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peu à peu ces symptômes vont en s’atténuant, le pouls se relève, mais il reste encore intermittent et ne revient que lentement à son chiffre et à son rhythme ordinaire ; la voix reparaît, la sécrétion urinaire longtemps suspendue se rétablit, l’urine est rouge et fétide. La couleur et la chaleur de la peau redeviennent normales ; ce retour de toutes les fonctions se confirme, et la guérison est obtenue dans un espace de temps qui varie de dix jours à trois semaines. Mais, à la suite, on voit les individus conserver une grande faiblesse, un bruit de souffle au premier temps du cœur et un certain degré d’exophthalmie. »
, Le traitement de l’empoisonnement par la digitaline est le même que celui de l’empoisonnement par la digitale. D'' Paül Labarthe.
DILATATEUR. — Nom donné par les anatomistes à certains muscles qui en se contractant dilatent les cavités aux parois desquelles ils sont insérés. — Les chirurgiens donnent le nom de dilatateur à des instruments dont il se servent pour .dilater ou agra:ndir des orifices naturels ou accidentels trop étroits. Les bougies, les mèches de charpie, l’éponge préparée, les tiges de laminaria, etc., sont des dilatateurs. Les instruments à branches ordinairement parallèles et pouvant s’écarter sous l'influence d’un mécanisme spécial, pas-de-vis ou autre, sont aussi appelés dilatateurs.
DILATATION. — On désigne sous ce nom, en physique, l’augmentation de volume d’un corps. — En chirurgie, on appelle dilatation une méthode opératoire destinée à agrandir ou à rétablir une cavité ou un canal. La dilatation chirurgicale peut être brusque, forcée, lente et progressive, permanente. Elle est applicable aux' rétrécissements de l’urèthre, du rectum, , de l’orifice utérin. p. l.
DINARD (BAINS DE MER DE). — Dinard est un charmant petit village situé à 4 kilomètres de Saint- Malo, dont il n’est séparé que par la petite baie formée par l’embouchure de la Rance. On y trouve deux plages à fond de sable, situées, l’une du côté de la pleine mer, près du Casino, l’autre du côté de Saint-Servan, dans la baie ravissante qui reçoit les eaux de la Rance. , p. L.
DIOSCORIDES {GRANULES DE). — Les granules de Dioscorides sont de petits granules contenant chacun un milligramme d’acide arsénieux (V. Arsenic).
DIPHTHÉRIE ou DIPHTHÉRITE. — On désigne indistinctement par l’un ou l’autre de ces deux mots — créés par le célèbre Bretonneau à qui nous devons un immortel ouvrage sur cette terrible affection — une maladie aiguë spécifique par excellence, contagieuse de sa nature, caractérisée anatomiquement par une exsudation fibrineuse nienibraniforme qui se développe sur les muqueuses ou sur la peau dénudée de son épiderme, en montrant ime préférence marquée pour le pharynx, les amygdales, les canaux aériens, le larynx surtout.
Ces fausses membranes, ainsi que l’a déinonf ’ professeur Laboulbène dans ses remarquabb cherches cliniques et anatomiques sur lex pseudo-mem,braneuses (Paris, 18-61), sont lement constituées par de la fibrine et de i? ' cellules. Elles sont d’un blanc nacré caracL^^^ tique, plus ou moins épaisses, très fortement aï rentes à la muqueuse du pharynx et de la porp ' sus-glottique du larynx, dont elles s’arrachent tï? difficilement, peu adhérentes au contraire à 1 muqueuse de la portion sous-glottique du larvnL à celle de la trachée et des bronches où on les trouve souvent sous forme de tubes membraneux demi-flottants, dont elle se détache facilement. La muqueuse sous-jacente, qui saigne lorsqu’on arrache les fausses membranes, est simplement rouge, mamelonnée et infiltrée dans la diphthérite légère ; dans les cas graves, dans les diphthérites interstitielles ou profondes, la muqueuse est épaisse, ramollie, ulcérée et parfois presque gangréneuse.
