Diarrhées cachectiques
Cette classification n’est certainement pas irréprochable, eUe nous paraît cependant la plus pratiqiie.
l® Diarrhées par inflammation catarrhale de Vin- — Sans vouloir revenir à l’opinion de Broussais, pour ^i les mots de diarrhée et de gastroentérite étaient synonymes, il faut reconnaître (pie le catarrhe de l’intestin est très fréquent et se rattache à des causes très diverses ; la plus ordinaire est une irritation locale produite par la trop grande quantité ou la mauvaise qualité des aliments. Lorsque l’estomac remplit mal ses fonctions, le bol alimentaire arrive à l’intestin avec des caractères différents de ceux qu’il devrait avoir, il constitue donc pour l’intestin un véritable corps étranger qui l’irrite et exagère ses sécrétions.
L’inflammation de l’intestionpeut, comme celle de toute autre muqueuse, être simple ou spécifique : ainsi il est des diarrhées épidémiques dont la cause nous échappe, celles' qui accompagnent les fièvres éruptives, certaines diathèses, etc., sont de nature spécifique.
2” Diarrhées par altérations organiques de l'intestin. — La diarrhée est la conséquence de toute altération organique de l’intestin ; cette diarrhée est ordinairement chronique et persistante comine la lésion qui l’engendre ; parfois elle alterne avec la constipation et se présente sous forme de débâcle c’est ce que l’on observe lorsque l’intestin ' est rétréci.
Les tubercules sont la cause la plus ordinaire des diarrhées de ce groupe ; puis viennent les cancers, les polypes, etc.
3” Diarrhées par influence nerveuse. — Il est un fait d’observation ancienne, c’est qu’une violente émotion peut occasionner d’une façon presque instantanée une diarrhée abondante {c’est ce que l’on observe chez les jeunes soldats au moment où le combat s’engage) ; dans d’autres cas la diarrhée se produit chez les femmes, à l’époque de la ménopause, et elle remplace les sueurs profuses ; un refroidissement.brusque, une brûlure étendue, etc., peuvent également déterminer une diarrhée' abondante.
Ces dernières diarrhées paraissent dépendre d’un trouble de l’innervation ; de même que la douleur et la joie tirent les larmes des yeux, de même que le souvenir d’un mets appétissant excite la sécrétion salivaire, on conçoit qu’une émotion vive puisse exagérer le flux intestinal ; ces divers actes résultent d’une paralysie des nerfs vaso-moteurs qui se rendent aux artères des glandes intestinales ; ces vaisseaux se dilatent, la glande reçoit plus de sang ^ par conséquent elle travaille davantage, sà sécrétion devient continue et abondante : ainsi si l’on sectionne les filets sympathiques qui se rendent aux plexus nerveux de l’intestin ou si on enlève les ganglions solaires, il se produit une hypersécrétion ûes glandes et une diarrhée abondante.
La diarrhée peut encore se produire par im autre mécanisme : elle peut résulter des contractions exagérées de la tunique musculaire de l’intestin; ®st probablement de cette façon que l’application
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d’eau froide sur l’abdomen excite les fonctions de l’intestin.
4“ DiarrMes cachectiques. — Presque toutes les maladies diathésiques s’accompagnent de diarrhée, surtout au moment où elles sont arrivées à la période de cachexie. Ainsi on l’observe non seulement dans la tiAerculose, où elle résulte d’une lésion organique de l’intestin (ulcérations tuberculeuses de la muqueuse), mais dans le cancer, quel que soit son siège, dans le mal de Bright, le diabète, la goutte , plus rarement la syphilis ; on l’observe dans les diverses septicémies (infection purulente, infection putride), dans la paralysie générale, etc. Dans ces diverses circonstances la diarrhée est la conséquence soit d’une irritation de la muqueusè . par les produits septiques dont le sang est surchargé et qui s’éliminent par elle, soit d’un désordre profond dans l’innervation.
Dans d’autres cas, au contraire, la diarrhée doit être regardée comme un phénomène d’un bon augure ; ainsi , dans le cours de certaines affections aiguës ou chroniques, on voit une amélioration notable ou même la guérison se produire après d’abondantes évacuations : c’est la diarrhée critique, dont la cause intime et le mécanisme nous échappent.
On a aussi maintes fois l’occasion d’observer l’alternance de certaines manifestations arthritiques ou herpétiques avec la diarrhée : tantôt c’est une éruption d’eczéma qui met fin à une diarrhée chronique , tantôt c’est une attaque de goutte qui cesse lorsque la diarrhée s’établit, etc.
