‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 104 sur 206 · Les communes qui seront obligées en vertu des · texte numérisé non relu

Les communes qui seront obligées en vertu des

1 et 2 du titre 1" d’abandonner les cimetières actuels t de s’en procurer de nouveau.v hors de l’enceinte de leurs Citations, pourront, sans autre autorisation que ceUe qui ^ est accordée par la déclaration du 10 mars 1776, acmjérirles terrains qui leur seront nécessaires en rempUssant ]es formalités voulues par l’arrêté du 7 germinal an IX.

Art. 8. — Aussitôt que les nouveaux cimetières seront disposés pour recevoir les inhumations, les cimetières existants jsront fermés, et ils resteront dans 1 état où ils se trouveront, sans que l’on puisse en faire usage pendant . cinq ans .

Art. 9, — A partir de cette époque, les terrains servant maintenant de cimetières pourront être affermés par les commnnes auxquelles ils appartiennent, mais à la condition qu’ils ne seront qu’ensemencés ou plantés, sans qu’il puisse y être fait aucune fouille ou fondation pour des constructions de bâtiment, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné.- Art. 13. — Toute personne pourra être enterrée sur sa propriété, ponrvu que la dite propriété soit hors et à la, distance prescrite de l’enceinte des villes et bourgs.

Art. 13. — Les lieux de sépulture, soit qu’ils appartiennent aux communes, soit qu’ils appartiennent aux particuliers, seront soumis à l’autorité, police et surveillance des administrations municipales. ■ •

Décret du 7 mars 1808. — Art. 1". — Nul ne pourra, sans autorisation, élever aucun bâtiment, ni creuser aucun puits, à moins de 100 mètres des nouveaux cimetières transférés hors des communes en vertu des lois et règlements.

Art. 2. — Les bâtiments existants ne pourront également être restaurés ni augmentés sans autorisation. Les puits pourront, après visite contradictoire d’experts, être comblés, en vertu d’une ordonnance du préfet du département, sur la demande de la police locale.

Ordonnance du 6 décembre 1843. — Art. l«^ — Les dispositions des titres 1 et 2 du décret du 23 prairial an XII qui prescrivent la translation dés cimetières hors des villes et des bourgs, pourront être appliquées à toutes les communes du royaume.

Art. 2. — La translation du cimetière, lorsqu’elle deviendra nécessaire, sera ordonnée par un arrêté du préfet, le Conseil municipal entendu. Le préfet déterminera également le nouvel emplacement du cimetière, sur l’avis du Conseil municipal, après enquête de commodo et incommodo.

Après avoir indiqué les documents législatifs relatiis aux cimetières, nous allons examiner les réglés d’hygiène qu’il convient d’observer, pour en assurer la salubrité.

1“ Position des cimetières. — Si la disposition des lieux et si la direction des vents dominants dans a localité le perinetlent, il faut établir les âmeeres au nord et à l’est des villes, à 35 ou 40 mètres au moins de leur enceinte, . à l’abri des montagnes forêts. On atténuera ainsi l’intensité des ^^iasmesqui s'échappent des terrains des inbumafrn\i’ mettra en rapport avec des vents

mnvlf* l’influence est infiniment moins

(vont J filas celle des vents chauds et humides >ité d^ 1 l’ouest), qui augmentent l’acti-

pg Padréfaction. Si la disposition des lieux ne il P T' Rétablir le cimetière que dans une plaine, d’arbr ®aatre la ville et lui une plantation

Préspt-^^ • couperait le cours des vents, et

d’un ^la moins en partie des fâcheux effets

‘"^^areil voisinage.

la direcu i^ia terrain, tenir compte de

on des vents dominants dans la localité,

et placer le cimetière dans une position telle que ces vents soufflent de la ville vers le cimetière, afin de disséminer les miasmes qui peuvent s’en dégager.

Si la ville s’élève en terrain plat sur le bord d’un fleuve, d’un ruisseau, d’un torrent, il faut choisir, pour établir le cimetière, un terrain situé en aval’ et dont le niveau soit assez élevé par rapport aux cours d’eau voisins, pour mettre à l’abri de toute inondation.

2° Choix des terrains. — A. Nature 'phy$ique. — On doit préférer les terrains élevés et secs aux terrains bas et humides, parce que l’excès d’humidité autour des cercueils et l’altération des eaux par le mélange de produits de décomposition offriraient, à des degrés divers, de sérieux -inconvénients.

B. Nature chimique. — La nature chimique du sol est l’un des éléments les plus essentiels à considérer, parce qu’eUe exerce une influence très importante sur la destruction des cadavres. Orfila a établi par dés expériences très concluantes faites avec le sable, le terreau et le calcaire, que la décomposition marche beaucoup plus vite dans le terreau et la terre végétale que dans les terrains sablonneux ou calcaires, et que les terrains argileux (probablement par l’alumine qui en constitue la base), sont plus conservateurs que les autres.

La loi du 23 prairial an XII (art. 6), ayant déterminé pour le service des cimetières un roulement quinquennal, on comprend qu’il y a convenance, à tous les points de vue, de choisir un terrain qui amène une décomposition aussi prompte et aussi complète que possible.

G. Nature du sous-sol. — La nature du sous-sol, dit Tardieu, doit aussi être soigneusement étudiée, dans le choix de l’emplacement d’un cimetière, sous d’autres points de vue. Ainsi, la proximité de l’eau, ou, au contraire, d’une couche rocheuse qui ne permettrait pas de donner aux sépultures la profondeur de 1“,50 à 2 mètres (art. 4 du décret du 23 prairial an XII), rend les terrains tout à fait impropres à servir de cimetière. Un terrain où l’on ne peut creuser à 2 mètres de profondeur sans que l’eau vienne à paraître, en quelque faible quantité que ce soit, doit être absolument rejeté. — Quant à la nature rocheuse du sous-sol, on pourra y suppléer en transportant de la terre friable dans une épaisseur convenable, comme il avait été question de le faire pour un cimetière voisin de Marseille. En 1832, le conseil de salubrité de cette ville constatait que le cimetière du quartier Saint-Louis, très peu étendu, ne présentait que quelques points isolés où l’on pût creuser des fosses à une profondeur convenable; le rocher était presque à découvert en divers lieux de ce cimetière, et surtout sur les parties latérales. Ainsi la dernière fosse qui avait été creusée n’était qu’à 0“,85 de profondeur, le cercueil, reposant sur le rocher, n’avait pu être recouvert que de 0“,6o de terre; ce qui est évidemment insuffisant, les émanations putrides résultant de la décomposition des cadavres devant nécessairement s’élever et se répandre dans l’atmosphère, puisqu’il est bien re-

