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caractérisée par une insuffisance de la circulation veineuse. Cette insuffisance peut tenir à deux causes ; 1° à un obstacle mécanique au cours du sang veineux ; 2“ à une diminution dans la force de projection du sang artériel.
1“ Obstacles an cours du sang 'oeineux. — Ce sont : la compression ou l’oblitération d’une veine (phlébite, thrombose, cirrhose du foie, etc.), une altération cardiaque. Ces congestions passives sont remarquables par l’abondance des transsudations séreuses qu’elles provoquent.
3“ Diminution dans la force de 'projection du sang artériel. — On sait que l’impulsion cardiaque et la réaction des artères sont les principaux agents de la circulation veineuse ; or, leur force s’affaiblit dans le cours des maladies graves adynamiques ; il en résulte une lenteur et une faiblesse de la circulation veineuse, qui devient bien rapidement une stase congestive dans les régions où l’action de la pesanteur ne lui vient pas en aide. Ces congestions ont reçu le nom d^hypostatiques ; elles sont surtout fréquentes dans le poumon, d’où le précepte d’évi-. ter le décubitus dorsal trop prolongé, soit chez les vieillards, soit dans les maladies de longue durée.
Les congestions passives déterminent une turgescence des tissus, une abondante transsudation séreuse, les tissus congestionnés sont noirâtres, chargés d’acide carbonique, leur nutrition est languissante.
Fréquemment répétées, elles déterminent la dilatation permanente des vaisseaux et une tendance aux catarrhes chroniques.
Le traitement, on le conçoit, est essentiellement subordonné à la nature et au siège de la congestion, et ne peut donc être formulé ici.
Léon Moynac.
CONGRE. “ Le congre, appelé aussi anguille de mer, est un poisson abondant sur toutes lès côtes d’Europe, dont la chair est fade, huileuse et souvent coriace, d’une digestion difficile et d’une valeur nutritive médiocre. p. l.
CONICINE. -, (V. Ciguë.)
CONJONCTIF. (TissD). — (V. Cellulaire.)
CONJONCTIVE. — Anatomie. — La conjonctive est une membrane muqueuse qui couvre la face postérieure des paupières, et qui se réfléchit sur la partie antérieure du globe oculaire. Elle est cûns‘ tamment lubrifiée par les larmes et un mucus spécial.
Confondue avec la peau au niveau du bord libre des paupières, elle se porte sur la face postérieure de ces voiles membraneux pour se réfléchir sur le globe oculaire, en formant un cul-de-sac circulaire, appelé cul-de-sac oculo-palpébral, et interrompu seulement à la commissure interne des paupières. On est dans l’habitude de lui décrire plusieurs parties, selon les régions qu’elle occupe. Nous étudierons par conséquent : !<> la conjonctive palpébrale; 2“ la conjonctive dù cul-de-sac ; 3® la conjonctive de la commissure interne des paupières ; 4“ la conjonctive oculaire.
1® La conjonctive palpébrale est très adhérente aux paupières et très vasculaire ; elle présente de petites papilles qui s’hypertrophient sous l’influence de l’inflammation pour former des granulations.
2° La corijonctive du cul-de-sac forme le cul-desac oculo-palpébral, qui occupe les parties supérieure, inférieure et externe du globe oculaire. Ce cul-de-sac est plus profond à la partie supérieure qu’à la partie inférieure, et plus à ce niveau qu’à la partie externe. En haut et en bas, il correspond au sillon oculo-palpébral.
3° La conjonctive de la commissure interne des paupières forme la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire. La caroncule est une saillie de la conjonctive, de couleur rougeâtre, et située au grand angle de l’œil. Cette saiUie muqueuse est due à la présence de dix à douze follicules pileux et de quelques glandes sébacées situées à ce niveau. A la surface de la caroncule, on voit sortir l’extrémité de petits poils situés dans ces follicules pileux. Le repli semi-lunaire est situé en dehors de la caroncule ; il est formé par la conjonctive qui s’adosse à ellemême. Ce repli forme un croissant vertical dont la concavité regarde en dehors. Lorsque la pupille se porte en dedans, le croissant diminue de surface ; lorsqu’elle se porte en dehors, sa surface augmente. Ce repli est le rudiment de la membrane clignotante de quelques animaux.
