CON
désigner nn état de diminution, d'amaigrissement, d’épuisement lent et progressif de tout l’organisme d’un individu et de toutes ses forces vitales. La consomption est presque toujours consé'cutive à des maladies chroniques organiques ou fébriles, et se montre à son plus haut degré chez les phthisiques, si bien que pour quelques médecins, le mot consomption est synonyme de phthisie pulmonaire.
CONSOUDE. — On donne ce nom à une plante herbacée, de la famille des borraginées, vivace, haute d'environ 50 centimètres, à feuilles grandes, rudes au toucher, à fleurs blanches, quelquefois rosées, réunies 'a la partie supérieure des rameaux en forme d’épis renversés, et à racine allongée,
Fig. 297, — Grande consoude.
cylindrique, noire en dehors, blanche à l’intérieur, qui pousse en France, dans les bois et les prés humides, sur le bord des étangs et des ruisseaux. La racine, qui a une saveur douce, est dépourvue d’odeur et renferme une grande proportion de mucilage et un peu de tannin, auxquels elle doit ses propriétés émollientes et légèrement astringentes, était jadis employée en topique sur les tumeurs enflammées et en macération ou décoction contre la diarrhée et la dyssenterie ; elle est aujourd’hui à peu près inusitée. p p .
CONSTIPATION. — La constipation peut être définie, la rareté des évacuations alvines par suite d’une difficulté d’aller à la selle et de leur durcissement par séjour prolongé dans la .partie inférieure du gros intestin. Toutefois, la constipation est relative, car il existe un très grand nombre de variétés individuelles, quant au plus ou moins de fréquence de ces évacuations. .4insi, certains individus ne sont nullement incommodés de n’aller à la garde-robe que tous les trois ou quatre jours, tandis que d’autres éprouvent des malaises avec deux selles dans les vingt-quatre heures.
La constipation reconnaît des causes nombreuses et variées qui sont : 1° la paresse de l’intestin et la
minution de la contractilité intestinale et des
muscles de l’abdomen qui jouent un rôle important dans l’acte de la défécation, résultant d’une alimentation insuffisante ou de l’excès de nourriture azotée, d’une inflammation chronique des intestins, des affections aiguës ou chroniques des centres nerveux, telles que méningite, hémorrhagie ou. ramollissement du cerveau, ataxie locomotricede la chlorose, de l’épilepsie; 2° l’altération ou le défaut de sécrétions intestinales biliaire ou pancréatique qui accompagne la gastralgie, la dyspepsie, les maladies du foie et du pancréas ; 3“ le spasme du rectum déterminé par les hémorrho'ides ou une fissure à l’anus ; 4“ la paralysie de l’intestin produite par les coliques de plomb ou toute autre cause ; 5° un obstacle mécanique au cours des matières fécales; corps étrangers, calculs biliaires volumineux ou aglomérés, noyaux de cerise, etc.rétrécissement, invagination ou tumeur des intestins; occlusion intestinale. L’abus des lavements chauds, la vie sédentaire, les travaux intellectuels prolongés, la mauvaise habitude de résister aux besoins de la défécation, la grossesse, provoquent aussi la constipation ,
La constipation se rencontre à tous les âges, cependant elle est beaucoup plus commune dans l’âge adulte et surtout dans la vieillesse que dans l’enfance. La femme y est beaucoup plus sujette que l’homme.
Dans les cas les plus ordinaires, les symptômes auxquels donne lieu la constipation ne sont pas bien graves. « En général; dit Valleix, les sujets qui ne vont à la garde-robe qu’une fois tous les trois ou quatre jours , et qui ne rendent qu’une médiocre quantité de matières fécales très dures, sont maigres et d’un appétit médiocre; ils ont des digestions peu faciles et un caractère irritable. Ils sont parfois sujets à une céphalalgie plus ou moins opiniâtre; ils sentent des bouffées de chaleur au visage. Ils éprouvent des étourdissements et ont de la tendance au sommeil après le repas ; le travail intellectuel est difficile chez eux, et enfin les borborygmes, parfois un besoin non satisfait d’aller à la garde-robe, la tension de l’abdomen et la pesanteur vers le périnéé, complètent le tableau de ce symptôme.
Dans les cas où la constipation dure pendant un certain temps, ces symptômes se prononcent davantage. De plus, l’accumulation des matières fécales dans le ‘colon et plus fréquemtnent dans le rectum et dans l’S iliaque, forme vers la fosse iliaque droite ou gauche des tumeurs consistantes , dures , irrégulières, bosselées qui peuvent entraîner tous les accidents de l’obstruction intestinale : nausées, hoquets, éructations, vomissements alimentaires, d’abord, puis glaireux, bilieux et fécaloïdes, ballonnement du ventre, faiblesse, agitation extrême, parfois délire, refroidissement des extrémités, etc.
La première condition pour éviter la constipation a été formulée par le professeur Trousseau : « Il faut que chaque jour, à la même heure, on se présente à la garde-robe et qu’on fasse pendant assez longtemps de puissants efî'orts ; si ces efforts restent infructueux, il faut attendre au lendemain, quand même le besoin se ferait sentir auparavant. Si lé deuxième jour il n’y a pas d’évacuation, on prendra
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immédiatement un lavement d’eau dégourdie, puis d’eau froide. La répétition de l’acte invariablement à la même heure finit par amener le sentiment du besoin au moment où l’on veut aller à la selle, et il est rare qu’après huit, ou dix jours de ces patientes et méthodiques manœuvres, on n’obtienne pas une exonération quotidienne. »
Le régime a aussi une grande influence. 11 faut manger des viandes blanches de préférence aux viandes rouges, des légumes verts, des fruits verts, boire le vin coupé avec de l’eau de Saint-Galmier- Badoit, de Chatelguyon, etc.; faire usage du café, du lait, de la bière, éviter les alcools; se livrer après chaque repas à des exercices corporels; prendre fréquemment des bains entiers, etc.
Le traitement médical comprend un certain nombre de moyens thérapeutiques, parmi lesquels les purgatifs et les laxatifs tiennent le premier rang.
Les purgatifs salins, sulfate de magnésie, sulfate de soude, eau de Sedlitz, eau de Rubinat, etc., traduisent leur action par une augmentation de contractions et de sécrétions intestinales. Ils ont leur indication dans le cas de constipation due à la sécheresse des matières. Ils sont surtout utilement administrés, ainsi que le dit fort justement le professeur Villemin, dans le but de délayer les matières fécales échouées dans le côlon.
Les purgatifs végétaux : aloès, jalap, coloquinte, gomnie-gutte, scammonée, séné, etc., qui font la base ^^^filules Bosredon, des grams de santé de Franck et de plusieurs autres préparations spéciales journellement prescrites, sont principalement remarquables par l’action énergique qu’ils produisent sur la sécrétiou'dela bile et par l’excitatioii manifeste des contractions intestinales, mais ils doivent être administrés avec prudence, à petites doses et à des intervalles un peu éloignés, si l’on ne veut pas qu’ils déterminent de l’irritation intestinale et la congestion des organes situés dans le bassin. La podophylle (podophylle Coirre),\e principe amer de la quassia {quassine Fremint), la poudre laxative de Rocher, le séné, la casse, etc., produisent aussi d’excellents effets contre la constipation, en stimulant et en réveillant l’action des fibres musculaires de l’intestin qui expulse plus vigoureusement et plus régulièrement les déchets de la nutrition.
L’hydrothérapie a aussi été préconisée contre la constipation. Le col de cygne dirigé sur la région lombaire, le bain de pieds froid à eau courante, court et administré sur la plante des pieds, la douche héraorrhoïdale et enfin la douche ascendante animée d’une force de projection modérée, constituent, d’après notre savant collaborateur et ami Beni-Barde, les procédés les plus efficaces. Ajoutons que l’application du froid sur l’abdomen a bien des fois réiissi contre la constipation, et que nous avons entendu le professeur Trousseau, dans ses cliniques de l’Hôtel-Dieu, conseiller de se recouvrir le ventre, le matin en se levant, avec une compresse en plusieurs doubles, imbibée d’eau froide et séparée de la chernise par une feuille de caoutchouc ou de taffetas gommé.
Enfin l’électricité a été aussi utilisée dans le traitement de la constipation, sous forme de courants
continus, un réophore étant placé dans le rectum et l’autre appliqué sur l’abdomen.
Telles sont les différentes médications employées dans le traitement de la constipation. Toutes comptent des succès, la seule difficulté consiste à savoir les employer d’une façon opportune.
D'' Paul Labarthe.
CONSTITUTION. — On entend par constitution l’état général et l’organisation particulière d’un individu d’où résultent son degré de force physique, la régularité plus ou moins grande de ses fonctions, la puissance de résistance qu’il oppose aux maladies, et le plus ou moins de chance de vie qu’il possède (V. Tempérament). p. l.
CONSTRICTEUR. — Nom donné à certains muscles qui ont pour fonctions de serrer circulairement et de fermer certaines cavités du corps humain : constricteurs du larynx, constricteurs de Vurèthre, constricteur du vagin, constricteur de l’anus.
CONTAGION. — On donne le nom de contagion à la propriété que possèdent certaines maladies de se transmettre d’un individu à un autre. Le développement d’une maladie contagieuse réclame deux conditions :
1“ Un gérme ou agent capable d’opérer la transmission de l’individu malade à l’individu sain ; 2® un terrain convenablement préparé pour recevoir l’agent contagieux, c’est-à-dire une prédisposition spéciale de l’individu.
La contagion s’effectue de plusieurs manières :
1° Par inoculation, c’est-à-dire par une plaie qui ouvre une porte d’entrée au principe contagieux; 2® par contact direct, avec les objets contaminés; 3® par contact indirect, c’est-à-dire au moyen de l’atmosphère viciée par des miasmes, des particules morbifiques, etc. Dans ce dernier cas, la contagion se rapproche beaucoup de l’infection, ce qui la fait désigner par quelques auteurs sous le nom d’infecto-contagion.
Le germe contagieux, habituellement inappréciable à nos moyens d’investigations, consiste souvent en parasites, microzoaires, bactéries, etc., visibles seulement au microscope.
Parmi ces principes . contagieux, les uns appartiennent en propre à l’espèce humaine, c'e§t-à-dire que, nés chez l’homme, ils ne sont point transmissibles aux animaux (scarlatine, syphilis, etc.). D’autres nés chez les animaux, sont transmissibles à l’homme (rage, pustule maligne, morve).
L’activité de ces principes, est très variable; d’ailleurs leur degré de développement dépend à la fois de leur force et de l’aptitude de l’individu atteint. Certains virus s’affaiblissent sous l’influence d'inoculations successives; ainsi, il est certain que le vaccin n’a plus la force et, par conséquent, les propriétés préservatrices qu’il possédait à l’époque de Jenner; la syphilis affaiblie par le temps et par le traitement, est loin de produire des accidents aussi redoutables qu’autrefnis.
