. Le cristallin est suspendu à l’union du tiers antérieur du globe avec les deux tiers postérieurs, au moyen d’un ligament très fin disposé en forme de collerette (zone de Zinn) autour du cristallin. 11 repose en arrière sur le corps vitré, et en avant il est au contact de l’humeur aqueuse et très rapproché de la face postérieure de l’iris, de sorte que, dès que l’humeur aqueuse s’est écoulée, le cristallin est refoulé en avant, et il vient s’appliquer immédiatement contre la face postérieure de l’iris et médiatement

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contre la face postérieure ou profonde delà cornée.

Variétés des cataractes. — L’opacité du cristallin qui est due à une sorte de dégénérescence (régression graisseuse) de ses fibres, reconnaît plusieurs causes qui sont : 1° la sénilité; 2° les lésions intérieures du globe, telles que les maladies de l’iris, du corps vitré, de la rétine, de la choroïde, le glaucome (V. ce mot), etc.; 3° les altérations constitutionnelles, telles que le diabète, l’albuminurie, etc. ; 4“ les traumatismes ou blessures de l’œil. Sous le rapport des causes, on peut donc classer les cataractes en séniles ou primitives, en consécutives, en constitutionnelles et en traumatiques.

En les envisageant au point de vue de leur nature ou constitution, on les classe en cataractes dures, demi-molles, molles, liquides. La masse des fibres semble-t-elle seule altérée, on dit que la cataracte est lenticulaire; la cristalloïde ou enveloppe paraît-elle présenter elle-même des altérations, on dit que la cataracte est capsulo-lenticulaire.

En se plaçant au point de vue du siège de l’opacité, on distingue les cataractes nucléaires, dans lesquelles le noyau seul est pris; les cataractes corticales ou périphériques, dans lesquelles la couche la plus externe des fibres est seule ou presque seule envahie ; les cataractes zonulaires, dans lesquelles l’opacité occupe seulement quelques couches du cristallin, les plus rapprochées du noyau et la cataracte nucléaire pyramidale, dans laquelle l’opacité se présente sous l’aspect d’un petit noyau bien délimité, quelquefois très petit, avec un petit dépôt opaque saillant en forme de pyramide sur la cristalloïde. Enfin on désigne encore la cataracte polaire antérieure et la cataracte polaire postérieure, suivant que c’est le pôle antérieur ou le pôle postérieur du cristallin qui est le plus envahi.

Pour finir, il faut encore signaler la cataracte noire, dans laquelle le cristallin prend, sous l’influence d'une infiltration de l’hématine ou principe colorant du sang, une couleur acajou foncé, et la cataracte burséolée, ou en forme de poche, constituée par la cristalloïde, contenant les masses corticales ramollies et même liquides au milieu desquelles flotte parfois le noyau atrophié et dur.

Toutes ces désignations ne sont point une simple curiosité scientifique; elles caractérisent des cataractes bien définies qu’il importe de connaître, car chacune d’elles ou tout au moins certains groupes d’entre elles exigeront une opération spéciale qui s’appliquera mieux à leur nature ou à leur volume.

Par quels signes se manifestent les cataractes? — Les signes fournis par les cataractes au début sont peu accentués, et un malade peut rester longtemps sans se douter que son cristallin s’altère. Les premiers effets sont la diminution de l’acuité visuelle pour les objets éloignés, et cela s’explique aisément par l’arrêt des rayons lumineux par les opacités de la lentille. Si le regard se porte sur une surface uniformément éclairée, comme la voûte des cieux, le cataracté aperçoit des taches grisâtres qui peu à peu deviennent des corps plus ou moins bien définis quoiqu’à forme irrégulière. Les malades voient généralement mieux le soir qu’en plein jour; cela tient à ce que le centre du cristallin étant habituellement pris le premier, quand la pupille est ré-

trécie sous l’influence lumineuse, les rayons ne peuvent plus arriver jusqu’à la rétine. C’est le contraire qui se présente dans la cataracte périphérique. Car plus la pupille est rétrécie et plus la portion du cristallin traversée par les rayons lumineux est transparente.

Pour terminer l’énumération des troubles de la vision accusés par les malades, citons la polyopie ou vision multiple des objets, phénomène dû à ce que la pupille se trouve partagée en plusieurs parties par la présence de rayons opaques siégeant dans le cristallin; mais peu à peu, à mesure que l’opacité progresse, les objets ne sont plus vus qu’au travers d’un voile de plus en plus épais, par conséquent les sensations du début disparaissent pour faire place à une perte de la vision qui n’est cependant jamais absolue si aucune lésion du fond de l’œil ne vient compliquer la cataracte. Les malades gardent toujours la sensation lumineuse, et ils ont toujours conscience que c’est en fuyant l’action directe de la vive lumière sur leur pupille qu’ils perçoivent le moins mal les gros objets. Avant que l’ophtalmologiste eut à sa disposition les moyens d’investigation dont il nous reste à parler, on attachait une grande importance à l’attitude des cataractés qui fuient la lumière, et on tirait de ce symptôme un signe distinctif entre le cataracté et l’amaurotique dont les yeux dirigés en haut semblent chercher l’éclat du jour.

Comment arrive-t-on à préciser la nature, le siège, l’origine et l’étendue d’une cataracte? —

Si les renseignements fournis par le malade sont presque nuis au point de vue du diagnostic de la nature de la cataracte, de son siège, de son origine, de son étendue, l’examen direct permet de préciser tous ces points. Sans parler de l’état de la pupille, qui chez les personnes atteintes de cataracte complète est extrêmement blanche, je ferai connaître le moyen de diagnostiquer les moindres lésions du cristallin. On se sert pour cela de l’éclairage oblique et de l'éclairage direct. L’éclairage oblique s’obtient au moyen d’une lentille convergente à l’aide de laquelle on concentre lés rayon? d’un foyer lum.ineux, lampe, bec de gaz, bougie, etc., pour les diriger sur la pupille. Sous l’influence de cet éclairage que l’on fait varier en déplaçant dans divers sens la lentille, on voit la pupille se dilater ou se contracter, ce qui permet d’apprécier le degré de liberté plus ou moins absolue de la pupille. C’est ainsi que l’on reconnaît les cataractes compliquées de synéchies postérieures ou adhérences de la capsule cristallinienne avec l’iris. Les détails de la cataracte apparaissent également avec une netteté qui ne laisse rien à désirer : le siège, la forme, la consistance de l’opacité peuvent être analysés et définis avec une admirable précision. La cataracte dure se montre avec une teinte ambrée et grisâtre caractéristique. La chambre antérieure est-elle en même temps peu profonde, l’iris est-il assez plat, cela démontre que s’il y a déjà eu résorption d’une portion des masses corticales, le noyau en sera d’autant plus ferme, et que l’on devra dans le cas d’extraction, compter sur une incision large pour la sortie facile du cristallin sans qu’il contusionne les bords de la plaie. Si la cataracte apparaît au con-

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traire d’un blanc nacré avec des reflets correspondants à des rayons de la lentille, c’est qu’elle est demi-molle, à savoir que les masses corticales sont fortement imbibées par l’humeur aqueuse, qu’elles ont, pour ainsi dire, augmenté de volume, qu’elles distendent outre mesure la capsule du cristallin ; c’est du reste ce qui ressort de l’examen de la chambre antérieure qui est moins profonde, attendu que l’iris est refoulé en avant par le volume du cristallin et qu’il vient bomber dans la chambre antérieure. Ce signe indique à l’opérateur que le cristallin étant volumineux, il lui faudra également une large porte de sortie lors de l’extraction ; mais que cette fois il pourra compter sur des masses corticales nombreuses, qui devront attirer spécialement son attention immédiatement après l’extraction, afin de les expulser aussi complètement que possible, pour éviter plus tard la cataracte secondaire qui est constituée par des masses restées dans les débris de la capsule laquelle, en vertu de son élasticité, se recroqueville en emprisonnant les fibres qui sont restées adhérentes.

Si la cataracte est uniformément blanche comme du lait, elle est alors liquide et l’opération ne sera plus faite par le procédé de l’extraction. Cette cataracte ne se rencontre que sur de jeunes sujets ; passé l’adolescence, il est bien rare de l’observer.

Quand l’examen montre une opacité d’un blanc crayeux, avec une chambre antérieure parfois profonde et un tremblement de l’iris, il y a lieu de porter le diagnostic de cataracte capsulo-lenticulaire, aride-siliqueuse, suivant l’expression des vieux auteurs. C’est dans ces cataractes que l’on voit parfois le noyau se déplacer dans la masse liquide chaque fois que l’œil est mis en mouvement. Ces cataractes ont, en général, subi un degré plus ou moins avancé de régression ; elles sont souvent atrophiées, souvent même elles ne sont plus immobilisées par la zone de Zinn. Elles relèvent alors d’un mode opératoire qui donne dans ces circonstances des résultats supérieurs à tout autre : l’extraction dans la capsule.

Par l’éclairage oblique on reconnaît très facilement la cataracte dite noire, mais à vrai dire fortement colorée en brun acajou, aux stries qu’elle présente et qui empêchent de la confondre avec une autre maladie du fond de l’œil entraînant la cécité.

