‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 101 sur 206 · CHE · texte numérisé non relu

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contrôle sévère, pour ne pas prêter à rire, comme Fhistorien naïf qui raconte que les cheveux de Marie-Antoinette passèrent du noir à un gris presque blanc en quelques jours de rudes épreuves, alors que, renseignements pris, les cheveux de la malheureuse reine avaient blanchi tout simplement parce qu’elle n’avait plus à sa disposition la teinture noire dont elle se servait journellement I

La science compte aussi un certain nombre d’observations de canitie partielle, occupant la moitié de la tête, par exemple. On a même rapporté des cas de grisonnement intermittent. C’est ainsi que (Esterley, dans son travail si remarquable et si complet sur les poils, écrit qu’il a vu des individus dont les cheveux blanchissaient après un excès de table ou autre, pour retrouver, peu de temps après, leur coloration naturelle.

Inutile de dire que la canitie est incurable et qu’on ne peut arriver à la corriger qu’en se teignant les cheveux (V. Teintures, cosmétiques).

Faux cheveux. — Nous renvoyons le lecteur au mot Perruque, où cette question se trouve traitée au point de vue de l’hygiène.

Hygiène des cheveux.— Sur la tête, s’accumulent sans relâche la sécrétion sudorale, les produits sébacés et les déchets de l’épiderme. Non seulement ces détritus sont pour le cuir chevelu des corps étrangers entravant ses fonctions ; mais encore ils peuvent, en fermentant, devenir pour lui des causes d’irritation manifeste. D’autre part, les cheveux sont, par nature, sujets à s’emmêler plus ou moins; c’est à cette intrication qu’est due en partie l’alopécie des nouvelles accouchées et celle des convalescents, lorsque ces sujets, après une négligence forcée, viennent à recourir à l’action brutale du peigne.

Rien de plus propice à la vigueur du cheveu que l’aération journalière, la ventilation de la tête, avec le peigne et la brosse. Il faut rejeter le peigne fin, pour user du démêloir à dents écartées ; le peigne fin arrache les cheveux et irrite les cuirs chevelus disposés au pityriasis (pellicules). La brosse sera dure ; on la maniera avec plus ou moins d’insistrace, selon la sensibilité individuelle.. Les objets servant à la toilette de la tête devront être tenus ‘ dans la plus grande propreté.

- -Une bien mauvaise pratique pour la tête, et des plus répandues, c’est l’usage régulier de l’eau en ablutions savonneuses ou non. D’après EUinger, cette habitude serait un des facteurs principaux de la précoce calvitie. Sur 100 alopéciques, dit-il, 85 usaient depuis leur jeunesse des ablutions aqueuses, et parmi ceux qui avaient gardé jusque dans un âge avancé, une chevelure bien fournie, 8 sur 100 avaient seulement cette habitude. Sous l’action de Feau, le bulbe pileux se gonfle et fait tomber le cheveu devenu terne, sec, cassant.

Quoiqu’il en soit, ceux qui craignent la calvitie doivent être hydrophobes, éviter de plonger leur tête dans l’eau des bains, et pendant les chaleurs de l’été, s’éponger sérieusement le cuir chevelu. Une ou deux fois par mois seulement, il faut se laver la tête avec de l’eau tiède, tenant en suspension un j aune d’œuf et quelques grammes de borax en dissolution.

Quels cosmétiques employer pour la tête? dire, aucun. Toutefois, l’utilité d’imprimer kl ^ velure une direction harmonique capable def ■ ter la coiffe, existe, de par la tyrannie de S*'' jesté la Mode, qui a rendu impérieux l’usage d pommades ou des huiles. Les pommades ' prén tions mauvaises qui rancissent aisément, lak?* sur la tête un résidu compact et résineux main pre et irritant, et qui nécessitent la pratique c^ tante des nettoyages de la tête, si pernicieux àl' chevelure. Les huiles ont moins d’inconvénients^ surtout l’huile de ricin, qui rancit peu. La glycé’ rine, qui chimiquement est un alcool, possède les propriétés physiques des huiles sans leurs inconvénients. Ce qui restreint, selon nous, son emploi comme cosmétique, c’est que loin de lustrer et d’assouplir le cheveu, il le ternit et l’agglomère plutôt. Cependant, nous recommandons volontiers pour la chevelure une brillantine composée d’alcool à 90» ou de vieux rhum, où l’on dissout un dixième de glycérine très pure additionnée d’essence de citron ou de bergamote.

La médecine contemporaine a vraisemblablement trouvé dans une nouvelle plante, le jaborandi, un agent précieux pour accentuer la pousse et la coloration des chevelures. Plusieurs observations favorables nous engagent à préconiser, dans ce but, à nos lecteurs, des lotions avec une macération de feuilles de jaborandi concassées! (faite à froid durant quinze jours) dans un poids quatre fois supérieur d’extrait fluide de quinquina et de teinture d’arnica mélangés.