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connu que, pour éviter cet inconvénient, il faut en opposant une barrière à la libre circul

que chaque fosse ait 2 mètres de profondeur, et l’air et des miasmes qu’il entraîne avec ^

que le fond de la fosse repose sur la terre meuble. Les allées des cimetières seront plantées a afin que les liquides puissent s’infiltrer et que les direction des vents les plus habituels-

gaz putrides résultant de la décomposition ne puis- droits et élancés, comme les ifs, seront p’réf^

sent pas se dégager dans l’atmosphère [Dicl. hyg. cèdres, dont la branchure est horizontale au

publique et de salubrité, 2® édition, 1862, t. I, pleureurs dont les rameaux flexibles reîomh*^'^^^

p. 509). couche épaisse jusqu’au sol ; les trembles

D. Étendue du terrain. — L’étendue des terrains pliers d’Italie, dont les feuilles toujours en in destinés aux cimetières doit être proportionnée à ment agitent et tamisent l’air en quelque sorte'^^^'

la population qu’ils sont appelés à desservir. Le dé- feuillage plus lourd et plus épais du tilleul et

cret du 23 prairial an XII (art. 6) exige,^ pour les marronnier. On se gardera surtout de changer

emplacements des cimetières,, des dimensions cimetière en bosquets, car ceux-ci ne pourra’

telles, que le même lieu ne puisse servir à de nou- que servir de réceptacles aux miasmes conden

velles inhumations qu’après un laps de temps de Des arbres élancés, des troncs dégagés, permettront

cinq ans, temps qui a paru suffisant pour la des- à l’air de circuler partout (Tardieu). — n faut

truction des cadavres. — Pour connaître l’étendue Fonssagrives, choisir des arbres à tronc élevé

que doit avoir le terrain destiné au cimetière, il feuillage droit, ne gênant pas l’évaporation du sof

suffit d’établir une proportion entre la moyenne de et préférer les arbres verts résineux qui présentent

mortalité d’une population donnée et la dimension ces caractères, parce que, si on s’en rapporte àcer-

des fosses. Tardieu estime qu’il faut, en tenant taines expériences, ces arbres ont la propriété de

compte des éventualités qui peuvent résulter d’épi- produire plus d’ozone que les autres, ce qui est un

démies répétées ou d’un accroissement rapide de autre avantage pour la salubrité de l’air, l’air ozo-

la population, 2 mètres carrés de terrain par inhu- nisé brûlant avec activité les matières organiques

mation. Supposons une ville de 10,000 âmes ayant qu’il tient en dissolution ou en suspension,

une mortalité de 3 p. 100 en moyenne; nous trou- 3® Entourer le cimetière de fossés. — Il faut en-

vons que 600 mètres carrés sont nécessaires pour tourerle pourtour des cimetières d’un fossé à radier

subvenir aux inhumations d’une année ; mais le régulier, à pente convenable et d’une profondeur de

laps de temps exigé pour procéder, dans le même 3 mètres au moins au-dessous du sol du cimetière,

emplacement, à des inhumations successives étant Cette tranchée fait office de collecteur, et empêche

de cinq ans, il faut multiplier ce chiffre par 5, ce en partie les eaux cadavériques d’arriver jusqu’aux

qui donne 3,000 mètres carrés de terrain, pour une puits des villes.

population de 10,000 âmes. Il faut, bien entendu, Ce n’est pas en effet seulement par les miasmes

ajouter à cela les allées, les bâtiments de service, dont les cimetières chargent l’air, que la salubrité

les murs, les haies, etc., etc. des villes est menacée, dit M. Fonssagrives; les

Prescriptions nécessaires à observer dans les eaux des puits peuvent aussi recevoir des infiltra-

cimetières. — r Drainage. — Tous les cimetières tiens qui leur communiquent des qualités nuisibles,

doivent être drainés, parce que; ainsi que nous De 1840 à 1846, les eaux des puits de Ménilmontant

l’avons dit tout à l’heure, la nécessité de choisir ont été altérées par des infiltrations provenant du

pour les inhumations une terre profonde, sans cimetière du Père-Lachaise. Il y a peu de temps,

sous-sol rocheux, implique en quelque sorte l’état M. Lefort appelait l’attention de l’Académie. de mé-

d’humidité de tous les cimetières. decine sur cette grave question d’hygiène , et son

La nécessité du drainage est une pratique sa- travail a été, dans le sein de cette compagnie, l’ob-

lubre qui présente, d’après MM. Ch. de Freycinet et , jet d’un rapport de M. Vernois. M. Lefort a analysé

Fonssagrives le triple avantage : 1° d’imprimer l’eau d’un puits unique servant à l’alimentation de

aux eaux chargées de matières organiques une toute la commune de Saint-Dizier, dans l’AUier, et

direction inoffensive ; 2 ' . de favoriser la prompte placé à 50 mètres seulement du cimetière. L’eau de

décomposition des corps par l’appel d’eir que le ce puits a paru d’une saveur désagréable et cha,rgee

drainage produit dans le sol ; 3° de donner plus de de nqatières organiques, l’auteur n’hésite pas à at-

vigueur et un développement plus rapide aux tribuer cette altération au voisinage du cimetière,

arbres des cimetières. —J’ai moi-même pu constater, dit encore M. Fons-

2“ Plantations. — Les arbres dans les cimetières sagrives, dans un village de l’Hérault, une situation

ne sont pas seulement une tradition poétique, dit semblable du cimetière, et j’ai émis l’avis qu’il de-

M. Fonssagrives, ils répondent aussi à un intérêt de vait être abandonné, et que les inhumations de-

salubrité de premier ordre. D’abord, ils dessèclient vraient se faire, à l’avenir, dans un emplacemen

le sol et jouent, par rapport à l’eau qui l’imprègne, plus éloigné et mieux choisi,

le rôle ingénieusement spécifié par Ghevreul de II faut égalendent que la trapchée qui doit tuyaux de drains verticaux. Les plantations dans les rer les cimetières, pour arrêter les eaux d’infflt^'

cimetières doivent être faites d’une manière mé- ■ tien au passage, soit bordée d’un rideau d’arbre thodique et discrète. placé à l’extérieur, faisant abri par leur feuillago»

En effet, des plantations trop serrées et dispo- et détruisant par leurs racines une partie des ea

sées sans réflexion peuvent être nuisibles en re- saturées de matières organiques qui baignent leur»

couvrant le sol d’un épais feuillage, qui en entre- pieds.

tient l’humidité et fait obstacle à l’évaporation des Une précaution excellente consiste , à placer ® vapeurs chargées des produits de décomposition, et long des murs des cimetières un rideau de cypr^-

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rréa les uns contre les autres, ils ajoutent leur à celui du mur de clôture, dont ils dépassent

la hauteur. . ,

Abandon et translation des cimetieres. — En général, on abandonne les cimetières dans deux circonstances :

JO Ou parce qu’ils sont devenus, par leur insuffisance ou leur encombrement, impropres à servir ^longtemps de lieu de sépulture;

^ 2" Ou parce que des raisons de convenance y font jenoncer pour choisir un autre terrain.

Michel Lévy a établi, qu’au bout d’un certain lemps, qui varie suivant la qualité de leur sol et le rapport de la masse des terres avec celle des cadavre inhumés, les cinietières atteignent une limite de saturation des matières animales, et deviennent impropres à provoquer la fermentation putride. Cette saturation s’observe dans deux conditions : soit dans certaines parties de cimetières où un nombre disproportionné de cadavres se trouve accumulé dans un espace donné, soit dans un cimetière tout entier, lorsqu’on a continuellement devancé,dans les inhumations secondaires, le temps nécessaire à la décomposition de cadavres précédemment inhumés.

