‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 138 sur 206 · DEX · texte numérisé non relu

DEX

médecine a une altération profonde dans la constitution et la structure des tissus ou des organes, qui modifie ou détruit en partie ou en totalité leurs caractères distinctifs et les rends inaptes à remplir leurs fonctions. P. l.

desquamation. — On donne ce nom à un état particulier de la peau qui s’exfolie sous forme de feuilles ou d’ écailles plus ou moins larges, et qu’on observe à la dernière période de certaines fièvres éruptives telles que rougeole, scarlatine, érysipèle, et dans certaines maladies chroniques de la peau telles que le pityriasis, le psoriasis, etc. p. l.

DESSICCATIF. — Qualificatif donné à certains topiques employés pour dessécher les plaies , la plupart des astringents sont des dessiccatifs, p. l.

DESSICCATION. — Nom donné à une opération que les pharmaciens font subir aux produits végétaux employés en médecine, et qui a pour but de leur enlever l’eau de végétation. La dessiccation des plantes s’opère méthodiquement au moyen des séchoirs et des étuves. Les séchoirs sont surtout bons pour la dessiccation des fleurs, des feuilles, des fruits peu charnus des semences, etc. L’étuve est nécessaire pour toutes; les substances très succulentes, telles que les fruits charnus, les bulbes de colchique et de scille, l’orpin, etc. p. l.

DÉTERSIF. — Qualificatif employé en médecine pour désigner les médicaments qui, par leurs propriétés topiques stimulantes, ont la propriété de rendre la surface des plaies plus nette, plus animée, plus vivace, et de hâter ainsi la cicatrisation.

DETHAN (PASTILLES DE). — Les Pastilles de Dethan sont des pastilles au sel de Berthollel ou chlorate de potasse. Le chlorate de potasse (V. ce mot) est 'un agent précieux, journellement employé contre les affections de la gorge et de la bouche, qu’on administrait jadis, à peu près exclusivement sous forme de gargarisme ou de collutoire , jusqu’au jour où il fut démontré que ce sel n’agit pas seulement comme topique au moment où on l’applique sur la muqueusé bucco-pharyngienne , mais que son action se continue aussi manifeste et aussi efficace, lorsqu’il a été absorbé, car il est éliminé par les glandes salivaires, ainsi que par les glandes buccales et'pharyngiennes. Ace moment, M. Dethan, pharmacien, lauréat de l’Ecole de pharmacie, eut l’heureuse et ingénieuse idée d’incorporer le chlorate dépotasse dans des pastilles, et après quelques f^tonnements il arriva à confectionner des pastilles auxquelles il donna son nom, qui contiennent chacune 20 centigrammes de chlorate de potasse, chimiquement pur et toujours très exactement dosé , aromatisé au baume de tolu. Ces pastilles, qui ont le double avantage de favoriser d'abord l’action topique en prolongeant le contact du médicament avec les parties malades, et l’action générale en imprégnant la salive du sel de BerthoUet qui se trouve ainsi dissout dans un liquide organique lui servant de véhicule jusqu’à son arrivée dans la

cavité stomacale, ces pastilles, dis-je, d’un goût très agréable, reçurent dès leur apparition, l’assentiment du corps médical et des malades, et leur réputation devint universelle. Ne sont-elles pas, en effet, le meilleur moyen d’administrer le chlorate de potasse, dans tous les cas où ce médicament est^indiqué, c’està-dire, dans les aphtes, les stomatites, les enrouements, les extinctions de voix, les inflammations aiguës ou chroniques des amygdales, du pharynx et du larynx, amygdalites, angines, laryngites, diphthérites ? Les pastilles de Dethan sont aussi indiquées pour prévenir et arrêter la salivation mercurielle chez les individus soumis au traitement anti-syphilitique ; leur efficacité dans ce cas a été proclamée par Ricord, Fournier, J. Guyot, Labarthe, etc. Elles sont aussi recommandées aux professeurs , aux avocats, aux prédicateurs, aux chanteurs, parce qu’elles rendent la souplesse au gosier et facilitent l’émission de la voix. Enfin elles conviennent aussi aux fumeurs, qui veulent éviter l’irritation produite par le tabac.

Les pastilles de Dethan se prennent à la dose de 4 à 12 par jour suivant les cas.

D’' L. Saint-Antonin.