Il est nombre de cas où la diarrhée a une grande valeur séméiologique. Lorsque la diarrhée est très abondante , fade , accompagné^e de vomissements, que les selles présentent une couleur blanche et renferment de nombreux grains riziformes, elle révèle soit le choléra nostras, soit, en temps d’épidémie, le choléra asiatique.
Il ne faut pas oublier que certains empoisonnements (arsenic , champignons , sublimé corrosif, trichine) déterminent une diarrhée qui présente les mêmes caractères.
Une diarrhée composée de matières alimentaires mal digérées, mélangées à des mucosités et à de la bile, rendues après de violentes coliques, et survenue brusquement chez un individu bien portant, doit faire penser à une indigestion.
Lorsque, chez un adolescent ou un enfant présentant cet ensemble de symptômes nerveux qui appartiennent à la fièvre typhoïde et aux méningites, il survient une diarrhée muqueuse, verdâtre ou jaunâtre et couleur d’ocre, il y a lieu de croire qu’il est atteint d’une fièvre typhoïde plutôt que (l’une méningite.
Une diarrhée chronique, coïncidant avec dès sueurs nocturnes, un affaiblissement progressif, de la toux, se rattache d’ordinaire à des tubercules (le l’intestin.
On n’oubliera pas combien la dyssenterie et la diarrhée sont fréquentes et tenaces chez les gens qui ont habité les pays chauds.
La diarrhée (pii survient dans le cours d’ime maladie chronique est certainement peu utile au diagnostic, mais elle a une signification pronostique fâcheuse.
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Quel doit être le traitement des diarrhées? — Avant d’étudier les moyens par lesquels on peut combattre la diarrhée, il faut déterminer si cette diarrhée doit être combattue.
Certaines diarrhées doivent être respectées et même sollicitées. — Telles sont : les diarrhées survenant chez les malades atteints d’hydropisies, car elles évacuent une grande quantité de sérosité et diminuent l’œdème ; la diarrhée de la fièvre typhoïde, car elle entraîne les matières putrides accumulées dans l’intestin ; la diarrhée du mal de Bright, car elle enlève au sang les produits excrémentiels dont les reins ne peuvent plus le débarrasser ; les diarrhées qui surviennent par la pénétration de principes septiques dans l’organisme (émanations cadavériques , infection putride) ; les diarrhées qui se produisent parfois chez les femmes à l’époque de la ménopause et les protègent contre des phénomènes congestifs.
Les anciens avaient donné le nom de critiques à ces diarrhées , dont la favorable influence est des plus manifestes , et c’est en s’appuyant sur ces exemples, que l’on administre les purgatifs, c’est-àdire des agents capables de produire une diarrhée artificielle.
Cela dit, il faut ajouter que dans un grand nombre de cas la diarrhée doit être combattue ; telles sont les diarrhées liées au catarrhe de l’intestin, au choléra, îà la dyssenterie, à la suppression d’un^flux, à une émotion morale, etc., l’indication est surtout pressante lorsque la diarrhée se prolonge et qu’elle est devenue chronique.
Les moyens propres à la combattre sont de trois ordres : 1“ des précautions hygiéniques ; 2“ une alimentation convenable ; 3" des médicaments. .
1° Les précautions hygiéniques consistent à prévenir l’action du froid sur le ventre, en faisant porter au malade une ceinture de flanelle ; dans la diarrhée aiguë le malade devra garder le repos, mais dans les diarrhées chroniques il devra faire de l’exercice, de la gymnastique, de l’hydrothérapie, etc.
2° L’alimentation a une importance considérable : dans les diarrhées aiguës on peut prescrire la diète, des aliments légers, quelques potages ; mais dans la diarrhée chronique il faut souvent recourir, au régime lacté, seul ou associé à l’eau de chaux, aux, préparations de phosphate de chaux (vin de Busart, etc.), à l’eau de Vichy et à la viande crue ou à la viande légèrement grillée.
3° Les médicaments capables d’arrêter le flux diarrhéique sont fort nombreux ; en première ligne il faut citer l’opium , donné sous forme d’extrait thébaïque, à la dose de 8 centigrammes environ chez les adultes, ou sous forme de laudanum, dix à quinze gouttes dans une potion gommeuse. Les enfants sont très sensibles à l’action de l’opium, aussi chez eux ne faut-il le donner qu’à très faibles doses'; une demi-goutte de laudanum suffit pour de très jeunes enfants.