On comprend que, dans de pareilles conditions, il soit urgent d’abandonner les cimetières et de les transférer dans un autre lieu. Si .on prend cette détermination, les membres des conseils d’hygiène consultés doivent, en donnant leur avis, prescrire l’observation des mesures suivantes que nous considérons, avec Tardieu et les autres hygiénistes, comme rigoureusement indispensables :

1" Fermer les anciens cimetières, et einpêcher, pendant un temps très long (ce temps fixé à dix ans par les art. 8 et 9 du décret du 23 prairial est trop court) (Tardieu), qu’il y soit fait aucune fouille ou fondation.

2“ Etablir dans ces cimetières des plantations qui, au moyen de l’absorption exercée par leurs racines, hâtent la coTnsOmmation des produits organiques enfouis dans le sol, et s’en emparent à leur profit. Il faut observer, en faisant ces plantations, de ne pas creuser des trous trop profonds, dans la crainte ae tomber sur quelque foyer de décomposition propre à fournir des miasmes délétères.

3" Adopter, pour opérer les exhumations les l^gles suivantes, tracées par le conseil de salubrité de la Seine : Yeiller, à ce que les ouvriers chargés des exhumations ne se livrent pas à la boisson; leur délivrer deux ou trois fois par jour un verre moyen de boisson légèrement toique ; leur faire souvent laver les mains, d’abord ans de l’eau ordinaire, ensuite dans un liquide osi^ctant; projeter sur les débris humains dondi Kl ®rir les terres extraites des fosses,

chlorure de chaux en poudre; si l’odeur persiste, ^ oser avec un hquide désinfectant; mettre les cou^h^*^^ aurait à changer de bière, entre deux ches d’une poudre désinfectante ; couvrir d’un onî^ ^ihé d’un liquide désinfectant, les bières «•ü donneraient de l’odeur.

cojj P ^ ^'^o.ndonne le cimetière pour des raisons de articif^e^®’ suffira de demander l’application des s O et 9 du décret du 23 prairial, an Xll, qui

exigent que les cimetières qui viennent à être fermés ne servent à aucun usage.au moins pendant dix ans. Ils peuvent être ensuite affermés, être ensemensés et plantés sans qu on puisse y faire aucune fouiUe ni fondation, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonne. Edmond Düpüt,

Ph*'" de 1”= classe, ancien interne des Hôpitaux, auteur d’un Manuel d'hygiène publique et industrielle.

CINABRE. — Nom donné au sulfure de mercure (V. Mercure). P.

CINCHONINE. — Nom donné à un alcaloïde tiré du quinquina et principalement du quinquina gris, qui se présente sous forme d’aiguilles déliées, brillantes, incolores, d’une saveur moins amère que la quinine et analogue à celle du sulfate de magnésie. Très peu soluble dans l’eau, puisque 2,500 parties d’eau bouillante n’en dissolvent qu’une partie, la cinchonine jouit des propriétés analogues à la quinine, mais beaucoup moins marquées et de plus courte durée. Son action est aussi moins constante, et il faut en donner deux fois plus que de quinine. Pour toutes ces raisons la cinchonine est fort peu employée. p. l.

CIRCONCISION. — On donne ce nom à l’opération qui consiste dans l’enlèvement complet du prépuce dans toute sa circonférence. Abraham fut le premier qui pratiqua la circoncision sur luimême d’ahord, et ensuite sur son fils Ismaël et sur tous les esclaves de sa maison. Prescrite cinq siècles plus tard, dans la loi mosaïque, cette institution s’est depuis transmise et conservée très fidèlement chez les juifs jusqu’à nos jours. Les mahométans pratiquent aussi la circoncision sur leurs enfants.

Les juifs font subir la circoncision à leurs enfants huit jours après la naissance. C’est le rabbin qui la pratique. Un aide tient l’enfant en travers sur ses genoux, tandis que le rabbin, placé en face, saisit le prépuce entre le pouce et l’indicateur de la main gauche. L’indicateur fait glisser le prépuce dans la fente d’un instrument de métal appelé posthétome, qui a pour but de protéger le gland; puis, rasant la surface de ce tuteur avec le bistouri, il emporte d’un seul coup tonte la partie excédante du prépuce. Il achève l’opération en déchirant de ses ongles, taillés exprès, la membrane muqueuse jusque vers la couronne du gland. Il étanche ensuite le sang en dirigeant sur' la verge de l’eau qu’il tient dans sa bouche, et en tourmentant cet organe par des succions. (Depuis 1843 on a supprimé la succion, du moins en France.) Le pansement consécutif est très simple et consiste dans l’application d’une bandelette de lin autour de la verge, qu’on tient relevée sur le pubis à l’aide d’un anneau.

Les mahométans ne circoncisent leurs enfants qu’à 7 ou 8 ans, quelquefois à 13 ans, en mémoire d’Ismaël qui n’aurait été circoncis qu’à cet âge. L’opération diffère de celle des juifs. L’opérateur saisit fortement le prépuce entre le pouce et l’index et l’attire à lui de manière à ne pas laisser la muqueuse en arrière ; un aide applique alors un nœud sur la peaii du prépuce j mais en ayant soin de raser le gland j

tout en l’évitant. 11 applique ensuite un second nœud en avant du premier, et la section se fait entre les deux nœuds. La section opérée, on plonge la verge dans un œuf frais, et on panse la plaie au moyen de bandelettes huilées. Dans ce procédé, le nœud offre l’avantage d’anesthésier en partie, par sa forte constriction préalable, la portion que l’on va couper.

La circoncision a passé du domaine religieux dans le domaine de la chirurgie et a subi une foule de modiTications et de perfectionnements. Chirurgicalement, la circoncision est Surtout pratiquée pour remédier au vice de conformation du prépuce connu sous le nom de phimosis, et à tous les accidents auxquels cet état donne lieu. Nous renvoyons donc la description des divers procédés chirurgicaux de circoncision au mot phimosis (V. ce mot.)

D' Paul Labarthe.

CIRCONFLEXE. — Nom donné par les anatomistes à des artères, des veines et des nerfs qui existent autour des articulations de l’épaule et de la cuisse. P. L. ‘

CIRCONVOLUTION. — On donne le nom de circonvolutions cérébrales aux replis et. aux élévations qu’on observe a toute la surface du cerveau (V. Cerveau). — On. donne le nom de circonvolutions intestinales aux replis et aux contours formés par l’intestin grêle dans l’abdomen. — p. L.

CIRCULAIRE. — On donne ce nom au cercle que décrit une bande autour d’un organe dont il fait le tour complet. — On donne aussi le nom de circulaire à un bandage simple, formé par des circonvolutions qui se recouvrent plus ou moins complètement. P. L.

