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à la nutrition, les excréments, qui forment le résidu de la digestion et sont expulsés au dehors.
La transformation des aliments en chyle s’opère par l’appareil digestif. Celui-ci se compose d’un long tube d’environ 10 mètres, appelé canal digestif et de plusieurs organes glandulaires annexes, des-
Fig. 382.
Appareil digestif de rkomme.
A. Boucàe. — B. Langue. — G. Fosses nasales. — D. Voile du palais. — E. Pharynx. — F. Epiglotte. — G. Trachée. — H. Œsophage. — I. Grosse tubérosité de l’estomac. — J. Estomac ouvert à sa partie antérieure. — K. Petite courbure de l’estomac. — L. Pylore. — M. Duodénum, deuxième portion. N. Orifice par lequel la bile et le suc pancréatique coulent dans le duodénum. — O. Vésicule biUaire. - P. Pancréas. - Q. Intestin grêle. — R. Extrémité inférieure de l’intestin grêle.— S. Valvule iléo-cæcale entre l’intestin grêle et le gros intestin. — T. Appendice iléo-cæcal. — U, Côlon ascendant. — V. Côlon transverse. — X. Côlon descendant. — Y. Côlon iliaque. — Z. Rectum.
tinés à verser dans ce canal le produit de leur sécrétion. Les diverses parties constitutives du canal digestif de l’homme comprennent de haut en bas :
la 6oMeAe;2“ le 'pharynx ; 3“ Y œsophage ; Y estomac ; 0° Y intestin grêle ; 6“ le gros intestin. Les organes annexes sont : 1“ les glandes salivaires, 2” les amygdales ; 3“ le foie ; 4° la rate ; 5“ le pa'n- <^éas. A l’exception de la bouche, des, glandes sali¬
vaires, du pharynx, des amygdales et de l’œsophage, toutes les parties et dépendances du tube digestif sont contenues dans le ventre ou abdomen. Les parois du tube digestif sont formées de trois tunîqnes superposées : une interne ou muqueuse, qui renferme des glandules dont le produit de sécrétion est destiné à lubrifier la surface libre de cette membrane ; une externe ou musculaire, qui favorise la progression des aliments; et une moyenne ou celluleuse, qui sert à unir les deux autres tuniques. La portion abdominale du tube digestif est revêtue d’une quatrième enveloppe qui est de nature séreuse et n’est autre que le péritoine.
Les divers actes de la digestion sont : la préhension des aliments, la mastication, Y insalivation, la déglutition, la chymification ou digestion stomacale, la chylification ou digestion intestinale, la digestion dans le gros intestin et la défécation.
1° Préhension des aliments. — Pour saisir les aliments solides, l’homme se sert des mains.
La préhension des substances liquides s’effectue en faisant le vide dans la bouche où la pression atmosphérique suffit alors pour les faire pénétrer.
Dans la succion, qui permet aux jeunes enfants d’extraire le lait du sein de leur mère, la sortie de ce liquide, est favorisée, d’un côté par l’effet du vide, et de l’autre par les pressions répétées des lèvres et de la langue qui se moulent sur le mamelon.
11 est encore une façon de boire dite à la régalade, fort usitée chez les cultivateurs et les ouvriers du Midi, qui consiste à porter fortement la tête en arrière et à laisser tomber le liquide d’une certaine hauteur au fond de la bouche, toute grande ouverte.
2“ Mastication. — Les dents, par suite des contractions des muscles masticateurs , s’acquittent seules de cette tâche. Les contractions de ces muscles sont très énergiques ; elles ont permis à Cynégire, à la bataille de Salamine, de saisir, dit-on, avec les dents la galère ennemie. On a vu, à Paris, ime jeune femme, miss Léona Dare, qui tenait entre ses dents un trapèze sur lequel un gymnaste faisait des exercices de souplesse.
Les incisives coupent, les canines déchirent et les molaires broient.
A chaque mouvement de mastication, la mâchoire inférieure, qui seule est mobile, s’applique énergiquement sur la supérieuré, à la façon du marteau sur l’enclume.
L’insuffisance de la mastication est une cause fréquente de maladies d’estomac chez les personnes qui ont de mauvaises dents ou qui mettent trop de précipitation à manger.
On a donc eu raison de comparer une bouche sans dents à un moulin sans meules. Aussi les personnes édentées devront-eUes faire usage d’un râtelier. Cet appareil prothétique est non seulement utile à la santé, mais il conserve la régularité des traits et facilite l’articulation des sons.
Lorsqu’on injecte directement dans l’estomac des liquides alimentaires, la bouche exécute aussitôt des mouvements de mastication. Cette remarque prouve l’étroite corrélation qui existe entre les actes de la digestion.