4® La conjonctive oculaire se comporte différemment sur la cornée et sur la sclérotique. Au niveau de la sclérotique, elle glisse sur cette membrane au moyen d’un tissu cellulaire lâche, et recouvre à ce niveau l’extrémité antérieure des tendons des muscles de l’œil. Au niveau de la cornée, la conjonctive se réduit à son feuillet épithélial qui passe seul sur la face antérieure de la cornée. (V. Cornée.) La conjonctive oculaire s’appelle aussi bulbaire.
La conjonctive est formée de deux couches superposées, de vaisseaux, de nerfs et de glandes.
La couche profonde, ou derme, est mince ; des éléments de tissus cellulaire et élastique la constituent. La couche superficielle est formée de cellules épithéliales, cellules qui sont pavimenteuses et disposées en une seule couche sur la cornée ; pavimenteuses et polyédriques mélangées sur le reste de la conjonctive, où elles forment plusieurs couches superposées.
Les glandes de la conjonctive sont de petits lobules pourvus d’un canal excréteur qui traverse l’épaisseur de la muqueuse. Ces lobules sont disséminés dans le tissu cellulaire sous-conjonctival.
Les artères de la conjonctive sont nombreuses; elles proviennent des artères palpébrales et des artères ciliaires antérieures. Les veines forment audessous de la conjonctive bulbaire un riche réseau très apparent dans les inflammations de cette membrane; elles se jettent toutes dans la veine ophthah mique. Enfin, les nerfs viennent des nerfs ciliaires pour la partie oculaire et des divisions terminales de la branche ophthalmique pour la portion palpé" braie. D' J.-A. fobt.
Blessures de la conjonctive. — Les blessures bornées à la conjonctive sont bien plus souvent occasionnées par l’art qu’elles ne sont accidentelles.
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Elles rentrent dan la catégorie des plaies par instruments piquants ou tranchants dans le premier cas, tandis qu’elles appartiennent plutôt, dans le second, à la classe des plaies déchirées, des plaies contuses ou des contusions simples. Dans tous les cas, que la blessure soit accidentelle ou volontaire, les suites en sont généralement simples : il se produit, aux environs de la solution de continuité, une extravasation sanguine limitée; la conjonctive s’injecte dans la sphère seulement de la partie lésée, et il est très rare qu’il se développe une phlegmasie réelle. Le pronostic est plus grave s’il s’agit d’une piqûre occasionnée par certains insectes, qui déposent dans la plaie un principe vénéneux ou un corps étranger.
Dans les premiers jours qui suivent la blessure, on aperçoit, sur la portion de conjonctive lésée, une exsudatfon blanchâtre qui, plus tard, se résorbe et laisse une cicatrice à peine apparente, parce que la muqueuse attirée de tous les points voisins comble la perte de substance. Une ligne grisâtre est le seul vestige de l’ancienne plaie, l^orsque celle-ci se rapproche des angles de l’orbite, des culs-de-sac conjonctivaux, ou qu’elle intéresse à la fois le feuillet palpébral et oculaire de la muqueuse, il en résulte parfois un symblépharon.
Le traitement est simple ; il faut se borner, dans les premiers jours qui suivent la blessure, à appliquer sur la région une compresse de toile fine imbibée d’eau froide, et à baigner l’œil dans une solution légèrement astringente. Si la conjonctive reste hyperhémiée, on prescrit des collyres plus énergiques. Quelques purgatifs salins sont aussi utiles. Les plaies déchirées comportent le même traitement. S’il y a un lambeau de conjonctive pendant, on en pratique l’excision, ou bien, si ce lambeau est trop étendu, on le réunit aux parties voisines par un un point de suture.
Les contusions de la conjonctive sont suivies d’une infiltration de sang dans le tissu cellulaire sous-conjonctival, et souvent en même temps dans le tissu cellulaire des paupières. La muqueuse offre alors une couleur rouge foncé ou lie de vin. C’est encore aux topiques astringents qu’il faut donner la préférence pour favoriser la résorption de ce liquide. Un genre de collyre, dont j’ai observé les bons effets, c’est la solution d’arnica, à la dose d’une cuillerée à café pour un verre d’eau froide.
Les blessures de la conjonctive sont quelquefois compliquées de la présence de corps étrangérs^yoj. plus loin).
Brûlures et cautérisations de la conjonctive. — Les brûlures de la conjonctive sont produites tantôt par la flamme, tantôt par des liquides bouillants projetés sur la face, tels que de l’eaii à une température élevée, du suif ou de la poix fondus, enfin des métaux en fusion ; tantôt encore par l’explosion de la poudre à canon.