CIRCULATION. — La circulation est caractérisée par le mouvement continu et pour ainsi dire circulaire du sang, qui se porte du ccewr aux organes et retourne des organes au cœur. Le transport du sang aux organes s’effectue par les artères et son retour au cœur par les veines. Les artères et les veines communiquent entre elles par le réseau des vaisseaux capillaires. A ces différents canaux est annexé un système de vaisseaux lymphatiques qui puisent dans nos tissus la lymphe, destinée à régénérer nos tissus. Le cœur et les nombreux vaisseaux qui en dépendent constituent l’appareil circulatoire.

Le cours du sang était inconnu des anciens. Ils croyaient que les veines seules étaient chargées de distribuer le sang dans toutes les parties du corps et que les artères étaient destinées à y faire circuler V esprit ou le pneuma; ils pensaient en outre que le sang dans les vaisseaux était animé d’un simple balancement, qu’ils comparaient au mouvement d’oscillation des flots de l’Epire.

Galien démontre le premier que les artères contiennent du sang pendant la vie et que ce liquide circule du cœur vers les extrémités; mais il crut que la cloison interventriculaire était percée. André Vésale, en 1543, réfuta l’erreur de Galien et prouva que les deux ventricules ne comnnmiquaient pas directement entre eux. En 1343, Michel Servet, qui,

à l'instigation de Calvin, fut condamné à ètrp k vif comme « sematteur d’hérésies o, avait 3 ^ une description assez précise de la petite p; tion, c’est-à-dire de la circulation pulmonar'^' avait remarqué qu’en traversant les poumo ’

Fig.

Diagramme de la circulation. —1. Ventricule gauche du cœ •

— 2. Oreillette droite. — 3. Ventricule droit. — 4gauche. — 5. Veines pulmonaires. — 6. Poumons. — 1. Aor •

— 8. Cerveau et extrémités supérieures. — 9. Veines w •

— 10. Rate. — 11. Intestins. — 12. Reins. — 13. Extremi inférieures. — 14. Foie. .

sang veineux se débarrassait de ses fuliginosité!^ devenait jaune {flavus), ou rutilant.

Quelques années plus tard, en 1559, Realdus colombus, bien qu’ignorant les travaux de Serve , arrivait aux mêmes conclusions.

Puis, en 1 593, André Césalpin pressentit la lation générale. 11 reconnut que le sang passe û artères dans les veines par des anastomoses et vient au cœur.

Vais c'est à Harvey, médecin de Charles I", que 2ent l’honneur d’avoir découvert la circulation du f . il la démontra, en 1628, dans son Exercitulio ^tomica de motu cordis et sanguinis in anima-

^'Ste découverte eut à son début le sort de toutes les vérités nouvelles ; elle rencontra beaucoup d’in- -édules et même des détracteurs, dont les plus ardents furent Primerose à Montpellier, Riolan à paris et Parisanus à Venise. ^

Mécanisme de la circulation. — La circulation, avons-nous dit, comprend le transport du sang de l'appareil respiratoire dans tous les organes du corps et le retour du sang de ces organes à ce même appareil. Voici par quel mécanisme s’effectue la cir- !

culation. . i

le sang veineux, affluant de toutes les régions du corps, arrive par les veines caves supérieure et | inférieure dans l’oreillette droite du cœur ; de là il passe dans le ventricule du cœur correspondant qui ' le projette ensuite dans les poumons, par l’artère pulmonaire.

En traversant les poumons, le sang se revivifie au contact de l’air et revient au cœur par les veines pulmonaires qui le conduisent dans l’oreillette gauche du cœur, d’où il tombe dans le ventricule correspondant. Les contractions du ventricule gauche poussent alors le liquide sanguin dans l’aorte et de là dans tout le système artériel jusqu’aux capillaires, où il abandonne aux tissus de l’économie ses matériaux nutritifs. Enfin, des capillaires le sang revient au cœur parles veines que nous avons choisies pour point de départ de ce trajet circulaire. C’est donc avec raison que l’on a comparé le cœur à une pompe foulante qui s’alimente elle-même.

La circulation du ventricule droit à l’oreillette gauche à travers les poumons représente la petite circulation; celle du ventricule gauche à l’oreillette droite, à travers tous les organes, est la grande circulation : la première préside a l’hématose et la seconde aux phénomènes de nutrition.

D’après les expériences de M. Hering, le sang ne met que trente secondes pour faire'un tour complet de la circulation; par conséquent, en vingt- quatre heures, un globule sanguin parcourt 2,880 fois le double cercle circulatoire, ce qui représente une vitesse de sept lieues à l’heure. La rapidité avec laquelle la circulation s’effectue justifie la dénomination de torrent circulatoire par laquelle on désigne habituellement le cours du sang dans le système vasculaire.

llious étudierons successivement la circulation du sang dans les différents segments de l’appareil circulatoire, c’est-à-dire dans le cœur, dans les ardans les vaisseaux capillaires et dans les '’cines;nous dirons ensuite quelques mots du mode ûe progression de la lymphe.

Circulation dans le cœur. — Les veines caves versent dans les oreillettes du cœur le sang de outes les parties du corps. Dès que les cavités sont mplies, leurs parois se contractent et le fluide passe dans les ventricules à travers les enla^^^ ^’^^ciHo-ventriculaires. Les cavités ventrinuis^r* laissent distendre par l’ondée sanguine, aurs parois réagissent à leur tour et chassent

Circulation artérielle et veineuse. — 1. Cœur. — 2. Artère pulmonaire. — 3. Ramifications des artères, veines, bronches dans le poumon. — -i. Crosse de l’aorte. — S. Veine cave supérieure. — 6 Troncs brachio-céphaliques artériel et veineux — 7. Veine jugulaire droite. - 8. Artère carotide. — 9. Artères et veines faciales. — 10. Artères et veines temporales. — 11. Artères et veines sous-clavières. — 12. Artères et veines axiliaires. — 13. Veine céphalique superficielle. —14. Veines superficielles de l’avant-bras. — 15. Artères et veines brachiales, à gauche. — 16. Artères et veines cubitales. 17. Artères et veines radiales. — 18. Arcade palmaire. 19. Artère aorte abdominale. - 20. Veine cave inférieure. - 21. Rein, à droite et à gauche. - 22. Artères et veines reinales. - Artère et veine iliaque primitive. — 21. Artère et veine iliaque externe. — 2o. Artère et veine fémorale. — 26. Artère et veine jambière. — 27. Veine saphène interne. — 28, Veines superficielles qui se jettent dans la saphène.

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le sang qu’elles renferment dans les artères pulmonaire et aorte. Les valvules sigmoïdes laissent alors passer librement le sang dans les vaisseaux; mais elles s’abaissent aussitôt après, pour s’opposer à son retour dans les ventricules.

Les oreillettes et les ventricules continuent ainsi à se dilater et à se contracter alternativement jusqu’à la mort. C’est, paraît-il, l’oreillette droite qui se contracte la première.