Que la cataracte soit zonulaire, pyramidale, polaire antérieure, polaire postérieure, corticale, périphérique ou nucléaire, l’examen à l’éclairage oblique permettra de l’établir d’une façon précise.

L’éclairage direct rend également de grands services dans le diagnostic de la cataracte, surtout lorsque l’éclairage oblique n’a rien révélé, c'est-à-dire dans le cas d’opacités cristalliniennes très limitées et encore peu accusées. La lumière projetée obliquement par la lentille n’est point arrêtée par ces opacités et celles-ci passent inaperçues, tandis que par l'éclairage direct que l’on obtient en dirigeant la lumière d’une lampe sur la pupille avec le miroir à ophfalmoscope, principalement le miroir plan, on voit toutes les opacités du cristallin se détacher en noir sur le fond rouge de la pupille. Cet examen donne toujours dans l’œil du cataracté

une sensation lumineuse très appréciable, si toutefois le fond de l’œil ne présente pas une altération telle que le décollement rétinien ou l’atrophie rétino-choroïdienne, qui rendent impossible toute perception lumineuse.

Pour pratiquer ces examens complets de la cataracte, il est indispensable de dilater préalablement la pupille par l’instillation d’un collyre d’atropine; de cette façon on s’assure de la liberté de l’iris, de la situation et de l’étendue exacte des opacités et l’on peut même le plus souvent reconnaître l’état du fond de l’œil au moyen de l’ophtalmoscope; car il arrive bien rarement que les deux yeux soient également cataractés et que l’on ne puisse pas, sur l’un d’eux, faire pénétrer assez de rayons lumineux pour apercevoir la papille et établir par induction s’il n’existe ni ramollissement du corps vitré, ni scléro-choroïdite postérieure, conditions qui exposent, lors de l’opération, à une perte partielle du corps vitré.

Quelles sont les causes des cataractes ? — Nous connaissons encore bien peu de choses sur l’étiologie de la cataracte. Les hommes en sont plus fréquemment atteints que les femmes ; les deux yeux sont également affectés et cependant, ainsi que nous l’avons déjà dit, ils sont rarement arrivés ensemble au même degré d’opacité. Mais ce qui ne laisse aucun doute dans l’esprit des ophtalmologistes, c’est l’influence de l’hérédité. Les maladies générales qui altèrent la constitution et modifient la nature du sang, sont une des causes de la cataracte et en hâtent le développement. Le diabète phosphatique ou sucré, l’albuminurie produisent en quelques mois des cataractes complètes. La sénilité paraît dans la majorité des circonstances être le point de départ de la régression des fibres cristalliniennes qui conduit à la cataracte. Cependant on rencontre très fréquemment des cataractes chez le nouveau-né. Dans ce cas, elles sont dues à un arrêt de développement pendant la vie intra-utérine.

Certaines cataractes sont intimement liées à des maladies des membranes profondes de l’œil : c’est ainsi qu’on reconnaît des cataractes choroïdiennes qui se manifestent par des opacités siégeant au pôle postérieur du cristallin ou au pourtour de son limbe ou équateur. L’origine traumatique est évidente dans bien des circonstances, non seulement lorsqu’un corps étranger pénétrant dans le globe vient ouvrir la capsule et mettre les fibres du cristallin au contact de l'humeur aqueuse qui les gonfle en leur faisant perdre leur transparence; mais alors même qu’il n’a pas eu plaie de la cristallo'îde, on voit parfois, à la suite d’une chute, d’un choc, une cataracte se développer, sans que la zone de Zinn ait été non plus rompue.

Certaines professions qui exigent une application très prolongée de la vue ou qui exposent l’œil à un feu ardent et très vif, telles que celle du forgeron, du verrier, du cuisinier, semblent prédisposer au développement de la cataracte.

Quelle est la marche de la cataracte? — La marche de la cataracte est très variable; tandis que la cataracte sénile, nucléaire ou dure met des années à se développer, la cataracte demi-molle a une marche beaucoup plus rapide; mais, ainsi que nous l’avons dit, si elle e.st sous la dépendance

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d’un diabète phosphatique ou sucre, de l’albuminurie, il suffit souvent de quelques semaines, tout au plus de quelques mois, pour la voir arriver à sa complète maturité. La cataracte congénitale ou pyramidale reste généralement sans modification bien sensible jusqu’à ce que le malade ait dépassé la quarantaine. Celles qui ont pour origine le traumatisme ont une marche rapide. Si la cristalloïde a été ouverte, souvent la lentille est totalement opaque en quarante-huit heures; parfois aussi, l’opacité reste limitée à une faible partie de la lentille ; ces cas sont rares; cependant, j’ai eu l’occasion de les observer plusieurs fois. Plus les cataractes sont anciennes et plus elles ont eu le temps de résorber leurs masses corticales ; moins dans ces conditions, elles sont épaisses et plus elles sont dures ; c’est cet état que l'on recherchait autrefois pour pratiquer les opérations. Aujourd’hui que les procédés opératoires ont été considérablement perfectionnés, il n’y a plus lieu de s’arrêter devant la présence de nombreuses masses corticales, mais bien de faire choix d’un procédé opératoire rationnel et en rapport avec la nature de la cataracte.

Quel doit-être le traitement de la cataracte ? —

Le TRAiTEJiENT .MÉiuc.vL de la cataracte n’existe pas en réalité. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun agent thérapeutique n’est capable de rendre aux fibres du cristallin dégénérées leur transparence primitive. Si des observateurs sérieux ont parfois rencontré des cataractés chez lesquels la vue s’était améliorée, cela tient à ce que l’opacité du cristallin était sous la dépendance d’une maladie de la choroïde ou de l’iris et que, celle-ci guérie, la lentille a recouvré une portion de sa transparence, ou bien à ce que, comme je l’ai dit plus haut, les masses corticales se sont peu à peu résorbées ne laissant plus que le noyau ambré qui permet encore le passage des rayons lumineux, ou bien encore il y a lieu de supposer qu’il y a eu luxation de la cataracte. Enfin, je ne cite que pour mémoire les erreurs de diagnostic qui peuvent faire prendre pour une véritable cataracte ce que l’on appelle une fausse cataracte, c’est-à-dire des dépôts inflammatoires sur la capsule qui sont souvent résorbés par une médication appropriée.

Le seul traitement rationnel de la cataracte est le TiiuTEMENT cmnuRGic.\L ; mais, ainsi que nous l’avons fait remarquer déjà à plusieurs reprises, le talent du chirurgien est moins de pratiquer habilement une opération, ce à quoi on peut toujours arriver, que de faire un choix rationnel de la méthode à laquelle on devra avoir recours dans un cas donné.

Il existe, en effet, plusieurs procédés d’opération qu'il importe de bien connaître. Ils reposent : 1® sur Va kératotomie, c’est-à-dire sur une ouverture pratiquée à la cornée dans le but de permettre la sortie : ou extraction du cristallin ; 2° sur la division de la capsule ou déchirure de cette enveloppe de façon à I mettre les fibres du cristallin au contact de l’hu- I meur aqueuse qui les dissout peu à peu lorsqu’elles I ne présentent pas toutefois de sclérose du noyau, et I 3® sur Y abaissement, opération aujourd’hui tout à 1 fait abandonnée à cause des accidents graves tardifs 1 qu’elle entraînait le plus souvent qui consistait à Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

introduire une aiguille à cataracte ou à abaissement dans la sclérotique à trois ou quatre millimètres du bord de la cornée, à transfixer la cataracte d’arrière en avant avec l’aiguille, à abaisser le cristallin en le faisant basculer derrière l’iris jusqu'à ce qu’il vienne reposer sur la partie inférieure du corps ciliaire. Ce corps étranger, au contact de la partie la plus vasculaire et la plus nerveuse de l’œil, ne tardait pas à amener des irido-choroïdites qui, souvent, entraînaient la perte du globe.

Traitement par extraction. — Les procédés d’extraction sont journellement appliqués ; ils sont nombreux et ont tous leur raison d’être ; ils méritent une description spéciale, quoique très courte, pour rester dans le cadre qui nous est tracé.

Autrefois, les cataractés étaient généralement opérés assis; aujourd’hui, ils sont le plus souvent étendus, soit sur un fauteuil à opération, soit sur un lit de fer ordinaire tout à la fois solide et maniable, de façon à pouvoir être facilement roulé vers une fenêtre. L’œil à opérer doit toujours être placé du côté de la fenêtre. Le chirurgien se place à gauche du malade pour opérer l’œil gauche et il se place derrière la tête du malade pour opérer l’œil droit, car on n’opère plus qu’avec la main droite, tandis que jusque vers 1860, presque tous les oculistes opéraient l’œil gauche avec la main droite et l’œil droit avec la main gauche. De même autrefois on soumettait les malades à un régime sévère pour les préparer, disait-on, à l’opération. On les purgeait, parfois même on les saignait, on les tenait à la diète plus ou moins sévère. Ces mesures extrêmes sont inutiles. La théorie de l’inflammation qui jouait encore à l’époque dont je parle, il y a vingt ans à peine, un rôle si important, est aujourd’hui remplacée par une autre beaucoup plus rationnelle et plus vraie, car elle repose sur des faits bien établis et sur des expériences que l’on peut répéter chaque jour, c’est la théorie de la greffe. Sur un même malade deux plaies égales étant pratiquées dans les mêmes conditions, si la coaptation des lèvres de l’une est parfaite, la réunion aura lieu par première intention, tandis que la suppuration s’établira dans l’autre plaie, si la coaptation des lambeaux n’est pas intime.

