‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 123 sur 206 · CRÉ · texte numérisé non relu

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que ce soit, il sera statné dans les TÎngt-qnatre henres par le juge de paix du domicile, lequel pourra, soit ordonner qu’il sera sursis, soit ordonner 1 inhumation provisoire, jusqu’à décision définitive.

Art. 3. — En cas de dénonciation de crime, on d’action directe exercée par le ministère public, il devra être procédé à, l’autopsie aux frais de qui de droit, préalablement à la crémation, et, sur le refus des intéressés, en l’absence d’une décision judiciaire, l’inhumation aurait lieu.

irt. 4. — Un règlement d’administration publique déterminera toutes les conditions de constatation préalable, d’ordre et de police, auxquelles devrait être subordonné l’exercice du droit accordé par la présente loi.

irt. 5. — Sont abrogées toutes les dispositions légales antérieures, contraires à la présente loi.

Réponse aux objections. —Elles sont de plusieurs ordres. Les unes, de sentiment, tiennent à la répugnance de voir les dépouilles mortelles d’un homme brûler à petit feu sur un tas de bois et de charbons; les autres, religieuses, s’appuient sur le verset de la Bible : « Car vous êtes poussière et vous retournerez en poussière. »

Le spectacle d’une exhumation, après quelques semaines seulement de séjour sous terre sufiSrait, à notre avis, pour combattre les premières; quant aux secondes, il nous suffira de rappeler que les missionnaires de la rue du Bac conservent précieusement dans des urnes les cendres de leurs martyrs tombés au loin sur les champs de bataille de la foi.

Les objections dites scientifiques font redouter, d’une part, que l’humanité ne meure de froid par destruction de toute matière combustible ; de l’autre, que l’anthropologie et la phrénologie ne retrouvent plus dans les squelettes la chronologie du genre humain.

Bornon«-nous à rappeler qu’il n’est plus besoin de recourir aujourd’hui aux grands bûchers de bois, et que les arts modernes permettent de fixer d’une manière durable . nos ressemblances et nos caractères anatomiques dans réchelle zoologique.

L’objection la plus sérieuse est fournie par la médecine légale, à laquelle la crémation enlèverait la possibilité des exhumations juridiques , autrement dit des investigations que réclame ],a justice après la mort dans les cas de crimes.

D abord, en présence du nombre très restreint de ces exhumations, on peut se demander si la santé de populations entières bénéficiant des avantages hygiéniques de l’incinération, ne doit pas primer 1 immunité qui pourrait résulter pour un coupable dans des cas très exceptionnels.

En second lieu, dans les brochures que nous avons publiées de 1872 à 1882, nous avons démontre la possibilité de répondre aux exigences légiimes de la médecine légale en imposant ces trois ‘^^^ditions préalables :

1® Désir formel du défunt et consentement de la lamiUe, crémation facultative ;

2° Autopsie pratiquée par le médecin légiste de la arconscription ou certificat du médecin vérificateur A attribuant la mort à des causes naturelles ; Autorisation débvrée par la préfecture de po-

ce, apres enquête préalable sur la vie et la maladie de la personne.

Ajoutons de suite que la grande majorité des empoisonnements (512 sur 617) sont produits par des

substances métalliques que l’analyse chimique peut retrouver aisément au milieu des cendres.

Procédés techniques. — L’incinération des corps, envisagée au point de vue des temps anciens et de l’époque moderne, peut s’obtenir par trois ordres de moyens: A, le bûcher; B, le gaz d’éclairage; C le mélange des gaz et de l’air plus ou moins comprimé.

A. Homère nous a donné, dans Vllliade, la description des bûchers qui avaient servi aux funérailles de Patrocle et d’Hector.

La légende d’Artémise, reine de Carie, nous apprend comment Mausole, son époux, avait été brûlé sur une pile de plantes odoriférantes arrosées de parfums.

Les récits des voyageurs célèbres nous ont fait assister à la triste cérémonie d’autrefois des veuves du Malabar, montant sur des bûchers saupoudrés de camphre et d’aromes.

Les Indiens brûlent encore leurs corps sur du bois de santal (pour les riches), sur des tourteaux de fiente de vache desséchée au soleil (pour les pauvres).

Au Japon, dans le crématoire de Rivigaja, l’incinération de plusieurs corps s’opère dans une chambre spéciale au moyen de quelques fagots de bois.

Et au mois d’août 1884, les journaux de Paris nous ont raconté comment s’était effectuée, sur la plage d’Étretat, la crémation d’un riche rajah de rinde.

B. La première crémation faite en Italie a été effectuée au moyen du gaz d’éclairage par l’appareü PoUi Clericetti. 217 becs à air et à gaz, véritables dards de chalumeau, formaient au cadavre un vrai lit de flammes.

C. Les appareils qui fonctionnent par le mélange des gaz et de l’air peuvent se diviser en deux catégories : les fours à cornue qui opèrent une simple distillation, et les fours à gaz qui réalisent une véritable , combustion, en anéantissant le corps avec toute la rigueur chimique et organique.

Parmi ces derniers qui offrent la solution la plus simple du problème pratique, nous citerons :

1° Celui de MM. Millier et Ficbet, de Paris (une très haute température est obtenue par la combustion active d’oxyde de carbone chaud mélangé à de l’oxygène également chaud);

2“ Celui de Poma-Venini, installé dans le cimetière de Milan (combustion de gaz de chauffage rendue plus active par de l’air surchauffé avec utilisation des gaz provenant du cadavre lui -même) ;

3® Le four Siemens, de Dresde, qui fonctionne dans le crématoire de Gotha, véritable four a puddler comprenant une sole d’incinération, im régénérateur et un gazogène.

Cet appareil, où l’on peut atteindre des températures de 1300 ou de 1500 .degrés, est susceptible d’opérer l’incinération complète en moins d’une heure avec la plus petite quantité de résidus possible 2’=^50 pour im poids initial de 100 küogr.).

Son avenir. — Comme conclusion de l’étude que nous venons de faire de cet intéressant problème d’hygiène publique, nous nous croyons autorisé à affirmer : que la crémation des cadavres et la conservation de leurs cendres doivent, à un moment

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donné, se substituer au mode actuel d’ensevelissement puisque, avec eUe, et au très grand profit de la salubrité et de l’hygiène publique, sans offenser la religion, sans léser les droits imprescriptibles de la société, en respectant toujours le libre arbitre des décédés, leurs volontés dernières, les sentiments sacrés de la famille, l’on peut honorer la mémoire de ceux qui ne sont plus.