Circulation dans les artères. — Le mouvement du sang dans les artères se fait du cœur vers les capillaires par le mécanisme suivant : au moment de la contraction des ventricules, le sang est projeté dans les artères pulmonaire et aorte ; dès que la systole ventriculaire cesse, les parois de ces artères qui s’étaient laissées distendre par l’ondée sanguine, reviennent sur elles-mêmes, en raison de leur élasticité et poussent le sang vers les capillaires. La pression qu’exercent, après chaque impulsion cardiaque, les parois artérielles sur le sang qu’elles contiennent, a pour effet de rendre la progression de ce liquide continue , tandis qu’elle serait intermittente si les artères étaient des tubes inertes.

Les parois artérielles activent encore par leur contractilité le cours du sang. Cette action, qui apparaît surtout dans les artères de petit calibre, a été déniontrée par ce fait que si, sur un animal vivant, l’on ouvre une portion d’artère comprise entre deux ligatures, on voit le sang jaillir et s’écouler jusqu’à la dernière goutte.

Circulation dans les vaisseaux capillaires. — Le mouvement du sang dans les capillaires est lent et uniforme; il s’effectue suivant une direction déterminée qui va toujours des dernières ramifications artérielles aux premières divisions veineuses.

La force impulsive du cœur, qui est la cause la plus puissante du mouvement du sang dans les capillaires, ne se fait sentir qu’à un faible degré dans ces vaisseaux. C’est pourquoi l’ouverture des capillaires donne lieu à une hémorrhagie en nappes et sans saccades.

Le ralentissement du sang dans les capillaires est dû surtout à la multiplicité de leurs anastomoses et aux frottements considérables qu’opposent leurs ■parois au fluide nourricier. De plus, les systèmes artériel et capillafre, considérés dans leur ensemble, représentent un cône, dont le sommet part du cœur et dont la base occupe la périphérie. Le couçant sanguin, se mouvant dans un espace de plus en plus grand, diminue peu à peu de vitesse. Harvey cite à ce propos l’exemple des fleuves dont le cours semble se ralentir à mesure que leur lit s’évase davantage. La comparaison faite par Kuss, du système capillaire avec un lac, est de même justifiée par le rôle de modératèur qu’il remplit à l’égard du torrent circulatoire.

Circulation dans les veines. — Le courant sanguin se meut dans les veines en se dirigeant des capillaires vers le cœur. Son mouvement est uniforme comme pour les capillaires, mais il est plus rapide que dans ces derniers, en raison du rétrécissement plus considérable que présente le cône formé par le système veineux à mesure qu’ü se rapproche du cœur.

Les contractions du ventricule gauche et l’élasti¬

cité des parois : artérielles qui reviennent mêmes, après avoir été distendues par l’ond guine, sont les principles causes de k proo!^ du sang dans les veines. Gomme l’ïmpulsi^^®^®® détermine le cours du sang veineux se pron7 la périphérie au centre circulatoire, on lui ad le nom de vis a tergo (force par derrière). L’obst^f que les capillaires opposent à la circulation emn?? les mouvements impulsifs du cœur de se faire^^*^^ tir dans les veines. Aussi le sang s’écoule-t-il d’u*^' '

veine ouverte par un jet continu, tandis qu’il P chappe d’une artère par saccades correspondant àî systole ventriculaire. ^

Le cours du sang veineux est de plus favorisé par les contractions musculaires ; c’est pourquoi la marche et les exercices prolongés activent la circu- ■ lation.

Les mouvements respiratoires exercent aussi une influence manifeste sur la progression du sang veineux. En effet, à chaque inspiration les poumons aspirent, en se dilatant, le sang contenu dans le cœur droit, et, par suite, accélèrent le courant sanguin des veines qui s’y rendent. Ce mouvement d’aspiration est surtout sensible dans les veines qui avoisinent le cœur; aussi la nature a-t-elle eu la précaution de faire adhérer léurs parois aux aponévroses qu’eUes traversent, pour les empêcher de s’affaisser au moment de l’inspiration. C’est ce que l’on observe à la base du cou pour les veines jugulaires et au niveau du diaphragme pour la veine cave inférieure.

Mais l’adhérence des veines aux membranes fibreuses adjacentes a pour inconvénient de faciliter, lorsque ces vaisseaux sont ouverts pendant une opération, l’entrée , de l’air dans le torrent circulatoire; et le sifflement qui accompagne cet accident est produit par le mouvement d’aspiration dont nous venons de parler.

L’influence qu’exerce la respiration sur le cours du sang veineux est encore démontrée par le gonflement des veines de la tête et du cou pendant une . expiration forcée, comme dans le phénomène de l’effort.

De la circulation lymphatique. — Les vaisseaux lymphatiques puisent, dans la trame de nos tissus, les matériaux nutritifs ’qui ont échappé aux combustions organiques et les déversent dans le syskm veineux au niveau de la jugulaire et de la sous-c vière du côté gauche. . ; ,

La progression de la lymphe est favorisée pa. capillarité de ces vaisseaux, par la contractiute leurs tuniques et par la vis a iergo qui résulte l’absorption continuelle des éléments propres circulation par les réseaux lymphatiques.

D' G. WITKOWSKI.

CIRCDMDUCTION. — On donne ce nom vement dans lequel un membre décrit un ce ^ complet dans une de ses articulations. Ainsi, que, le bras tendu horizontalement, la sur un tableau une circonférence, de l’épaule fait un mouvement de circumduc

CIRCUMFUSA. — Ce mot latin qui signifie «

GIT

GIT

g eavironnantes j), est employé dans lelanae de pour désigner tout ce qui agit sur

graine par une influence extérieure, par exemple {^ climats, l’atmosphère, la température, etc. p. l.

CIRE. — 0)^ donne ce nom à une matière jaune, aque, solide, d’un goût faible et aromatique, nresque inodore, molle et malléable à la chaleur, dure et cassante à basse température, produite par les abeilles qui s’en servent pour construire les alvéoles dans lesquelles elles déposent leur miel. La cire blanche n’est que de la cire jaune décolorée par l’action de l’air et de la lumière.

Employée autrefois en émulsion contre la diarrhée, la cire jaune n’est plus employée' aujourd’hui (ffl’en pharmacie pour faire du cérat, et pour préparer un certain nombre d’emplâtres et d’on-

CIRRHOSE. — (V. Eépaiite.)

CIRSOCÈLE. — Nom donné à la dilatation variqueuse des veines du scrotum et du cordon (V. Varicocèle). P. L.

CISEAU. — On appelle ainsi en chirurgie un instrument composé d’une tige d’acier aplatie, tranchante à une de ses extrémités, assez semblable à celui dont se servent les mènuisiers, employé pour pratiquer certaines opérations chirurgicales, principalement pour sectionner et retrancher des fragments d’os atteints de carie, de nécrose, etc. . p. i.

CISEAUX. — La chirurgie utilise souvent les ciseaux et, suivant le siège et la forme des parties qu’ils servent à inciser et à couper, ils sont planes, i’oits, courbes, mousses ou pointus. p. L.

