‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 12 sur 206 · AGI · texte numérisé non relu

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Les acides minéraux se trouvent rarement à l’état libre dans la nature ; ils y sont généralement sous forme de combinaisons d’où on peut les retirer. Ils sont associés avec des bases alcalino-terreuses, et quelquefois avec des bases métalliques.

Ces acides sont caustiques; beaucoup, comme l’acide azotique, l’acide sulfurique, etc., ont un pouvoir corrosif assez grand pour désorganiser et détruire entièrement les matières organiques et dissoudre les métaux, avec lesquels ils forment alors des sels métalliques. L’or, le platine et quelques autres métaux peu connus résistent pourtant à cette action. On ne doit donc manipuler tous ces corps qu’avec une extrême prudence.

Les acides organiques constituent une des classes les plus nombreuses de la chimie ; ils se trouvent en abondance dans la nature végétale, et les fruits en contiennent beaucoup à l’état libre.

Ils sont d’une façon générale moins caustiques que les acides minéraux. Ils sont solubles dans l’eau, à l’exceptioii des acides gras, ainsi nommés parce qu’on les retire des corps gras et des acides résineux.

Usages. — Parmi les acides, beaucoup ont une grande importance au point de vue industriel, et l’art médical en emploie un assez grand nombre. Cet emploi est basé généralement sur leurs propriétés caustiques ; ainsi tout le monde connaît l’usage de l’acide acétique concentré et de l’acide azotique pour détruire les verrues et les excroissances de chair, de l’acide azotique pour détruire les miasmes infectants, les matières organiques en décomposition, les virus animaux, piqûres d’insectes, morsures venimeuses.

Les acides sont aussi administrés à l’intérieur, suffisamment dilués.

Ainsi Facide sulfurique en dilution convenable se donne dans quelques cas d’hémorrhagie ; il agit comme astringent et resserre les petits vaisseaux sanguins.

Nous avons vu Trousseau, à FHôtel-Dieu, administrer l’acide chlorhydrique à la dose de deux ou quatre gouttes, dans un verre d’eau, après le repas, sur. tout dans les cas de dyspepsie dépendant de maladies chroniques de l’estomac et de la poitrine.

La plupart des boissons acidulés et rafraîchissantes contiennent un acide; les limonades, les sirops de fruits, l’eau de seltz, qui est une simple dissolution d’acide carbonique, acide gazeux. En un mot, cette classe de corps est très importante au point de vue scientifique et au point de vue usuel.

Alfred Chardon, Ph'“.

ACIDULES. — Noih donné aux boissons qui sont composées avec un acide très étendu ou affaibli. On donne encore ce nom à certains fruits, tels que les groseilles, les citrons, etc. PL

ACIER. — Nom donné à une combinaison de fer et de carbone dans laquelle ce dernier entre pour 7 ou 8 millièmes environ. La limaille d’acier est entore employée par quelques médecins de préférence à la limaille de fer, qui renferme souvent du cuivre. On fait avec l’acier, l’acide nitrique, l’alcool et la graisse, une pommade excitante connue sous le nom de baume d’acier»

Hygiène industrielle. — La fabrication de l’acier est une industrie qui rentre dans la troisièuie classe des établissements insalubres, incommodes et dangereux. Elle ne détermine, à proprement parler aucune insalubrité, mais elle peut avojr des inconvénients à cause des fumées, de l’odeur de l’huile chaude, des bruits des machines soufflantes et des marteaux ; enfin, elle offre des dangers d’incendie surtout lorsque le trempage se fait avec des matières grasses. Aussi parmi les prescriptions essentielles à suivre dans les fabriques, nous recommanderons d’a, voir toujours une assez grande provision de sable fin dans les ateliers en cas d’incendie, le sable étant sans contredit, le meilleur moyen à employer pour éteindre promptement les matières grasses enflammées.

Hygiène professionnelle. — - Les accidents auxquels sont exposés les ouvriers occupés dans la fabrication de l’acier varient selon la partie du travail à laquelle ils sont employés. Les ouvriers qui s’occupent à la fonte et à la forge sont soumis à des excès et à des alternatives très brusques de température ; aussi sont-ils sujets à des congestions et à des inflammations du cerveau et des poumons, à des rhumatismes, etc.; ils ont encore à subir les effets d’une lumière ardente qui entraîne des ophthalmies, des amauroses, etc. (V. Fondeurs, Forgerons). Les ouvriers qui préparent les pièces au marteau et à la lime finissent par avoir les déformations . des membres qu’entraînent les attitudes vicieuses longtemps continuées. Les polisseurs et les aiguiseurs ï ont les accidents dus à leur genre de travail. (V. Polisseurs.) D' Paul Labarthe.