Ajoutons à cela la connaissance que nous possédons aujourd’hui des micro-organismes qui transportent les maladies, engendrent l’inflammation et la suppuration, et nous aurons fait connaître les conditions qu’il faut rechercher et celles qu’il faut éviter pour arriver à une prompte guérison ou cicatrisation par première intention. Dans ces conditions, on voit que l’état général joue un rôle bien moins important qu’on ne pensait autrefois. Ce n’est pas à dire pour cela qu’il faille négliger l’examen de la constitution de ses opérés. Au contraire, il importe toujours de ne faire une opération de cataracte qu’après avoir procédé à l’examen des urines, s’être assuré que les voies digestives sont dans un état satisfaisant, que les poumons ne sont point malades et s’être assuré surtout que l’économie ne produit pas de pus, encore moins dans le voisinage de l’œil ou dans ses annexes, tels que la conjonctive, les voies lacrymales, etc. C’est là le moyen d’éviter l’auto-inoculation par les microbes qui pour-

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raient pénétrer dans la plaie. Mais il est une précaution non moins importante à prendre contre les organismes inférieurs venus du dehors, ceux qui vivent incessamment autour de nous. Pour cela il sera bon de purifier l’atmosphère dans lequel se trouve le malade. C’est généralement au moyen des vaporisations d’acide phénique, à l’aide de l’appareil de Lister que cela se pratique.

Les procédés d’opération auxquels on a donné le nom d’extraction ont ce caractère commun, que le cristalin opaque est enlevé de l’intérieur de l’œil afin de rétablir la vision. Les caractères différentiels résident le plus souvent dans la forme, l’étendue de la plaie faite pour permettre la sortie du cristallin. Le mot d’extraction que l’on emploie est défectueux en ce sens qu’il implique une certaine violence pour aller chercher la lentille et la détacher de ses adhé-

lentement pour éviter la sortie de l’humeur aqueuse et l’on introduit par la plaie un kystitome pour diviser la capsule du cristallin. Celle-ci, en vertu de son élasticité, se rétrécit et laisse une large voie à la sortie du cristallin, qui étant constitué par des masses corticales molles, s’échappe à la moindre pression sur le globe, pression que l’on exerce à la fois sur les deux lèvres de la plaie, sur l’une avec la curette ou une spatule de caoutchouc, sur l’autre avec le bout du doigt au travers de la paupière, de façon à les entrebâiller. Aussitôt la pupille apparaît noire et la vision est rétablie. Le pansement est fait comme nous le dirons tout à l’heure et la cicatrisation a lieu dans ces conditions par première intention, sans donner lieu à la moindre inflammation.

Ce mode opératoire ne convient que pour les ca-

Fig. 2-25.

Opération de la cataracte par extraction linéaiie.

rences; au contraire, règle générale, on doit considérer comme le but à atteindre, la création d’une porte large, de dimension plus considérable que le diamètre du cristallin (10""°), de façon à permettre à la lentille de s’engager entre les lèvres de l’incision dès que la capsule ayant été ouverte, on exerce sur elle la plus faible pression. A côté de ce résultat que doit donner l’incision que l’on pratique à l’œil, il est une condition qu’elle doit remplir, c’est celle d’une parfaite coaptation des lèvres de la plaie. On comprend qu’à cet égard, plus la plaie se rapprochera de la linéarité et plus l’affrontation des lèvres sera intime.

Extuaction linéaire simple. — Sur ces avantages de la linéarité est basée l’opération d’extraction simple, que l’on doit à Gibson et Travers. Elle consiste, après avoir immobilisé les paupières par un écarteur à ressort et l’œil avec la pince à fixation, à ouvrir la chambre antérieure à l’aide d’un couteau lancéolaire droit, de 9 à tO millimètres de diamètre, que l’on fait pénétrer dans la chambre anterieure au niveau de la partie moyenne du rayon externe de^ la cornée, parallèlement à l’iris et jusqu à ce qu on ait obtenu une plaie linéaire de 9 a 10 millimètres. L’instrument est retiré très

taractes molles sans noyau sclérosé, par conséquent il n’est applicable que chez les très jeunes sujets. Si les masses sont assez dures pour ne point s’échapper aisément et pour exiger l’introduction d’instruments, tels que la curette pour l’extraction des fragments durs et volumineux, ce n’est point à ce procédé que l’on doit avoir recours, car il devient dangereux par suite du froissement de la plaie que cause l’introduction répétée de la curette.

C’est avec intention que nous n’avons pas parlé de l’instillation de l’atropine avant l’instillation, ce mydriatique ne serait d’aucun secours, et, au contraire, il peut y avoir intérêt, dans certaines circonstances, telles que la tendance à l’enclavement de l’iris dans la plaie, à employer ré.«érine qui, par son action myotique s’opposera à l’établissement de synéchies antérieures. Or, si l’instillation de l’atropine avait précédé l’opération, l’ésérine resterait à peu près sans effet, l'action des mydriatiqucs étant beaucoup plus puissante que celle des myotiques.

Extraction linéaire combinée. — Cette méthode opératoire, qui est celle que l’on pratique le plus communément aujourd’hui, a été imaginée par de Græfe (1858). Elle consiste : 1“ à faire une incision de l’iris préalablement à l’extraction soit quel-

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ques semaines d’avance, soit, immédiatement et concurremment avec l'extraction; 2“ à pratiquer une plaie aussi large que possible en gardant, autant que faire se peut, la linéarité de l’incision de la cornée.

Le malade étant couché, les paupières étant maintenues par l’écarteur à ressort et le globe immobilisé par la pince à fixer, le chirurgien prend de la main droite le couteau de de Græfo et fait la ponction à 1 millimètre t/2 de la cornée, à 2 millimètres au-dessous de la tangente horizontale supérieure de la cornée; le couteau, le tranchant tourné en haut, est poussé dans la chaml)re antérieure, vers le centre de la pupille, c’est-à-dire obliquement de haut en bas; mais dès que la pointe dépasse le niveau du centre pupillaire, elle est redressée jusqu’à l’horizontalité et poussée de façon à exercer

Quand la masse cristallinienne est sortie, on s’efforce, en répétant les mêmes pressions et les mêmes mouvements, d’expulser toutes les fibres corticales qui auraient pu être retenues dans la chambre antérieure ; enfin, avant d’abandonner le malade, on s’efforce de réduire les enclavements iriens qui siègent aux commissures de la plaie.

Ce procédé opératoire convient surtout pour toutes les cataractes dures, demi-dures, à noyau sclérosé, en un mot aux cataractes volumineuses. Mais il présente certains inconvénients, tels que l’enclavement de l’iris dans les angles de la plaie qui est souvent la cause d’iritis tardives suivies d’irido-choro'ide et finalement de perte de la vue.

C’est là ce qui explique comment on est arrivé peu à peu, tout en respectant les grands principes tracés par de Græfe à modifier un peu l’emplace-

Fig. i'iG.

.Opération de la cataracte par extraction linéaire.

la contre-ponction dans un point identique à celui de la ponction. L’incision de la cornée est achevée en portant le couteau légèrement en avant, afin de le faire sortir' à l’union de la cornée à la sclérotique et plutôt sur la cornée. C’est là ce qui constitue le premier temps; le second comprend l’iridectomie. A l’aide de la pince à iris courbe, on va chercher dans la chambre antérieure l’iris, s’il ne fait pas hernie entre les lèvres de la plaie, ou dans le cas contraire on le saisit avec les pinces droites et en deux ou trois coups de ciseaux, le lambeau irien est excisé aussi près que possible de ses attaches.

La discision de la capsule constitue le troisième temps; elle se fait à l’aide du kystitome à crochet, et le quatrième temps comporte l'issue de la lentille, résultat que l’on obtient en exerçant sur la cornée, à l’aide de la curette de caoutchouc, une pression sur le bord inférieur du cristallin, de façon à le faire basculer pour qu’il prenne la direction de la plaie vers laquelle on le dirige et dans le canal de laquelle on l’engage par des glissements de la curette, tandis que la lèvre supérieure de la plaie est légèrement déprimée à l’aide d’une pression exercée par le doigt au travers de la paupière.

ment de la ponction et de la contre-ponction et à faire pénétrer la pointe du couteau non plus dans la sclérotique, mais dans la cornée ou tout au moins à l’unipn de ces deux membranes; or, comme cette pratique diminuait sensiblement l’clendue de la plaie qui, par le fait, aurait pu n’clre plus suffisamment grande pour permettre la sortie d’un cristallin de 9 à 10 millimètres de diamètre, on a descendu la ponction et la contre-ponction, augmentant ainsi la hauteur du lambeau de façon à rendre à la plaie l’étendue suffisante à l'issue du cristallin. Aujourd'hui les chirurgiens pratiquent à peu près tous, et cela au grand avantage des malades, l'extraction de la cataracte par la méthode modifiée de de Græfe.