Les fixateurs delà chevelure, bandolines, etc., ont presque toujours pour bases la gomme adagrante, les résines, le mucilage de coings. Ils constituent des préparations nuisibles, qui irritent et encrassent la tête et empêchent la nutrition du cuir chevelu. De plus, les cosmétiques fixateurs, et tirant sur les cheveux, surtout au sommet de la tête, on ceux-ci sont rebelles au peigne, sont fort préjudiciables.

Disons en passant que, pour cette dernière, eUe ne doit pas toujours être faite au même endroit, mais au contraire fréquemment changée de place. Pour vivre bien portant, le cheveu demande surtout à ne pas être tourmenté. ‘

Nuisibles aussi à la vitalité de la chevelure, sont l’ondulation et la frisure au fer rouge ; et cela, non seulement parce qu’elles tiraillent le cheveu, mais surtout parce que la chaleur des fers modifie sa constitution anatomique et cause sa mort. On a conseillé le fer chauffé à l’eau ; il ne vaut guere mieux. Tout au plus, tolérerons-nous à nos aimables lectrices leurs papillottes et Leur bigoudis, mais en leur recommandant la plus grande douceur dans leur application.

Tous les deux mois environ, on rafraîchira cheveux en coupant leur extrémité. Ne jamais couper les cheveux ras. Cette pratique ne donne aucu résultat au point de vue de la pousse; mais en revanche elle est féconde en angines, en névralgi® dentaires, en maux d’oreilles, en catarrhes du n®* et du larynx, dans nos climats tempérés, où les variations atmosphériques et météoriques sont si tr^ quentes. Aussi devons-nous laisser à l’enfant s

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>,pveux pendant les trois ou quatre premières ande sa vie. Sous le faux pretexte de lui procurer opulente chevelure (alors que, comme l’as- -^Tostement Cazenave, les plus belles chevelures !^ceUes que les ciseaux n ont jamais touchées), g^pprime cruellement à la tête si délicate du hflbé toison protectrice naturelle. Renonçons Zcà cette habitude vicieuse.

OuB feîre quand les cheveux tombent ? L’hygié- ^ pratique doit répondre à la question. Mais on jjçoit qu’il ne puisse donner que des indications i générales. On commencera par rafraîchir les cheveux ou même les raser, si toutefois le cuir chevelu ne s’irrite pas sous l’action du rasoir. Les cheveux sont-ils secs? on les oindra d’huile de ricin jmprégnée de quinine, de soufre, de camphre de goudron ou de toute autre substance antiseptique. les cheveux sont-ils gras? On usera de lotions alcalines, au borate ou au carbonate de soude; d’alcool à 86°; de saponine, substance qui fait la base du shampooing des coiffeurs. Si la peau du cuir chevelu est écailleuse, on aura recours aux balsamiques, huile de cade ou de bouleau; s’il y a des croûtes, on les fera tomber d’abord par des cataplasmes de fécule, pour employer ensuite les modificateurs, variables selon les cas, que conseillera la médecine. D' e. monin.

CHÈVRE (LAIT DE). — (Voyez Lait.)

CHEVREAU. — Le chevreau, dont Paris à lui seul mange plus de 85,000 par an, a une chair peu substantielle, mais assez agréable au goût, lorsque l’animal a de 2 à 4 mois. Plus jeune, sa viande est molasse, gélatineuse et peu sapide ; plus vieux, elle devient dure et acquiert une odeur de bouc insupportable. P. L,

CHEVREUIL. — Le chevreuil est un gibier dont la chair constitue une venaison très recherchée des gourmets pour son goût légèrement sauvage, exquis et succulent. La viande du chevreuil jeune, c’est-à-dire âgé d’un an à dix-huit ! mois, est tendre, très nourrissante et d’une digestion facile, surtout les côtelettes grillées et le cuissot rôti, que Grimod de la Reynière appelait « le gigot de l’opulence ». En civet ou en pâté, le chevreuil est plus lourd à digérer ; aussi les convalescents, les dyspeptiques,’ ^t en général toutes les personnes dont les digestions sont lentes et laborieuses, ne devront le manger que grillé ou rôti, et pas ou très peu faisandé.

Un usage immodéré de viande de chevreuil peut déterminer de là chaleur à la peau et des dérangements dans les fonctions intestinales. p. L.

CHICORÉE. — On donne ce nom à un genre de plantes de la famille des synanthérées, dont deux espèces sont employées en médecine et dans l’alimen-

hon : la chicorée des jardins et la chicorée saunage.

La chicorée des jardins, ou chicorée endive, est *lmientaire et fournit deux variétés, dont l’une est ^nnue sous le nom de chicorée frisée et l’autre sous de scarole. C’est une plante essentiellement potagère, qui se mange en salade ou cuite, comme

les épinards; son aspect extérieur est trop connu pour mériter une description spéciale.

La chicorée sauvage est ime plante herbacée indigène qui croît en abondance sur le bord des chemins. Elle a une tige haute de 50 centimètres à un mètre, dressée, cylindrique, à branches étalées presque nues ; des fleurs bleues, portées sur un capitule commun; des fruits comprimés, surmontés d’une aigrette très courte ; une racine oblongue, fusiforme, de la grosseur du doigt, roussâtre à l’extérieur, blanche intérieurement; des feuüles dentées, un peu velues sur les nervures, oblongues et profondément découpées.