ACNÉ. — L’acné est une maladie constituée par une lésion des glandes sébacées. Il est vraisemblable que ce mot dérive du mot grec acné, qui signifie efflorescence, force, vigueur.

Biett définit l’acné : « Une phlegmasie de follicules sébacés, caractérisée par des pustules peu étendues, séparées les unes des autres ». Il fait rentrer dans cette description l’acné ponctuée et l’acné sébacée fluente dans, lesquelles, contrairement à sa. définition, l’élément pustuleux ne joue aucun rôle.

Nous examinerons nécessairement les variétés les plus communes de cette maladie.

L’acné sébacée fluente est caractérisée par l’exa- ; gération de la sécrétion glandulaire ; on peut l’observer sur toutes les régions du corps, mais cette affection s’observe de préférence sur le nez, le§ joues, les sourcils. La peau, à ce niveau, est grasse d’aspect, et au toucher elle semble recouverte d’une couche d’huile : à la loupè, on distingue facilement l’orifice élargi des glandes sébacées. Il n’est pas rare de rencontrer conjointement de l’acné ponctuée.

Si l’acné sébacée siège au niveau du cuir chevelU; les cheveux s’agglutinent, s’atrophient, et l’alopécié survient. Une variété que l’on peut rattacher à la précédente, car elle n’en diffère que par la dessiccation rapide du flux sébacé, c’est Vacné sébacée concrète qui siège dans les mêmes régions.

L’acné pustuleuse offre diverses variétés. — Acné boutonneuse ou sirnple ou miliaire, caractérisée par une éruption discrète ou confluente de boutons qoi suppurent quelquefois, mais dont l’évolution se fait

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avec une certaine lenteur, et surtout par une succession de poussées qui ont une durée véritablement chronique. Ces pustules commencent par une sensation de fourmillement, de picotements au niveau du point qui va être le siège de l’éruption, puis une saillie plus ou moins conique apparaît ; d’un grain de mil comme grosseur, elle peut s’élever jusqu’au volume d’un pois; bientôt un point jaunâtre, purulent se montre au sommet de la pustule, et à une troisième période, on voit la pustule s’ouvrir et le pus être évacué, ou bien une croûte qui recouvre le sommet de la pustule qui peu à peu s'atrophie ; la cicatrice a l’apparence d’un point violet d’abord, puis blanchâtre ensuite.

Dans la variété désignée sous le nom d’acné pustuleuse simple, le nombre des pustules existant simultanément n’est pas très considérable, mais l’acné marche' par poussées successives, de sorte qu’on observe à côté des cicatrices encore récentes, une série de pustules acnéiques, les unes en voie d’évolution, les autres à la période de suppuration. Cette forme d’acné s’observe surtout à la face, sur le front, les joues, dans le dos et en avant de la poitrine.

Dans une deuxième variété, l’inflammation envahit surtout les glandes sébacées qui sont au voisinage des follicules pileux; c’est cette variété que l’on désigne sous le nom d’acné pileuse et qui, siégeant au niveau du menton et de la lèvre supérieure, a reçu encore le nom de sycosis arthritique non parasitaire, maladie' déjà connue des Romains sous le nom de mentagre. Cette variété sera distinguée du sycosis parasitaire par une série de caractères, tels que l’aspect des pustules, leur mode d’évolution, l’aspect des poils, et surtout par l’examen microscopique de ces derniers, exploration qui, dans un cas, montrera d’une façon très nette la présence du parasite. L’évolution successive de ces pustules au niveau des joues ou sur le cuir chevelu, peut entraîner ultérieurement l’alopécie, et même une calvitie définitive.