Extraction dans la capsule. — Cette méthode, qui avait été expérimentée par Daviel, Richter et Beer, dans la seconde moitié du siècle dernier, a été reprise dans ces dernières années et principalement par Pagenstecher et Weber. Ce procédé opératoire, qui prête beaucoup à la critique par ce qu’il expose assurément aux grands dangers d’une perte grave du corps vitré, est cependant la seule méthode applicable dans certains cas et, je dirai plus, la moins dangereuse chaque fois que l’on se trouvera en pré-

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sence d’un cristallin atrophié dans sa capsule avec rupture plus ou moins complète de la zone de Zinn et ramollissement du corps vitré. Considérant comme d'une extrême gravité, dans ces conditions, toute pression exercée sur le globe pour évacuer la cataracte, je pratique l’extraction dans la capsule et j’ai toujours beaucoup à me louer de cette façon de procéder dans ces cas si difficiles. C est, du reste, le seul procédé qui, ne laissant pas de masses corticales dans la pupille, n’expose pas aux cataractes secondaires.

Cette opération exige une large ouverture de la chambre antérieure, car la'plaie cornéenne doit donner issue non seulement à la cataracte dans sa capsule, mais aussi, et en même temps à la curette. Dans le but de faciliter l’extraction, la kératotomie doit être faite à environ 1 millimètre t/2 à 1 millimètre en dehors de la cornée; la plupart des oculistes pratiquent cette ouverture à la partie inférieure; mais elle peut, avec autant de sécurité, être faite à la partie supérieure, pour peu que l’on ait affaire à un malade un peu docile.

L’iridectomie est faite comme d’habitude en prenant le soin d’exciser l’iris aussi près que possible de son attache ; de cette façon, on découvre très nettement la zone de Zinn et l’on peut faire pénétrer la curette, au manche de laquelle on a donné une courbe convenable, derrière la face postérieure du cristallin, jusqu’à ce que le centre de celui-ci corresponde au centre de la curette ; on le soulève de façon à l’appliquer doucement contre la face postérieure de la cornée et on pratique l’extraction lentement en veillant pendant toute la manœuvre opératoire à n’exercer aucune pression sur le globe, sans cela on s’exposerait à une perte grave du corps vitré ; c’est pour ce motif que, dès que le lambeau cornéen a été taillé, il faut enlever l’écarteur et soulever soi-même de la main gauche la paupière supérieure, tandis qu’on tient la curette de îa main droite.

,1e le répète, cette opération délicate doit être réservée pour les cas spéciaux que j’ai indiqués plus haut.

Extraction par le procédé a grand lambeau. — C’est au chirurgien français Daviel que revient l’honneur d’avoir le premier opéré (1747) la cataracte par l’extraction ; ses procédés se répandirent bientôt dans le monde entier; on adopta sa méthode et ses instruments ; mais peu à peu ceux-ci furent modifiés, bien ([ue la méthode à grand lambeau (nom moderne donné à cette méthode pour la distinguer des procédés récents dans lesquels on s’est longtemps efforcé de ])ratiquer de très petites incisions soit demeurée intacte). Nous nous sommes déjà expliqués sur la valeur de ces petites incisions qui, par la difficulté que rencontre la cataracte à sortir, sont exposées à être violentées et froissées au grand détriment de la coaptation des tissus.

Le premier temps de cette opération consiste dans la taille du lambeau. Après avoir immobilisé l’œil, soit avec la pique de Pamard, ou mieux avec la pince à fixation à l’aide de laquelle on saisit une portion de la conjonctive et du tissu conjonctival, le chirurgien, à l’aide du couteau de Beer, dont le tranchant est tourné en haut, fuit une ponction à la cornée, au niveau ou un peu

au-dessous du diamètre horizontal, à 1/2 millimètre en dedans du limbe sclérotical. Le couteau est poussé parallèlement à l’iris, de façon à ce que la contre-ponction soit faite au point identique à celui de la ponction; par le seul mouvement de la propulsion du couteau, le lambeau se trouve taillé sur un cercle passant à 1/2 millimètre du limbe sclérotical.

Le second temps comprend l’ouverture de la capsule à l’aide du kystitome qui, étant introduit couché de façon à éviter de blesser l’iris, est retourné lorsqu’il se trouve en face de la pupille de façon à permettre de déchirer la capsule dans deux diamètres perpendiculaires.

Le troisième temps est rempli par la sortie du cristallin, laquelle est le résultat d’une douce pression que le doigt exerce au travers de la paupière, sur la lentille, en lui imprimant à la fois un mouvement de propulsion en haut et de déclinaison en avant dans la direction de la plaie faite à la cornée.

Il reste encore à nettoyer la pupille des masses corticales qu’elle peut contenir. Cela se fait aisément en laissant se reproduire l’humeur aqueuse et en évacuant celle-ci qui entraîne avec elle les masses détachées et demeurées derrière l’iris. En répétant deux ou trois fois cette manœuvre, la pupille prendra une teinte noire caractéristique. L'opération est ainsi terminée ; il ne reste plus qu’à faire le pansement dont nous parlerons bientôt; mais il faut, avant d’y procéder, s’assurer que l’iris n’est point enclavé dans les angles de la plaie.

L’opération à grand lambeau est applicable à toutes les formes de cataractes dures ou demi-dures chaque fois du moins qu’elles ne seront point compliquées soit de synéchie postérieure, soit d’altération de la capsule, soit de ramollissement du corps vitré.

Procédé p.\r discision. — Cette opération ne convient absolument, ainsi que je l’ai dit plus haut qu’aux cataractes molles ou liquides, ne présentant aucune sclérose du noyau. Celui-ci, en effet, ne pourrait être résorbé et, demeurant au centre de la pupille, il rendrait tout au moins inutile l’opération qui aurait été faite, pourrait même être la cause d’inflammations graves du globe.

Les paupières et le globe étant immobilisés simplement à l’aide du pouce et de l’index de la main gauche, tandis qu’on opère de la main droite, l’aiguille est piquée dans la cornée un peu en dehors de la pupille et poussée jusque vers le cristallin ; on fait alors, suivant l’un des rayons, une déchirure de quelques millimètres de long à la cristallo’ide, de façon à mettre la niasse des fibres en rapport avec l’humeur aqueuse qui se chargera de les dissoudre, après les avoir gonflées. Il importe de ne pas faire une incision trop grande à la capsule afin d’éviter un boursouflement trop rapide du cristallin.

Opération par dilacération. — Dans quelques circonstances, c’est à l’aide de deux aiguilles que l’on déchire la capsule; il faut dans ce cas que la zone de Zinn soit très résistante à cause des violences qui sont exercées sur la capsule et qui retentissent sur elle. Cette dilacération ne convient que dans les cataractes siliqueuses, membraneuses et secondaires. ,

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Cataractes secondaires. — On donne ce nom aux opacités qui surviennent dans une pupille apres qu'on a extrait le cristallin, en laissant par méçfarde, dans la capsule, des fragments de masses corticales qui, peu à peu, se sont opacifiées, emprisonnées qu'elles sont dans les lambeaux de cristalloi'de qui s’est recroquevillée. On remédie à la cataracte secondaire par des opérations diverses parmi lesquelles nous citerons la dilacération à deux aiguilles, la capsulotomie et l'iridotomie.

Soins et précautions après l’opération de la cataracte. — Les soins à donner aux opérés de cataracte sont peu variés; après une bonne opération, la guérison prompte est assurée si le malade sait garder le calme et l'immobilité qui conviennent. Du reste les yeux sont généralement couverts d’un appareil qui les maintient dans des conditions de chaleur, d’immobilité et d’antisepsie convenables. Il y a cependant des chirurgiens qui ont proposé de laisser l’œil libre de tout bandage : nous considérons cette liberté comme une imprudence grave.

Dés que l’opération est terminée, que la plaie a été bien débarrassée avec la pince à caillots de toutes les petites impuretés qui pouvaient se trouver à son contact, telles que fragments d’urée, masses corticales, débris de capsule, caillots, etc., que l’on s’est bien assuré que la coaptation de la plaie était parfaite, qu'il n’y avait pas trace d’enclavement de l’iris dans les angles de la plaie, on attend quelques instants pour que l’humeur aqueuse soit reconstituée; pendant ce temps l’opéré se remet de son émotion, qui généralement est beaucoup plus grande que la douleur qu’il a éprouvée ; car on ne saurait trop le répéter, la souffrance causée par l’opération de la cataracte est très supportable et bien loin d’être comparable aux douleurs que cause la présence d’un corps étranger sur la cornée. Dès que la chambre antérieure est reconstituée, on permet au malade d’ouvrir l’œil opéré audevant duquel on place un verre convexe de 44 dioptries environ, et on lui présente à. une distance de 15 à 20 centimètres, une montre. Si la pupille a été bien débarrassée de toutes les masses corticales, le malade distingue exactement l’heure. Cette épreuve donne généralement beaucoup de confiance au malade et l’encourage à la patience pendant les quelques jours qu’il demeurera dans l’obscurité.

