CHLORYDRO-PHOSPHATE DE CHAUX. — (V
l’article Chaux, Lie paragraphe consacré au phate de chaux. ’
CHLORIQUE (ACfflE). — L’acide chlorique, découvert par Gay-Lussac, est un liquide jaune verdâtr , très acide, inusité en médecine, mais qui avec la potasse un sel, connu sous le nona de ch rate de potasse (V. ce mot), qui est un très important et journeUement employé en the peutique. P- ^
CHLORO-ANÉMIE. — (Y. Chlorose.)
CHLOROFORME. — Le chloroforme, découvert
cnobeiran en 1831 et utilisé comme anesthépar Simpson en 1847, s’obtient en distillant ^‘^’alcool mélangé à une solution dans l’eau de df ^ e de chaux et de chaux caustique. Ainsi oble chloroforme est toujours impur, il a d’être rectifié par le carbonate de soude et le de calcium pour ne pas occasionner des ■dents. C’est un liquidée incolore, volatil, d’une éthérée semblable à celle de la pomme reifte d’une saveur d’abord chaude et piquante, puis et sucrée. Presque insoluble dans l’eau, le yoroforme se dissout mieux dans l’eau alcoolisée n éthérée et en toutes proportions dans l’alcool ^ que dans l’éther sulfurique. Il est difficilement inflammable et par cela même d’un maniement facile, à l’abri de tout danger. Comme l’éther, il dissout un grand nombre de substances, telles que le soufre, le phosphore, l’iode, les corps gras et résineux, le gutta-percha, le caoutchouc; il dissout, en un mot, toutes les substances que l’alcool et l’éther dissolvent, et, en plus, beaucoup, d’autres que ces liquides ne dissolvent qu’à peine.
Effets. — L’action physiologique du chloroforme a les plus grandes analogies avec celle de l’éther; comme celui-ci, il s’emploie en applications topiques, par la voie gastro-intestinale, en aspirations et en inhalations.
Employé en applications topiques à l’état de pureté, ce composé détermine aussitôt une vive cuisson, suivie de rougeur pouvant aller jusqu’à la vésication et l’escharification de la partie malade. Mais il est rare qu’on ait recours à sa puissance caustique qui est d’ailleurs très variable. Le plus souvent, on le mitige en le mélangeant avec de l’eau, de l’huile, de l’axonge ; il se borne alors à produire une légère rubéfaction accompagnée d’un certain degré d’engourdissement de la sensibilité locale et d’apaisement de la douleur pathologique. De là son utilité dans les névralgies intercostales, les pleurodynies, les points de côté, les torticolis, les lombagos, les coliques abdominales. Dans tous ces cas morbides, il agit comme révulsif d’abord, et ensuite comme calmant, pourvu toutefois qu’il soit suffisamment dilué et que son contact avec la peau soit prolongé pendant assez longtemps.
Pris par la bouche et introduit dans l’estomac, le chloroforme y cause rme vive chaleur, suivie d’un sentiment de bien-être marqué. Il sert de révulsif interne dans les congestions cérébrales, et d’antipasmodique direct dans les gastralgies. Son influence s irradie ensuite sur tout le tube digestif en même temps que sur les organes annexes, il calme les enles coliques hépatiques, néphrétiques et abdominales. Il passe de là dans le torrent de la circulation et devient un sédatif efficace de la plupart des affections spasmodiques : l’hystérie, l’échorée, l’angine de poitrine, le délire, somnie. Donné en lavements, il produit les mes effets thérapeutiques, à cette différence près, ^ son retentissement sur toute l’économie se fait . ®mns sentir.
sentp de chloroforme consistent à pré-
mi ne^^*^ flacon rempli de ce produit à la bouche et mû f ^^l^de pour lui faire aspirer les vapeurs n dégagent. L’on doit procéder avec pru¬
dence, présenter à plusieurs reprises le flacon et s’arrêter dès que les spasmes commencent à se calmer. On en retire de bons effets dans les accès d’asthme, d’angine de poitrine, de coqueluche, dans les attaques d hystérie, d’épilepsie, d’éclampsie, dans les quintes de toux, la laryngite striduleuse, le hoquet nerveux, les mouvements convulsifs, les contractions tétaniques. ’
Le chloroforme est l’agent anesthésique par excellence, c’est à peu près le seul usité pour supprimer la douleur dans la pratique des opérations chirurgicales et obstétricales. Nous ne parlerons pas ici de l’anesthésie par le chloroforme, de la manière dont il faut l’administrer dans ce but, des accidents qui peuvent survenir pendant la chloroformisation, renvoyant au mot Anesthésie, où ces questions ont été si bien traitées par notre savant collègue le docteur Regnard. d*- Mahc. Camboultves.
CHLOROFORMISATION. — On appelle ainsi l’administration du chloroforme dans le but d’obtenir l’anesthésie (V. Anesthésie). p. l.
CHLOROSE. — La chlorose, appelée encore càZoroanérnie ou pâles couleurs, n’est que l’anémie observée chez la femme et occasionnée spécialement par les troubles qu’entraîne l’établissement Ide la fonction menstruelle, au moment de la puberté, ou, plus tard, par les irrégularités de la menstruation. La chlorose présentant les mêmes symptômes et nécessitant le même traitement que l’anémie, nous ne pouvons, pour éviter des redites, que renvoyer le lecteur à ce mot (V. Anémie, Aménorrhée, Dysménorrhée, Ménorrhagie et Puberté). p. l.
CHLOROTIQUE. — Qualificatif donné au malade atteint de chlorose (V. ce mot). p. l.
CHLORURE. — Nom donné parles chimistes aux sels formés par les combinaisons du chlore avec un autre corps, généralement un corps simple. Les principaux chlorures employés en médecine sont : le chlorure d'antimoine (V. Antimoine), le chlorure de chaux (V. Chaux), le chlorure de fer (V. Per chlorure et Protochlorure de fer), les chlorures de mercure (V. Mercure), le chlorure de sodium ou sel de cuisine (V. Sel), et le chlorure de zinc (V. Zinc).
CHOCOLAT. — On donne ce nom à une pâte alimentaire faite avec du cacao et du sucre, aromatisée le plus souvent à la vanille. L’usage du chocolat, qui existait déjà au Mexique à l’époque de sa conquête par Fernand Cortez, fut introduit en Espagne sous Charles-Quint, et en France, en 1660, à l’époque du mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche. Sa consommation pour la France seule dépasse aujourd’hui plus de six millions de kilogrammes chaque année. ■
Fabrication. — Le vrai chocolat se fabrique avec du cacao et du sucre -par parties égales. Les principales opérations sont : 1“ le triage qui consiste d’abord à séparer au crible-vanneur les débris de coques de cacao et les substances étrangères teües que terre et graviers ; puis à enlever à la main les
grains trop verts, les grains piqués, ceux qui ont été mouillés par l’eau de mer, et ceux qui sont fragmentés, la grosseur uniforme des grains étant une condition essentielle pour avoir une torréfaction égale et uniforme; 2“ la torréfaction des grains dans des brûloirs cylindriques ou sphériques à mouvement rotatoire régulier ; 3® l’étalage des grains torréfiés sur des claies où ils se refroidissent; 4» le décorticage des grains au moyen de cylindres concasseurs; 5® le broyage à la main, ou mieux au moyen de cylindres en granit, tournant sur un plateau sur lequel des couteaux ramasseurs ramènent sans cesse la pâte formée par le cacao, additionné d’une égale quantité de sucre; 6® le moulage de la pâte dans des moules, et lorsqu’elle est refroidie, l’enveloppage dans des feuilles d’étain et sa mise en paquets prêts à être vendus.
La qualité du chocolat dépend en première ligne de la qualité du cacao employé. Le meilleur et le plus estimé est le cacao terré ou caraque; après lui vient le cacao des îles. Elle dépend ensuite du soin apporté à sa fabrication. « La torréfaction, dit Pelletier {Le thé et le chocolat dans l'alimentation publique, Paris, 1861), doit être légère, graduée, ne pas dépasser les limites d’une dessiccation complète. Si elle est poussée un peu trop vivement, le brûloir dévore, avec le beurre de cacao, une partie des richesses alimentaires que contient le cacao ; on obtient un chocolat d’un brun noirâtre, qui nourrit peu. Si, au contraire, la torréfaction n’a pas été amenée à un degré suffisant, l’amande n’a perdu aucun de ses principes, l’arome ne s’est pas développé, le chocolat est lourd, il rassasie promptement, et l’estomac, peu stimulé, le digère avec peine. Une température constante doit être maintenue dans les appareils broyeurs. Si on l’augmente pour accélérer la trituration, en facilitant la fusion du beurre, on court risque de carboniser les parties grasses et de produire les mêmes effets qu’une torréfaction très violente. Si lorsqu’il est dressé dans le moule, la pâte est encore assez chaude et que le changement de température, comme cela arrive en été, ne soit pas assez brusque et assez grand entre l’atelier et le refroidissoir,le chocolat semble perdre sa finesse et son homogénéité; il paraît granuleux et casse blanc lorsqu’on rompt les tablettes. Le contact du fer et du cacao développe dans le chocolat une saveur styptique particulière, fort désagréab le , la main de l’ouvrier échauffée par le travail, mêle à la pâte des sécrétions cutanées dont l’acidité peut agir sur le chocolat. L’aérage, la salubrité, la pureté des lieux où sont fabriqués les chocolats, ont une influence directe sur leur qualité ; les caves étroites, les réduits, les boutiques peu aérées ne répondent à aucune des conditions d’espace, d’isolement, d’appropriation indispensables. »
Falsifications. — Le chocolat, avons-nous ■ dit, doit être fait exclusivement avec l’amande du cacao, du sucre cristallisé et un aromate, vanille ou cannelle, le plus souvent. Les falsifications peuven t porter sur chacun de ces éléments.
On peut se servir de cacaos inférieurs ou avariés par l’eau de mer ; ou mélanger l’amande de cacao avec ses coques pulvérisées ; ou encore se servir de cacaos dont on a déjà extrait le beurre en plus ou
moins grande quantité et qu’on remplace l’huile de^ coco, d’arachide ou d’amandes ^ ou bien encore par de la graisse de veau mouton. On peut employer, au lieu de sucre’^ ^ finé, la vulgaire cassonade. On peut enfin placer la vanille par le benjoin ou le storax Mais bon nombre de fabricants vont plus loin font du chocolat sans cacao. Au lieu de l’amande cacao, ils n’en emploient que les coques pulv' • sées et mélangées soit de farine de blé, de riz^î lentilles ou de pois, soit d’amidon ou de’ fécule’ d pommes de terre. Les plus audacieux emploient h sciure de bois, l’ocre rouge, le minium, le cinabr ou sulfure de mercure, le plâtre, la craie et même la brique ! ®
La plupart de ces fraudes sont faciles à reconnaître, et pour peu qu’on soit habitué à prendre de bon chocolat, et qu’on ait le palais délicat, on les découvre à l’instant. Le chocolat bien confectionné dirons-nous, avec Plisson, présente une cassure nette et de couleur uniforme; on n’y voit rien de graveleux; mis à la bouche, il s’y fond aisément en y laissant une espèce de fraîcheur. S’il a de la peine à se dissoudre, s’il donne la sensation d’un goût pâteux, si, en le faisant cuire dans de l’eau ou du lait, il exhale au premier bouillon une odeur de colle, s’il prend trop de consistance et qu’après son premier refroidissement, il se constitue en une sorte de gelée, on peut être assuré que ce chocolat contient une portion farineuse d’autant plus abondante que ces effets seront plus prononcés. Déposet-il au fond de la tasse de petits corps solides et insolubles, une sorte de sédiment terreux, on acquiert par là la preuve que le cacao n’a point été criblé, qu’il n’a point été secondé ou qu’il ne l’a été qu’avec négligence; car, ces corpuscules ne sont autre chose que les germes des graines qui, durs et cornés, ne sont point susceptibles de former pâte et que par conséquent il fallait enlever et rejeter. Le sédiment terreux est aussi un témoignage évident que le fabricant a employé la cassonade plus on moins commune au lieu de sucre raffiné. L’odeur de fromage que certains chocolats contractent en vieillissant, est certainement due à la présence de quelques graisses animales, que l’on a traîtreusement substituées à l’huile concrète appelée beurre de cacao. Quant à la rancidité de cette substance alimentaire, elle provient incontestablement des semences émulsives qu’on a fait entrer dans sa fabrication. Nous dirons enfin de la saveur marinee que l’on trouve quelquefois aux chocolats de naauvaise qualité, qu’elle indique à son tour que les amandes de cacao, dont ils sont formés, ont ete avariées dans leur traversée en mer.
Le microscope et la chimie peuvent aus si eW® mis à contribution et amener d’une manière précis et indéniable la découverte des falsifications u chocolat. . ^
Nous avons indiqué à l’article Cacao, non ment le moyen de reconnaître le cacao et d’en dose^ les quantités, mais nous avons indiqué aussi com ^ ment on vérifie si le beurre de cacao a été et si on l’a remplacé par de la graisse. La subsü ^ tion du benjoin ou du storax à la vaniUe, P . .j. reconnaître facilement. Il suffit pou’’ cela de rap
nioreeau de chocolat soupçonné et de projeter psrâpures sur une pelle chaude : l’odeur spéciale da benjoin ou du slorax qui se dégage en décèle la
farine de blé se reconnaît au microscope =jisi que la fécule de pomme de terre. Briois a inflidué un procédé assez simple pour reconnaître la T^feence de la fécule. 11 pulvérise une petite quande chocolat, il verse dessus 2 ou 3 gouttes d’ans solution de potasse caustique, si la fécule gjiste, la poudre se prend en masse comme de l’empois, ce qui n’arrive pas lorsque le chocolat est pur. On reconnaît que le chocolat contient du carbonate de chaux, si, en immergeant directement le chocolat dans de l’acide chlorhydrique étendu d’eau, il se produit une effervescence. Quant à l’ocre rouge et au cinabre, les manipulations chimiques que nécessite leur recherche sont trop compliquées pour être exposées ici.
Valeur alimentaire et hygiénique du chocolat. — « Le chocolat, dirons-nous avec Fonssagrives, est un aliment très nourrissant, c’est incontestable. Une substance qui, bien préparée et avec de bons éléments, contient le quart de son poids d’une matière grasse alibile, la moitié de son poids de sucre et un quarantième de son poids de matières azotées, ne saurait être considérée que comme un aliment réparateur. On l’a classé dans le groupe des aliments thermogènes ou respiratoires, et ce rang lui est naturellement assigné par sa richesse en matières grasses. Quelques médecins l’ont considéré comme entrant dans cetté classe particulière d’aliments, dits aliments d’épargne, comme le coca et le café, auxquels on attribue la propriété de ralentir le mouvement de destruction interstitielle, d’empêcher par suite la dénutrition et de réaliser ainsi des économies indirectes. Quoi qu’il en soit, le chocolat est un des meilleurs analeptiques, et il con’yient aux sujets amaigris en leur fournissant les éléments d’une restauration adipeuse. C’est un des moyens de la diète grasse, ou régime gras, qu’il constitue avec le lait, le heure, la crème, les œufs, les graisses, les huiles comestibles et l’huile de foie de morue.