Les nombreux problèmes se rattachent à l’étude de la contagion sont loin d’être élucidés, ils
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ont cependant, au point de vue de la pathologie générale et de l’hygiène, une importance capitale. Nous ne saurions, dans ce dictionnaire, aborder ces études complexes; tout au plus pouvons-nous essayer de présenter sous forme de propositions les points les plus importants et sur lesquels l’accord général paraît être fait.
1° De nombreux points de contact rapprochent l’étude de la contagion de celle des épidémies ; ainsi la plupart des maladies épidémiques sont, contagieuses, alors même qu’à l’état sporadique elles ne le seraient pas.
2° Des maladies, endémiques dans certaines régions, peuvent être transportées dans des lieux plus ou moins éloignés, où elles deviennent le point de départ d’une épidémie ; ce transport a lieu soit par un individu malade, soit par des objets inanimés sortant du lieu infetté.
3“ Cette maladie, ainsi transportée, peut, ou bien se développer avec activité, frapper un grand nombre d’individus et devenir un foyer d’infection, ou bien rester limitée à quelques personnes et s’éteindre rapidement.
La cause intime de ces différences est inconnue. Les germes contagieux rencontrent dans les constitutions médicales et dans les dispositions individuelles des terrains favorables ou contraires à leur développement; mais, malgré de nombreux efforts, ce fait ne peut être expliqué, on se borne à le constater.
4® L’isolement ou la fuite sont les seuls moyens propres à prévenir sûrement la contagion. Souvent, il est vrai, on voit des individus quitter les foyers d’épidémie et tomber malades dans leur nouvelle résidence; c’est que déjà leur organisme était envahi par le germe contagieux dont l’éclosion a mis plusieurs jours à se manifester.
Il est très ordinaire de voir des individus s’exposer journellement à la contagion sans en éprouver les atteintes, cette immunité peut être innée ou bien être acquise par une attaque antérieure de la maladie régnante, soit par un contact habituel avec les malades. L’immunité peut ne pas être absolue:
. ainsi, après avoir longtemps échappé à la maladie on peut en être atteint.
5® Certains âges sont bien plus exposés que d’autres à certaines épidémies : ainsi les fièvres éruptives, la coqueluche, etc., frappent de préférence les enfants.
6“ Les maladies virulentes ont une façon spéciale d’être contagieuses ; les unes le sont par inoculation c’est-à-dire par l’introduction directe du poison dans le torrent circulatoire, introduction nécessitant une déchirure de l’épiderme, c’est ce qui a lieu pour la rage, la vaccine. D’autres le sont par simple contact des muqueuses pourvues de leur épiderme (pour quelques auteurs une éraillure de l’épithélium muqueux serait indispensable à la contagion) ; c’est ce qui a lieu pour la syphilis, la variole, la morve, la pustule maligne, etc.
7® Le principe contagieux et inoculable des maladies virulentes réside soit dans les liquides sécrétés par la partie malade (variole, syphilis, pustule maligne], soit dans le sang (morve, charbon, syphilis), soit dans la salive (rage); sauf cette excep¬
tion, les sécrétions physiologiques ne renferment pas le principe inoculable. D’’ Léon Moynac,
CONTENTIF. — On appelle ainsi les divers bandages et appareils employés en chirurgie pour maintenir rapprochées les lèvres d’une plaie, les fragments d’un os fracturé. P. l.
CONTINENCE. — La continence n’est autre chose que l’abstinence du coït, volontaire ou forcée. Si cet état peut être sans aucune influence fâcheuse chez les individus faibles, débiles et lymphatiques, il n’en est pas de même chez les individus forts et robustes. « Dans le plus grand nombre des cas de ce genre, dit Becquerel, aucun accident particulier ne se développe, et des pollutions nocturnes abondantes accompagnées de rêves érotiques, viennent presque toujours rétablir l’équilibre. Il est rare qu’il n’en soit pas ainsi, mais enfin cela peut être, et quand les pollutions critiques n’arrivent pas, on peut observer certains phénomènes sur la nature desquels tous les médecins ne sont pas d’accord, et qu’on attribue généralement à la pléthore spermatique. Ces accidents sont : un sentiment général de torpeur, de malaise et d’impatience ; des érections fréquentes et répétées se développent spontanément à la simple vue d’une femme, ou sous l’influence de stimulations de diverse nature ; ces érections constituent fréquemment les principaux accidents, et elles sont quelquefois tellement violentes, qu’elles peuvent conduire celui qui les subit à des actes de folie criminelle. Si la pléthore spermatique est portée à son dernier degré, le caractère change, s’altère de plus en plus, et la plupart des médecins s’accordent à reconnaître que de véritables accès de folie peuvent se développer. »
Etant donné que dans l’admirable machine humaine, à tout organe est dévolue une fonction, l’état de continence est un état anti-physiologique. « La chasteté, dit Fleury, peut devenir une convenance, un devoir, mais elle ne saurait être une vertu. Non, la nature n’a pas créé l’homme et la femme pour la plus grande gloire de la chasteté. Comment une contravention à la loi la plus générale et la plus admirable de la nature serait-eUe une vertu? L’amour, maternel, l’amour conjugal, l’amour filial, l’amour, sont les sentiments les p'l,us nobles et les plus élevés du cœur humain. Cessez donc d’appeler la chasteté une vertu. Tous les médecins, ajoute-t-il, depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, ont signalé les dangers de la continence, de la chasteté, et ont énuméré, parmi ses plus funestes effets, le priapisme, les maladies des testicules, la monomanie érotique, la folie, les hallucinations, les pollutions nocturnes, etc. )>
CONTRACTILITÉ. — On donne ce nom en physiologie à la propriété qu’ont les fibres musculaires de se contracter sous l’influence de la volonté ou de certains agents d’excitation, tels que les agents mécaniques, les agents chimiques, les agents physiques, en particulier, l’électricité. P. l.
CONTRACTION. — On donne ce nom en physiologie au phénomène par lequel un muscle, en vertu
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de la- propriété de contractilité dont il jouit, se contracte, change de forme, se raccourcit en augmentant d’épaisseur et en développant une certaine quantité de chaleur. p
CONTRACTURE. On donne ce nom à un état de contraction musculaire anormale, permanent et involontaire, généralement douloureuse, limitée tantôt à un membre, tantôt à un groupe de muscles et qui s’observe surtout dans les membres, et plus fréquemment dans le membre supérieur que partout ailleurs.
Les contractures reconnaissent souvent pour point de départ les altérations organiques des centres nerveux. On les observe dans les méningites, les encéphalites, les hémorrhagies et les ramoUissements du cerveau, les compressions de la cervelle, les scléroses, etc. On les observe aussi dans les affections rhumatismales, dans l’hystérie, etc.
CONTRE-COUP. — On donne ce nom à l’ébranlement ressenti dans une partie du corps à la suite d’une chute ou d’un choc sur une autre partie du corps plus ou moins éloignée ou opposée, p, l.
CONTRE-EXTENSION. — On donne ce nom à une action inverse et opposée de l’extension qu’on met enjeu dans les réductions des fractures et des luxations. L’aide, qui dans ces réductions maintient immobile le tronc ou le segment supérieur du membre lésé, pendant que le chirurgien tire sur le segment inférieur de ce membre, fait de la contreextension. p. L.
CONTRE-INDICATION. — Nom donné en médecine thérapeutique à toute circonstance qui empêche de faire ce que la nature même de la maladie semblait indiquer tout d’abord. p. L.
CONTRE-OUVERTURE. — On donne ce nom à l’incision que pratique le chirurgien dans un point , plus ou moins éloigné de l’ouverture d’une plaie, dans le but de faciliter l’écoulement du pus qu’elle suinte, ou pour faciliter l’extraction d’un corps étranger qui s’y trouve. "P- L-
CONTRE-POISON. — Nom donné à toute substance jouissant de la propriété de prévenir, de diminuer notablement ou de détruire les effets d’un poison. p. L.
CONTRE-STIMULANT. — Nom donné en thérapeutique à une série de médicaments auxquels on attribue la propriété d’agir en sens inverse des stimulants, c’est-à-dire de ralentir l’action de la contractihté capillaire locale ou générale. Parmi les principaux contre-stimulants nous citerons : la mete, la saignée, le froid, le sulfate de quinine, la digitale, etc. La plupart des purgatifs et des diurétiques sont aussi des contre-stimulants. p. L-
CONTREXÉVILLE (eaux minérales de). — ContrexéviUe est un village de 700 habitauts, situé dans le departement des Vosges, qui possède des eaux mi¬
nérales sulfatées calciques et bicarbonatées calciques froides, contenantparUtrelp-,16 desulfate de chaux et Os^, 40 cent, de bicarbonate de chaux. Elles s’administrent en bains et en douches, mais surtout en boisson, dans un certain nombre d’affections des voies urinaires (gravelles uriques et phospbatiques, catarrhe vésical, engorgement de la prostate, etc.), contre la goutte, les coliques hépatiques, le diabète goutteux, etc. Le climat de cette station est malheureusement rude, variable et souvent humide. Paul Labarthe.
CONTUSION. — On donne le nom de contusion à une lésion des tissus vivants produite par une pression extérieure, le plus souvent brusque, et sans qu’il en résulte de solution de continuité de la peau.
Plusieurs causes peuvent produire des contusions. Les unes agissent par pression, les autres par percussion. Les premières comprennent la pression exercée par de lourds fardeaux sur les diverses parties du corps, par des blocs de pierre, par une morsure, etc. Dans la seconde se trouvent toutes les violences extérieures : coup de bâton, etc., etc.
Indépendamment de ces causes qu’on peut appeler occasionnelles, il faut citer une prédisposition particubère de certaines personnes , surtout des femmes à peau fine et délicate, chez lesquelles la moindre pression détermine la rupture de petits vaisseaux et la formation d’ecchymoses. Cette prédisposition existe à un haut degré chez les scorbutiques et chez les malades atteints de purpura.
Depuis Dupuytren, on admet quatre degrés de contusions : — 1^' DEGRÉ, caractérisé parla rupture de vaisseaux très fins, et une infiltration sanguine qui constitue V ecchymose (V. ce mot) ; — 2' degré, caractérisé par la rupture de vaisseaux plus volumineux, la déchirure des tissus et la formation d’une collection sanguine, dite bosse sanguine ; — 3® degré dans lequel les tissus sont plus profondément altérés et les coUéctions sanguines mal limitées à cause du grand nombre de vaisseaux déchirés ; 4® DEGRÉ, dans lequel les parties sous-jacentes à la plaie sont pour ainsi dire broyées et forment une sorte de bouillie.
Quelques mots sur les symptômes spéciaux à chacun de ces degrés.
1®-^ DEGRÉ. — Souvent la contusion détermine uniquement une douleur plus ou moins intense, que la pression et les monvements exagèrent. Mais dans la plupart des cas, une ecchymose ne se fait pas longtemps attendre. Cette ecchymose apparaît, d’abord au niveau du point contus, pour s’étendre, ensuite, dans tous les sens, ensuivant cependant la direction des couches celluleuses. Elle est d’autant plus lente à paraître qu’elle est située plus profondément.