La crémation imite parfaitement l’œuvre de la nature : ce que celle-ci produit lentement, par des voies obliques, par l’intermédiaire d’émanations nuisibles, la combustion l’accomplit avec rapidité, et sans danger d’aucune sorte, ne laissant à la surface de la terre qu’une masse minime de cendres inertes.

Au point de vue pratique, des procédés, aussi simples qu’ingénieux, ont été proposés et expérimentés pour atteindre le but suprême, dans un espace de temps assez limité, et avec une dépense d’argent assez restreinte.

Parmi tous les appareils employés au cours de ces dernières années, le four régénérateur de Siemens, de Dresde, est incontestablement le plus perfectionné.

Mais n’oublions jamais qu’à la France revient l’honneur d’avoir posé l’incinération des corps au rang des grands problèmes de l’hygiène publique moderne ! D'’ peosper de Pietra-Santa.

CRÈME. — On appelle crème une matière jaunâtre, épaisse et onctueuse, agréable au goût, qui s’élève à la surface du lait abandonné à lui- même au repos et dans un lieu frais, qui èst formé de beurre, de caséum et de sérum (V. Lait). p. l.

CRÈME DE TARTRE — (V. Tartrate de potasse.)

CRËÔSOTE. — On donne ce nom à un produit huileux, transparent, incolore, mais se colorant en jaune foncé au soleil, très soluble dans l’alcool et l’éther, peu soluble dans l’eau, d’une odeur forte et désagéable, d’une saveur âcre, brûlante et caustique, que Reichenbach a retiré, en 1832, du goudron de bois par distillation.

Effets. — Appliquée sur la peau, la créosote détermine une cuisson légère et de la rubéfaction. Appliquée sur la peau dépouillée de son épiderme ou sur les muqueuses, eUe agit comme caustique, attaque les tissus et les blanchit ün peu à la façon du nitrate d’argent et les desquamme.

La créosote jouit de la propriété de coaguler l’alhumine et de conserver les matières animales après la mort. EUe tue rapidement et à faible dose les organismes inférieurs et s’oppose aussi à la fermentation putride.

La créosote est donc astringente, caustique,'antiseptique et antiputride.

Administrée à l’intérieur, ses effets varient suivant les doses. A doses faibles et diluées, la créosote ne donne qu’une sensation passagère de chaleur dans l’œsophage et l’estomac, avec odeur et saveur désagréables. A doses élevées, ces effets sont plus accusés ; on observe de plus des nausées, des vomissements, des vertiges, de la céphalalgie, de la diarrhée, des envies fréquentes d’uriner, etc. Enfin,

si on l’administre à dose massive, aux accidents déjà énumérés, viennent s’ajouter des troubles des organes des sens, des contractures des muscles, un ralentissement du cœur, de la dyspnée, de la suffocation, la cessation des mouvements circulatoires l’impossibilité de la déglutition, de l’hypersécrétion bronchique, et l’asphyxie au milieu des convulsions.

Usages. — La créosote est utilisée comme remède externe et comme remède interne.

A l’extérieur, on l’a appliquée comme hémostatique pour arrêter les hémorrhagies consécutives aux blessures, les épistaxis, le sang des piqûres de sangsues. On l’a aussi appliquée au pansement des plaies, des ulcères simples et gangréneux. On l’a conseillée contre certaines maladies de peau, eczéma humide, impétigo, prurigo, etc., contre la gale, les teignes, etc., sous forme de pommade,

Axonge . . . 30 grammes

Créosote . Ià6 grammes

suivant les cas. On l’a encore employée contre les verrues et les tumeurs érectiles. Enfin, tout le monde sait que la créosote est journellement employée pour calmer les douleurs de la carie dentaire et pour guérir cette affection, en appliquant dans le trou de la carie un petit tampon de coton trempé dans la solution suivante :

Créosote . 1 gramme

Alcool . . . - grammes

De toutes les applications externes de la créosote, cette dernière est même la seule qui soit restée dans la pratique courante.

A l’intérieur, on a conseillé la créosote, à la dose d’une ou deux gouttes dans un demi-verre d’eau sucrée avant les repas, aux individus atteints de dyspepsie atonique ; et à la dose de 2 à 5 gouttes contre la diarrhée et la dyssenterie. Ce médicament a été conseillé aussi contre les vomissements qui surviennent pendant la grossesse, dansl’hystérie, la phthisie, le choléra, à la dose de une à deux gouttes toutes les deux heures. MM. Pécholier, Morache et Gaube, se basant sur les propriétés antiseptiques et antifermentescibles de la créosote l’ont préconisée contre la fièvre typhoïde, et ont retiré de bons effets de son administration simultanée par la bouche et en lavements.

Mais les affections contre lesquelles la créosote est aujourd’hui administrée le plus fréquemment et avec le plus de succès, sont les affections de l’appareil respiratoire, bronchite chronique et phthisie pulmonaire. Déjà en 1833, Reichenbach avait expérimenté la créosote contre la phthisie avec succès, et après lui Granjean, Niguet, Rampold et Werbeeck avaient proclamé l’influence remarquable qu’exerçait ce médicament sur cette terrible maladie. Mais ce sont surtout les expériences entreprises en 1877 par Gimbert de Cannes et le professeur Bouchard qui ont contribué à vulgariser son emploi. Il résulte de ces expériences que la créosote du hêtre, après 8 à 15 jours de traitement, diminue l’expectoration, calme la toux, apaise la fièvre, augmente l’appétit, relève les forces, supprime parfois et complètement les sueurs nocturnes si fatigantes, et

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redonnent au malade l’embonpoint c[u’il avait perdu. Les râles qu’on entendait dans la poitrine disparaissent et font place à un bruit respiratoire, mais plus ou moins rude, dû à l’induration cicatricielle du tissu pulmonaire malade. Cette amélioration persiste et ü y a rarement un retour offensif de la maladie si l’on a soin de ne pas suspendre trop tôt le traitement.

Les docteurs Hugues, Bravet, Cadier, Ernest Labbée, les professeurs Brouardel, Maurice Raynard, Berlioz, Dujardin-Beaumetz et un grand nombre de médecins, ont employé et emploient la créosote avec le même succès. Ajoutons que la créosote donne aussi d’excellents résultats dans les catarrhes bronchiques chroniques.