« Mais il faut le digérer : or le chocolat, comme tous les aliments gras, a besoin d’être fortement relevé par des condiments. Le sucre est son condiment naturel, mais il emprunte à la cannelle et à la vanille un goût relevé qui contribue à le faire tolérer par t estomac. Si des gourmets (quand ce n’est pas pure aflectation de singularité) prennent du café sans sucre pour affirmer davantage le cas qu’ils font deu fève de l’Yémen et le digèrent, cela vient de ce que le café a son arôme, c’est-à-dire son condiment n lui. Ils jjg feraigjj^ pg^g impunément la même preuve avec le chocolat, qui ne se digère pas plus San* ‘^°®‘^™®uts que le bouillon gras ne se digère s seL A ceux-là je donnerai au moins le conseü ce dernier condiment à leur chocolat, lait de café noir au chocolat, à l’eau ou au
savn un mélange très aromatique et très
qui apprécient beaucoup et
Lg re chocolat singulièrement moins lourd, d’armé probablement les mêmes avantages
et de digestibilité. Les éclectiques mélan¬
gent quelquefois dans la même tasse le thé, le chocolat et le café. J’ai goûté cette association et je dois déclarer que je l’ai trouvée irréprochable comme arôme et comme goût. » p. lab^the.
CHOLÉDOQUE. — On donne ce nom en anatomie à une canal, formé par la réunion des canaux cystique et hépatique, qui va verser la bile dans cette portion de l’intestin qu’on appeUe duodémum. p. l.
CHOLESTÉRINE. — On donne ce nom à une matière cristallisée, neutre, qui existe en quantité considérable dans la bile, dont elle constitue un des principes immédiats (V. Bile). p. l.
CHOLÉRA MORDUS. — Parmi les maladies venant frapper les populations, sous la forme épidémique, il n’en est pas qui, à toutes les époques, aient causé autant de terreur et d’alarmes que le choléra.
Quel est le berceau primitif du choléra. — Avant d’énumérer les épidémies cholériques qui ont désolé les diverses contrées du monde, il convient de bien déterminer les conditions géographiques et géologiques du berceau primitif du choléra, de son foyer originel.
C’est incontestablement l’Inde qui doit être considérée comme le berceau primitif du choléra, car il y a été observé dès l’époque des premiers établissements européens de ce pays.
La géographie médicale de l’Inde, foyer originel du choléra, présente des analogies frappantes au point de vue de la fécondité, des inondations et de l’insalubrité, avec l’Égypte, foyer originel de la peste. Son climat est excessif pour la chaleur et l’humidité ; son sol est formé de plateaux et de plaines basses recouvertes d’alluvions, converties en limon par les inondations périodiques ; le delta du Gange, hérissé de forêts, devient, à cause de ses jungles, un foyer permanent de miasmes délétères.
Le Gange, ce fleuve de boue, reçoit un nombre considérable de rivières et se subdivise en un grand nombre de bras. Dans ces cours d’eau, changeant constamment de lit, se déposent partout des limons fangeux, des débris d’une végétation des plus luxuriantes, les corps d’animaux de toutes espèces, des serpents les plus venimeux, et enfin des cadavres humains que la coutume des Indiens confie sur des lits de feuilles au cours du Gange qui doit les conduire aux champs célestes.
Les mœurs, la vie sociale, les habitudes des Indous aggravent de beaucoup les causes morbifiques inhérentes au sol et au climat. Les grandes agglomérations, les migrations d’hommes, et particulièrement les pèlerinages, favorisent toujours l’éclosion du choléra, et concourent au développement et à la propagation de ses épidémies.
A certaines époques, plus d’un million d’individus s’établissent sur les bords du fleuve, pour y faire leurs ablutions ; mal vêtus, mal nourris, sans abri, ces malheureux pèlerins y passent des journées et des nuits entières, au noilieu des températures les plus variables.
Principales épidémies du choléra dans l’Inde. — Les principales épidémies de l’Inde portent les dates de 1762, 1770, 1783 et 1817.
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D’après Annesley, de 1817 à 1840, on compte dans rinde jusqu’à 443 invasions épidémiques, ayant fait périr près de 18 millions d’individus.
Principales épidémies du choléra en Europe. — ire ÉPIDÉMIE. — Elle date de 1817. Elle prit naissance dans les environs de Jessort; elle marque une date funeste dans l’histoire du choléra, car, à partir de ce moment, le fléau devient envahissant. Décimant la province de Bengale, il entre à Madras ■en 1818, se dirige sur Bombay, traverse la Birmanie , et ravage successivement l’Ile-de-France , la Réunion, les îles de la Sonde et Batavia. En 1819, le fléau envahit successivement le royaume de Siam, le Tonkin et la Cochinchine; en 1829, la Perse, l’Afghanistan, la Tartarie et la Russie; en 1830, Moscou et Varsovie; en 1831, la Moldavie, la Gali- ■cie, la Prusse, l’Angleterre par le port de Sunderland et l’Irlande.
Le 15 mars 1832, le choléra éclate à Calais, et le 26 il fait son explosion à Paris. Son extension a •été des plus rapides, et pendant six mois de durée, -ses victimes se sont élevées à 18,402, sur une population de 945,698 âmes, ce qui donne la forte proportion de 23,42 décès par 1,000 habitants. De Paris le fléau se propage, de proche en proche, •dans cinquante-deux départements et fait périr plus de 100,000 personnes.
Telle fut la première invasion du choléra en Europe. Presque tous les pays avaient fourni une page funèbre à son histoire. Il avait mis 20 ans à pareourir le monde.
De 1837 à 1847 il y a eu en Europe un état d’accalmie, mais la rapidité croissante des relations -avec l’Extrême-Orient devait amener nécessairement de nouvelles invasions.
2® Épidémie. — Elle a son point de départ dans le nord de l’Inde, où elle se montre en 1842-43 ; de là, passe en Chine, en Perse, en Mésopotamie et vient éclater à la Mecque en novembre 1846. En 1847, le fléau sévit dans les contrées comprises entre la Perse et l’Arabie, sur les bords de la mer Caspienne •à Astrakan, Moscou; en 1848, Saint-Pétersbourg, Stettin, Dantzig, Amsterdam. Un navire venant de Hambourg l’introduit en Angleterre. Le 20 octobre, le premier cas se montre à Dunkerque, désole Lille, ■et le 17 mars 1849, il atteint Paris pour se répandre dans 54 départements et faire 110,000 victimes.
3® ÉPIDÉMIE. — Elle n’a pas de point de départ bien déterminé, et ne peut, comme les précédentes, •être rattachée à une transmission partie de l’Inde.
En juillet 1853, de la Russie, où il semblait être confiné, le choléra s’étend sur les provinces de la Baltique, et se montre à Copenhague, en Angleterre et en France dans le département de l’Aisne. Au mois de novembre, il fait son entrée à Paris, nnvahit 70 départements, et fait près de 144,000 victimes.
De MarseiUe l’épidémie est importée eu Algérie (juillet 1854), en Grèce, à Gallipoli, dans le Dohrutscha, en Crimée, où eUe est entretenue par les contingents de nouvelles troupés (siège de Sébastopol) et se continue jusqu’en 1856.
4* ÉPIDÉMIE. — Les trois premières grandes épidémies avaient pénétré en Europe, par voie de terre ; celle de 1865-1866 arrive par mer. C’est aux i
fêtes du Courban-Beiran (pèlerinage de La iw et de Médine), en avril 1865, que le cholé^^'^’^ explosion d’une manière soudaine, et enlèv place de 20 à 30,000 hadjis. En quelques sem^' sur tous les points où abordent les pèlerin^^^’ principaux ports de la Turquie, de la Crèr ’ ^ l’Italie, de l’Espagne, sont envahis. Le pénètre en Russie par la mer Noire et le r case, atteint Saint-Pétersbourg en novembre^^'^' s’avance à l’ouest sur la Valachie, la Moldavie f basse Allemagne.
La France est envahie par Marseille (23 let 1865), foyer principal qui rayonne sur Toulon Avignon, Arles, etc. Le premier cas de choléra est signalé à Paris le 22 septembre, et dès le 1 5 octobre l’épidémie atteint la plus grande intensité dans le département de la Seine où il fait 6,365 victimes.
Les départements les plus éprouvés ont été ceux de Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Seine-Inférieure Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Hérault. L’automne de 1866 vit éclater, dans les mêmes localités, une nouvelle explosion épidémique, qui égala, en intensité, et surpassa en durée, l’apparition de 1865; les foyers principaux furent dans les départements du nord et de l’ouest.
De Marseille le choléra se propagea en Algérie, gagna la Kabylie, et de là les Oasis et le Maroc.
5® ÉPIDÉMIE. — Dans les premiers jours d’août 1873, la France fut envahie par le Havre, sans que l’on ait pu' déterminer, d’une manière précise, l’origine de provenance ou d’importation.
Pendant le mois d’août le choléra est signalé à Rouen, à Fécamp, et le 8 septembre, on comptait pour les hôpitaux civils de Paris, 47 cas et 25 décès.
Cette épidémie qui a duré environ trois mois, avec une mortalité moyenne de 7 à 16 décès par jour, à la période d’accroissement, a été relativement modérée et n’a fait qu’enyiron 900 victimes.
Pour compléter cet aperçu historique, nous ajouterons que le choléra qui a désolé l’Égypte en 1883, n’a eu aucun retentissement en France.
Malgré tous les efforts des médecins sanitaires français, Fauvel, Mahé, Ardouin, etc., pour établir l’importation à Damiette du choléra indien, nous croyons avec les docteurs Dutrieux, Chaffey-Bey et Ferrari, que l’épidémie a pu se développer sur place, parce qu’elle a trouvé, cette année, dans le Delta du Nil, des conditions de topographie, de climatologie et d’insalubrité, en tout analogues à celles qui se présentent sur les rives du Gange au moment des grandes explosions du fléau.
6® Épidémie. — Quant à l’épidémie de choléra qui a éclaté à Toulon et à MarseiUe, en juin et juiUet 1884, nous nous bornerons à constater qu’elle a déjoué jusqu’ici les prévisions et les idées théoriques des partisans de l’importation. Les événements se sont chargés de démentir la distinction que le D® Fauvel avait voulu établir entre le choléra nos Iras et le choléra asiatique, épidémique ou envahissant.
Symptomatologie. — La plupart des auteurs qui ont écrit sur le choléra morbus ont consacré, dans leurs monographies et dans leurs traités, deux chapitres distincts au choléra simple et au choléra asiatique. Nous ne suivrons pas cet exemple, car,
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e nous l’avons dit plus haut, rien ne ressemlas au choléra épidémique, Indien, Bengalais, pie choléra simple ou nostras.
^Kous dirons, avec Cazalas et Jules Guérin, que ne distinction est purement théorique et spéculaf P a Elle n’existe pas dans la nature, et le plus praticien ne saurait différencier les deux
^^.^Soust et les partisans actuels de la doctrine ,, importation s’efforcent bien de soutenir que le mgjoier [l’asiatique] engendre successivement, sur S route, des foyers d’infection et devient envahissant, tandis que le second (nostras) naît, se déveel s’éteint sur place, mais les faits récents
^0 l’épidémie de Marseille et de Toulon, de juin, juillet et août 1884, pour ne pas citer ceux des épidémies antérieures, donnent un démenti formel à ces distinctions toutes théoriques. D’ailleurs, en dehors de la symptomatologie, les arguments tirés de l’étiologie, de l’anatomie pathologique, dè la thérapeutique et de l’hygiène publique, sont là pour affirmer hautement l’unité de ces manifestations variées d’une môme cause déterminante.
Au nom de l’observation clinique, la plus étendue et la plus autorisée, il nous est donc permis d’affirmer que la cholérine, le choléra nostras et le choléra asiatique, ne constituent, en réalité, que des degrés (d’intensité et de gravité) d’une seule et même maladie : le choléra morbus 1 Ce point bien établi, passons en revue les symptômes de ces trois périodes caractéristiques : 1“ Période d’incubation (diarrhée prémonitoire) ; 2“ Pénode d’étaf (algidité) ; 3“ Période de réaction (Ÿhénomènes d’ataxie et d’adynamie).
1® PERIODE d’incubation. — Elle est comprise généralement entre les limites de 24 heures et de 4 jours. M. Drasche a combattu à la Conférence sanitaire de Vienne (1874) les longues incubations. «Il ne s’est produit jusqu’aujourd’hui, aucun fait constaté jusqu’à l’évidence que la durée de l’incubation atteignit 17 à 18 jours. »
Partageant son avis, la Conférence a adopté sur ce point les conclusions suivantes :
« Dans presque tous les cas, lapiériode d’incubatton, après le temps écoulé entre le moment où un individu a pu contracter l’intoxication cholérique, 6t le début de la diarrhée prémonitoire, ou de choléra co^rmé, ne dépasse pas quelques jours. »
, Les premières manifestations de l’atteinte cholélaque pouvant avoir une durée de quelques heures à qudques jours sont : ,1e malaise, un certain état ^^■ïfaissement et la diarrhée. Celle-ci apparaît avec es caractères qui lui donnent une physionomie . Pwticuhère : les (selles sont rapprochées, C U .d’une coloration verdâtre, ou café au lait, ette diarrhée a été dénommée, avec raison, pro- V'rémonitoire, parce qu’elle précède pres- 'i toujours la période d’état de la maladie.
Pi ^o°itïiission de la Société de Médecine de Path^?^^- 1854, de déterminer la valeur
ejj . de la diarrhée prémonitoire, après une
lique f ®drieuse dans les villes de la Péninsule itasinno .PPdos par le fléau, était arrivée aux conclu-
suivantes :
Dans les localités menacées par l’explosion de
l’épidémie, ou déjà ravagées par elle, il règne constamment une propension générale à la diarrhée. (On la dit préépidémique quand elle précède le choléra d’un temps donné ; épidémique lorsqu’elle s’étend à une certaine distance des lieux infectés ; postépidémique du moment où elle survit à la cessation de la maladie) ;
2'’ Si la diarrhée prémonitoire n’est pas le prodrome constant du choléra morbus, elle en est du moins un prodrome excessivement fréquent ;
3“ Cette diarrhée prémonitoire a des caractères particuliers qui la différencient des flux de ventre ordinaires, et qui lui impriment cette spécificité qui en fait un premier degré de l’affection elle-même;
4° Elle ne revêt aucun des caractères d’un phénomène critique ou d’élimination;
3° Il n’existe pas de médication spécifique pour la combattre ; le traitement indirect ou symptomatique, appliqué, avec sagesse et opportunité, peut seul donner des résultats satisfaisants.