La diphthérite est une maladie primitivement ^locale et qui souvent reste locale. Lorsqu’elle siège ‘sur les amygdales et le pharynx, elle porte le nom
angine cuuenneusey d’angine diphihéritique{N. Angine) ; lorsqu’elle siège sur le larynx, elle prend le nom de croup, laryngite diphthéritique, laryngite pseudo -membraneuse (V. Laryngite) ; lorsqu’elle siège sur les gencives, elle est appelée stomatite ulcéro -membraneuse (V. Stomatite], etc. Mais, angine, laryngite, stomatite, n’indiquent qu’une variété de, siège, la cause est toujours unique. ’
D’abord locale, la diphthérite peut se généraliser par la résorption de ses produits, et alors elle occasionne soit la formation d’autres fausses membranes sur divers points du corps, soit la résorption diphthérilique et la mort.
Quelle est l’étiologie de la diphthérite? — La diphthérite est une maladie de l’enfance. On l’observe rarement dans la première année ; elle est un peu plus fréquente dans le cours de la seconde, mais c’est surtout sur les enfants de deux à huit ou neuf ans qu’elle sévit. Au delà de cet âge, elle devient de moins en moins fréquente, et elle s’observe rarement chez l’adulte.
Cette maladie semble s’attaquer aussi bien aux enfants robustes et forts qu’aux enfants chétifs et faibles, surtout, lorsqu’elle est primitive. Rillet et Barthez prétendent, et je suis assez de leur avis, que les enfants lymphatiques sont plus souvent victimes de la diphthérie. Lorsque celle-ci règne épidémiquement, elle atteint dès le début les enfants pauvres; mais, lorsque l’épidémie est dans son plein, elle frappe indistinctement les enfants pauvres et les .enfants aisés.
Certaines maladies ont une influence manifeste sur le développement de la diphthérie. Ainsi on la voit survenir dans le cours de la rougeole et de la scarlatine, plus rarement dans celui de la coqueluche et de la fièvre typhoïde. Dans ces cas, on dit que la diphthérie est secondaire. Cette forme est très fréquente dans les hôpitaux d’enfants.
Beaucoup de personnes croient que les enfants atteints une première fois de diphthérie sont à l’a-
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bri d’une nouvelle attaque. Il est bon de les prévenir que la diphthérie peut très bien récidiver.
On rencontre la diphthérie sous tous les climats fit dans toutes les saisons. On l’observe surtout dans le nord de l’Allemagne, en Hollande, dans le Danemarck, en Angleterre et dans le nord de la France. On l’observe aussi depuis quelques années en Suisse et en Italie, deux pays qui étaient autrefois indemnes. Aujourd’hui, la diphthérie est devenue endémique dans presque toutes les grandes villes des pays que nous venons de citer. A Paris, elle est endémique depuis 18b6, et le nombre des victimes qu’eUe y fait augmente tous les ans, principalement pendant les saisons froides, humides.
La diphthérite est-elle contagieuse? — On ne peut nier la' contagion de la diphthérite. Elle peut être directe ou indirecte.
C est surtout le corps médical qui fournit les faits les plus probants et les plus précis de la contagion directe et immédiate. Et d’abord celui du D' Herpin, de Tours. En 1843 , tandis qu’il cautérisait la gorge d’un enfant atteint de diphthérite, ce médecin reçut dans la narine des débris de fausse membrane, lancés dans un effort de toux. « Quelques heures plus tard, dit-il, enchifrènement du côté gauche, voix nasillarde, puis, tout à coup, angine pharyngienne douloureuse, insomnie nocturne, extrême, malaise;... ’le lendemain, les deux amydgdales et la luette étaient complètement enveloppées d’une incrustation blanche (vingt-six cautérisations). Trois fois, un dé de fausses membranes qui emboîtait la luette se détache et se reproduit, etc. » Un autre fait est celui de Valleix, médecin de la Pitié. En voici le récit par le professeur Trousseau, dans sa Clinique médicale de r Hôtel-Dieu. « Valleix donnait ses soins à une enfant atteinte d’angine couenneuse; cétte affection n’avait rien de très grave et guérit... En examinant un jour la gorge, Valleix reçut dans sa bouche un peu de salive lancée dans un effort de toux; il gagna la maladie. Le lendemain, sur toutes ses amygdales, il constatait l’existence d’une petite concrétion pelliculaire ; survint un léger mouvement de fièvre; au bout de quelques heures, les amygdales, la luette, étaient recouvertes de fausses membranes. Bientôt une sécrétion abondante d’un liquide séreux s'écoulait du nez ; les ganglions du col, le tissu cellulaire de cette région, de la partie inférieure dé la mâchoire, se tuméfiaient considérablement; il y eut du délire, et, en quarante-huit heures, Valleix mourait. » Un troisième fait est celui de M. Blache, le fils du savant médecin des Enfants. Ge malheureux jeune homme contracta la diphthérite dans des circonstances analogues, et mourut. Nous pourrions citer encore bien d’autres faits; sans quitter le corps médical; mais ceux que nous venons de rapporter sont assez concluants pour prouver la réalité de la contagion direte de la diphthérite.