Dans les régions où la peau est mince, scrotum, paupières, etc., l’ecchymose prend quelquefois une coloration noirâtre.
2® DEGRÉ. — Dans la contusion au second degré, qui s’accompagne de déchirure des tissus, on voit le plus souvent se former une tumeur sanguine. Cette tumeur se forme immédiatement dans certaines régions où la peau repose presque directe-
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ment sur un plan résistant, comme au front et à la face interne du tibia. Quelquefois elle se montre plus lentement. Le volume de la bosse sanguine varie depuis celui d’une noisette jusqu’à celui du poing. Elle est peu douloureuse au toucher; le centre est mou et presque fluctuant, tandis que le pourtour peut présenter une assez grande consistance. Lorsqu’on en presse fortement la circonférence avec le doigt, la pression triomphe de la résistance, et l’on obtient le phénomène connu sous le nom de crépitation sanguine, espèce de craquement prodnit par le broiement du caillot sanguin, et comparable à celui que l’on perçoit lorsqu’on presse une poignée de neige entre les doigts.
On voit rarement la bosse sanguine ne point altérer la couleur de la peau. Presque toujours, immédiatement, ou un peu plus tard, on aperçoit une ecchymose qui accompagne la contusion au second 'degré.
3® DEGRÉ. — L’attrition des parties molles est si grande que la vie est momentanément suspendue dans le point lésé, qui devient insensible. La partie est froide et prend souvent une coloration livide. Au bout de quelque temps, on voit la chaleur et la sensibilité revenir, mais quelquefois les premiers phénomènes persistent, et alors survient soit un phlegmon, soif une gangrène.
4® DEGRÉ. — La gangrène frappe inévitablement toute partie confuse au quatrième degré : aussi en renvoyons-nous la description à l’article Gangrène.
La contusion a une marche, une durée et une terminaison qui varient suivant le degré.
1®' DEGRÉ. — L’ecchymose se fonce en couleur pendant les premiers instants qui suivent la contusion et en quelques heures, quelquefois en deux ou trois jours, selon l’étendue de l’ecchymose et son siège, elle est arrivée à son summum d’intensité. A mesure qu’elle s’étend en surface, sa coloration se modifie. De livide ou noirâtre qu’elle était au début, elle devient bleuâtre, puis verdâtre, puis jaunâtre, puis elle disparaît complètement. Le temps nécessaire à la disparition de l’ecchymose varie ; cependant on peut dire qu’une ecchymose de moyenne intensité ne disparaît point avant trois ou quatre semaines. Elle se termine constamment par la résolution.
2' DEGRÉ. — La contusion au second degré peut se comporter de différentes manières.
' Tantôt le sang se résorbe graduellement, la tumeur diminue de volume, elle disparaît en même temps que Tecchymose qui passe par les mêmes phases que celles du premier degré. Cette terminaison s’observe surtout lorsque là collection sanguine est peu considérable.
Tantôt la tumeur devient fort douloureuse, la peau rougit et se tuméfie, en même temps que le malade est pris de fièvre. Très probablement alors le foyer sanguin fournit du pus qui se mélange au sang de la tumeur, et l’on a un abcès sanguin. Cet abcès se comporte comme les abcès phlegmoneux, car il détermine l’amincissemenl et. la perforation de la peau. Lorsque la contusion occupe une grande étendue, on voit quelquefois ce mode de terminaison être très funeste au malade. En effet, le pus destructeur dissèque les muscles et les vaisseaux.
ouvre les articulations, et, après l’ouverture naturelle ou artificielle de l’abcès, il continue à s’écouler avec abondance, et finit, dans certains cas, par épuiser le malade. C’est dans ces conditions qu’une contusion sans complication peut amener la mort.
Tantôt on voit la collection sanguine se modifier de la manière suivante : le tissu cellulaire, refoulé par le sang épanché, forme sur les parois de la collection liquide une sorte de membrane de nouvelle formation. En même temps, le sang peut se conserver intact pendant un laps de temps plus ou moins considérable, tout en prenant une coloration noire, ou bien se transformer; et alors il se décolore et se divise en deux parties, une partie solide, une partie liquide. La partie liquide disparaît ou s’accroît pour former un kyste. La partie solide, formée par la fibrine, se dépose sur les parois de la tumeur ou forme des masses de volume variable pouvant, selon quelques chirurgiens, devenir l’origine de tumeurs de mauvaise nature.
3® DEGRÉ. — Il est extrêmement rare de voir la contusion au 3® degré se terminer par résolution. Le plus souvent, on voit la partie lésée devenir chaude, rouge, tuméfiée et douloureuse. Le malade est pris d’une fièvre intense, accompagnée fréquemment de délire, et l’on peut constater tous les symptômes d’un phlegmon diffus qui amène souvent la mort. D’autres fois, c'est un érysipèle qui envahit le point contus et qui s’étend rapidement. Cet érysipèle, presque toujours phlegmoneux, est d’une grande gravité. Enfin, dans d’autres cas, la peau se mortifie, l’eschare tombe, et la suppuration de la plaie, mise ainsi à nu, dure un temps variable, mais- ordinairement fort long.
4® DEGRÉ. — (V. Gangrène).
Les contusions sont rarement simples, surtout lorsqu’elles sont violentes. Dans les membres, et même sur le tronc, elles s’accompagnent fréquemment de fractures et de luxations, de lésions plus ou moins considérables de troncs nerveux se traduisant par de la paralysie ou de la névralgie sur le trajet du nerf affecté. Plus rarement on observe la contusion d’une artère d’un certain volume et la formation d’un anévrisme traumatique. Sur le tronc, une violente contusion peut déterminer une lésion des viscères, telle que rupture du cœur, contusion et déchirure du poumon amenant l’hémoptysie, déchirure du foie et épanchement de sang et de bile dans le péritoine, déchirure d’un kyste de l’abdomen, hématocèle rétro-utérine, hématocèle du testicule et de la tunique vaginale, commotion cérébrale, etc., etc. Combien de diagnostics restent incomplets, dans les cas de contusion, parce que le chirurgien ne songe pas à la recherche des complications !
Le traitement des contusions varie suivant leur degré.
La contusion est-elle peu étendue et peu douloureuse? La nature est le meilleur chirurgien; mais si elle a été violente ou étendue, on se trouve bien de l’emploi de liquides résolutifs, compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée, d’eau blanche, de teinture d’arnica, etc. Les ventouses scarifiées, appliquées sur l’ecchymose même, font disparaître la douleur et abrègent peut-être la durée de l’infiltra-
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tion sanguine. Lorsque, dans ce degré, on n'a recours à aucun traitement, la guérison est aussi certaine, mais elle se fait attendre plus longtemps.
Dans la contusion au second degré, l’indication est de clierclier a obtenir la moins grave des terminaisons, la résorption. Pour l’obtenir, il faut d’abord essayer de transformer la bosse sanguine du deuxième degré en une ecchymose du premier degré. Pour cela, on a recours à la compression : au moyen d’une plaque dure, une pièce de monnaie, par exemple, on comprime la tumeur, de manière à forcer le sang à s’extravaser dans les tissus voisins.’ On se comporte ensuite comme dans le cas de contusion au premier degré.
Lorsque le sang se coagule, on est dans l’habitude d’écraser le caillot sanguin, afin de faciliter son absorption graduelle.
Si le foyer sanguin s’enflamme et suppure, si, en un mot, il se forme un abcès sanguin, on ne doit point hésiter à débrider largement; ensuite, on traite l’état inflammatoire local par les moyens ordinaires, cataplasmes, lotions émollientes, etc.
Enfin, que faut-il faire dans les cas de vastes collections sanguines que l’on ne peut point espérer guérir par la compression ? Dans quelques circonstances, on a vu ces collections disparaître à la longue ; mais, en raison de leur terminaison plus ou moins immédiatement fâcheuse, on est dans l’habitude d’en extraire le sang. Le foyer est-il peu étendu? une ponction avec un bistouri droit sera suffisante. Après la ponction, on exercera sur la tumeur une pression graduelle pour faire sortir le sang, et l’on évitera l’entrée de l’air dans la cavité. Dans les vastes foyers, qu’ils contiennent du sang ou de la sérosité, il est préférable de faire une ponction sous-cutanée, car c’est dans des cas semblables qu’on a vu l’introduction de l’air dans le foyer être suivie des symptômes d’infection purulente ou de résorption putride.
Il ne suffit point de diriger ses soins vers la contusion elle-même; le chirurgien doit encore, dans le traitement, s’occuper des complications, lorsqu’elles existent. Dans la plupart des contusions violentes profondes, on se trouve bien de pratiquer une large saignée, mais seulement après que les organes sont revenus de cet état de stupéfaction que Trousseau a bien désigné pour le cerveau sous le nom di' étonnement. D’’ J.-A. Fort.
CONVALESCENCE. — La convalescence est un état intermédiaire entre la santé et la maladie; c est un état de faiblesse transitoire survivant plus ou moins de temps à l’état morbide disparu. La convalescence ne s’observe donc que lorsque la maladie s est prolongée assez pour affaiblir les forces du malade; les indispositions de courte durée n’ont point de convalescence, le retour à la santé se fait immédiatement sans état intermédiaire.
Les phénomènes de la convalescence se manifestent du côté de l’organe malade et des principales fonctions ; mais nous ne pouvons étudier ici que les phénomènes généraux de la convalescence.
La convalescence s’annonce par la disparition de la fièvre, de la douleur, des troubles fonctionnels. Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
en un mot des symptômes locaux et généraux qui caractérisaient la maladie.
L’appétit se ranime, faible d’abord, il ne tarde pas à devenir impérieux, mais le peu d’activité de l’estomac prédispose aux indigestions, d’où le précepte de manger peu et souvent; le malade est pâle, ses muqueuses sont décolorées, ü est plus amaigri que dans le cours de la maladie, cet état paraît être en rapport avec la disparition de la fièvre qui donne lieu à une certaine tuméfaction des tissus; il est très sensible au froid, aux émotions, mais il éprouve un sentiment de satisfaction intime et de bien-être intérieur des plus agréables.
Ses forces musculaires et intellectuelles sont très affaiblies, le moindre effort lui est pénible, sa démarche est vacillante, il souffre aisément de la tête, etc.
La peau est souvent le siège d’une légère desquamation; les cheveux tombent ou blanchissent; les urines sont abondantes et souvent chargées de principes albumineux.
La température des convalescents est la température physiologique, mais elle se modifie sous l’influence des causes les plus légères, des moindres fatigues physiques ou intellectuelles, des écarts de régime, et surtout après le repas elle présente une élévation (2 à 3 degrés) qui pourrait effrayer le médecin non prévenu de ce fait ; mais si la digestion est bonne, la température redevient rapidement normale ; toutefois, il faut se rappeler que chez les convalescents l’indigestion est fréquente et facile.