Si les feuilles fraîches de la chicorée sauvage se mangent quelquefois en salade, le plus souvent elles servent à préparer une infusion d’une amertume assez agréable. On prescrit cette infusion très fréquemment, soit à haute dose, soit à faible dose. A haute dose, à celle par exemple d’un litre, elle se donne comme laxative, à la place du bouillon aux herbes, dans le but d’aider l’action évacuante des purgatifs salins ou huileux. A faible dose, à celle par exemple d’un bol à jeun tous les matins, elle est utile comme rafraîchissante et stomachique dans les langueurs d’estomac, les digestions pénibles, le défaut d’appétii, les irritations gastriques.

On fait encore avec la chicorée un sirop composé, improprement appelé sirop de chicorée, puisque la rhubarbe qui entre dans sa composition y exerce l’action la plus active (V. Rhubarbe). Ce sirop est le purgatif que j’oserai presque appeler le purgatif qüâ non des jeunes enfants, depuis la naissance jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans, à la dose variable d’une cuillerée à café à deux cuillerées à bouche.

La racine de chicorée sauvage, torréfiée et pulvérisée, est connue dans le commerce sous le nom de chicorée moka, et sert à préparer le café de chicorée. Elle est bién loin de présenter l’arome et le parfum du café ordinaire, mais aussi elle se vend à un prix plus modéré. Les limonadiers mêlent souvent la poudre de chicorée à celle du véritable café pour en préparer des infusions tout aussi foncées en couleur, quoique beaucoup moins agréables au goût (V. Café).

Enfin, rappelons, en terminant, que la chicorée sauvage, cultivée dans un lieu obscur, s’étiole, s’allonge, prend une couleur jaune blanchâtre, et porte alors le nom de barbe de capucin.

Marc. Cambodlives.

CHIENDENT. — Le chiendent est la racine ou plutôt le rhizome, c’est-à-dire la tige souterraine du froment rampant, de la famille des graminées. On en distingue deux sortes : 1® le chiendent de Paris ou petit chiendent ; 2® le chiendent d’Allemagne ou pied-de-poule, dont les tiges sont bien plus grosses et les nœuds plus rapprochés. Ces deux espèces croissent à profusion dans les terrains mal cultivés ; elles ne sont que trop connues des habitants des caqjpagnes, constamment obligés de retourner la terre dans tous les sens pour les détruire et les empêcher de nuire à la récolte. On les cueüle à toutes les; saisons et on les. dépouille de leurs écailles, qui donneraient à la décoction un goût amer et résineux.

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Ces racines, de couleur jaunâtre, contiennent du mucilage associé à l’amidon et au sucre. Leur sauveur est douce; leur décoction est extrêmement usitée en France comme rafraîchissante, délayante, diurétique, antiphlogistique. C’est, sans contredit, l’une des tisanes les plus employées. Associée à la réglisse

Fig. 257, — Chiendent.

qui lui sert de matière sucrante, cette tisane constitue, avec la tisane d’orge, la tisane commune des hôpitaux. Additionnée de nitrate de potasse à la dose de 2 à 4 grammes par litre, la décoction de chiendent devient puissamment diurétique et avantageuse dans les hydropisies. D'' Marc. Camboulives.

CHIFFONNIERS. — Hygiène professionnelle. —

L’industrie du chiffon fait courir à ceux qui la pratiquent une foule de dangers. « Vêtus de guenilles, et munis d’une hotte, qu’ils portent sur leur dos, dit le professeur Layet, on les voit ramassant au milieu d’ordures ou achetant, les uns des chiffons, d’autres des peaux de lapins, tous en général des os et du verre cassé. D’autres s’en vont fouillant dans les ruisseaux pour ramasser les débris de toute espèce que l’eau charrie avec elle (ce sont les regraltiers)\ d’autres encore recherchent dans les lits des rivières, des substances et des corps tels que particules métalliques, fer, cuivre, plomb, étain, argent et or, qu’ils lavent ensuite dans une grande sébille à la manière d’un minerai. Ils restent ainsi, et quelquefois pendant de longues heures plongés dans l’eau jusqu’à la ceinture. De retour chez eux, ils entassent pêle-mêle dans la chambre où ils couchent, chiffons sales, os, vieux papiers, peaux et débris de toute espèce. Ils reposent sur des grabats sans draps, souvent sans couverture, conservant leurs vêtements souiUés et exposés à toutes les émanations qui se dégagent des matières sordides accumulées autour d’eux. »

Il est facile de se rendre compte combien une

hygiène pareille est déplorable pour ces reux. Parmi les maladies les plus commn eux, nous citerons tout d’abord la gale ^ douleurs rhumatismales, les affections tins. En temps d’épidémie de fièvre tvnh^®^ sont les premiers atteints, et cette affectio ^ chez eux un caractère de prostration partivT^^ Les regrattiers et les ravageurs de rivière nr ' ’ tent aux mains des plaies et aux jambes des très difficiles à guérir.