Là contagion peut aussi se faire par des plaies servant de voie d’introduction au principe morbide, Pw des piqûres faites par des instruments tranch^ts souillés de matière contagieuse. Ainsi il oxiste plusieurs faits authentiques, entre autres ceitt dtés par Bergeron, Th. HiUer et O. 'Weber, de ®mdecins qui, s’étant blessés au doigt, en prati¬
quant la trachéotomie sur des individus atteints de diphthérite , ont été pris quelques jours après de cette terrible maladie. Cependant Trousseau et Peter ont nié cette contagion directe par inoculation, se fondant sur des inoculations négatives faites parce dernier sur lui-même, en se frictionnant les gencives et l'arrière-gorge avec des fausses membranes. Mais, ce fait négatif, heureusement pour son courageux auteur, ne détruit en rien les faits positifs précédents.
Quant à la contagion indirecte ou médiate , celle qui se fait dans les salles d’hôpitaux mal isolées, dans une même maison de chambre à chambre, de lit à lit, elle est réelle et de beaucoup la plus fréquente, il est impossible de le nier. Mais comment s’accomplit-elie ?
Quel est l’agent de contagion ? — Jusqu’à ce jour, il faut avouer que nous l’ignorons d’une façon absolue , malgré les nombreuses recherches entreprises par plusieurs médecins, notamment par Nassiloff, Classen, Marcuse, Elberth et Hueter, Tommasi, Wood, Cornil, Oerthel, Talamon. Tous ces liiessieurs, imbus des idées de Pasteur qui fait jouer au parasitisme un rôle capital dans la genèse des maladies, se sont mis à la recherche du parasite, champignon ou microbe de la diphthérite. Tous ont constaté la présence de micrococcus dans les fausses membranes, le sang et les différents organes des malades. M. Talamon aurait même réussi à extraire des fausses membranes diphthéritiques un microbe spécial qu’il a cultivé d’après les procédés de Pasteur , et dans le Progrès médical du 25 juin 1881, il annonce qu’avec le liquide de culture il a pu reproduire les fausses membranes et les lésions de la diphthérite chez des grenouilles, des lapins et des chats, et que par la culture de ces fausses membranes obtenues par l’inoculation, il a pu reproduire le microbe primitif.
Quels sont le début, la marche et la terminaison de la diphthérite ? — La diphthérite débute ordinairement par un malaise, accompagné d'un léger mouvement de fièvre , d’un sentiment de courbature. Le malade éprouve un peu de gêne dans la gorge; mais cette gêne s’accompagne de si peu de douleur que c’est à peine s’il s’en plaint. Comme le dit avec justes raisons le docteur Cadier, dans cette maladie tout semble se passer un peu en silence, et lorsque pour la première fois l’on examine la gorge du malade, on peut déjà constater l’existence de fausses membranes assez étendues, qui présentent une certaine épaisseur et de l’adhérence. La formation de ces fausses membranes est très rapide, ainsi que leur extension, et s’accompagne d’un engorgement douloureux des ganglions sousmaxillaires. Dans les cas graves, ces fausses membranes acquièrent une épaisseur assez considérable et lorsqu’on les arrache elles repullulent avec plus de rapidité, et ont une tendance à envahir la paroi postérieure du pharynx, le larynx, la trachée et lés bronches.- Elles se propagent aussi dans les fosses nasales et déterminent des épistaxis et du larmoiement. Dans certains cas, elles peuvent même envahir le grand angle de l’œil; la conjonctive tout entière s’injecte, les paupières se tuméfient et une sécrétion jaune abondante s’établit. Le
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malade respire alors difficilement et présente avec la dyspnée, des troubles digestifs, de l’inappétence, de la diarrhée, des vomissements parfois incoercibles. Quelquefois des hémorrhagies se produisent par le nez, la bouche, l’anus; Peter en a même observé à la peau. La température s’abaisse, le pouls devient petit, lent, dépressible; peu à peu le faciès s’altère, la peau devient cyanosée, l’abattement s’accentue, le coma survient avec ou sans délire, et peu à peu, sous l’influence de la résorption des produits formés sùr les surfaces malades, la diphthérite, qui est devenue générale, entraîne la mort du malade. Dans certains cas , la marche de la diphthérite est si rapide qu’elle peut tuer le malade en quelques heures.