La dose quotidienne à laquelle on doit administrer la créosote dans les affections de l’appareil respiratoire, est de 40 à 60 centigrammes. Mais il faut toujours avoir recours à la créosote vraie de hêtre, absolument pure. Les capsules Dartois, les gouttes Livoniennes , la solution Pautauberge , la glycérine créosotée de Catillon, sont d’excellentes préparations, irréprochables au point de vue de la créosote employée et de son dosage exact et rigoureux. Aussi les médecins les prescrivent-ils de préférence aux créosotes impures du commerce.

Empoisonnement. — En présence d’un empoisonnement par la créosote, facile à reconnaître par l’odeur spéciale qui se dégage de la bouche du malade et par les symptômes qu’il présente et qui ont été énumérés plus haut, il faut tout d’abord administrer un vomitif, puis faire avaler au malade une quantité d’eau albumineuse destinée à neutraliser le poison, la créosote ayant la propriété de coaguler l’albumine, ainsi que nous l’avons dit; enfin calmer l’irritation des voies digestives au moyen des émollients et des calmants. D' Paul labarthb.

stomachique avantageux. Son usage prolongé finit par transformer à la longue la constitution de l’individu. Le cresson agit alors comme altérant et dépuratif.

Ainsi le cresson ne se mange pas seulement en salade, il se prescrit encore sous forme de suc ou de sirop. Le suc pris à la dose de 100 à 200 grammes par jour, seul ou assaisonné de sel et de quelques gouttes de vinaigre, convient aux sujets lymphatiques, scorbutiques ou goitreux ; le sirop s’emploie dans les maladies des voies urinaires, les catarrhes des bronches et aux différents degrés de la phthisie pulmonaire où il produit parfois de bons résiâtats.

M. Maître, pharmacien, ancien interne des hôpitaux, prépare sous le nom de cresson Maître un jus de cresson concentré et iodé, d’une belle coloration verte, qui n’est pas désagréable au goût et peut être supporté par les personnes les plus délicates.

Disons enfin que le suc de cresson entre dans la composition du vin et du sirop anti-scorbutique.

D' Marc. CAMBOuLrv'ES.

CRÊTE. — Nom donné en anatomie à des saillies plus ou moins accusées qui existent sur les os : Crète du tibia, crête du cubitus, crête iliaque, etc.

CRÊTES DE COQ. — (V. Végétations.)

Fig. 336.

CRÉPITATION.— Nom donné par les chirurgiens au bruit spécial produit par les deux fragments d’un os fracturé, lorsqu’on les frotte l’un contre l’autre.

CRESSON. — Le cresson, vulgairement appelé cresson de fontaine, est une plante vivace qui croît spontanément sur les bords des ruisseaux d’eau vive et que l’on cultive dans des cressonnières. Les premières cressonnières qui aient été établies en France, sont celles de Saint-Léonard, dans la vallée de la Nonette, entre Senlis et Chantilly. Le cresson renferme, d’après Chatin, une huile volatile sulfoazotée, un extrait amer, de l’iode, du fer, des phosphates, etc. Les feuilles et les tiges fraîches sont i parties de la plante généralement employées.

A peine introduites dans la bouche et soumises à la mastication, les feuilles de cresson y développent une saveur piquante et amère caractéristiques, en naême temps qu’un afflux de salive considérable. L estomac est heureusement influencé par leur présence, la sécrétion du suc gastrique augmente, l’appétit s accroît, la température s’élève, surtout au moment de leur absorption, jusqu’au moment de leur élimination par les divers émonctoires naturels.

n suit de laque le cresson est un stimulant et un

CRÉTIN. — Avec Baillarger nous définirons le crétin, un être physiquement, et intellectuellement dégénéré, trapu, osseux, le plus souvent maigre, parfois bouffi, œdématié, et toujours difforme. Sa complexion chétive, lourde et épaisse, dénote un développement général dans le sens de la charpente. Son teint est ordinairement d’un blanc livide, comme crétacé ; d’autres fois, il a l’aspect terne et brun, rappelant celui des pellagreux, d’où le nom de marron qu’on lui donne dans certaines contrées. Chez les individus œdématiés, la peau est jaunâtre et tachée ; elle est chez tous particulièrement rugueuse,, dépourvue d’élasticité et très peu sensible. Cet aspect s’accentue rapidement avec les années, les transitions de l’âge étant à peine marquées ; le crétin paraît passer en effet presque tout d’un coup de l’enfance à la vieillesse ; des rides apparaissent prématurément et donnent à l’individu l’aspect vieillot et décrépit longtemps avant l’âge. La tête du crétin est volumineuse, de forme irrégulière et développée surtout dans le sens de la largeur. Les cheveux sont épais, la plupart du temps très fournis, courts, tombent rarement et ne blanchissent jamais, La figure est stupide, indolente et bestiale ; le cou est très gros et très court et affecté de goître ; le thorax est déformé, l’abdomen très gros et ballonné. Les

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parties génitales très développées chez les demi-crétins sont rudimentaires chez les vrais crétins; enfin, les membres supérieurs et inférieurs sont extrêmement courts ou, au contraire, extrêmenient longs, mais toujours disproportionnés. Quant aux facultés intellectuelles, elles sont complètement atrophiées, surtout chez la femme. P. l,

CRÉTINISME. — (V. Goitre.)

CREVASSE. — (V. Gerçures.)

CRICOÏDE. — Nom donné en anatomie au plus inférieur des cartilages du larynx (V. ce mot), p. L.

CRIMINALITÉ. — Qualité de ce qui est criminel, selon la définition donnée par le dictionnaire de l’Académie. Je n’ai pas à traiter ici des actes, c’està-dire des crimes et des délits considérés au point de vue de la classification, de la procédure, etc.; c’est l’affaire des jurisconsultes. Mais j’ai le droit et le devoir de m’occuper’ des personnes, c’est-à-dire des criminels; c’est décidément, et de plus en plus, l’affaire des physiologistes et des médecins. « Pour toutes les personnes familières avec l’étude du système nerveux central, dit très bien le docteur Daily, la criminalité et la folie constituent deux manifestations spéciales de la déchéance organique, héréditaire ou acquise «. Depuis le jour où ce savant distingué publiait cette note dans le dictionnaire de Littré et Robin (13® édition, 1873), des travaux nombreux et importants sont venus donner à ces idées une précision et une certitude qui ne laissent rien à désirer. Le temps est venu de formuler cette doctrine d’une façon dogmatique et d’ouvrir ainsi à la philanthropie éclairée et bien entendue des horizons nouveaux.

