‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 10 sur 206 · ACAJOU (POMME D · texte numérisé non relu

ACAJOU (POMME D

’). — Nom vulgaire donné au fruit de Vanarcadium orientale, plante de la famille des térébinthacées, très connue dans les Indes, où on la cultive beaucoup. Ce fruit, de la grosseur d’un œuf, d’une couleur jaune vif, très charnu, fournit un suc acide, un peu astringent, très rafraîchissant, qui, additionné d’un peu de sucre, d!eau et de rhum, donne une boisson d’un goût très agréable, fort recherchée dans les pays chauds. Le mésocarpe est spongieux et contient une huile essentielle très âcre, caustique, déterminant une forte irritation

^ fit dans certains cas

me acajou produisant la vésication. M. Dujpdin-Beaumets pense qu’on pourrait employer ce liquide comme succédané du croton tiglium. La pomme d’acajou entre aussi dans la composition du vinaigre d anacarde. (V. ce mot.)

D»^ A -L. Labarthe, père.

ACANTHE. — L’acanthe, inersine, branc ou branche ursine, acanthus mollis, de la famille des acan-

thacées, est très appréciée dans nos jardins a cause de ses feuilles grandioses et a port élégant, leur teinte verte foncée en faisant une jolie plante d’ornementation.

Au point de vue thérapeutique, il est fort usité dans certaines contrées de l’Orient, où on le croit bon contre toutes les maladies. La souche et les feuilles peuvent servir comme émollient en cataplasmes, bains, lotions et lavements.

Georges Duché, Ph*'“. '

ACARUS SCABIÉE. — Petit insecte parasite globuleux, ovoïde, couvert d’une sorte de carapace et

Fig. 23. — Acarus de la gale, mâle.

pourvu de quatre paires de pattes, visible à l’œil nu

Fig. 24. — Acarus de la gale, femelle, et plus sûrement à la loupe, qui peut vivre, se développer et se multiplier avec une rapidité effrayante sur l’homme et sur certains animaux tels que le chien, le cheval, le cochon et le mouton. Vacarus, appelée encore sarcopte de la gale, se loge de préférence, chez l’homme, entre les doigts, dans les plis des articulations, aux fesses, et occasionne une maladie appelée gale. (V. Gale.) p. l.

ACCABLEMENT. (V. Abattement.)

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ACCËLËRË. — Qualification indiquant l’augmentation de la vitesse d’une fonction. Ainsi la respiration est accélérée dans l’asthme ; le pouls est accéléré dans la fièvre. P- l.

ACCENTUATION, — La mise en valeur, chez un individu, de tous les sons dans la voix articulée, peut être définie l’accentuation. La voix ou mieux la parole est plus ou moins agréable et sympathique, selon que l’accentuation est plus ou moins complète, nette ou obscure, naturelle, c’est-à-dire simple ou affectée. La bouche est le siège de l'accentuation et la langue est son organe.

L’éducation exerce une grande influence sur l’accentuation, et lorsque celle-ci est vicieuse, elle constitue le bredouillement, la blésité, le zézaiement, le bégaiement, etc. (V. ces mots.) P. L*

ACCÈS. — On donne ce nom, en médecine, à un ensemble de phénomènes maladifs qui se produisent et cessent périodiquement, à des intervalles plus ou moins éloignés et plus ou moins fixes. C’est ainsi que l’on dit : accès de fièvre, accès d’hystérie, accès d’asthme, accès de goutte, etc. Toutefois, dans un sens plus restreint et plus usuel, on applique exclusivement le mot accès à la fièvre intermittente.

ACCIDENT. — On donne ce nom, en médecine, à tous les symptômes qui se manifestent dans une maladie sans qu’ils soient une suite nécessaire de cette même maladie. Ainsi une hémorragie, survenant après un accouchement ou une opération chirurgicale, est un accident ; il en est de même des inflammations ou des symptômes nerveux qui peuvent survenir dans ces cas, etc.

Dans le langage vulgaire, on donne le nom d’accident à tout événement subit, imprévu et fâcheux. Ainsi les chutes, les contusions, entorses, luxations et fractures, les plaies par piqûres, coupures ou écrasement, l’introduction d’un corps étranger dans la chair ou dans une des cavités naturelles du corps humain, les brûlures, les empoisonnements, etc. sont des accidents. p. L.

ACCLIMATEMENT — On doit entendre par le mot acclimatement l’état de l’individu acclimaté, et distinguer par le mot acclimatation le travail physiologique qu’il subit en s’acclimatant ; comme il convient peut-être aussi de grouper sous le nom d'acclimatisation les procédés au moyen desquels on peut arrivera faciliter l’acclimatation et à obtenir l’acclimatement.

C’est le système nerveux qui est le plus directement affecté par le changement de climat. La température, et surtout les variations de température, sont, de tous les facteurs hygiéniques du climat, ceux qui jouent le principal rôle dans le travail d’acclimatation ; et le travail d’assimilation et [de désassimilation est en rapport avec l’activité plus ou moins grande de la circulation qui accélère, dans certains cas, l’usure organique ou favorise, au contraire, la surcharge nutritive, comme aussi la nutrition fait les frais de la spoliation sudorale ou biliaire que provoque l’excès de chaleur.

Chacune de ces modifications sera étudiée en détail aux mots Chaleur, Lumière, Climat, Humidité, Pression, Froid, etc. On y verra que, si l’on fait abstraction de l’influence •palustre, tous les organismes sont affectés de la même manière par le changement de climat.

Le CLIMAT TROPICAL, par exemple, détermine chez tous les immigrants des phénomènes identiques, qui sont :

1® L’affaiblissement de la tonicité de la peau et, en général, la dépression nerveuse, auxquels correspondent : la diminution de la contractilité dans les vaisseaux capillaires, la stagnation du sang dans les glandes de la sueur, l’activité plus grande de la sécrétion de ces glandes, les sueurs abondantes, souvent passives, s’exécutant comme par simple filtration, la sécheresse compensatrice des muqueuses de l’appareil digestif, d’où résultent la soif ardente, la perte d’appétit, Yapepsie, la lenteur des digestions, la paresse de l’intestin ;

2“ Le ralentissement du cours du sang, malgré le surcroît d’activité „ du cœur qui se révèle par l’accélération du pouls ;

3° L’alanguissement de Yhématose, résultant à la fois de ce ralentissement du cours du sang et du ralentissement du rhythme respiratoire. La capacité pulmonaire augmente, il est vrai, sous les tropiques; mais cette compensation n’est pas suffisante, et la quantité d’air introduit dans les poumons est, en réalité, moindre que dans les pays tempérés. La quantité de carbone est moindre également. Il en résulte que la nutrition périclite, comme l’indique, en effet, la diminution du poids du corps ; la vigueur musculaire décline, la mémoire et l’attention s’affaiblissent et la vie cérébrale s’alanguit dans son ensemble ;

4° La diminution de l’activité dû rein, contrastant avec le surcroît d’activité sécrétoire de la peau ;

5° Enfin, l’accroissement d’activité de l’appareil biliaire, dont on peut trouver la cause dans le ralentissement de la circulation, et la stagnation du sang dans les viscères ; aussi bien que dans la surcharge de carbone, dont l’élimination par le poumon est tombée au-dessous du taux normal. L’augmentation de l’embonpoint et, chez quelques-uns, le développement d’une obésité précoce seraient une conséquence de ce surcroît d’activité fonctionnelle du foie.

Le CLIMAT POLAIRE produit des influences généralement inverses qui sont identiques aussi chez tous.

Mais dans quelle mesure ces modifications physiologiques sont-elles compatibles avec la santé? Un immigrant peut-il compter sur une indigénisation réelle au bout d’un temps déterminé? Combien de. temps durera l’épreuve?

Il suffit de poser ainsi la question pour voir combien il est difficile d’y répondre, tant elle est complexe.

Il est évident que le résultat final, Y acclimatement, dépend d’une foule de conditions inhérentes, pour la plupart, à l’individu lui-même, quoique l’on doive placer en premier lieu les conditions hygiéniques du climat nouveau.

Affirmons d’abord qu’on ne s’acclimate pas aux localités ni aux climats insalubres. Les exemples

du contraire sont des exceptions, et l’on voit tous les jours, dans les localités paludéennes, des individus, que l’on avait lieu de supposer acclimatés, succomber à la première invasion d’une épidémie nouvelle ou même dans le cours d’une épidémie existante.

On peut affirmer sans crainte aussi que l’on ne s’acclimate pas aux climats polaires proprement dits, où l’homme subit ùn froid excessif pendant des nuits de six mois, dans une atmosphère confinée, exceptionnellement humide, sans légumes ni aliments frais, sans les distractions qui sont notre sauvegarde contre l’ennui débilitant.

De même, peu de constitutions échappent, sous les climats torrides, à tout le cortège des affections engendrées sous la seule influence climatérique.

1° L’anémie, qui se traduit, chez tous, par la pâleur, facile à discerner sous le hâle de la peau, et qui constitue l’état normal des nègres de l’Afrique. Elle est le résultat de causes complexes : l’inertie digestive, l’insuffisance de l’hématose, les pertes sudorales. Elle prédispose aux maladies climatériques et en aggrave les conséquences.

2* Les dys'pepsies;

3° Les congestions elles inflammations du foie;

4” Les flux séreux de l’intestin ;

5“ Les rhumatismes, névralgies, etc.

Sans parler d’autres états accidentels, insolation, coups de chaleur, et des conséquences de l’état nerveux, comment espérer que l’organisme conservera longtemps l’énergie nécessaire pour réagir contre celles de ces maladies dont l’influence débilitante est continue, ou pour réparer les désordres plus ou moins profonds occasionnés parles autres?

Cependant, le climat tropical exerce une influence plutôt favorable en ce qui concerne la généralité des maladies viscérales, qui sont absolument rares dans les pays chauds et revêtent, quand on les observe, des allures chroniques. L’expatriation serait donc plus utile que nuisible à toute une catégorie d’individus prédisposés à ce genre d’inflammations, en particulier à celles de l’appareil respiratoire, à la condition qu’elles ne soient pas arrivées à la phase de suppuration, que le climat tropical accélère (V. Migrations). .

Sous les climats polaires, comme sous les climats torrides, la résistance morbide n’est pas la même chez tous, et c’est là l’élément principal de l’acclimatement. Aux deux extrémités, il est des individus à tempérament torpide, qui ne résistent à aucune influence dépressive ; or, chaud ou froid, le climat nouveau est toujours dépressif dans une certaine mesure. Et par contre, il en est d’exceptionnellement énergiques, qui savent toujours réagir à propos et qui sont les privilégiés de l’acclimatement. Quant à rapporter les deux dispositions à l’une ou l’autre des formules qui résument les tempéraments dans notre langage médical, nous y renonçons, attendu que ce qu’on appelle le moral joue le grand rôle dans cette lutte pour l’existence, et que l’énergie morale n’est pas classée dans nos nomenclatures. On comprend cependant que les sujets énergiques se rencontreront plutôt parmi les gens dits nerveux, et les sujets dépressibles parmi ceux à constitution molle. Dans tous les cas, le tempérament dit sanguin

est, de tous, celui qui ressent de la manière la plus fâcheuse les perturbations de l’acclimatation ; chez qui les déplacements sanguins du centre à la périphérie ou de la périphérie au centre, sous l’influence du chaud ou du froid, occasionnent le plus facilement des désordres, et chez lequel aussi l’équilibre se rétablit avec le plus de lenteur après l’épreuve de l’arrivée dans la localité nouvelle.

Il est presque superflu de remarquer que l’acclimatement est d’autant plus assuré que les localités de départ et d’arrivée sont plus voisines, ou, d’une manière plus générale, que leurs formules climatologiques présentent plus d’analogie. On a cru remarquer que l’acclimatement était plus facile dans l’émigration vers le pôle que dans l’émigration vers l’équateur.