La diphthérie ne présente pas toujours une telle gravité. Dans bon mombre de cas elle reste bénigne, les symptômes sont alors peu accusés, les faussés membranes restent localisées, très nettement circonscrites, et la maladie se termine en quinze ou vingt jours, en moyenne, sans accident sérieux. Dans d’autres cas un peu plus graves, la guérison survient, mais il se produit pendant la convalescence des paralysies diphthéritiques du voile du palais et du pharynx, qui s’accompagnent de nasonnement et entraînent la difficulté dans la déglutition ; quelquefois la paralysie peut atteindre d’autres organes, elle peut même se généraliser. Dans la grande majorité des cas, les paralysies guérissent après un temps qui peut varier de quelques jours à plusieurs mois. La paralysie limitée à la gorge, au voile du palais est habituellement fugace et ne dure que quelques jours.
La diphthérite est généralement assez facile à reconnaître pourlé médecin. Toutefois nous croyons devoir leur rappeler le passage suivant de Trousseau, que toutes les personnes qui liront cet article feront bien de retenir; « f.orsque vous verrez un enfant souffrant depuis peu de jours d’un peu de malaise avec un mouvement fébrile insignifiant, ne sachant vous dire de lui-même où il souffre, portez tout de suite votre attention du côté de la gorge, abaissez la langue de façon à bien voir jusqu’au fond du pharynx et, dans un grand nombre de circonstances, vous verrez que ce malaise annonçait le début de la diphthérie, vous trouverez des concrétions pseudo-membraneuses sur les amygdales ou sur le voile du palais. »
Quel est le traitement de la diphthérite ? — 11 y a un demi-siècle on avait souvent recours à la saignée et aux applications de sangsues dans le traitement de la diphthérite. On y a renoncé depuis que Trousseau a écrit ; « Une longue expérience " nâ’a démontré que cette médication était non seu- , lément inutile, mais qu’encore elle était essentiellement nuisible dans une maladie de nature septique, susceptible de jeter l’économie dans un état de prostration considérable , alors même qu’aucune cause de débilitation n’est intervenue. »
l^atour, Desessarts, Portai avaient aussi vanté les dérivatifs et les révulsifs. Bretonneau et Trousseau les repoussèrent avec énergie, comme douloureux d’abord, puis comme aff^aiblissant et épuisant
inutilement les malades; enfin, comme fou • saut à la diphthérie un terrain nouveau tement préparé pour sa propagation et sa génér r sation.
Les vomitifs sont prescrits par la presque gén' ralité des médecins pour faciliter l’expulsion d^' fausses membranes.
Mais la principale préoccupation du médecin e présence d’un cas de diphthérite est sans contredit de chercher à détruire sur place les fausses mem branes dès leur apparition, et d’empêcher leur reproduction et leur propagation; d’éviter enfin quê la maladie se généralise. Plusieurs médications ont été proposées pour atteindre ce but.
Bretonneau a préconisé l’acide chlorhydrique • Trousseau donnait la préférence au nitrate d’argentmais tous deux recommandaient de faire des cautérisations énergiques et répétées. Bon nombre de médecins qui ont encore recours à ces deux topiques administrent en même temps à l’inlérieur l’acide phénique sous la forme du sirop phénique de Yial, et n’ont qu’à s’en louer.