La durée de la convalescence est très variable suivant la nature de la maladie, l’âge, le sexe, la constitution du patient ; en général, elle est courte chez l’enfant, très longue chez le vieillard.
Pendant la convalescence,- il n’est pas très, rare de voir se développer certaines maladies secondaires, telles que paralysies partielles (fréquentes surtout dans la convalescence de la diphtérie, mais pouvant survenir aussi dans la convalescence d’un grand nombre de maladies aiguës : spasmes, convulsions, névralgies, hydropisies (si fréquentes dans la convalescence de la rougeole), bronchites chroniques, phthisie (assez ordinaire dans la convalescence de la rougeole, etc.). d-- Léon moynac.
CÛNVALLARIA MAÏALIS. — (V. Mugmt.)
CONVULSIONS. — Les convulsions consistent en une augmentation morbide, en une perversion par excès de l’activité musculaire ; elles peuvent frapper les muscles de la vie de relation et les muscles (fe la vie organique. Dans ce second cas, elles prennent le nom de spasmes (V. ce mot).
Les convulsions sont : 1® toniques, lorsqu’eUes donnent à la partie affectée une position immobile, une raideur continue ; 2® cloniques , lorsqu’elles lui impriment une succession de déplacements plus ou moins étendus.
Les convulsions peuvent être générales ou partielles, c’est-à-dire étendues à tous ou presque tous les muscles, ou limitées à certain nombre d’entre eux. Elles sont passagères ou permanentes ; parfois, chez le même malade, les convulsions sont alternativement cloniques ou toniques, c’est-à-dire que
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tantôt ses muscles sont dans un état de contraction permanente qui donne aux membres une rigidité spéciale (convulsion tonique) ; tantôt, au contraire, ils s’agitent en tous sens dans le plus grand désordre (convulsion clonique).
Toutes les lésions organiques des centres nerveux peuvent être le point de départ de convulsions. Citons les méningites cérébrales et rachidiennes ; les encéphalites et les myélites; les congestions cérébrales et spinales ; les hémorrhagies ayant leur siège soit dans les méninges soit dans la substance nerveuse ; les traumatismes, les tumeurs de toute nature.
Les lésions des nerfs (compressions, tumeurs, sections, irritations diverses) peuvent déterminer des convulsions, mais elles sont beaucoup plus rares. ,
L’anémie donne lieu, lorsqu’elle est portée à, un certain degré, à des convulsions plus ou moins fortes. L’exemple le plus remarquable est fourni ^ar les animaux que l’on fait mourir par hémor- j rhagie; dans les derniers moments, ils sont agités de violentes convulsions. Et ces convulsions résultent bien certainement de l’anémie des centres nerveux, car si l’on vient à injecter du sang ou même de l’eau dans les veines de ces animaux, les convulsions cessent.
Les altérations du sang qui donnent lieu aux convulsions les plus remarquables^ sont les intoxications. Parmi ces intoxications, les unes se produisent par le fait de la rétention dans l’organisme de produits destinés à l’élimination, tels que l’urée, le carbonate d’ammoniaque, etc.; c’est à cela que doivent être attribuées les convulsions de l’urémie, du mal de Bright, etc.; les autres, et de beaucoup les plus nombreuses, sont le fait de la présence de poisons; le plus remarquable des poisons convulsivants, c’est la strychnine, la plupart des poisons narcotico -âcres (opium, tabac, jusquiame, belladone).
On observe encore des convulsions dans l’empoisonnement par l’alcool {delirium tremens) , chez les hydrophobes, les saturnins, dans l’asphyxie, l’empoisonnement par l’ergot de seigle, etc.
Il est plusieurs névroses dont les convulsions constituent le symptôme capital ; telles que l’épilepsie, l’hystérie, le tétanos, la chorée, l’éclampsie puerpérale.
Un grand nombre de fièvres comptent les convulsions parmi leurs symptômes. Ces convulsions sont surtout fréquentes lorsqu’il s’agit d’un enfant (fièvres éruptives, continues, intermittentes, simples ou éruptives).
Les convulsions se produisent souvent par action réflexe sous l’influence de la lésion d’un organe éloigné (vers intestinaux, éruptions dentaires, etc.).
Le traitement des convulsions sera évidemment aussi variable que les causes qui les produisent.
D'' Léon Moynac.
CONVULSIONS DES ENFANTS. — Les enfants sont prédisposés aux convulsions d’une façon toute spéciale, elles surviennent chez eux à tout propos, au début et à la fin de la plupart de leurs maladies. Chez le jeune enfant les convulsions sont pour
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ainsi dire la seule expression des troubles nerveux et chez l’enfant à la mamelle elles constituent lé seul délire possible (Trousseau).
Les convulsions s’observent surtout chez les enfants très jeunes, un peu plus souvent chez les petites filles que chez les garçons ; un tempérament nerveux et irritable, de violentes émotions éprouvées par la mère soit pendant la grossesse, soit pendant l’allaitement, constituent une prédisposition puissante aux convulsions. Chose étrange, les. émotions violentes éprouvées par une nourrice peuvent avoir la plus fâcheuse influence sur son nourrisson. Certaines familles perdent tous leurs enfants d’éclampsie.
Les causes occasionnelles sont fort nombreuses ; signalons d’abord les difficultés de la dentition, la présence de vers dans l’intestin, souvent une frayeur, une colère, un trouble digestif, l’impression du froid, la trop grande chaleur, une piqûre, etc... Enfin la plupart des maladies de l’enfance, mais surtout les fièvres éruptives, s’accompagnent de convulsions.
Celles-ci se manifestent souvent d’une façon inopinée; cependant si l’enfant a déjà quelques mois et s’il a déjà eu des convulsions, on peut présager leur retour à un changement dans le caractère qui devient triste et irritable, à l’aspect fixe et brillant du regard, etc..., mais ces prodromes sont rares. Les convulsions sont générales ou ‘partielles. Convulsions générales. — La face prend un air de douleur et d’effroi, les yeux sont fixes, le corps se renverse en arrière, les membres se raidissent, la respiration s’accélère, le visage se congestionne. Cette immobilité ne dure que quelques instants et les convulsions éclatent, le visage devient livide, les yeux roulent dans l’orbite, se cachent sous les paupières alternativement ouvertes et fermées, les muscles de la face convulsés en divers sens donnent à la physionomie un aspect bizarre et horrible, les membres habituellement portés dans la pronation se fléchissent et s’étendent avec force ; assez souvent les convulsions alternent avec des contractures, les muscles du thorax participent à cet état et la poitrine est soulevée par des mouvements convulsifs. L’enfant, insensible à tout ce qui l’entoure, se couvre de sueur, mais bientôt l’accès se calme et un sommeil réparateur termine la scène : bien souvent, il est vrai, de nouvelles attaques se succèdent à de courts intervalles et le malade en est assailli pendant plusieurs jours consécutifs. Si les convulsions ne se produisent qu’une ou deux fois par jour, l’enfant peut, dans leurs intervalles, revenir complètement à lui, mais si elles le frappent coup sur coup il reste affaissé et somnolent.
Convulsions partielles. — Au lieu de se généraliser, les convulsions peuvent : 1“ frapper isolément un seul muscle ou un groupe de muscles, principalement ceux du cou et de la face ; 2® rester en quelque que sorte localisées dans le domaine du grand sympathique [convulsions internes); ceci s’observe surtout chez le nouveau-né : la respiration s’accélère, le regard prend une fixité étrange, la face devient pâle, les lèvres violacées, puis tout se dissipe en quelques secondes (Guersant et Blache).
Lorsque les crises sont terminées, l’enfant revient complètement à la santé, l’accès a duré quelques minutes, un quart d’heure au plus, et l’attaque un
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ou deux jours; mais parfois le retour à la santé n’est pas complet, l’enfant conserve des paralysies partielles, la perte d un sens, la paralysie de certains muscles, ce qui entraîne le strabisme, le pied-bot, le torticolis; notre illustre collaborateur, M. J. Guérin, a inême généralisé ces faits et a attribué ces difformités, lorsqu’elles sont congénitales, à des convulsions intra-utérines.
Les convulsions sont parfois mortelles, l’enfant succombe à une asphyxie, à une congestion cérébrale, à une syncope, souvent il reste plongé dans une léthargie qui se dissipe après avoir, pendant plusieurs heures, inspiré les craintes les plus vives. Ajoutons que les convulsions sont très sujettes aux récidives et que leur pronostic est grave et d’ autant plus sérieux qu’elles sont plus intenses et plus rapprochées.
Les convulsions se distinguent aisément de l’épilepsie, mais le diagnostic étiologique est moins aisé.
11 faut déterminer si les convulsions se rattachent à la dentition ou a des vers intestinaux, si elles sont symptomatiques d’une maladie des centres nerveux, d’une maladie générale, ou si elles sont absolument ! essentielles : la présence des vers intestinanx sera aisément révélée par l’administration des vermifuges ; si l’enfant souffre de la dentition, il porte fréquemment la main à la bouche ; quant aux maladies organiques ou fébriles, elles se révèlent par des caractères très tranchés ; en l’absence de ces conditions, on admettra l’essensialité des convulsions.
Quel doit être le traitement des convulsions? L’enfant sera placé dans un endroit frais, on le débarrasse de tous les liens ; si le ventre est tendu on administre un vomitif et on promène quelques révulsifs sur les extrémités inférieures ; si la congestion céphalique était violente on pourrait appliquer quelques sangsues derrière les oreilles et des compresses d’eau froide sur le front. Les antispasmodiques auxquels on a le plus souvent recours sont : le musc à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme, l’oxyde de zinc, dans les mêmes proportions, employé seul ou associé à 20 centigrammes d’extrait de jusquiame. Si la dentition est difficile, on fait boire au petit malade duji/'op de Delabarre et on la facilite par quelques incisions pratiquées sur les gencives. D' Léon Moynac.
COPAHU. — Extrait par incision de plusieurs plantes du genre copaïer, principalement du copaïfera officinalis, grand arbre qui se trouve dans les régions tropicales de l’Amérique du sud, le copahu est un liquide plus ou moins visqueux, transparent, d’une coloration variant du jaune pâle au brun clair doré, soluble dans l’alcool et l’éther, d’une odeur forte et pénétrante, d’une saveur âcre, amère et atrocement désagréable. Il est composé d’une huile volatile incolore et d’une résine jaune renfermant un acide cristallisable appelé acide copahivique.