Il est naturel de déduire aussi de ce que l’on sait . généralement que les chances d’acclimatement sont en raison inverse de la variabilité climatologique d’une localité, et qu’elles seront plus grandes là où le climat est constant ou régulier pendant le cours de chaque saison, quand même les écarts seraient considérables d’une saison à l’autre.

Enfin, l’acclimatement est mieux assuré chez les jeunes. Si les troubles de l’acclimatation sont plus funestes aux enfants, au moment de leur arrivée, leur organisation inachevée peut, par contre, s’adapter d’une manière plus durable aux conditions nouvelles. Au contraire, chez le vieillard, le changement de climat produit des troubles d’une moindre amplitude; si l’on peut dire, mais il ne peut guère compter sur une adaptation de l’organisme à des conditions différentes de celles auxquelles il s’était habitué.

Telles sont les conditions de l’acclimatement pour l’individu. Je n’ai pas à m^occuper ici de l’acclimatement de la race. Je me borne à dire qu’elles dépendent d’une manière générale : 1° des conditions hygiéniques du climat nouveau ; 2“ des aptitudes de la race à vivre sous ce climat, aptitudes qui se traduisent par la force de vitalité et par la puissance de fécondité.

Il n’y a pas encore d’art de l’acclimatation. Pour acclimater une race, il faut commencer par assainir le sol et faciliter les croisements. Pour l’individu, quand les influences climatériques lui sont par trop pénibles, il n’a d’autre ressource que le changement de lieu ou simplement d’altitude, si le pays offre des hauteurs salubres.

En dehors de ces moyens, nous ne trouvons pas autre chose à conseiller que la modification progressive du régime et des habitudes, qui est une sorte d’indigénisàtion. Puisque le climat chaud débilite, il faut travailler modérément aux heures les plus chaudes du jour ; puisque la chaleur excessive surexcite le cerveau, il faut lui épargner, à ces heures, les travaux intellectuels qui le surmènent ; puisque la sécrétion de la sueur est une cause d’usure, il ne faut pas l’activer par l’abus des boissons ; enfin, il faut régler son régime sur les besoins réels de l’organisme, plutôt que sur les caprices de l’appétit. Aux climats comburants, des aliments carbonés ; aux climats opposés, une nourriture moins substantielle, plus facilement assimilée, moins échauffante, en employant ce mot dans le sens phy-

siologiqiie. La sobriété est relative ; mais les excès sont partout nuisibles, surtout à l’arrivée. Sous tous les climats, il faut se distraire, par tous les moyens que l’on trouve à sa portée, dans la mesure du permis. D-- Ad. Nicolas,

Médecin de classe de la marine en retraite, Membre de la Société de géographie.

ACCOMMODATION. — Physiologie. — On appelle accommodation la faculté que possède l’œil de s’accommoder pour des distances très variables, c’està-dire de distinguer avec une égale netteté des objets plus ou moins éloignés de lui.

Lorsqu’il est au repos, l’œil normal est disposé pour voir a l’infini, c’est-à-dire les objets très éloignés, et si cet organe ne pouvait pas se modifier lorsque nous voulons voir de près, l’image des objets examinés ne se produirait plus exactement sur la rétine^ et l’impression lumineuse n’aurait plus de netteté.

C’est grâce à un petit muscle, appelé muscle ciliaire, situé à l’intérieur de l’œil sur le pourtour du cristallin, qu’il n’en est pas ainsi. Sous son influence, en effet, le cristallin' qui est très élastique, augmente d’épaisseur et sa face antérieure surtout devient de plus en plus convexe, à mesure que l’objet considéré se rapproche, et il produit ainsi l’effet d’une lentille de plus en plus forte qui ramène à un même point sur la rétine l’image de l’objet regardé, placé à des distances variables, condition nécessaire de la vision distincte.

Cependant, lorsque.!’ objet se rapproche par trop, il arrive un certain moment où la force de convergence du cristallin n’est plus suffisante pour neutraliser l’effet du rapprochement: c’est alors que la vision cesse d’être distincte et nette.

On appelle amplitude de l’accommodation la quantité de réfringence que l’œil s’ajuste à lui-même pour la vision nette des objets les plus rapprochés. Un œil quelconque, à l’état de repos absolu, est accommodé pour un point de l’espace dont le foyer principal ou le foyer conjugué est placé sur la rétine. Si ce point est rapproché de l’œil on a affaire à de

myopie, et la myopie est d’autant plus forte que le point est plus rapproché.

Si ce point est situé à l’infini, il envoie à l’œil des rayons parallèles qui viennent former leur foyer sur la rétine, l’œil est alors emmétrope. Si ce point est situé au delà de l’infini, dans le sens mathématique que l’on donne habituellement à cette expression, les rayons qui en partent sont donc moins divergents que les rayons parallèles, ils sont convergents et pour que ces rayons viennent former leur foyer sur la rétine, il faut que celle-ci soit placée plus près du cristallin que la rétine d’un œil emmétrope. Les yeux de ce genre sont dits hypermétropes.

On voit par là que les yeux myopes ont un diamètre antéro-postérieur plus considérable que les yeux emmétropes, puisque chez eux la rétine est placée plus en arrière et que chez les hypermétropes, au contraire, ce diamètre antéro-postérieur est moindre.

Pour déterminer les deux points extrêmes, entre lesquels l’accommodation peut s’exercer, ce que les

oculistes appellent le punctum remotum et le punçl tum proximun, on cherche la plus grande et la plug petite distance à laquelle un individu peut distinguer les plus fins caractères d’imprimerie. La distance qui sépare ces deux points montre Y amplitude de l’accommodation. On a construit, dans le rriême but, des instruments spéciaux qu’on appelle optométres. (V. ce mot.)

Pathologie.— Affaiblissement de l’accommodation. — L’âge amène une diminution dans la force de l’accommodation, et on appelle presbyte l’œil qui ne peut plus voir distinctement les plus fins caractères d’imprimerie qu’en éloignant le livre à plus de trente eentifflètres.

L’affaiblissement de l’accommodation peut être produit par d’autres causes. C’est ainsi que certaines substances médicamenteuses, instillées directement entre les paupières ou absorbées par la peau et les voies digestives, ont la propriété, en même temps qu’elles dilatent la pupille, de paralyser l’accommodation pendant un temps proportionnel à la dose employée, variant de quelques heures à quelques jours. On les appelle des mydriatiques, et on appelle mydriase, la dilatation pupillaire.

Les mydriatiques les plus employés sont la belladone et son alcaloïde Y atropine, le duboisia myoporoïde et son alcaloïde la duboisine; le gelseminum sempervirens ou jasmin sauvage, et son alcaloïde la gelsémine.

Les médicaments qui ont la propriété de faire contracter la pupille sont appelés myotiques [myose ou myosis, contraction pupillaire). Les principaux sont la fève de Catabar et son alcaloïde Yésérine ou calabarine, le jaborandi et son alcaloïde la pilocarpîne. (V. ces mots.)

Paralysie de l’accommodation. — Il y a paralysie de l’accommodation lorsque le muscle ciliaire, paralysé, ne peut plus imprimer au cristallin au cune modification de courbure ; dans ce cas la vision est impossible pour les objets rapprochés. La paralysie de l’accommodation coïncide presque toujours, mais non forcément, avec la dilatation de la pupille. En tous cas, les mydriatiques portent leur action à la fois sur la pupille et sur le muscle ciliaire.

Les causes principales de la paralysie de l’accommodation sont les mydriatiques, la convalescence des fièvres graves et la diphthérie ; souvent cette paralysie se montre sans cause appréciable. Elle guérit presque toujours. '

Spasme de l’accommodation. — On peut observer au contraire le spasme de l’accommodation, c’est-àdire un état de contraction du muscle ciliaire, qui rend le cristallin plus convexe et ne permet au malade de voir qu’à une distance rapprochée. Cette affection s observe surtout chez les hypermétropes qui sont constamment obligés de faire des efforts d accommodation. C’est une des raisons pour lesquelles il est si commun de voir l’hypermétropie annuler la myopie, et les hypermétropes porter des verres concaves qui ne peuvent que leur fatiguer la vue. D' A. Chevallebeaü,

Ancien interne des hôpitaux, Chirurgien ocuUstô du Chemin de fer de Lyon.

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accouchement. — Fonction qui consiste dans l’expulsion ou l’extraction du fœtus viable et de ses annexes hors des organes génitaux. On donne plus communément le nom d’accouchement a l’expulsion du fœtus, réservant celui de délivrance a la sortie de l’arrière-faix ou placenta et des membranes.

L’accouchement peut être naturel ou spontané, quand l’expulsion du produit de la conception a lieu sous l’influence des seules forces de la nature. 11 est ARTIFICIEL ou LABORIEUX quand l’accoucheur ou la sage-femme est obligé d’intervenir avec la main ou les instruments pour hâter la sortie de l’enfant. On appelle encore accouchement provoqué celui qui a été déterminé avant le terme, dans un but scientifique ou criminel, par des procédés particuliers qui mettent en jeu les propriétés essentielles de la matrice et produisent l’expulsion du fœtus. Enfin l’accouchement FORCÉ est celui dans lequel, sans chercher par divers moyens à provoquer les contractions utérines, l’accoucheur introduisant violemment la main dans la matrice, s’empare du fœtus et en pratique aussitôt l’extraction. Ce procédé qui, à une certaine époque, était assez fréquemment employé, est aujourd’hui tombé entièrement en désuétude, et ne trouve son application que dans les quelques minutes qui suivent la mort de la mère. C’est alors un accouchement post mortem.

L’accouchement est dit a terme quand il a lieu a la fin de la grossesse, c’est-à-dire après deux cent soixante-dix jours environ de gestation. On appelle prématurés ou avant terme les accouchements qui se produisent entre le septième et le neuvième mois de la grossesse. L’expulsion du fœtus depuis le moment de la conception jusqu’à la fin du sixième mois constitue une fausse couche ou avortement.

Quelle que soit l’époque à laquelle a lieu l’expulsion du fœtus, les divers phénomènes dont l’ensemble constitue ce qu’on appelle le travail de l’accouchement présentent des particularités identiques. Les uns sont purement mécaniques. Ce sont les mouvements que le fœtus, poussé par les contractions utérines et les efforts des muscles abdominaux, exécute en traversant le canal formé par le bassin et les organes génitaux. Cette partie du travail est appelée mécanisme de l’accouchement. Les autres phénomènes dits vitaux sont constitués par les contractions utérines, la douleur qui les accompeigne, la dilatation du col, la formation de la poche des eaux, sa rupture, l’écoulement du liquide amniotique, la résistance et la dilatation progressive de la vulve et du périnée et l’expulsion du placenta.

Causes de l’accouchement. — Mais d’abord, quelles sont les causes de l’accouchement? Longtemps on avait cru que l’enfant était l’agent principal de sa sortie ; les exemples d’enfants nés spontanément après la mort de leur mère avaient fait admettre que le fœtus, s’archoutant avec ses pieds sur le fond de la matrice, dilatait le col de l’organe avec sa tête et se poussait ainsi, en quelque sorte, à l’extérieur. Mais la naissance d’enfants morts déjà depuis plus ou moins longtemps avant leur sortie, qui s’observe encore plus souvent, détruisait cette première hypothèse ou tout au moins ne permettait pas de considérer le fœtus comme le seul agent de sa nais- . Dictionnaire populaire de médecine usuelle.

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sance. On reconnut bientôt que d’autres raisons invoquées, comme les coliques du fœtus, par suite de l’abondance du méconium qui remplit ses intestins, le poids de sa tête, son besoin de respirer, ne sont pas des causes plus probantes.