DÉTROIT. — Nom donné par les anatomistes à deux rétrécissements que présente la cavité pelvienne et dont l’un, le détroit supérieur, sépare le petit et le grand bassin, et l’autre, le détroit inférieur, est l’ouverture, iuférieure du petit bassin (V. Bassin). P. L.

DÉTRONCATION. — On donne ce nom à une opération obstétricale qui a pour but de séparer complètement la tête du tronc du fœtus, dans les cas où la version ne peut être pratiquée , ou lorsque, par suite d’un rétrécissement extrême du bassin, la tête ne peut passer (V. Embryotomie), p. L.

DÉVELOPPEMENT. — On appelle ainsi en physiologie l’ensemble des phénomènes par lesquels tout élément anatomique, tout tissu, tout organe vivant qui se nourrit, augmente et grandit dans les trois dimensions. Lorsque sous des influences diverses, l’augmentation n’a lieu que dans le sens du volume, on dit qu’il y a hypertrophie. Lorsque, au contraire, il y a diminution de volume et de nombre des éléments anatomiques d’un organe, on dit qu’il y a atrophie. Enfin, lorsque les éléments fiugmentent de nombre , dans des proportions exagérées, on dit qu’il y a kypergenèse. p. L.

DÉVIATION. — Nom donné à la direction vicieuse ou aux déformations de certaines parties du corps, taille, colonne vertébrale, utérus, etc. p. L.

DÉVOIEMENT. — (V. Diarrhée.)

DEXTRINE. — On donne le nom de dextrine au produit de la transformation de l’amidon ou de la fécule sous l’influence des acides ou de la diastase (V. ce mot). La dextrine est une substance solide, pulvérulente, transparente, légèrement jaune, très soluble dans, l’eau à laquelle elle donne l’aspect d’une solution de gomme, soluble dans l’alcool

étendu d’eau, insoluble dans l’alcool qui le précipité en flocons blancs épais et visqueux.

La dextrine est utilisée en chirurgie pour confectionner des appareils solides inamovibles dans les cas de fractures. Pour cela, on dissout 100 parties de dextrine dans 40 parties d’eau et bO parties d’eau-de-vie camphrée, et on trempe dans la solution sirupeuse obtenue les bandes de l’appareil, qui en se séchant deviennent très solides et très résistantes, mais qu’on peut déplacer ou enlever en les mouillant avec de l’eau tiède.

L’industrie utilise aussi la dextrine, c’est ainsi que les épiciers et les distillateurs s’en servent pour frauder le sirop de gomme, les boulangers pour dorer la croûte des pains de luxe. paül Labarthe.

DIABÈTE SUCRÉ. — Le diabète sucré est une maladie chronique caractérisée par la présence persistante du sucre dans les urines, en quantité plus ou. moins considérable suivant le degré d’intensité de la maladie, par une augmentation de la sécrétion urinaire, de la soif et de la faim et, presque toujours, par un amaigrissement plus ou moins rapide.

Cette maladie s’observe principalement chez l’adulte, à la période moyenne de la vie de 20 à 40 ans, et plus fréquemment chez l’homme que chez la femme, ainsi que cela résulte des statistiques. Il est très rare dans l’enfance, cependant on l’a rencontré quelquefois chez des enfants de 8 à 9 ans.

On a prétendu que les climats froids et humides avaient une certaine influence sur la production du . diabète, en se basant sur ce fait qu’on le rencontre fréquemment en Angleterre, en Hollande, en Belgique, dans certaines contrées marécageuses de l’Italie, et en France dans les régions humides où régnent les brouillards. D’un autre côté, il est très rare en Russie et très fréquent, au contraire, au Mexique et au Brésil. On ne peut donc, en réalité, rien affirmer au sujet de l’influence du climat sur la production du diabète.

On a prétendu aussi que le diabète était plus fréquent de nos jours qu’autrefois. Cela tient tout simplement à ce qu’on le connaît mieux.

Les individus de forte constitution sont plus exposés que les autres au diabète. On a contesté l’influence de l’hérédité ; elle n’est cependant pas douteuse après les faits rigoureusement observés par Griesinger, Jordao, Marchai de Calvi, Wagner, Alquié, Mialhe, etc.

On a cité l’asthme, l’hypochondrie, les névralgies rebelles, les vers intestinaux, la dyssenterie, les calculs, et plusieurs autres états pathologiques, comme causes du diabète. Rien de moins démontré. Par contre, il est très réel que le diabète peut être engendré par là goutte.