Administré à l’intérieur à la dose de 1 à 2 grammes, le copahu stimule les fonctions de l’estomac, accélère le mouvement circulatoire, détermine une légère élévation de la température du corps, et parfois de la céphalalgie congestive. A dose plus élevée,
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10 à 13 grammes, il détermine ime soif vive, une sécheresse marquée de la gorge, de la chaleur à l’épigastre, des nausées, des renvois d’un goût et d’une odeur particulièrement déagréables, des envies devomir, des vomissements, de la diarrhée qnelquefois très violente avec coliques, des selles assez abondantes dans certains cas pour constituer une véritable superpurgation. « A travers les voies urinaires, dit Ricord, l’action du copahu se manifeste par un peu d’augmentation dans la sécrétion de l’urine, dont l’odeur change en se combinant avec celle de remède, par une excitation quelquefois assez vive du col de la vessie qui entraîne de plus fréquents besoins d’uriner, et enfin par une chaleur
Fig. 298. — Copaïfera officinalis.
ordinairement accrue dans l’urèthre pendant l’émission des urines. » Si l’on prolonge ces dosés pendant plusieurs jours, l’irritation gastrique augmente et s’accompagne de perte d’appétit et des forces. Souvent aussi le copahu détermine du côté de la peau des éruptions qui se rapportent à la roséole, à l’urticaire, s’accompagnant d’ordinaire de vives démangeaisons. Enfin, Melchior Robert a observé à la suite de l’administration prolongée du copahu des congestions cérébrales véritables qui n’ont cessé qu’à la suspension du médicament.
Il est facile de voir d’après ses effets physiologiques que le copahu s’élimine par les reins, par les bronches et par les glandes sudoripares de la peau.
Le copahu a été préconisé en Angleterre, vers la fin du dernier siècle contre les écoulements blennorrhagiques et depuis son application au traitement de la blennorrhagie s’est singulièrement généralisée. Nous avons dit au mot blennorragie ce que nous pensions de cette application thérapeutique du copahu. Nous ne pouvons qu’y renvoyer, en rappelant que le meilleur mode d’administration de ce médicament est sans contredit la capsule, et principalement la capsule au gluten, dont les capsules de Ra^
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quin, approuvées par l’Académie de médecine, réalisent un des meilleurs types.
Le copahu n’est pas seulement appliqué au traitement de la blennorrhagie. Il s’est encore montré très utile dans le traitement du catarrhe bronchique, et le professeur Hardy en a retiré de très bons elfets dans le traitement des psoriasis.
Ce produit est sujet à de nombreuses falsifications. Les plus communes consistent à mélanger le copaliu avec une plus ou moins grande quantité d’huile de ricin ou avec du gurjum ou encore avec de la térébenthine.
Berzélius a indiqué un moyen simple de reconnaître la présence de l’huile de ricin. Il suffit de verser une ou deux gouttes du copahu soupçonné sur du papier tenu à quelque distance de charbons allumés pour volatiliser l’huile : si le copahu est pur, il reste sur le papier une trace homogène et translucide; s’il est mélangé d’huile de ricin, la tache est entourée d’une auréole huileuse.
Pour reconnaître le mélange de copahu et de gurjum, Fluckiger conseille de placer dans un tuhe dix-neuf gouttes de sulfure de carbone et une goutte de copahu douteux, d’agiter et d’ajouter un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique concentré, par parties égales : on voit alors le copahu prendre une belle coloration brun rougeâtre, et de la résine se déposer sur les parois du tube, tandis que le gurjum, s’il y en a, prend une coloration rouge pourpre intense qui, au bout de quelques minutes, devient violette.
Quant à la térébenthine, sa présence dans le copahu est facile à constater. Il suffit de jeter une goutte de l’oléo-résine sur une pelle rougie au feu, et s’il y a de la térébenthine, l’odeur caractéristique qui se dégage, décèle la fraude. D' Paul labarthe.
COPULATION. — La copulation ou coït est un acte physiologique qui consiste dans l’introduction de l’organe mâle ou verge, en érection, dans l’organe femelle ou vagin, pour mettre en présence les deux éléments essentiels de la reproduction, le sperme de l’homme avec l’ovule de la femme. Le glissement du membre viril est favorisé par le mucus du vagin, surtout par la sécrétion des glandes vulvo-vaginales, liquide visqueux et filant, doué d’une odeur vive caractéristique qui a le singulier pouvoir d’exciter fortement chez l’homme les désirs vénériens. Cette sécrétion est augmentée dans de notables proportions au moment de l’excitation génésique, et lorsque la femme désire vivement le coït, l’issue de ce liquide a lieu sous forme de jet qu’on a quelquefois appelé éjaculation de la femme. Hâtons-nous d’ajouter que cette expression est impropre et que le liquide n’a rien de commun avec le sperme éjaculé par l’homme; il sert simplement à lubrifier le vagin, à favoriser l’introduction de la verge, à adoucir ses frottements contre les parois vaginales et à rendre plus vives et plus exquises les impressions du toucher. Aussitôt après l’introduction de la verge dans le vagin, l’homme et souvent a,ussi la femme exécutent des mouvements alternatifs d’avant en arrière qui excitent par des frottements répétés le gland et le clitoris. Cette excitation produit une sensation indéfinissable de plaisir et de
jouissance qui va toujours croissant et qui atteint son paroxysme chez l’homme au moment de l'éjaculation (V. ce mot) par laqueUe se termine le coït' Chez la femnie, l’orgasme vénérien s’accompagne de la contraction des muscles du périnée et d’une nouvelle hypersécrétion des glandes vulvo-vaginales
La copulation s’accomplit le plus souvent dans là position horizontale et couchée, la femme étant dessous et l’homme dessus. Cependant, dans ses raffinements de luxure, l’homme inventé une foule d’autres positions dans lesquelles il a toujours pour objectif principal de se procurer une plus grande somme de jouissance, oubliant que la copulation pratiquée dans la plupart de ces positions, principalement debout, est souvent suivie d’accidents graves. Une obésité très prononcée, un état de grossesse avancée, et certains vices de conformation des organes génitaux n’en permettant pas le rapport immédiat dans la position horizontale, devraient seuls justifier la copulation dans une autre position.
L’acte génital ne devrait être pratiqué que* par des individus nubiles, c’est-à dire dont les organes sont complètement développés. Il ne doit jamais être pratiqué après un repas et pendant la digestion, malgré l’excitation génésique qui se produit souvent à ce moment, mais de préférence le soir, avant le sommeil auquel il prédispose. ^prudence recommande aussi de ne pas le répéter à de cdurtMntervalles « la modératïônnêîahriè T;résOT"dïrsage->, cbmme' le disait Voltaire. Enfin la sagesse conseille de sa-voir y renoncer à temps, ordinairement après la soixantaine, car, ainsi que l’écrivait l’abbé Maury à son ami, l’illustre médecin Portai : « Chaque fois qu’un vieillard se livre au plaisir de l’amour, c’est une pelletée de terre qu’il se jette sur la tête «.
D" Paul Labarthe.
COQUE DU LEVANT. — On donne ce nom, en
Fig. 299. — Coque du levant et son fruit.
botanique, au fruit de Vanarmita cocculus, abrisseau à tige grimpante de la grosseur du bras, ori-
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gioaire des Indes orientales et du Malabar, qui se trouve dans le commerce sous forme de coque sèche, mince, noirâtre, rugueuse, à saveur légèrement âcre et amère, renfermant un noyau blanc, ligneux, à deux valves, de la grosseur d’un gros pois ou d’une petite noisette, qui contient une amande blanche, grosse, amère, s’atrophiant graduelleioent par la dessiccation.
Ce fruit, la seule partie de la plante usitée, renferme un principe neutre, la picrotoxirie ou cocculine, qui cristallise en petits prismes quadrilatères blancs et transparents ou en aiguilles, peu soluble dans l’eau et soluble dans trois parties d’alcool ou d’éther, inodore, d’une saveur amère très désagréable, et douée de propriétés toxiques assez énergiques.
La coque du levant et son principe actif la picrotoxine sont utilisées comme appât pour la pêche, parce que sous leur influence le poisson, pris d’une sorte d’ivresse, gagne la surface de l’eau et se jette sur les bords où il reste immobile et comme tétanisé. Les brasseurs anglais et belges font un usage journalier de la coque du levant pour falsifier la bière. En médecine, on a essayé la coque du levant contre l’épilepsie, la chorée,les convulsions des enfants. Jàger l’a prescrite en pommade contre le prurigo, mais son emploi est aujourd’hui à peu près complètement abandonné. p. l.
COQUELICOT. — Le coquelicot est une plante anuuelle fort commune dans nos moissons. Sa tige dressée, haute de 30 à 60 centimètres, est rude et rameuse; ses feuilles alternes, également rudes, sont très profondément et irrégulièrement dentées ; ses fleurs situées au sommet des rameaux sont très grandes et pourvues d’étamines, nombreuses; ses fruits portés par un long pédoncule soot des capsules obovées, couronnées par un stigmate persistant étoilé ; l’intérieur du fruit est muni de cloisons remplies de petites graines. Les pétales, la seule partie de la plante usitée en médecine, sont au nombre de quatre, très grands, plus larges que longs, très minces, d’un beau rouge présentant à la base une courte surface d’un noir violacé ; ils contiennent des traces de morphine qui leur donnent des propriétés légèrement narcotiques.
Une attention toute particulière doit être prise pour que la dessiccation des pétales du coquelicot soit opérée dans de bonnes conditions ; il ne faut pas les laisser un seul instant exposés à l’humidité, si l’on ne veut pas qu’ils éprouvent d’altération sensible ; le mieux est de les faire sécher dans un grenier très chaud ou dans une étuve. On les crible ensuite afin d’éliminer les étamines et les œufs d’insectes et on les déposé dans un endroit bien sec.
barmi les diverses préparations que l’on peut faire avec les fleurs de cette plante, l’infusion et le sirop sont très utiles comme diaphorétiques et pectoraux contre la toux, les bronchites, les gripes, les catarrhes pulmonaires et les refroidissements de diverse nature. Le sirop de Briant est la meilleure forme sous laquelle on puisse administrer le sirop de coquelicot Le coquelicot fait partie avec la mauve, la guimauve, la violette, le tusilage, le homllon-blanc et le pied-de-chat, des espèces dites
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pectorales si souvent employées en tisane dans les maladies de poitrine. nr mabc. Cambodlives.
COQUELUCHE. — La coqueluche est une maladie épidémi^e, contagieuse, qui atteint quelquefois les enfants à la mamelle ; assez souvent les adultes ; mais plus habituellement les enfants entre la première et la seconde dentition. Pour nous, comme pour la plupart des auteurs, la coqueluche est une névrose greffée sur une bronchite.
La coqueluche débute par une toux catarrhale ou férine qui dure plusieurs jours ; puis la période dite convulsive apparaît sous une forme saisissante bien souvent décrite par les auteurs.
La quinte, ordinairement précédée d’un chatouillement incommode ou d’une sensation pénible au pharynx et à l’estomac, éclate et se traduit par des secousses et des expirations saccadées, qu’entrecoupe une longue inspiration bruyante, aiguë et modulée comme le cri du coq. En même temps l’enfant trépigne, blêmit, suffoque ; son visage cyanosé porte la double empreinte de l’angoisse causée par les douleurs thoraciques déchirantes et de l’anxiété due à l’imminence de l’asphyxie.
Enfin la quinte se termine par une abondante expectoration de mucosités filantes et souvent aussi par un vomissement glaireux ou alimentaire suivant qu’il est éloigné ou non du repas.