En réalité, la cause efficiente de l’accouchement est la contraction de l’utérus d’abord, aidée plus tard de celle du diaphragme et des muscles abdominaux. Lorsque, pendant le travail, on place la main sur le ventre de la femme, il est facile de sentir la matrice se contracter d’une façon intermittente, mais régulière, et, à la consistance extrêmement dure que prend l’ôrgane au moment du summum de la contraction, on peut en conclure, à la pression énergique, que l’utérus doit exercer sur l’œuf qu’il contient. Mais on se rend encore mieux compte de la puissance de la matrice quand la main,

Fig. 25. — Poche des eaux.

pour une raison particulière, étant introduite dans l’utérus, est pressée entre les parois de cet organe et le corps de l’enfant. Il n’est pas rare, en effet, que la main ainsi placée soit tellement comprimée qu’elle s’engourdisse au point de ne pouvoir plus exécuter aucun mouvement.

Mais s’il est démontré que la contraction utérine est assez puissante pour déterminer à elle seule l’expulsion du fœtus, que l’enfant n’est pour rien dans ce travail, puisque le produit mort, à moins qu’il ne soit déjà décomposé, est chassé aussi facilement que l’enfant vivant, quelles sont donc les causes qui mettent en jeu, à un moment déterminé, les contractions de la matrice? Pourquoi, à la fin de la grossesse, dont la durée moyenne est de deux cent soixante-cinq à deux cent soixante-quinze jours, l’utérus entre-t-il en contraction et détermine ainsi l’expulsion du produit de la conception? En un mot, quelles sont les causes déterminantes du travail ?

Assurément, chez certaines femmes, une chute, un coup, un mouvement brusque, une émotion violente peuvent faire contracter, même avant le terme,

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un utérus susceptible. Mais chez d’autres , au contraire, on voit les accidents les plus graves permettre cependant à la grossesse de suivre son cours. Du reste, quand ces causes font défaut, on n’en voit pas moins, à la limite de la gestation, la matrice entrer en contraction et l’accouchement avoir lieu.

On a donné de ce phénomène bien des explications dont l’exposé et la réfutation nous entraîneraient trop loin. Je me contenterai d’exposer la manière de voir qui est parteigée aujourd’hui par presque tous les accoucheurs. Cette théorie a été proposée, en 1819, par Jones Power, Ce médecin fit remarquer que la structure de l’utérus pouvait être comparée à celle de la plupart des organes creux et musculaires, et plus particulièrement à la vessie et au rectum ; que, de plus, on pouvait considérer le col de l’utérus comme jouant vis-à-vis de cet organe le rôle de sphincter. En effet, de même que toute irritation portée sur le col de la vessie ou sur le sphincter de l’anus provoque des contractions vésicales et rectales, de même les excitations sur le col de l’utérus, la simple introduction du doigt détermine des contractions du- corps de l’utérus. Jones Power expri mait donc cette idée que la contraction utéripe était le résultat de la réplétion utérine, comme le besoin d’aller à la garde-robe est le résultat de la plénitude du rectum, comme la distension de la vessie provoque le besoin d’uriher : parce qu’il arrive un moment où le. réservoir, après s’être considérablement distendu aux dépens du corps de l’organe, fait à la fin participer lè col à cette extension. Il en résulte une excitation des fibres circulaires de ce sphincter, qui en outre est irrité de la présence des membranes de l’œuf ou d’uue partie fœtale, et ces deux causes d’irritation réunies provoquent, par action réflexe, les contractions des fibres du corps de l’organe. Ce phénomène est tout particulièrement favorisé par les transformations qui s’opèrent dans la consistance et la longueur du col utérin pendant les derniers temps de la grossesse.

Signes précurseurs de l’accouchement. — Si dans quelques cas fort rares certaines femmes ont pu accoucher sans s’en douter, on peut dire qu’en général ce moment est annoncé plusieurs jours à l’avance par certaines modifications qui ne passent pas inaperçues. Ainsi, chez les primipares, on voit le plus souvent le ventre s’abaisser une quinzaine de jours, quelquefois plus, avant l’accouchement. Cet abaissement du ventre est dù à la pénétration dans l’excavation du bassin de la partie que l’enfant présente, entraînant avec elle le segment inférieur de l’utérus, qui la coiffe en quelque sorte. Cet engagement de la partie fœtale n’a lieu que si c’est la tête de l’enfant ou le siège qui est placé en avant ; et comme dans ces deux cas l’accouchement est généralement heureux, surtout pour la première de ces deux présentations, on peut dire que l’abaissement du ventre dans les quelques jours qui précèdent l’accouchement est d’un heureux augure pour la terminaison de cette fonction. Le plus souvent ce mouvement de descente se produit peu à peu et sans douleurs ; toutefois j’ai rencontré plusieurs femmes qui, à cette époque, ressentaient des douleurs assez vives pour croire à un accouchement prématuré. Deux ou trois

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jours de repos au lit faisaient rentrer les choses dans l’ordre.

A la suite de cet abaissement du ventre, on observe quelques femmes qui sont plus gaies, plug alertes, plus vives, qui peuvent faire des marches qu’elles ne pouvaient exécuter déjà depuis quelque temps. Il semble qu’elles soient libérées, en partie, du poids qu’elles portaient et qui les gênait dans leurs mouvements. Chez d’autres, au contraire, cette descente de la matrice est le point de départ d’un sentiment de pesanteur dans le bas-ventre, d’une pression désagréable sur le rectum, déterminant des envies fréquentes d’aller à la selle, de ténesme vésical, de crampes dans les cuisses et les jambes. La circulation étant gênée par la présence de la partie fœtale, qui presse sur les vaisseaux du bassin, il en résulte de l’œdème des jambes et des pieds, des varices également aux jambes, aux parties génitales et surtout autour du rectum, et l’on voit des tumeurs hémorrhoïdales se former ou augmenter considérablement de volume si elles existaient auparavant. Quelquefois on peut dire que les contractions utérines deviennent douloureuses à dater de ce mouvement de descente de la matrice. Les contractions, en effet, existent pendant la plus grande partie de la grossesse, et il est facile de le constater en mettant de temps à autre la main sur le ventre de la femme enceinte. On sent alors l’utérus se resserrer et durcir d’une manière évidente. Cependant la femme n’accuse aucune douleur. Mais quand la partie s’est engagée dans le bassin, chez quelques femmes, ces mêmes contractions, qui apparaissent de temps en temps, deviennent douloureuses au point de nécessiter un repos plus ou moins complet. C’est pendant cette période que se produit l’effacement du col, car au moment ou le travail de l’accouchement débute, à proprement parler, le col n’existe plus : sa cavité s’est confondue avec celle du corps et n’est plus représentée que par un petit orifice qui sépare la cavité utérine de celle du vagin.

Travail de l’accouchement. — Pour mieux comprendre la marche du travail de l’accouchement, suivant l’exemple de Desormeaux, on l’a divisé en trois périodes. La première s’étend depuis le début jusqu’au moment où la dilatation est complète. La seconde va jusqu’à l’expulsion de l’enfant. La troisième comprend la délivrance.

Si, comme nous venons de le voir, les contractions utérines sont parfois douloureuses dans les quelques jours qui précèdent le travail, elles le sont toujours dès que celui-ci s’établit ; si bien que, dans le langage usuel, on confond souvent les mots contraction et douleur, se servant souvent de l’un ou de l’autre pour exprimer la même idée. Au début, les contractions se répètent d’abord toutes les vingt minutes environ, puis tous les quarts d’heure, toutes les dix minutes, et allant toujours se rapprochant de plus en plus, elles arrivent à se reproduire jusqu’à deux et trois fois dans l’espace de cinq minutes. Il est vrai que ces contractions sont de courte durée : trente à quarante secondes environ au début du travail; elles dépassent rarement quatre-vingts à cent secondes dans la période la plus active.

Les femmes sentent très bien venir la contraction \

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elles en sont prévenues par un malaise général, un petit tremblement nerveux et un sentiment de pesanteur dans le ventre. Elles redoutent ces phénomènes précurseurs qui annoncent une nouvelle contraction et par conséquent une nouvelle douleur. La sensation douloureuse qui accompagne la contraction pendant le travail est très variable, selon les femmes. Les unes souffrent relativement peu. J’en ai connu qiii sont accouchées pour ainsi dire en dormant, ne se réveillant que pour se plaindre légèrement au moment de la contraction et se rendormant aussitôt après. Chez d’autres, au contraire, les premières douleurs déterminent une surexcitation nerveuse si violente, que le médecin peut être appelé à donner le chloroforme pour mettre un terme à un état tel, qu’une personne étrangère à ces sortes d’événements pourrait se croire, en présence d’un cas de folie.

Les douleurs de l’accouchement revêtent le plus souvent deux formes distinctes, sans qu’on puisse expliquer pourquoi elles se traduisent d’une manière plutôt que d’une autre. Ou bien, la douleur siège dans le ventre, ayant son point de départ vers l’ombilic et se dirigeant vers le sacrum : c’est la forme colique, celle que les femmes préfèrent et qui, disentelles, est beaucoup plus supportable que l’autre. Celle-ci, en effet, a son point de départ dans les lombes ; ces douleurs de reins sont très redoutées, et les femmes qui ont déjà eu plusieurs accouchements sont très effrayées, au début du travail, à la pensée qu’elles vont avoir à supporter ce type de douleurs, qui laissent souvent après elles, même après la terminaison de l’accouchement, une espèce de courbature plus ou moins prononcée. J’ai remarqué que ces douleurs de reins s’observaient surtout dans les cas de présentations irrégulières du tronc, de la face ou du pelvis, ou lorsque, dans la présentation de la tête, l’occiput est dirigé en arrière. (V. page 30.)

On a donné aux douleurs des noms différents, appropriés soit à la sensation qu’elles font éprouver, soit à l’effet qu’elles produisent, soit à la forme qu’elles revêtent. Ainsi, on appelle mouches ces petites douleurs fugaces, éloignées, et d’une intensité très faible, que j’ai signalées parmi les signes précurseurs du travail ; ce sont encore elles qui régnent tout à fait au début. Aux mouches succèdent les douleurs préparantes; ce sont elles qui accompagnent les contractions qui ont pour but de dilater le col de la matrice. Ces douleurs sont de toutes celles qui sont le plus désagréable à supporter pour la femme, et quand la douleur a son siège dans les reins, c’est pendant cette période que la femme souffre le plus. Ces douleurs n’ont pas toutes la même intensité ; on observe généralement qu’une contraction de longue durée, ayant par conséquent provoqué une douleur très vive, est suivie presque toujours d’une contraction plus faible et moins douloureuse.

Ces deux espèces de douleurs sont celles qui s’observent dans le premier temps de l’accouchement, pendant lequel l’orifice, que nous avons vu au début être assez petit pour admettre avec peine, chez la primipare, l’introduction du bout du doigt indicateur, se dilate peu à peu sous l’influence des tiraillements opérés par les fibres longitudinales du

muscle utérin et par la pression que l’œuf exerce à l’intérieur sur les fibres circulaires. Grâce à cette double action, la dilatation de l’orifice s’opère régulièrement et dans un temps assez court, si les contractions sont énergiques. Mais si l’œuf est incomplet, si les eaux éeVamnios se sont écoulées prématurément et si la partie fœtale est retenue élevée, soit par suite d’une mauvaise conformation du bassin, soit pour tout autre motif, la dilatation de l’orifice, qui doit s’opérer par les seuls efforts de traction des fibres longitudinales, est beaucoup plus longtemps à s’accomplir, et souvent même l’ouverture n’arrive pas à s’ouvrir complètement.