Depuis la fameuse expérience de M. Cl. Bernard, qui en piquant le plancher du quatrième ventricule a vu l’urine devenir sucrée, on a examiné avec soin ce liquide dans la plupart des lésions traumatiques du bulbe, de la moeHe, de l’encéphale, et très souvent on a constaté la glycosurie, mais à elle seule elle ne constitue pas plus le diabète que l’albuminurie seule ne forme le mal de Bright.

Les excès de travail, les grandes passions chagrins et les déceptions jouent un certain’ a dans la production du diabète.

Les gros mangeurs et les gourmands y sont ’ disposés. L’abus ou simplement l’usage cha^^ jour répété des féculents de toutes sortes ; potnm*^^ de terre, haricots, pois, lentilles, marrons, riz v micelle, pâtes alimentaires, sont aussi dés c’auf' de diabète, ainsi que l’abus des boissons sucrées^! i fermentées. Du reste Romberg, Girard, Becquerpi et Griezinger ont' constaté l’existence du diabète chez des individus employés à la fabrication du sucre et qui, d’après leurs propres renseignements faisaient un grand usage de cette substance. ’

A quoi faut-il attribuer la production du diabète? Aucune des nombreuses théories par lesquelles on a voulu expliquer la pathogénie du diabète n’est admise sans contestation. Jaccoud les désigne par le nom de l’organe auquel on a voulu faire jouer le principal rôle.

1° Théorie hépatique. — Cl. Bernard a démontré que le foie forme du sucre aux dépens d’une substance qu’il renferme (glycogène), ce sucre est détruit dans le sang au fur et à. mesure de sa production. Le diabète sucré serait le résultat d’une exagération de la formation du sucre dans le foie, le sucre formé en trop grande quantité pour se détruire dans le sang apparaît dans l’urine. Cette perturbation fonctionnelle du foie ne se relie pas à une ^ lésion organique de cet organe, mais à mie lésion , nerveuse : en effet, si on pique le plancher du quatrième ventricule sur un animal sain ou si on galvanise le bout central du pneumogastrique coupé au-dessous des poumons, l’urine devient sucrée; de plus on a bien souvent, chez l’homme, constaté la présence du sucre dans l’urine à la suite des commotions médullaires, de blessures de la partie supérieure de la moelle, etc.

Cette théorie est la plus acceptée, cependant elle est attaquée par Pavy, Jaccoud, qui n’admettent^ point que le foie forme du sucre ; pour eux le diabète est une maladie de la nutrition, une dystrophie.

2° Théorie g as Iro- intestinale . — Bouchardat pense que, par le fait d’un vice dans la digestion des aliments féculents et sucrés, ceux-ci passent trop vite et en trop grande quantité dans le sang, d’où leur apparition dans l’urirte. Mais cette théorie .est renversée par , le fait de la persistance du diabète en l’absence, de toute alimentation féculente ou sucrée.

‘ 3° Théorie pulmonaire. — Le sucre formé aux dépens des matières féculentes et sucrées serait brûlé dans les poumons au fur et à mesure de son passage dans le sang ; dans le diabète le poumon ne remplirait plus son rôle. A cette théorie on peut faire la même objection : le diabète persiste en dehors de toute alimentation féculente.

Quelles sont les lésions anatomiques du diabète? — Le diabète n’a pas de lésion anatomique ; l’uutopsie ne révèle que certaines congestions du foie; de l’estomac et dès reins, en rapport avec l’activité anormale de ces organes dans le cours du diabète, les autres altérations sont de pures coïncidences.

Le sang renferme de 1 à 2 pour 1000 de glycose.

1 Tous les tissus sont imprégnés de sucre. Le foi®

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est souvent altéré, mais ses lésions n’offrent rien de caractéristique ; ce sont des hyperhémies avec hypertrophie, îa dégénérescence graisseuse de ses cellules, parfois l’atrophie, etc.

L’estomac est dilaté et ses tuniques hypertrophiées en raison de l’exercice immodéré auquel il a été spumis. Les reins sont congestionnés, parfois ils ont perdu leur épithélium et présentent les altérations du mal de Bright.

Le système nerveux a, dans certains cas, présenté des altérations diverses de la moelle allongée, de l’encéphale et de certains nerfs.