Sur les paupières qui ont été lavées avec soin une dernière fois avec de l’eau rendue antiseptique, soit par de l’acide borique, de l’acide phénique du phénol Bobœuf ou du coaltar Le Beuf, on applique un linge antiseptique, tel que le lin boraté ou une sorte de compresse constituée par de la gaze antiseptique et du coton hygrophile, destiné à absorber les larmes ou les liquides s’il s’en écoule hors de l’œil. Pour rendre cette sorte de matelas antiseptique , nous avons pris l’habitude de dèj)oser dans son épaisseur des fragments d’acide borique ; nous préférons cette pratique à celle qui consiste à mouiller la compresse dans de l’eau bori(]ue avant de l’appliquer sur l’œil, parce qu’il nous a paru que c’était s’éloigner, en opérant ainsi, des conditions pbysiologiques de l’œil. L’autre œil est également recouvert par un pansement analogue. Cette réclusion a pour but d’immobiliser davantage

l’œil opéré. Une bande de flanelle ou tout autre appareil, tel qu’une petite pièce de tricot, munie de cordons, sert à maintenir l’appareil. On a soin de ne pas serrer la bande ou les cordons, car toute pression sur le globe est douloureuse d’une part et empêche d’une autre l’écoulement des larmes, et la rétention forcée de celles-ci sous les paupières est souvent très douloureuse.

Les soins généraux après l’opération sont nuis. Le malade est alimenté dès le premier jour, mais on évite de lui donner rien qui nécessite une forte mastication.

Le plus souvent on n’instille après l’opération aucun collyre dans l’œil, ainsi que nous l’avons dit déjà; autrefois on ne manquait pas de projeter de l’atropine; aujourd’hui, au contraire, ce serait plutôt à l’ésérine que l’on aurait recours pour prévenir les enclavements de l’iris.

Le pansement est levé au bout de 24 heures. Si les paupières sont agglutinées, on lave bien délicatement les cils avec de l’eau chaude antiseptique, on sèche ensuite les paupières avec un linge fin et on soulève, à l’aide du doigt, la paupière supérieure afin de s’assurer que la plaie est bien coaptée, et de se renseigner sur l’état de la pupille et de la chambre antérieure. Pour faire cet examen on se sert ordinairement d’une lumière artificielle, car la chambre est rendue obscure, afin d’éviter au malade l’impression de la lumière qui est toujours pénible pendant les premiers temps qui suivent l’extraction.

Si toutes choses sont régulières, le pansement est refait pour 24 heures, dans les mêmes conditions. Le malade qui a gardé le lit, peut se lever au bout de 48 heures et souvent au bout de 3 à 4 jours la réunion de la plaie cornéenn<e ayant eu lieu par première intention, on peut laisser l’œil sain libre. Au bout d’une douzaine l’opéré peut, sans danger, s’exposer à la lumière avec des lunettes coquilles fermées ou bleutées et au bout d’un mois, après qu’on a donné à l’opéré des lunettes pour voir de loin et pour voir de près, c’est-à-dire travailler, écrire et lire, il peut reprendre ses occupations habituelles.

Telle est la marche et la durée de l’opération d’extraction de cataracte, qui est si bien réglée et si précise, aujourd'hui, que les statistiques de succès donnent un chiffre qui dépasse 98 0/0.

D'' A. Gillet de Grandmont, Chirurgien-oculiste adjoint des Maisons d’éducation de la Légion d’honneur.

CATARRHAL. — On donne ce nom à un état morbide des diverses membranes muqueuses, qui se développe d’ordinaire lentement sous l’influence de diverses causes, et caractérisé par une augmentation exagérée des sécrétions de ces muqueuses (V. Catarrhe). p. l.

CATARRHE. — Mot employé pour désigner une augmentation morbide des sécrétions habituelles des membranes muqueuses. On peut admettre autant de variétés de catarrhes qu’il y a de muqueuses distinctes. Les principaux sont : le catarrhe de la muqueuse de l’oreille (V. Otorrhée); le catarrhe de

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la muqueuse nasale (V. Coryza]\ le catarrhe de la muqueuse du larynx (V. Laryngite)-, le catarrhe des bronches (V. Bronchorrhée); le catarrhe pulmonaire (V. Bronchite chronique)-, le catarrhe de l’estomac (V. Gastrorriiée, Pituite)-, le catarrhe de l’intestin (V. Diarrhée, Entérite)-, le catarrhe de rurèthrc (V. Blennhorrhée)-, le catarrhe de la vessie (V. Cystite chronique)-, le catarrhe de l’utérus (V. Leucorrhée, Métrite], etc. p. L.

CATARTHIQÜE. — On donne ce nom en thérapeutique à un certain nombre de purgatifs plus forts que les laxatifs, mais moins actifs que les drastiques, parmi lesquels nous citerons le séné, le jalap, la rhubarbe, la podophylle Coirre et la crème de tartre (V. ces mots). p. l.

CATHÉRÈTIQÜE. — On donne ce nom à certaines substances faiblement caustiques, telles que la pierre infernale, l’alun calciné, etc., qui ne produisent qu’une eschare très superficielle. p. l.

CATHÉTER. — On appelait autrefois catliéter tout instrument rigide ou fle.xible, plein ou creux, destine à pratiquer l’exploration de l'urèthre et de la vessie ou à évacuer cette dernière. Les cathéters creux ont reçu le nom de sonde, les cathéters pleins celui de bougie (V. Bougie, Sonde). Ce nom estaujourd'hui plus particulièrement réservé à un instrument dont on se sert dans l'opération de la taille, sorte de tige métallique en acier, pleine, ayant à peu près la forme et la longueur d'une sonde on métal, mais creusée à sa partie postérieure convexe, d’une cannelure large, profonde, à parois polies, carrée dans son fond, et terminée, près du bec de l’instrument, par un cul-de-sac creux de 3 à 4 millimètres (V. Taille). p. l.

CATHÉTÉRISME. — On donne ce nom à une opération qui a pour but d’explorer l’urèthre ou la vessie et d’évacuer l’urine contenue dans celle-ci : d'où, suivant les cas, le cathétérisme explorateur et le cathétérisme évacuateur.

Le cathétérisme explorateur se pratique lorsqu’on veut constater la forme du canal de l'urèthre, la présence de rétrécissements ou de corps étrangers dans cet organe; lorsqu’on veut explorer la vessie et constater la présence d’un calcul ou d’un corps étranger quelconque dans ce réservoir.

Le cathétérisme évacuateur se pratique lorsqu’on veut débaiTasser la vessie de l’urine qu’elle renferme et que, pour une cause quelconque, elle ne peut plus chasser au dehors.

Nous étudierons successivement le cathétérisme chez l'homme et chez la femme;

Cathétérisme chez l'homme. — Le cathétérisme peut SC pratiquer chez l’homme avec des instruments RiGiDKS, COURBES OU ijROiTS, ct avcc dcs instruments FLEXIBLES.

Quel que soit l'instrument employé, droit ou courbe, rigide ou flexible, il faut toujours s’assurer de son bon état et vérifier s’il est uni ct poli sur toute l’étendue de sa surface extérieure. 11 faut, de plus, avant de s’en servir, toujours le graisser avec de l'huile ou du cérat pour faciliter son introduc-

tion et son glissement dans le canal, et si on le graisse avec du cérat, s’assurer qu’il ne s’est pas accumulé à l’extrémité de la sonde et qu’il n’en bouche pas les yeux, ce qui serait un obstacle à l’entrée de l'urine dans la sonde et à sa sortie au dehors. Enfin, si c’est l’hiver ou si le malade est impressionnable, il faut, avant dégraisser la sonde, la tremper quelques instants dans de l’eau tiède pour éviter l'impression du froid qui, chez plusieurs individus, occasionne des contractions spasmodiques de l’urèthre, nuisibles à la facilité du cathétérisme.

Cathétérisme avec les sondes rigides. — Ce cathétérisme peut se pratiquer avec des sondes courbes ou droites, le malade étant couché ; mais il constitue toujours une opération délicate, difficile, qui exige une grande légèreté et une grande dextérité de mains et beaucoup d’habitude. Il doit toujours être pratiqué par le chirurgien et jamais, absolument jamais, parle malade, à cause des accidents nombreux ct graves auxquels il expose, lorsqu’il est pratiqué de travers.

Cathétérisme avec les sondes rigides courbes, le malade élanl couché. — Le malade doit être couché sur le bord de son lit, le. bassin soulevé par un coussin plus ou moins épais, suivant la mollesse du lit, l’âge et l’embonpoint de l’opéré; les cuisses et les jambes écartées et reposant sur le lit par leur face externe et non par les talons, afin que ceux-ci ne puissent pas prendre de point d’appui ; les épaules basses, la tête légèrement fléchie sur le thorax ct les mains jointes sur la poitrine.