CITERNES. — Hygiène publique. — Les citernes sont des réservoirs souterrains, voûtés, destinés à recevoir et à conserver les eaux fluviales pour en faire usage dans les besoins du ménage. . On ne construit généralement de citernes que dans les localités qui sont dépourvues de sources ou d’eaux salubres, et dont la. nature du sol ne permet pas de forer des puits. La ville du monde qui possède le plus grand nombre de citernes est certainement Veuise. D’après Grimaud de Gaux, cette ville en compte ^)077, dont 197 sont publiques, ayant une profondeur moyenne de 3 mètres et une capacité totale de 202,325 mètres cubes.

Pour avoir une citerne durable et parfaitement etanche, il faut employer comme matériaux de construction, des briques reliées entre elles par du ^ent ou un béton de cailloux ou de pierres con- ^sees, ou encore le béton Coignet comprimé, à la citerne elle-même, elle doit se composer; a un réservoir principal, dont on aura soin de le fond d’une couche de sable fin et de char- U destinés à filtrer l’eau et à absorber les gaz ; quel'T ou petit réservoir ouvert, dans le-

les eaux fluviales déposent! en tombant, le ej] graviers et les diverses impuretés dont s sont souvent chargées, ûe bonne citerne doit être aussi profonde que

possible, et enfoncée dans la terre comme une cave. Plus elle sera profonde et mieux elle conservera l’eau potable. Il faut aussi qu’elle la conserve fraîche pendant l’été, et a l’abri de la gelée pendant l’hiver. Il faut encore qu’elle permette l’accès de l’air extérieur. Enfin, il est indispensable qu’une citerne soit nettoyée au moins une fois, et mieux deux fois par an. Pour opérer ces nettoyages, on est forcé de la vider chaque fois, ce qui n’est pas prudent, car une fois vidée, il est difficile de prévoir à quelle époque les pluies viendront la remplir à nouveau. Pour obvier à cet inconvénient grave, on peut, lorsqu’on construit une citerne, la cloisonner, comme le conseille Gérardin, c’est-à-dire, la partager par un mur en deux compartiments, dans l’un desquels on fait passer l’eau lorsqu’onveut nettoyer l’autre.

Une excellente précaution à prendre lorsqu’on remplit une citerne, précaution sur laquelle nous ne saurions trop insister, consiste à ne pas y conduire les eaux des premières pluies, surtout lorsque ces pluies sont des pluies d’orage ou survenant après une longue sécheresse, car ces eaux entraîneraient avec elles toutes les impuretés tenues en suspension dans l’atmosphère ou déposées sur les toits. Les meilleures eaux sont celles des pluies saisonnières du printemps et de l’automne.

Une autre précaution excellente consiste à ne pas faire usage de tuyaux de plomb pour conduire les eaux des toits à la citerne, parce que ces eaux attaquent rapidement le plomb et se chargent de carbonates de plomb absolument malfaisants.

L’eau d’une citerne construite et entretenue d’après les indications que nous venons d’énumérer, est une eau saine et agréable à boire.^ Toutefois, nous conseillons aux personnes qui font usage de l’eau de citerne, de la filtrer sinori^ toute, du moins celle qui est destinée à la boisson.

11 est regrettable que dans chaque village il n’y ait pas une citerne commune; il est regrettable aussi que dans les grandes villes on n’emmagacine pas dans d’innombrables citernes toute l’eau des pluies; car si elle ne servait pas au besoin du ménage, elle pourrait toujours largement suffire à elle seule à l’arrosément des rues et au nettoyage des égouts. En effet, on a calculé que si chaque maison de Paris recueillait intégralement l’eau fluviale qu’elle reçoit, elle en emmagasinerait palan 75,000 litres ! D' Paül Labarthe.

CITRATE. — Nom donné par les chimistes aux sels formés par la combinaison de l’acide citrique avec différentes bases. Les principaux citrates usités en médecine sont le ciiraie de fer (V. Fer) et le citrate de magnésie (V. Magnésie). p. i.

CITRIQUE (ACIDE). — L’acide citrique est solide, incolore, translucide, en cristaux prismatiques^ rbomboïdaux droits, solubles dans l’eau, l’alcool, l’éther. Sa saveur est forte, presque caustique et ne devient agréable que quand on le dissout dans une grande quantité d’eau. Il existe dans presque tous les fruits rouges, tels que les citrons, les oranges, les groseilles, les framboises, les cerises, etc., soit à l’état libre, soit en combinaison avec la potassci

GIT

GLA

Son action physiologique et thérapeutique est semblable à celle du citron (V. Citron).

Donné en limonade rafraîchissante, préparée avec l’acide ou avec le sirop, il est utile dans l’embarras gastrique, les fièvres graves, les affections putrides. Pris en potion ou en eau de seltz, il stinnile l’appétit et arrête les vomissements. Prescrit en sirop simple ou en sirop- de limon artificiel, il constitue un bon édulcorant des tisanes et des potions.

L’acide citrique combiné avec le fer forme le citrate de fer, employé dans l’anémie. Sa combinaison avec la magnésie donne le citrate de magnésie qui sert à la préparation de la limonade purgative de Rogé. D' Marc. Camboülives.

CITRON. — Le citron ou limon est le fruit du citronnier, arbre assez élevé, cultivé dans les contrées chaudes de l’Europe méridionale. C’est un fruit globuleux, à écorce raboteuse, d’un jaune de soufre, et à pulpe très acide. 11 s’emploie en médecine sous

Coupe transversale du citron.

trois formes : à l’état d’écorce, à l’état de suc, à l’é^ tat d’essence.

L’écorce de citron sert à préparer l’alcoolat, l’alcoolature et le sirop. Ces préparations se prescrivent rarement seules, elles se mettent le plus souvent dans les potions, les mixtures, les tisanes pour les aromatiser.

D’une acidité trop forte a l’état de pureté, le suc de citron constitue, dilué dans une plus ou moins grande quantité d’eau, la boisson la plus agréable et la plus employée dans les fièvres graves : variole, scarlatine, fièvre typhoïde, putride, pernicieuse, dans les phlegmasies èt les affections diverses qui réclament l’emploi des rafraîchissants et des tempérants. Il se donne à l’intérieur à la dose de quelques gouttes dans de l’eau sucrée contre la dyspepsie, la gastralgie, le pyrosis ; en limonade crue ou cuite dans les fièvres et les irritations gastriques ; en sirop dans les potions aromatiques ; en appRcations topiques, à l’aide d’un pinceau sur la langue, les

gencives, les amygdales affectées de phw couenneuses, ulcéreuses, scorbutiques hvS^^^ qiies ou gangréneuses. ’

Enfin l’essence de citron est un des parfum , plus recherchés et avec lequel on aromatise i • queurs fines, ainsi qu’une.foule de préparatinn. gistrales et officinales. D' Marc. CamboüuJ^'

CITROUILLE - (V. Courge.)

CIVETTE. — ■ On donne ce nom à une substa onctueuse, noirâtre, d’une odeur musquée, four^*^ par la civette ou chat musqué, et qui est'sécrét'^ par deux glandes arrondies situées de chaque cte de l’anus. La civette, jadis employée comme antispasmodique, est aujourd’hui inusitée et remplacée par le musc. p. l.

CIVETTE. - (V. Ciboule.)