Dans Y acné indurée, les pustules ne diffèrent que par leur volume et leur peu de tendance à la suppuration.

h'aciié éléphantiasique est une forme assez rare, caractérisée par l’inflammàtion primitive des glandes sébacées, avec augmentation du volume des tissus adjacents par production exagérée des éléments anatomiques. Cette forme s’observe surtout au nez et sur les joues. Le volume du nez peut devenir extrêmement considérable, et l’on a pu dans certains cas, par une opération chirurgicale, modifier fort avantageusement une pareille difformité.

h’ acné ponctuée s’observe habituellement au niveau des. ailes du nez, sur les joues, sur le front; il y a sécrétion exagérée des glandes sébacées, et à leur orifice on observe un point noir produit par le contact de l’air et des poussières atmosphériques sur l’extrémité du conduit; en pressant autour de ces points, on évacue sous forme de filaments vermiformes une matière noirâtre qui, examinée au microscope, renferme assez fréquemment un parasite-^ connu sous le nom de demodex. (Fig. 39.)

L’acné varioUforme est une variété particulière, caractérisée par de petites saillies arrondies, ombi- Dictionnaire de Médecine usuelle.

liquées, formées par l’hypertrophie des glandes sébacées avec rétention de leur produit. Elle s’observe surtout à la face, au cou, sur le devant de la poitrine. On l’observe surtout dans l’enfance. La contagion de cette forme d’acné est admise par quelques dermatologistes.

L’acné rosacée, désignée encore sous le nom de couperose, est une variété extrêmement fréquente; son siège de prédilection est la face. Dans un premier degré, elle consiste dans une série de taches ' rouges, accompagnées d’une sensation de chaleur et de prurit; la rougeur augmente au moment des repas et pendant le travail de la digestion. La période menstruelle amène souvent une modification dans l’intensité, de la congestion. Peu à peu les capillaires sanguins se dessinent, et çà et là on observe quelques pustules qui ont, du reste, peu de tendance à la suppuration. Si la maladie progresse, la figure prend un aspect repoussant, les joues, le nez prennent un volume considérable ; c’est une des formes les plus rebelles à nos agents médicamenteux. ’

L’acné est une affection qui peut se montrer sous l’influence de causes multiples : l’usage répété et l’abus, des boissons, alcooliques est une cause fréquente d’acné ; la couperose alcoolique se montre sous les deux formes d’acné érythémateux et d’acné pustuleux. L’usage continu des préparations iodées et même bromurées détermine fréquemment l’apparition de cette éruption. Parmi les causes internes, nous rangerons surtout la syphilis, la scrofule, l’arthritis. La syphilis provoque souvent l’apparition de pustules acnéiques, qui se reconnaissent par leur couleur, leur configuration, et enfin par la recherche des phénomènes antécédents et concomitants.

L’acné scrofuleuse affecte surtout j, la forme sébacée et la forme pus- DemoTêx tuleuse. Quant à l’acné arthritique, ou on l’observe surtout sous la forme parasite de l’acné pustuleuse (sycosis) ou sous l’apparence d’acné rosée. Certaines périodes de la vie sont favorables à l’évolution de cette maladie : la puberté et la ménopause jouent dans l’apparition de l’acné pustuleuse et de la couperose un rôle souvent prépondérant,

Le traitement doit être simultanément général et local. L’acné est-elle d’origine syphilitique, le traitement interne [Pilules dépuratives du Labarthé) pourra seul faire disparaître l’éruption. Si l’acné est la conséquence d’une médication iodurée, il suffira d’interrompre le traitement, tout en facilitant l’élimination des iodures par l’administration à l’intérieur de diurétiques.

La médication qui consiste à prescrire de simples émollients (lotions, cataplasmes de fécule de pomme de terre) sera bien rarement suivie de résultats satisfaisants. Cependant, au début de l’éruption, on pourra formuler une des pommades suivantes :

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Vaseline .

. . . . 30 grammes.

Oxyde de zinc . . .

.... 2 à 4 grammes.

Vaseline .

Bismuth.

Vaseline .

Borax. ..;...

Les lotions alcalines peuvent également être utiles. Mais si ces moyens restent insuffisants, il faut employer une médication substitutive, qui a pour but de modifier complètement le terrain sur lequel l’acné se développe.

Les lotions, avec une cuillerée de la solution suivante : .

Sublime . 1 gramme.

Eau . l-iO grammes.

Teinture de benjoin. ..... 10 grammes.

versée dans un verre d’eau chaude, pourront être faites pendant trois ou quatre jours consécutifs, matin et soir.