Quels sont les symptômes du diabète? — On doit les diviser avec Jaccoud qui les a parfaitement exposés, en prbiitifs et secondaires ; ceux-ci sont la conséquence des premiers. -

Les SYMPTOMES PRIMITIFS sont au nombre de cinq; 1» uriue sucrée ou glycosurie ; 2° augmentation de la sécrétion urinaire ou polyurie ; 3“ augmentation de la soif ou polydipsie ; 4“ augmentation de la faim ou polyphagie ; 5“ amaigrissement ou autophagie.

Un mot sur chacun d’eux.

Glycosurie èi polyurie. — L’urine des diabétiques est remarquable par une foule de caractères. Elle renferme du sucre analogue à la glycose (sucre de raisin ou de fécule) ; ce sucre est cristallisable, et dévie à droite la lumière polarisée : sa quantité est fort variable, en moyenne tOO à 200 grammes par jour, chiffre sujet à de grandes variations en rapport avec l’aUmentation, l’exercice, les maladies intercurrentes, etc.

Pour reconnaître la présence du sucre dans l’u-, rine on la fait chauffer avec diverses liqueurs, liqueurs de Bareswill, de Trommer ; cette dernière est un tartrate double de potasse et de cuivre qui offre une coloration bleue ; s’il n’y a pas de sucre le liquide reste bleu, s’il y en a il devient jaune rougeâtre par suite d’un dépôt de protoxyde de cuivre rouge. On peut encore traiter l’urine par un mélange de sous-nitrate de bismuth et de potasse caustique ; s’il y a du sucre, le sous-nitrate de bismuth devient noir. On peut se servir du saccharimètre de Soleil, ou encore, après avoir évaporé l’urine à 30 degrés, l’abandonner dans un lieu sec ; à évaporation spontanée, il se dépose des cristaux. (Pour plus de détails, V. Sucre, Urines).

L’urine renferme plus d’urée que normalement, au lieu de 30 grammes par jour la quantité peut s’élever à 80 et plus. La créatine, qui représente le déchet musculaire, est augmentée de 0s’',43, moyenne physiologique, à 88'',30. Les sulfates et chlorures augmentent aussi.

L’urine est pâle, décolorée, d’une saveur sucrée, sa densité augmente beaucoup, elle peut atteindre 106S : abandonnée à elle-même, au lieu de subir la décomposition ammoniacale comme l’urine normale, elle devient très acide par la formation, aux dépens du sucre, d’acides butyrique, acétique, lactique, etc. De plus, elle subit la fermentation alcooü<lue et se transforme en acide carbonique et alcool, 5a densité est alors très diminuée : elle peut aussi renfermer des globules de ferment analogues à ceux de la levure de bière.

L’urine peut renfermer de l’albumine, ce qui est mue véritable complication.

La sécrétion urinaire est toujours très abondante.

Certe polyurie se rattache a la viscosité du sang sucré qui augmente l’absorption endosmotique, détermine une pléthore aqueuse et par suite une augmentation de la pression sanguine; de plus, l’urine sucrée ne peut traverser le filtre rénal qu’à la condition d’être très diluée (Jaccoud).

Polydipsie. — Elle est la conséquence forcée de la polyurie ; le malade boit pour restituer, à son organisme l’eau que lui enlève la polyurie (souvent 6 à 7 litres par jour).

Polyphagie. — L’appétit devient énorme et en rapport avec les pertes que subit l’organisme. L’estomac souffre de ce travail exagéré, il en résulte des dyspepsies, des nausées, des vomissements, etc.

Autophagie. — Les malades finissent par maigrir, mais cela au bout d’un temps fort variable : ainsi il en est dont l’urine renferme beaucoup de sucre et qui cependant restent gras (diabète gras), chez eux le sucre provient exclusivement de l’alimentation ; en effet, supprimez les féculents, le sucre disparaît de l’urine. Chez d’autres ^le sucre ne provient pas exclusivement de l’alimentation , car il persiste malgré l’abstinence des féculents; une partie du sucre est donc formée aux dépens des aliments azotés, cependant ces malades ne maigrissent pas encore, car chez eux la polyphagie compense les pertes de l’organisme. Mais plus tard, sous l’influence des progrès de la maladie, le malade emploie à la fois ses aliments et sa propre substance à faire du sucre et de l’urée,. il maigrit fatalement. Ce sont là les trois périodes d’une même maladie (Jaccoud).