Les cautérisations de la conjonctive sont occasionnées par des acides projetés sur la face, tantôt volontairement, tantôt accidenteUement. Le plus souvent, c’est l’acide sulfurique, ou bien le vinaigre, des liqueurs spiritueuses, telles que le wiskey. D autres fois, ce sont des caustiques proprement dits : le beurre d’antimoine, des particules de po¬
tasse, de nitrate d’argent ; la chaux, soit à l’état de chaux vive, de chaux éteinte, ou à l’état de mortier Les effets produits par ces divers agents, physiques ou chimiques, varient en raison de la température qui leur est propre, de leur force cautérisante, de la durée de leur séjour à la surface de la conjonctivite, de leur état solide ou liquide, etc.
Lorsque c’est de la chaux qui est projetée à la surface de l’œil, la conjonctive oculo-palpébrale blanchit, se gonfle et s’exfolie; elle est décomposée par l’action caustique de cette substance. La cornée est toujours atteinte et prend une teinte blanchâtre d’un bleu perlé. Les effets consécutifs varient : quelquefois les phénomènes réactionnels sont modérés ; il se développe une phlegmasie peu intense de la conjonctive, qui ne laisse à sa suite que quelques nuages de la cornée. D’autres fois, cette membrane fortement désorganisée se rompt et l’œil se vide en partie ou en totalité. Chez d’autres sujets, la cornée demeure opaque, suhit la fonte purulente et devient le siège d’un staphylome. Les eschares de la conjonctive une fois éliminées, les plaies se cicatritrisent, en produisant souvent des adhérences entre le feuillet palpébral et le feuillet oculaire, d’où un symblépharon.
Le traitement des brûlures de la conjonctive par la chaux comporte deux indications : enlever toutes les particules de cette substance qui sont restées dans la cavité conjonctivale et combattre les accidents inflammatoires consécutifs. Pour remplir la première, on fait écarter les paupières et on extrait avec une spatule, une pince ou tout autre instrument, les parcelles de chaux ; on retourne la paupière supérieure, et on commande au malade de regarder en bas, pour enlever les parcelles qui sont logées dans le cul-de-sac conjonctival supérieur. Des manœuvres analogues sont répétées pour la paupière inférieure. On dirige ensuite, à la surface de l’œil, un courant continu d’eau tiède, pour entraîner les parcelles de chaux restantes. Pour prévenir et combattre la phlegmasie consécutive, on maintient en permanence sur les paupières des compresses trempées dans l’eau froide. S’il se déclare une conjonctivite simple, on prescrit un collyre à l’azotate d’argent; si la phlegmasie est plus forte et qu’il y ait menace d’ophthalmie interne, on a recours à la saignée générale et locale, à la diète, au calomel administré à dose fractionnée.
L’acide sulfurique produit de graves désordres, lorsqu’il est projeté sur l’œil ; la conjonctive blanchit, se ramollit et se gonfle d’abord i plus tard, elle s’exfolie; la cornée devient opaque et se recouvre parfois de vésicules ou de phlyctènes ; eUe est souvent désorganisée par suppuration, ulcération ou par gangrène immédiate. Les lésions sont parfois plus profondes qu’on ne le croit tout d’abord. Ainsi la sclérotique peut être atteinte en môme temps, quoique la cornée soit restée transparente, et l’on a la douleur, après avoir porté un pronostic assez favorable, de voir, au bout de quelques jours, une large perforation de l’œil qui entraîne la perte de l’organe. On a conseülé de laver l’œil à grande eau, avec une solution étendue de carbonate dépotasse; on neutralise ainsi la portion d’acide restante, et on limite les effets de cet agent destructeur. On
peut, dans le but de prévenir une réaction violente, soumettre l’œil à un courant continu d’eau tiède. La pblegmasie consécutive sera combattue par les moyens appropriés. Ces derniers préceptes sont les seuls applicables, dans les cas où la brûlure a été faite-par Y eau bouillante, le suif fondu.
Les particules de substances caustiques, telles que la potasse, l’azotate d’argent, déposées dans la cavité conjonctivale, produisent des désordres d’autant plus profonds, qu’ elles ont séjourné plus longtemps. n faut se bâter de les extraire, laver l’œil avec une solution qui neutralise le principe du corps caustique, une solution de sel marin., par exemple, s’il s’agit du nitrate d’argent.
Les brûlures de la conjonctive et de la cornée, par suite de Y explosion de la poudre, présentent un autre phénomène : l’implantation et le séjour, dans ces deux membranes, de grains du mélange inflammable. Si on n’en fait pas l’extraction immédiate, la conjonctive se cicatrise par-dessus, et il en reste des traces ineffaçables. On enlève ces grains avec la pointe d’une aiguille à cataracte.