Le diascordium, à la dose de 2 à 3 grammes ; le sous-nitrate de bismuth, (pie l’on donne souvent à la dose de 2 grammes, mais qui peut être employé à des doses énormes (Monneret) ; on peut l’administrer soit en poudre enveloppé dans du pain a^-me,
soit en suspension dans une solution gomm la craie préparée rend à peu près les vices. ®
Dans la diarrhée catarrhale on peut recourir ' méthode substitutive, qui consiste à administre^ ^ purgatif salin pour remplacer une inflammation mauvaise nature par une autre plus facile à guéri*^* on peut, dans ce but, employer le sulfate de ’ gnésie ou le sulfate de soude à la dose de 20 à ho grammes ou un verre à Bordeaux d’eau de Rubinat Trousseau employait souvent le nitrate d’argent en pilules à la dose de 1 à f 0 centigrammes par jour dans le traitement des diarrhées chroniqu^ Les lavements laudanisés ou amidonnés peuvent rendre service, etc. d-- Léon Moynac.
DIARTHROSE. — Nom donné par les anatomistes aux articulations mobiles (V. Articulation], p.
DIASCORDIUM. — On donne ce nom à un vieil électuaire qui remonte à Fracastor, et dont voici la formule complexe, mais rationnelle, d’après le Codex :
Feuilles sèches de Scordium . 6 grammes
Fleurs de roses rouges . 2 —
Racine de bislrote pulvérisée . 2 —
— de gentiane . . • • • 2 —
— de tormentille . . 2 —
Semence d’épine-vinette ou Berbéris. . 2 —
Rbizome de gingembre . 1 —
Fruits de poivre long. . 1 —
Écorce de cannelle de Ceylan . 4 —
Dictamne de Crète . 2 —
Benjoin en larmes . . 2 —
Gomme résine galbanum . 2 —
— arabique . 2 —
Bol d’Arménie préparé . 8 —
Extrait d’opium . 1 —
Miel rosat . 130 —
Vin de Malaga . . 20 —
On réduit en poudre toutes les substances sèches, on dissout l’opium dans le vin de Malaga, on ajoute le miel dans celui-ci, puis la poudre composée, et on mélange le tout d’une manière intime. 1 gramme de diascordium représente 6 milligrammes d’extrait d’opium.
Cette préparation est très précieuse dans le traitement des diarrhées chroniques, malgré son odeur et sa saveur désagréables, comme astringent calmant, à la dose de 2 à 6 et même 10 grammes chez l’adulte. P. L.
DIASTASE. — La diastase ou ptyaline est uu ferment qui se présente sous la forme d’une matière blanche, azotée, pulvérulente, amorphe, neutre, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, extraite de Forgé;' de l’avoine, du blé, des pommes de terre germées, et dont une partie a la propriété de convertir 100 parties d’amidon en dextrine, puis en gly* cose. Son altération est très prompte à l’air humidC) où elle perd ses propriétés. Elle s’emploie dans la dyspepsie à la dose de 1 à 2 grammes par jour.
Comme la salive et le suc pancréatique contiennent de la diastase identique avec celle de l’orga germée, on a cherché à les remplacer par cette matière lorsque les prodüits normaux précédents nc
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taient pas sécrétés en quantité suffisante. En effet, la diastase est le ferment nécessaire à la digestion des substances amylacées, comme la pepsine est nécessaire à la digestion des substances albuminoïdes. De là, 1 administration utile de la diastase dans certaines dyspepsies produites par le défaut de sécrétion des glandes salivaires ou pancréatiques.
La diastase entre avec la pepsine et la pancréatine dans la composition de V élixir de Tisy (V. ce mot).
D' Marc. Camboülives.
diastole. — On donne ce nom à l’état de repos et de dilation du cœur ou des artères au moment où le sang pénètre dans leur cavité. La diastole est l’opposé de la systole qui est l’état de resserrement par lequel le cœur chasse le sang dans les artères.
DIATHÈSE. — On peut définir une diathèse, une disposition morbide et chronique de l’organisme se traduisant par des manifestations variées quant à leur siège, mais uniformes dans leur caractère et leur nature. Ainsi, la diathèse tuberculeuse produira des tubercules dans les poumons, dans les ganglions, dans le péritoine, les méninges, le testicule, etc.
Les diathèses sont des états morbides généraux donnant souvent lieu à des manifestations morbides multipliées, mais présentant entre elles un air de famille ou se succédant dans un ordre déterminé. Ainsi, la diathèse syphilitique déterminera à la fois le développement de plaques muqueuses dans la gorge, à l’anus, etc. ; d’une autre part elle pourra produire des gommes, etc.