<c Mens sana in corpore sano )>, tel est l’axiome qu’il faut avoir sans cesse présent à la pensée dans le cours de ces études, en se rappelant de plus que le « corps » est représenté, ici, surtout par le cerveau, organe nécessaire et incontesté des facultés inteUectueHes et morales. Or, qui de nous, en visitant une prison ou un bagne, a pu se défendre d’un sentiment de dégoût, plus encore que d’horreur, à la vue des misérables, justement réduits, par la société, au plus dur et au plus honteux esclavage ? Mais, en général, on rapporte ce sentiment, moins au physique des prisonniers qu’à leur moral : on se figure, à part les exceptions trop frappantes, que l’idée du crime commis les fait surtout paraître ignobles à nos yeux.

C’est une erreur : le « physique » des criminels <c endurcis » est réellement ignoble dans la grande majorité des cas; et lorsque cette ignominie, cette difformité n’apparaît pas à la surface, soyez sûr que presque toujours, sinon toujours, elle existe dans leur cerveau. Le docteur A. Knecht ayant examiné 1,214 condamnés (pour vol, surtout; quelques incendiaires, meurtriers, etc.) renfermés dans la prison de Waldheîm (Saxe), a constaté des anomalies physiques, des infirmités et difformités, sur 379 d’entre eux, soit une proportion de 48 p. 100. Et chez 130 seulement, l’anomalie était unique; chez 449 autres, il y en avait deux ou un plus grand nombre à la

fois. Comme particularités, on peut signaler 118 cas d’asymétrie du crâne, 23 hydrocéphales, 32 cas de prognathisme. 11 y avait 20 idiots avérés, 41 faibles d’esprit. D’ailleurs, les difformités et vices de conformation dénotent, dans un certain nombre de cas, un état anormal des centres nerveux (AZZ. Zeitschrift fur Psychiatrie, 1883). Siffredi trouva sur 80 jeunes détenus (criminels mineurs) enfermés dans la maison de correction « La Generala », 48 individus atteints de difformités ou de vices de conformation divers [Archivio di Psichiatria, 1882).

Pénétrant plus avant, le D® Bordier, professeur à l’école d’anthropologie, a examiné avec un soin et une attention qu’on ne saurait trop louer, une série de 36. crânes d’assassins décapités pour leurs crimes. Sur presque tous, il a trouvé la région pariétale considérablement développée aux dépens de la région frontale. « Or, cette portion de l’encéphale (sous-jacente à la région pariétale) nous intéresse ici particulièrement, écrit le judicieux observateur. C’est là que se trouvent les centres moteurs, à la partie supérieure des circonvolutions frontale et pariétale ascendante ; c’est là que se trouvent le lobule paracentral avec les cellules géantes de Diéters, lobule que Mierzeyenski a vu atrophié chez un microcéphale apathique, hypertrophié, au contraire, chez les agités. » {Études anthropologiques sur une série de crânes d'assassins, 1881.) Ces caractères, l’extrême, développement de la courbé sous-cérébrale, la réduction de la courbe frontale, sont ceux que l’on a pu reconstituer comme propres aux hommes sauvages des temps préhistoriques, contemporains du Mammouth et de Fours des cavernes ; ils reparaîtraient chez les assassins en vertu d’une sorte d’atavisme et comme par l’effet d’un retour à la barbarie des temps primitifs. Le D® Bordier a constaté de plus, dans un certain nombre de cas, des altérations pathologiques, acquises (surtout l’ostéoporose, l’ossification prématurée des sutures, etc.), ce qui laisse un certain champ à la thérapeutique et à l’hygiène.

Mais il fallait aller plus loin, et, dans le cas même où aucun indice extérieur, aucune irrégularité apparente ne faisait pressentir l’existence d’une anomalie siégeant dans le cerveau, rechercher si cet organe était véritablement intact et normal. C’est ce qu’a fait Benedikt, de Vienne, et il est arrivé aux résultats les plus précis. A côté du type normal du cerveau, quant aux circonvolutions, lesquelles sont séparées, d’ordinaire, les unes des autres par des sortes de ponts ou plis de passage, il a reconnu l’existence d’un type anormal qu’il caractérise de la façon suivante : « Si l’on se figure les anfractuosités cérébrales comme autant de ruisseaux, un corps flottant pourrait, dans ce cas, passer de l’une d’eUes à presque toutes les autres. » Du reste, entre le type des scissures normales et celui des scissures confluentes on peut observer les transitions les plus variées. Dans une étude approfondie qu’ü a faite des cerveaux d^ 19 criminels (Vienne, 1879), ce type anormal n’a jamais fait défaut. De plus, dans un grand nombre de cas, les hémisphères cérébraux n’arrivaient pas à recouvrir complètement le cervelet, détail anatomique d’un caractère essentiellement bestial.

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Ces faits si graves, quant à leurs conséquences, ont été confirmés par l’illustre et regretté professeur Broca, dans son examen du cerveau de l’assassin Prévost. Ils ont été constatés aussi sur l’encéphale de Menesclou, sans parler du ramollissement généralisé dont l’organe de la pensée était atteint chez cet individu. {Bulletin de la Société d'anthropologie, 1880, p. 233 et 578).

^ Déjà en 1878, Césare Lombroso, professeur de médecine légale à l’Université de Turin, publiait sous le titre de L'Uomo delinquente (Le Criminel), un ouvrage considérable, basé sur l’étude approfondie de faits nombreux, et dans lequel il arrivait, sauf quelques différences de détail, aux mêmes conclusions que Benedikt, Broca et Bordier. Pour lui, « le prognathisme, l’abondance des cheveux crépus, la barbe clairsemée, la couleur souvent très brune de la peau, l’oxycéphali, l’obliquité des yeux, la petitesse du crâne, le développement des mâchoires et la saillie des pommettes, le front fuyant, le volume exagéré des oreilles, les ressemblances entre les deux sexes, la faiblesse musculaire relative, sont autant de faits qui s’ajoutent aux caractères nécroscopiques pour rapprocher le criminel européen de l’homme austral ou mongolique » (p. 66).