Dans une communication faite à l’Académie de médecine, en octobre 1854, au sujet de l’étude de l’épidémie régnante dans les prisons de la Seine, nous étions arrivés à des conclusions analogues :
1“ L’épidémie cholérique actuelle a été précédée d’une constitution médicale particulière (troubles des fonctions gastro-entériques, avec tendance à l’adynamie ;
2® La diarrhée, dite prémonitoire, s’est montrée presque constamment ;
3® La médication symptomatique, rationnelle, déduite de l’étude clinique de la constitution médicale, et des idiosyncrasies particulières, nous a donné d’excellents résultats ;
4® Il est possible de prévenir la manifestation cholérique par l’application immédiate, intelligente et bien entendue des lois de la prophylaxie privée et de l’hygiène publique.
Ajoutons qu’en Angleterre, l’enquête officielle sur l’épidémie cholérique de 1849 a démontré que sur 130,000 cas de diarrhée prémonitoire, dûment constatés, 250 seulement ont évolué jusqu’au choléra cyanique ou mortel.
C’est à notre illustre collaborateur Jules Guérin, que revient incontestablement le mérite d’avoir, le premier, dès 1832, insisté sur l’importance des avertissements fournis par la diarrhée prémonitoire; sur la nécessité de s’en préoccuper et d’y remédier; sur la fréquence, allant même jusqu’à la constance, de ce symptôme ; enfin sur la possibilité de prévenir l’invasion du choléra confirmé, en traitant ladiarrhée.
La durée de la diarrhée prémonitoire, comme celle de la période d’incubation, varie beaucoup, depuis 4 à 24 heures jusqu’à 5, 6 et 8 jours. Elle peut exister seule, indépendamment de tout autre symptôme. Dans ces cas exceptionnels, abstraction faite de ce flux intestinal, le sujet ne se croit pas malade, et ses fonctions paraissent s’exécuter normalement.
2" PÉRIODE d’état ou d’algidité. — Les phénomènes caractéristiques de cette période sont les selles riziformes, les vomissements, l’anxiété précordiale, les crampes, l’algidité. Suivons-les dans leur ordre de succession.
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Après l’état de souffi'ance, d’affaissement rapide, et l’apparition de coliques sourdes surviennent des évacuations alvines qui se répètent de plus en plus, sans ténesme, en s’accompagnant de borborygmes bruyants et d’une sensation de dépression profonde. Les selles sont constituées par un liquide blanchâtre, grumeleux, trouble, semblable tantôt à du petit lait non clarifié, tantôt à une décoction de riz, ou à une bouillie un peu claire ; d’une odeur fade spermatique elles présentent parfois au début des traces de bile ou de sang. Les évacuations font très rarement défaut, et se continuent souvent jusqu’à la fin de la maladie.
Les grains riziformes, caractéristiques de cette diarrhée, ne sont ni un agrégat amorphe d’albumine coagulée, ni le mucus spécial signalé par Pacini; ils représentent bien mieux des lambeaux cohérents d’épithélium intestinal, de jeunes cellules, ou des détritus organiques.
Les vomissements qui, parfois, ouvrent la scène morbide surviennent d’ordinaire, consécutivement à un certain nombre d’évacuations alvines. D’abord constitués par des matières alimentaires, ils ne tardent pas à devenir aqueux, incolores, ou légèrement teintés par labile, en vert ou en bleu très clair.
Bientôt se manifestent à la région précordiale, une douleur vive, une sensation de compression autour de la base de la poitrine, une oppression dont la nature échappe au stéthoscope.
Des troubles nerveux de toute sorte (vertiges, titubations, bourdonnements d’oreilles, angoisse, défaillance, syncope, insomnie) font leur apparition, et ne tardent pas à aggraver la situation jusqu’au moment où surviennent les crampes. Celles-ci caractérisques, constantes, violentes, très douloureuses, avec mouvements spasmodiques, occupent de préférence les membres inférieurs; les doigts, des pieds et les orteils s’écartent et se recourbent tour à tour.
Les troubles des fonctions de circulation, de sécrétion, d’hématose et de calorification, sont aussi des plus significatifs.
Le pouls, d’abord petit, d’une fréquence et d’une force moyennes s’accélère à 100 et 120 pulsations, devient filiforme à l’artère radiale, ppur y disparaître plus tard.
Les battements du cœur, en même temps qu’ils s’accélèrent, deviennent de plus en plus faibles; les deux bruits (droit et gauche] paraissent éloignés, plus sourds, moins distincts.
La respiration est faible, lente, ou rare et anxieuse ; le malade, en proie à une agitation douloureuse, réclame de l’air à tout prix. Cet état anoxémie, ou défaut d’oxygénation du sang, provient de sa stagnation dans les capillaires généraux. Comme le dit Doyère, « ce n’est pas l’air qui manque d’aUer au sang, c’est le sang qui ne va pas à l’air. » Du reste, dans ces troubles de l’hématose, dans cet amoindrissement considérable des phénomènes dont les poumons sont le siège normal, non seulement l’oxygène n’est pas absorbé, mais encore l’exhalaison de l’acide carbonique ne s’effectue plus dans ses proportions physiologiques ; effectivement « le sang veineux ne se colore point en rouge vermeil par le contact de l’air » (Rayer).
Dès le début de la maladie, bien que la goT toujours impérieuse, la sécrétion urinaire dinî pour se suspendre, et disparaître plus tard q à l’albumine, à laquelle certains auteurs ont une grande importance, en décrivant cholérique, nous nous bornerons à constater peu considérable au début du choléra, la quanfr d’albumine augmente à mesure que le mal fait fl progrès ; elle atteint son maximum dans la périnf algide. Sous la double action de la douleur de crampes et de l’anxiété précordiale, la physionomi^ du malade subit une altération de plus en pluspro^ fonde; la voix s’éteint, les lèvres se contractent lê nez s’effile, les joues se creusent, et les yeux cerclés de noir s’enfoncent dans leur orbite.
Pendant qu’il se plaint d’une chaleur intérieure qui le dévore, la température périphérique du corps diminue progressivement : la langue est froide l’haleine glaciale, la peau recouverte d’une sueur visqueuse et froide.
En même temps, la peau flétrie prend sur toute la surface du corps une teinte bleuâtre et violacée ; les ongles sont livides ou presque noirs, les doigts ridés, la face violacée ou d’une pâleur extrême.
Le refroidissement général du choléra algide n’est pas un refroidissement partiel de la périphérie cutanée, comme dans les fièvres intermittentes, ni un refroidissement des extrémités inférieures comme dans la paraplégie ; il comporte au contraire une diminution simultanée de la température intérieure et de la température externe. Des observations thermométriques prises au creux axiUaire (qui représente à 1 degré près celle des viscères intérieurs) ont fourni les chiffres centigrades de 33» 34, 35, 33.4, 36 et 36.5. Notons en passant, que pendant l’algidité du malade, la faculté d’absorption pour les médicaments est presque entièrement anéantie. Elle ne se rétablit qu’avec l’apparition des phénomènes de la réaction.
L’un de symptômes extérieurs qui frappent le plus l’observateur, et qui, avec l’aspect du fades et du cercle bleuâtre des yeux, lui font reconnaître, à première vue, la nature de la maladie, c’est la diminution rapide du volume du corps.
A ce moment, les sens deviennent de plus en pins obtus ; l’intelligence, qui était restée intacte, s’ obscurcit, la respiration s’embarrasse, le hoquet commence, et si le malade doit succomber, la mort arrive au milieu d’un calme apparent.
3® PÉRIODE DE RÉACTION. — C’est une période de salut pour un grand nombre, et une période pleine de périls pour beaucoup d’autres. L’algidité complète aurait pour Laveran une terminaison fatale 75 fois sur 100. Lorsqu’elle n’atteint pas le degre ultime, ou asphyxique, des signes d’amélioration inaugurent une période caractérisée tantôt par m rétablissement progressif et régulier de toutes m® fonctions, tantôt par l’entrée en scène de phénomènes graves d’adynamie et d’ataxie, conduisan > comme l’algidité, au dénouement fatal.
Dans les cas favorables, les accidents dispa^ssent successivement d’une façon rapide, pour famé place progressivement à l’état normal. Le froid paf' venu à son apogée, cesse de s’étendre avec une sen sation de moins en moins glaciale ; le pouls réparai
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^ente et se régularise ; le visage se colore ; te sous-rosée remplace la nuance cyanotique ; V '1 se mobilise et s’anime ; le globe oculaire enf dans l’orbite, reprend sa place, pendant que le ®jcle noirâtre des paupières acquiert une coloration moins foncée.
'■ vomissements deviennent de moins en moins frfiduenlS) avant de cesser tout à fait. La diarrhée *^rête a son tour, ou tout au moins change de ; les garde-robes ne contiennent plus les gra- ^datio'ns riziformes caractéristiques de l’invasion, douleur épigastrique, et les crampes si redous’amendent et disparaissent.
L’oppression respiratoire et l’anxiété précordiale font place à une respiration normale ; la voix recouvre son timbre ainsi que ses autres caractères physiologiques. ...
La sécrétion urinaire recommence a se faire, et la miction s’effectue petit à petit. Les forces se rétablissent et la convalescence commence.
Comme symptôme critique, Michel Lévy parle a de sueurs abondantes consacrant souvent ce retour progressif à l’état normal. »
Parfois la période de réaction se présente sous les apparences de la fièvre inflammatoire (fièvre chaude), avec ses symptômes d’éréthisme du système circulatoire, d’exagération de la calorification (pouls à 120 pulsations, cœur et poumons congestionnés, température intérieure à 39 et 40 degrés
Si la marche de la fièvre est franche et régulière, la réaction est encore favorable et conduit, par une autre voie plus accidentée, à la guérison.
Si la réaction est incomplète, le malade peut succomber au milieu de ces accidents congestifs, ou bien se trouver aux prises avec la série redoutable des phénomènes d’adynamie et d’ataxie aboutissant à la forme asphyxique. Le pouls redevient faible, filiforme, intermittent, dépressible, insensible; le eoUapsus alterne avec le délire ou avec la somnolence, et le malade s’affaisse graduellement jusqu’à la mort.
Lorsque le malade succombe dans la période algide ou cyanique, l’aspect du corps du cadavre diffère peu -de ce qu’il était pendant la vie ; la surface du corps garde une coloration bleuâtre, irrégulièrement parsemée de taches violacées ou rouge vineux, presque noires sur le dos de la main et dans le tissu sub-unguéal.
La rigidité cadavérique apparaît de bonne heure, parfois deux heures après le dernier soupir. Cette rigidité disparaît tardivement et, d’après Briquet, se prolonge au delà de 40 heures.
Quelles sont la marche, la durée et la terminaison du choléra? — Le choléra se fait remarquer, parmi entes les maladies aiguës, par la rapidité de sa marche, et par les limites étroites de sa durée.
ans les cas dits foudroyants, on voit des malades la 6nt 12 heures. La durée moyenne de
n osciUe entre 48 et 72 heures ; exceptionnel-
eut la vie se prolonge pendant un septénaire.
^’^Pï’ès Wilham Farr, en 1850, sur
,082 cholériques, 6,651 eurent lieu dans les preani-Àf heures; 2,461 après un jour; et 1,045 ^fires deux jours.
DnmoxNAniE popuLAmB de médecine dsdelié.
Le choléra ayant une marche essentiellementrapide (dont les premiers effets se traduisent par une émaciation générale et une diminution considérable du poids du corps), le convalescent cholérique doit garder l’empreinte de ces conditions de l’organisme, et le retour complet a la santé doit s’effectuer avec une certaine lenteur. Fréquemment même, il arrive que le choléra détermine une modification notable dans la constitution, le tempérament, et la nature morale des personnes qui ont été sérieusement atteintes.
Diagnostic du choléra. — D’une manière générale, on peut dire que le choléra offre un ensemble de symptômes caractéristiques qui le différencient des autres maladies, plus ou moins analogues, du tube gastro-intestinal et de ses annexes.
Les irritations gastro-intestinales déterminées par une mauvaise alimentation, ou par des changements brusques de température [afrigore] donnent parfaitement heu à de la diarrhée et à des vomissements, avec douleur et mouvements réflexes accentués, mais les évacuations alvines, comme les ma- tières vomies, ont une coloration particulière, qui ne ressemble en rien à celle des selles riziformes. L’état fébrile du pouls et l’état saburral de la langue sont d’ailleurs particuliers à ce genre d’affections aiguës.
Vindigestion grave est aussi reconnaissable à la nature des évacuations et au dégagement considérable de gaz fétides, ayant une odeur acide ou d’œufs pourris.
Dans les superpurgations provoquées par des pur gatifs énergiques et drastiques, le pouls ne disparaît pas et la cyanore fait complètement défaut.
Les irritations gastro-intestinales , produites par . des liqueurs alcooliques, ou par des poisons concentrés (acides ou alcalis). Sont facilement reconnues par l’aspect vultueux delà face, par les commémoratifs fournis par les assistants, par la sensation de chaleur ou de brûlure que le malade ressent le long de l’œsophage.
L’empoisonnement par l’acide arsénieux nous offre bien plusieurs symptômes du choléra (vertiges, troubles des sens, anxiété épigastrique, abattement profond, soif intense, crampes, refroidissement général). Mais d’ordinaire, tous ces accidents surviennent à une époque plus ou moins rapprochée de l’ingestion d’une substance alimentaire, ou d’un breuvage pouvant être suspectés. Les spasmes de l’œsophage et la contriction persistante de la gorge, sont, en outre, des indices de la présence du poison.
Dans les empoisonnements par les champignons, ou par toute autre substance vireuse, le diagnostic se trouve facilement éclairé par l’examen (odeur et savem) des matières expulsées, et par les renseignements commémoratifs.
L’empoisonnement par la belladone, ou par toute autre substance stupéfiante et narcotique, simule la forme asphyxique du choléra, mais la nature des prodromes, l’état de dilatation ou de rétrécissement des pupilles, et enfin la marche des ^iccidents, permettent d’éviter toute méprise.
La maladie qui ressemble le plus au choléra, surtout pour ce qui concerne l’affaissement absolu 5G
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des forces, c’est sans contredit la fievre pernicieuse, à forme gastro-entérique ; mais ici, comme pour les cas précédents, le diagnostic est éclairé par le séjour ou la provenance du malade d’une contrée paludéenne. Rappelons enfin, avec Torti, que dans la fièvre pernicieuse « les accidents se développent peu à peu, comme le petit tigre qui ne montre pas de suite toute sa férocité. »
Nous n’insisterons pas sur le diagnostic différentiel du choléra, avec les coliques hépatiques, la péritonite, la colique de plomb, les obstructions intestinales, parce que chacune de ces affections possède un signe patognomonique :
Pour les coliques hépatiques, les vomissements de bile et la teinte ictérique ;
■ Pour la péritonite, la petitesse du pouls et l’altération des traits ;
Pour la colique de plomb, la constipatioh opiniâtre ;
Pour l’obstruction intestinale, la nature fécaloïde des matières vomies.