Corps étrangers de la conjonctive. — Ils sont de diverse nature : des particules de poussière, des morceaux de paille, des rognures d’ongles ou de plumes, de petits insectes, des particules de fer projetées à l’état d’ignition ou à froid, des germes de graminées, des particules de coke ou de houille, un fragment de la glume d’un grain d’avoine, le périsperme d’une graine de chènevis, une mouche commune, une portion de pousse de buisson , des œufs et des larves d’insectes , des yeux d’écrevisses, un nœud de mèche de fouet, etc.
Dès qu’un de ces corps étrangers, si petit qu’il soit, a pénétré dans la cavité conjonctivale, il détermine, à l’instant même, une sensation de gêne plus ou moins pénible, d’après la place qu’il occupe. Le blessé cligne constamment, se frotte les paupières, essaye de les ouvrir, sans pouvoir y arriver; la conjonctive oculo-palpébrale s’injecte, il s’échappe un flot continu de larmes. Quelquefois le corps étranger finit par être entraîné en dehors avec les larmes et les mucosités conjonctivales. D’autres fois, il reste adhérent à la conjonctive; ou bien encore il pénètre dans l’épaisseur de la muqueuse, c’est ce qui arrive pour les dards de certains insectes. Il en est qui se fixent dans l’épithélium de la cornée.
Toutes les fois qu’on soupçonne la présence d’un corps étranger, on examine la conjonctive oculo- ' palpébrale de la manière suivante : on commence par abaisser fortement la paupière inférieure, en commandant au malade de regarder en haut; de cette manière on explore le cul-de-sac conjonctival inférieur. On retourne la paupière supérieure de façon à porter en avant la face conjonctivale, sur laquelle le corps étranger est souvent accolé. Pour explorer le cul-de-sac supérieur, on fait renverser fortement en arrière la tête du malade; on attire la paupière supérieure à la fois en haut et en avant, et on plonge le regard de bas en haut jusqu’au repli de la conjonctive.
Le traitement comporte deux indications: extraire les corps étrangers; combattre la conjestion et la phlegmasie consécutives.
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La plupart des corps étrangers adhèrent si peu i la conjonctive, que le moindre effort suffit pour les détacher. On se sert communément d’un cure-dent ou d’un morceau de papier roulé sur lui-même. Les gens du peuple ont recours à d’autres manœuvres qui ne sont pas toujours inoffensives; il en est qui se servent de bagues; d’autres soufflent fortement à la surface de l’œil. Le plus souvent, le petit corps étranger est niché derrière la paupière supérieure. On commence donc par renverser le voile, puis on ramasse le corps avec la grosse extrémité du curedent. Cette dernière manière de procéder convient également aux corps étrangers simplement adhérents à la conjonctive cornéale. Lorsque le corps a traversé la conjonctive scléroticale et qu’il s’est enfoncé audessous de cette membrane, on est parfois obligé de soulever avec des pinces à griffes la portion de conjonctive qui le recouvre et d’emporter le tout d’un coup de ciseaux. Les dards de certains insectes fixés dans la conjonctive doivent être enlevés avec des pinces ou dégagés avec la pointe d’une aiguille à cataracte.
Les corps étrangers qui traversent la conjonctive s’implantent parfois assez profondément dans la sclérotique, pour que l’extraction en soit difficile et exige qu’on enlève avec précaution les lamelles superficielles de la fibreuse avec une aiguille à cataracte, pour saisir le corps étranger avec une pince.
11 n’est pas toujours facile de pratiquer l’extraction d’un corps étranger de la cavité conjonctivale; parfois il existe une contraction spasmodique des paupières, qui s’oppose à ce qu’on écarte ou à ce qu’on renverse suffisamment ces voiles. On commence par calmer ces phénomènes, en appliquant les topiques sédatifs sur l’œil, des sangsues sur la région temporale; en maintenant le malade dans une chambre médiocrement éclairée ; après quoi on procède à l’extraction du corps étranger. Une fois ce dernier enlevé, on se borne à recommander des lotions d’eau froide ou un collyre légèrement astringent. La congestion conjonctivale disparaît promptement. Je l’ai vue quelquefois cependant persister avec opiniâtreté pendant plusieurs jours.
Inflammation de la conjonctive. — (V. Conjonctivite.)
Œdème de la conjonctive. — (V. Chémosis.)
Hypertrophie de la conjonctive. — (V. Ptérygion.}
Atrophie de la conjonctive. — (V. Xérosis.)