Mais on ne s’est pas contenté de remonter aux types imparfaits et primitifs de l’espèce humaine : on a voulu aller au delà. Instruits par la grande doctrine de l’Évolution, qui s’applique à la nature entière et à ses manifestations infinies, les savants contemporains se sont demandé si les traces de la criminalité ne se retrouveraient pas chez les animaux mêmes, et leurs travaux ont abouti à une conclusion affirmative.

En 1883, et presque en même temps que Lombroso, le docteur A. Lacassagne, professeur de médecine légale à la Faculté de Lyon, publiait un intéressant travail sur la Criminali/é chez les animaux. Estimant, comme le judicieux Charles Leroy, que « la morale des loups pourrait bien éclairer celle des hommes », il se proposait d’étudier scientifiquement « certains actes délictueux des animaux, afin de les comparer aux actes semblables commis par les hommes et punis parles lois. C’est, disait- il, une étude de Psychologie criminelle comparée. » Sans insister sur les abeiUes voleuses, étudiées par Buchner dans son livre si curieux {La vie psychique des bête-. , Paris, Reinwald, 1883), sur les serins qui tuent leurs femelles, cassent leurs œufs pour les manger ou massacrent leurs petits quand ils leur ont permis de sortir de la cofiuiUe (Buffon), je me bornerai au fait caractéristique suivant : « Un chien de l’École vétérinaire d’Altort, obligé de partager les débris des dissections avec \in porc, le prit en telle aversion, qu’un jour, e a.nt parvenu à briser la chaîne qui l’attachait, il se précipita sur ce pachyderme, le tua net, lui ouvrit -e A entre et lui déchira les oreilles. » (Lacassagne,

oc, czü,,p. 17) Dans un ouvrage tout récent (i’Onzzcidîo in rapporte alla scienza, etc.)E. Ferri résume a^i son opinion sur la matière ; « De même que la vie materielle de l’homme dans ses manifestations normales, n’apparaît que comme la copie et le développement successif de la vie matérielle des ani¬

maux, de même les actes criminels, qui ne sont chez lui qu’une manifestation anormale de la vie matérielle, ne sont que la reproduction et le développement de la criminalité animale. »

Il est impossible de résumer ici toutes les découvertes dont la science s’est enrichie, à cet égard, dans ces cinq ou six dernières années, d’analyser les travaux de Flesçh, de Paul Moreau, etc. C’est un fait acquis, désormais, que les criminels sont dans l’immense majorité des cas, de véritables monstres au point de vue de la conformation de leur cerveau ; ce sont des « brutes », dans toute la force du terme, et des plus féroces, incapables, comme le disait déjàFerrus en 1850, « de peser très judicieusement le bien et le mal, et dès lors, de se pénétrer parfaitement des conditions morales de l’état social, et de se soumettre, avec connaissance de cause, aux lois sur lesquelles il est assis. »

Les métaphysiciens ont jeté les hauts cris en déclarant qu’on supprimait ainsi la responsabilité, qu’on excusait le crime et que le monde allait devenir la proie des voleurs et des assassins. D’autre part, des penseurs plus émancipés ont répondu cc qu’il ne s’agissait pas de justice, mais d’utilité sociale ; » que peu importait, d’ailleurs, la fatalité, du crime, tout individu qui tue étant bon à tuer, comme la vipère qu’on écrase quand elle vous mord.

Les uns et les autres se trompent : les métaphysiciens par ignorance pure, les questions de philosophie scientifique leur étant complètement étrangères, — les autres, pour avoir méconnu les principes les plus élémentaires de la politique. Toutes les personnes familières avec les écrits des maîtres, avec Aristote, Hobbes, Spinoza, Beccaria, savent que la justice, selon l’expression du plus grand d’entre eux, c’est précisément l’utilité sociale, l’intérêt général (Aristote, Po'/iL, III, 7). Elle commence avec la Société civile, née peu à peu, non d’un contrat, mais de la nature des choses; elle n’a pas de place en dehors de l’État. Le premier droit, le premier devoir du corps social, , c’est en effet de se conserver. « Les peines qui ne sont pas indispensables au salut public, dit Beccaria, sont injustes de leur nature ; et les peines sont d’autant plus justes que la sécurité de tous est plus inviolable etplus sacrée, en même temps que la liberté est plus grande. »

D’autre part, tout individu est responsable des dommages occasionnés par son fait, quelle que soit la cause intérieure ou externe, qui a déterminé sa volonté. Qu’un aliéné commette un meurtre, et immédiatement on l’enferme dans une variété particulière et plus confortable de prison, appelée « asile » où on le retient et où l'on devrait, dans tous les cas, selon moi, le retenir pour le reste de ses jours.

L’assassin ordinaire, criminel par nécessité, — dans le cas où il est atteint, comme c’est le fait habituel, d’un vice de conformation cérébrale, héréditaire ou acquis, — subit un sort analogue, ou même parfois moins duTj quand on l’envoie cultiver le sol de quelque colonie lointaine. Quelquefois, tous les jours plus rarement à mesure que nous nous éloignons de la barbarie primitive, on le pend ou on le coupe en deux; il y a un siècle environ, on le faisait mourir à petit feu sur la roue, en lui brisant

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les membres, etc., etc. Quelque horribles et répuguants que paraissent à un homme véritahlement civilisé tous ces procédés d’un autre âge, la guillotine comprise, s’il était prouvé que la peine de mort eût une efficacité quelconque au point de vue de la diminution des crimes, c’est-à-dire de la préservation sociale, il faudrait, tout en géinissant, consentir à la conserver. Mais comme les faits sont en contradiction formelle avec cette manière de voir, comme d’autre part, les vices de l’organisation sociale sont responsables, pour une part, de la genèse des criminels, il importe de renoncer au plus vite, à massacrer officiellement et de sangfroid, des misérables, pour la plupart, dignes de pitié au moins autant que d’horreur et de dégoût.

« Dans quelques siècles, dit le grand philosophe, Louis Büchner, alors que l’humanité sera devenue meilleure, plus sage et plus heureuse, on considérera les procès criminels de notre époque avec le même sentiment que celui qui nous est inspiré aujourd’hui par les condamnations de sorciers et par les jugements de l’inquisition au moyen âge. » {Force et matière, trad. A. Regnard, Paris, 1884). Ces réserves faites, pour ce qui concerne la peine de mort, on voit qu’en dépit des apparences et des théories les plus contradictoires, la société, très pratiquement et très justement, retranche de son sein en les enfermant, les aliénés nuisibles comme les criminels.

