III. Causes accidentelles, spéciales et spéci
fiques. — Les causes accidentelles sont les violences extérieures et les traumatismes quels qu’ils soient. Parmi les causes spéciales, nous citerons les animaux parasites, tels que acarus, trichines, tænia, lombrics et autres vers intestinaux, etc. Quant aux causes spécifiques, les principales sont les effluves, les miasmes, les poisons, les venins et les virus. D' Paul Labarthe.
CAUSTIQUES. — On désigne sous ce nom les corps qui ont la propriété d’altérer ou de détruire profondément l’organisation des tissus sur lesquels on les applique. Parmi les caustiques, les uns sont très actifs et produisent de véritables eschares, les autres ont une action faible et ne produisent que des cautérisations superficielles. Les premiers ont reçu le nom A' escharotiques , les seconds, celui de cathéréliques ou corrosifs (V. ces mots).
11 y a des caustiques solides et des caustiques LIQUIDES. Parmi les caustiques solides les plus usités, nous citerons le nitrate d'argent ou pierre infernale] le chlorure de zinc, qui fait la base de la pâle de Canquoin; la potasse et la soude caustique; la pâte de Vienne et le caustique Filtios, composé
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de 40 parties de potasse caustique et de 60 parties de chaux vive ; Yacide arsénieux, qui fait la base de la pâte de Rousselot ; le bichlorure de mercure, etc. (V. ces mots). Parmi les caustiques liquides, le nitrate acide de mercure, Yacide acétique, Yacide nitrique fumant, Yacide sulfurique, Yacide chromique, Yacide chlorhydrique, sont ceux dont on se sert le plus habituellement (V. ces mots). p. l.
CAUTÈRE. — Le cautère, appelé aussi fonticule, est un petit ulcère artificiel que l’on ouvre dans le but d’entretenir une suppuration constante sur un point déterminé du corps. Cette espèce d’exutoire est le plus souvent employée pour améliorer une affection générale ou pour modifier la crase du sang et des humeurs. On l’établit de préférence sur trois points différents, savoir ; au bras, dans l’enfoncement qui correspond à l’insertion du deltoïde ; à la cuisse, à trois travers de doigt au-dessus du condyle interne du fémur ; à la jambe, à trois travers de doigt au-dessous du condyle interne du tibia. On l’établit aussi quelquefois à la nuque, sur les côtés de la colone vertébrale ou auprès d’une articulation comme moyen dérivatif pour certaines maladies du voisinage.
Un cautère peut être ouvert avec le bistouri, le vésicatoire ou les caustiques. Si l’on se sert du bistouri pour cette petite opération, on incise les téguments sur une étendue de un à deux centimètres et à la profondeur de la couche celluleuse sous-cutanée ; on emplit cette plaie d’une boulette de charpie bien serrée qu’on recouvre d’un plumasseau et d’un bandage approprié. Trois ou quatre jours après, au moment où doit apparaître la suppuration, l’appareil est retiré et remplacé par un pois sec qu’on change tous les jours ou plus souvent.
Si l’on se sert du vésicatoire pour établir un cautère, on applique le pois sur la peau dénudée et on l’y maintient avec un morceau de diachylon; ce pois, préalablement recouvert de pommade épispastique, finit par se creuser un trou au milieu de la surface suppurante. Ce procédé est moins expéditif et ne donne pas toujours de bons résultats.
Le meilleur moyen pour ouvrir un cautère qui doit suppurer longtemps consiste dans l’emploi de-i caustiques :1a potasse caustique et la pâte devienne sont depuis de longues années consacrées à cet usage. La première n’agit qu’en cinq ou six heures, tandis que dix minutes suffisent à la seconde pour produire une eschare semblable à la première. Une fois l’eschare formée, ou bien on la laisse tomber
l’on ne met le pois qu’après la chute qui a lieu du dixième au vingtième jour, ou bien on la fend crucialement, on dissèque les lambeaux et l’on met au centre de la plaie un pois fixé par un emplâtre de diachylon. Dans ces conditions, il est facile d’entretenir la suppuration à cause du peu de tendance qu a la plaie à se cicatriser, on observe tout le contraire lorsque le cautère a été établi avec l’instrument tranchant ou le vésicatoire.