En supposant que les choses sont dans l’état le plus normal, nous voyons donc que, sous l’influence des douleurs dites mouches, le col utérin finit de s’effacer dans les quelques jours qui précèdent le travail, et que les douleurs préparantes dilatent peu à peu l’orifice utérin resté, après l’effacement du col, comme point de séparation entre la cavité, utérine et la cavité vaginale. J’ai dit plus haut que cette dilatation de l’orifice était favorisée par la pression exercée sur les fibres circulaires de l’orifice par l’œuf pressé de tous côtés par l’utérus au moment de la contraction. En effet, à mesure que cette ouverture s’agrandit, une partie des membranes tend à s’y engager, et peu à peu finit par faire une légère saillie du côté du vagin. C’est à cette portion membraneuse que l’on a donné le nom de poche des eaux. La fig. 25 représente la poche des eaux au moment de la dilatation complète, c’est-à-dire à la fin du premier temps de l’accouchement.

Parmi les phénomènes du premier temps de l’accouchement, il nous faut encore citer l’écoulement des glaires. A la fin de la grossesse, presque toutes lés femmes observent une sécrétion abondante provenant du vagin ; dans les derniers jours, cette secrétion augmente, devient plus épaisse, et souvent il s’échappe des paquets glaireux légèrement sanguinolents. Dans le vulgaire, on dit que la femme marque. C’est un des symptômes d’un accouchement prochain. Ces glaires sont le résultat de la sécrétion des glandes du col utérin, et le sang qui les colore provient de la rupture de petits vaisseaux qui se rendent de la partie interne de l’utérus aux membranes, et qui sont déchirés au moment de l’effacement du col et de la confusion qui se fait alors entre la cavité du corps de l’utérus et celle du col.

Nous arrivons au deuxième temps de l’accouchement. Quand la dilatation de l’orifice utérin est complète, c’est-à-dire quand le pourtour de cet orifice s’appuie sur les parois du bassin, la portion membraneuse de l’œuf qui lui correspond et qui forme la poche des eaux, n’ayant plus de soutien, supporte à elle seule tout l’effort de la pression exercée à l’intérieur parle liquide amniotique violemment chassé par la pression exercée au moment de la contraction utérine. Aussi, dans le plus grand nombre des cas, il arrive qu’ après une ou deux contractions, cette partie membraneuse se déchire et les eaux contenues dans l’œuf s’écoulent à l’extérieur. Si même, après un certain nombre de douleurs la poche ne se déchirait pas, le médecin ou la sage-femme en opère la rupture, car cette partie qui a été si utile pour la

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dilatation du col, devient maintenant non seulement inutile, mais encore est un obstacle à la terminaison de l’accouchement.

Dans le plus grand nombre des cas, la poche des eaux se déchire dans son point central et l’ouverture s’agrandit au point de se confondre avec celle de l’orifice utérin. Mais il peut se faire que la rupture ait lieu dans un point plus élevé et qu’il reste au devant de la tête de l’enfant un large lambeau membraneux qui la recouvre, descend avec elle, si bien qu’au moment de la naissance, la tête fœtale sort avec cette partie de membrane appliquée sur elle ; le vulgaire dit alors que l’enfant est né coiffé. On sait quel présage de bonheur il en résulte. Quoi qu’il en soit, il faut se hâter d’enlever cette portion membraneuse qui, si elle avait une grande étendue, pourrait recouvrir le nez et la bouche de l’enfant, et faire ainsi obstacle à l’entrée de l’air dans les poumons lors des premières inspirations.

Aussitôt après la rupture des membranes, la partie fœtale qui se présente, la tête dans le plus grand nombre des cas, vient s’appliquer sur l’orifice utérin, et, après deux ou trois douleurs , s’engage dans cette ouverture et la ■franchit.

Il est fréquent d’observer un petit temps d’arrêt dans le travail aussitôt la rupture de la poche des eaux. Cela tient à la disparition d’un excitant sur l’orifice, qui provoquait les contractions. Aussi, celles-ci languissent un peu jusqu’à ce que la tête venant prendre la place de la poche des eaux, détermine dè nouveau par son contact l’excitation qui se produisait avant sous l’influence de la poche amniotique.

Les douleurs qui accompagnent les contractions prennent, à ce moment, le nom A’expuUrices à cause de leur caractère, quand elles avaient leur siège préalablement dans les lombes ; on les voit bientôt changer et devenir plus franchement abdominales. Les femmes les supportent beaucoup mieux quoiqu’elles soient plus énergiques, et c’est alors que l’on voit commencer les efforts personnels de la femme qui, après avoir pris avec ses pieds un point d’appui sur le matelas, et avec les mains sur les objets qui l’entourent, fait une profonde inspiration et contracte tous les muscles de son corps. La partie de l’enfant qui se présente, surtout quand c’est la tête qui est en avant, descend, sous les efforts de la matrice, dans le vagin en dilatant ce conduit, et

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vient s’appuyer sur le plancher du bassin. La présence de cette partie donne à la femme la fausse sensation du besoin d’aller à la garde-robe. Quelques-unes se retiennent d’abord et évitent de pousser dans la crainte d’expulser quelques gaz ou des fèces. Mais il arrive un moment où elles ne . peuvent plus résister et où le besoin de se débarrasser avant tout du poids qui les gêne, triomphe de ce sentiment de pudeur. A chaque effort nouveau de l’utérus et des muscles abdominaux qui se contractent ensemble, la partie fœtale s’avance et parcourt petit à petit la courbure périnéale.

Enfin, elle s’appuie sur l’orifice vulvaire qui commence à s’entrouvrir à chaque contraction pour se refermer sitôt que l’effort est terminé. On voit alors la tête de l’enfant apparaître entre les grandes lèvres, puis la douleur passée, elle semble retomber dans le bassin, pour revenir à la contraction suivante se montrer de nouveau à l’orifice extérieur. Ces alternatives durent plus ou moins longtemps, selon que la femme est primipare ou multipare , que les contractions sont énergiques ou non et que les parties molles résistent plus ou moins.

Mais quand l’accouchement doit se terminer naturellement, on voit qu’à chaque contraction la partie de la tête qui se laisse voir ainsi à l’orifice vulvaire (fig. 26) augmente d’étendue, jusqu’au moment où cette ouverture est assez grande pour qu’une portion de la tête puisse y rester fixée.

On a donné aux douleurs qui s’observent à ce moment du travail lé nom de conquassantes, à cause de leur violence extrême. Il semble, en effet, et bien des femmes l’expriment elles-mêmes, à ce moment que le périnée va se déchirer brusquement sous la pression que lui fait subir la tête.

Enfin, quand cette partie s’est fixée dans la vulve, le moment de la sortie est proche. Une ou deux douleurs suffisent, en effet, pour dégager complètement la tête. Au moment où elle franchit la vulve, la femme pousse un cri perçant ; le périnée .glisse sur la face et passe sous le menton, si bien que la tête, n’étant plus soutenue, retombe en bas vers l’anus.

Souvent à ce moment on observe un temps d’accalmie. Les douleurs cessent pendant quelques minutes ; mais comme cette situation ne pourrait se prolonger sans inconvénient pour l’enfant, il est bon

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d’activer le travail par quelques frictions sur le ventre et en engageant la femme à pousser. Sous l’influence de ces excitations, le plus souvent aidées de quelques tractions opérées sur la tête, on voit une épaule se dégager à la partie supérieure de la

Fig. 27. — Engagement et descente de la tête.

vulve, puis la seconde épaule apparaît à la commissure supérieure du périnée et une douleur suffit pour expulser le tronc.

Durée du travail de l’accouchement. — Rien n’est aussi variable que la durée du travail. Il est des femmes qui accouchent très rapidement; d’autres qui sont en travail pendant plusieurs jours. Deux couches de suite, chez la même femme, peuvent ne se ressembler en aucune façon. En général, l’accouchement dure plus longtemps chez les primipares que chez celles qui ont déjà eu des enfants. Dans les présentations du sommet, quand l’occiput est tourné en avant, l’accouchement se fait plus rapidement que s’il regarde en arrière. Une présentation de l’extrémité pelvienne met plus de temps à se dégager que

celle du sommet. Dans la présentation de la face, la durée de l’accouchement est très variable. Enfin, on peut poser en principe qu’une présentation de l’épaule ne devra jamais être livrée à la nature seule, si l’enfant a atteint le terme de sa viabilité, c’est-à-dire s’il a au moins six mois de vie intra-utérine ; cependant il peut y avoir à cette règle quelques exceptions.

Mécanisme de l’accouchement. — Ces mots de présentations, àe. positions, ont besoin d’être expliqués. C’est ce que je vais faire en disant quelques

Fig. 30. — Présentation de la face, le menton à droite.

mots de ce qu’on a appelé le mécanisme de l’accouchement.

L’enfant, dans l’utérus, pelotonné comme le naontre la figure 27, peut mettre en rapport trois régions principales de son corps avec l’orifice de sortie : ou bien, il s’avancera par l’une ou l’autre de ses deux extrémités, ou bien c’est le tronc qui se placera sur le détroit supérieur du bassin. De là trois présentations principales : 1“ présentation de l’extrémité

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céphalique ; 2* présentation de l’extrémité pelvienne ; 3" présentation du tronc.

Mais la tète peut être fléchie sur la poitrine ou au contraire défléchie, l’occiput étant renversé sur le dos. L’extrémité céphalique donne donc lieu à elle seule à deux présentations, qui sont : le sommet (fig. 27), la face (fig. 30).

L’extrémité pelvienne peut rester pelotonnée, comme on le voit dans la figure 33, ou bien les membres abdominaux peuvent glisser d’abord et s’avancer les premiers ; mais, comme ils sont relativement petits et qu’ils passent dans le bassin, l’enfant n’exécutant certains mouvements qu’au moment où le siège s’engage à son tour dans le bassin, la présentation de l’extrémité pelvienne ne se dédouble pas ; on n’y compte que deux variétés, pieds ou genoux en avant.

Enfin le tronc, généralement, se présente par l’épaule, et souvent le bras glisse le premier; mais il peut se faire que ce soit une autre partie du tronc qui se présente, comme la hanche ou les lombes : ce ne sont toujours que des variétés de la présentation du tronc.

On nomme 'position le rapport de l’un des points de la partie qui se présente, avec le pourtour du bassin. Ainsi, pour la présentation du sommet, on prend l’occiput comme point de repère; pour la présentation de l’extrémité pelvienne, c’est le sacrum ; enfin, dans la présentation du tronc, c’est la tête foetale tout entière.

La figure 28 représente une présentation du sommet, l’occiput étant tourné en avant et à gauche.

La figure 29 représente encore une présentation du sommet, l’occiput étant, cette fois, tourné en arrière et à droite.

La figure 30 représente une présentation de la face, le menton étant dirigé du côté droit.

La figure 33 montre une présentation de l’extrémité pelvienne, dans laquelle le sacrum regarde à droite.

Enfin la figure 34 représente une présentation du tronc, l’épaule droite s’avançant la première, la tête étant à droite.

A mesure que l’enfant, poussé par les contractions de la matrice, s’avance dans le canal pelvien, il exécute certains mouvements sur lesquels je vais dire quelques mots en général, la nature de cette publication ne me permettant pas d’insister davantage. On a donné à ces transformations successives le nom de temps; on distingue : 1“ temps d’amoindrissement; 2* temps d’engagement et de descente; 3” temps de rotation interne ; 4” temps de dégagement ; 5* temps de rotation externe ; 6“ temps d’expulsion totale.