Reste une dernière question à résoudre. Le choléra morbus de nos contrées, est-il identique au choléra que l’on observe sur les bords du Gange, à l’état endémique ou épidémique?
Deux éminents . observateurs, qui ont étudié la maladie sur place et au cours de plusieurs épidémies, Lawson et Griesinger, n’hésitent pas à déclarer que les deux affections ne présentent aucun signe différentiel.
En somme, le choléra est une maladie très grave. La mortalité moyenne qu’il occasionne peut .être représentée en France par le chiffre 2.72 p. %j soit environ le 1/10 de la mortalité générale.
D’après Foissac, en 1832 et 1849, la moitié des cholériques parisiens succombèrent, et dans quelques villes de France cette mortalité fut plus considérable.
La maladie perd-eUe de sa gravité à mesure que les invasions se succèdent?
Pendant que des observateurs autorisés répondent négativement, d’autres, et nous sommes du nombre, en se fondant sur les chiffres statistiques, soutiennent que dans les cinq épidémies successives de Paris, la proportionnabté des décès aux ^habitants s’est abaissé d’une manière constante. Celle de 1873 a été 50 fois moindre que pendant la première épidémie de 1832.
Quelle est la nature du Choléra? — Sur ce point, nous sommes en présence de plusieurs hypothèses.
Quelques auteurs ont voulu assimiler le choléra aux maladies engendrées par l’infection palustre, mais l’identité de quelques symptômes n’entraîne pas l’idée de communauté d’origine.
Ceux qui ont voulu le comprendre dans le groupe des maladies algides, perdent de vue que l’élévation de la chaleur centrale chez le cholérique ne permet pas cette supposition.
L’hypothèse qui consiste à regarder le choléra comme une maladie parasitaire, a été tour à tour soutenue avec conviction, et rejetée avec non moins d’énergie.
L. Desnos, qui écrivait son article « choléra » du Dictionnaire de médecine de, Jaccoud, en 1867, ne craint pas de dire « qu’elle ne mérite pas les hon¬
neurs d’une discussion. » Pour lui, l’existe vibrion dans les selles cholériques, ne pro?*^ en faveur de la nature parasitaire de la croit à l’existence d’un ferment morbide snéîfi sans chercher à connaître le rôle que peut ■ dans la composition même des ferments l’exi^f'^®*'’ des êtres microscopiques, microzoaires on mphytes. fflicro-
Les récentes découvertes de Pasteur et de K imposent cependant la nécessité d’examiner de près la doctrine parasitaire du choléra, en la s ■ vaut à travers ses étapes successives^ de Lee^' wenhœck à nos jours,
Le savant micrographe avait, l’un des premiers signalé la grande fréquence des vibrions dans £ matières de la diarrhée, et Ponchet les y avait re* trouvés en 1849. Pacini, de Florence, décrivait en 1834 xm ferment vivant constitué par un schizomvcète bacillaire qui se fixe dans les tissus de l’intestin, s’y multiplie à l’infini, et sort en très grande quantité avec les excrétions intestinales.
A titre de document historique, nous transcrivons les paroles mêmes de l’auteur : « En examinant minutieusement les diverses parties du tube gastro-intestinal des cholériques morts dans la période algide, j’ai acquis la conviction que cette lésion épithéliale est produite par un organisme très simple, d’une extrême ténuité que j’appellerai microbe] pour me servir d’un terme générique moderne, et plus spécialement microbe cholérigène. »
Deux ans plus tard. Cadet, de Rome, se fondant sur des expériences et des observations microscopiques nombreuses, affirmait que la cause du choléra résidait . dans la présence, au milieu des déjections alvines du malade,- d’une production parasitaire, champignon {fungo) spécial.
Ernst Rallier, de Rerlin, et J. Élob de Leipsick, ne paraissent pas avoir connu les travaux des deux savants italiens lorsqu’ils ont décrit en 1867, le premier, un champignon urocystis; le second, une quantité de spores ' de champignons, dont le développement lui semble être intimement lié au processus cholérique.
C’est à cette époque que plusieurs expérimentateurs (entre autres : Lindsay et Acland en Angleterre ; Guyon à Varsovie!; Magendie, Legros, et Espagne, en France ; Guttmann, Snellen et Miller en Allemagne ; Namias en Italie), ont eu l’idée de rechercher si l’inoculation des liquides provenant des malades atteints du choléra, avaient la propriété de provoquer des organismes semblables, et d’engendrer, de toutes pièces, une affection cholérique; malheureusement les résultats furent négatifs sur toute la ligne. ^
Les dernières recherches de Pasteur devaient donner une actualité remarquable à la théorie nu' crobienne. En se rendant à Alexandrie, au foyer de l’épidémie cholérique de 1883, la mission française composée de trois de ses plus chers élèves (Strauss, Thuillier, Nocart), espérait découvrir le microbe du choléra, mais leurs patients et périlleux travaux n’ont abouti à aucune constatation précise.
Koch, et la mission allemande, ont été plus he>r' reux; à Alexandrie, comme aux Indes, et en juifie 1884, à Toulon et Marseille, ils ont constaté dan?
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t - selles riziformes du choléra, au milieu d’un ombre considérable de proto-organismes, un origine caractéristique que Koch a dénommé le ^ille en virgule, assez fugace et qui exige pour oji développement un milieu alcalin. Dans certains Jgjs, le baciUe, en forme de virgule, se trouve presse’ à l’état de pureté dans la matière muqueuse rroi tapisse 1 intestin.
^ pans une conférence faite en juillet 1884 à l’Office ganitaire allemand, Koch n’a pas craint d’affirmer désormais toutes les mesures de prévention de police sanitaire, devaient s’appuyer sur la pase scientifique solide constituée par la découverte du bacille cholérigène.
Toutefois, en Allemagne, comme en France et en Angleterre, tout le monde savant n’a pas accepté sans réserve cette affirmation. On s’est demandé si Ton était en droit de conclure, que le microbe en virgule, était réellement Vorganisme du choléra, tant qu’au moyen d’une culture pure de ces organismes, on ne sera pas parvenu à donner le choléra à des animaux.
Rappelons en dernier lieu, que Strauss et Roux ont déclaré à l’Académie, le 5 août 1884 :
1° Que les selles riziformes renferment le plus souvent, un grand nombre d’organismes microscopiques divers, mais que le bacille en virgule n’y apparaît qu’exceptionnellement.
2“ Que Maddon, à Londres, et Malassez, à Paris, ont rencontré et décrit des bacilles en virgule ; le premier, dans un réservoir d’eau, le second, dans des selles de dysenterie et dans du mucus vaginal leucorrhéique.
Conclusion : adhuc sub Judice lis est !
Quelle est la cause originelle du choléra? — En abordant cette étude, l’une des plus complexes et des plus controversées, nous prendrons pour guide le Traité magistral des épidémies de L. Colin, quand il recherche l’origine du choléra aux Indes (A); et son origine hors de l’Inde (B).
A. On ne connaît pas la cause originelle du choléra morbus; rien ne prouve sa nature parasitaire, ni sa genèse purement climatique. Elle n’est pas plus palustre que celle de la peste et de J a fièvre jaune, bien non plus n’établit qu’en son foyer d’endémicité le choléra naisse, de toutes pièces, par miasme originel ou par la simple reviviscence des germes Ê^és par les épidémies antérieures.
p- Que les épidémies indiennes de notre époque oient primitives ou secondaires, c’est toujours là ^est le danger initial, non seulement pourlelittoasiatique, mais pour le reste du monde, été f ‘lo l’origine européenne du choléra a
„ ^°i'®'ilée, peut-être, sans tenir suffisamment
tg^ P*® des allures habituelles de l’affection, node la fréquence de périodes de stationnet, souvent très prolongées, sur divers points du sité^d^T des épidémies.. La thèse de Fauvel (néces- Tin,,®, Pi’^^'oii^iice asiatique) est demeurée pour ""ous absolument vraie. « (L. Colin.)
^0, question de plus près, énumérons les Déité auteurs qui soutiennent la sponta-
milio. \™oléra, en déterminant les conditions du ‘^Polérique.
est des époques où la faculté de propagation
du choléra par les relations de terre et de mer se trouve très limitée. ‘
2“ Cazalas a établi la fréqpiente innocuité des masses de fuyards qui abandonnent les lieux contami-' nés (dans l’épidémie de 1884 de Marseille et de Toulon, malgré que des milliers et milliers de personnes aient abandonné ces deux viUes, pour se porter dans tous les coins et recoins de la France, le transport des germes cholériques, ou de la madie elle-même, a été excessivement limité).
Cunningham affirme de son côté que l’influence des communications sur la propagation du choléra est nuUe. Aux Indes, les déplacements des troupes anglaises en 1872 n’ont en rien modifié la marche de l’affection. En outre, l’établissement des chemins de fer, tout en décuplant le nombre et la facilité des voyages à travers cette immense presqu’île, n’a , point accéléré l’expansion du mal.
3® En certains hôpitaux de France et de l’étranger, le contact des cholériques, avec les autres malades, dont ils n’étaient pas isolés, n’a produit aucun cas intérieur.
4® L’explosion du choléra est généralement précédée d’un changement de la constitution médicale, caractérisé par l’augmentation de fréquence des at- . fections gastro-intestinales avee la lésion anatomique de la Psorentérie cholérique.
0® Au lieu de se développer suivant le mode habituel des maladies virulentes, qui de tel quartier d’une ville s’étendent progressivement aux quartiers voisins, le choléra atteint souvent d’emblée des points fort éloignés les uns des autres.
6® D’où vient l’affinité de l’affection, pour telle viUe, tel quartier, telle rue, telle maison, affinité en vertu de laquelle les épidémies de choléra successives, commencent par ces mêmes points, et s’y limitent, malgré la persistance des communications avec les lieux voisins ?
D’après Tholozan, parti de l’Inde où les épidémies de choléra sont temporaires ou périodiques, elles naissent, se développent, et meurent sur place au bout d’un certain temps.
Pour Jules Guérin, un choléra à forme nettement asiatique, peut se développer spontanément et apparaître à l’improviste, sans qu’il y ait eu la provocation initiale d’ime contagion.
Dans l’épidémie de Toulon, en juillet 1884, malgré l’enquête la plus sérieuse, les délégués officiels des deux Ministères, Proust, Brouardel et Rochard, •n’ont pu découvrir la fissure par laquelle le fléau avait pénétré sur le Montebello,
Pettenkoffer n’accorde qu’une valeur très restreinte à l’influence virulente du choléra, et de seè évacuations alvines, reconnues presque unanimement par tous les auteurs modernes, comme Le mode essentiel de propagation. Pour le célèbre professeur de Munich, l’être ou l’objet contaminé ne sont plus qu’une circonstance de la pathogénie, circonstance devenant elle-même inerte, inoffensive, si elle ne trouve pas dans la localité où elle se produit et spécialement dans le sol, une condition indispensable à la fructification du germe, et à la généralisation épidémique consécutive.
Cette doctrine tellurique est cependant insuffl- ; santé pour expliquer tous les faits épidémiques, car
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si elle est justifiée par la nature perméable des sols de Berlin et de Munich, elle est contredite par l’immunité de certaines villes de France, comme Lyon et Versailles, par exemple.
Briquet observe que les sols granitiques et imperméables des départements de l’Ouest et de la Bretagne en particulier, ne les a pas préservés de l’invasion des fléaux. Ajoutons en dernier lieu qu’en France on a rencontré le choléra dans des lieux élevés, dans des villages situés sur de hautes collines ; qu’en Suisse, il a atteint les montagnes ; qu’aux Indes, il a franchi l’Himalaya.
Avant d’énumérer les preuves de la transmissibilité du choléra , rappelons ici la définition que Rochoux donne de la contagion :
« La contagion est la transmission, d’un individu malade à un individu sain, d’un principe morbide capable de reproduire une maladie semblable à celle dont il émane, quelle que soit d’ailleurs l’origine primitive de ce principe, le mode suivant lequel s’effectue la transmission, et l’origine première de la maladie. ))
Dans cet ordre d’idées « transmissibilité et contagion sont pour nous synonymes. » (L. Desnos.)
On comprend que ceux qui restreignent la signification du mot contagion, à la transmission par contact direct, ou à l’inoculation, soient fort à l’aise pour se déclarer anti-contagionistes.
La presque généralité des observateurs admet que déjà dans son foyer originel, le choléra sé propage' par contagion. (Si Cunningham croit aux faits spontanés, Jonh Murray affirme, de son côté, l’heureuse ] influence de toutes les mesures rectrictives ayant pour but d’entraver la contagion).
Pour L. Colin, le mécanisme de la propagation du choléra ne réside pas dans les courants atmosphériques ; il est plus terre à terre, et étroitement lié aux communications humaines.
Il y a toujours un rapport exact entre la rapidité du fléau hors de son foyer indien, et la vitesse des communications. La seule circonstance où les caravanes de pèlerins infectés soient assainies, c’est la traversée des déserts africains.
Parmi les modes nombreux de transmissibilité de la maladie, les agents de contage les plus importants, les plus spécifiques, semblent être les sécrétions gastro-intestinales. Un grand nombre de faits établissent que la matière des évacuations cholériques renferme et laisse échapper le principe contagieux.
Pellarin et Snow ont les premiers démontré les dangers, la virulence et la ténacité de ces sécrétions.
Acland, d’Oxford, professait dès 1854 : 1» que les déjections cholériques sont les agents de propagation de la maladie ; 2“ que l’air occupe un premier rang dans le transport de ces germes, sans être nécessairement le seul véhicule du contage.
Thirsch a reconnu que c'est du 3' au 5® jour que se développe dans les déjections cholériques, un agent susceptible de déterminer des lésions intestinales et rénales, semblables à celles que l’on rencontre dans le choléra.
En résumé, la propagation du choléra ne peut être expliquée par la seiile influence épidémique, qui reste toujours un facteur important de trans¬
missibilité. Toute importation de la maladie a une localité suppose nécessairement l’arrivée d’ provenance d’un lieu infecté. (Cette provena?® complexe comprend : l' l’homme et tout ce qui vient directement de lui ; 2° les hardes, les effer^' les marchandises à son usage.) ®
Dans notre opinion personnelle, le choléra reutr sous la loi commune qui régit les maladies conta^ gieuses, en ce sens qu’il n’est pas fatalement trans'missible. Quiconque vit dans un foyer épidémimià peut être frappé de la maladie, en dehors de tout contact direct ou indirect avec des malades atteints Passons actuellement en revue, d’une manière sommaire, la série des causes adjuvantes qui ont une influence réelle sur le développement et la propagation de la maladie.
Quelles sont les causes prédisposantes du choléra? — Les maladies endémiques ou épidémiques existantes dans les localités envahies par le fléau; la diarrhée, quelle que soit sa nature ou sa gravité; les fièvres paludéennes, la suette, les affections syphilitiques généralisées.
Les influences cosmiques et atmosphériques, chaleur extrême, humidité, et plus spécialement la stagnation de l’atmosphère et son état électrique; les orages.