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3“ Insalivation. — Cet acte digestif s’accomplit, comme le précédent, dans la bouche. Il consiste à imprégner et à enduire de salive les aliments broyés par les dents. On verra au mot Salive le rôle mécanique et chimique de ce liquide. Nous rappellerons seulement que, par l’intermédiaire de la ptyaline ou diastase salivaire qu’elle contient, la salive partage avec le suc pancréatique, mais à un degré moindre, le pouvoir de transformer les aliments féculents en dextrine, puis en glucose.
4“ Déglutition. — L’ensemble des phénomènes qui accompagnent le passage des aliments de la bouche dans l’estomac comprend l’acte de la déglutition. Ce passage s’effectue en trois temps qui se succèdent rapidement. Dans le premier teinps, les aliments, réunis en une masse plus ou moins volumineuse que l’on appelle bol alimentaire , sont dirigés vers l’isthme du gosier par la langue, qui fait « gros dos » de la pointe à la base. Dans le second temps, le pharynx subit un raccourcissement général qui lui permet de s’appliquer sur le bol alimentaire, de le saisir et de l’entraîner dans l’oesophage. La rapidité de ce temps est telle que Boerhaave le considérait comme une véritable convulsion. Ce mouvement n’est pas volontaire ; il est d’ordre purement réflexe, et toute excitation inflammatoire ou mécanique des bords de l’isthme du gosier le provoquera instantanément. De là la difficulté que l’on éprouve à examiner la gorge chez certaines personnes; de là les mouvements fréquents de la déglutition qui accompagnent les angines; de là enfin le danger des gageures qui consistent à dissimuler dans la cavité buccale des objets d’une grande longueur, tels que fourchette, couteau, porte-plume, etc.
Après avoir franchi l’isthme du gosier, les aliments tendraient à refluer dans les fosses nasales et à s’introduire dans le larynx si, d’un côté, le voile du palais, en se relevant, ne fermait pas toute communication entre la bouche et les f(|sses nasales, et si, d’un autre côté, le larynx, entraîné par le mouvement ascensionnel du pharynx, ne faisait pas basculer sous la base de la langue l’épiglotte qu’elle . applique sur l’ouverture laryngée. Lorsque cette soupape membraneuse reste levée, par suite d’un rire intempestif ou d’une inspiration mal combinée, les parcelles alimentaires s’introduisent dans les voies respiratoires et provoquent des accès de suffocation qui peuvent entraîner la mort. On dit alors communément qu’on « s’énoue » ou qu’on « avale de travers ». Ces accidents sont fréquents chez les vieillards, par suite de l’ossification de l’épiglotte qui, ayant perdu son élasticité, n’exécute plus régulièrement ses mouvements de bascule. Cependant l’absence de cette soupape membraneuse n’empêche pas la déglutition de s’effectuer librement, et dans ce cas c’est, comme nous l’avons déjà dit, la base de la langue qui ferme l’entrée des voies respiratoires. Ainsi le général Murat reçut à la bataille d’Aboukir une balle qui lui coupa la partie flottante de l’épiglotte qu’il expectora aussitôt, et cette mutilation ne gêna en rien les mouvements de la déglutition.
Si, pendant l’accomplissement de cet acte, le voile du palais reste abaissé par suite ou de paralysie, ou d’un accès de rire, les parcelles alimentaires
refluent par les fosses nasales et provoquent l’pi nument : c’est ce que l’on appelle vulgairpn!^*^
« faire du vin de Nazareth ».
Enfin, dans le troisième temps de la déglutiti le bol alimentaire s’engage dans l’œsophage et*^*^’ entraîné par les contractions de ses parois jusa dans l’estomac. L’action de la pesanteur agit peu dans ce mouvement de progression à l’intérie^ du canal œsophagien, car un grand nombre d’ani*^ maux l’exécutent la tête inclinée vers le sol. Tout le monde a vu des saltimbanques boire et maneer la tête en bas. °
Nous répétons les mouvements de déglutition une douzaine de fois par minute pour avaler notre salive. Cet acte s’accomplissant à notre insu, il est dangereux de garder entre les lèvres des aiguilles ou des épingles qui peuvent être avalées à la moindre distraction. La présence d’un liquide salivaire ou autre dans la bouche facilite l’exercice de la déglutition. De là la difficulté d’avaler une poudre quelconque comme la farine et de faire coup sur coup plusieurs mouvements de déglutition à vide; de là aussi l’impossibilité presque absolue de la déglutition des gaz. Cependant Gosse, de Genève, Bichat et d’autres physiologistes, voulant étudier les différentes phases de la digestion stomacale, sollicitaient le vomissement à volonté en avalant une certaine quantité d’air. C’est par le même procédé qu’un certain soldat, dont Magendie raconte l’histoire, arrivait à simuler une tympanite de l’estomac.
Comme nous venons de le voir, l’habitude permet d’arriver à pratiquer cette déglutition gazeuse, mais généralement il est difficile d’obtenir ce résultat. Il ne faut donc pas croire que la fumée de cigarette pénètre dans l’estomac , chez ceux qui hument la fumée ; elle s’engage dans les bronches au moment de l’inspiration et elle en sort à l’expiration suivante.