Dans le premier temps, quelle que soit la partie que l’enfant présente, sommet, face, siège, etc., cette région se place de manière à faire coïncider ses plus petits diamètres avec les plus grands diamètres du bassin. Dans la présentation du sommet, ceci est obtenu par une exagération de la flexion de la tète sur la poitrine. Dans la présentation de la face, c’est au contraire une déflexion plus complète de la tête. Pour le siège, c’est une plus exacte application des membres inférieurs de l’enfant sur le tronc, etc. Le deuxième temps, d’engagement et de

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descente, est suffisamment dénommé pour n’avoir pas besoin d’explications complémentaires. Dans le troisième temps, le fœtus exécute dans le bassin un mouvement de rotation, qui vient placer dans la présentation du sommet, l’occiput; dans celle de la face, le menton ; dans celle de l’extrémité pelvienne, une fesse, sous la symphyse du pubis, quel que soit d’ailleurs le point préalablement occupé par chacune de ces parties dans le bassin, le chemin parcouru étant toujours le plus court pour arriver au but. Ainsi, par exemple (figure 29), l’occiput est en arrière et à droite : cette partie viendra se placer sous le pubis (fig. 31), en parcourant le tiers à droite de la circonférence du bassin. Dans la présentation de la face, le menton est à droite (fig. 30) ; il vient, dans le troisième temps, se mettre sous la symphyse pubienne (fig. 34), etc.

Pour comprendre le quatrième temps, il suffit de se reporter à la figure 32.

Dans le cinquième temps, l’occiput, le menton ou la fesse étant dégagés, exécutent à l’extérieur un mouvement de rotation qui les dirige du côté qu’ils occupaient préalablement dans le bassin avant le troisième temps. Cette rotation externe de la partie dégagée n’est qu’une conséquence de la rotation interne qu’exécutent à leur tour les épaules dans le bassin, pour se placer, l’une sous la symphyse pubienne, l’autre dans la courbure périnéale.

Enfin, dans le sixième temps, la partie de l’enfant restant encore dans des organes génitaux, est définitivement expulsée par une dernière contraction de la matrice.

Je crois devoir m’en tenir à ces quelques explications pour ce qui concerne le mécanisme, et je vaisaborder une question pleine d’intérêt : celle des soins à donner à la femme pendant la période de l’accouchement.

Soins pendant le travail de l’accouchement. — On ne saurait d’abord trop recommander aux femmes enceintes de préparer de bonne heure tout ce qui sera nécessaire pour le moment de l’accouchement. Beaucoup ne le font pas et sont surprises inopinément, soit parce que la délivrance arrive plus tôt que le terme réel, soit qu’il y ait eu erreur de la part de la femme dans ses calculs. Toujours est-il qu’au moment de l’accouchement rien n’est prêt. Quant à savoir quels sont les objets à avoir à l’avance, la jeune femme qui va être mère pour la première fois l’apprendra de la personne qu’elle aura choisie pour l’assister au moment de son accouchement. L’accoucheur ou la sage-femme •qui devra donner ses soins, pour la première fois, à une femme lors de ses couches, fera toujours bien d’aller faire une première visite à sa cliente dans le dernier mois de la grossesse, afin de se rendre compte de la disposition des lieux où devra se faire l’accouchement. C’est lors de cette visite qu’on devra indiquer les choses nécessaires pour le moment attendu. Et d’abord le lit ! Quelques médecins préfèrent que l’accouchement se fasse dans le lit même où la femme doit rester pour ses suites de couche». Ils pensent, en agissant ainsi, éviter un transport qui peut amener une hémorrhagie ou déterminer un refroidissement peut-être dangereux. D’autre» aiment mieux avoir un lit de travail où naît l’enfant,-

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pour pouvoir transporter ensuite l’accouchée dans m autre fraîchement arrangé. Je suis partisan de cette dernière méthode. Je crois en effet qu’en ayant soin de faire bassiner le lit où l’on va déposer la malade, et en ne faisant pas le transport trop tôt, on peut éviter tout accident.

Quand on n’a qu’un lit à sa disposition, il faut le préparer de suite pour les suites de couches ; pour cela on met sur le premier matelas, au-dessous du drap, une toile imperméable de 1 mètre de largeur sur 1 mètre 20 de long. Cette toile devra être fixée par les quatre coins, avec des épingles de nourrice, afin de ne pas changer de place et surtout pour qu’elle ne se replie pas sur elle-même. Au-dessus du premier drap on en dispose un second en alèze, c’està-dire plié en quatre et posé transversalement d’un côté dii lit à l’autre, à l’endroit où doit reposer le siège de la malade. On fait ensuite le lit comme à l’ordinaire, mais sans couverture, et le drap de dessus est roulé jusqu’aux pieds.

Sur le lit ainsi disposé on en fait en quelque sorte un second, c’est-à-dire qu’on place sur le drap en alèze une seconde toile imperméable ou des journaux en assez grand nombre imbriqués les uns sur les autres, afin de constituer un obstacle à la pénétration des liquides. On jette un grand drap qui recouvre le tout, puis un autre plié en huit est disposé sous le siège de la femme, qui est recouverte par un drap et une ou deux couvertures, suivant la saison et le degré de sensibilité au froid que peut accuser la malade.

Les choses ainsi disposées, on comprend facilement qu’après l’accouchement il suffira de retirer tout ce qui se trouve au-dessus de l’alèze, pour que la femme soit dans un lit propre et tout préparé pour ses suites de couches. En effet, pour la couvrir il suffira de dérouler le drap de dessus, qui a été rejeté au pied du lit, et d’ajouter le nombre de couvertures nécessaires pour que la malade ait chaud, sans la faire suer. Cependant il est bien rare que, malgré les précautions prises, il ne se répande soit de l’eau, soit du sang en une place qui n’en devrait pas avoir. De plus les femmes, pendant le travail, sont rarement tranquilles : elles se jettent tantôt à gauche, tantôt à droite, ellés se dressent, puis se couchent, se lèvent souvent, puis se recouchent ; dans les dernières douleurs, elles cherchent un point d’appui et saisissent tout ce qui leur tombe sous la main : drap de dessus, alèze, toile imperméable, que leur importe ; si bien que ce lit tout préparé à l’avance se trouve défait, affaissé par place, mouiUé d’eau, maculé de sang, et que, dès le lendemain ou le surlendemain au plus tard, il faudra le refaire et pour cela transporter la malade, ce qui ne vaudra pas mieux que de le faire aussitôt l’accouchement. Voilà pourquoi je préfère avoir deux lits.

Autrefois, dans les famiUes, on se repassait, de mère en fille, un lit de sangle destiné aux accouchements. Cette sorte de lit n’a contre lui que son défaut de stabilité ; mais il est haut, et si on a soin de placer sous le matelas une rallonge de table, une planche à repasser ou quelque in-folio qui empêche le siège de la femme de s’enfoncer par trop , le lit de sangle est réellement commode pour les accouchements naturels. Quant aux accouchements laborieux, s’il

s’agit de placer la femme transversalement, le lit de sangle doit être mis de côté à cause de son instabilité; et dans ce cas il est préférable de mettre la malade sur le bord du lit où elle doit rester après l’accouchement, mais en ayant soin au préalable de garnir de linge la partie du lit qui correspondra au siège de la malade ainsi placée.

Dans les ménages de nos jours, on trouve généralement un petit lit de fer muni d’un sommier ou d’une paillasse. Ce lit n’a qu’un défaut, c’est d’être très bas sur pied, ce qui oblige l’accoucheur d’être courbé en deux pendant une partie de la durée de l’accouchement. Je fais, pour remédier à cet inconvénient, placer deux matelas sur le sommier ou la paillasse, et disposer, comme pour le lit de sangle, une planche ou un grand livre plat entre les deux matelas.

Quel que soit le lit que l’on ait à sa disposition, il doit être garni comme je l’ai exposé plus haut, et toujours placé dans la chambre où la malade doit passer ses suites de couches, afin que. le transport d’un lit à un autre se fasse rapidement pour éviter le froid et les hémorrhagies.

Parmi les objets qui doivent être préparés à l’avance, ü ne faut pas oublier de signaler un large bassin plat, des linges, éponges, épingles de nourrice , la layette , un corps gras , huile ou coldcream, etc.

Quand le médecin , est appelé , dès les premières douleurs, il devra, après s’être assuré que le travail est commencé, faire prendre chez le pharmacien deux grammes de seigle ergoté fraîchement pulvérisé, et ordonner à la femme un lavement, pour , peu que l’on sente quelque amas de matières fécales dans le rectum. Du reste, c’est toujours une bonne précaution de faire prendre au début du travail un lavement qui, entraînant les matières contenues dans le rectum, évitera, pour le moment où la tête de l’enfant appuie sur le plancher du bassin, l’issue involontaire des fèces qui gênent la femme, l’accoucheur et menacent de maculer l’enfant à sa sortie.

Ces précautions prises, le rôle du médecin, dans la première partie du travail, est d’exhorter la femme à la patience, l’empêcher de s’énerver, éloigner d’elle les personnes qui peuvent lui être désagréables, la faire asseoir de temps en temps pour l’empêcher de se fatiguer. La plupart des femmes demandent aussitôt, après le premier examen, combien de temps durera l’accouchement. C’est une question délicate à laquelle il faut se garder de répondre à la légère. On fera bien d’abord de dire que cela dépendra des douleurs, de leur rapidité et de leur énergie, et qu’avant de se prononcer on a besoin de voir la marche du travail. Si toutefois, ce qui est fréquent, la même question est renouvelée, de manière à ce qu’on ne puisse éviter d’y répondre, il faudra faire entrer dans le calcul approximatif l’état de primiparité ou de multiparité de la femme, la présentation ou la position de l’enfant, l’énergie ou la lenteur des contractions, la mollesse ou la rigidité du col et des parties molles extérieures, et, en combinant tous ces éléments d’appréciation, donner encore une heure plus éloignée que celle où l’on pense que l’accouchement aura lieu en réalité, et encore faut-il entourer sa réponse de précautions, comme ceUe-ci ; « Si les

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contractions conservent cette énergie . s’il ne se

présente rien que je ne puis prévoir à l’avance, etc.. . » Quand le cri de la femme annonce au médecin que le col est presque complètement ouvert, il sera

Fig. 31. — Rotation antérieure accomplie.

bon de placer la- femme définitivement sur le lit de travail. Jusque-là, on a pu lui permettre de se lever, de s’étendre, de se promener alternativement ; mais, quand la femme commence à pousser, il est bon de la faire coucher définitivement.

Quand la dilatation sera complète, on attendra quelques douleurs pour permettre à la poche des eaux de se rompre spontanément ; mais, si cette rupture tarde trop, il appartient au médecin de l’opérer. Le doigt, dirigé perpendiculairement à la poche qui bombe fortement pendant une contraction, suffit généralement en faisant faire quelques mouvements de va-et-ident de l’ongle sur les membranes pour opérer cette rupture.

Quand les douleurs de reins sont très fortes, souvent les femmes éprouvent un soulagement notable si l’on glisse un oreiller ou mieux un drap roulé jusque sous les lombes. Pendant tout le temps où la femme reste dans le lit, dans la seconde période du travail, l’accoucheur doit être à la droite de la malade, la garde ou la personne de la famille qui s’est chargée de ces fonctions sera à gauche.

L’accoucheur, aura soin, de temps en temps, de s’assurer de la régularité des battements du cœur de l’enfant en pratiquant l’auscultation à l’aide du stéthoscope. Dans les présentations de la face et du siège, cette précaution sera surtout indispensable. Par ce moyen, il se rendra compte de l’état de santé du fœtus, et pourra dans certains cas, par son intervention manuelle ou instrumentale, sauver l’enfant qui aurait certainement succombé, si on avait laissé l’accouchement se terminer par les seules forces de la nature.