(L’influence que la présence ou l’absence de l’ozone (oxygène électrisé) exercent sur la marche des épidémies, a donné lieu à de nombreuses recherches, sans que l’on soit arrivé à une conclusion précise.)
Les influences ou prédispositions individuelles (sexe, âge, profession) se résument toutes dans ces mots : débilitation organique ; détérioration de la ^anté.
Les conditions hygiéniques défectueuses (régime alimentaire mauvais, eaux potables impures, influences morales) agissent puissamment comme causes prédisposantes.
Les écarts de régime, l’abus des boissons alcooliques, les refroidissements, les fatigues de toute nature, les veilles, la peur, agissent de même comme causes occasionnelles.
Au point de vue de l’hygiène publique, tout ce qui, dans la rue comme dans la maison, peut conduire à la malpropreté, à l’encombrement, au méphitisme et à la misère agit, d’une manière désastreuse, sur l’individu et sur l’agglomération humaine.
Comme annexe à ce paragraphe, nous n’hésitons pas à transcrire deux des conclusions du disco^s prononcé en août 1884 par Jules Guérin à l’Academie de médecine, à l’effet de démontrer l’isolement et la simultanéité des premiers cas de choiera observés à Toulon comme à Marseille.
« La signification de ces faits, analogues à ceux observés au cours des épidémies antérieures en Europe comme aux Indes, peut donc s’exprimer ainsi : , ,
« Ce sont des effets simultanés d’une cause generale, étendue, disséminée, autre que l’importation, celle-ci, toujours circonscrite, locale, limitée à se® début, est incapable de s’adapter d’emblée aux e® ^ multiples et disséminés qu’on lui (attribue, c’est-a- . dire d’agir là où elle ne peut encore exister. »
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ips Guérin repousse la distinction de la Com-
•<ÏÏon ofBcieUe de Toulon entre le prétendu chof^nostras et le choléra asiatique, « cliniquement -fne font qu’üN. Us ne diffèrent que par leur deleur forme, lesquels varient avec la différence f!’ lieux et des sujets sur lesquels on les observe, f^t au caractère envahissant de la maladie, il est des circonstances contingentes, secondaires, ^ manquent à certaines époques, à certains de- ^ de la génèse du choléra de nos contrées. »
° Cette manière d’envisager l’étiologie et la nature Je la maladie, conduit l’auteur à établir les bases d’une prophylaxie plus logique, d’une préventibilité plus vraie.
Quel est le traitement du choiera. — La terreur causée par le choléra, écrit L. Laveran, jette les esprits hors de toute mesure, et suscite les espérances les plus vaines, les tentatives les plus futiles. Au vieil adage ad extremos morhos, extrema remedia, qui a pu être détourné de sa signification pour justifier des expériences hasardées et dangereuses, nous préférons affirmer un autre principe plus sûr pour la moralité de l’art et le salut du malade. Primum non nocere.
C’est dans cet esprit que nous envisagerons le traitement de la maladie dans ses deux grandes divisions : I. Traitement curatif, et II. Prophylaxie.
I. Le TRAITEMENT CURATIF s’applique à la période des prodromes (A) ; à celle d’état d’algidité ou de cyanose (B); à la troisième dite de réaction (C). Mais avant de pénétrer au cœur de la question, nous rappellerons quelques-unes des généralités thérapeutiques qui la dominent.
Médication^ narcotique. — (Opium, belladone, aconit). C’est à la fois la plus ancienne et la plus approuvée, surtout en ce qui concerne l’opium.
Stimulants. — Les phénomènes prédominants d’affaissement général, de collapsus, et de refroidissement, devaient suggérer l’emploi des moyens de calorification, des excitants diffusibles internes et des excitations externes,(bains de vapeur, air chaud, sinapismes, astications, essence de térébenthine, acétate d’ammoniaque, éther, infusions chaudes chéiformes).
Mydrothérapie. — Ce moyen rationnel de provoquer chez un malade algide une réaction salutaire pw des applications froides, a été utilisé avec des chances de succès très contestés. Pratiquement, il présente beaucoup de difficultés et exige une sur-
buf^^ de tous les instants, pour ne pas dépasser
^^^^^ication tempérante. — Pendant que la chala périphérie du corps, le malade est che^*^ ^'“^tinctivement à réclamer les boissons fraîtôti l’opérantes ; mais celles-ci deviennent bien-
ten (L’eau de seltz frappée, con-
tup^^* ^ ^ cuillerées de vin de Bordeaux, consti-
une boisson agréable et salutaire.) plus”*^^°”^- — L’expérimentation la
de 1 ^®’}érafisée a montré les dangers de l’emploi entrav^^^^^ rétablir la circulation générale recou^^ sa marche. C’est à peine si l’on peut fines P émissions sanguines locales, dans quelpériode de réaction.
ation évacuante. — Les dangers des éva¬
cuants (tartre stibie et calomel) comme médication générale, ont été mis en lumière par la pratique de Briquet, Chauffard, Gubler et tant d’autres.
Médication absorbante. — Pour combattre les accidents phlegmorrhagiques des périodes de début, Guéneau de Mussy et Biett conseillent la poudre de charbon; Trousseau, le silicate de magnésie; Gubler, l’oxyde de zinc. Monneret donne la préférence au sous-nitrate de bismuth, à la fois le plus usuel et le plus efficace. Vulpian propose l’emploi du sahcylate dé bismuth.
Médication spécifique. — La médication astringente (azotate d’argent, acide sulfurique, perchlorure de fer, alun, tannin, ratanhia) n’a jamais obtenu que des succès apparents.
Médication saline. — Dès 1830, guidés par l’empirisme, les paysans russes faisaient boire aux cholériques une solution de sel commun. En 1866, Moissenet, sans exclure aucun médicament indiqué, a tracé les règles de l’application de cette méthode, à laquelle il attribue le pouvoir de rétablir l’oxygénation du sang, en lui restituant du chlorure de sodium et de l’eau.
Strychnine. — Hufeland ayant préconisé la strychnine dans le vomissement nerveux et la diarrhée atonique, Jenkins en 1832, et Abeille en 1854, ont voulu la considérer comme un spécifique du choléra, mais G. Sée a réduit à une juste mesure l’appréciation exagérée de ses partisans.
Arsenic. — Cahen, en 1866, avait cru trouver dans l’arsenic (acide arsénieux) un moyen capable d’accroître la puissance de résistance des malades, mais ses collègues des hôpitaux n’ont pas. confirmé ses espérances.
Sulfate de quinine. — Les médecins qui ont admis une certaine analogie entre le choléra et les fièvres pernicieuses, ont essayé avec des résultats divers le sulfate de quinine, mais il lui est difficile d’avoir l’action immédiate que réclament des accidents en puissance.
Le cuivre. — Burq a défendu avec une persévérance à toute épreuve : 1“ que le cuivre assurait une immunité contre le choléra aux ouvriers qui travaillent ce métal sous ses diverses formes ; 2® que le cuivre administré à l’intérieur, ou appliqué en plaques sur l’épigastre, constituait le plus énergique des spécifiques.
L’enquête personnelle que nous avons faite, sur une grande échelle, nous permet de contester ces deux affirmations. Le choléra ne respecte pas les ouvriers bronzeurs, zingueurs et autres; et malgré l’usage des pilules de cuivre de Burq, l’infortuné Thuillier, de la mission Pasteur, a succombé à Alexandrie au choléra d’Égypte.
Médications fondées sur des considérations physiologiques. — Dans l’administration des médicaments internes, quelle que soit leur nature et quel que soit leur mode d’action, le fait prédominant par excellence, c’est l’anéantissement partiel ou total, de la faculté d'absorption. Hermann, Jœnichen et Marcus constatèrent les premiers, en 1831, que les médicaments cessent d’être absorbés dans la période algide. Bourdon et Germain Sée ont confirmé expérimentalement cette affirmation, et dernièrement Vulpian n’a pas craint de rejeter en masse les
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innombrables spécifiques imaginés contre le choléra,
« parce que, dès qu’il est confirmé, la faculté d’absorption des médicaments est nulle ou presque nulle ».
Pour ranimer l’activité organique par une autre voie physiologique, des tentatives nombreuses ont été essayées avec : la transfusion du sang, les injections veineuses, les injections hypodermiques, les inhalations d’oxygène, de protoxyde d’azote, de chloroforme, d’iode; l’électricité.
La transfusion du sang, pratiquée par Dieffenbach n’a produit aucun effet favorable.
Les injections veineuses, de l’eau simple à la température du sang, de l’eau légèrement salée, ou • chargée de médicaments actifs (alcool camphré, morphine, strychnine, sulfate de quinine) n’ont jamais donné que des améliorations temporaires dans les mains des physiologistes et des cliniciens les . plus autorisés (Marcus, Sandras, Magendie, Anderson, Little, Bennet, Pacini, Briquet, Goupil, Hérard, Lorain). Si parfois ces injections médicamenteuses ont tout d’abord relevé le pouls, et amené une respiration plus ample, elles n’ont pas tardé à rendre moins prompte et moins franche la période de réaction.
Les injections hypodermiques, soit avec le bisulfate de quinine (Gubler), soit avec l’atropine (Dupré), soit avec le curare (Isambert), n’ont produit que des résultats incertains et très coûtestés.
Dans l’épidémie cholérique d’Egypte, de 1883, quelques praticiens (de Vlaccos, de Castro, Iconomopoulos) ont attribué une certaine importance thérapeutique aux injections hypodermiques d’éther, mais sans se croire en droit de les préconiser franchement.
Les inhalations de divers gaz (oxygène, protoxyde d’azote, chloroforme), essayés pour combattre les accidents asphyxiques, avaient donné jusqu’ici des résultats peu encourageants; toutefois à Toulon et à Marseille, le traitement par les inhalations d’oxygène appliqué au moyen d’appareils plus perfectionnés, a semblé modifier quelques-uns des symptômes de la période de début de la maladie.
V électricité, préconisée tour à tour à l’état statique et à l’état dynamique, n’a pas répondu aux vues théoriques qui semblaient devoir en justifier l’emploi.
Traitement rationnel. — « Dans cette situation, le médecin, dirons-nous, avec Laveran, en est réduit à la médecine des indications particulières aux états successifs qui composent une attaque de chojéra. Il doit surveiller leur évolution nécessaire en s’inspirant à la fois des instincts du malade et des connaissances physiologiques et thérapeutiques, afin d’accroître les chances de salut qui restent aux malades ». . . » ’
Si le traitement du choléra doit être subordonné aux exigences diverses qui résultent des troubles fonctionnels et des lésions organiques qui traduisent l’empoisonnement cholérique, ses principales indications d’après ce que nous savons de sa symptômatologie, devront être les suivantes :
Réchauffer le malade ;
Arrêter les évacuations et les vomissements ; Rétablir l’hématose :
Calmer les phénomènes nerveux;
Rendre au sang les matériaux qu’il a perdi Réveiller le système nerveux ;
Combattre les phénomènes de la réaction Formulons actuellement le résumé thérapeuH qui découle des dites indications : ^
A. Période des prodromes. — Repos au lit cat plasmes et flanelles chaudes sur l’abdomen lions, diète, boissons émollientes et légèrement tringentes, opium sous sa forme la plus commet' le laudanum de Sydenham ; sous-nitrate de bismuthipécacuanha en poudre, au début, quand la consti’ tution médicale régnante est franchement diarrhéique.
B. Période algide ou cyanique. — Frictions seches ou aromatiques à l’essence de térébenthine ou à l’éther, serviettes ou briques chaudes, enveloppement dans des couvertures de laine, vapeur sèche ou humide, et air chauffé par lampe à alcool, fers à repasser, sinapismes, massage, urtication, infusions chaudes théiformes, stimulants diffusibles (acétate d’ammoniaque, esprit de Mindererus). Au début, potion antispasmodique (éther sulfurique,
1 gramme, teinture d’opium, 6 décigrammes, eau de menthe, 60 grammes, sirop simple, 30 grammes.
G. Période de réaction. — Si elle est franche, la surveiller et la favoriser ; si elle est compliquée, combattre les symptômes dominants d’inflammation, d’adynamie ou d’ataxie, par les médicaments que l’arsenal thérapeutique renferme pour chacune de ces manifestations.
Hygiène prophylactiûde. — La prophylaxie comprend la prophylaxie individuelle (A), les mesures d’hygiène publique (B), les mesures de police sanitaire (G).
A. La prophylaxie individuelle peut se résumer dans ces quatre préceptes ; ne pas s’éloigner des règles générales de l’hygiène, conserver son genre de vie et ses habitudes, ne pas avoir peur, éviter les prétendus spécifiques.
B. Vhygiène publique réclame, en dehors des mesures générales de salubrité, l’isolement, autant que possible, des cholériques dans des hôpitaux temporaires ou des baraquements aérés et parfaitement ventilés ; la propreté excessive de l’habitation, avec surveillance et désinfection des water-closets, conduites d’eaux ménagères, drainage et canalisation à l’égout ; une bonne distribution d’eaux pota blés; la désinfection des déjections alvines; prompt enlèvement des ordures ménagères et a résidus de la maison ; les fumigations de soutre de chlore après le décès des malades ;
des cadavres dans les moindres délais .enfin, l’organisation d’un service médical, préventives de maison à maison (house to ho ; avec faculté pour l’homme de l’art de donner, av le conseil, les premiers médicaments G. La police sanitaire se résume, à son tour, l’ensemble des moyens destinés, d’un côté, à cher le choléra de pénétrer dans un pays où n règne pas endémiquement ; de l’autre, à empec» sa propagation quand il existe dans une localité- Disons de suite que le moyen de prophyl^^®,^ plus rationnel, serait de circonscrire le cho . dans les foyers qui lui donnent naissance.
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crrandes invasions cholériques, écrit Bonna- ‘‘t ont puisé leur élément initial dans l’Inde, et ^2 sur ce point (les bouches du Gange) qu’U faut ^ U mier au moyen d’une série de mesures intellide prophylaxie, de grands travaux publics ^dessèchement, de canalisation, et d’assainisse-
cherchant à étabhr les lois auxquelles sont ^ses les épidémies cholériques, Fauvel a re- ^nnu « que plus une épidémie de choléra a une ‘^jjsion rapide et sévit avec violence, plus sa du- ^est courte et son expansion rapide. »
fl suit de là que, de même qu’il appartient àl’hy- <riène privée de conseiller l’éloignement du foyer épidémique, de même il appartient à l’hygiène pubflffue et à la police sanitaire, de provoquer les émigrations collectives, de disséminer les troupes, en faisant camper en plein air, le plus loin possible des agglomérations infectées.
(c Si rémigration collective favorise l’apaisement des épidémies locales, en enlevant un aliment au fléau, les agglomérations infectées doivent être particulièrement surveillées comme étant les agents les plus dangereux de la propagation épidémique. » (Laveran.)