l’our bien conduire un cautère, il faut faire deux pansements par jour, enfoncer chaque fois un pois sec ordinaire et mieux un pois élastique Le Perdriel dans le trou, le recouvrir avec une feuille de lierre, mettre par-dessus une compresse en
fil et maintenir le tout avec un tour de bande quelconque, ayant soin de ne pas trop se^er pour laisser la circulation du sang libre et éviter les bourrelets de chair. Dans certains cas où le cautère tend à se fermer, il faut entretenir la suppuration en roulant le pois dans un peu de pommade épispastique avant de le placer, ou mieux en employant le pois élastique Le Perdriel au garou. De cette manière le cautère coulera tout le temps qu’il sera nécessaire et l’on aura ainsi un puissant dérivatif contre une foule de maladies chroniques, menaçant de plus ou moins près les individus qui en sont affectés. La bronchite chronique, la phthisie pulmonaire caséeuse, l’ulcère de l’estomac, les engorgements ganglionnaires ou viscéraux seront les principales affections morbides que ce précieux révulsif guérira ou améliorera infailliblement.
A une époque où la diathèse scrofuleuse joue un si grand rôle dans la gravité des maladies, les dépuratifs aidés des dérivatifs produiront sur certaines constitutions délabrées les meilleurs résultats. Il est à regretter que la médecine actuelle, dirigeant un peu trop ses tendances vers l’emploi des alcaloïdes, néglige beaucoup trop aujourd’hui ces efficaces moyens. D' Marc. Camboulives.
CAUTÈRES. — Les cautères sont des 'instruments en métal dont on se sert pour cautériser après les
Fig. 232.
Diverses formes de cautère actuel.
avoir préalablement chauffés au rouge. Les princi- [ paux cautères employés en chirurgie sont les eau- j
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tères actuels, les cautères électriques et le thermocautère.
Le cautère actuel est un instrument en fer, plus souvent en acier, que l’on fait rougir au feu et que l’on applique immédiatement sur la partie à cautériser. Les formes du cautère actuel varient à l’infini, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par les divers modèles représentés dans la figure 232, selon la conformation de la partie sur laquelle on veut opérer et le genre de cautérisation qu'on veut pratiquer. Tous ces divers cautères peuvent se monter sur un manche commun. Quant au degré auquel on doit les chauffer, il varie du rouge blanc au rouge gris.
Lorsqu’on applique le cautère actuel sur une partie quelconque du corps, il faut toujours prendre un certain nombre de précautions : nettoyage complet préalable de la plaie ; préservation des parties environnantes, au moyen de compresses imbibées d’eau, dans laquelle on a fait dissoudre de l’alun, ou, comme le faisait 'Voillemier, au moyen de plusieurs badigeonnages de collodion ; se servir d’une canule métallique pour introduire le cautère, lorsqu’on le porte dans une cavité ou dans un trajet fistuleux, etc.
L’application du cautère actuel détermine une douleur excessivement vive, mais dont l’intensité est en raison inverse de la chaleur de l’instrument. Cette application produit immédiatement une eschare noirâtre, dont l’épaisseur est subordonnée à la température du cautère et à la durée de son contact avec les tissus. Cette eschare se détache plus vite que l’eschare produite par les caustiques, en laissant au-dessous d’elle une plaie plus large que sa propre superficie, mais qui guérit, en général, assez rapidement.
Le cautère électrique est un instrument en platine, à formes variées, qui agit comme le fer rouge, mais qui est chauffé au moyen d’un courant électrique (V. Galvano caustique).
Quant au thermo-cautère, dont notre très ingénieux ami, le D' Paquelin, a enrichi l’arsenal chirurgical et qui remplace dans la grande majorité des cas le fer rouge et le galvano-cautère, nous renvoyons pour sa description à l’article Thermocautère. D' Paul Labarthe.