5“ Digestion stomacale ou chymification. — Après avoir traversé l’œsophage, la masse aliraèntaire franchit le cardia et pénètre dans l’estomac. Elle est aussitôt pétrie par les fibres musculaires de cet organe et elle y séjourne jusqu’à ce qu’elle ait été transformée, par le suc gastrique, en une pâte rosée et grisâtre, constituant le chyme.
M. Réclam a démontré expérimentalement l’action des contractions de l’estomac, en ouvrant cet organe chez un chien auquel il venait de donner du lait. On voyait à la surface du liquide coagulé des sillons déterminés par l’impression des fibres contractiles de cet organe.
Le suc gastrique, nous le savons, n’a aucune action sur les féculents ni sur les matières grasses qui peuvent séjourner dans l’estomac sans être sensiblement altérés. Les aliments azotés ou albuminoïdes sont seuls attaqués par le ferment du suc gastrique, la pepsine, qui les transforme en une substance soluble et assimilable appelée peptone- Quant aux liquides , ils sont en grande partie absorbés par l’estomac.
Les aliments séjournent dans l’estomac pendant un temps qui varie avec la nature des aliments, l’énergie des contractions stomacales et l’activité de sécrétion du suc gastrique. La tranquillité de 1 esprit et 1 exercice musculaire favorisent ces deux
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dernières conditions. Tissot a eu raison de dire que llioninie qui pense le plus est celui qui digère le plus mal, et celui qui pense le moins est celui qui Sidère le mieux. <c Bien mâcher et bien marcher, disait d’autre part BocquiUon, médecin de l’Hôtelpieu, sont les deux plus grands secrets que je connaisse pour vivre longtemps. » De même Chomel assurait qu’ « on digère autant avec les jambes qu’avec son estomac. »
Cependant la sieste ou méridienne , après le repas, ne saurait entraver la digestion, pourvu que ce repos soit de courte durée, ainsi que le recommande ce précepte de l’École de Salerne : SU brevis aut nullus tibi somnus meridianus.
Nous savons d’ailleurs que les repas portent naturellement au sommeil. Cette tendance se montre chez l’enfant nouveau-né, qui s’endort aussitôt après avoir pris le sein. Et même, si l’on en croit l’expérience suivante, attribuée à un empereur romain, après le repas le sommeil semble plus favorable à la digestion que l’exercice. Ce prince cruel donna un déjeuner copieux à trois esclaves de même âge et de même taille ; puis il fit promener l’un, bre l’autre et dormir le troisième. Quelques heures après, il les fit mettre à mort, et en ouvrant leur estomac, on vit que chez l’esclave qui avait fait sa sieste, la digestion était beaucoup plus avancée que chez les autres. Ces exemples de vivisection étaient assez fréquents dans l’antiquité.
La durée moyenne du séjour des aliments dans l’estomac est de quatre heures ; mais la digestion stomacale est surtout active pendant la première moitié de ce temps ; aussi ne doit-on pratiquer la saignée ni prendre de bains dans les deux heures qui suivent l’ingestion des aliments. Il est quelquefois utile en médecine légale de déterminer le degré de digestion. C’est ainsi que le professeur Oré, de Bordeaux, a fait acquitter un jeune homme poursuivi pour meurtre d’une jeune fille, en établissant que le crime avait été commis cinq ou six heures après le repas du soir. Or l’accusé pouvait prouver qu’il était à cette heure loin du lieu du crime.
La digestion stomacale terminée, la pâte chymeuse est évacuée dans l’intestin grêle par le pylore, Don pas progressivement comme on le croyait, mais en bloc, ainsi que l’a prouvé M. Charles Richet.
6“ Digestion intestinale ou chylification. — Les oliments chymifiés franchissent le pylore, s’engagent dans l’intestin grêle et parcourent successivement les trois portions de ce canal. A leur passage dans le duodénum , ils s’imprègnent de bile et de suc pancréatique. Ces deux liquides ont pour effet de compléter l’action de la salive sur les féculents et celle du sac gastrique sur les aliments azotés. De plus ils concourent à émulsionner les paisses, c’est-à-dire à les diviser en particules très ^es, susceptibles d’être absorbées par les parois de l’intestin.
Le suc intestinal peut être considéré comme l’agent auxiliaire de tous les autres liquides de la digestion, c’est-à-dire qu’il complète l’élaboration des substances alimentaires qui ont échappé à l’action de ces derniers. 11 jouit donc de la propriété d’émulsionner les corps gras, de transformer les fécu-
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lents en glucose et les aliments azotés en peptone ou en albuminose. C’est à l’ensemble de ces produits assimilables que l’on donne le nom de chyle.