Quoi qu’il en soit, étant donné l’état actuel de la science et les faits acquis, je crois devoir formuler les propositions suivantes :

1“ Dans l’immense majorité des cas, le cerveau et le crâne des criminels sont atypiques (Benedikt), plus ou moins éloignés du type normal. Cette afypie prédispose aux troubles intellectuels, à l’épilepsie et aux anomalies psychophysiques de toute sorte, ou bien elle est le signe d’une maladie du cerveau ;

2“ Le droit de punir repose sur le principe primordial qui est la base et la condition sine quanon de la société civile, sur la justice, c’est-à-dire sur l'intérêt général ;

3® Quelle que soit la part de la société actuelle [criminalité acquise, par défaut d’instruction, milieux dépravés, misère, etc.) et des générations antérieures [criminalité héréditaire) dans la genèse et la fabrication des criminels, la responsabilité immédiate doit être naturellement attribuée à celui qui cause le dommage ;

4® A part les cas de légitime défense tout meurtrier doit être mis hors d’état de nuire et enfermé impitoyablement pour le reste de ses jours. Les anomalies cérébrales, la folie, l’ivresse, la colère, etc., ne sont pas des excuses ;

b® Les voleurs incorrigibles, et en général tous les récidivistes doivent être enfermés aussi pour un temps indéterminé, et en définitive, assez longtemps pour qu’une observation attentive permette de constater une amélioration sérieuse et durable. Une telle amélioration pourra s’observer sur les individus pervertis par suite de la misère, d'une mauvaise éducation ; on l’espérerait en vain chez les malheureux venus au monde avec un vice de conformation du cerveau, qui les rend à jamais impropres à com¬

prendre et à remplir les devoirs inspirés par la vie sociale.

Le système des convicts (ou forçats) tel qu’il fonctionne en Angleterre, semble infiniment préférable au point de vue des résultats obtenus, à celui de la transportation ;

6® C’est un immense malheur que d’appartenir à une famille de criminels ou d’aliénés. Il n’y a point là de préjugé, mais le résultat d’une répulsion trop justifiée, puisque l’individu qui entre dans une pareille famille est exposé à procréer des descendants affectés de ces désastreuses infirmités, — le crime et la folie, — que l’on voit souvent alterner, du reste, dans une même lignée. Voilà des faits qu’on ne saurait trop porter à la connaissance du public, en attendant le jour où l’État trouvera le moyen d’interdire le mariage aux rejetons de ces familles. C’est là un des grands problèmes de l’avenir, et de sa solution — beaucoup plus encore que de l’éducation généralisée, qui, pourtant produira de bons effets — dépend la diminution considérable des crimes et des cas de folie ;

7® Le sentiment de la pitié, beaucoup plus que celui de la haine, doit dominer à l’égard des criminels, comme il domine déjà envers les aliénés, qui d’ailleurs, sont parfois aussi réellement méchants que les premiers ;

8® Il y a lieu de construire dès maintenant^es asiles sur le modèle de celui de Broadmor, en Angleterre, pour les aliénés criminels; les maisons de cet ordre constituent un progrès considérable, en ce qu’elles marquent l’acheminement nécessaire vers ces asiles de l’avenir, destinés à remplacer les prisons et les « mànicomes », et qui renfermeront au même titre, ceux que nous considérons aujourd’hui tantôt comme des aliénés et tantôt comme des criminels (y-. Folie et Responsabilité).

A. Regnard.

CRINIERS. — Hygiène professionnelle. — Les criniers et les brossiers sont exposés à un certain nombre d’inconvénients pendant les diverses manipulation qu’ils font subir au crin.

Les criniers qui apprêtent le crin, le battent, le lavent, le peignent, sont exposés à l’action des poussières pendant le battage, on rencontre souvent chez eux des furoncles et des anthrax ; ils sont aussi exposés aux émanations putrides provenant des buées qui se dégagent des chaudières pendant le lavage. Ceux qui le peignent présentent, ainsi que l’ont constaté Tardieu et Vernois, un gonflement et une rougeur limitée siégeant à la face dorsale et au niveau du quatrième et cinquième métacarpiens de la main droite.

Les brossiers, pour travailler le crin, les [réunissent en faisceaux qu’ils frottent vivement entre leurs mains, puis ils les introduisent dans les trous du dos en bois, et lorsque ces trous sont remplis, ils coulent sur le dos de la brosse une couche de cire ou de coUe-forte chaude, de façon à y faire adhérer solidement les crins dont ils égalisent ensuite soigneusement les extrémités avec de forts ciseaux. Le frottement des faisceaux donne lieu à un dégagement de poussières qui irritent la peau et les voies respiratoires et prédisposent à la phthisie, ainsi que

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iQ prouve une statistique de L. Hirt, de Breslau, qui sur tOO brossiers malades a observé 49 phthisiques. L’ébarbage occasionne des durillons aux doigts et parfois, d’après Vernois, de la contracture àu médius et de l’annulaire.

Les criniers et les brossiers feront donc bien de se servir, dans les ateliers, de masques respirateurs destinés à empêcher la pénétration des poussières dans les voies aériennes. D" Paül labakthe.

• CRISE. — On donne le nom de crise aux phénomènes morbides, qu’on observe fréquemment dans le cours des maladies, avant leur guérison ou aux approches de la mort, et qui coïncident tantôt avec une issue favorable, tantôt avec une terminaison fatale. Dans le premier cas, la crise est dite salutaire; dans le second, fatale. P. l.

CRISPATION. — Nom donné souvent aux mouvements spasmodiques que l’on observe chez les hystériques. P. l.

CRISTALLIN. — On donne ce nom à un corps transparent, solide, en forme de lentille bi-convexe, d’un diamètre de 10 millimètres chez l’adulte et d’une épaisseur variable entre 5 et 6 millimètres.

Fig. 337.