CADTERETS (eaox minérales de). — Cauterets est une charmante petite ville des Hautes-Pyrénées, et la station la plus fréquentée comme la plus utile de la région : située à près de 1,000 mètres d’altitude, au fond d'une vallée bien abritée, elle possède un climat doux et sain. La notoriété de ses eaux remonte au temps de Charlemagne et lui est probablement antérieure.
Les eaux sulfureuses, sodiques, alcalines et thermales de Cauterets donnent un débit de près de deux millions de litres par jour, alimentant neuf établissements et trois buvettes séparées. Dans la ville même, se trouvent les Thermes, les Néo-thermes, les Thermes des Œufs, Pause-Vieux, Pause- Nouveau et la Vieille buvette de César. Au sud, à 1,200 ou 1,500 mètres de distance sont la Raillère et sa buvette incomparable, les établissements du Petit-Saint-Sauveur, du lié, du Bois, et les deux buvettes de Mauhouraf .
La température de ces eaux varie de 34° à 56“ C. Les travaux de Filhol et O. Reveil, et ceux plus récents du D' Garrigou (de Luchon) ont bien fait connaître leur composition, qui est très variée.
Embouteillées, ces eaux supportent sans grande altération leur transport au loin, et perdent proportionnellement moins de leurs principes que les autres eaux sulfureuses; elles sont aussi beaucoup moins altérées par la pulvérisation, comme l’a montré dernièrement notre savant camarade le D' Duhourcau, dont le nom prend de jour en jour plus d’autorité en hydrologie, et sont par conséquent préférables, pour l’exportation, à toutes leurs similaires.
Les installations des établissements, des plus complètes, permettent d’utiliser sur place ces richesses thermales et de les approprier, selon les indications des médecins, à la cure de très nombreuses affections.
Parmi celles que l’on guérit le plus sûrement à Cauterets, il faut citer en première ligne les affections de la gorge, les angines, les laryngites, les maladies du nez et des oreilles, les affections pulmonaires, catarrhes, asthmes, emphysèmes, pleurésies, et enfin la phthisie. Cette terrible maladie trouve dans l’eau de la Raillère un de ses plus puissants remèdes qui, aidé de l’eau de Mauhourat, double les chances de guérison. Dans certains cas déterminés même, Mauhourat combat ou permet d’éviter certains inconvénients qu’on pourrait avoir à redouter de l’action énergique des eaux de la Raillère.
Autant celle-ci et César ont d’heureux eft’ets dans toutes les affections des bronches et du poumon, autant Mauhourat, de son côté, agit efficacement contre les maladies des voies digestives, les dyspepsies, les gastralgies, le rhumatisme intestinal et les entérites.
Les diathèses herpétique et rhumatismale trouvent dans les bains des Espagnols, du Ré, des Œufs et du Dois, de puissants agents qui modifient leurs influences fâcheuses ou leurs effets.
Les maladies de la peau sont traitées efficacement par les mêmes bains ou par ceux de Pause- Vieux.
La scrofule et ses manifestations, la chlorose, l’anémie, les cachexies trouvent dans les eaux de Cauterets des modificateurs actifs et des toniques reconstituants.
Les maladies des femmes sont avantageusement traitées par les bains du Petit-Saint-Sauveur et du Rocher.
Les affections des reins, de la prostate et de la vessie, celles des voies génitales retirent d’excellents effets de ces eaux ou de celles des Œufs, dont l’installation balnéaire est remarquable.
Dans la syphilis les eaux de Cauterets rendent de réels services : au premier rang il faut placer les bains très sulfureux de la Raillère ou des eaux mercurielles du Petit-Saint-Sauveur.
Les affections du système nerveux, congestions de la moelle, ataxie locomotrice, paralysies, retirent souvent des améliorations durables de l’usage des eaux des Œufs.
Enfin, bien que liarèges sembbï avoir la spécia-
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lilé du traitement des affections chirurgicales, blessures de guerre, luxations, caries osseuses, ulcères, etc., les eaux sulfureuses fortes de César, des Espagnols, du Bois, peuvent enregistrer sur ce terrain de nombreuses guérisons.