Les chylifères ou vaisseaux lymphatiques de l’intestin et les ramifications de la veine porte, contenus dans les villosités intestinales, sont chargés d’absorber le chyle qui baigne ces petits prolongements charnus. Les chylifères transportent tous les éléments du chyle dans un canal placé le long de la colonne vertébrale, le canal thoracique, qui luimême les dirige ensuite au point de réunion des veines jugulaires interne et sous-clavière du côté gauche.
Quant aux ramifications de la veine porte, à l’exception de la graisse, elles conduisent tout les autres matériaux du chyle à l’intérieur du foie, qui les déverse dans la veine cave inférieure, par l’intermédiaire des veines sus-hépatiques.
Introduit par deux voies différentes dans le torrent circulatoire, le chyle se mélange au sang et contribue à sa formation.
L’absorption du chyle dans l’intestin se fait par imbibition et non par succion, comme on l’enseignait autrefois. Elle est favorisée par les contractions intestinales qui brassent, sans cesse, les aliments chyhfiés. Les exercices musculaires agissent de la même façon, et l’on sait que Louis XIV mit en vogue le billard parce que ce jeu lui fut conseillé pour « régulariser ses digestions. »
7“ Digestion dans le grand intestin. — Après s’être dépouillés dans l’intestin grêle de la plus grande partie de leurs produits nutritifs, les aliments passent dans le cæcum par la valvule iléocæcale, puis ils parcourent successivement le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et viennent s’accumuler dans le côlon iliaque. De ce réservoir, ils s’engagent dans le rectum, où leur présence provoque, par action réflexe, les contractions de la tunique musculeuse de cet intestin et donnent lieu aux « envies » d’aller 'à la garderobe.
A leur passage dans le gros intestin, les aliments contiennent encore une certaine quantité de chyle qu’ils abandonnent à l’absorption peu active des parois de ce canal. Ils prennent en outre de la consistance et acquièrent une odeur d’autant plus forte que l’alimentation est plus azotée. Aussi les excréments des herbivores répandent-ils une odeur moins désagréable que ceux des carnivores.
L’odeur pénétrante que prennent les excréments dans le gros intestin se communique aux parois de ce canal. De là le goût particulier des andouilles faites avec le gros boyau du porc et que Henri IV appelait le « goût de terroir. » ■ . . ,
L’expulsion des matières fécales est désignée sous le terme de défécation. Cet acte peut être considéré comme un vomissement inférieur ; il s’exécute, en effet, par un mécanisme analogue à celui qui détermine le vomissement ordinaire, c’est-àdire sous l’influence des contractions simultanées du rectum , du diaphragme et des parois abdominales. La position accroupie est plus favorable à l’accomplissement de cet acte que la station assise ou couchée et elle expose moins que ces dernières aux hernies.
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Le résidu de la digestion comprend deux parties ; d’un côté, les secrétions du tube digestif qui composent exclusivement les selles des individus soumis à l’abstinence complète et qui forment les seUes vertes des enfants nouveaux-nés atteints d’entéro-colite, et de l’autre, les matières impropres à l’absorption, comme l’épisperme des végétaux, l’enveloppe celluleuse des pois, des lentilles, des haricots et des grains de raisin ; les ligneux, tels que le chiendent, les féculents crus, les ligaments, les huiles de nature végétale et, enfin les, os. ^
L’examen des excréments fournit parfois d’utiles renseignements à la justice. L’assassin Billouis, dit Tambour, avait laissé dans la chambre de sa victime des excréments où l’on remarqua des enveloppes de haricots. Or il fut prouvé qu’il avait, le jour de son crime, mangé des haricots de même natüre que ceux que l’on venait de retrouver. Ce fait suffit poür établir sa culpabilité et Billouis fut condamné à mort par le jury de Vienne.
Quelquefois les selles renferment du sang ; s’il conserve son aspect rutilant, il provient généralement du gros intestin, comme dans la dyssenterie, les hémorrhoides, les polypes du rectum ; tandis qu’une coloration noirâtre est un symptôme d’une lésion des voies digestives supérieures. Ce flux sanguin évacué par l’anus a reçu le nom de mélœna.
Les préparations ferrugineuses, le charbon et le sous-nitrate de bismuth donnent aussi aux selles une coloration noirâtre plus ou, moins foncée. Le safran et la rhubarbe les colorent en jaune.
Si la masse alimentaire ingérée est trop considérable ou la sécrétion des sucs intestinaux insuffisante, par suite de troubles fonctionnels locaux ou généraux, une certaine quantité d’aliments se retrouvent dans les selles à demi- digérés. C’est ce qui caractérise la lienterie. Cette affection justifie pleinement le dicton : « On est nourri par ce qu’on digère nt non par ce qu’on mange. »
Résumé de la digestion. — 1“ digestion des aliments. — Sous l’influence de la ptyaline qu’elle renferme, la salive convertit, dans la bouche, une partie des matières féculentes (amidon) en glucose.