La solution suivante peut alterner avec la précédente :

Eau de roses . 180 grammes.

— de Cologne. . . . 12 —

Alun. . 8 —

L’alun peut être remplacé dans cette solution par le borax ou l’acide tannique.

La pommade suivante : .

Protoiodure de mercure. . 20 centigrammes.

Cold-eream. ....... 15 grammes.

pourra également amener des résultats avantageux ; il suffira d’augmenter graduellement la dose du protoiodure, si l’inflammation substitutive n’était pas suffisante. Cette médication doit être constamment surveillée, car l’irritation provoquée par le médicament doit être de courte durée, et à chaque irritation provoquée doit succéder une phase d’affaissement dans l’intensité de l’éruption acnéique. Le Phénol-Bobœuf, les onctions avec le savon noir, la solution alcoolique sulfuro-camphrée pourront également, en agissant d’une façon presque identique, donner des résultats satisfaisants. .

Les pulvérisations répétées, employées directement ou par l’intermédiaire de l’hydrpfère, seront aussi très utiles : les eaux alcalines de Royat, les eaux sulfureuses de Louèche, d’Uriage, d’Aix en Savoie, de Bagnères de Luchon, ont à cet égard une réputation justement méritée.

Le traitement général ne doit pas être négligé : contre l’acné arthritique, par exemple, il est de la plushautp importance d’employer les eaux alcalines à l’intérieur, telles que Vichy, Vais, Royat; contre l’acné scrofuleuse, les amers, la médication iodurée à l’intérieur (Sirop de Laroze, Pilules du B' Labarthe), les eaux sulfureuses de Luchon , d’Aix, -comme médication exteime, sont de la plus grande utilité. Les prescriptions hygiéniques dans toutes les formes d’acné doivent jouer également un très grand rôle. Enfin, dans ces formes rebelles d’acné tuber¬

culeuse et même d’acné rosacée, il sera nécessaire de recourir à une médication nouvelle, je veux parler de la méthode Aq?: scarifications (V. ce mot) : employée avec prudence et combinée avec la médication générale, elle pourra donner les résultats les plus satisfaisants. D' E. landrieux.

ACONIT. •— L'aconit napel {aconitim napellus, capuchon, pistolet, coqueluchon) est une plante de la famille des renonculacées. Sa tige, haute de 1 mètre environ, est garnie de feuilles, d’une jolie coloration verte, brillantes et divisées en segments dont les extrémités sont élargies ; les fleurs sont bleues, rarement blanches, et forment un long épi à la partie supérieure de la tige ; les sépales et lés pétales, par suite d’un arrangement bizarre , donnent aux fleurs l’aspect tout particulier d’un capuchon, d’un bonnet phrygien. La racine a la forme d’un petit navet, et c’est de là qu’est venuàla plante le nom de napellus, diminutif de napus ; elle est ligneuse, blanchâtre en dedans, noire en dehors, et porte un grand nombre de radicelles grêles disposées en cercles transversaux réguliers.

L’aconit se trouve dans les montagnes de l’Europe, et principalement dans la Suisse et le Jura ; très fréquente dans les endroits secs et pierreux, elle pousse facilement dans les jardins où elle est cultivée

comme plante d’agrément à cause de sa beauté,, en cet état, elle est moins active et doit être exclue de l’usage pharmaceutique ; les contrées chaudes lui sont aussi plus favorables que celles du nord.

La médecine utilise continuellement les feuilles et les racines ; aussi .faut-il les avoir dans un parfait état de conservation, afin de posséder un médicament uniformément dosé. Les feuilles se récoltent au mois de juin et les racines à la fin de l’hiver. Les feuilles fraîches sont préférables, et divers essais attestent une plus grande efficacité dans les racines.

L’aconit, à l’état frais, produit sur la peau l’effet d’une brûlure ; dans la bouche, elle provoque de la chaleur suivie d’une sorte d’irritation.

La culture dans les jardins la rend dangereuse à cause des principes âcres, narcotiques et toxiques qu’elle contient. En effet, outre l’amidon, la cire, une matière albumino'ide, la gomme, le tannin, la chlorophylle, les matières grasses et résineuses, les

Fig. 41 — Aconit napel.