Symptômes secondaires. — Chacun des symptômes que nous venons d’étudier, entraîne avec lui certaines conséquences ; ainsi la présence du sucre dans le sang détermine la présence du sucre dans tous les liquides de l’organisme : dans la salive, les larmes, la sueur, les matières fécales.

Les gencives deviennent molles et les dents se déchaussent. Le déchaussement est dû le plus souvent à une altération du bord alvéolaire désignée par Magitot sous le nom d’ostéo-périostite alvéolaire. En outre, la présence du sucre dans la salive engendre un état fongueux, scorbutique des gencives; les dents s’ébranlent et tombent, quoique dans certains cas elles soient absolument saines au moment de la chute. Il est à remarquer que ces accidents débutent par les grosses molaires.

On observe souvent comme symptôme précoce chez les diabétiques, l’impuissance. Certains auteurs ont même prétendu qu’elle existe chez neuf diabétiques sur dix. Cette proportion est assurément exagérée. Chez ces malades, c’est moins le vouloir que le pouvoir qui fait défaut; ils ont des désirs, mais ils ne peuvent le réaliser faute d’érection. Lorsque le coït est encore possible, l’éjaculation est parfois accompagnée de sensations particulières et insolites , comme chez ce malade dont parle Marchai de Calvi, qui, au moment de la copulation ressentait une douleur vive, partant de l’occiput et s’irradiant à tout le crâne, et coïncidant avec une sensation pénible de chaleur dans la tête. On a aussi prétendu que certains diabétiques étaient stériles. Le fait n’est rien moins que prouvé, car

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rriesinger et Guitard, tout en ayant trouvé du sucre to le^erme des diabétiques, ont constate la parfaite vitalité des spermatozoaires.

A une période plus avancée, il survient des troubles du côté de la vue, qui consistent tantôt dans une diminution de l’acuité visuelle, sans altération des milieux et du fond de l’œil ; tantôt dans une amblvopie par paralysie du muscle de Brucke, ou par atrophie de la rétine ; plus souvent c’est une

cataracte molle. < .

Les furoncles et les anthrax sont très frequents chez les diabétiques; de plus, ce sont des accidents de début qui peuvent mettre sur la voie de la maladie Il en est de même des éruptions diverses, lichen, impétigo et surtout herpès sur les parties qui sont en contact avec l’urine. Elles s’accompagnent de prurit de la vulve chez la femme. Chez l’homme, on observe souvent de la balano-posthite rebelle, qui, dans bon nombre de cas, aboutit à des végétations.

Les gangrènes sont très fréquentes chez les diabétiques. D’après Marchai de Calvi, elles- frappent souvent les orteils. L’un de nous a eu l’occasion d’observer dans sa pratique trois gangrènes du prépuce. On a vu la gangrène envahir chez des diabétiques tout le membre inférieur à la suite de l’excision d’un cor, d’une piqûre, de la morsure d’un animal, d’une simple chute ayant déterminé une contusion (Yerneuil), de l’application d’un vésicatoire (Demarquay).

Les maladies de l’appareil respiratoire (droncAto, pneumonies) sont également très communes et ont une grande tendance à se terminer par gangrène, sans odeur spéciale.

La polyurie engendre la constipation et la sécheresse de la peau. Aussi les sueurs sont- elles rares. Enfin, la déchéance vitale dans laquelle tombent les diabétiques, favorise singulièrement chez eux Véclosion de tubercules pulmonaires dont la marche rapide enlève en peu de temps les malades. D’après Jaccoud, la tuberculose entre pour près de moitié dans le chiffre de la mortalité des diabétiques.

Quelles sont la marche et la terminaison du diabète ? — Extrêmement variable, la durée du diabète est toujours difficile à préciser, car la maladie peut passer longtemps inaperçue ; on est parfois averti de son existence par une circonstance fortuite (dépôts cristallisés sur les vêtements touchés par l’urine, éruption d’herpès sur les organes génitaux, anthrax, gangrène, etc.).

On a vu des diabètes intermittents, d’autres qui alternaient avec des manifestations rhumatismales ou goutteuses. Cependant la marche du diabète est habituellement continue, mais très lente. Cette maladie dure plusieurs années et le régime a une grande influence sur son évolution. Lorsque le malade commence à maigrir, le pronostic devient très fâcheux.