Dans l’estomac, le suc gastrique, grâce à la pepsine, transforme les composés albuminoïdes ou azotés (chair des animaux, fibrine, albumine) en peptone. Les substances albuminoïdes digérées forment, avec les substances grasses intactes et les féculents qui ont déjà subi une élaboration partielle, une pâte semi-liquide appelée chyme.
Au niveau du duodénum, la bile et le suc pancréatique émulsionnent les corps gras et attaquent les matières azotées que le suc gastrique a épargnées. Le suc pancréatique transforme, de plus, en glucose les féculents qui ont échappé à l’action de la salive. Le produit de la digestion duodénale a reçu le nom de chyle.
Enfin, dans les autres portions de l’intestin grêle, tous les aliments féculents azotés ou gras qui ont échappé à l’action de la salive, du suc gastrique, de la bUe et du suc pancréatique, sont Paiement digérés par le suc intestinal.
Le chyle, ce produit définitif de la digestion, est
absorbé par les chylifères et les veines de V tin, qui le déversent dans le torrent circul pour être distribué ensuite à tous W l’économie. de
Quant au résidu de la digestion, il est expul dehors par le gros intestin.
2« Digestion des boissons. — Les boissons en grande partie absorbées par les veines de tomac et passent directement dans le sang i ( elles augmentent la fluidité et le volume • elles sont éliminées de l’organisme par la trans^^ ration cutanée, l’exhalation pulmonaire et la sécr^' tien urinaire.
Une faible partie des boissons aide à la confection ^ du chyme et n’est absorbée que dans l’intestin * grêle avec le chyle.
L’absorption des liquides est très rapide,surtout à jeun. Ainsi, en mélangeant une certaine dose de ferrocyanure de potassium aux boissons, on peut constater la présence de cette substance dans la vessie, une minute après son ingestion, si celle-ci a lieu onze heures après le repas, et seulement au bout de trente minutes, si elle a été ingérée aussitôt après le repas terminé.
La rapidité que mettent certaines substances à passer dans les urines avait fait penser, autrefois, i qu’il existait une communication entre l’estomac et la vessie. Or nous savons que ces deux organes n’ont aucun rapport entre eux et que de l’estomac les liquides passent dans le système sanguin et de là dans les reins. D'' G. Witkowski.
DIGITALE. — La digitale pourprée est un genre de plantes de la famille des scrofulariées, ainsi appelées parce que leur corolle ressemble plus ou moins à un doigt de gant ou à un dé à coudre : de I là les noms de digitale, doigt de Notre-Dame, gant de Notre-Dame, donnés à cette plante bisannuelle, que l’on trouve dans les terrains sablonneux et que l’on cultive dans les jardins autant pour son bel | aspect que pour son utilité médicale.
Cette magnifique espèce de nos régions tempérées offre une tige cylindrique, haute de 30 centimètres à 1 mètre. Les fleurs, disposées en un long épi terminal, sont pendantes, pédonculées, grandes, d’un rose pourpre tacheté de noir à l’intérieur. Les fruits sont des capsules bilociüaires bivalves, contenant des graines nombreuses, brunes et petites. Les feuilles alternes, ovales, oblongues, crénelées, ont une couleur d’un brun verdâtre en dessus, d’un blanc cotonneux en dessous, odeur est forte, leur saveur amère et leur composition très complexe, mal déterminée, malgré le grand nombre de travaux dont eUes ont été l’objet- En effet, eUes contiennent en outre du principe bien connu, la digitaline, d’autres principes moins bie)i étudiés, tels que la digitalose, le digitalin, les acides digitalique, antirrhinique, digitaléique, nique, de 1. amidon, du sucre, de la pectine, de la
matière albuminoïde, de la matière colorante rouge,
de la chlorophylle, de l’huile volatile, du ligû®"^ (HomoUe et Quevenne).
La digitale n’a été inscrite pour la première foi® dans les pharmacopées de Londres et de Paris qu’e»
» 1721, et encore à partir de ce moment eUe a joué un
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rôle tout à fait éphémère jusqu’en 1788, époque à laquelle un célèbre médecin anglais^ nommé Withéring, en retira dïmmenses avantages contre les hydropisies. Son ami Cullen fît connaître quelques années après, ses effets si remarquables sur la circulation et donna à ce médicament le nom impropre ^’ojnum du cœur. Dès lors, l’étude de la digitale fut l’objet de recherches iucessantes. Chaque médecin
Fig. 383. — Digitale pourprée.
tint à honneur d’apporter son concours à l’édifîce Çui se construisait. Kinglake reconnut à la digitale la propriété, non seulement de ralentir les mouvements du cœur, mais encore d’en augmenter la force et l’énergie. Macdonald précisa mieux son action sur le pouls. Vacca Berlinghiéri en fît le premier des diurétiques. Murray et Bayle compulsèrent les travaux faits sur cette matière et réunirent le tout en ’iQ faisceau commun. "Enfîn, dans le courant de ce Siècle, Dickinson, Bouchardat, Trousseau, Homolle et Quevenne, Vulpian, Nativelle, ont complété l’étude de ce médicament qui laisse encore bien des points obscurs à élucider.