Les femmes qui sont occupées à trier les chï fons dans les fabriques de papier, sont souvent^ teintes d’une maladie spéciale désignée sous le de maladie des chiffons, dont sont exempts 1? hommes pour la bonne raison que presque tou^ jours les femmes sont seules employées au triage chiffons. Celte singulière maladie est caractérisée tout d’abord par de la faiblesse, du dégoût pour les aliments, de l’insomnie, des vomissements, une sensation de pesanteur dans le creux de l’estomac Au bout de quelques jours, les lèvres, les joues, les ongles deviennent bleuâtres, les malades ont des sueurs froides ; il se produit une infiltration des poumons, avec intégrité du cerveau, et ces malheureuses meurent bientôt tranquillement dans la prostration. Comme la maladie ne frappe que les femmes qui trient les chiffons blancs, et jamais celles qui trient les chiffons de couleur, on croit que les chiffons blancs provenant de draps, de serviettes, de chemises, de linges à pansement, en un mot de vêtements plus directement en contact avec la peau, et par suite plus souillés par les miasmes humains ou les sécrétions virulentes, présentent.un danger particulier.

MM. Trançon et Dublanc ont proposé l’établissement d’une sorte de halle aux chiffons où se feraient l’emmagasinage et le triage. « Là, disent ces Messieurs, les entrepreneurs en chiffons trouveraient à louer des magasins bien aérés que la police surveillerait aisément; là surtout, chaque famille de chiffonniers obtiendrait, à titre gratuit, la disposition exclusive d’une petite ceUule pour son travail. Le ménage du chiffonnier, sa famille, serait donc, c’est là le point essentiel, séparée du tas. d’ordures qui est l’objet de son industrie. Dès lors, il ne serait plus comme aujourd’hui impossible de mettre en pratique dans son intérieur, la plus simple mesure d’hygiène privée. Hors des heures de travail, d aurait un vêtement décent , ses enfants ne porteraient pas avec eux cette odeur horrible qui les fmt repousser des écoles; et lui-même, relevé à ses propres yeux, chercherait des moyens de distraction ailleurs qu’au cabaret. »

Cette idée est bonne, mais quand sera-t-elle réalisée? En attendant, nous conseillons aux chiffom niers de faire, autant que possible, leurs triages au grand air, de laver les chiffons à l’eau chlorur^j de placer les os dans des tonneaux ou dans de sacs, de conserver auprès d’eux le moins longtemp^ possible les objets ramassés en tas; enfin de se laver souvent le visage et les mains, de prendre de^ bains de corps, et de changer de vêtements aussi tôt leur besogne finie.

Hygiène publique. — Les chiffonniers sont uu^ cause grave d’insalubrité publique et les dépôts

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.« us sont rangés par la loi dans la troisième 1 i des établissements insalubres et il est interenfants d’y travailler. Ces dépôts, d’après f règlements, doivent être éloignés des centres ifhitS- le sol des ateliers doit être imperméable;

1 parois ■ en plâtres ou stuckés et être soumis à - ÏÆluents lavages à l’eau chlorurée ou phéniîuée- les ateliers doivent être ventilés énergique- ■ nt‘ s’il y a un dépôt d’os, ceux-ci doivent être ^fermés dans des tonneaux et recouverts de noir ^rnal ou de charbon en poudre, et enlevés tous ifis trois jours.

Les chiffons peuvent devenir les propagateurs de maladies contagieuses et épidémiques, non seulejQgnt dans les environs des dépôts, mais encore dans des endroits situés à de très grandes distances. C’est ainsi qu’il a été absolument démontré que la variole qui a sévi en 1879 à Maëslrîcht, avait été importée par des chiffons arrivés de Liège, où la variole sévissait. C’est encore ainsi qu’en mai 1880, une épidémie de variole se déclara à Ahenheim, dans la Hesse, et débuta parmi des ouvrières employées au triage de chiffons expédiés de Marseille, où sévissait cruellement la variole.

En présence de ces faits indubitables d’importation de la maladie par l’intermédiaire des chiffons, le Comité consultatif d’hygiène obtint du gouvernement français que la désinfection des chiffons, friperies, etc., provenant de l’étranger, serait désormais obligatoire. D'' Paul Labarthe.

CHILOPLASÏIE. — On donne ce nom en chirurgie à une opération destinée à restaurer d’une manière plus ou moins complète les lèvres déformées ou détruites par suite d’un arrêt de développement, d’une plaie, d’une cicatrisation vicieuse on d’une tu-

Fig. 238.

Chîloplastie par le procédé de Cliopart.