La tête de l’enfant, après la rupture des membranes, ne tarde pas à appuyer sur le plancher du bassin et à glisser sur le périnée pour faire saillie à l’orifice vulvaire. Quand le périnée sera fortement

repoussé en avant par la pression de la tête à l’intérieur, et surtout à partir du moment où la tête fœtale, après un certain nombre de mouvements ascensionnels, restera fixée dans l’ouverture de la vulve, l’accoucheur devra soutenir le périnée. Pour cela, la paume delà main droite est appliquée sur le périnée, le pouce s’étendant le long du sillon génito-crural droit ; les autres doigts dans le même sillon du côté gauche, de façon que l’intervalle interdigital, entre le pouce et l’index, corresponde à la commissure supérieure du périnée. Pendant les contractions, la main, doublant ainsi le périnée, s’oppose, autant que possible, à ce qu’il se déchire, en renforçant le plan incliné sur lequel glisse la tête et en la repoussant en haut. Les doigts de l’autre main sont également appliqués sur la tête de l’enfant, et font effort pour empêcher que, par un mouvement brusque, cette tête, violemment poussée au dehors, ne provoque une déchirure plus ou moins importante. En même temps, on engage la femme à ne pas faire d’ efforts, à se retenir en quelque sorte, si elle le peut.

Enfin, quand la tête est sortie tout à fait, l’accoucheur, après s’être assuré, en glissant le doigt sur le cou de l’enfant, que le cordon ombilical n’entoure pas cette partie, placera la main à plat sous la tête pour lui permettre d’exécuter son mouvement externe sans se frotter contre les draps du lit, et pour éviter que la bouche de l’enfant ne plonge dans les liquides accumulés, eau et sang, qui baignent souvent le siège de la femme à ce moment du travail. Si l’expulsion totale du fœtus tarde trop à se faire,, l’utérus ne se contractant pas malgré les excitations portées sur le fond de l’organe par les frictions que l’accoucheur exécute sur le ventre de la malade, il appartiendra au médecin de hâter cette dernière période du travail en faisant quelques tractions sur la tête de l’enfant. Cette dernière partie sera saisie par l’occiput et le menton, les doigts des deux mains-

Fig. 32. — Dégagement de la tête.

étant écartés pour ne pas faire de pression sur les parties latérales du cou où siègent les gros vaisseaux. On aura soin de diriger d’abord les tractions en bas pour dégager l’épaule antérieure, sous la

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symphyse pubienne, puis de continuer à tirer en relevant légèrement la tête, pour faire parcourir à l’épaule postérieure toute la courbure périnéale et

Fig. 33. — Rotation intérieure accomplie.

de sortir définitivement à la commissure antérieure de cette région.

Quand l’enfant est sorti des organes génitaux, il est bon d’abord de lui essuyer le visage avec une

Fig. 34. Expulsion des fesses.

semette pour dégager le nez et la bouche des mucosités qm peuvent l’obstruer et même, si cela est nécessaire, de glisser le doigt dans la bouche pour en retirer des glaires accumulées. Quand il naît dans un bon état dès sa sortie, l’enfant pousse des cris se succédant rapidement et d’un son perçant. On

DICTIOiNNAIRE de médecine ÜSDELLE.

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fait bien de le laisser crier une ou deux minutes avant de faire la ligature du cordon. Pour cette dernière opération, on a préparé deux ou mieux trois bouts de fil gris, comme celui dont on se sert à la cuisine. Chaque bout, après avoir été replié en trois sur lui-même, doit avoir encore une longueur de 20 centimètres environ. Quand le moment de lier le cordon est arrivé, on jette d’abord un de cés fils sur le cordon ombilical, à une distance de 20 ou 30 centimètres environ du nombril et l’on fait deux nœuds successifs sur ce cordon, en serrant très fort, sans cependant amener une section de la tige ombilicale. A quelques centimètres de cette première ligature, on en fait une autre semblable et l’on coupe le cordon ombilical avec des ciseaux entre ces deux ligatures.

J’ai dit qu’aussitôt sa naissance l’enfant, en général, se met à crier ; mais il arrive quelquefois que le fœtus, à la suite d’un travail prolongé, naît pâle, flasque, comme exsangue, et cependant, en prenant le cordon ombilical, on perçoit des battements plus ou moins éloignés. Dans ce cas, il faut se bâter de lier le cordon, d’en faire la section et d’emporter l’enfant sur un oreiller placé sur une table, dans, une autre pièce, pour lui , donner les soins néces¬

Fig. 35. — Fin' du troisième temps de l’évolution spontanée.

saires. D’autres fois l’enfant naît presque violacé et ne se met pas à crier aussitôt. On était généralement dans l’habitude alors de couper le cordon avant de le lier. et de le laisser saigner, pour combattre cet état congestif de l’enfant. Il faudrait encore le faire si l’enfant tardait trop à crier. Mais le plus souvent, sans trop se presser, on voit, après quelques inspirations de l’enfant, cette coloration diminuer peu à peu pour donner lieu à la teinte rosée normale.

Aussitôt après la section du cordon, l’enfant est enveloppé dans un linge chaud et livré aux soins de la garde-malade ou de la personne qui en tient lieu. Souvent les enfants naissent recouverts d’une couche graisseuse d’un blanc jaunâtre, formée par de l’enduit sébacé. Cette couche de graisse ne pourra s’enlever qu’après avoir été dissoute par de l’huile ou du cold-cream, dont on enduit avec les doigts le corps de l’enfant. On essuie au fur et à mesure, avec le coin d’une serviette, les parties que l’on nettoie de cette façon. Il faut avoir soin d’enlever la

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graisse qui se trouve presque toujours dans les plis de la peau, comme aux aisselles, aux aines, aux jarrets, au pli interfessier, etc. Ceci fait, l’enfant est plongé dans un bain d’eau tiède préparé dans une petite baignoire, un bain-de-pieds ou une grande terrine; puis, après l’avoir bien essuyé avec un linge chaud ou un grand carré de flanelle, on se met en devoir de l’emmaillotter. (V. Suites de couches. Délivrance, Foetus, Grossesse, Maillot.')

D' Ant. de Sotre,

Ancien Chef de clinique d’Accouchements de la Faculté de Paris.

ACCOUCHEMENT. — Médecine légale. — Les questions médico-légales relatives à l’accoucbement sont assez nombreuses. La . législation, dont nous reproduisons les principaux articles, s’est occupée avec soin de constater la naissance et la filiation de l’enfant et de fixer les conditions nécessaires au nouveauné pour succéder {viabilité). La loi a également prévu et édicté des peines contre les crimes de suppression, de supposition ou de substitution d’enfant. Toutes ces questions seront étudiées séparément et nous ne nous occuperons dans cet article que des signes de l’accouchement proprement dit dans leurs rapports avec la médecine légale.

Législation. — Voici les principaux articles du Code -se rattachant à l’accouchement :

• Code civil. — Art. S3. — Les déclarations de naissance seront faites, dans les trois jours de l’accouchement, à l’officier de l’état civil du lien : l’enfant lui sera présenté.

Art. S6. — La naissance de l’enfant sera déclarée par le père ou, à défaut du père, par les docteurs en médecine ou en chimrgie, sages-femmes, officiers de santé ou autres personnes qui auront assisté à l’accoucfaement; et lorsque la mère sera accouchée hors de son domicile, par la personne chez qui elle sera accouchée. L’acte de naissance sera rédigé de suite en présence de deux témoins.

Art. 57. — L’acte de naissance énoncera le jour, l’heure et le lieu de la naissance, le sexe de l’enfant et les prénoms qui lui seront donnés, les prénoms, nom, profession et domicile des pèi’e et mère et ceux des témoins.

Art 58. — Toute personne qui aura trouvé un enfant nouveau-né sera tenue de le remettre à l’officier de l’état civil, ainsi que les vêtements et autres effets trouvés avec l’enfant et de déclarer toutes les circonstances du temps et du lieu où il aura été trouvé. Il en sera dressé un procès-verbal détaillé qui annoncera, en outre, l’âge apparent de l’enfant, son sexe, les noms qui lui seront donnés, l’autorité civile à laquelle il sera remis. Ce procès-verbal sera inscrit sur les registres.

Code pénal. — Art. 346. — Toute personne qui, ayant assisté à un accouchement, n’aüra pas fait la déclaration à elle prescrite par l’article 56 et dans les délais fixés par l’article 55, sera punie d’un emprisonnement de six jours à six mois et d’une amende de 16 francs à 300 francs.

Signes de l’accouchement. — Un grand nombre de causes peuvent pousser la femme à dissimuler l’accouchement, mais c’est principalement dans les accusations d’infanticide que le médecin-légiste sera appelé à constater les traces d’un accouchement récent ou ancien.

Les si&Nçs DE l’accouchement récent se tirent : a, de l’état des organes de la génération et de la lactation, et 5, de l’examen des produits expulsés et de l’examen des sécrétions.

a). État des organes de la génération. — Immédiatement après l’accouchement, les organes génitaux

sont rouges et tuméfiés, la fourchette saignante et déchirée, surtout chez les primipares ; les rides du vagin ont disparu ; le col utérin est mou, dilaté et permet d’introduire le doigt ; il est très abaissé dans le vagin et ses lèvres sont gonflées et souvent fendillées.- La peau de l’abdomen est souple, plissée, éraillée ; la ligne blanche est amincie et présente une ligne bleuâtre qui s’étend du pubis à l’ombilic. La palpation de la paroi abdominale donne la sensation d’une tumeur mobile, située le plus souvent à droite et au-dessous de l’ombilic, et qui n’est autre chose que l’utérus. Les caractères qui indiquent la congestion et la contusion des organes génilaux externes ne persistent que pendant quelques jours.

L'écoulement lochial, qui constitue, au point de vue qui nous occupe, le principal phénomène de l’accouchement, s’établit vers le deuxième ou le troisième jour. Il est souvent précédé d’un écoulement sanguin qui se manifeste quelques heures après l’accouchement. La fièvre de lait, qui n’est pas constante, survient, en général, à la fin du troi- ’ sième jour. Le flux lochial est alors diminué ; il rearaît avec plus d’intensité après la cessation de la èvre, vers le cinquième jour. Le liquide des lochies a une couleur blanc jaunâtre ; il èst séreux, laiteux ou puriforme, et exhale une odeur fade et nauséabonde. Les lochies sont souvent mêlées de sang dans les premiers jours.

A mesure que coulent les lochies, un travail de résorption s’opère du côté de l’utérüs ; cet organe diminue de volume, s’enfonce de plus en plus dans le petit bassin et disparaît derrière le pubis vers le onzième jour. Mais ce n’est guère qu’au bout de six à huit semaines qu’il a repris son volume normal: L’écoulement menstrùel reparaît à cette époque, et il est alors impossible de constater les traces d’uii accouchement récent.

Du côté des seins, on observe les phénomènes suivants : au moment de la fièvre de lait, gonflement qui peut être ass^ considérable pour gêner, chez certaines femmes, les mouvements des bras ; ce gonflement diminue rapidement vers le cinquième jour, et la sécrétion lactée s’établit. Dès le deuxième jour, les seins donuent, par la pression, un lait jaunâtre et séreux, le colostrum.

b). Examen des sécrétions. — D’après Donné, l’examen -microscopique du lait peut fournir des indices sur la date de l’accouchement. « Le premier jour, dît cet auteur, le colostrum est jaunâtre, demi-transparent, alcalin; les globules, presque, tous agglomérés, sont très disproportionnés entre eux et mêlés de corps granuleux, d’une forme variée, ainsi que de gouttelettes oléagineuses. Par l’ammoniaque, il se prend tout entier en une masse visqueuse et filante. Le troisième jour, lors de l’invasion de la fièvre de lait, il présente encore peu de changements, seulement il contient moins de corps granuleux. Le sixième jour, le lait est très jaune et bleuit fortement le papier tournesol rougi ; les globules sont mieux proportionnés entre eux ; il y a encore des gouttelettes oléagineuses, mais on n’y voit plus cette poussière de petits corps granuleux. Le septième jour, le lait est encore très jaune et d’une grande consistance ; les globules sont mieux circonscrits et bien proportionnés, les masses agglo-

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mérées disparaissent, les corps granuleux deviennent très rares. Le dixième jour, le lait, devenu abondant, est formé de globules très nombreux, très serrés, mais d’une grosseur encore irrégulière. Le quinzième jour, le lait est devenu d’un beau blanc mat, avec une légère teinte jaune, et l’on n’y aperçoit plus que de temps en temps de petits corps granuleux et de petites agglomérations. Par l’ammoniaque, il donne encore un peu de viscosité. Enfin, le vingt-quatrième jour, le lait est tout à fait blanc, riche en globules uniformes et sans aucun autre corps. »

U examen des produits expulsés doit d’abord pOTter sur le fætus et le délivre, lorsqu’on est assez heureux pour les trouver, puis sur les liquides et les taches produites par le sang, les lochies, le liquide amniotique, le méconium, la matière sébacée. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre destiné aux recherches chimiques et micrographiques relatives à la médecine légale.