CLAPIER. — Nom donné par les chirurgiens à une sorte de poche ou foyer purulent qui se forme autour d’un abcès, et d’où le pus s’écoule difficilement. ' P. L.

CLAUDICATION. — La claudication, ou action de boiter, peut être déterminée par plusieurs causes : par l’allongement ou le raccourcissement d’un des deux membres inférieurs, ce qui se produit dans les luxations spontanées du fémur, après certaines fractures compliquées, après les luxations de la hanche mal réduites, etc.; parles ankylosés désarticulations de la hanche ou du genou ; par une faiblesse des muscles extenseurs. Certaines claudications sont produites simplement par une douleur siégeant au pied ou au genou, qui porte le malade a exagérer les mouvements de flexion du membre où siège la douleur, afin de diminuer la pression que ce membre supporte. 11 est évident que la première condition pour soigner la claudication consiste à traiter d’abord la maladie qui l’occasionne.

CLAVICULE. — Anatomie. — La clavicule est un

os pair, allongé, à forme contournée et ressei^lam

à celle d’un S italique, situé à la partie supérieure et antérieure du thorax, entre le sternum et l’omoplate; ses courbures forment chez les gens maigres des reliefs très accentués. On lui^ considéré deux faces, deux bords et deux extrémités.

La face supérieure est lisse, arrondie, sous-cutanée. La face inférieure, parcourue par une gou tière dans laquelle s’insère le muscle sous-clavier^ présente, en dedans, une tubérosité qui s’artic avec la première côte, et, en dehors, une lign© ^ gueuse qui répond à l’apophysè coracoïde de 1 om^ plate et sert d’insertion aux ligaments coraco cia' culaires. ^

Le bord antérieur est large et convexe dans s deux tiers internes où s’insère le muscle grand p^^ toral, mince et concave dans son tiers

s’insère le muscle deltoïde. Le bord postérievr,^ rière lequel passent les vaisseaux sous-clayno^ présente des courbures opposées à celles du n antérieur.

Fig. 269.

Fracture de la partie moyenne de la clavicule.

^ Fragment interne (c’est celui qui fait saillie sous la peau). — “• Fragment externe (il chevauche au-dessous du fragment interne). — C. Épaule. ~ D. Muscle petit pectoral. — E. Musae sterno-mastoïdien (faisceau sternal). — F. Muscle sternomastoïdien (faisceau claviculaire). — G. Sternum.

naire d’un déplacement notable; le fragment externe s abaissé par le poids du membre thoracique, et en temps attiré en dedans par la contraction ^ muscles qui, du thorax, se portent vers la parp1 ®’iP®î’^®ure du bras ; le déplacement est d’autant eeat fragment interne est élevé par la

Faction du muscle sterno-mastoïdien. Il y a donc

Fig. 270.

Bandage de Desault pour les fractures de la clavicule modifié

plus OU moins élevée, occupant la partie moyenne de la clavicule et formée par l’élévation du fragment interne. Le moignon de J’épaule est abaissé et rapproché du tronc ; la clavicule est plus courte que celle du côté sain. La tête est inclinée du côté blessé, l’avant-bras fléchi, le bras dâns la rotation en dedans est soutenu par celui du côté opposé. Si l’on prie le blessé de porter la main à la tète, il ne le peut que très difficilement ; il incline la tête à la rencontre de la main plutôt qu’il ne relève celle-ci.

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interne, volumineuse et quadrangus’articule avec le sternum. Cette articulation ^ centre mobile des mouvements de l’épaule et tout le membre supérieur. Elle possède des ements en haut, en bas, en pant, en arrière ^des mouvements de circumduction ; dans chacun . f ces mouvements, l’extrémité interne de la clavile se meut en sens inverse de son extrémité exîrne L'extrémité externe, aplatie, est terminée, par ïe facette articulaire ovale qui regarde en dehors t en bas et s’articule à la saillie de l’omoplate ap- Llée ocromion. Les mouvements de cette articulaconsistent en de simples glissements dans les- (jaels l’omoplate, à la manière d’une sonnette, tourne autour d’un axe fictif passant par sa partie moyenne. Les mouvements d’abaissement et d’élévation de l’épaule se font à la fois dans les articulations interne et externe de la clavicule.

Fractures de la clavicule. — - Elles sont très fréquentes, en raison : 1“ de la position superficielle de cet os qui l’expose aux fractures directes; 2° de ses courbures et de ses rapports avec le membre supérieur, qui l’exposent fractures par contrecoup.

Les fractures de la clavicule peuvent être la conséquence, soit d’une violence directe, soit d’une chute sur l’épaule, le coude et même la main ; dans ce dernier cas la clavicule se trouve prise entre le sternum d’une part, et le niembre supérieur transformé en une colonne solide de l’autre, ses courbures sont exagérées et l’os se rompt.

La fracture peut occuper : 1° la partie moyenne DE l’os; 2“ SES EXTRÉMITÉS.

1» Fracture de la partie moyenne. — Le premier cas est le plus commun, et il s’accompagne d’ordi-

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abaissement et chevauchement du fragment externe, élévation du fragment interne. Ce déplacement, bien qu’habituel, n’est pas constant ; l’intégrité du périoste, les dentelures de la fracture, la direction oblique en bas et en dehors du fragment interne, sont autant de causes capables d’empêcher sa production.

2“ Fracture des extrémités. — Si la fracture est très rapprochée de Vextrémité sternale, le déplacement est très peii accentué, en raison du voisinage de la première côte qui ne permet ni abaissement ni chevauchement du fragment, et aussi en raison de l’insertion du muscle sterno-mastoïdien qui s’effectue sur les deux fragments.

De même les frac ures de l'extrémité externe ne donnent point heu à un déplacement de fragments, le fragment interné étant solidement fixé à l’apophyse coracoïde de l’omoplate, et le fragment externe se trouvant placé entre deux forces opposées qui se détruisent, le muscle triceps en haut et le muscle deltoïde en has.

Les symptômes des fractures de la partie moyenne sont les suivants : une déformation souvent très accentuée, qui consiste en une saillie

11 y a une douleur très vive au niveau du foyer de la fracture, qui est éveillée par la pression et par le moindre mouvement du bras. On constate enfin de la crépitation, du gonflement et une ecchymose. Ces symptômes sont souvent des plus manifestes, de telle sorte que rien n’est plus facile que le diagnostic de cette fracture.

Les fractures des extrémités ne présentent d’autres signes qu’une douleur exactement circonscrite à leur niveau, un peu de gonflement, une légère

Fig. 272. *

Appareil de Péan pour les fractures de la clavicule (vu de face)

partie moyenne, il est presque impossible de les maintenir réduites, et elles laissent à leur suite une

Appareil de Velpeau pour les fractures de la clavicule.

ecchymose et parfois un peu de crépitation. Aussi ces fractures sont-elles souvent méconnues.

Indépendamment des complications qui leur sont communes avec toutes les autres fractures, les fractures de la clavicule, à cause des rapports de cet os avec le plexus brachial et les vaisseaux sous-claviers, pourraient faire craindre de graves lésions de ces organes, telles que commotion, paralysie du membre supérieur, hémorrhagies, anévrismes, etc. Elles sont heureusement tout à fait exceptionnelles. .