®eur qu’il faut extirper. C’est principalement à la levre inférieure, où se rencontre surtout lecancroïde, <pie s’applique la chiloplastie. CeUe-ci se pratique suivant divers procédés, parmi lesquels nous citerons le procédé de Chopart et le procédé de Lisfranc. ^ans le procédé de Chopart {fig. 238), ont fait ûeux incisions verticales allant de A à B et engloaiù toute la tumeùr, puis on dissèque le lambeau U haut en bas et on retranche d’un coup de bispuri la partie envahie par la tumeur; on termine operation en relevant le bord supérieur du lam¬

beau jusqu’au niveau de ce qui reste intact de la lèvre inférieure, et en maintenant les tissus en contact avec quelques points de suture. Il est indispen-

Fig. 239.

Chiloplastie par le procédé de Lisfranc. Dissection des lambeaux.

sable que l’opéré conserve sa tête -inclinée sur la poitrine, pour ne pas exercer sur les parties suturées, des tiraillements qui en empêcheraient la réu-

Chiloplastie par le procédé de Lisfranc. — Réunion des lambeaux par les sutures.

nion. Les figures 259 et 260 représentent les deux temps de l’opération par le procédé de Lisfranc qui est plus simple et plus commode que celui de Chopart. P. L.

CHIMIE. — La chimie est une science qui étudie et apprend à connaître les propriétés des corps, leur composition intime, leurs affinités, les combinaisons variées qu’ils peuvent former les uns avec les autres. Elle est chaque jour mise à contribution par la médecine et la pharmacie. p. l.

CHIQUE. — On désigne sous ce nom un petit insecte suceur, appartenant plutôt au genre acarus qu’au genre puce, très commun aux AntiUes, au Brésil, à la Guyane, au Mexique, et en général dans la zone torride de l’Amérique, qm s’attache à l’homme aussi bien qu’aux animaux domestiques.

mâle est moins dangereux que la femelle, car ü. se contente de faire des piqûres peu douloureuses. Quant à la femeUe, non seulement eUe pique, mais eUe dépose ses œufs dans la plante des pieds, prin-

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cipalement autour et au-dessous des ongles. Sa présence détermine d’abord de la démangeaison, bientôt suivie d’une vive inflammation, et souvent d’ulcères rebelles et dangereux, car ils peuvent être suivis de gangrène. Il faut donc s’en débarrasser, le plus promptement possible, par l’extraction qui se fait à l’aide d’une épingle ou d’une aiguille, et cautériser la place qu’elle occupait, avec le crayon de nitrate d’argent, un peu d’alcool camphré ou d’ammoniaque. p. L.

CHIRURGIE. — La chirurgie est cette partie de l’art de guérir qui s’occupe spécialement des maladies externes et de leur traitement, et la chirurgie opératoire est cette branche delà chirurgie qui s’occupe des procédés manuels et instrumentaux destinés à guérir ces maladies, autrement dit des opérations chirurgicales. p. L.

CHLORAL. — Le chloral, qu’on prépare en dirigeant un courant de chlore sec sur de l’alcool absolu, se présente dans le commerce sous deux états différents ; à l’état anhydre et à l’état hydraté. Le chloral anhydre est un liquide incolore, très fluide, gras au toucher, caustique, fumant à l’air, d’une odeur pénétrante qui irrite les yeux et provoque le larmoiement, d’une saveur âcre et brûlante. On a dû renoncer à son emploi médical à cause de la difficulté de son dosage. Le chloral hydraté qui ne diffère du précédent qu’en ce qu’il contient une molécule d’eau, est un corps solide, blanc, cristallisé en prismes rhomboïdaux obliques, volatils et très hygrométriques; aussi faut-il le mettre dans des flacons hermétiquement fermés, bien à l’abri de l’humidité, si on veut le conserver sans qu’il éprouve d’altération sensible. Il est neutre, un peu irritant, très soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther et se prête fort bien à la plupart des préparations pharmaceutiques. D’une odeur hétérée sui generis, d’une saveur âcre et amère, ce composé, découvert par Liébig en 1832 et introduit dans la thérapeutique en 1869 par Oscar Liebreich, est maintenant le seul produit employé en médecine.

Effets. — Les premières données sur l’action physiologique de l’hydrate de chloral nous ont été fournies par le médecin allemand que je viens de nommer. Ce savant, mu par une ingénieuse conception d’esprit et voulant mettre en pratique des déductions très logiques d’ailleurs, a été conduit à expérimenter ce produit dans les circonstances suivantes : sachant, en effet, que le chloral, en présence des alcalis, se dédoublait en chloroforme et en formiate, il supposa que ce corps, par suite de l’asorption, devait offrir le même dédoublement en présence des alcalis du sang, et que le sujet en expérience se trouverait sous l’influence du chloroforme. La pratique réalisa ses prévisions qui étonnèrent le monde médical. Séduits par sa théorie, un grand nombre de médecins français et étrangers se mirent à contrôler ses recherches, ils arrivèrent tous à des conclusions à peu près semblables ; presque tous reconnurent les propriétés hypnotiques et anesthésiques du chloral.