Les SIGNES DE l’accouchement ancien sont incertains ; ils reposent principalement sur la dilatation du vagin, l’effacement de la fosse naviculaire, les cicatrices du périnée, les changements du col utérin, le relâchement et les vergetures de la paroi abdominale, la coloration de la ligne blanche et de l’aréole mammaire. « La date de l’accouchement ancien, dit M. lourdes, rentre dans les problèmes que la science ne peut résoudre d’une manière positive. L’effacement graduel des signes qui, par eux-mêmes, ont une intensité variable, ne fournit que de faibles indices. 3>

Il sera également très difficile de dire combien de fois une femme est accouchée; cette question pourra être posée dans le cas où la justice soupçonnera plusieurs infanticides successifs ; mais l’exp’ert n’a pour la résoudre affirmativement que des signes trop incertains.

Après la morf, les constatations anatomiques faites sur l’utérus ont une grande valeur. Dans l’accouchement récent, la muqueuse utérine est épaisse, rouge et molle ; la cavité est remplie de sang et de débris de la membrane caduque; à l’insertion du placenta, la membrane est mamelonnée, saillante, recouverte de sang coagulé mêlé au débris du placenta utérin. La tunique musculeuse est notablement hypertrophiée, les fibres contractées, allongées et très épaissies; normalement, elles ont 0““,0o à 0““,07 de longueur sur 0“”,005 de largeur, et elles acquièrent par la grossesse 0“”,2 de longueur sur 0'^,01 d’épaisseur. La muqueuse reprend les caractères de l’état de vacuité du soixante au soixante-chxième jour (Colin). Dans l’accouchement ancien, les signes anatomiques ont moins de valeur. Le volume de l’utérus, le rapport entre la longueur du col et celle du corps fournit des indices. M. Schnepf, cité par lourdes, indii^e les moyennes suivantes : — avant la puberté, col 18 miUimètres, corps 0““,8, total, 26; — après la puberté, col, 24, corps 32, total, 56 ; — après la grossesse, col. 26, corps 33, total 59.

En résumé, nous dirons que la preuve de l’accouchement, qui ne saurait résulter de la constatation d’un seul signe, peut être évidente lorsqu’on rencontre un ensemble de caractères. Pour la constatation de l’accouchement, comme pour celle de la

grossesse et de la plupart des observations médicolégales, la conviction résulte de l’ensemble des faits et non de chaque fait pris isolément.

D" a. Lutadd,

Médecin de Saint-Lazare, ex-Médecin de l’hôpital français de Londres, Secrétaire de la Société de médecine légale. Auteur du Hanud de médecine légale.

ACCOUPLEMENT. — Nom donné au rapprochement du mâle et de la femeUe pour accomplir l’acte de la génération. (V. Coït, Copulation.) p. l.

ACCOUTUMANCE. — En médecine, on dit qu’il y a accoutumance lorsque un individu après avoir pris un médicament actif à petites doses successivement croissantes, finit par supporter ce médicament à des doses qui auraient certainement causé des troubles graves et même un empoisonnement, si elles avaient été prises d’emblée.

L’accoutumance n’est pas la même chez les mêmes individus pour tous les médicaments. Ainsi, tandis qu’on peut arriver, en agissant progressivement et avec lenteur, à administrer sans danger des doses très fortes d’opium et de ses alcaloïdes, on ne peut s’accoutumer à certains autres poisons, parce qu’ils s’accumulent dans l’organisme et que leurs effets toxiques se produisent subitement dès que la dose atteint une certaine force.

L’accoutumance pour un médicament disparaît complètement, si l’on reste un certain temps sans en prendre. (V. Toléramce.) ' D' A.-L. Labarthe père.

ACCROISSEMENT. — Nom donné en physiologie anatomique à l’ensemble des phénomènes par lesquels passe la masse du corps pour augmenter de voluine. L’accroissement dépend de la prMominance de assimilation sur la désassimilation. Lorsque les deux phénomènes se font équilibre, l’individu n’augmente ni ne diminue : il ne gagne ni ne perd en poids.

L’assimilation est d’une manière générale prédominante dans l’enfance et l’adolescence; elle est sensiblement égale a la désassimüation chez l’adulte, et la désassimilation prédomine chez le vieillard.

L’accroissement, depuis la période embryonnaire, ne fait pas augmentation dans le nombre et le volume des éléments anatomiques. Ces éléments, une fois formés, augmentent peu, de sorte que l’accroissement dépend surtout de la multiplication de ces éléments. C’est surtout par la prolifération des éléments cellulaires, qui se transforment ensuite plus ou moins complètement, que se fait l’accroissement.

L’accroissement n’est pas régulier et uniforme chez tous les individus ni à toutes les époques. L’exercice favorise l’accroissement de la manière suivante : Sous l’influence de l’exercice modéré, le sang afflue vers les muscles ; les substances ternaires plus abondantes s’oxydent et produisent de la chaleur ; l’afflux de sang apporte aux éléments anatomiques un excès de matériaux nutritifs dont ils s’emparent pour augmenter de volume par accroissement ou par multiplication des éléments.

L’accroissement cesse dans l’âge adulte parce que, la désassimilation restant la même, la faculté d’assimilation des éléments anatomiques diminue insensiblement. Cette diminution faisant des progrès

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insensibles explique la diminution de volume du corps chez le vieillard.

La puissance d’assimilation diminue dans les éléments anatomiques, parce que : 1® les éléments primitifs des organes ne peuvent fournir qu’un nombre limité de générations successives et qu’il arrive une époque où cette puissance s’arrête ; 2° les éléments en vieillissant, se modifient dans leur structure ; ils deviennent cornés et s’incrustent de sels minéraux, de sorte qu’ils deviennent plus ou moins impropres au passage, à la manière d’un filtre dont les pores seraient obstrués par des parcelles étrangères.

D' J.-A. Fort,

Professeur libre d’anatomie et de physiologie à l’École pratique de la Faculté de médecine de Paris, ancien Interne des hôpitaux.

ACÉDIA. — Nom donné à une espèce de mélancolie observée chez les jeunes moines dans les couvents, occasionnée par l’ennui de la solitude, les lectures trop assidues, les jeûnes, etc. p- b.

ACÉPHALE. — Nom donné à un monstre spécial.

Ce monstre, dit M. Lancereaux, dans son remarquable 'traité d'anatomie pathologique, est composé d’un corps privé uniquement de la tête et des organes qui manquent généralement avec elle. Outre le bassin et les membres inférieurs, il existe chez lui un thorax surmonté d’une ou plusieurs vertèbres cervicales rudimentaires et I auquel se trouvent attachés un ou deux membres supérieurs. Ceux-ci sont, la plupart du temps incomplets, et les doigts sont presque toujours en nombre inférieur.

Le monstre acéphale représenté par la figure 36 n’a même pas de membres supérieurs. P. L.

ACÉPHALOCYSTE.— Nom donné à un genre de vers vésiculaires ou Hydatides. (V. Æÿdaù’des.) P. L.

ACERBE. — Qualification donnée aux substances qui produisent sur l’organe du goût une astriction plus ou moins grande, mêlée d’acidité et d’amertume. P. L.

ACÉTATE. — On appelle acétate un sel résultant de la combinaison de l’acide acétique avec une base soit minérale soit organique. Les acétates sont tous très solubles dans l’eau, à l’exception de trois ou quatre des moins usités, qui le sont très peu ; beaucoup se dissolvent également dans l’alcool.

Ils sont tous décomposables par une forte chaleur et par les acides forts. Ainsi en mettant un acétate en contact avec de l’acide sulfurique, on le décompose, et l’acide acétique remis en liberté se dégage et se reconnaît facilement à son odeur spéciale.

Au point de vue thérapeutique les acétates n’ont

pas tous la même action, leurs vertus sont différentes ; on ne peut donc pas établir de généralités sur leurs propriétés médicales ; les plus usités sont l’acétate d’ammoniaque (stimulant et sudorifique), les acétates de potasse et de soude (diurétiques et fondants), et surtout l’acétate de plomb liquide (extrait de Saturne), dont on connaît l’usage, étendu d’eau (eau blanche), pour les entorses, contusions, rougeurs, etc. (V. Ammoniaque, Cuivre, Potasse, Soude, Plomb). Alfred Chardon,

Pharmacien de l” classe, ancien Interne lauréat des hôpitaux de Paris.

ACÉTIQUE (ACIDE). — Chimie. — Du latin acetum, vinaigre. Cet acide, principe essentiel du vinaigre, est un des acides les plus anciennement connus et aussi l’un des plus importants de la chimie organique.

11 est composé de trois éléments divers, carbone, hydrogène, oxygène, comme l’indique sa formule, C^H^OSHO.

Dans la science ou dans le commerce on en connaît plusieurs variétés, selon le degré de pureté et de concentration ou selon le mode de préparation. On en peut réduire le nombre à quatre : I’acide acétique PUR ou cristallisable, le vinaigre radical, I’acide pyroligneux et le vinaigre proprement dit.

L’acide acétique cristallisable estl’acide pur. 11 est incolore et liquide au-dessus de 170°; au-dessous de cette température, il se solidifie en cristaux transparents, affectant la forme de lames ou de tables hexagonales. Son odeur est vive et très piquante ; son pouvoir caustique est très grand. Il se dissout dans l’eau en toutes proportions; il bout à 120° et répand alors des vapeurs inflammables, qui brûlent avec une flamme bleue. Il distille sans se décomposer. Il existe en grande abondance dans la nature végétale, mais à l’état de combinaison avec des alcalis, potasse, soude, chaux.

Pour préparer cet acide, on distille un mélange d’acétate de soude et d’acide sulfurique. acide acétique, chassé de sa combinaison avec la soude, vient se condenser dans le récipient, et on a comme résultat de l’opération du sulfate de soude.

' Plusieurs distillations sont nécessaires pour le purifier. Ainsi préparé, il est pur et à son plus grand degré de concentration.

Dans cet état, il contient toujours un équivalent d’eau, lequel ne peut lui être enlevé sans que ses propriétés ne soient modifiées d’une façon sensible. L’acide acétique anhydre H‘^ O® est un corps peu stable, à cause de sa grande avidité pour l’eau. Il n’est intéressant qu’au point de vue scientifique.

Le vinaigre radical est un acide acétique concentré, obtenu en distillant de l’acétate de cuivre (verdel). Il est coloré en vert et demande plusieurs distillations pour être purifié. Mais, malgré cela, il contient toujours de l’acétone qui en modifie l’odeur. Il est abandonné dans la pratique et est remplacé par l’acide cristallisable. C’est donc celui-ci que l’on emploie dans les laboratoires de chimie. La médecine l’emploie comme puissant caustique; il sert également dans les syncopes, les malaises ; pour cet usage, on l’enferme dans un flacon , avec du sulfate de potasse et on fait respirer ce mélange connu sous le nom de sel de vinaigre ou sel anglais.