Fleur entière.

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acides acétique, aconitique et malique à l’état de sels de chaux, l’aconit possède deux corps énergiques, la nadelline et surtout Vaconitine. (V. ces mots.)

La propriété dangereuse de l’aconit paraît être connue de longue date ; les anciens s’en servaient comme châtiment et punition des condamnés ; des étourdissements, des céphalalgies, des bourdonne-

teurs, dont elle calme les maux de gorge et les enrouements ; jointe au sirop d’érysimum, elle constitue une des bonnes potions des chanteurs. La teinture se prend, à la dose de 1 à 8 grammes ; l’extrait préparé avec le suc des feuilles se donne à la dose de S à 20 centigrammes ; l’extrait alcoolique des feuilles sèches, de 1 à 5 centigrammes (l’extrait alcoolique de racines, étant environ 20 fois plus fort, doit être prescrit et employé avec la plus grande circonspection) ; I3 sirop de SO à 80 grammes.

Dans l’administration des diverses préparations

d’aconit, on doit toujours commencer par de faibles doses pour arriver graduellement à de plus fortes, la nature des feuilles et des racines, l'origine de la plante, l’état de fraîcheur ou les différents états de dessiccation, le choix de la partie employée influant énormément sur l’efficacité du remède. \

Le genre aconit comprend plusieurs plantes plus actives les unes que les autres; Vaco itum fer ox tient la tête non seulement par son épithète, mais encore par ses propriétés toxiques et les nombreux empoisonnements qu’il a occasionnés ; c’est le bish ou bisk si redouté des Indiens. Viennent ensuite Vaconitum napellus dont nous venons de parler, l’A. lycoctonum, l’A. anihora, l’A. cammarum et plusieurs autres espèces ou variétés ayant peu ou point d’application et dont les fleurs varient de forme et de couleur. Georges Duché, ph«“.

ACONITINE.— Chimie. — L’aconitine, alcaloïde de l’aconit, est une base végétale obtenue primitivement sous la forme d’une poudre amorphe incristallisable, d’une blancheur parfaite, par Liégeois et Hottot, et ensuite cristallisée en prismes incolores par Duquesnel. Toutes deux incolores, d’une saveur âcre et brûlante, très peu ■ solubles dans l’eau, rapidement solubles dans les acides, ces aConitines constituent un des plus violents poisons d’origine végétale. La dose minime de 1 à 2 centigrammes est suffisante pour produire des symptômes toxiques très graves.

Cristallisée ou amorphe, l’aconitine produit les mêmes effets physiologiques.

Effets. — A petite dose, de 1 à 4 milligrammes, l’aconitine, en contact avec la muqueuse buccale, détermine une sensation de picotement et d’engourdissement caractéristique. Arrivée dans l’estomac, elle produit des nausées; aussitôt absorbée, — ce qui ' a lieu très rapidement, — on constate un ralentissement du pouls et de la respiration, la diminution du calibre des vaisseaux, l’abaissement de la température, la dilatation de la pupille, la dépressibilité du système musculaire, de la somnolence manifeste. Enfin, son élimination entraîne une augmentation dans les sécrétions de l’urine, de la salive et de la sueur.

Prise à haute dose, de 10 à IS milligrammes, l’aconitine détermine de la pesanteur de la tête, des picotements douloureux de la pointe de la langue, des nausées, des vomissements, là petitesse du pouls, une dilatation excessive de la pupille; la poitrine ne se dilate que difficilement, les extrémités se refroidissent, le malade salive abondamment, se couvre d’une sueur profuse, est en proie à une diurèse très abondante ; le coma arrive, et enfin la mort par les spasmes ataxiques du système respiratoire, ainsi que l’a démontré notre ami le D’’ Laborde.

Usages. — Comme on le voit, l’aconitine est très active. Elle exerce une action stupéfiante, diurétique, sudorifique et dépressive des systèmes musculaire et circulatoire. Comme stupéfiant, elle est ordonnée avec avantage contre les névralgies et les névroses, l’asthme, la chorée, les palpitations nerveuses, la coqueluche, l’angine de poitrine, etc.; comme diurétique, elle trouve son indication dans l’ascite, les hydropisies, la dysurie, etc. , comme sudorifique, Gubler et Oulmont l’ont recommandée avec succès,

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