Bouchut fait remarquer à cette occasion que la coqueluche est peut-être la seule maladie de l’enfance, dans laquelle il y ait une véritable expectoration.
La quinte finie, les troubles violents de la respiration et de la circulation s’apaisent peu à peu ; l’enfant redevient plus calme et ne tarde pas à reprendre ses jeux.
Les quintes ont une durée, une fréquence et une intensité variables ; elles sont plus géuéralement fréquentes le soir, la nuit et le matin que durant le jour; cette observation a une grande utilité en ce sens qu’elle apprend le moment propice pour nourrir les enfants, sans crainte de les voir rejeter les aliments par des vomissements quinteux.
Pendant les secousses de la quinte, la langue tendue est projetée hors de la bouche, à plusieurs reprises, et vient frotter sur les dents incisives inférieures. Il en résulte la production de petites ulcérations de forme variable, situées sur les côtés ou en travers du frein de la langue. Ces ulcérations, qui se présentent cinquante fois sur cent, existent pendant toute la durée de la coqueluche et constituent avec la toux, un caractère suffisant pour faire reconnaître la maladie.
On comprend de reste que ce signe fait défaut si le malade n’a pas fait sa première dentition.
n me semble qu’on peut comparer, non sans quelque raison, la coqueluche à l’asthme essentiel ; ces deux maladies ont un certain nombre de caractères sjTnétriques qui justifient la supposition d’une étroite parenté entre elles.
Dans la coqueluche, en effet, l’inspiration est enchaînée, tandis que l’expiration reste entièrement libre. Dans l’asthme, c’est le contraire qui a lieu : l’expiration est pénible et l’inspiration facile. Dans le premier cas, le malade éprouve une dif-
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Acuité extrême à reprendre de l’air; dans le second, cette difficulté consiste à chasser des vésicules pulmonaires, l’air épuisé. Dans les deux cas, par un mécanisme un peu différent, l’hématose est^ retardée ou suspendue, d’où il résulte un même spasme, une même angoisse et une même suffocation.
Pour continuer encore le parallèle, l’accès comme la quinte se termine par l’expulsion libératrice de mucosités filantes, ayant à peu près les mêmes caractères physiques et servant de milieu à des bactéries de même ordre. , .
On pourrait inférer, avec assez de raisons légitimés, que la coqueluche est une maladie dont le siège est dans les organes inspirateurs, tandis que l’asthme a sa lésion particulièrement localisée dans le système respiratoire.
La durée de la coqueluche varie de quelques semaines à plusieurs mois, sans qu’on puisse la prévoir.
La fin de la maladie est annoncée par le retour de la toux catarrhale, qui de la sorte constitue le symptôme de début et le signe de terminaison de" la coqueluche. Mais cette dernière période catarrhale dure quelquefois très longtemps et peut rester rebelle aux traitements les mieux combinés, lorsque le début de cette période a été négligé.
La gravité de la coqueluche est tout entière dans ses conséquences,
Par les vomissements alimentaires longtemps répétés, eUe épuise les petits malades et amène un dépérissement fort grave.
Souvent des épistaxis fréquentes, à la suite des quintes, rendent promptement les enfants anémiques.
Il n’est pas rare que ces deux accidents se compliquent et impriment à la maladie un caractère de gravité qu’on ne saurait trop tôt conjurer.
La violence des quintes peut encore occasionner des apoplexies conjonctivales, voire des hémorrhagies de l’oreille. Ainsi que l’ont observé Triquet et Gibb, ces hémorrhagies proviennent le plus souvent d’une déchirure linéaire de la membrane- du tympan.
Les violents efforts produisent encore assez souvent la rupture des vésicules pulmonaires, à la suite de laquelle l’air shnfiltre à travers le tissu cellulaire des bronches et se répand en dehors de la trachée, dans la région du cou, pour former ce qu’on désigne sans le nom d’emphysème souscutané.
Une complication beaucoup plus grave de la coqueluche, est la pneumonie aiguë, avec dépôts fibro-plastiques qui engendrent ultérieurement la pneumonie caséeuse et la phthisie.
D’une façon générale, le pronostic de la coqueluche emprunte à la constitution médicale du mo ment, au génie épidémique et aux conditions individuelles, son degré de gravité.
Le traitement de la coqueluche comprend trois indications fournies par chaque période.
Dans la première période, le traitement de la coqueluche sera celui de la bronchite simple : les vomitifs légers, les évacuants, l’application d’un révul¬
sif sur la poitrine {papier Wlinsi, papier Fayard et Blayn, teinture d’iode, etc.), les bains de pieds sinapisés, sont souvent indiqués. On fait boire aux petits malades des tisanes émollientes, béchiques et sudorifiques; on leur administre des sirops opiacés [sirop de Brianl, sirop de Berthé, sirop de Gigon, etc.); s’il y a de la fièvre, on donne la teinture d’aconit à la dose de 5 à 30 gouttes selon les cas ; si la fièvre est très forte avec congestion cérébrale, on peut, ainsi que le conseille Bouchut, avoir recours aux ventouses sèches ou aux sangsues.
Dans la période, dite convulsive, pendant la quinte, il est recommandé de tenir les enfants sur les genoux, dans les bras, la tête penchée et soutenue avec la main ; de détacher avec le doigt les glaires visqueuses qui obstruent les premières voies : de ventiler les malades, de leur faire boire un peu d’eau.
On peut faciliter l’exportation en faisant prendre au malade une petite cuiller de sulfureux Pouület ou une potion au Kermès, ou en lui faisant manger des pastilles d’ipéca. Les sirops opiacés conviennent aussi dans cette seconde période pour diminuer la violence des quintes de toux. Les antispasmodiques, oxyde de zinc, sirop d’éther, sirop de Laroze au bromure de potassium, dragées du IF Clin au bromure de camphre, sirop de chloroforme, etc., rendront de très grands services pour diminuer la fréquence des quintes.
On a conseillé les séances de respiration dans les salles d’épuration de gaz d’éclairage. Nous ne som mes nullement partisan de ce moyen, parce que, comme le dit avec raison Bouchut, l’atmosphère dans laquelle se trouvent les enfants est très irritante, pique les yeux, fait tousser violemment, et provoque les vomissements. Nous préférons de beaucoup faire boire au malade du sirop phénique Vial, et faire pratiquer dans leur chambre des pulvérisations de goudron Freyssinge, de vinaigre de Pennes, Aè Phénol Bobæuf ou de salicol Du Saulle. Bouchut et avec lui plusieurs médecins, parmi lesquels nous citerons notre savant collaborateur E. Landrieux, les docteurs Baretty, Poulet, etc,, sont très partisans de cette médication antiseptique.
La troisième période de la coqueluche ne présente aucune indication thérapeutique spéciale, à moins que le catarrhe persiste.
Tout enfant qui a la coqueluche doit porter de la flanelle sur la peau, A moins de complications on doit lui donner la nourriture habituelle et le sortir en ayant bien soin de le préserver du froid et de l’humidité. C’est à cette période qu’on peut conseiller avec avantage le changement d’air, le transport à la campagne, qui dans beaucoup de cas amènent la guérison très rapidement. Mais pour cela, ainsi que le fait très judicieusement observer Archambault, médecin de l’Hôpital des Enfants, il faut que la saison et la température le permettent, car autrement cette pratique ■ aurait plus d’inconvénients que d’avantages.
Certains médecins ont conseillé le changement d’air dans la seconde période, alors que la maladie est dans toute sa violence. Avec Archambault, nous ne sommes pas partisans de cette manière d’agir, car 1 presque toujours dans ces cas, la coqueluche continue
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sa marche sans être aucunement modifiée et subit même des aggravations si les petits malades ne sont pas transportés dans des maisons, confortablement installées et chauffées, et à 1 abri de toute cause de refroidissement. D'' e. Dauplet,
COQUERET. — Le coqueret ou alkekenge est une plante de la famille des solanacées, qui croît spontanément en France, dans les champs, les vignes et les bois taillis, dont le fruit qui est une baie rougeâtre, de la grosseur d’une petite cerise, a une saveur aigrelette, un peu amère et assez agréable, et jouit de propriétés diurétiques et laxatives qu’on utilise contre l’bydropisie et la goutte. D’après Bouchardat, l’extrait de coqueret fait la base des pilules antigoutteuses de Laville. P ^
CORACO-BRACHIAL. — On donne ce nom en anatomie à un muscle de la partie supérieure et interne du bras, peu volumineux, qui s’insère en haut au sommet de l’apophyse coracoïde et en bas au tiers moyen de la face interne de l’humérus. Le corâco-brachial élève le bras et le porte en avant et en dedans. p, L.
CORACOÏDE. — On donne ce nom, en anatomie, à une apophyse située au bord inférieur de l’omoplate (J. mot). p. L.
CORAIL. — Le corail est une substance d’apparence pierreuse, d’aspect rosé ou rouge, qu’on trouve surtout sur les côtes de l’Algérie, aux environs de Bône et de La Galle, en Espagne. Employé jadis en médecine comme tonique, comme absorbant et astringent, il est aujourd’hui complètement abandonné jet ne sert plus guère que pour fabriquer des poudres dentifrices. p. L
CORALINE. — On donne ce nom à une variété d’algue, plus communément connue sous le nom de mousse de Corse (V. ce mot). P. L.
CORALLINE. — Nom donné à une matière colorante rouge, très employée dans l’industrie pour teindre les bas, les chaussettes, les tricots, etc., et qui, ainsi que l’a démontré Tardieu, a l’inconvénient d’irriter là peau, sur laquelle elle détermine des éruptions, et de provoquer quelquefois de véritables symptômes d’empoisonnement. p. L.
CORDES VOCALES. — (V. Larynx.)
CORDIAL. — Nom donné à des médicaments qui ont la propriété d’augmenter rapidement la chaleur générale des corps et de stimuler l’estomac et le cœur. Le vin, l’alcool, l’éther, la cannelle, la menthe, etc., sont des cordiaux. p. L.
CORDON OMBILICAL. — (V. Ombilical.)
CORDON SPERMATIQUE. — (V. Spermatique.)
CORIANDRE. — La coriandre est une plante ombellifère, originaire de l’Orient, dont les fruits, qui dégagent à l’état frais une odeur de punaise, et
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acquièrent en se desséchant une odeur aromatique et une saveur piquante assez agréable, sont employés en infusion, à la dose de 5 à 10 grammes.
Fig. 300. — Fruit de la coriandre.
comme carminatifs dans les cas de flatuosités intestinales. P. L.
CORNE. — Il se développe parfois à la surface de la peau et même des muqueuses, des excroissances analogues aux cornes et aux ongles. Ces produc-
Fig. 301. — Corne cutanée de la main.
tiens cornées sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes, dans la jeunesse que dans la vieillesse ; la malpropreté, les contusions, ont paru favoriser leur développement dont la véritable cause est inconnue.