Employé en applications topiques à l’état de pu¬

reté, l’hydrate de chloral détermine sur la sur les muqueuses une douleur plus ou ^

de la rougeur, des phénomènes d’irritatio°* phlogose pouvant aller jusqu’à la scarificaV^^ le contact de ce produit est trop longtemn longé. De là le rejet du chloral par les méth**’^' endermique ou hypodermique. De là son quelquefois mis à profit en crayon taillé à nière des crayons de sulfate de cuivre et agi utilement comme cathérétique dans certa^*^^^ donnés.

Introduit dans les voies digestives en soluf étendue, le chloral n’irrite pas les voies gastro-r*^ testinales. 11 est absorbé très vite et transporté ik ' le torrent de la circulation où il donne lieu à diffé^ rents phénomènes qu’il est important de connaître Le premier effet produit et le plus constant est lê sommeil. Il commence, en général, un quart d’heure ou une demi-heure après l’administration du médicament et a une durée de quatre à cinq heures Au réveil, on n’observe ni somnolence, ni lourl deur de tête, ni perte d’appétit, comme cela se passe ordinairement après l’ingestion d’une dose moyenne d’opium. A haute dose, le chloral produit l’algidité, tandis que l’opium produit au contraire, la chaleur et la sueur. On peut réitérer pendant longtemps la même quantité de chloral sans qu’il y ait accoutumance de la part du malade ; c’est le contraire qui a lieu à la suite de l’administration de l’opium.

Le chloral possède à un haut degré le pouvoir de calmer la douleur, de produire une légère anesthésie suivie de la perte des mouvements volontaires. Cette anesthésie peut devenir complète par l’usage de fortes doses du narcotique ; alors les mouvements réflexes disparaissent totalement, la face pâlit, la peau se refroidit, les pupilles se resserrent, la résolution musculaire se complète, le malade entre dans un coma effrayant. De tels phénomènes ne sont engendrés que par des doses toxiques. En résumé, au premier degré d’action, le chloral est un soporifique faible, avec sédation légère du système nerveux sensitif. Le deuxième degré est marqué par une action soporifique énergique etimpérieuse avec diminution de la sensibilité. Enfin, le troisième degré est caractérisé par la perte complète de la sensibilité pouvant se terminer par l’arrêt du cœur en diastole. ■ . i,'

Usages. — Les applications du chloral à la thérapeutique datent à peine de quelques années et déjà elles sont nombreuses.

On emploie avec succès le chloral pour modérer la douleur et procurer le sommeil dans l’agitation^ le délire et l’insomnie d’une foule de maladies telle® que le délirium tremens, l’aliénation mentale, l* mélancolie, la manie, la folie furieuse, les coliqn^ abdominales, l’érysipèle- grave, la méningite, pneumonie alcoolique, le délire des blessés et u amputés, etc. Le chloral sert encore à diminuer^ pouvoir excito-moteur de la moelle dans le tôtano ’ la chorée, l’éclampsie, l’épilepsie, l’hystérie et plupart des névroses. Enfin, ce médicament a} ^

la propriété de ralentir les mouvements du cœur

d’abaisser la température, peut être ritUis® ar avantage à la place de la digitale, dans les

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le rhumatisme articulaire aigu, les accès f^rfhme d’angine de poitrine, de coqueluche.

producteur de chloroforme, le chloral

niblait, de prime -abord, devoir remplacer cet ^ gtbésique dans la pratique de la grande chirurgie. Mais il n’en est rien. Tout au plus peut-il servir ? ‘g avulsion de dents, à l’ouverture d’un abcès, f la cautérisation d’une tumeur, c’est-à-dire à calmer la douleur produite par une petite opération;

® gui n’est pas à dédaigner chez les enfants, les ^'ets faibles et pusillanimes. Le professeur Oré, Bordeaux, s’en est bien servi en injections intraveineuses pour la pratique des grandes opérations, mais sa méthode qui lui a presque toujours réussi, offre des dangers si graves, que le premier gliirurgien venu ne peut la mettre en usage sans s’exposer à de cruels mécomptes.

Les doses auxquelles on peut administrer le chloral varient nécessairement suivant les, âges, les tempéraments et les effets qu’on veut produire. Chez les enfants au-dessous de 5 ans, 50 centigrammes à 1 gramme suffisent. Au-dessus de cet âge, 2, 3 et 4 grammes peuvent être utiles. Chez les adultes, la moyenne est de 4 à 6 grammes en potion ou dans de l’eau sucrée à prendre par cuillerées d’heure en heure ou bien trois ou quatre fois dans la journée. Tous les médecins s’en tiennent en général à ces doses.

Le chloral peut s’administrer de différentes manières, en sirop, en potion, en capsules. En sirop et en potion, il est désagréalDle à cause de sa saveur amère et âcre, et beaucoup de malades refusent de le prendre sous ces formes. M. Limousin, mettant à profit la propriété qu’a le' chloral de se liquéfier facilement vers la température de 46’, l’introduit sous la forme liquide dans des capsules ou perles (Chloral perlé Limousin) qu’il en remplit exactement et dans lesquelles il ne tarde pas à se solidifier. Chaque perle contient de 20 à 30 centi- ^mmes d’hydrate de chloral parfaitement pur et ina,ltérable. Sous cette forme, le chloral est avalé facilement et sans aucun dégoût.