Coupe antéro-postérieure de l’œil. — 11. Cristallin. — 1. Scléroti^e divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — •4. Canal de Schlemm. — 5. Procès ciliaires choroïdîens. — 6,6. Vasa vorticosa de la choroïde. 7. Muscle ciliaire. — O. Nerfs ciliaires. — 9. Rétine. — 10. Corps vitré.

est situé dans l’œil, en arrière de l’iris, entre 1 humeur aqueuse qui baigne sa face antérieure, et en avant du corps vitré dans lequel il est comme enchâssé. 11 est maintenu dans cette position par la zone ciliaire doritles fibres l’unissent au corps vitré et a 1x1 choroïde.

Le cristallin constitue avec le muscle ciliaire qui est destiné à modifier ses courbures, l’organe de ^accommodation (Y. ce mot). Il sert à augmenter la

convergence des rayons lumineux qui pénètrent dans l’œil et à faire que cette convergence se fasse toujours sur la rétine. Lorsque le cristallin perd sa transparence et devient opaque, il a produit une affection qui a reçu le nom de cataracte (V. ce mot). P. L.

CRISTALLINE. — On donne ce nom à de petites éruptions vésiculeuses, herpétiques, qui se produisent sur le prépuce et le gland, sur les grandes et les petites lèvres, ou au pourtour de l’anus, p. l.

CRITIQUE (AGE). — (V. Ménopause.)

CROCHU. — Nom donné au quatrième os de la seconde rangée du carpe (V. ce mot). p. L.

CROISIC (bains de mer du). — Le Croisic est un port de mer de 5,000 habitants, situé à 27 kilomètres de Saint-Nazaire, à l’extrémité de la presqu’île de Batz, qui possède une plage de sable fin et d’une inclinaison très faible, dominée par une jetée sur laquelle s’élève l’établissement de bains. On utilise au Croisic les eaux mères des marais salins des environs qui fournissent par an plus de 12 millions de kilos de sel au commerce. p. L.

CROISSANCE. — On donne ce nom au développement progressif du corps surtout en longueur ty . Accroissement, Taillé). p. L.

CROTON TIGLIUM. — Le croton tiglium est un arbrisseau exotique de la famille des euphorbiacées, qui croît principalement à Geylan, aux Moluques et sur les côtes de Malabar. Son fruit, la seule partie de la plante employée en médecine, se présente sous la forme d’une capsule ovoïde, jaunâtre, de la grosseur d’une noisette, traversée sur la circonférence par trois siUons longitudinaux se séparant à leur maturité en trois coques monospermes, déhiscentes , fournissant chacune une graine oblongue, presque quadrangulaire, d’un roux noirâtre, avec double enveloppe cassante et amande blanche, huileuse, d’une saveur âcre et brûlante. Ces semences, différemment désignées sous les noms^ie graines de croton, graines de Tilly, graines des Moluques, petits pignons d’Inde, suivant leur diverse provenance, renferment dans leur composition de l’acide crotonique, de l’huile volatile, de l’huile fixe, de la résine et d’autres principes de moindre valeur.

Traitées par le broiement et l’expression*, elles fournissent une huile limpide, d’un jaune plus ou moins foncé, dont l’odeur est nauséeuse, désagréable et la saveur d’une excessive âcreté, c’est l’huile de croton. Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes. Elle constitue l’un des produits végétaux les plus irritants et les plus corrosifs.

Sa vapeur forte provoque du côté des narines la rougeur de la membrane pituitaire, en même temps qu’elle détermine, du côté des yeux, l’inflammation de la muqueuse conjonctivale. Mais l’intensité topique du remède se fait encore plus vivement sentir en frictions sur la peau, puisque quelques gouttes

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suffisent pour faire naître une éruption vésiculeuse confluente.

Administrée à l’intérieur à la dose de 1 à 3 gouttes, diluée dans 20 ou 30 grammes d’huile d’amandes douces, ou emprisonnée dans une pilule de mie de pain, elle détermine presque toujours dans le gosier un sentiment d’ardeur qui dure très longtemps. Arriyée dans l’estomac, l’huile de croton y produit de la chaleur et des nausées, rarement, quoi qu’on en ait dit, des vomissements ; puis elle passe dans l’intestin sur lequel elle agit d’une manière toute spéciale; elle y développe des coliques,

Croton tiglium. — Tige fleurie, fruit, graine.

des tranchées et des évacuations alvines très.nomhreuses, fécales d’abord, suivies ensuite d’une diarrhée aqueuse abondante, généralement accompagnée de fortes cuissons à la marge de l’anus.

La dose nécessaire pour avoir une purgation énergique est de 1 à 3 gouttes. Si on les donne d’emblée, «lies produisent tantôt une superpurgation immédiate, tantôt à peine une garde-robe plus ou moins éloignée. Des doses plus fortes peuvent déterminer des symptômes cholériformes et la mort. D’où le précepte de Trousseau de ne prescrire ce médicament qu’à des doses fractionnées, par exemple à celles de 5 centigrammes (une goutte) toutes les heures ou toutes les deux heures jusqu’à ce que les coliques fassent juger que l’action purgative va se produire. Sans cette précaution, on risque de donner lieu à de graves accidents ou de ne pas obtenir l’effet désiré.

^ employé l’huile de croton comme révulsif à 1 extérieur dans les bronchites, les arthrites, les

rhumatismes articulaires. On Ta essayée en frictions sur la poitrine dans la phthisie pulmonaire, mais sans avantage. Ladreit de Lacharrière et Cadet de Gassicourt s’en sont servis avec succès comme moyen épilatoire dans la teigne tonsurante, non en frictions, mais en applications topiques à l’aide des crayons préparés par Limousin avec

Beurre de cacao . 1 partie

Cire . 1 —

Huile de croton . 2 —

qui permettent de ne toucher que les parties malades. Les cheveux tombent avec la croûte qui succède à l’éruption déterminée par l’huile de croton. Disons enfin que l’huile de croton, associée à la teinture de cantharides, constitue la base de bon nombre de pommades . prônées contre l’alopécie, et qui, d’après Hardy, ne sont efficaces que contre la chute des cheveux survenant à la suite des maladies graves. D"" Marc. Cambodlives.

CROTOY (bains de mer dd). — Le Crotoy est un petit village de la Somme, situé à 28 kilomètres d’Abbeville, sur la baie de la Somme, dont la plage est à fond de sable et où on trouve un petit établissement. P. L.

CROUP. — (V. Biphthérie.)