D' Fano.
CONJONCTIVITE. — On donne ce nom aux affections inflammatoires de la conjonctive. Ces inflammations se présentent sous des formes très différentes. Au point de vue de la lésion anatomique, on peut distinguer 6 groupes de conjonctivites qui sont : 1“ la conjonctivite phlycténu luire; 2® la conjonctivite catarrhale ; la conjonctivite purulente; 4“ la conjonctivite granuleuse; S® la conjonctivite folliculaire; 6® la conjonctimte diphtéritique.
A. Conjontivite phlycténulaire. — Elle a été souvent aussi désignée sous le nom de conjonctivite scrofuleuse, conjonctivite lymphatique, conjonctivite pustuleuse ou herpès de la conjonctive.
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Dans cette affection, on observe sur Iç conjonctive, en un point toujours très voisin de la cornée, une ou plusieurs petites vésicules saillantes, de dimension variable, bien nettement délimitées, transparentes, contenant un liquide citrin ou laiteux pouvant se résorber ou tourner à la purulence. Autour de cette vésicule se développent des vaisseaux de nouvelle formation qui constituent par leur disposition une sorte de triangle dont le sommet correspond à la phlyctène.
La durée de cette affection ou plutôt de la vésicule ne dépasse guère huit jours; mais les récidives sont fréquentes et elles éternisent cette maladie tant que la constitution lymphatique ou scrofuleuse n’est pas franchement modifiée. Cette maladie apporte, du reste, peu de troubles dans les fonctions de l’organe et elle ne cause qu’un sentiment de gravier plus ou moins pénible, à moins toutefois que cette conjontivite ne vienne à se compliquer du catarrhe conjonctival ou de kératite; dans ces cas, il y a ou une sécrétion abondante de mucus épais, blanchâtre, rappelant le pus, ou une photophobie intense accompagnée de douleurs vives.
La guérison est le mode de terminaison habituel et l’on pourrait presque dire fatal ; mais elle est hâtée par la projection de poudres médicamenteuses entre les paupières, telles que le calomel qui semble agir en usant le sommet de la vésicule, l’acide borique dont les propriétés antiseptiques sont favorables à la prompte terminaison de l’inflammation, l’iodoforme qui agit à la fois comme corps solide et comme antiseptique. J’ai l’habitude de pratiquer la cautérisation dë la phlyctène au moyen du fil de platine rougi par l’électricité; aucun moyen n’est plus efficace. L’excision du sommet de la vésicule est loin d’agir avec autant de promptitude. On emploie souvent aussi les collyres légèrement astringents au borax, au sulfate de cuivTe ou de zinc, au nitrate d’argent, à l’acétate de plomb, etc., les pommades à l’oxyde rouge ou jaune d’hydrargyre associé,aii 1/20, à la vaseline. Quel que soit letrâitement local prescrit, il ne faudra jamais négliger la médicatiqn générale. Dans le but de modifier la constitution, on s’adressera au fer, à l’arsenic, au phosphore, à l’huile de foie de morue, au sirop de raifort iodé j aux ablutions froides, aux frictions générales, et on recommandera l’exercice en plein air et une nourriture substantielle.
B. Conjonctivite catarrhale. — Elle est souvent désignée sous le nom de catarrhe de la conjonctive, conjonctivite simple, catarrhe sec, hyperémie de la conjonctive, ophthalmie catarrhale, coup d’air, etCi
Béiix formes se présentent à l’observation : 1“ le
CATARRHE SEC; 2° la CONJONCTIVITE CATARRHALE. GéS
deux fijrrnes qui ont pour origine les mêmes causés ; le froid, l’humidité, les poussières, les vapeurs irritantes, les lésions des paupièrès où dés voies lacrymales^ se substituent souvent l’uiie à l’autre, c’està-dire que, débutant par le catarrhe séc, la maladie se ternune fréqueihmeht par la conjonctivite catarrhale ou à sécrétion.
Le mot le dit, le catarrhe sec est une simple inflammation de la 'conjonctive, se traduisant par 1 injection générale des vaisseaux, sans que la sé-
ëOb
crétion delà muqueuse soit exagérée. Cette maladie qui gêne surtout le soir en déterminant un alourdissement très pénible des paupières, qui s’exaspère par le séjour à la vive lumière ou dans la fumée se guérit assez aisément par les lotions antiseptiques chaudes, les collyres astringents au sulfate de zinc :
Sulfate de zinc . .
Eau distillée .