^ets. — Suivant qu’on l’emploie à doses faibles è doses élevées, la digitale produit des effets tout a fait différents. De petites doses ne déterminent aucun dérangement sur la muqueuse gastrique, ües sont lentement absorbées et n’agissent qu’au ut de 24 à 36 heures. Après ce laps de temps, on
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observe le ralentissement des battements du cœur, la régularité du pouls avec augmentation dans la tension artérielle, la diminution des mouvements respiratoires accompagnée de la diminution de Turée, de l’abaissement de la température et de l’accroissement de la diurèse, tous phénomènes solidaires les uns des autres.
En effet, arrêtons-nous un instant sur chacun d’eux. • Le ralentissement du cœur est tellement constant ■que la digitale a été regardée comme un médicament cardiaque par excellence. Les pulsations qui étaient auparavant à 120, 130, peuvent descendre à 60, 43 et même 32 par minute sous ‘ l’influence de 23 à 30 centigrammes de poudre de digitale donnés par j our et continués pendant une semaine. Le patient ne s’habitue pas à ce remède. On doit le prescrire pendant longtemps aux mêmes proportions ou le diminuer même pour éviter l’accumulation d’action de la substance dont les effets s’accroissent
et se continuent deux ou trois jours après la cessation du médicament. Mais en même temps que le cœur se ralentit, la pression artérielle augmente ; le pouls devient plus régulier, plus fort, plus résistant; les vaisseaux diminuent de calibre par la contraction des fîbres bsses de leur parois ; le sang se trouve plus comprimé, plus retenu dans ses parcours. Aussi dirais-je, avec Gubler, ^e la digitale n’est pas un byposthénisant de la circulation centrale, mais plutôt un régulateur et un tonique ;.eUe
est moins l’opium dn cœur qu’elle n’en est le quinquina (Bouillaud). Cependant ce ralentissement du cœur donne lieu à des phénomènes chimiques de la nutrition moins actifs ; l'urée diminue, la température s’abaisse, les urines sont sécrétées en plus grande abondance, le mouvement fébrile s’abaisse et se résout, ce qui rend la digitale donnée à faibles doses à la fois sédative, diurétique, controstimulante et hémostatique.
Il n’en est pas de même des doses élevées, elles communiquent à ce médicament une action tout à fait contraire. On observe alors la précipitation et l’irrégulârité des battements du cœur, la rapidité des mouvements respiratoires, l’élévation de la température et la suppression des urines. Des doses toxi. ques constituent un poison violent qui purge, fait vomir et tue en arrêtant la circulation et paralysant les fibres musculaires du cœur et des vaisseaux.
Usages. — La digitale est un de nos médicaments indigènes les plus précieux et les plus généralement employés. On pourrait dire jusqu’à un certain point qu’elle est le spécifique des maladies organiques et non organiques du cœur. Toutefois à cet égard il est nécessaire d’établir des distinctions. S’agit-il d’un rétrécissement soit aortique, soit mitral, caractérisé par un bruit de souffle rude, la petitesse et l’irrégularité du pouls, la stase veineuse et l’hydropisie, la digitale rendra les plus grands services ; elle augmentera l’énergie des contractions cardiaques, tout en ralentissant ces mêmes contractions, régularisera les battements du cœur et lui donnera une nouvelle force pour vaincre l’obstacle qui s’oppose au libre passage du sang à travers les orifices rétrécis. S’agitil, au contraire, d’une insuffisance aortique ou mitrale avec un bruit de souffle doux, sans troubles notables de la circulation capillaire et du pouls, la digitale sera nuisible en ce sens que par les contractions énergiques qu’elle imprimera au cœur elle aura la propriété de faire refluer le sang par l’orifice dilaté plutôt que de le faire passer par l’orifice à l’état normal. Enfin, s’agit-il d’un rétrécissement avec insuffisance concomitante, la digitale sera utile ou nuisible suivant que l’une ou l’autre de ces lésions prédominera. Toutefois, les rétrécissements valvulaires étant infiniment plus communs et toujours plus , graves que les insuffisances, à cause de l’obstacle qu’ils apportent à la régularité de la circulation et de l’hypertrophie cardiaque progressive suivie tôt ou tard d’une hydropisie générale qu’ils entraînent après eux, on conçoit que la digitale doive être prescrite avec succès dans la plupart des maladies du cœur.