Voilà pour l’usage interne du chloral. A l’extérieur, la solution aqueuse au millième est utilisée comme antiseptique dans le pansement des plaies. La solution aqueuse au centième étant beaucoup plus forte rend des services en lotions contre le . pityriasis capitis, l’eczéma et quelques autres maladies de la peau; on en imbibe avec succès un tampon ouaté contre la vaginite blennorrhagique ; on l’emploie, en outre, comme calmant, antiputride « antifermentescible, dans le pansement des plaies âe mauvaise nature, des adénites suppurées, des cancres phagédéniques, des trajets fistuleux, des ^uections cancéreuses, etc. Marc Camboüuves.

spf^f donné par les chimistes aux

rio! combinaisons de l’acide chlo-

nlnv^ différentes bases. Le seul chlorate emmofi iiiédecine est le chlorate de potasse (V. ce

CHLORATE DE POTASSE. - Le chlorate de po- <^liinfi.^^^ ■ sel de Berthollet, du nom du

te qui Ta découvert en 1786, est un sel inco-

®ICTIONKAIBE POPÜLAIBE DE MÉDECINE USUELLE.

lore, à lames brillantes, inaltérable à l’air, d’une saveur fraîche et piquante. 11 est peu soluble dans l’eau froide, 180 parties dè ce liquide n’en dissolvent que 5 parties environ à la température ordinaire, mais beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante.

La muqueuse gastrique l’absorbe avec une rapidité n’ayant de comparable que celle avec laquelle sont absorbés les iodures et les bromures ; puis, les émonctoires naturels l’entraînent si rapidement que cinq minutes après l’ingestion, on a pu en retrouver dans l’urine.

A partir du moment de son introduction dans les voies digestives jusqu’à son élimination, le chlorate de potasse produit différents phénomènes qu’il est urgent de connaître. Le premier de tous et l’un des plus importants est la salivation, d’autant plus abondante qu’on élève davantage lës doses. Le second consiste dans l’augmentation de l’appétit. Le troisième se produit dès que le médicament a pénétré dans le torrent circulatoire où il détermine un ralentissement de la circulation et un abaissement de la température, c’est-à-dire une action sédative et antiphlogistique des plus manifestes. Le quatrième enfin résulte de sa valeur diurétique, mais il n’est pas employé.

A cette quadruple action physiologique correspondent des déductions thérapeutiques nombreuses. En effet, nous avons dit que le sel de BerthoUet activait la sécrétion des glandes salivaires. Or, comme ce sel s’élimine par ces glandes ainsi que par les glandes buccales et pharyngiennes, de prime-abord, il paraissait assez naturel qu’il exerce une sorte de spécialité sur les maladies de la bouche et de l’arrière-gorge. C’est ce qui' est arrivé, puisque c’est dans le traitement de ces affections que le chlorate de potasse présente une efficacité souveraine. Ainsi la stomatite et la gingivite mercurielles sont promptement guéries sous l’influence de cet agent; en peu de jours la tuméfaction des gencives diminue, le liseré métallique disparaît, les dents se rafifermissenl’haleine perd sa fétidité ordinaire. Mais ce traitement n’est pas seulement efficace comme curatif, il est aussi très utile comme préservatif. Il est, en effet, certaines formes de syphilis qui exigent de fortes doses de mercure ; si l’on administre en même temps le chlorate de potasse et les mercuriaux on obtient les effets voulus tout en évitant les phénomènes de l’hydrargyrisme. Ce ne sont pas là les seuls triomphes du chlorate de potasse; il agit de même très sûrement contre la stomatite ulcéromembraneuse, moins bien contre le scorbut des gencives, l’angine couenneuse, le croup, les aphthes et le muguet. En d’autres termes, cet agent rend des services incontestables contre toutes les maladies de la bouche, qu’elles soient de nature spécifique ou non. Il produit aussi d’excellents effets contre les enrouements de la voix.

Nous avons vu plus haut que le chlorate de potasse exerce une action diurétique manifestement mise en évidence par Gubler, mais comme ü a l’inconvénient d’occasionner de la pesanteur et de la douleur de la région des reins, on lui préfère généralement d’autres diurétiques.

A l’extérieur, le chlorate de potasse, est quelquefois employé en poudre, en lotions, en injections, en

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reniflage contre l’ozène, les ulcères phagédéniques, scrofuleux, contre les ulcérations du col de l’utérus, etc.

Le chlorate de potasse s’administre en poudre, en solution dans un verre d’eau sucrée, en potion ou en loch, ou encore sous la forme si commode de pastilles. La dose moyenne est de 2 à 5 grammes par jour. Il ne faut pas oublier que ce sel étant peu soluble dans l’eau, il ne faut jamais en mettre plus de 5 grammes par cent grammes d’eau, si l’on veut que la solution soit complète. Rappelons, en terminant, que le chlorate de potasse constitue la base des pasiilles de Dethan et entre dans la composition des pastilles de Palangié (V. ces mots).