.... 23 centigr.
.... 20 grammes
au nitrate d’argent :
Nitrate d’argent .
Eau distillée ..........
.... S à 40 gr.
.... 30 gramme*
OU au borate de soude :
Borate de soude .
Glycérine pure .
.... 50 centigr.
. . . . 10 grammes
et les projections de poudre de calomel.
Le catarrhe conjonctival est caractérisé par une injection plus prononcée de tout le système vasculaire, on observe parfois de petites hémorrhagies miliaires, suite de la rupture des vaisseaux et toujours un œdème plus ou moins prononcé, avec sécrétion séreuse d’abord, purulente ensuite.
Les symptômes accusés par les malades sont d’abord une petite gêne qui se transforme bientôt en douleurs vives, rappelant celles dues à la présence de corps étrangers entre les paupières et s’accompagnant de blépharospasme, de photophobie avec trouble considérable de la vision dû à la présence des mucosités épaisses qui tapissent l’œil et recouvrent la cornée. Nous verrons bientôt que, n’étaient la gravité rapidement croissante de la conjonctivite purulente^ on pourrait confondre le catarrhe conjonctival avec cette dernière affection.
Au début, alors que l’écoulement est simplement séreux, de légers collyres astringents seront suffisants. Nous donnons la préférence dans ces cas au collyre glycériné etboraté suivant :
Borax. . 50 centigr.
Glycérine pure. . lO grammes.
On conseille généralement l’usage du collyre :
Nitrate d>rgent . ........ 5 centigr. *a 1 gr.
Eau distillée . . . 20 grammes
il faut, surtout lorsque cette solution est concentrée, ne pas négliger la neutralisation du sel d’argent par l’eau salée, afin d’éviter autant que possible l’imprégnation de la conjonctive par ce sel métallique, qui a le grave inconvénient de colorer les tissus d’une façon indélébile.
• Quand la. sécrétion est abondante, j’ai recours au traitement suivant, qui donne des résultats, aussi prompts et satisfaisants que possible : lotions chaudes antiseptiques trois fois par jour (le sali cophénol rend à. cet égard d’importants services); instillations entre les paupières d’une goutte de collyre d’acétate de plomb dissout dans la glycérine, et le soir introduction entre les paupières de vaseline phéniquée dans la proportion de 1/400 à 4/300.
Conjonctivites purulentes. — Elles sont aussi appelées conjonctivites èlennorrhagiques, blennorrhée de la conjonctive, ophihalmje purulente.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, cette maladie se
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rapproche beaucoup du catarrhe conjonctival; toutefois la nature et l’abondance de la sécrétion, le gonflement considérable de la muqueuse et les compücations suffisent à différencier ces deux maladies. La conjonctivite purulente marche, du reste, avec une effrayante rapidité; le larmoiement de l’œil qui marque le début du mal est rapidement remplacé par un écoulement citrin, puis par une sécrétion épaisse, gluante, se concrétant parfois en fausses membranes et se terminant par une vraie source purulente qui donne sur les joues deux longues tramées d’im blanc verdâtre.
Les paupières sont œdématiées, rouges, tendues, luisantes et tombantes. Si, au prix de vives douleurs pour le patient, on arrive à soulever les paupières, la conjonctive est épaissie par suite de la gêne circulatoire, elle présente des ecchymoses et un chémosis considérable, qui parfois vient faire un bourrelet dans la fente palpébrale et le plus souvent menace d’étrangler la cornée et amène même parfois son sphacèle total, soit par infiltration de leucocythes, soit par l’obstacle apporté à la circulation cornéenne.
L’un des caractères de cette terrible maladie est la transmission facile d’un œil à l’autre ou du patient aux personnes qui lui donnent des soins.
Sans insister davantage sur les douleurs ressenties par le malade et qui très rapidement s’exaspèrent au point de devenir intolérables, il faut signales complications de l’état général, la fièvre, l’inappétence, la soif vive, la perte de sommeil que ne peuvent touj ours rendre les injections sous-cutanées de morphine ou l’emploi des calmants tels que l’hydrate de chloral, le bromure de potassium, les préparations opiacées.
Les causes de cette affection, en dehors de la contagion et du défaut de soins donnés à la conjonctivite catarrhale, sont les sécrétions blennorrhéiques dont une parcelle a pu être transportée sur l’œil. Cette dernière source apporte une gravité plus grande encore à cette terrible affection qui est la cause de la majeure partie des cas de cécité venue par suite de sphacèle cornéen.