Ainsi que l’a fait ressortir le D' Duhourcau (de Cauterets] dans ses écrits déjà nombreux, tous ccs etfets sont dus, non seulement aux principes sulfureux, salins ou gazeux de ces eaux, mais aussi à leur température, à 1 électricité qu’elles dégagent, et à la façon habile dont elles sont utilisées.
D' Paul Ladarthe.
CAVERNEUX. — Qualificatif employé en anatomie pour désigner certaines parties des divers organes. Ainsi on appelle corps caverneux, les deux cylindres qui forment les deux tiers du volume de la verge (V. Verge) ; — artères caverneuses, les branches fournies aux corps caverneux par l’artère honteuse interne, etc. — En pathologie, on donne le nom de bruits caverneux aux bruits sonores que l’on perçoit pendant la respiration, la voix et la toux, en auscultant la poitrine des individus tuberculeux dans les poumons desquels existent des cavernes. P. i.
CAUTÉRISATION. — La cautérisation est une. méthode thérapeutique qui a pour but de modifier, de désorganiser ou de détruire des tissus sains ou malades, à l’aide des cautères ou des caustiques.
Lorsque la cautérisation est faite avec des cautères, elle est dite actuelle, et lorsqu’elle est pratiquée avec des caustiques, elle est appelée potentielle.
Il existe plusieurs variétés de cautérisation actuelle ; 1° La cautérisation, inhérente, qui consiste à appliquer un cautère chauffé au rouge sur la partie que l’on veut désorganiser; la cautérisation tram cur rente, qui consiste à promener très légèrement et très rapidement sur la peau un cautcre cultellaire, de façon à ne pas désorganiser toute l’épaisseur du derme et à produire simplement ce qu’on appelle les raies de Jeu] \<i cautérisation ponctuée, qui consiste à appliquer sur la peau, de distance en distance, un cautère en pointe, de façon à désorganiser toute l’épaisseur du derme, à la couvrir de ce qu’on appelle \qs, pointes de feu.
Quant à la cautéius.\tion potentielle, elle peut être obtenue par les caustiques liquifianls ijui produisent une eschare molle, ou par les caustiques coagulants, dont l’eschare est au contraire sèche et solide. P. L.
CAVES. — On donne ce nom en anatomie à deux veines qui rapportent à l’oreillette droite du cœur
Fig. 233.
8. Veine cave supérieure formée par la réunioa des deux troncs veineux brochiocéplialiques. — 1, 2, 3, -i, o. Poumons. — 6, 7. Cœur enfermé dans le péricarde.— 9, 10. Veines sous-clavières. — 11, 12. Veines jugulaires internes. — 13. Artère carotide primitive. — 15. Nerf phrémique. — 16, 17. Coupe des feuillets pleuraux. — 18. Face supérieure du diaphragme.
CAUVALAT (eaux minérales de).' — Cauvalat est un petit village situé à un kilomètre de Le Vigan, sous-préfecture du département du Gard, dans une gorge pittoresque, au milieu d’un pays qui réunit toutes les beautés des Pyrénées et de la Suisse, dont les eaux minérales sulfatées calciques,faibles alimentent un bel établissement où on les administre en boisson, en bains et en douches, dans les catarrhes des voies respiratoires, les rhumatismes et certaines maladies de peau. p. l.
CAVALIERS. — Hygiène privée. — (V. Équitation.)
CAVERNE. — On donne ce nom à l’excavation qui se forme dans les poumons à la suite du ramollissement et de la fonte des tubercules (V. Tuberculose, Phthisie), P i
le sang veineux de toutes les parties du corps, si ce n’cst toutefois celui des parois du cœur lui-même : la veine cave supérieure et la veine cave inférieure.
La veine cave supérieure, appelée encore thoracique ou descendante, reçoit le sang veineux qui vient de la tête, de la poitrine et des membres supérieurs, c'est-à-dire de toute la région sus-diajiliragmatique du corps. Elle est formée par la réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliques, commence au-dessous du cartilage de la première cote droite, descend verticalement derrière le bord droit du sternum, et va se jeter, après un trajet de 4 à O centimètres de longueur, en décrivant une légère courbure à concavité dirigée à gauche, dans