D' Marc Cambouuves.

CHLORE. — Le chlore est un corps simple, gazeux, à la température ordinaire, de couleur jaune verdâtre, d’une saveur caustique et dégageant une odeur suffocante, impropre à la respiration et délétère, très peu soluble dans l’eau qui n’en dissout que 2 fois son volume, soit environ 3 grammes pour 500 grammes, et le fait passer à l’état de solution aqueuse, d’une couleur jaune verdâtre. Cette dernière est même la seule à peu près exclusivement employée en médecine comme désinfectant, p. l.

CHLORHYDRATE. — Nom donné par les chimistes aux sels formés parla combinaison de l’acide chlorhydrique avec différentes bases. Les principaux chlorhydrates employés en médecine sont : le chlorhydrate d'ammoniaque (V. Ammoniaque) et le chlorhydrate de morphine {V. Morphine), p. l.

CHLORHYDRIQUE (AcroE). — L’acide chlorhydrique, souvent désigné par le vulgaire sous le nom d'esprit de sel ou d'acide muriatique, est un gaz formé d’un équivalent de chlore et d’un équivalent d’hydrogène, incolore, d’une odeur très piquante, d’une saveur très acide, excessivement soluble dans l’eau qui en dissout les trois quarts de son poids et en forme une solution liquide très concentrée, qui est précisément le liquide employé en médecine. Cet acide chlorhydrique liquide est incolore et fumant à l’air. Appliqué sur la peau, il agit comme caustique coagulant et produit une eschare superficielle, molle, grisâtre, qui se détache rapidement. Cette action a été utilisée pour la destruction ou la répression des ulcères sanieux, phagédéniques ou gangréneux des fausses membranes. On s’en sert aussi pour cautériser les aphthes, les ulcérations scorbutiques et gangréneuses.

Administré pur à l’intérieur, à la dose de 12 à 15 gramnaes, il constitue im poison corrosif violent et entraîne la mort. Administré à très petite dose, 2 à 6 gouttes dans un quart de verre d’eau froide, immé diatement après le repas, comme le conseillent Trousseau et Peter, l’acide chlorhydrique augment e la sécrétion du suc gastrique en même temps que son acidité et produit de bons effets dans la gastralgie, l’atonie de l’estomac et les dyspepsies pu trides, caractérisées par le défaut d’acidité du suc gastrique et la décomposition consécutive des matières'alimentaires dans l’estomac.

^Empoisonnement par l’acide , chlorhydrique, —

Nous avons dit plus haut que l’acide chlorhvd • était un poison corrosif qui, à la dose de 15 gram peut donner la mort à un adulte. Les empoiJ^^’ ments par cet acide sont rares et presque tou'*^^^' volontaires, en vue du suicide. Très peu de te”*^ après son ingestion, l’acide chlorhydrique d^^* raine des accidents dont la marche se rappro?' beaucoup de celle des accidents produits par l’aria azotique. On observe sur les lèvres des taches 1a*^ nés caractéristiques ; le malade vomit des matière d’abord jaunâtres et verdâtres, puis brunâtres, cou leur de café, fortement acides. Ces matières sont mélangées de débris de muqueuse œsophagienne et gastrique, et leur expulsion s’accompagne dé l’exhalation de vapeurs blanchâtres et piquantes, lorsque le poison a été pris en assez grande quantité. La soif est ardente, le pouls petit, fréquent, irrégulier, l’angoisse extrême ; il se produit des mouvements convulsifs accompagnés parfois du renversement de la tête en arrière ; le délire survient et annonce une mort prochaine.

La première indication à remplir dans un cas d’empoisonnement par l’acide sulfurique consiste à faire vonair le malade et à lui faire boire en quantité de l’eau albumineuse ou du lait, et mieux de l’eau dans laquelle on aura délayé de la magnésie calcinée, du bicarbonate de soude ou de la craie, de façon à neutraliser aussi rapidement que possible l’acide et à lui enlever par suite sa propriété caustique. Puis on cherche à calmer les douleurs avec l’opium et le médecin institue le traitement des lésions produites par le toxique sur les divers organes.

Hygiène professionnelle. — Le gaz chlorhydrique se dégage en quantités considérables pendant la décomposition du chlorure de sodium ou sel marin pour la fabrication de la soude. De plus, il est très employé pour la préparation du chlore et des chlorures. Il se trouve très répandu dans le commerce et très employé dans les arts. Or les vapeurs d’acide chlorhydrique provoquent chez les ouvriers qui y sont exposés des inflammations très vives de l’appareil respiratoire, des ophthalmies, la perte des dents, etc. 11 est donc indispensable de prévenir l’émission du gaz acide chlorhydrique dans l’atmosphère. Pour cela, il faut, ainsi que le conseille Freycinet, le condenser au moyen de grandes surfaces humides et non en lui faisant traverser des épaisseurs de liquide. D' Paul Labarthe.

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