CROUTE. — On donne ce nom à des plaques jaunâtres plus ou moins solides qui se forment sur la peau ou sur les membranes muqueuses par le dessèchement des humeurs dans la variole, l’herpès, l’eczéma, les gourmes, etc. (V. ces mots). D’une manière générale, on ne doit jamais arracher les croûtes, mais faciliter leur chute par l’application de cataplasmes ou par des lotions tièdes émollientes. P. L.

CRURAL. — Nom donné par les anatomistes à la région de l’aine, à celle de la cuisse et à des muscles, artères, veines et nerfs de ces régions (V. Ame, Cuisse). P. L.

CRYPTORCHIDE.— Nom donné à un individu dont les testicules ne sont pas descendus dans les bourses et sont restés arrêtés et cachés dans l’abdomen ou dans l’anneau ingunial (V. Testicule), p. L.

CUEÈBE. — Le poivre cubèbe originaire de Java, de Bornéo et de Sumatra, où on le cultive spécialement, est un plante de la famille des pipéracées, à tiges aériennes, ligneuses et grimpantes qui peuvent atteindre une hauteur de 3 à 6 mètres, dont le fruit globuleux, d’une couleur grise, brune ou noirâtre, assez semblable à celle du poivre noir dont on se sert pour la cuisine, est la seule partie utilisée en médecine.

Le cubèbe possède une odeur aromatique, une saveur âcre et amère persistante. 11 contient une huile volatile, grasse, un principe particulier cristallisable appelé cubéhine, une résine renfermant de l’acide cubébique, de la gomme et quelques sels.

Administré à l’intérieur, à la dose de 1 à 5

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grammes en poudre, le cubèbe stimule l’appétit; à doses élevées, de 10' à 15 grammes, il produit une sensation de chaleur à l’estomac, et parfois des douleurs gastriques suivies de nausées, de vomissements, de légères coliques et des évacuations alvines diarrhéiques. Les urines se chargent des principes actifs du médicament que leur commuguent une odeur spéciale, moins forte que celle de l’urine copahique , mais , encore bien désagréable. Au bout de plusieurs jours de son administration, le cubèbe, ainsi que le dit fort justement le profes-

Fig. 339. — Poivre cubèbe.

seur Thiry, de Bruxelles, détermine « de la constipation avec ténesme rectal très douloureux, des hémorrhoïdes, des éruptions cutanées assez semblables à celles produites par le copahu, et enfin de véritables empoisonnements. » Je dois dire cependant que les éruptions à la peau sont bien moins fréquentes à la suite de l’administration du cubèbe qu’après celle du copahu. Le cuhèbe a encore l’inconvérfient grave, signalé par Debout, de donner quelquefois des vertiges et des éblouissements. En somme le cubèbe présente, mais à un degré moindre, la plupart des inconvénients du copahu. Comme lui, il s’élimine par les reins, les bronches et la peau.

Importé en Angleterre par un officier anglais, au commencement de ce siècle, le cubèbe y a été préconisé dès 181 6 contre la blennorrhagie, par Crawfort et Barcley, et deux ans plus tard le professeur Delpech fit connaître en France les propriétés spéciales ne ce médicament qui, dès lors, entra franchement nans l’arsenal thérapeutique de la chaude-pisse. JNous avons dit au mot blennorrhagie ce que nous *1® cette application thérapeutique du cu- Dene. JNous ne pouvons qu’y renvoyer, en rappelant que le meilleur mode d’administration de ce médicament est sans contredit , la capsule au glu-

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ten, dont les capsules de Raquin, approuvées par l’Académie de médecine, réalisent un des meilleurs types.

La blennorrhagie n’est pas la seule affection contre laquelle on administre le cubèbe. Bergeron, Cadet-Gassicourt ont essayé ce médicament contre la diphthérie, et ont obtenu plusieurs succès. Mais il résulte de la discussion qui eut lieu en 1874, à la Société de thérapeutique et à laquelle prirent part Guhler, Moutard-Martin, Cadet-Gassicourt et Martineau, qu’il ne faut pas plus compter sur le cuhèhe dans la diphthérie, que sur la plupart des autres médicaments préconisés contre cette terrible affection.

Le cubèbe est souvent l’objet de falsifications. Les plus habituelles consistent à mélanger le cubèbe avec diverses substances végétales brunes, surtout avec de la chicorée torréfiée ; ou à revendre comme cubèbe pur du cubèbe dont on a déjà extrait les principes actifs par l’alcool. Ce cubèbe se reconnaît facilement à son odeur presque nulle et à sa saveur insipide. D' Paul Labarthe.

CUBITAL. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles, à une artère, à trois veines et à un nerf de l’avant-bras (V. Avant-bras). p. L.

CUBITUS. — Le cubitus est un des deux os qui forment le squelette de l’avant-bras dont il occupe le bord interne (côté du petit doigt).

Plus volumineux supérieurement qu’inférieurement, il offre à étudier Un corps et deux extrémités. Le corps, un peu concave en avant, est prismatique et. triangulaire. On doit donc lui distinguer trois faces : antérieure, interne et postérieure ; et trois bords : antérieur, postérieur et interne. A ce dernier, se fixe le ligament interosseux compris entre les deux os dont il complète ce plan transversal qui sépare nettement l’avant-bras en deux régions distinctes. Sur les faces s’insèrent les nombreux muscles qui communiquent à la région les mouvements variés que ses fonctions nécessitent.

Nous ne dirons que quelques mots de l’extrémité inférieure du cubitus, sorte de petite tête dont la cupule reçoit un ligament qui la sépare de l’os pyramidal de la main, et dont la face externe convexe est reçue dans la concavité de l’extrémité inférieur^ du radius. Les mouvements de rotation qu’eUe présente, grâce à cette disposition, permettent à la main de passer très facilement de la pronation à la supination. En dedans et un peu en arrière de la tête du cubitus, on trouve à sa partie terminale l’apophyse styloïde que le doigt sent facilement à l’exploration et qui constitue un point de repaire excellent pour le diagnostic des fractures de l’extrémité inférieure du radius.

Supérieurement, c’est-à-dire dans la partie la plus volumineuse de l’os, le cubitus entre en rapport avec l’extrémité inférieure de l’humérus. On y remarque deux saillies, l’une supérieure verticale connue sous le nom d’olécrâne, l’autre inférieure horizontale appelée apophyse coronoïde. De leur union résulte en avant une grande cavité articulaire dans laquelle se meut la partie de Fhumérus. C’est la grande cavité sygmoïde. La petite cavité syg-

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