On place entre les cuisses du malade un bassin destiné à recevoir les urines.

Le chirurgien, debout à gauche du malade, en face du bassin, un peu plus haut que les organes génitaux, prend la verge entre l’annulaire et le médius

Fig. 227.

Tremier temps du cathétérisme.

de la main gauche, leur face dorsale tournée en bas, puis entraîne la peau du prépuce et du fourreau vers la racine de la verge, prend le gland par sa base, c’est-à-dire au niveau de sa couronne, entre le médius et l’index et attire la verge dans une position presque perpendiculaire. Puis, tenant à pleine I main droite la sonde par son pavillon, de façon que

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le pavillon de la sonde repose sur l’articulation de la première phalange de l'index avec la seconde, le

bec tourné en bas et en arrière, il introduit celui-ci dans Turèthre, en maintenant le pavillon rapproché du ventre jusqu’au moment où le bec est descendu au-dessous de la symphyse du pubis. Une fois arrivé là, le chirurgien écarte le pavillon du ventre et le ramène doucement, sans pousser ni presser, vers les cuisses ; grâce à cette manœuvre, le bec de la

Fig. 2-29.

Troisième temps du cathétérisme.

sonde pénètre pour ainsi dire de lui-même dans la portion membraneuse et dans la portion prostatique du canal, et arrive enfin dans la vessie.

Le cathétérisme peut donc être divisé en trois temps principaux : — un premier temps, pendant lequel la sonde est glissée papallèlement au ventre, et pénètre dans l’iirèthre jusqu’au niveau du pubis; — un second temps, pendant lequel le pavillon de la sonde est porté en avant jusqu’à ce qu’il

soit perpendiculaire à l’abdomen, et le bec passe sous le pubis et pénètre dans le col de la vessie ; — un troisième temps èn?\ï\, pendant lequel le pavillon de la sonde est abaissé entre les cuisses, et le bec pénètre dans la vessie.

On peut encore pratiquer le cathétérisme avec les sondes rigides courbes, le malade étant couché, en employant le procédé dit : le tour de maître. 11 diffère du précédent en ce que le chirurgien tourne la convexité de la sonde vers le ventre au lieu d’y tourner sa concavité, et lorsque le bec de la sonde est ainsi arrivé au niveau de la symphyse du pubis, tandis que le pavillon est entre les jambes du malade, il fait exécuter à la verge et à la sonde un demi-tour complet autour du bec, qui ramène son pavillon vers l’aine gauche du malade, puis en haut au-devant de l’abdomen, et il termine le cathétérisme comme dans le procédé précédent. La manœuvre du tour de maître, qui, disons-le hautement, n’a d’autre but que d’éblouir les assistants ignorants, n’est plus pratiquée de nos jours.

Enfin, on peut, comme le conseille le professeur Guyon, tenir dans le premier temps la sonde d’abord parallèle au pli de l’aine et ne la ramener vers la ligne médiane du ventre qu’au fur et à mesure qu’elle pénètre dans le canal.

Cathétérisme avec les sondes rigides droites, le malade étant couché. — ■ Ce cathétérisme, introduit dans la pratique de la chirurgie urinaire par Amussat père, et qui fut assez employé lorsqu’on faisait la lithotritie à l’aide d’instruments droits, n’a plus sa raison d’être aujourd’hui qu’on broie la pierre avec des lithotriteurs courbes, et a été complètement abandonné. Aussi nous semble-t-il inutile d’en donner la description.

Cathétérisme avec les sondes rigides droites ou courbes, le malade étant debout. — ■ J’en dirai autant du cathétérisme avec les sondes rigides droites ou courbes, le malade étant debout. 11 se pratique tout à fait exceptionnellement et ne vaut pas la peine d’être décrit.

Difficultés du cathétérisme chez l’homme. —

Plusieurs obstacles peuvent se présenter pendant les divers temps de l’opération du cathétérisme chez l’homme. A. peine dans le canal, le bec de la sonde peut être arrêté, par les valvules de Guérin. Cette valviile sera évitée en appliquant le bec de la sonde contre la paroi supérieure du canal, jusqu’à ce qu’on ait franchi les 3 ou 4 premiers centimètres, tandis que dans le reste du cathétérisme on suivra la face supérieure du canal. Le bec de la sonde peut aussi être arrêté à la symphyse du pubis, surtout chez les sujets gras. Pour éviter cet obstacle, et faire passer facilement le bec de la sonde sous les pubis, il suffit de placer la sonde dans la direction du pli de l’aine, comme le conseille le professeur Guyon et de l’y maintenir jusqu’à ce que le bec soit engagé sous le pubis et ait pénétré jusqu’au bulbe. Ici, un nouvel obstacle se présente ; le cul-de-sac du bulbe, surtout chez les vieillards. Pour l’éviter, dès que le bec de la sonde est arrivé dans le bulbe, il faut retirer un peu vers soi et abaisser très lentement le pavillon de façon à ce que le bec se relève et vienne en contact avec la paroi supérieure du canal, en même temps exercer

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une légère pression, et le bec s’engage dans la région membraneuse. Arrivé à la 'prostate, nouvel obstacle! Chez quelques sujets et principalement chez les vieillards, le bec se trouve arrêté par la saillie que forme en avant du col de la vessie et en se recourbant en haut, l’extrémité vésicale du sillon, quelquefois très profond, de la paroi postérieure de la prostate. On l’évite en amenant à soi le pavillon de la sonde et en l’abaissant très lentement entre les cuisses du malade et dans la direction d’une ligne presque parallèle à l’axe du corps.

Je n’ai pas signalé le spasme de furèthre parmi les obstacles naturels du cathétérisme, car je suis de l’avis de Thomson, qui a dit en parlant de lui : « Le spasme peut à la rigueur empêcher l’urine de sortir, je ne sache pas qu’il ait jamais empêché un instrument d’entrer. La plupart du temps, la faute est à la main de l’opérateur, non au spasme. »

En résumé, si Ton a soin de prendre toutes les précautions que je viens d’énumérer, si on agit doucement et avec lenteur, en ayant toujours présente à l’esprit la phrase que Civiale aimait à répéter : « Une sonde ne va bien que lorsqu’elle est avalée par l’urèthre ; aucun mouvement plus rapide et plus puissant ne peut lui être permis. » Si, enfin, on ne néglige jamais de faire avancer la sonde en même temps qu’on abaisse le pavillon, — • car c’est précisément dans la combinaison de ce double mouvement de renversement et de progression qu’on imprime à l’instrument que consiste le grand art de sonder, — on sera sûr d’éviter toujours ces obstacles naturels de l’urèthre et de rendre le cathétérisme une opération facile et exempte d’accidents et de complications graves telles que fausseroulcs, hématuries, orchites traumatiques, fièvre urineuse, etc. (V. ces mots).

Cathétérisme avec les sondes flexibles. — Le cathétérisme avec les sondes flexibles est généralement facile et le malade peut souvent le pratiquer luimême sans danger lorsqu’il est adroit, que son canal est libre et que le chirurgien lui a montré plusieurs fois la manœuvre. Pour le pratiquer, la verge étant tenue comme pour le cathétérisme avec les sondes rigides, on pousse la sonde dans le canal sur lequel, grâce à sa flexibilité et à sa mollesse, elle se moule en suivant tout naturellement sa direction. Si l’on éprouve une résistance à un point quelconque, il faut s’arrêter et ne jamais chercher à vaincre l’obstacle par la force, mais simplement retirer la sonde de un ou deux centimètres, puis la pousser de rechef.

Chez les vieillards, il arrive souvent que l’olive de la sonde s’engage dans le cul-de-.sac du bulbe et va butter contre la lèvre postérieure du col. Dans ces cas, on a conseillé de placer dans la sonde un mandrin en tige de laiton, de volume en rapport avec le calibre do la sonde et préalablement courbé au degré voulu; le cathétérisme se pratique alors comme avec les sondes rigides. Je dois dire que le cathétérisme avec mandrin est plus difficile, car le chirurgien n’est jamais absolument maître de cet instrument composé de deux pièces, il l’a moins en main. De plus, le mandrin n’ayant pas, comme les sondes en métal, un pavillon, il se rend plus difficilement compte de la direction de la partie courbe.

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Enfin, lorsque le mandrin est un peu court et que dans les tâtonnements du cathétérisme il se recule un peu, il peut s’engager dans un des yeux de la sonde et racler ou même déchirer les parois du canal. Il est vrai que pour obvier à ces divers inconvénients, notre regretté maître, Voillemier a imaginé des mandrins dont le talon est conique dans l’étendue de 3 à 4 centimètres et entre à frottement dans la sonde avec laquelle il ne fait qu’un, et déplus est garni d’une plaque comme les cathéters de Réniqué, qui permet à l’opérateur de se rendre compte de la direction du bec de la sonde. Mais, quant à moi, je préfère me servir d’une sonde mé tallique que de la sonde en gomme munie d’un mandrin, même du mandrin de Voillemier.