Fig. 36. — Monstre acéphale.

(Professeur Depaul.)

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L’acide pyrolignedx ou vinaigre de bois est un acide acétique plus ou moins concentré, obtenu par la distillation sèche du bois. Dans cette opération, on recueille un liquide complexe composé d’eau, de goudron, d’esprit de bois, d’acide acétique et d’acétate de méthyline. On sépare le goudron par décantation et on distille de nouveau. Les premières parties qui distillent sont de l’esprit de bois ou alcool de bois, l’acide acétique ne passé qu’en second lieu. Il est encore impur et coloré et garde la saveur du goudron ; mais on peut le purifier complètement et pour cela on emploie des procédés chimiques, qu’il serait trop long de développer ici.

Le VINAIGRE, PROPREMENT DIT, est la forme sous laquelle l’acide acétique est le plus usité. C’est le produit de la fermentation acide, subie par un licfuide alcoolique.

L’acétification est basée sur la propriété que possède l’acool de s’assimiler de l’oxygène de^ l’air sous certaines influences, l’influence des corps'poreux et celles des matières azotées.

Donc, pour faire du vinaigre, il suffit de mettre un liquide alcoolique en contact avec l’air et de faire intervenir un troisième corps qui favorise la réaction. On se sert pour cela, dans la pratique ordinaire, d’une substance spéciale, nommée mère du vinaigre. C’est un ferment acétique, d’un aspect muqueux et filant, qu’on retrouve au fond des vases où s’est acétifié du vin.

Dans l’industrie, d’après les travaux de M. Pasteur, on se sert, pour fabriquer le vinaigre, du mycoderma acéti ou fleurs du vinaigre, espèce d’algue cryptogame, qui se développe sur le vin. mal bouché. On sème cette fleur du vin sur la surface du liquide à acétifier ; elle se développe et recouvre bientôt cette surface d’une membrane plissée, composée de pellicules rosées ou blanchâtres, réunies ensemble. Cette membrane est l’agent intermédiaire qui favorise l’absorption de l’oxygène de l’air par l’alcool contenu dans le liquide. Ce procédé a un grand avantage sur les anciens, c’est d’éviter les pertes d’alcool et d’acide, parce qu’on peut opérer en vases clos.

On peut faire du vinaigre avec tous les liquides alcooliques, le vin, la bière, le cidre, le poiré, etc. ; mais on se sert généralement de vin blanc ou rouge, car le produit est meilleur et plus riche.

Dans le commerce, on vend sous le nom de vinaigre de l’aci e pyroligneux bien pur, suffisamment étendu d'eau et aromatisé avec des épices.

Pour les préparations pharmaceutiques on ne doit se servir que du vinaigre de vin et de préférence du vinaigre blanc. Les préparations les plus usitées sont le vinaigre et Voxymel scillitiques, le vinaigre camphré et surtout le vinaigre de toilette, qui n’est autre que de l’alcool parfumé et additionné d’acide acétique. (V. ces mots.) Alfred Chardon, Ph‘'°.

Effets. — L’acide acétique cristallisablè, lorsqu’il est appli^é sur la peau, détermine de la rougeur, de la vésication et va même jusqu’à produire la cautérisation suivant qu’il est plus ou moins longtemps en contact avec elle. Un contact d’une minute suffit pour déterminer la vésication, accompagnée d’une douleur très vive et qui persiste plusieurs heures.

Ingéré dans l’estomac, l’acide acétique en dé¬

pouille la muqueuse et produit ainsi une violente irritation de cet organe, suivie de vomissements qu’accompagnent une fièwe intense, le coUapsus et, enfin, la mort.

Les vapeurs d’acide acétique concentré ont une action très irritante sur la membrane pituitaire et sur la conjonctive, qu’ont pu constater tous ceux de nos lecteurs qui ont respiré des sels anglais si employés contre les malaises et les syncopes.

L’acide acétique affaibli ou vinaigre proprement dit, agit comme l’acide acétique pur, mais d’une façon bien moins énergique. C’est ainsi qu’appliqué sur la peatf il en détermine simplement la rougeur ; en contact avec les muqueuses, il les blanchit, fait facile à vérifier en regardant les lèvres d’une personne qui vient de manger de la salade trop vinaigrée.

Usages. — L’acide acétique concentré a été utilisé en chirurgie à cause de ses propriétés caustiques. Le professeur Cloquet en a retiré d’excellents effets contre les verrues. Les D” Blachez, Alph. Guérin et Siredey ont fait disparaître des végétations vulvaires rebelles, par des applications d’acide acétique. Un médecin de Moulins, le D' Méplain a fait disparaître un polype muqueux de la voûte palatine en pratiquant dans son épaisseur, à l’aide d’une seringue de Pravaz, deux injections d’une goutte d’acide acétique chacune.

Plusieurs chirurgiens anglais ont essayé l’acide acétique contre le cancer, et notre savant ami, le chirurgien Tillaux a rapporté en 1867 une observation de cancer de la face sensiblement amélioré par un pansement fait deux fois par jour avec une solution d’acide acétique au cinquième. Enfin, un médecin belge, le D"^ Janson a publié en 1876 plusieurs observations de psoriasis, guéris par des applications d’acide acétique. Rappelons aussi que certains médecins, s’appuyant sûr l’action de l’acide acétique sur la membrane pituitaire, ont préconisé les inhalations de vapeur d’acide acétique comme moyen abortif du rhume de cerveau ou coryza.

Le ^inaigre proprement dit, étendu d’eau, constitue une excellente boisson qui donne une sensation de fraîcheur très agréable. Je ne parlerai pas de son emploi pomme condiment dans la cuisine. Je dirai seulement qu’à dose modérée il excite l’appétit, mais que pris en excès, il occasionne des irritations de la muqueuse de l’estomac et des désordres gastriques parfois très graves. C’est ainsi que Desault rapporte l’observation d’une demoiselle douée d’un trop bel embonpoint qui, en buvant immodérément du vinaigre, réussit très bien, il est vrai, à se faire maigrir, mais en devenant phtisique.

A l’extérieur, le vinaigre étendu d’eau est employé pour arrêter les saignements de nez, comme gargarisme dans les angines communes, en lotions sur la peau dans les fièvres graves. Certaines personnes- ajoutent du vinaigre à la moutarde quand elles prennent des bains de pieds sinapisés pour augmenter l’effet de la moutarde. Nous croyons devoir les prévenir qu’elles commettent une erreur complète, attendu que loin d’activer Faction de la moutarde le vinaigre qu'elles ajoutent à leur pédiluve la diminue bien au contraire.

D’’ Paul Labarthe.

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ACHE. — L’ache des marais, céleri sauvage, persil ou céleri des marais, ache puante [opium graveolens), de la famille des ombellifères, est une plante de cinquante centimètres de hauteur, à odeur fortement aromatique, désagréable et nauséeuse, et à saveur amère, à laquelle succède une assez grande âcreté.

On emploie l’herbe, les semences et surtout la racine qui fait partie des cinq racines apéritives, et à ce titre, du sirop de ce nom. Elle est grosse comme le pouce, blanche en dedans, grise extérieurement, allongée en fuseau et divisée en plusieurs branches. Celle qui nous arrive d’Allemagne paraît plus aromatique que celle que l’on trouve dans nos contrées à l’état sauvage, sur le bord des ruisseaux, au milieu des marais et dans les lieux salés de l’intérieur des terres.

Cultivée, Tache perd de ses propriétés et de ses principes âcres et aromatiques, et constitue deux variétés très usitées comme aliment : le céleri ordinaire et le céleri rave. (V. Céleri).

La hvèche ou ache des montagnes ressemble beaucoup, comme arôme, à Tache des marais à laquelle on la substitue souvent, mais est plus forte et plus petite ; de plus, elle est jaunâtre à l’extérieur. (V. Livèche.) L’ache des chiens ou petite ciguë [œthusia cynapium) ne ressemble heureusement en rien à Tache qui nous occupe, l’épithète d’ache doit néanmoins mettre en garde contre ce poison si violent et si redoutable.

Hubner et Vogel ont trouvé dans Tache une huile volatile spéciale, une matière sucrée analogue à la manniie, une substance gommeuse, du soufre et diflérents sels.

L’aehe a été administrée en infusion (30 gr. par litre) comme diurétique dans les hydropisies. On a attribué à ses feuilles des propriétés antiscorbutiques. Leur suc a été conseillé comme tonique et fébrifuge à la dose de 100 à 200 grammes.

Georges Ddchê, Ph'“.

ACHILLE (TEHDqw F).— Le tendon d’Achille est ainsi nommé parce qu’Achille fut blessé à ce tendon pendant le siè^ de Troie. Le héros d’Homère avait été plongé dans les eaux du Styx par sa mère Thétis, afin de le rendre invulnérable. Elle le tenait par le talon et c’est le àeul endroit où il pût être blessé.

Anatomie. — Le tendon d’Achille est un tendon volumineux, représentant les insertions à Tos du talon appelé calcanéum, des trois muscles jumeaux, soléaire et plantaire grêle. 11 commence environ au tiers moyen de la jambe, vers le départ du mollet, forme une bandelette très épaisse, occupant tout le tiers inférieur de la face postérieure de la jambe. Il a 15 millimètres de large à sa partie moyenne et s’élargit en bas, à son insertion à la pa,rtie inférieure de la face postérieure du calcanéum, en formant un peu au-dessus du talon un relief très sensible, qui soulève la peau et semble Técarter des tissus qui revêtent plus profondément la face postérieure des deux os de la jambe, le tibia et le péroné.

Physiologie. — Le tendon d’Achille transmet au calcanéum et par l’intermédiaire de ce dernier à l’ensemble du pied, la force développée par la contraction de cette masse charnue dont le relief en

somme constitue le mollet, et est désignée par lej anatomistes sous le nom de triceps curai. Il étend le pied sur la jambe, développant une puissance capable de faire équilibre au poids du coiys entier. D’après Duchenne de Boulogne, il entraînerait de plus le pied dans une forte adduction.

Pathologie. — Le tendon d’Achille est un de ceux dont la rupture a été le plus fréquemment observée, et nonobstant les cas n’en sont point encore bien nombreux. J.-L. Petit l’observa sur un sauteur qui se ruptura les deux tendons d’Achille en sautant à pieds joints sur une table élevée d’un mètre environ. Cet exemple devenu célèbre indique bien le mécanisme suivant lequel se produit cet accident. Que ce soit en effet dans l’action de sauter, ou de retomber sur la pointe des pieds, le pied étant fortement étendu, c’est toujours une contraction exagérée du triceps rural qui le détermine. La solution de continuité siège d’habitude de 3 à 6 centimètres au-des-' sus du calcanéum. Les deux extrémités des frag¬

Fig. 37. — Région postérieure de la jambe. — AX’ jumeaux,— B. long fléchisseur commun des orteüs. — C. tendon du jam-, hier postérieur. — D. malléole interne. — E. tendon d’Achille, — F. insertion du tendon d’Achille au calcanéum. — G- court péronier latéral. — H. soléaire.

ments sont séparées par une rainure assez profonde. Dans quelques cas où la déchirure était incomplète, cette dépi-ession était moins considérable, et on sentait les fibres qui avaient résisté.

Ce vide est caractéristique de la lésion que nous décrivons. Les blessés ont ressenti au moment de l’accident une douleur vive accompagnée d’un bruit analogue à celui qui résulterait de Técrasement d’une noix et d’une sensation semblable à celle que produirait l’enfoncement brusque du talon dans une excavation profonde. Quelques-uns sont tombés sans pouvoir se relever. La marche cependant, quoi

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