Les prescriptions hygiéniques les mieux indiquées par les travaux des conférences sanitaires de Paris, de Constantinople et de Vienne, visent :
1“ L’extinction de la cause du choléra dans son foyer;
2° La barrière à opposer à son débordement en dehors de l’Inde;
3“ Là limitation des foyers secondaires pendant les pèlerinages de la Mecque.
Pour l’importation par voie maritime, les mesures préventives à prendre comprennent : la création d’un établissement sanitaire à l’entrée de la mer Rouge, avec lazarets spacieux, médecins sanitaires chargés de leur direction. Commission internationale pouvant imposer ses décisions souveraines.
Les avantages pratiques de cet ensemble se résument dans l’observation plus ou moins rigoureuse des quarantaines.
Pour l’importation par voie de terre, il faut proclamer bien haut. que les cordons sanitaires sont plus dangereux qu’utiles.
Donnons, en terminant ce paragraphe, la parole à Laveran :
« Les lazarets, les cordons sanitaires, n’opposeront aux irruptions du choléra qu’un obstacle qui sera facilement tourné. Ce n’est pas par gros bataillons que l’ennemi attaquera vos lignes stratégiques, il se glissera entre vos sentinelles, et lorsque tout ce beau plan de défense sera déjoué par l’imprévu de ■attaque, vous conviendrez que vous vous êtes ^tûpés sur le temps où. nous vivons; que les seuls ?. '’^cles à opposer aux épidémies, c’est la civilisalon comprise à la fois dans les progrès de l’hygiène ^hque, la solidarité des peuples, et l’énergie mo-
au^'^ international d’hygiène tenu à La Haye
fon?”^^i après une discussion appro-
l’a r’ a émis le vœu de persévérer dans
Pphcation des quarantaines de mer, en ayant soin y (apporter toutes les améliorations désirables.
Instruction du comité consultatif d’hygiène publique de France relative aux précautions à prendre contre le choléra — De 1817 à ce jour, à la première annonce d une épidémie cholérique, tous les Gouvernements d Europe s’empressaient de prendre des mesures sanitaires pour conjurer la marche du fléau. Parmi ces mesures ont toujours figuré, en première ligne, des instructions ^pulaires rédigées par des hygiénistes compétents, dans le but d’énumérer, avec soin, les précautions à prendre contre le choléra. Comme dans leur ensemble ces instructions se ressemblent beaucoup, nous transcrirons ici la plus récente, celle du Comité consultatif d’hygiène publique de France, en retranchant quelques assertions très contestables, et en la complétant, sous forme de parenthèses, par quelques détails que nous trouvons dans les documents analogues publiés en Angleterre, en Allemagne, en Norwège et Suède, et aux États-Unis.
Cette instruction se divise naturellement en deux parties ; I. L’hygiène individuelle ; IL L’hygiène publique.
I. Hygiène individuelle. — En temps de choléra, les règles hygiéniques recommandées habituellement doivent être rigoureusement observées.
1“ Précautions a prendre a l’état de santé.
Même dans les grandes épidémies, les personnes atteintes ne sont qu’une très rare exception, et la maladie guérit souvent. Ceux qui ont peur résistent moins que les autres ; il faut donc s’efforcer de conserver le calme de l’esprit.
Les fatigues. — On évitera les fatigues exagérées, les excès de travail et de plaisir, les veilles prolongées, les bains froids et de longue durée, en un mot toutes les causes d’épuisement.
Les refroidissements. — Le refroidissement du corps, surtout pendant le sommeil, par les fenêtres ouvertes, les vêtements trop légers le soir, après une journée très chaude, l’ingestion de grandes quantités d’eau froide, sont particulièrement dangereux en temps de choléra.
Des eaux. — L’usage d’une eau de mauvaise qualité est’ une des causes les plus communes du choléra. L’eau des puits, des rivières, des petits cours d’eau, est souvent souillée par des infiltrations du sol, des latrines, des égouts, par les résidus des fabriques. Quand on n’est pas sûr de la bonne qualité de l’eau servant aux boissons ou à la cuisine, il est prudent d’en faire bouillir chaque jour plusieurs litres pour la consommation du lendemain, l’ébuUition donnant une sécurité complète. On peut encore faire infuser dans l’eau bouillante une petite quantité de thé, de houblon, de centaurée, de plantes amères ou aromatiques, et boire ces infusions mélangées au vin.
Les eaux minérales naturelles dites « eaux de table » (type Saint-Galmier) , et les eaux artificielles (dites de Seltz) rendent dans ces cas de grands ser-
Bes fruits. — Il h’y a aucun inconvénient à faire usage des fruits bien mûrs et de boime qualité; on doit toujours les peler, et mieux encore les manger cuits.
Des légumes. — Autant que possible, il faut les faire cuire.
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Les écarts de régime. — On doit éviter tout écart (Je régime, toute indigestion, tout abus de liqueurs alcooliques et d’eau-de-vie.
Boissons glacées. — Les glaces et les. boissons glacées prises rapidement en pleine digestion, ou le corps étant en sueur, peuvent déterminer en tout temps des indispositions ayant quelque ressemblance avec le choléra ; il faut donc en faire un usage très réservé en temps d’épidémie.
(On pourrait résumer ce premier paragraphe en disant : ayez une vie régulière, modérée ; restez calme, n’abusez de rien, et ne changez rien à vos habitudes journalières.)
2" Précautions a prendre en cas de maladie.
Le moindre trouble digestif peut être le prélude d’une attaque de choléra; il ne faut jamais le négliger, et il est nécessaire d’appeler immédiatement le médecin; une attaque peut être prévenue ou arrêtée par un traitement rapide. (Pourquoi ne pas prononcer le mot de diarrhée prémonitoire, le symptôme qui prime tout, et qui seul est la base d’une préventibilité efficace?)
Les gardes des infirmiers ou de toute autre personne attachée au service des cholériques, ne dépasseront pas douze heures. Ils auront double ration de vin et pendant la nuit du café.
Transmission. — C’est le plus souvent par les matières des vomissements et les selles que le choléra se propage; ces matières ne sont pas beaucoup moins dangereuses dans les attaques les plus légères que dans les cas les plus graves. Il faut donc les désinfecter et les faire disparaître, le plus tôt possible, de la chambre des malades.
Désinfection. — Les désinfectants recommandés sont-, en première ligne, le sulfate de cuivre et, à son défaut, le chlorure de chaux et le chlorure de zinc. L’acide phénique et le sulfate de fer sont insuffisants,
(Cette dernière assertion est contredite par l’expérience ; l’acide phénique, le phénol Bobæuf, le vinaigre de Pennes, l’acide salicylique, le salicol Busaule et le sulfate de fer, à la portée de tous et connus de tous, ont constamment rendu de grands services. Lucas Championnère démontre, preuves en main, combien est peu logique la préférence que l’on veut donner comme antiseptiques et désinfectants aux sels de cuivre, qui ont encore leurs preuves à faire.)
Yases. — Il faut déposer par avance, au fond du vase destiné, à recevoir les déjections, une petite quantité des solutions désinfectantes indiquées plus haut.
Linges. — Les linges de corps ou de literie souillés par les déjections, doivent être plongés, avant de sortir de la chambre, dans un baquet contenant de l’eau bouillante additionnée de liqueur bleue, de chlorure de chaux ou d’acide phénique.
Yëtemenis. — Ils seront soumis au même traitement que les linges s’ils sont susceptibles d’être lavés. Les tissus en laine seront désinfectés par la chaleur, ou par le soufre.
Planchers. — Les taches ou les souillures sur les planchers, les tapis, devront être immédiatement lavées à l’aide d’un chiffon, soit avec la solution bleue de couperose, soit avec un lait de chlorure de
chaux (1 cuillerée pour 1 litre d’eau) soit rons-nous, avec de l’eau très bouillante ou phéniquée. Le chiffon sera ensuite brûlé Literies. — Les désinfecter par les mêmn cédés : garnir les lits de feuilles de nani dronné ; envoyer les matelas aux étuves Duhv^“®' de désinfection (par chaleur humide de 120"'i exposer à des fumigations sulfureuses (comh°'^-^® rammes de soufre par 1 mètr?^?
de 20 à 30 grammes (
du local).
cube
Cabinets. — Deux fois par jour verser dans u
ïPttp 9. IUt-ûc Aa Umnonr. a ....
vette 2 litres de liqueur bleue, ou 2 tasses de chr rure de chaux (ou une solution de ^
Tuyaux d’évier. — Verser chaque soir une tassp à café de liqueur bleue, ou de chlorure de zinc U quide (ou de sulfate de fer) dans les tuyaux d’évier' les plombs, les conduites des eaux ménagères. ’ Ordures ménagères. — Les garder dans une caisse bien fermée à couvercle. Répandre à leur surface un demi -verre de solution de couperose bleue, ou deux cuillerées de chlorure de chaux en poudre.
(Ce second paragraphe peut à son tour se résumer dans ces quelques préceptes plus précis : attacher une grande importance à l’apparition de la diarrhée prodromique ou prémonitoire, qui peut être coupée à son début par une médication simple et rationnelle ; multiplier les soins d’une extrême propreté; se servir des substances désinfectantes que l’on a plus facilement sous la main, comme le chlorure de chaux, le soufre et le sulfate de fer; ne pas oublier que l’eau bouillante a une action certaine sur la destruction des germes; quand on n’a pas à sa disposition des appareils et étuves à désinfection, avoir recours à l’exposition au soleil, à l’aérage et au sérénage des objets de literie, étoffes et rideaux de la chambre du malade.) ■
IL Hygiène publique. — En ce qui concerne l’hygiène publique, les prescriptions indiquent le danger des agglomérations d’hommes sur un même point, de l’accumulation des fumiers ou résidus industriels en décomposition ; elles signalent la nécessité d’opérer les vidanges avec un redoublement de précautions, afin d’éviter les émanations.
La déclaration immédiate des cas de choléra survenus dans une maison doit être obligatoire. (Il surprenant de voir figurer dans un document officiel une obligation qui n’existe pas dans notre législation, et contre laquelle protesterait avec raison tout le corps médical français.)^
Une réglementation rigoureu'se devra être appliquée aux hôtels ou logements garnis dont les ch^bres occupées par un cholérique ne pourront etr^ livrées à un autre occupant qu’après une désintection complète.
L’administration municipale aura à surveiller 1 ^ maisons ou établissements quelconques, dans lesquels un ou plusieurs cas de choléra se seront produits.
(Cette formule est trop vague d’une part, trop a toritaire de l’autre. Elle a été, du reste, repouss par l’Académie de médecine. Il est bon de reg ^ menter beaucoup, en temps d’épidémie, mais faut aussi respecter le droit des citoyens.)
Les postes de police tiendront gratuitement
désinfectants à la disposition des personnes du
^J^paris, la Préfecture de Police a organisé un omce de désinfecteurs chargés d’appliquer les
“SSsconseiUéesàceteffet.)
pes ambulances seront préparées soit dans les dôpitanx» soit dans des baraquements spécialement
consacrés à cet effet.
^’on est justement très étonné de ne pas trouver ces instructions relatives à l’bygiène publique, on seul mot des visites médicales préventives, les seules qui aient donné des résultats nombreux, cer-
joins et elùcaces.j
En raison de l’importance que nous attachons à ce service, nous allons rappeler, en peu de mots, les conclusions des discours prononcés, en août 1884 à l’Académie de médecine, par MM. J. Guérin et E. Besnier.
M. Jules Guérin : « La meilleure de toutes les prophylaxies est certainement de s’inquiéter des diarrhées prémonitoires qui constituent le premier degré du choléra, pouvant, tour à tour, devenir des choléras nostras d’abord, des choléras asiatiques ensuite.
.« Si l’on soignait plus sérieusement les malades atteints de ces diarrhées, nul doute que l’on augmentât de la sorte les chances de guérison certaine.
« Or, ces résultats peuvent être obtenus par l’organisation de médecins visiteurs, chargés d’aller de maison en maison, s’enquérir de l’existence de la diarrhée prémonitoire, et de porter immédiatement remède aux malades. )>
M. E. Besnier : « En temps d’épidémie, toute diarrhée doit être traitée dès son début, et ce traitement est la meilleure précaution à prendre contre les éventualités d’une épidémie cholérique.
« La meilleure manière d’être utile aux populations, c’est d’organiser un système de visites médicales à domicile, analogue à celui que les Anglais ont inauguré à Londres en 1849 'Visites médicales préventives. — Nous ne saunons mieux terminer cette étude, que nous nous sommes efforcés de rendre intéressante et pratique, P en consacrant quelques lignes à ce service auquel se rattachent les noms vénérés d’Edwin Chadwick et de Smith, membres délégués du grand Gonsed de santé d’Angleterre [General board of health).
A. Londres et à Newcastle, des médecins étaient (ustribués dans les différents quartiers de la ville ; ^ chacun d’eux était confié le soin de visiter tous es jours un certain nombre de familles d’ouvriers de pauvres ; de s’enquérir de l’état de leur santé ; ^ e leur donner de sages conseils, et de leur fournir, ^ échéant, les médicaments nécessaires.
hes médecins étaient dûment autorisés à demanaux Commissions sanitaires locales toutes les vai^'^t^ de salubrité jugées indispensables. Ils deeon -1 faire respecter religieusement les
seils et instructions du Général board of health. dans honorables praticiens venaient
dre réunion de la Commission sanitaire, rencompte de leur journée, et se concerter avec de la salubrité sur les mesures à
prendre pour le lendemain.
Dictionnaibe populaire de médecine usuelle.
Ces visites devaient produire, et ont produit en réalité, d’excellents résultats, en tenant constamment en alerte toutes les classes de la population, en secouant l’insouciance de ces déshérités de la fortune, qui semblent ne pas redouter la mort, et' font bon marché de leur indigence et de leur malpropreté.
L’organisation du service ’ des visites préventives serait d’autant plus facile à Paris, que nous avons sous la main les éléments indispensables pour son complet fonctionnement.
D’une part, les Commissions d’hygiène d’arrondissement qui connaissent les besoins de leurs quartiers respectifs ; de l’autre, les médecins des Bureaux de bienfaisance, actifs et intelligents, qui n’auraient qu’à élargir le cercle de leurs visites en fournissant aux déshérités de la fortune, avec le conseil, le moyen de se procurer immédiatement le remède nécessaire pour sauvegarder et maintenir en parfait état ce bien suprême, la santé.
D'' Prosper de Pietra Santa, Secrétaire général de la Société française d’hygiène.
CHOLÉRA INFANTILE. — Ce nom a été consacré par l’usage pour désigner une maladie grave qui, en temps ordinaire, pendant la saison estivale, et en dehors- de toute influence épidémique, sévit sur les jeunes enfants.
Trousseau a été le défenseur le plus accrédité de cette espèce nosologique moderne, mais nous dirons avec Bouchut ; « C’est bien à tort que plusieurs médecins désignent sous le nom de choléra, certaines formes d’entérite des jeunes enfants, accompagnées de prostration, d’amaigrissement et d’évacuations considérables. Ce sont des entérites graves, cholériformes, si l’on veut employer ce mot à titre de métaphore, mais ce ne sont pas de vrais exemples de choléra. »
La maladie d’été, ou choléra infantile, sévit surtout sur les enfants au moment du sevrage.