Les traitements préconisés sont très nombreux, celui qui est le plus généralement adopté est la cautérisation des culs-de-sac par le nitrate d’argent que les uns emploient sous forme de crayon, les autres sous forme de solutions plus ou moins concentrées.
Certains auteurs recommandent les compresses d’eau glacée et même l’usage de sacs remplis de glace pilée. Nous donnons la préférence à la médication suivante déjà développée à la conjonctivite catarrhale ; les lotions chaudes antiseptiques, le collyre d’acétate de plomb à la glycérine, la pommade de vaseline phéniquée, l’atropine ou l’ésérine suivant les indications de perforations. A cette médication nous associons les fuhnigations antiseptiques et les bains d’air sec, ainsi que les calmants administrés soit par la voie hypodermique, soit par l’estomac.
Conjonctivite des nouveaux-nés. — C’est une forme de la conjonctivite purulente que nous venons de décrire; eUe en diffère par son origine. EUe s’accompagne de sécrétions purulentes très abondantes, se concrétant à la face interne des pau-
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pières en fausses membranes qui ont fait donner à cette maladie le nom de croup des paupières. Cette maladie, très grave, en ce sens qu’eUe amène très rapidement, parfois même avant que la famüle se soit inquiétée de l’affection, la perforation des cornées, s’accompagne d’une turgescence caractéristique des papilles de la conjonctive.
Cette affection se rencontre presque fatalement chez tous les enfants dont les mères ont présenté un écoulement vaginal infectieux à l’époque de l’accouchement ; mais eUe peut aussi être la suite d’un refroidissement de l’enfant. C’est donc, au point de vue de l’hygiène, un grand progrès, que la constatation du sexe soit faite par les soins de l’administration au domicile de la mère.
Le traitement est le même que celui de la conjonctivite purulente. On y associe souvent les scarifications de la face interne des paupières. L’émission sanguine qui en résulte amène souvent un immense soulagement chez les petits malades.
Conjonctivite granuleuse.— Cette variété que l’on appelle encore : conjonctivite granulaire, granula-
Granulations chroniques de la conjonctive.
tions des paupières, ophthalmie d'Égypte, ophthalmie militaire, trachomes, est caractérisée par le développement à la face interne des paupières, et principalement dans les culs-de-sac, de petits corps particuliers, que l’on a comparés à des grains de semoule ou à des œufs de -poisson non cuits et que l’on appelle trachomes ou granulations.
Les yeux atteints de cette terrible maladie, qui est très contagieuse, sont faciles à recon;naître, même de loin. Pour peu que la maladie soit un peu avancée, la paupière supérieure est tombante, les cils sont agglutinés les uns aux autres sous forme de pinceaux par une matière poisseuse qui irrite peu à peu les paupières, amène une obstruction des voies lacrymales, une irritation constante des paupières et surtout du bord ciliaire, tandis que la cornée, irritée par le frottement des granulations, se couvre peu à peu d’un pannus vasculaire qui masque progressivement la vue et détermine des ulcérations plus ou moins graves; de sorte que le tableau final du processus granuleux, est ptosis, larmoiement, trichiasis, ectropion, pannus cornéen , ulcération cornéenne, enfin perte de la vision.
Ainsi qu’il a été dit plus haut, la contagion est l’une des causes de la conjonctivite granuleuse ; il
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faut y ajouter l’irritation incessante du globe de l’œil par les poussières et la malpropreté.
Le traitement a pour but de détruire ces granulations. Les moyens préconisés ne manquent pas précisément, parce qu’aucun n’est absolument efficace. Les cautérisations au nitrate d’argent, au sulfate de cuivre, au fer rouge, ont été préconisées; on a conseillé 1 ablation de la muqueuse. Les collyres de plomb agissent efficacement, même dans le cas où il y a pannus de la çornée, sans qu’il y ait lieu de redouter les taches plombiques de la cornée.
Aujourd’hui on emploie avec succès, d’après une pratique du Brésil importée en France, la macération dans l’eau froide de graines de Jequirity à la dose de 3 p. 100 d’eau. Une lotion pratiquée toutes les vingt-quatre heures environ à la face interne des paupières pendant quelques jours, suffit a déterminer une violente ophthalmie dont le résultat est d’amener la destruction assez rapide des granulations, sans danger pour la cornée et sans crainte de cicatrices vicieuses de la conjonctive palpébrale.
E. Conjonctivite folliculaire. — EUe peut être prise pour la conjonctivite granuleuse ; mais au point de vue anatomique la différence est capitale : tandis que cette dernière a pour élément un tissu de nouvelle formation, la première est le résultat d’une inflammation des éléments folliculaires qui existent normalement dans la conjonctive.