Mais il faut se garder de la mettre à profit dans les ças de- dégénérescence graisseuse ou d’anévrismes, parce qu’au lieu de calmer le cœur et de diminuer les chances de rupture de cet organe ou des gros vaisseaux, elle les augmenterait par son action tonique. Quant aux maladies non organiques du cœur, telles que; affections nerveuses, palpitations cardiaques , angine de poitrine, ces maladies étant dues à l’anémie, à des troubles gastriques, seront mieux traitées par les ferrugineux, les analeptiques, les amers que par la digitale qui, si elle est prescrite, sera toujours puissamment aidée de leur précieux concours. •
Parlant de celte théorie incontestable ou taie modère la chaleur, pousse aux urines et ^ les mouvements circulatoires, un grand no praticiens ont employé cette substance dan^”*^® ^ tement des fièvres (fièvre puerpérale, fièvre tvuti^' fièvres éruptives) et des maladies aiguës monie, pleurésie, rhumatisme articulaire! c^' contre -stimulante ; dans le traitement des hvd”^^^ sies (anasarque, ascite, épanchements sérp^^' comme diurétique. C’est d’après les mêmes don ’ ^ qu’on l’a utilisée parfois dans les hémorrharf^ aiguës actives et surtout dans les métrorrha^^ comme excitateur des .fibres lisses des petits seaux. Enfin, dans ces derniers temps, son usae' s’est étendu au traitement du délirium tremens de l’incontinence d’urine et de la spermatorrhée. ’
L’administration de la digitale doit être surveillée avec attention ; car, à dose trop forte ou trop longtemps continuée, elle est sujette à produire des phénomènes d’intolérance fort sérieux. La poudre, la tisane et le sirop sont les trois modes les plus généralement employés, mais ce sont en somme de mauvaises préparations, qui ne sont jamais identiques, dont le dosage varie sans cesse dans chaque pharmacie, la quantité du principe actif variant dans chaque plante suivant son âge, le terrain où elle a poussé, le moment de sa récolte, le plus ou moins de soin apporté à sa dessiccation et à sa conservation. Aussi leur préférons-nous, avec Bouillaud, Bouchardat, Gubler et la généralité des médecins, la digitaline (V. ce mot).
Mais si la digitale est fréquemment employée à l’intérieur, elle offre aussi un usage assez suivi en applications topiques. Ainsi la teinture, le cérat et la pommade servent à faire des frictions sur les parois des cavités splanchniques affectées d’épanchement séreux et sur les membres infiltrés. Trousseau s’est toujours bien trouvé de l’emploi d’une, forte décoction de digitale en fomentations. Le savant professeur en imbibait des linges qu’il appliquait sur le ventre et qu’il recouvrait de toile cirée pour empêcher l’évaporation. Par ce moyen il évitait l’action irritante de la digitale sur l’estomac et obtenait en même temps une abondante diurèse. On peut se servir aussi de l’emplâtre à l’extrait de digitale, il rendra quelques services en applications locales comme faiblement résolutif des œdèmes partiels. D-- Marc. Camboulives.
Empoisonnement par la digitale. — L’empoisonnement par la digitale ne se produit guère que par accident. Parfois cette plante a été prise pour je bouillon blanc ou grande consoude. D’autres foi®) l’empoisonnement résultait de l’emploi imprudent de doses trop fortes.
La digitale est vénéneuse sous toutes les formes- « Celles qui ont le plus d’activité, dit Tardieu, sont le suc frais de la plante et la décoction ou l’iûfli' sion des feuiUes; 2 grammes 1/2 de feuilles en m; fusion ont amené la mort. La poudre a détermine des accidents graves, chez un enfant de dix ans, à la dose de 5 centigrammes; chez les adultes, à 1» dose de 1, 2 et 3 grammes. L’extrait, à une dose moindre, a fait périr une femme qui avait pris 4 cuiUerees d’une potion de 150 grammes qui con-
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tenait 1 gramme dextra.it de digitale; enfin, pour la teinture, eUe a produit un empoisonnement des plus violents, mais non mortel, à la dose de 5 grammes, une cuillerée à café; et la mort même à 25 grammes ».
Briand etChaudé résument ainsi les symptômes de l’empoisonnement par la digitale ; « Malaise, vomissements répétés glaireux et verdâtres ; vertiges, éblouissements, troubles de la vue et de l’ouïe; pâleur extrême, prostration complète ; le pouls, qui, dans les premières heures, avait été rapide, désordonné et violent, s’affaiblit, se ralentit et tombe à cinquante et même à quarante-huit pulsations à la minute. La respiration devient suspirieuse, et une diarrhée abondante et cholérique s’établit le plus souvent ».
La mort n’est pas toujours la terminaison certaine de l’empoisonnement par la digitale. 11 résulte d’un relevé de 28 cas, publié en 1863 par le Decroix, que plus des deux tiers ont eu une issue favorable.
Lorsque le malade doit guérir, au bout d’une période qui varie de 2 à 5 jours, les vomissements, s’arrêtent, le délire s’apaise, la sécrétion de l’urine se rétablit, la peau redevient chaude, la respiration réguhère et le pouls reprend ses caractères normaux. Mais les douleurs d’estomac, les maux de tête, les vertiges persistent pendant un temps plus ou moins long ; les forces du malade ne reviennent que lentement, sa vue reste longtemps troublée; on constate par l’auscultation un bruit de souffle chloro-anémique à la base du cœur et des gros vaisseaux. Enfin, au bout d’un temps variable selon les cas, les malades se rétablissent complètement, ' «ans conserver aucune trace d’empoisonnement.