Évacuation de l’urine. — Quel que soit le procédé employé pour pratiquer le cathétérisme, l’urine sort toujours par les yeux pratiqués non loin du bec de la sonde. Pour qu’elle s’écoule au dehors, il faut que le pavillon soit maintenu au-dessous du niveau du col de la vessie. Dans la plupart des cas, le chirurgien facilite la sortie de l’urine en pressant légèrement de la main gauche la région hypogastrique correspondant au-dessus delà vessie, principalement dans les cas de paralysie de la vessie, ou lorsqu’à la suite d’une rétention d’urine, la vessie ayant été très fortement distendue, ne peut plus se contracter.

Pendant l’évacuation de l’urine il peut survenir une interruption brusque du jet, soit parce que les yeux de la sonde sont bouchés par des mucosités, des caillots ou des graviers, et alors une légère injection d’eau tiède dans la sonde, ou simplement l’introduction d’un stylet dans son intérieur jusqu’aux yeux, suffisent presque toujours à chasser l’obstacle. Dans les cas de distension énorme de la vessie, les yeux peuvent être recouverts par la muqueuse vésicale qui revient sur elle-même par suite de l’évacuation de l’urine. Pour les débarrasser et rétablir le cours du liquide, il suffit de placer la sonde dans une partie de la vessie distendue par l’urine.

Cathétérisme avec la sonde a demeure. — Il arrive

Appareil pour fixer la sonde à demeure, souvent dans la chirurgie des voies urinaires qu’on

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est forcé de laisser la sonde à demeure dans le canal d’un malade. 11 faut alors la fixer de telle façon qu’elle ne sorte pas de la vessie. On a proposé dans ce but plusieurs bandages différents.

Voici le bandage que j’ai souvent vu employer à mon maître Voillemier, dans son service de l’Hôtel- Dieu, et que j’emploie fréquemment moi-même ; La sonde, une fois introduite dans la vessie à la profondeur voulue, il fixait sur la partie libre, à 3 centimètres du méat urinaire, un long fil de coton à ravauder assez épais pour pouvoir être divisé en quatre chefs. Alors il appliquait en arrière du gland et circulairement une bandelette de diachylon large de 2 ou 3 centimètres et longue de 20 centimètres environ. Il s’arrêtait lorsqu’il avait fait un premier tour qui servait à protéger la peau de la verge ; puis, après avoir rabattu en arrière et à égale distance les uns des autres les quatre chefs de fil de coton, il continuait le bandage.

Un autre moyen bien simple consiste à fixer les liens qui embrassent le pavillon de la sonde aux poils du pubis, près de la racine de la verge. Ce moyen a l’avantage de prévenir le malade lorsque la sonde tend à sortir de l’urèthre, par la sensation douloureuse produite par le tiraillement des poils.

Cathétérisme de la femme. — Le cathétérisme se pratique bien plus rarement chez la femme que chez l’homme, les affections de la vessie en général et la rétention d’urine en particulier étant peu communes chez elles ; et, règle générale, la femme est beaucoup plus facile à sonder que l’homme. Cela tient à la brièveté du canal de l’urèthre, dont la longueur ordinaire est de 3 centimètres, à sa direction presque rectiligne et à la grande élasticité de ses parois. La seule difficulté est de trouver l’urèthre. Il faut se rappeler qu’il est situé au-dessus de la paroi antérieure du vagin, et qu’il vient s’ouvrir à la vulve, entre les petites lèvres, immédiatement au-dessous du clitoris.

Le cathétérisme se pratique généralement avec une sonde métallique, droite jusqu'à son bec, qui est très légèrement relevé, beaucoup plus courte que celle des hommes et d’une longueur de 15 centimètres environ.

La femme étant couchée horizontalement, le bas- ' sin soulevé par un coussin, les cuisses un peu écartées et fléchies sur le bassin, la tête légèrement relevée ; le chirurgien, placé à droite, écarte les grandes et les petites lèvres avec le pouce et le médius de la main gauche, afin de découvrir le méat urinaire, tandis que l'indicateur, dont la pulpe est tournée en haut du côté du vestibule, dirige dans le méat urinaire la sonde qu’il maintient de la main droite, comme une plume à écrire, la concavité tournée en ' haut, et qu’il pousse doucement dans l'urèthre directement en arrière, en abaissant légèrement le Iiavillon aussitôt que le bec arrive à la symphyse du pubis pour la franchir et pénétrer dans la vessie. C'est ce qu'on appelle le cathétérisme à découvert.

beaucoup de femmes jeunes et vieilles, très pudi- ! ques, ne veulent pas se laisser sonder ainsi àdécou- ' vert. Le chirurgien doit alors savoir sonder sans ' avoir les parties sous les yeux, et pratiquer ce qu’on I a[ipelle le cathétérisme à couvert ou sous les draps.

' Il peut se pratiquer de la manière suivante : La

DlCTlON.NAIRr. POPfLAIRE DE MÉDECI.NE USUEM.E.

femme étant couchée comme je l’ai dit plus haut, le chirurgien, placé à gauche, introduit ses deux mains sous les draps, pousse le doigt indicateur de la main gauche de la partie supérieure à la partie inférieure du vagin et d’avant en arrière, reconnaît le clitoris, le franchit et continue jusqu’à ce qu’il arrive sur l’orifice du canal de l’urèthre. La pulpe de l’indicateur tenu fixe sur le méat sert alors de conducteur pour y introduire le bec de la sonde et terminer le cathétérisme par le mouvement décrit plus haut.

Ce procédé déplaît encore à beaucoup de femmes nerveuses et excitables, à cause de l’attouchement pratiqué sur le clitoris qui, chez elles est l’organe de l’érection et le siège de la jouissance génésique.

On peut alors le remplacer par le suivant. La

Fig. 231.

-Vppareil pour fixer la sonde à demeure.

femme étant toujours couchée comme précédemment, le chirurgien, après avoir écarté les grandes et les petites lèvres avec le pouce et le médius de la main gauche, porte l’index à l’entrée du vagin et le ramène doucement et lentement d’arrière en avant jusqu’à ce qu’il rencontre sur la ligne ipédiane un petit tubercule au-dessus duquel est le méat urinaire. Il fait alors glisser la sonde et pratique le cathétérisme comme dans le procédé précédent.

Lorsqu’on est forcé de laisser une sonde à demeure dans la vessie d’une femme, il faut la fixer, ce qui n’est pas toujours facile à faire d’une manière solide. Le procédé le plus simple et le meilleur 'est encore celui du professeur Bouisson, de Montpellier, qui consiste à attacher par leur partie moyenne deux longs rubans de coton dont les chefs embrassent les cuisses de la malade. Pour empêcher ces rubans de glisser, à cause de la forme conique des cuisses, il sont soutenus par deux bandes de toile qui les embrassent à leur partie moyenne devant et derrière et qui sont attachées elles-mêmes à une autre bande passée en ceinture sur les hanches.

D'- [^AUL I.ABAHTHE.

CATHOLICUM. — On appelle ainsi un vieil élcc-

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tuaire purgatif, aujourd’hui inusité, dans la composition duquel entraient le séné, la rhubarbe, les racines dej chicorée, de polypode, de réglisse, d’aigremoine, de scolopendre, de pulpe de casse, de tamarin, etc. P. l.

CATILLON (GLYCÉRINE DE). — C’cst gràcc aux travaux, remarquables tant au point de vue chimique qu'au point de vue physiologique et thérapeutique, publiés depuis 1877, par le savant et laborieux pharmacien chimiste Catillon, ancien interne des hôpitaux, que la glycérine, jusque-là usitée surtout à l’extérieur, a été et est employée chaque jour sur une plus vaste échelle à l'intérieur, dans plusieurs affections dont le nombre augmente de jour en jour. ,

Sans entrer ici dans l’exposé de l’action physiologique et thérapeutique de la glycérine (Voyez ce mot), nous dirons qu’à la suite de ses recherches et de ses expériences, M. Catillon a été conduit tout naturellement à faire de ce précieux médicament la base d'un certain nomiire de préparations pharinaceuticpies spéciales qui ont, dès le début, conquis la faveur du corps médical et des malades.

1“ La glycérine de Catillon, absolument pure, qui est un véritable succédané de l'huile de foie de morue, toujours bien tolérée, qui active la nutrition au profit de l’organisme, augmente le poids du corps et peut être employée à la dose de 2 à 4 cuillerées à soupe par jour, dans tous les cas où l’huile de foie de morue était jusqu'ici conseillée.

2° La La glycérine créozotée de Catillon qui contient par cuilierée à bouche 0,20 centigrammes de créosote vraie de hêtre et trouve son indication dans les affections chroniques de l’appareil respiratoire (broncliite, catarrhe, phthisie au premier et au deuxième degré, etc.).

3° Le vm de Catillon à la glycérine et au quinquina, dont chaque verre à liqueur représente 0,30 centigrammes d’extrait alcoolique de principes actifs du quinquina, que la glycérine dissout sans précipitation, et qui peut être administré dans tous les cas où le quinquina trouve son indication, à la dose de 1 à 4 verres à liqueur, pur ou coupé avec de l’eau.