Voici la description qu’en donne Trousseau :
« L’expression du visage de l’enfant se^ modifie rapidement; les yeux s’excavent, le nez s’amincit, la peau se refroidit ; l’enfant ne cesse de pousser des cris ; les vomissements sont incoercibles et la soif inextinguible.
« Les matières vomies sont vertes, bilieuses; les seUes ne sont pas lientériques comme cela se voit dans l’entérite ordinaire, mais elles se composent de sérosité et de matière verte, ou bien elles ressemblent à une eau légèrement teintée par du jaune d’œuf. EUes n’ont jamais cette apparence purement aqueuse, cette consistance poisseuse, cette odeur fade, que présentent les garde-robes des cholériques francs.
« Le pouls est petit, et d’une extrême fréquence.
« Lorsque la maladie se continue, elle passe à un état de réaction inflammatoire, ou typhique. »
Les indications thérapeutiques peuvent se résumer ainsi : Boissons féculentes ou albumineuses, ipécacuanha à faibles doses, décoction blanche de Sydenham, viande crue, bain sinapisé.
Les Anglais et les Américains administrent volontiers le calomel à doses fractionnées.
C’est par "Weiss, de Saint-Pétersbourg, qu’a été 51?
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préconisée, pour la première fois, la viande crue, | qui a rendu, et rend tous les jours, des services signalés, au point de pouvoir être regardée comme la médication spécifique par excellence.
Ajoutons, en terminant, qu’à toutes les phases de cette affection, si fortement influencée par la constitution médicale régnante, il faut proscrire l’opium et ses diverses préparations.
Prosper de PiETRA- Santa.
CHOLÉRINE. — Nom donné par quelques auteurs à la diarrhée prémonitoire qui précède le choléra, dans l’immense majorité des cas, ainsi que l’avait constaté et proclamé le premier, notre illustre maître et ami Jules Guérin, dès 1832, et que l’ont reconnu depuis tous les observateurs sérieux en Angleterre, en Italie, en Allemagne, etc. (V. Choléra). P. L.
CHONDROMES. — Pn donne ce nom à des tumeurs formées par la production accidentelle de tissu cartilagineux. Elles se rencontrent dans les os ou dans les parties molles et sont beaucoup plus communes dans les os que partout ailleurs. On les trouve par ordre de fréquence dans les os des doigts et des métacarpiens, dans les os du bassin, de la mâchoire, etc., dans les extrémités du fémur, du tibia. Les chondromes des parties molles se ren-
Fig. 261.
Chondrome des doigts.
contrent surtout dans la parotide et le testicule, plus rarement dans les mamelles, la glande sousmaxiUaire, etc. Le chondrôme des os s’observe surtout-avant vingt ans, tandis que celui des parties mollés est plus fréquent après cet âge.
D’ailleurs ces tumeurs se développent sous une influence inconnue et elles sont le plus souvent multiples, surtout lorsqu’elles frappent les mains ou les pieds.
Les chondromes ont ime forme sphéroïdale, à surface bosselée; leur consistance souvent dure et élastique comme celle du cartilage normal peut présenter de grandes variétés, car elle est parfois
molle au point de faire croire à la fluctuation dure et pierreuse comme celle du tissu osseux ’r tumeurs sont naturellement immobiles lorsqu’ u se développent aux dépens du squelette; néesd les parties molles, elles possèdent une certaine*^^^ bilité. Elles sont indolentes, sans action sur l’o^*^'^ nisme ; cependant, si d’ordinaire la santé est exS' lente, elle peut aussi s’altérer comme dans les ^ de tumeurs malignes. La peau qui les recouvre^ souple et normale; cependant les veines sous-cute nées peuvent être dilatées.
Le chondrôme subit un accroissement continuel et progressif, mais très variable dans ses alluresson ulcération est très rare et n’a lieu que par l’excessive distension de la peau; la surface ulcérée ne laisse couler que peu de liquide, et ces liquides n’ont point la fétidité de Vzchor cancéreux; cependant, on voit souvent, dans ce cas, le malade pâlir, mai^r être pris d’une fièvre hectique, il peut même succomber.
L’extirpation est le seul traitement convenable : cette extirpation est en général plus facile lorsque le chondrôme, placé dans les parties molles, est entouré d’une coque fibreuse qui permet son énucléation ; le chondrôme du tissu osseux peut être enlevé indépendamment de l’os lorsqu’il s’est développé à sa surface ; dans le cas contraire, il faut procéder à la résection, à la désarticulation ou à l’amputation. Léon Moynac.
CHOREE. — La chorée, ou danse de Saint-Guy, est une névrose convulsive caractérisée par des contractions musculaires involontaires, essentiellement irrégulières. Axenfeld l’a définie ; un mélange des mouvements convulsifs et volontaires. Bouillaud l’appelait le délire des muscles.
La chorée affecte les enfants à l’âge de la seconde dentition; elle se montre fréquemment aussi chez les jeunes fiUes à l’âge de la puberté. Son début est lent et graduel, sa marche progressive. EUe est toujours accompagnée d’un certain affaibhssement de l’intelligence.
C’est dans un bras ou dans une jambe que commence les contractions choréiques. EUes s’étendent ensuite aux membres du côté opposé; gagnent les muscles de la face, des lèvres, des paupières et de la langue, avec une intensité plus ou moins grande.
Ces contractions sont irrégulières, involontaires, analogues à des secousses ; elles se succèdent avec une rapidité extraordinaire.
Rien de plus bizarre, de plus varié, de plus gro' tesque, et en même temps de plus pénible à voir, dit Axenfeld, que le jeu de la physionomie chez les choréiques; les téguments du front s’agitent co^ vulsivement, se plissent, se déplissent ; les sourcils relèvent, se contractent ou se dépriment ; les paupières clignent et se meuvent avec rapidité ; vres, qui sont tiraillées en tous sens, s’écartent et resserrent comme pour déguster, en frappant l u ^ contre l’autre en produisant une sorte de brun soupape, en entraînant même la rieure ; la bouche s’ouvre ou se ferme, s’agrandit s’allonge ; les commissures se relèvent ou sent successivement à droite ou à gauche ; enfiu yeux peuvent se convulser en dedans ou en deho »
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haut et en bas, osciller en place ou se conf^ffuer, de sorte qu’il en résulte l’aspect le plus ^noulier, les expressions les plus ridicules, et que à tour on voit se dessiner sur le visage la co- YgfQ l’indignation, le spasme cynique ^ en un mot, les passions les plus diverses et les plus opposées...
^ Les muscles qui sont le plus souvent et le plus •peinent attaqués, sont ceux des membres. De là, mie démarche toute spéciale, des espèces de glissades, d’enjambées, d’écarts, de sauts irréguliers, jes chutes fréquentes ; et, si le désordre des mouvements est considérable, des titubations, la projection du corps en tous sens...
Sans cesse agités, les choréiques se livrent aux contorsions les plus bizarres et usent avec rapidité leurs vêtements. Pour amener le bras à un point donné, sur la tête, par exemple, ils le relèvent brusquement et après avoir heurté le tronc et le visage, ils finissent, après un certain nombre de détours, ■ parle placer dans l’endroit indiqué, mais sans pouvoir le maintenir dans cette position. Veulent-ils porter un verre à la bouche pour boire, ils ne peuvent y parvènir qu’après mille gesticulations pareilles à celles des histrions, jusqu’à ce que le hasard leur fasse rencontrer les lèvres. Alors ils vident rapidement le verre et avalent le liquide d’un trait.
Indépendamment de ces symptômes, on observe une modification dans le timbre de la voix, de l’embarras dans la prononciation qui se fait par saccades. Cependant la névrose ne se montre pas toujours avec la même intensité ; elle est susceptible de diminuer ou de disparaître par moments; ses manifestations diverses sont suspendues pendant le sommeil.
La danse de Saint-Guy s’accompagne presque toujours, comme nous l’avons dit, d’un certain affaiblissenient des facultés intellectuelles; elle peut quelquefois aussi se compliquer de folie. Je l’ai vue plusieurs fois associée à l’hystérie ; elle devient alors très grave et l’intelligence sombre invariablement.
Les causes de la chorée sont multiples. Les principales sont l’anémie, les émotions vives, principalement la frayeur, la masturbation et surtout la vue d’une personne atteinte de chorée, une altération tuberculeuse des centres nervéux et le rhumatisme.
Sauvages, le premier, avait mentionné les rapports qui unissent la diathèse rhumatismale à la danse de Saint- Guy. Après lui, Stoll a rapporté l’observation d’un jeune homme atteint de chorée et de ^be, précédées de rhumatisme articulaire subaigu. Mais c’est aux recherches de Botrel que l’on doit la connaissance des chorées rhumastismales et leur . cequence, puisque, dans les cinq septièmes des cas, a constaté l’action du rhumatisme sur cette nécose, action contrôlée par Trousseau dans une séle d observations personnelles! Aussi, a écrit le ‘Chirurgien de l’Hôtel-Dieu, « je ne laisse plus cùapper l’occasion de rechercher la loi de coïnciles travaux de MM. Huguier et Insï • spécialement attiré mon attention,
tan^*^ j’ai pu prédire, en bien des circons-
ccs, que la danse de Saint-Guy affecterait des en¬
fants que je voyais atteints de rhumatisme. De plus, j’ai pu prédire réciproquement, que des enfants que l’on m’amenait affectés de la danse de Saint-Guy, auraient tôt ou tard du rhumatisme. Toutefois, on voit rarement de chorée précéder le rhumatisme, tandis que souvent elle lui succède. » ’
La chorée guérit ordinairement après ime durée de deux ou trois mois, en moyenne ; elle passe rarement à l’état chronique ; mais il arrive assez souvent qu’elle laisse après elle des tics, des tressaillements involontaires. Ajoutons qu’elle peut récidiver, principalement à l’époque de la puberté chez les jeunes filles et à l’occasion de la grossesse chez la femme.
Dans quelques cas, heureusement exceptionnels, la chorée peut être mortelle. L’agitation est alors poussée à l’extrême, les malades se roulent dans leur lit, ils poussent des vociférations, se heurtent violemment contre tout ce qui les entoure, s’excorient et sont en proie à une insomnie complète ; ils finissent par succomber épuisés par de tels efforts. Je me demande, avec notre collaborateur Léon Moynac, si ces cas appartiennent bien réellement à la chorée.
Le traitement de la chorée doit dépendre de la cause à laquelle il faut l’attribuer. C’est ainsi que dans la chorée rhumatismale, il faut avoir recours à la teinture de colchique, aux bains de vapeur et sulfureux, aux diurétiques, et, en général, aux agents employés contre la diathèse rhumatismale.
Dans la chorée chloro-anémique, les préparations ferrugineuses, l’hydrothérapie et les sels de strychnine, sont formellement indiqués. J’ai obtenu, par ce traitement, plusieurs succès très remarquables par la promptitude delà guérison, chez des jeunes filles atteintes de danse de Saint-Guy très intense. Je recommande spécialement l’hydrothérapie et la strychnine, leur action combinée est héroïque.
* D'^ Edmond Drpfepv.
CHORION. — Nom donné- à la plus externe des membranes propres qui enveloppent le foetus, p. l.
CHOROiûE. — Anatomie. — La choroïde est la se conde des membranes de l’œil, en procédant de dehors en dedans ; elle est intermédiaire à la sclérotique et à la rétine. 'E&s, s’étend depuis le point d’entrée du nerf optique jusqu’au sillon de réunion de la sclérotique et de la cornée. La face extérieure est en rapport avec la face interne de la sclérotique; la face intérieure est en connexion avec la rétine. L’extrémité postérieure présente un orifice destiné au passage du nerf optique; l’extrémité antérieure forme ce que l’on appelle la zone chordidienne, dont le bord antérieur se continue avec l’iris qu’il enchâsse, tout comme la sclérotique encadre la cornée. Cette zone choroïdienne se dédouble en avant, au niveau de la circonférence antérieure de la choroïde, pour former en avant le ligament ciliaire, en arrière la couronne ou le corps ciliaire.
La choroïde est composée de trois couches qui sont, en procédant de dehors en dedans : (a) la couche cellulaire, adhérant à la sclérotique par des filaments vasculaires très minces, formée de fibres de tissu cellulaire et de ceEules pigmentaires ; (6) la
couche vasculaire, constituée par une trame de fibres de tissu cellulaire; (c) la couche pigmentaire gui tapisse toute la face interne de la choroïde. Elle est formée de cellules aplaties, juxtaposées par leurs bords, de forme hexagonale, renfermant un noyau transparent autour duquel sont groupées un grand nombre de granulations. La nuance que présente le fond de l’œil dépend du nombre de granulations que contiennent les cellules. Si les granulations sont nombreuses, le pigment est brun foncé ; si elles sont rares, le pigment est de teinte claire; si elles
Coupe antéro-postérieure de l’œil.
'/e, 6. Choroïde. — i. Nerf optique. — 2. Gaine du nerf optique.
. — 3. Cornée. — 4 4. Sclérotique. — 5, 5. Canal de Fontana. — 7. Portion antérieure de la membrane de l’humeur aqueuse.— ^8. Portion postérieure de la membrane de l’humeur aqueuse. ^ — 9, 9. Corps ciliaire. — 10. Procès ciliaire. — 11. Iris. — 12. Pupille. — 13, 13. Rétine. — 14, 14. Membrane hyaloïde. — 15, 15. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde.— 16, 16. Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline. — 18. Canal de Petit. — l9. Cristallin. — 20. Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22. Chambre antérieure. — 23. Chambre postérietihe.- '
font complètement défaut, comme chez les albinos, la couche pigmentaire est transparente, et permet de voir à travers les vaisseaux de la choroïde, ce ' qui donne au fond de l’œil et à la pupille une teinte rougeâtre. Cette couche pigmentaire, qui fait dans l’œil hümain l’office de l’enduit noir qui tapisse l’intérieur des instruments d’optique, sert à absorber les rayons lumineux qui ont traversé la rétine.
Anomalies. — On a constaté très rarement l’absence totale de la choroïde. Il n’en est pas de même de la division congénitale de la choroïde, appelée colcboma. Ce dernieT cas n’est qu’un arrêt de développement de la membrane; le corps ciliaire est alors aussi parfois divisé en deux parties.