Il est, en général, très facile de reconnaître l’existence d’une fracture de la clavicule j au moment rnême de l’accident, le blessé éprouve une douleur vive au niveau de l’os et parfois un craquement; si la fracture occupe la partie moyenne de l’os, il existe une déformation caractéristique. Il n’y a guère que les fractures des extrémités qui puissent être confondues avec de simples contusions. Mais la douleur très circonscrite, persistante, et quelques jours plus tard une ecchymose feront incliner vers une fracture.

Fig, 273,

Appareil de Péan pour les fractures de la clavicule (vu de dos).

difformité qui, bien que n’entravant en rien les fonctions du membre, peut être désagréable aux

femmes qui désirent se montrer en public les

traitement, l’indication consiste à atti- ^le fragment externe en arrière, en dehors et en afin de le mettre en contact ayec l’interne. 11 ffit pour cela d’imprimer ces mouvements au Srnonde l’épaule, car il entraîne avec lui le fragment externe; mais dès qu’on l’abandonne à lui-. Zèjne, le déplacement se reproduit.

**^0n à imaginé un grand nombre d’appareils pour le traitement des fractures de la clavicule. Les plus fionnns sont ceux de Desault, de Velpeau et de Péan, représentés par les figures intercallées dans cet ar-

*'on se borne souvent à appliquer simplement le bandage suivant qui est très simple : la réduction opérée, l’avant-bras demi-fléchi, le. coude est rapproché du tronc ; à l’aide d’une serviette pliée en friangle, les deux pointes dirigées, en bas et venant se nouer derrière le dos, on fixe solidement l’avantbras. Les deux angles de cette serviette formant le sommet du triangle sont alors pendants au-devant de l’abdomen ; on les ramène de bas en haut entre l’avant-bras et le tronc, chacun vers une épaule, et l’on y fixe deux bouts de bandes, qui, passant l’une sur la clavicule brisée, l’autre sur l’épaule saine, viennent en arrière se nouer sur la serviette.

Luxations de la clavicule. — Elles présentent trois variétés : 1“ Luxations de l’extrémité interne ;

— 2® Luxations de l’extrémité externe ; — 3® Luxations SIMUI.TANÉES DES DEUX EXTRÉMITÉS.

1® Luxations de l’extrémité interne ou sternale.

— Elles peuvent se produire en avant, en arriéré, ou en haut.

^Luxation en avant. — De toutes les luxations sterno-claviculaires, c’est la plus fréquente ; elle est produite par une forte projection de l’épaule en arrière, qui a pour résultat de faire saillir en avant l’extrémité sternale de la clavicule et de déchirer les ligaments qui l’unissent au sternum ; les chutes sur le moignon de l’épaule en sont les causes ordinaires. Boyer l’a vu produite chez une jeune personne, pendant qu’on lui portait brusquement les épaules en arrière pour l’habituer à se présenter avec grâce.

Si la luxation est complète, tous les ligaments sont rompus, la clavicule est placée en avant du sternum; on a même observé la déchirure du faisceau le plus interne du muscle sterno-mastoïdien ; si la luxation est incomplète, les ligaments sont simplement distendus ou éraillés.

La tête de la clavicule forme au-devant du sternum une tumeur dure, arrondie, superficielle, qui Par^e tous les mouvements de l’épaule; à sa place abiiuelle se trouve une dépression ; ce sont là les oi^equences naturelles du déplacement de la tête m clavicule qui s’est portée en bas, en avant et n dedans; U en résulte une étroitesse de l’épaule à J^?®PPndante. L’attitude du blessé est semblable Le nfiservée dans les fractures de la clavicule.

s tfoubies fonctionnels consistent en une douleur ou niveau des parties luxées et en une gêne

JJ une impossibilité de l’élévation du bras, snnt^ . l’hésitions incomplètes, ces symptômes peine marqués.

Pour réduire ces luxations, faites attirer l’épaule en dehors, tandis que vos doigts pressent sur la tête de la clavicule et la repoussent en haut et en dehors. Il est souvent difficile de maintenir la réduction; on pourrait immobiliser le membre avec l’appareil de Velpeau pour les fractures de la clavicule et en même temps appliquer la pelotte d’un bandage herniaire sur la partie luxée.

Luxation en arriéré ou rétrosternale. — Niée par Petit et Boyer, l’existence de cette luxation se trouve prouvée par une' dizaine de faits. Elle est produite par une projection forcée de l’épaule en avant (c’està-dire par un mécanisme inverse de celui qui produit la luxation pré-sternale), ou même par une pression directe exercée d’avant en arrière sur l’extrémité interne de la clavicule.

La tête de la clavicule s’est placée soit directement en arrière du sternum, soit en arrière et en bas; les ligaments et souvent les fibres du muscle sterno-mastoïdien sont déchirés.

Il existe une dépression au lieu du relief que présente normalement la tête de la clavicule ; l’axe de cet os semble se diriger vers le cou. L’attitude du blessé ressemble à celle des gens atteints de fractures de la clavicule; la tête est inclinée vers l’épaule, l’épaule portée en avant.

Les troubles fonctionnels consistent en une douleur très vive qui, au moment de l’accident, a pu aller jusqu’à déterminer une syncope; en une gêne de la déglutition, de la respiration.

Pour réduire lâ luxation, portez l’épaule en arrière et en dehors pendant qu’avec le genou appliqué sur le dos vous maintenez le trône et même vous le repoussez en avant. Cherchez à fixer le membre dans cette situation pour prévenir la reproduction du déplacement.

Luxations en haut sus-sternales. — On n’en connaît que deux exemples ; dans les deux cas, il fut très facile de constater la présence de la tête de la clavicule au-dessus du sternum ; la réduction fut facile. Dans l’un, le déplacement se reproduisit et persista, mais sans gêne pour le malade.

2° Luxations de l’extrémité externe. — Elles peuvent se produire en haut ou en bas.

Luxation en haut ou sus-acromiale. — C’est la plus fréquente des luxations de la clavicule. Galien rapporte qu’il en fut lui-même atteint en exerçant au gymnase. La luxation peut être complète ou incomplète.

Cette luxation se produit par une chute de côté, faite sur le moignon de l’épaule, surtout, suivant Morel-Lavallée, lorsqu’il existe une forte impulsion du tronc en avant, car l’omoplate est refoulé en bas et en dedans, et les facettes articulaires ont plus de tendance à s’abandonner.

L’extrémité de la clavicule forme une saillie considérable au-dessus de l’acromion ; si la luxation est incomplète, on n’observe qu’un léger reUef, qui disparaît par l’élévation du bras, mais se reproduit aussitôt qu’il s’abaisse. Dans les deux cas, le blessé éprouve une douleur vive à ce niveau, et son attitude ressemble à celle des individus atteints d’une fracture de la clavicule.

Il suffit de mesurer les deux clavicules pour ne pas confondre une luxation avec une fracture de cet os.

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