La tête en est le siège le plus ordinaire, cependant on en a rencontré partout, même au niveau de la pointe du coccyx. Les productions cornées sont souvent multiples, leur forme est des plus bizarres, comparables à une corne de veau, de béUer, à l’ergot d’un coq, sans avoir cependant la dureté de la corne d’un animal; souvent même leur base est moUe.
Leur structure est la même que celles des tissus cornés des animaux; brûlées, elles répandent la
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même odeur ; elles sont formées de cellules épithéliales pavimenteuses, sèches, imbriquées les unes sur les autres et disposées en couches extrêmement nombreuses au-dessus des papilles du derme qui sont en général hypertrophiées.
Ces productions cornées croissent sans cesse, mais fort lentement; elles sont insensibles, mais parfois la peau qui leur sert de point d’implantation s’enflamme , s’ulcère , la tumeur se détache et tombe.
Elles ne peuvent devenir graves, mais elles entraînent des difformités parfois fort pénibles. De Thou parle d’un paysan qui, affligé de porter à la tête une corne volumineuse, vivait caché dans les bois ; il fut amené à Paris et mis en spectacle : en peu de temps il mourut de désespoir.
Comme traitement on peut se borner à scier la corne quand elle atteint une certaine longueur, mais il est plus simple de circonscrire sa base à l’aide de deux incisions semi-elliptiques, de façon à enlever à la fois la corne et la peau qui la supporte.
D' Léon Moynac.
CORNÉE. — C’est la membrane transparente, qui remplit l’ouverture antérieure de la sclérotique .et semble enclavée dansle blanc del’œilàla façon d’un
Fig. 302.
Coupe antéro-postérieure de l’œil.
3. Cornée. — 1.' Nerf optique. — 2. Gaine du nerf optique. — 4, i. Sclérotique — 8, 5. Canal de Fontana. — 6, 6. Choroïde. — 7. Portion antérieure de la membrane de l’humeur aqueuse.— 8 Portion postérieure de la membrane de l’humeur aqueuse.
— 9, 9. Corps ciliaire. — 10. Procès ciliaire. — 11. Iris. — 12. Pupille. — 13, 13. Rétine. — 14, 14. Membrane hyaloïde. — 15, 15. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde.— 16, 16. Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline. — 18. Canal de Petit. — 19. Cristallin. — 20. Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22. Chambre antérieure.
— 23. Chambre postérieure.
verre de lampe. Son épaisseur est de huit dixièmes de millimètre au centre et d’un millimètre à la périphérie. On lui distingue une face antérieure convexe, d’un rayon de courbure de 7 à 9 millimètres; ce rayon est plus court chez le myope, plus long chez le presbyte. Le pourtour de cette face anté¬
rieure a la forme d’une ellipse, à grand axe transversal, à petit axe vertical, ce qui tient à ce que sclérotique empiète moins sur les parties latérales que sur la partie supérieure et la partie inférieure de la cornée. La face postérieure est concave, limite en avant la chambre antérieure de l’œil, et le contour en est circulaire.
La circonférence de la cornée est taillée en biseau aux dépens de la face antérieure. Chez le vieillard, cette circonférence se rapproche de la structure de la sclérotique ; elle perd sa transparence; il se forme un point d’union des deux membranes, un anneau blanchâtre, plus ou moins étendu, appelé arc sénile, cercle sénile.
La cornée est formée d’une couche antérieure, muqueuse, de nature épidermique, d’une couche moyenne ou flbreuse, d’une couche interne ou séreuse. Ces couches sont séparées entre elles par des lamelles élastiques. C’est à la lame élastique antérieure qu’est dû l’aspect uni et brillant de la cornée. La couche fibreuse est formée de lames, et celles-ci de lamelles qui renferment un liquide coagulable, comme l’albumine, par l’alcool, la chaleur, les acides minéraux. La transparence de la cornée est doe à l’imbibition du tissu fibreux de cette membrane par le liquide qu’il contient. Ce qui le prouve, c’est que la cornée perd sa transparence par l’évaporation de ce liquide, ce qui arrive après la mort.
La cornée ne reçoit pas de vaisseaux. Elle se nourrit par imbibition. Le suc nourricier lui est apporté par les extrémités des artères ciliaires antérieures, qui s’arrêtent à une petite distance de sa circonférence, et probablement aussi par l’humeur i aqueuse. On a suivi des filets nerveux dans l’épais- I seur de la cornée.
" Blessures de la cornée. — Elles sont faites par des instruments piquants, tranchants, ou contondants. Elles sont non pénétrantes, lorsqu’elles ne dépassent pas l’épaisseur de la cornée, pénétrantes lorsqu’elles arrivent jusque dans la chambre antérieure.
Les plaies par instruments piquants sont, en général, peu graves, qu’elles soient accidentelles ou produites par une intervention chirurgicale. Si la blessure n’est pas pénétrante, et si aucun corps étranger n’est resté dans la cornée, la cicatrisation est prompte. Toutefois, lorsque la blessure est négligée, il peut se développer consécutivement une inflammation grave. À plus forte raison, ce dernier accident est à craindre, quand la blessure est accompagnée de la présence d’un corps étranger.
Les plaies par instruments piquants qui pénètrent plus ou moins profondément au delà de la cornée, sont suivies d’accidents plus graves, notamment de cataracte traumatique, si le cristallin est atteint.
Les plaies par instruments tranchants sont le plus souvent pénétrantes. Elles ont des directions variées, sont linéaires ou à lambeaux. Elles sont suivies dé l’issue de l’humeur aqueuse, parfois d’une hernie de l’iris. Lorsque les bords de la plaie cornéale sont bien affrontés on obtient le plus souvent une cicatrisation rapide, et il ne se développe pas d’accidents consécutifs. Si cet affrontement est
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incomplet, si l’œil n’est pas mis à l’abri de toute irritation par l’occlusion des paupières, la plaie s’enflamme, et cetta inflammation se propage à l’iris, d’où des conséquences graves pour la vision. La hernie d’une portion d’iris à travers les lèvres 4e la plaie cornéale n’est pas un obstacle à la guérison.
Dans toute blessure de la cornée, l’œil doit être condamné au repos absolu pendant quelques Jours.
Fig. 303.
Extraction des corps étrangers de la cornée.
Si c’est une plaie par instrument piquant, on maintiendra les paupières closes, par l’application d’un gâteau de coton boraté maintenu au moyen d’un bandage monocle. En cas de blessures par instrument tranchant et surtout de plaie à lambeau, il est préférable d’exécuter l’occlusion des paupières avec des bandelettes de taffetas français, par-dessus lesquelles on dispose le coton boraté et le bandage monocle. Des instillations d’atropine seront faites plusieurs fois dans la journée, pour prévenir une kératite et surtout une iritis consécutives.
Les corps étrangers et les hernies de l’iris, qui parfois compliquent ces plaies, motivent des indications spéciales.
Les corps contondants exercent sur la cornée des effets comparables à ceux qu’üs produisent sur les os, c’est-à-dire des solutions de continuité qui comprennent, ou bien toute l’épaisseur de la cornée, ou une partie de cette épaisseur et forment un seul ou plusieurs sillons partant d’un point central.
Les plaies contuses sont produites par des corps lancés avec violence sur l’œü: éclat de verre, ressort tranchant, fragment de capsule fulminante. Ces blessures sont généralement graves et souvent suivies, à très court délai, d’une cataracte traumatique. 11 en est qm sont accompagnées de l’issue d’ime très grande portion d’iris, le diaphragme oculaire ayant été lui-même divisé dans une partie de son étendne par le corps vulnérant.
P Corps étrangers de la cornée. — Ils sont de diverses natures ; petits copeaux d’acier ou de Dictionnaire popülaire de médecine üsüelle.
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fer, petits fragments de pierre, parcelles de verre, éclats de bois, dard d’abeille, épines de châtaigne, portion de fil métallique, hameçon, grains de poudre, etc.
Tous ces corps étrangers sont implantés dans la cornée à une profondeur variable. Ils produisent une sensation de gêne, de picotement, de douleur, de la photophobie, du larmoiement, lorsque le blessé cherche à écarter les paupières. La conjonctive s’injecte, la cornée se trouble dans la portion de son étendue qui avoisine le corps étranger. La plupart de ces phénomènes s’amendent après un certain nombre de jours ; ils disparaissent dès que le corps étranger a été extrait. Chez quelques sujets, le corps étranger provoque, à court délai, une inflammation grave.
Pour reconnaître la présence de corps étrangers de la cornée, il est souvent nécessaire, quand ces corps ont de très petites dimensions, d’examiner la cornée à la loupe, en faisant arriver sur cette membrane un cône de lumière artificielle par l’éclairage latéral à la lampe.
. Toutes les fois qu’un corps étranger a pénétré dans l’épaisseur de la cornée, il faut en pratiquer l’extraction par des moyens chirurgicaux rationnels et non par des manœuvres empiriques.
Brûlures et cautérisations de la cornée. — Il convient de rapprocher ces deux lésions l’une de l’autre en raison de la ressemblance des effets produits.
Les brûlures sont occasionnées par un fragment de coke en ignition, un cigare allumé, un morceau de fer en ignition, la poudre de canon enflammée, une fusée en ignition, de l’essence de. térébenthine enflammée, une goutte de fonte en fu¬
sion, du zinc fondu, du soufre fondu, de la soudure des plombiers, etc.
Les cautérisations sont produites par l’acide sulfurique, la chaux, le vinaigre, le beurre d’antimoine, le nitrate d’argent, etc.
En tenant compte de l’épaisseur de cornée compromise par ces divers agents destructeurs, on peut établir, pour les lésions, trois degrés ; dans le pre-
Extraction des corps étrangers de la cornée. — 1,2. Élévateur et abaisseur écartant les paupières — 3. Pince fixant l’œil. — 1. Aiguille à paracentèse passée derrière le corps étranger. — 6. Couteau à cataracte dégageant le corps étranger. — 6. Lance de l’aiguille repoussant le corps étranger, — 7,8,8. Arrêts de l’aiguille à paracentèse.
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mier, l’épithélium est atteint ; dans le second, c’est l’épithélium et une partie du tissu propre de la cornée ; dans le troisième, toute l’épaisseur de la membrane.
Lorsque le corps comburant est lancé avec violence (fusée d’artifice), il peut perforer la cornée et donner heu aux désordres les plus graves. Si le corps comburant n’est pas animé d’une grande vitesse, au moment où il arrive sur l’œil, il borne ses effets destructeurs à la cornée dont une portion plus ou moins épaisse est escharifié. Une goutte de fonte en fusion, projetée dans l’œil, a suffi pour détruire complètement la cornée. Dans les cas d’escbarification complète, la partie mortifiée s’élimine au bout d’un certain temps, et il reste une perte de substance comblée par l’iris qui se recouvre d’une nouvelle cornée. Les résultats ne sont pas moins graves, alors que la plus grande épaisseur de la cornée et non la totalité de cette épaisseur, est atteinte. Dans ces cas, il se produit souvent une phlegmasie consécutive qui se propage aux parties profondes de l’œil, provoque un phlegmon de l’organe et ultérieurement son atrophie.