Les diathèses n’ont pas une marche aiguë ; leur évolution est essentiellement chronique, souvent même elles durent autant que la vie de l’individu qui en est atteint et se prolongent dans sa descendance. Une diathèse existe longtemps à l’état latent, et ne peut être reconnue, en quelque sorte, qu’après coup, c’est-à-dire lorsqu’elle a produit une manifestation particulière. Pour fixer les idées par un exemple, prenons un enfant né de parents goutteux ; si chez lui la goutte survient vers la vingt-huitième année, je suppose , on peut dire que la diathèse a sommeillé jusqu’alors.
En général les diathèses ne se bornent pas à déterminer de simples troubles fonctionnels, elles provoquent des altérations organiques très appréciables, exemples : diathèses scrofuleuse, tuberculeuse, cancéreuse, etc., altérations qui surviennent en dehors de toute circonstance provocatrice appréciable. Cependant ce dernier caractère n’est pas ^bsolu; ainsi il est des cas dans lesquels la manifestation de la diathèse éclate sous l’influence d’une cause occasionnelle ; exemples : attaque de goutte après '^^^Çpas copieux, attaque de rhumatisme après un refroidissement, cancer après une contusion, etc. 1 est vrai que plusieurs auteurs mettent en doute t influence de ces causes occasionnelles et n’y "voient qu’une simple coïncidence.
Les diathèses sont ordinairement héréditaires et aboutissent à la formation de cachexies.
C est tout à fait à tort que quelques auteurs ont considéré les expressions de diathèse et de cachexie Dictionnaire populaire de médecine dsdelle.
comme étant synonymes. Le mot cachexie s’applique à ce dépérissement profond, à ces troubles nutritifs qui marquent la fin des maladies chroniques. Ces désordres généraux présentent, il est vrai, dans leur physionomie quelques traits propres à rappeler leur origine (cachexie tuberculeuse, cachexie cancéreuse) ; mais ils diffèreut de la diathèse elle-même, puisqu’ils n’en sont qu’une conséquence.
11 est fort difficile de classer les diathèses, voici la classification qui a été proposée par M. Raynaud :
rhumatismale, goutteuse, dartreuse.
scrofuleuse, syphilitique, tuberculeuse, farcino-morveuse.
carcinomateuse sarcomateuse, épithéliomateuse.
lymphomateuse.
Anévrysmes.
Varices.
Lipomes.
Enchondromes.
Kystes sébacés.
Névromes, etc.
Les diathèses sont en général héréditaires; de plus elles peuvent se. transformer sous l’influence de l’hérédité, ou bien elles sont innées et formées par la fusion de deux tempéraments étrangers l’un et l’autre à cette diathèse ; ainsi la scrofule est fréquente chez les enfants issus de parents sains, mais trop âgés, etc.
Chaque âge se trouve plus particulièrement prédisposé au développement de telle ou telle diathèse : ainsi la scrofule se montre dès la première enfance pour reparaître à la puberté ; la tuberculose est surtout fréquente dans l’adolescence et la période moyenne de la vie ; — la goutte, le cancer appartiennent à l’âge mûr et à la vieillesse.
Le sexe a une influence moins marquée sur le développement des diathèses que sur la nature de leurs manifestations ; ainsi la diathèse urique se traduit chez l’homme par la graveUe et la goutte, et chez la femme par le rhumatisme noueux.
Les conditions sociales, les climats jouent également un certain rôle sur la production des diathèses : ainsi la misère prédispose à la tuberculose et à la scrofule, la richesse à la goutte ; la scrofule est surtout fréquente dans le Nord ; certaines diathèses, comme le cancer, le tubercule, sont répandues dans tous les pays, mais la pihthisie exerce surtout ses ravages dans les grandes viUes, et elle est presque sans exemple sur les hauts plateaux, etc.
On s’accorde généralement à reconnaître que l’intervention d’une maladie aiguë chez un individu déjà sous le coup d’une diathèse exerce sur elle une fâcheuse- influence et active ses manifestations : ainsi la rougeole, la scarlatine activent l’éclosion de la diathèse tuberculeuse et accélèrent le ramollisse- ' VS
, 1 Diathèse
1" Groupe. l
[ Diathèses communes(
l ou non spécifiques, j
2® Groupe. (Diathèse <^Diathèses spécifiques] —
virulentes. ( —
(Diathèse
3® groupe. l
( Diathèses spécifiques<
non virulentes. 1
B. diathèses partielles.