La mort est souvent le fait d’une complication (lésions pulmonaires, anthrax, érysipèle, etc.); plus rarement le malade succombe dans le marasme.

Le diabète peut aussi se terminer par mort subite. Ainsi, sur 400 cas de diabète observés parFrerichs, un certain nombre se sont terminés par la mort subite. Le trait commun à tous ces cas est le coma terminal ; l’évolution diffère sensiblement

Ainsi dit l’éminent professeur , dans son m ’ sur ce sujet publié en 1883, l’on voit des être pris, généralement après des efforts de faiblesse générale et mourir en peu D’autres fois, la marche est moins rapide quelques symptômes prémonitoires, on voit la céphalée, le délire , l’angoisse, des attaon*^*'^^® manie, une dyspnée spéciale avec ou sans cVa * rhaleine répand une odeur de fruit qui ran^^p’ celle du chloroforme, et le malade succombe bout de trois à cinq jours.

Le coma est plus fréquent qu’on ne croit et co stitue avec la phthisie le grand danger pour \ ' diabétiques. Comme Frerichs, S. Mackensie signal* sa* fréquence relative, et dans un article publié le 7 avril 1883 dans le British medical journal, üdit que sur 37 cas mortels de diabète observés à London-Hospital, le coma existait 19 fois, et sur 43 cas' à Guy’s Hospital, 26 fois. Cet accident, ajoutait-il’ est fréquent, surtout chez les jeunes sujets et dans les cas à évolution rapide, et coïncide fréquemment avec la phthisie confirmée au début.

Quel est le traitement du diabète ? — Ce traitement doit être diététique et pharmaceutique.

1° Traitement diététique ou Régime alimentaire. — Le régime a une importance capitale dans le. traitement du diabète. Nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que d’en reproduire l’exposé d’après l’éminent professeur Bouchardat.

Préceptes généraux. — « Manger modérément et lentement, bien digérer, bien mâcher tous les aliments. Tant que la quantité des urines rendues en vingt-quatre heures sera supérieure à un litre et demi, boire le moins possible et prendre peu d’aliments liquides, tels que bouillons, soupes, etc. Pour faire des potages gras ou maigres, il faut employer la farine de gluten, ou la semoule de gluten. Combattre le sentiment de la soif, en mâchant des olives, des graines de cacao torréfiées ou du café torréfié. Éviter le repos et le sommeil après le repas ; pour cela, une bonne promenade en sortant de table est très utile. Ne se coucher que quatre à cinq heures après le dernier repas. S’abstenir de tabac ou fumer le moins possible.

« La première règle qü’on doit observer, c'est la suppression aussi radicale que possible des aliments féculents et sucrés, tant qu’ils ne sont pas complètement utilisés. Cette suppression, avec un exercice dechaque jour en rapport avec les forces, constitue la base du traitement. .

Aliments défendus. — Voici la liste des aliments féculents ou sucrés les plus usuels qui doivent etre proscrits tant qu’ils ne sont pas utilisés.

(! Pain, pâtisserie, riz, maïs et autres graines farineuses; les pommes de terre, les fécules de pomme de terre, d’arrow-root, de sagou, de tapioca et autres fécules alimentaires ; les pâtes farineuses, telles que semoule, macaroni, vermicelle, etc.; je® haricots, pois, lentilles, fèves; les marrons et le châtaignes; les radis, les carottes, les navets e autres racines féculentes ou sucrées ; tous 1® fruits et particulièrement les fruits sucrés, tels que les raisins, les figues, frais ou secs, les prunes e les pruneaux, les pommes, les poires, les ananaS) les melons, etc.; le sucre, le miel, les confitures e

autres aliments et boissons sucrés ; le lait, la bière, le cidre, les limonades et les boissons acides, surtout lorsqu’elles sont sucrées. Dans les sauces, la farine et la chapelure doivent être remplacées par la farine de gluten, on ne doit pas y faire intervenir le caramel, les oignons, les navets, les raves.

Aliments permis. — Les aliments qui peuvent être permis sont très nombreux, nous allons en faire une énumération aussi complète que possible :

« n n’est pas nécessaire d’adopter une nourriture exclusivement animale, il est de beaucoup préférable de choisir une alimentation mixte qui est plus complète.