4° Le vin ferrugineux de Catillon à la glycérine et au quinquina, qui n'est que le précédent additionné par verre à liqueur de 0,10 centigrammes de citrate de fer, dans lequel la glycérine contrelialance i’action constipante du fer et du quinquina et de plus empêche le quinquina de précipiter le fer, et qui se prend aux mêmes doses que le précédent. M. Catillon prépare aussi un sirop ferrugineux à la glycérine et au quinquina, plus spécialement destiné aux enfants.

.3" L'élixir de pepsine à la glycéi'ine de Catillon, dans lequel la glycérine conserve la pepsine et la rend plus active en ajoutant son action toiii-reconstituantc à celle de la pepsine, et dont chaque cuillerée à soupe représente 1 gramme de pepsine en poudre. Cet élixir s’administre par cuillerées à soupe pour les adultes, par cuillerées à café pour les enfants, pur ou coupé d’eau (ce qui n’altère en l'icu ses effets), au début, au milieu ou à la fin des repas, dans toutes les affections de l’appareil di-

gestif qui réclament l'emploi de la pepsine (V. ce mot). D’' L- Saint-Antonin.

CATILLON (PEPTONES DE). — Les peplones (V. ce mot) ne sont que de la viande digérée artificiellement par la pepsine et rendue assimilable par l’estomac et l’intestin, sans nécessiter de leur part aucun travail digestif, ni aucune fatigue. Si la pepsine facilite la digestion des malades qui mangent, les peptones constituent un progrès de plus, puis-^ qu’à elles seules elles peuvent suffire à la nutrition sans le concours actif des organes. C’est à M. Catillon que nous devons les premières expériences sur les peptones au point de vue de l’alimentation des malades dont l’appareil gastro-intestinal est devenu impuissant à accomplir la digestion des aliments.. A la suite de ses expériences confirmées chaque jour par les observations de nombreux médecins, M. Catillon a présenté au corps médical et aux malades diverses préparations de peptones, préparées par la pepsine, l)arnii lesquelles nous citerons ;

1° La poudi-e de peptone Catillon, pure, concentrée par dessiccation à ,un très petit volume et à l’abri des fermentations, dont chaque cuillerée à café représente 40 à 50 grammes de viande assimilable et qui s’administre à la dose de 4 à 6 cuillerées avec du rhum ou du cognac, ou encore en lavement chez les malades qui vomissent les aliments.

2° Le vin de peptone Catillon au malaga, dont chaque verre, représente 30 grammes de viande assimilable et qui se prend entre les repas ou au dessert, à la dose d’un verre à madère, pur ou coupé d’eau.

3° L'élixir de peptone, qui se prend à la fin des repas, à la dose d'un verre à liqueur représentant 30 grammes de viande digérée.

4“ Le chocolat à la peptone Catillon, en tablettes et en croquettes, plus spécialement destiné aux enfants, dont chaque tablette représente 20 grammes de viande assimilable et chaque croquette 8 grammes.

Ces diverses préparations sont toutes agréables au goût, toni-nutritives et rendent de grands services dans tous les cas où la nutrition est incomplète et en particulier dans les maladies d’estomac, d’intestin, de poitrine, dans l’anémie, la débilité des enfants, chez les nourrices, les vieillards, les convalescents, etc. D' l. Saint-antoni.v.

CATILLON (POUDRE de viande de). — La poudre de viande très employée en thérapeutique, depuis les travaux de M. Debove, à cause de l’avantage qu’elle a d’offrir l’aliment sous une forme très digestible, grâce à son état de division extrême, est très difficile à préparer sans odeur désagréable et à conserver. La poudre de viande de Catillon est agréable, sans goût, sans odeur, grâce à la qualité toujours supérieure de la viande employée et aux procédés spéciaux de fabrication adoptés par M. Catillon. Elle s’administre à la dose de 2 cuillerées à soupe dans un verre d’eau bien sucrée, additionné de rhum ou de cognac, ou dans du bouillon chaud. M. Catillon prépare aussi de la poudre de viande additionnée de farine de lentilles, et de la poudre de viande additionnée de farine de maïs, (jui repré-

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sentent mieux raliment complet et [qui, par leur goût et rensemhle de leurs propriétés, sont préférées dans beaucoup de cas à la poudre de viande pure (V. Viande). D" L. Saint-Antonin.

CAUCHEMAR. — On donne ce nom à cet état particulier qui survient pendant le sommeil, dans lequel on a le sentiment d’un poids qui comprime la poitrine ou la région de l’estomac, avec impossibilité de se mouvoir, de respirer, de parler, et qui se termine par un réveil brusque, en sursaut, suivi d’une anxiété et d'une lassitude extrêmes. Très souvent pendant le cauchemar le malade croit voir des fantômes plus ou moins bizarres avec lesquels on lutte sans pouvoir arriver à s’en débarrasser; ou bien des animaux s’élancer sur son lit, s’asseoir sur sa poitrine; d’autre fois le malade croit être au bord d'un précipice et sent qu’il va y tomber, malgré tous ses efforts pour se retenir; ou bien il est dans une maison en feu, et fait des efforts désespérés pour fuir sans pouvoir y parvenir, etc.

Une digestion laborieuse, une mauvaise position du corps pendant le sommeil, une maladie du cerveau, du cœur, de l’estomac ou des poumons; les affections nerveuses, hystérie, épilepsie, hypocliondrie, etc.; de grandes préoccupations, ou grande fatigue intellectuelle, etc.; telles sont les principales causes du cauchemar.

Le temps n’est plus où on l’attribuait à des dont on était obsédé et qui se couchaient sur les individus (incubes) ou sur lesquels les malades étaient couchés (succubes). La théorie du cauchemar est plus simple : c’est celle du rêve (Y. ce mot).

A proprement parler, il n’y a pas d’autre traitement du cauchemar que de réveiller le malade. Cependant nous croyons avec Dechamhre que, l’accès terminé, l’art peut intervenir utilement soit pour dissiper un endolorissement consécutif de la tête, une fatigue générale, un sentiment d’oppression et dans ce but, on pourra administrer une infusion de quelques plantes aromatiques ou de fleurs de coquelicot, des bains à l’eau de son, etc.; soit pour écarter de l’imagination, chez les femmes surtout, les appréhensions que peut leur avoir causé le sujet même du cauchemar.

Pour prévenir le retour du cauchemar, il faut instituer un traitement qui ne sera autre que celui de la cause qui le produit et conseiller en outre aux personnes qui y sont sujettes, de ne pas trop manger et surtout des aliments indigestes; de laisser écouler un temps assez long entre le repas et le coucher, de façon à laisser à la digestion le temps de se faire avant le sommeil; de se coucher sur le côté droit, la tête et les épaules un peu élevées; de ne pas lire avant de s’endormir des histoires tristes ou effrayantes, mais, au contraire, gaies et agréables.

C Paul Labarthe.

CAUSES. — On appelle cause, en médecine, tout ce qui produit ou concourt à produire des maladies. L’étude des causes des maladies est de la plus grande importance pour le médecin et elle intéresse tout le monde, puisque leur connaissance permet de prévenir les maladies ou de les traiter plus sûrement et plus rapidement lorsqu’elles se sont pro-

duites. Malheureusement cette connaissance est encore bien incomplète sur bien des points.

On a fait jusqu’à ce jour de nombreuses classification des causes. On les a divisées en externes et internes] en principales et accessoires] en physiques et chimiques ; en prédisposantes et occasionnelles, etc.

Pour nous, nous diviserons les causes en :

I. Causes puéoisposantf.s ; — II. Causes occasion- NEI.UES ou OÉTEUMIiVA.NTES ; — III. CAUSES ACCIDEN- ÏELI.ES ET SPÉCIALES OU SPÉCIFIQUES.

I. Causes piiédisposantes. — Les causes prédisposantes sont celles qui exercent sur l’homme une action lente et progressive qui, par un mécanisme que nous ignorons encore, le préparent au dévclop- [lement d’une maladie. Elles sont prédisposantes générales, lorsque leur action s’étend à un grand nombre d’individus à la fois, comme les divers états de l’atmosphère, les saisons, les climats, la lumière, etc. Elles sont prédisposantes individuelles, lorsque leur action ne s’exerce que sur un individu isolé, lorsqu’elles lui appartiennent en propre, en quelque sorte, comme l’àge, le tempérament, la constitution, l’hérédité, l’habitude, la profession, etc.

II. Causes occasionnelles ou déteuminantes. — Les causes occasionnelles ou délerminanles sont celles qui, impuissantes à produire une maladie à elles seules, peuvent la faire éclater lorsque l’individu a déjà subi l’influence des causes prédisposantes. L’action du froid, les variations ]3rusques de la température, les impressions morales, la suppression subite de la sueur, des règles, du lait, etc., sont parmi les causes occasionnelles, celles dont l’action est le plus souvent démontrée.

Certaines causes sont en môme temps prédisposantes et occasionnelles ou déterminantes : ainsi, la station debout habituelle et prolongée prédispose aux varices et peut en outre occasionner l’augmentation de leur volume et leur ulcération lorsqu’elles existent.

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