Cette maladie n’amène jamais, par elle-même, de complication du côté des cornées et elle n’est jamais suivie de cicatrices vicieuses des paupières, car l’inflammation cessant, les follicules disparaissent en reprenant leur volume primitif et se dissimulent dans l’épaisseur de la muqueuse. Le plus souvent, elle a pour cause un usage immodéré du collyre d’atropine et la cessation de ce médicament suffit le plus souvent à arrêter le mal. L’atropine peut alors être remplacée par le sulfate de Duboisine, l’homatropine ou l’hyosciamine. Ou bien on peut supprimer tout collyre et le remplacer par la pommade suivante à la Belladone :
Extrait de belladone .... 1 gramme.
Vaseline . 10 —
dont on fera des embrocations autour des orbites, ou par la solution suivante qui sera employée en compresses :
Extrait de belladone .... 1 gramme.
Eau . 200 —
Les collyres astringents légers, la projection de poudre d’acide borique constituent un traitement efficace.
F. Conjonctmte diphtéritique, — Elle est caractérisée par une infiltration fibrineuse dans l’épaisseur du tissu de la conjonctive.
Cette affection assez rare se présente sous un aspect qui ne manque pas d’analogie avec la conjonctivite purulente ; les paupières sont lisses, tendues, rouges, luisantes ; mais, de plus, elles offrent une résistance caractéristique ; le doigt ne peut plus les déprimer et il éprouve la plus grande difficulté à les renverser. Le liquide qui s’écoule entre les paupières est peu abondant, séreux ; si l’on écarte les paupières, la conjonctive buUairé est grisâtre, infil¬
trée, épaisse, dure au toucher ; elle se laisse difficilement entamer par le bistouri et sa section ne donne ni sang, ni sérosité. Elle est privée pour ainsi dire de toute circulation.
Cette conjonctivite, qui atteint les enfants de 2 à 10 ou 12 ans, semble très douloureuse, surtout dans la période d’induration. Au bout de 4 à 6 jours, la révolution commence, la conjonctive se ramollit en même temps que la sécrétion purulente apparaît ; mais tout danger n’est point écarté, car bientôt commence le sphacèle de la conjonctive, et si la cornée étranglée pendant la première période n’est pas tombée, les cicatrices de la conjonctive peuvent encore être cause de son ulcération ultérieure comme elles sont l’origine des trichiasis et des entropions.
Le traitement de cette conjonctivite n’est point nettement établi et la science n’est point maîtresse d’une semblable affection. Tout a été employé, chaud, froid, émissions sanguines, frictions mercurielles, sans que l’on puisse dire qu’aucune de ces médications ait rendu de réels services. Comme traitement général, on a tantôt donné les toniques, tantôt les altérants, calomel. On doit s’estimer fort heureux si, par l’emploi de ces moyens auxquels j’ajouterai le badigeonnage des paupières à la teinture d’iode, on peut abréger la durée de la pmode d’induration et éviter le sphacèle conjonctival. En tous cas, il ne faut pas négliger de surveiller la cornée, d’instiller l’atropine pour calmer les douleurs et de faire une paracentèse s’il y a lieu de redouter un sphacèle cornéen. Cette évacuation d’humeur aqueuse rétablit la circulation entre les lames de la cornée. Gillet de Grandmont.
CONJUGAISON (TRODS de), — On désigne en anatomie, sous le nom de trous de conjugaison, les trous formés par les échancrures des apophyses transverses de deux vertèbres juxtaposées et par lesquels passent les nerfs spinaux ou rachidiens.
CONNAISSANCE (perte de). — La perte de connaissance est cet état d’abolition de toute manifestation intellectuelle de l’expression et de tout mouvement volontaire, la respiration et la circulation continuant leur cours, et les mouvements réflexes étant conservés. La perte de connaissance est le symptôme le plus caractéristique de la syncope. n s’observe dans les maladies graves du cerveau, dans l’épilepsie, la catalepsie, etc. P. l.
CONSANGUINITÉ. — Qualificatif employé pour désigner deux individus provenant de mêmes parents, à des degrés plus ou moins rapprochés (V. Mariage). P. L.
CONSERVES. — (V. Lunettes.)
CONSERVES ALIMENTAIRES. — (V. Yiande, Poissons, Légumes.)
CONSOMMÉ. — (V. Bouillon.)
CONSOMPTION. — Expression employée pour