Les cautérisations de la cornée par les agents chimiques mentionnés précédemment entraînent des désordres semblables.
Dans ces diverses lésions, il faut être très réservé pour le pronostic, parce qu’on ne peut pas juger immédiatement de leur étendue et surtout de leur profondeur.
Dans tous les cas il faut d’abord chercher à calmer la douleur produite par la vulnération. Après avoir enlevé les corps étrangers qui ont pu rester dans la cavité conjonctivale, on fait plonger l’œil dans l’eau froide, ou bien on applique sur la région orbito-palpébrale, des compresses d’eau glacée. On administre à l’intérieur des préparations hypnotiques.
La poix fondue adhère quelquefois à la cornée, avec une telle force, qu’on ne peut arriver à la détacher par des moyens mécaniques. On a quelquefois réussi à enlever cette substance en instillant dans l’œil de l’huile d’olive.
Lorsque les lésions précédentes sont suivies de réaction, on emploie le traitement antiphlogistique, les onctions hydrargyriques belladonées. Plus tard on se comporte différemment suivant les terminaisons du mal. (V. Perforations, Taches de la cornée, Phlegmon de l’œil).
Inflammation de la cornée. — (V. Kératite.)
Perforations de la cornée.— Les unes sont la conséquence d’une blessure, il en a été question précédemment; les autres, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, sont le résultat d’une ulcération qui a envahi progressivement toute l’épaisseur de la cornée.
Toutes les fois que la cornée est perforée de part en part, l’humeur aqueuse s’écoule au dehors ; l’iris, entraîné par le flot de liquide, s’engage dans l’ouverture, par une portion plus ou moins grande de son étendue, et faisant office de bouchon, s’oppose à une nouvelle issue d’humeur aqueuse. La pupille est entraînée du côté correspondant au siège de la perforation. Si la portion d’iris herniée est petite, elle peut contracter des adhérences avec le pourtour
de l’ulcération, et si cette dernière ne s’agrandit pas, il se produit une cicatrice [synéchie antérieure) avec déformation plus ou moins apparente de la pupille. La vision n’est alors que compromise. Si au contraire, l’ulcération de la cornée fait de nouveau progrès, une plus grande portion d’iris fait saillie, il se forme un staphylôme de l’œil (V. Staphylôme)la pupille disparaît alors le plus souvent et la vision est gravement atteinte.
Le traitement est préventif ou curatif. Le traitement préventif consiste à combattre les ulcérations de la cornée par les moyens précédemment indiqués. Dès que la perforation est accomplie, il faut s’attacher à conserver la pupille. La conduite à tenir varie suivant le siège de la perforation. Celle-ci occupe-telle la périphérie de la cornée, il faut s’abstenir des instihations d’atropine qui, par leur effet mydriatique, entraîneraient une nouvelle portion d’iris au dehors, ce qui aurait pour conséquence de déplacer une plus grande portion de pupille. Les instillations d’ésérine sont indiquées dans cette circonstance. Si, au contraire, la perforation occupe les parties centrales de la cornée, ce sont les instillations d’atropine qui doivent être faites.
Taches de la cornée. — On désigne sous ce nom générique les opacités qui se forment dans l’épaisseur du miroir oculaire, et qui y sont depuis longtemps à l’état stationnaire. Cette dernière considé- . ration les distingue des épanchements plastiques qui se produisent pendant la durée de la kératite vasculo -plastique et qui se résorbent souvent à la période de déclin du mal.
Les taches de cornée sont distinguées, d’après leur siège par rapport aux lamelles de la membrane, en superficielles, moyennes et profondes. D’après le degré d’épaississement de la lymphe plastique, ou l’épaisseur du dépôt, on en admet trois espèces ; le néphélion ou nuage, suffusion légère troublant à peine la transparence du miroir ; Valbugo dans lequel l’opacité est plus prononcée , et le leucoma qui diffère de l’albugo, en ce qu’il est accompagné d’une cicatrice àlaquelle.adhère le plus souvent l’iris qui s’est engagé antérieurement dans une perforation de la cornée.
On a désigné sous le nom de idi.(Jaes. pigmenieuses celles qui présentent, indépendamment d’une coloration blanche ou jaunâtre, des points noirs formés par un dépôt de particules de pigment iridien. Elles se produisent consécutivement à une hernie de l’iris à travers une perforation de la cornée. Lorsque la perforation s’est cicatrisée, le tissu propre de la perforation se résorbe, mais le pigment de Tuvée reste au milieu du tissu cicatriciel, parce que ce pigment se résorbe très difficilement ou pas du tout.
Certaines taches de la cornée reçoivent des vaisseauXj on les appelle taches vasculaires^
Les troubles visuels qui sont la conséquence des taches de la cornée sont subordonnés à la situation de la tache et à l’épaisseur du dépôt plastique. Le néphélion, quelle que soit sa situation, rend seulement la vision moins nette; les malades sont obligés de rapprocher les objets pour bien les voir, ce qui fait qu’ils se croient myopes. L’albugo et le leucoma abolissent la vision lorsqu’ils occupent le
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centre de la cornée ; lorsqu’ils ne masquent qu’une portion de la pupiUe, la vision est encore possible et s’exécute mieux à une lumière modérée, parce que alors, la pupille se dilatant, cette ouverture se met en rapport, par une plus grande partie de son étendue, avec la portion de la cornée demeurée transparente.
Le traitement est fondé sur l’indication suivante ; chercher à obtenir la résorption de la lymphe plastique infiltrée entre les lamelles de la cornée, c’est-à-dire activer le mouvement organique ou nutritif dont cette membrane est le siège, à l’aide de divers topiques; collyres, poudres, pommades, qui agissent comme stimulants ou comme irritants.
Les collyres sont divers : le collyre au nitrate d’argent, à la dose de 5 centigrammes seulement pour 30 grammes d’eau distillée; le collyre au sulfate de cuivre, à la dose de 5 à 10 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée; le collyre au borax, à la dose de 25 centigrammes pour 30 grammes, d’eau distillée; le collyre au sulfate de cadmium à la dose de 10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée, etc. Demours a préconisé les bains d’œil dans l’eau minérale de Balaruc. On a aussi employé le collyre à l’iodure de potassium à la dose de 10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée.
Parmi les pommades, celles qui donnent les meilleurs résultats sont la pommade au borax que j’ai employée à la dose de 2 grammes pour S grammes de vaseline; la pommade au bioxyde jaune d’hydrargyre, à la dose 10 à 20 centigrammes pour 5 grammes de vaseline.
Les poudres irritantes (calomel, sublimé, et même du sucre pur) sont employées en insufflations sur la cornée; elles ont joui d’une certaine vogue, mais ne sont guère usitées aujourd’hui. Il en est de même de la cautérisation des taches de la cornée, médication dangereuse parce qu’elle expose à détruire les lamelles superficielles de la cornée.
L’acupuncture et l’électrisation n’ont donné aucun résultat satisfaisant. Les scarifications conviennent aux taches vasculaires ; elles doivent être faites non sur la tache elle-même, mais sur les vaisseaux qui s’y rendent.
En cas d’opacité épaisse et étendue de la cornée, on a pratiqué l’excision de la cornée opaque et on l’a remplacée par la cornée enlevée à un animal. On a aussi essayé d’implanter et de laisser à demeure dans la cornée opacifiée, un fragment de verre transparent (cornée artificielle). Ces tentatives n’ont donné aucun résultat favorable.
Lorsque la tache masque la pupille, il est rationnel de faire une pupiUe artificielle dans un endroit correspondant à la portion de cornée demeurée transparente. Une opération de strabisme — ayant pour conséquence de porter l’œü dans la direction telle que la portion de pupille correspondant à la partie de la cornée, demeurée transparente, n’est plus masquée par la paupière — est aussi justifiée dans tous les cas.
En cas de tache épaisse et incurable de la cornée, on a proposé de remédier à la difformité, en pratiquant le^ tatouage, c’est-à-dire en insinuant, au moyen d’une aiguille cannelée, dans l’épaisseur de
la cornée de 1 encre de Chine. On arrive, en répétant plusieurs fois cette opération, à recouvrir la tache d’un pointillé noir très serré qui prend bientôt une teinte foncée uniforme. Cette opération est loin d’être inoffensive pour l’œil.
Staphylômes de la cornée. — (V. ce mot.)
D' Fano.
CORNET. — On donne ce nom en anatomie à de petites lames osseuses contournées sur elles-mêmes en forme de cornet, situées dans le?, fosses nasales (V. ce mot). P. L.
CORNET ACOUSTIQUE.— (V. Acoustique.]
CORNICHON. — Le cornichon ou concombre nain, est un fruit que l’on cueille encore vert, lorsque sa grosseur ne dépasse pas celle du doigt, et qu’on fait confire dans du vinaigre avec quelques oignons, du poivre en grain et de l’estragon, pour le manger ensuite comme condiment. Mangés en petite quantité, les cornichons excitent l’appétit et stimulent les fonctions digestives ; leur abus au contraire irrite la muqueuse digestive et détermine de la gastralgie et de la dyspepsie. p. l.
CORONAIRE. — Ce mot sert à désigner en anatomie différentes parties du corps. On donne le nom de veines coronaires aux veines et aux artères du cœur; de plexus coronaire cardiaque, aux plexus nerveux cardiaques qui accompagnent les artères de même nom; A' artères coronaires labiales, aux branches de l’artère faciale qui naissent au niveau des commissures labiales et se portent aux lèvres ; A'artère coronaire stomachique à une des trois branches de l’artère cœliaque qui se dirige vers l’œ^sophage ; de sinus coronaire au sinus de la duremère ; de ligament coronaire au repli du péritoine qui entoure le bord postérieur du foie. p. l.
CORONAL. — Nom donné parfois à l’os frontal. (V. ce mot). p. L.
CORONOÏDE. — Nom donné par les anatomistes ; 1“ à une apophyse de la partie antérieure et supérieure du cubitus (V. ce mot), qui est reçue dans la cavité coronoide de Y humérus (V. ce mot et coude) ; 2“ à une apophyse de l’extrémité supéro-antérieure des deux branches de l’os maxillaire (V. ce mot).
CORPS. — Le corps humain est constitué par l’ensemble de toutes les parties de la machine humaine. 11 présente dans sa conformation extérieure : la tète, comprenant le crâne et la face ; le cou, dont le segment postérieur a reçu le nom de nuque; les membres, distingués en supérieurs et inférieurs-, enfin le tronc ou torse, divisé en deux sections : le thorax m. poitrine et Y abdomen ou ventre.
Proportions du corps. — L’ordre, la régularité et la symétrie des différentes parties du corps constituent la beauté plastique ; le manque d’harmonie dans leurs proportions est, au contraire, le propre de la laideur. Les peintres et les statuaires ont cherché à déterminer les caractères esthétiques du beau