« Tant que les urines contiendront du sucre, remplacer le pain ordinaire par le pain de gluten, ou par les biscuits de gluten torréfiés, et en manger le moins possible, car tous ces produits contiennent encore de la farine.

« Les viandes de toute nature, aussi bien les viandes bla.nches que les viandes noires, peuvent être conseillées, celles d’animaux adultes sont préférables, le gibier convient très bien, ainsi que les quartiers de porc, surtout ceux qui sont gras. Parmi les différentes parties des animaux, on doit éviter les foies et les morceaux gélatineux. La cervelle, les rognons, la fagoue, les boudins, de même que les viandes fumées ou salées, telles que jambon fumé, bœuf de Strasbourg, mortadelle d’Italie, saucissons de Lyon, conviennent; tous les assaisonnements qui stimulent l’appétit, tels que moutarde, sel, poivre, raifort, conviennent; on peut même essayer le radis noir, quoiqu’il contienne de la fécule; pour les fritures ou les sauces, il faut employer la farine de gluten, pour les croûtes rôties, du pain de gluten.

« Tous les poissons d’eau douce comme les poissons de mer, frais, salés ou fumés, offrent une ressource variée et très précieuse. Les autres animaux alimentaires, tels que les huîtres, moules, écrevisses, langoustes, homards, crevettes, escargots, grenouilles, etc., peuvent être permis.

« Les œufs, sous toutes les formes si variées qu’a imaginées l’art culinaire, sont d’une grande utilité.

« Si le lait est défavorable, la crème fraîche de bonne qualité convient, il en est de même du beurre, dont nous recommandons spécialement l’usage journalier, les fromages de toute sorte, frais, salés, fermentés, etc., offrent une précieuse ressource alimentaire.

« Les légumes qui peuvent être permis sont assez nombreux; on doit obseryer seulement que les corps gras (huile, beurre, graisses, lard) doivent entrer en quantité plus élevée que de coutume dans leur préparation ; et quoi qu’il en soit, comme certains légumes, tels que les choux, contiennent encore de la fécule ou du sucre, ils doivent être pris en quantité modérée, et leur influence dans l’alimentation devra être appréciée par l’essai des nrines rendues deux à quatre heures après leur î^®^e. Quand ils augmentent la quantité de glycose, ri faut en user modérément. Tous les légumes doivent être blanchis à grande eau bouillante et bien égouttés. Voici la liste des principaux légumes qui peuvent être permis :

« Épinards, chicorée, laitue, artichauts, choux, Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

choux-fleurs, choux de Bruxelles, choucroute, haricots verts, asperges, salsifis, cardons, céleri, champignons, truffes. Les jaunes d’œufs et la crème doivent remplacer la farine dans les sauces. On peut manger les salades de feuilles et particulièrement les suivantes: laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe de capucin, pissenlit, mâche, scorsonrière, cresson. On peut essayer l’usage de céleri, mais on doit apprécier son influence sur la composition de l’urine. Peu de vinaigre et beaucoup d’huüe ou de crème, dans les salades.

« Pour le dessert, outre les fromages, les olives, les amandes, les noix, les noisettes fraîches ou sèches, les pistaches peuvent être permises. On peut accorder du chocolat au gluten ou à la glycérine, sans sucre ni farine, qui peut être préparé à l’eau et à la crème. »

Boissons. — En ce qui concerne les boissons, les diabétiques devront boire des bons vins rouges vieux de Bourgogne ou de Bordeaux, une bouteille par repas ne sera pas de trop pour les individus vigoureux et qui dépensent beaucoup. Ils devront le couper avec de l’eau de Vichy, de Pougues, de la Bourboule, d’Heucheloup, etc. La bière leur est absolument interdite, nous en dirons autant du cidre, des vins blancs ordinaires et des vins de champagne sucrés. Ils pourront prendre du café on du thé à la fin du repas, mais sans sucre ou bien sucré avec de la glycérine chimiquement pure, telle que la glycérine de Catülon ou la glycérine Rocher. En ce qui concerne le thé, Bouchardat « préfère le pékao à pointes blanches, associé au thé de fleürs d’oranger » ; on peut ajouter au thé et au café un peu de cognac, d’ Armagnac, de rhum ou de kirsch, mais en très petite quantité. Toujours selon Bouchardat « on fera bien de s’abstenir de. liqueurs fortes ou d’en user avec une grande modération. »

Par quels aliments faut -il revenir au régime

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