Le traitement de l’empoisonnement par la digitale consiste tout d’abord à évacuer le poison en provoquant les vomissements au moyen d’émétique ou d’ipécacuanha; dans l’intervalle des vomissements, on administre la solution suivante :
Tannin . . 5 grammes
Eau tiède . 250 —
par petites tasses, ou bien à défaut de tannin, une décoction de quinquina, d’écorce de chêne, de roses de Provins ou de Cachou. On combat l’affaiblissement et le ralentissement de la circulation par des frictions sèches, aromatiques et alcooliques, le collapsus par l’administration du café, et la douleur par des sinapismes au creux de l’estomac ou par de la morphine. n*' Paul labakthe.
digitaline. — Principe actif de la digitale, la digitaline se présente sous la forme d’une poudre manche, inodore, d’une excessive amertume, presque complètement insoluble dans l’eau et dans 1 ether, mais soluble, au contraire, en toutes proporhons dans l’alcool et surtout dans le chloroforme. Lest une substance ternaire, neutre, qu’Homolle et yuevenne ont obtenue les premiers à l’état amorphe, 5*^1 susceptible de prendre la forme cris- ^isée, ainsi que l’a démontré le D*^ Blaquart, en dans sa thèse sur la digitaline, couronnée par
fa Faculté.
La digitaline d’HomoUe et Quevenne est consi-
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dérée comme cent fois plus active que la poudre de digitale eUe-même. En effet, 10 à 20 centigrammes de poudre correspondent à 1 ou 2 milligrammes de digitaline liomoïïe.
La digitahne jouit de toutes les propriétés de la digitale ; elle est sédative, diurétique, contro-stimulante et hémotastique ; eUe doit se prescrire absolument dans les mêmes circonstances morbides que cette dernière, c’est-à-dire surtout contre les maladies du cœur et les hydropisies. Mise sous forme de petits granules très exactement dosés à 1 milligramme et ne renfermant que la substance active unie à du sucre, comme l’ont fait Homolle et Quévenne, elle offre le triple' avantage d’un dosage sûr et facile, d’une administration commode, d’une conservation indéfinie. Marc. Camboüuves.
Empoisonnement par la digitaline. — Les empoisonnements par la digitaline sont très rares, quelques-uns ont été la conséquence de l’administration de ce médicament à des doses trop fortes ; d’autres ont été le résultat de tentatives de suicide. Le plus célèbre, celui commis en 1864 par le médecin homœopathe Lapommerais sur la veuve De Pauw, a été le résultat d’un crime, La digitaline peut occasionner la mort à la dose de 23, 30, 40^ 50 milligrammes.
Voici, d’après le professeur Tardieu, le tableau des symptômes de l’empoisonnement par la digitaline. « Une heure après l’ingestion d’une quantité de digitaline qui dépasse les doses médicamenteuses, les effets du poison se font sentir par un malaise considérable, des vertiges, des bouffées de chaleur qui montent à la tète, des nausées, de la céphalalgie, quelquefois des frissons, des sueurs froides, des alternatives de chaud et de froid, et des troubles de la vue. Puis une anxiété précordiale, une douleur épigastrique surviennent, et bientôt des vomissements éclatent, précédés d’efforts considérables et extrêmement pénibles. Ils sont toujours très violents et répétés, accompagnés ou suivis de selles liquides. Les moindres mouvements les ramènent en même temps que des vertige.-; et des étourdisse- , ments. La respiration est oppressée. Le pouls, d’abord fort et fréquent, diminue et s’abaisse en quelques heures de 20 ou 30 pulsations ; il reste parfois plein, vibrant, irrégulier. Les malades tombent très vite dans un anéantisssement extrême et sont dans l’impossibilité de remuer ou d’émettre un son ; les i yeux leur semblent plus gros et prêts à s’échapper de l’orbite, et l’on constate en réalité une double exophthalmie très apparente, avec dilatation de la pupille ; il y a dans les membres des contractions spasmodiques. La peau est froide, le pouls s’affaiblit et devient petit, faible, intermittent, par moments presque impossible à sentir. La douleur de tête persiste. Les urines sont supprimées. Des crampes, des douleurs aiguës dans les membres ou le long du rachis, arrachent des cris aux malades. Ils sont souvent tourmentés par des hallucinations.
«Cet état persiste pendant deux ou trois jours ^ les vomissements s’éloignent, la langue est chargée, rouge à la pointe, l’estomac douloureux, le ventre rétracté ; la céphalalgie est toujours très violente. Les nuits sont agitées, l’insomnie complète. Mais T9
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