C’est particulièrement dans la disposition, du pigment choroïdien qu’on trouve de^ grandes différences dues à une conformation primitive. Sous ce rapport, il existe des variétés bien accentuées entre les sujets bruns et les sujets blonds. ^
V albinisme est un état caractérisé par l’absence
congénitale, totale ou partielle, de la matièr rante du pigment de la choroïde. Chez les al?^' la choroïde n’est pas dépourvue de cellules ni taires ; seulement ces cellules sont privées h nulations. ■ ® Sï’a-
Atrophie. - (V. Choroïdite et Staphylôme i
Blessures. — Elles sont produites par des ’LtM ments piquants, tranchants ou contondants. Il ' rare que les deux premières espèces aient lien sa^'’ lésion simultanée de la rétine. ’
Les plaies par instruments piquants sont quelqn fois bénignes, elles sont accompagnées d’un écoult ment de sang insignifiant et suivies d’une inflammation modérée. Dans d’autres cas, l’inflammation consécutive est intense, elle se propage à l’iris et entrave l’exercice de la vision. Si la blessure est plus large et que les membranes subjacentes aient été lésées, la plaie reste parfois béante, laisse écouler l’humeur vitrée et l’œil s’affaisse ; d’où l’affaiblissement ou la perte de la vision.
Les contusions de la choroïde déterminent parfois une hémorragie de cette membrane, .alors que la sclérotique reste intacte. C’est toujours une lésion grave, en admettant que le sang se résorbe, qu’il n’y ait pas de phlegmasie consécutive, l’atrophie de la choroïde est toujours à craindre dans ce cas.
On traite les blessures de la choroïde par les émissions sanguines locales à la région temporale, des dérivatifs sur le canal intestinal, le repos absolu des yeux, l’occlusion des paupières. Les phénomènes inflammatoires consécutifs seront combattus par les' moyens exposés plus loin.
Décollement. — C’est une affection très rare, ce qui tient à ce que la choroïde et la sclérotique sont unies plus intimement l’une à l’autre que la choroïde et la rétine. Les décollements de la rétine (V. Rétine) sont relativement plus fréquents.
Tumeurs. — Il en est de diverses espèces : des sarcomes à formé mélanique, affection très grave et qui exige l’énucléation de l’œil. On a signalé des tumeurs dermoides, composées de couches analogues à celles de la peau et du tissu cellulaire souscutané, de poils, d’agrégats de matière brunâtre, disposés sous forme de tubes arrondis, entrelacés d’une façon assez régulière pour qu’on ne pui^e affirmer si ces masses sont de simples dépôts pigmentaires ou des canalicules de glandes sudoripares remplis d’une matière noire. Il existe aussi des cas d'ossification de la choroïde. D' fano.
choroïdite. — Nom donné aux inflammations de la choroïde. Avant qu’on se servît de l’ophta.!moscope pour explorer les parties profondes de l’œil, la choroïdite était englobée dans les affections connues sous nom. q,&û.é.vïq}ic d'amblyopies, d' amauroses.
Cette inflammation se -présente avec des caractères analogues à ceux qu’elle offre dans les autres tissus : congestion des vaisseaux, si nombreux, qœ entrent dans l’organisation de cette membrane; formation ^exsudais plastiques, très rarement de pus. La phlegmasie se termine souvent par Vatrophie des éléments de la choroïde.
On peut admettre, d’après les données précédentes, une choroïdite congestive et une choroïdite
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- ^^daiire. Ce que 1 en a c crrit sous le nom de ^^oîdite atrophique n’est pas une forme spéciale, bien une conséquence éloignée de deux va-
S précédentes.
10 cboroïdite congestive. — EUe est plus com- TTiune chez les adultes et les vieillards que dans Snfance. Les congestions du cerveau, l’application Lmodérée des yeux sur des ouvrages fins, l’usage -4e lunettes à verres concaves ou convexes d’un nujjjéro trop élevé, la suppression d’hémorroïdes, 4a flux menstruel, en sont les causes les plus com-
Les symptômes sont parfois d’une détermination 4ifficile, parce qu’il n’est pas toujours aisé d’apprécier la part à faire à la choroïde d’une part, à la
rétine de l’autre.
Chez quelques sujets, les vaisseaux sous-conjonctivaux sont distendus . Il en est qui présentent autour delà-circonférence delà cornée, un anneau bleuâtre.
Quelques malades se plaignent de raideur et de tension du globe. Par suite de l’action compressive des vaisseaux choroïdiens sur la rétine, ou parce que cette dernière est déjà elle-même affectée, la vision est troublée de diverses manières : il y a des obscurcissements passagers de la vue, parfois de la photophobie, des apparitions de lueurs globuleuses dans l’obscurité, une fatigue plus ou moins prompte quand le sujet lit, écrit ou travaille à la couture; il y a perceptions de mouches, de taches jaunâtres, verdâtres ou bigarrées dans le champ visuel; quelquefois des névralgies ciliaires se propageant à, diverses branches de la 5« paire, c’est-à-dire au front, à la tempe.
Examiné à l’ophtalmoscope, le fond de l’œil présente une couleur rouge brunâtre, disposée par ■plaques ou uniformément répartie, les vaisseaux sont volumineux, inégaux et tortueux, c’est même moins d’après la teinte de la coloration du fond de l’œil que par l’appréciation du calibre des vaisseaux de la choroïde, qu’on se prononcera sur l’existence dune cboroïdite congestive.
La congestion choroïdienne se-dissipe parfois au bout de queli^es jours, et alors tous les troubles enctionnels disparaissent. D’autres fois, la maladie passe à la forme exsudative; ou bien elle revêt une marche très lente et se termine par V atrophie de la 'Membrane.
^ La première indication est de suspendre tout tra- ® yeux. Pour dégorger les vaisseaux de la oroide, il faut appliquer des sangsues derrière les d’a^(î • à la région temporale. Il convient aussi de des révulsifs sur le canal intestinal,
Pfpndre des manuluves d’eau chaude, de à des pédiluves. la suppression d’béïnov^^°^*^^^ menstruel comportent des
"uin à rappeler ces écoulements san-
ünn f ^ ^ utilité à baigner l’œil, dans la soluastringeante suivante ;
Eau distillée. . , . . ISO grammes
mfate de zinc . 10 centigr.
pur jour, pendant cinq minutes cba-
®^udâtive ou plastique. — EUe est see par la production d’une certaine quan¬
tité de lymphe plastique sur la face interne ou dans l’épaisseur de la choroïde. On reconnaît cette affection à l’ophthalmoscope , d’après les signes suivants ;
Le fond de l’œil offre généralement la teinte rosée, coupée, de distance en distance, par des taches d’un blanc terne, de dimension et de configuration variables. Les vaisseaux de la rétine passent au-devant de ces taches, ce qui ne permet pas de les confondre avec des exsudais de la rétine. Une fois l’exsudât de la choroïde résorbé, la portion correspondante de la choroïde s’atrophie, et on aperçoit, comme dans la cboroïdite atrophique, des accumulations de pigment aux limites des portions malades.
La cboroïdite plastique détermine des troubles fonctionnels graves : affaiblissement plus ou moins marqué de la vision; perception de scotomes, c’està-dire de parties obscures , dans le champ visuel dont l’étendue est plus ou moins restreinte.
Indépendamment des causes indiquées à l’article cboroïdite congestive, il faut signaler la syphilis. La cboroïdite spécifique se développe à la période de transition des accidents secondaires aux accidents tertiaires.
Le traitement est basé sur les mêmes données que celui de la cboroïdite congestive. Si l’affection reconnaît pour point de départ la syphilis, on administre la liqueur de Van Swieten, ou mieux le biiodure de mercure et l’iodure de potassium combinés, sous forme de pilules du Z)' Labarthe, on fait pratiquer des onctions hydrargyriques sur l’orbite. Cette dernière médication peut être faite à titre de médication a'ntiplastique, même dans les choroïdites exsudatives qui ne se rattachent pas directement à la syphilis.
3° Cboroïdite atrophique. — J’ai déjà dit que cette variété n’est pas, à proprement parler, une forme de cboroïdite, mais -une conséquence éloignée de cette affection.
L’atrophie de la choroïde se reconnaît facilement à l’ophtalmoscope : on constate une décoloration plus ou moins prononcée du fond de l’œil. Chez les sujets blonds, l’image ophtalmoscopique ne présente plus cette teinte d’un beau rose qui se rencontre à l’état normal. Chez les bruns, elle offre, par places, une teinte sale. Dans ces divers points, le pigment choroïdien est en voie de résorption. Dans d’autres parties, le fond de l’œil offre des plaques d’un blanc plus ou moins pur, de formes et de dimensions variables, parfois limitées à la circonférence, ou parsemées de taches d’un brun très foncé ou noires. Ces taches sont formées par une accumulation de pigment dont la sécrétion a été augmentée. Là où se trouvent ces plaques, les vaisseaux de la rétine qui passent au-devant d’elles, sont très visibles, tandis que les vaisseaux de la choroïde, généralement très distincts dans les parties peu décolorées, manquent complètement. Les artères de la choroïde sont minces, les veines d.ilatées. Il n’est pas rare de rencontrer des stries opaques à la périphérie du cristallin.
Beaucoup de sujets présentent, autour de la papille optique, une plaque irrégulière, de coloration blanchâtre, indiquant une atrophie complète de l’é-
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lément vasculaire de cette portion de la choroïde, | cette altération est appelée staphylôme postérieur. D’autres malades présentent, en même temps que l’atrophie choroïdienne, des corpuscules flottants dans le corps vitré.
L’atrophie choroïdienne exerce une influence marquée sur la vision. En général, les sujets se plaignent de ne pas voir de loin ; ils sont myopes à un degré variable, et on ne remédie pas toujours à ce trouble de la vision par des verres concaves, ce qui prouve qu’il y a aussi, dans ces cas, une véritable diminution de l’acuité visuelle. La plupart des malades se plaignent aussi d’apercevoir, dans le champ visuel, des scotomes de forme variée, appelés vulgairement mouches.
Le repos, ou tout au moins un exercice modéré des yeux, est une condition indispensable pour améhorer la vision. En cas de congestion des veines choroïdiennes, il faut pratiquer une déplétion sanguine locale, au moyen de sangsues, ou bien avoir recours à une dérivation sur l’intestin, continuée pendant un certain temps. En l’absence de phénomènes congestionnels, il est préférable d’avoir recours à la médication générale tonique, à des frictions stimulantes sur les paupières et l’orbite^ Les lunettes à verres concaves sont formellement contre-indiquées, s’il n’existe pas de signes certains de myopie. D' Fano.
CHOU. — Le chou est un genre de plantes de la famille des crucifères qui comprend plusieurs espèces employées dans l’alimentation, et dont les principales sont le chou pommé, le chou vert, le chou rouge, le chou de Bruxelles, le chou-jleur, etc.
Tous les choux renferment, avec beaucoup d’eau, une assez grande quantité d’albumine végétale et des sels de potasse, de chaux, dé magnésie, et des chlorures alcalins. Ils contiennent aussi de l’oxyde ferreux, du phosphore, du soufre, une résine, une huile essentielle et un principe assez soluble dans l’eau et l’alcool. Cette composition explique pourquoi, d’une part, le chou qui cuit a une odeur si forte, et, d’autre part, pourquoi il donne lieu à un grand dégagement de gaz intestinaux ou vents chez les personnes qui en ont mangé.
Comme aliment, le ch ou. est très nutritif, mais il est, en général, d’une digestion difficile et ne convient, par conséquent, qu’aux personnes douées d’un estomac vigoureux. Il doit toujours se manger très cuit. Un bon moyen de le rendre plus digestible consiste à l’échauder, pendant 4 ou 5 minutes, avec de l’eau bouillante, avant de le faire cuire.
L’ancienne médecine employait le chou en décoction ou sous forme de sirop, comme antiscorbutique, dépuratif et tonique, et l’administrait dans une foule 4e maladies. Aujourd’hui que la nullité des propriétés thérapeutiques du chou a été démontrée, son usage est pour ainsi dire abandonné. Tout au plus, se sert-on dans les campagnes de larges feuilles de chou chauffées et enduites de graisse, en applications sur le ventre dans les entérites, ou sur les articulations dans les cas de douleurs rhumatismales.
D' Paul Labarthe.
CHOUCROUTE. — La choucroute n’est autre
chose qu’une conserve de choux hachés n tasse dans un tonneau par couches de très, alternées de couches de sel de 4 à 5 tres, et mélangés de graines de coriandre de genièvre et de tiges de sarriette, qu’on monter pendant six semaines ou deux m • ayant soin d’enlever chaque jour l’eau ven^’ vient surnager et de la remplacer par de la sau ^ Au bout de ce temps la choucroute peut être Pour cela, on la dessale et on la fait cuire au^^' avec du lard ou des saucisses. Malgré ce qu’en^ dit certains auteurs, la choucroute est, sinon 1)1^^ au moins aussi lourde à digérer que les choux,
CHROMATE. — (V. Chrome.)
CHROME. — Le chrome, ainsi nommé parce qu’q forme des combinaisons colorées'avec la plupart des
corps, a été découvert par Vauquehn en 1797. C’est un métal d’une couleur blanche tirant sur le gris très fragile et très difficilement fusible. Il n’a jamais été employé en médecine. En revanche, deux de ses composés sont utilisés par la thérapeutique, ce sont : Y acide chromique et le bichromate de •pa. tasse; mais il faut réserver leur emploi pour l’usage externe, car ce sont deux poisons corrosifs violents.
Acide chromique. — L’acide chromique se présente sous la forme de cristaux d’un rouge orangé, très solubles dans l’eau. Sa solution aqueuse peut s’employer concentrée ou étendue ; dans le premier cas, elle est d’un rouge foncé, eUe est jaunâtre dans le second.
Qu’on ait recours aux cristaux ou à la solution, l’acide chromique constitue un agent trop redoutable et trop difficile à manier pour être donné à l’intérieur. On ne doit l’employer que comme topique. C’est ainsi que Magitot l’a recommandé dans la périostite alvéolo-dentaire ; il fait tous les deux jours une application de cet acide sur les gencives malades avec la solution concentrée. ou plutôt avec les cristaux et il obtient la guérison rapide, même des cas graves, dans l’espace de huit jours. Le chlorate de potasse ne saurait donner d’aussi beaux résultats. Les gingivites graves, les ulcérations scorbutiques, les tumeurs vasculaires, les indurations du col utérin, les excroissances verruqueuses, les cancroïdes, les chancres infectants, cautérisés trois ou quatre fois, à quelques jours d’intervaUe, avec lucide chromique, appliqué à l’aide d’une petite baguette de verre ou de bois, sont promptement améliorés ou guéris au moyen de quelques gouttes de cette solution concentrée. La solution faible de ce acide conserve les tissus au lieu de les détruire, eue peut être employée comme cicatrisante des plai®* de mauvaise nature.
Bichromate de potasse. — Le bichromate de pO' tasse est un sel qui cristallise en prismes d’un rou^^ orangé très foncé ; sa saveur est amère et sa somm' lité plus grande dans l’eau chaude que dans 1 froide. C’est un poison violent. Il ne faut pas dep^j ser la dose de 2 centigrammes par jour, si l’onve ne pas avoir d’accidents à déplorer. , .3^
En définitive, le bichromate de potasse et 1 chromique sont deux compesés d’un même dont l’action thérapeutique de chacun d’eux ne