D’autres, à l’exemple de Chaussier, en 1819, Hund, West, en 1846, Blache et Isambert, en 1856, ont préconisé le chlorate de potasse en topique. On peut l’appliquer topiquement et, de plus l’administrer à l’intérieur à la dose de 4 à 5 grammes par jour. Les pastilles de Delhan permettent de. le faire prendre sous une forme agréable.
Dans un mémoire adressé à l’Académie des sciences en 1860, Aubrun a rapporté plusieurs guérisons obtenues par l’application topique et l’administration à l’intérieur du perchlorure de fer à hautes doses.
Bouchut emploie des douches locales de coaltar saponiné Le Beuf ( coaltar 1 partie, eau 2 à 7 parties), faites toutes les deux heures, jour et nuit, selon la gravité du mal, avec un irrigateur ou une seringue. «Depuis dix ans, écrivait en 18761e savant médecin de l’hôpital des Enfants, dans la Gazette des hôpitaux , je n’emploie pas d’autres moyens à l’hôpital. L’enfant ouvre la bouche en s’inclinant, avec une cuvette sous le menton, et le liquide injecté avec force sort sans jamais pénétrer dans les voies aériennes. Ce moyen vaut mieux que les eaux phéniquées que j’ai employées comparativement. »
Depuis, Bouchut, en 1879, et après lui Rosbach, en 1 883, ont expérimenté la solution de papaïne Trouetle- Perret en applications locales , et tous deux ont obtenu la digestion des fausses membranes chez plusieurs petits malades atteints de diphthérie laryngée, et par suite leur guérison.
« Le vinaigre de Pennés, étendu de deux tiers d’eau, écrit en 1881, M. Jules Simon, médecin de l’hôpital des Enfants, m’a rendu de véritables services dans la diphthérie, en attouchements sur la gorge. » ^ ^
De son côté, le D"- Brochard, dont le nom fait autorité dans la pathologie enfantile, a obtenu d’excellents résultats avec les applications topiques de
Phénol-Bobœuf. ^
Ludwig et Von Becker préconisent la nèurine qui dapres eux, à un pouvoir dissolvant remarquable sur les fausses membranes.
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Warrea emploie contre la diphthérie, la formule suivante, que nous reproduisons d’après le Réper-
'toire de Pharmacie (ISSl) : '
glycérine . 70 grammes
Chlorate de potasse . . ..
Thymol . . . o,02 centig.
Bisulfate de quinine . 2 grammes
Cognac . 250
qu’il administre à la dose d’une cuillerée à dessert toutes les heures ou tontes les deux heures pour les enfants de 2 à 5 ans, et d’une cuillerée à soupe pour les enfants plus âgés.
La pilocarpine a été proposée en 1881 par Guttuiann, d’après la formule suivante :
Pilocarpine muriatique ..... 0,02 h 0,05 centig.
Pepsine . ’ . Ià2 grammes
Acide chlorhydrique . ’ . 2 à 3 gouttes
Eau. . . . 80 à 220 grammes
à la dose d’une cuilhrée à café ou à bouche, suivant qu’il s’agit d’enfants ou d’adultes. Ce médecin prétend que la pilocarpine agit avec une très grande efficacité et une très grande sûreté. Elle favorise par l’abondante salivation qui se produit, le détachement des fausses membranes qui sont plus molles, moins adhérentes et faciles à enlever. Mais, d’après Archambault, qui l’a expérimentée en 1882 à l’hôpital des Enfants, la pilocarpine augmente la sécrétion bronchique dans de telles proportions quelle peut devenir Mcheuse en déterminant un encombrement des petites bronches ; de plus, •même lorsqu’on l’associe à un traitement tonique, elle déprime les forces du malades, à un point tel que la plupart tombent dans le collapsus et s’éteignent lentement sans convulsions. Avec Archambault, il faut donc rejeter l’emploi de la pilocarpine dans la diphthérie, puisque ses avantages rie contrebalancent pas ses inconvénients.
En 1882, un médecin de Saint-Germain, le docteur Lamarre, a rapporté plusieurs observations de diphthérite guérie par l’huile de pétrole, appliquée en badigeonnages sur les fausses membranes et administrée en même temps à l’intérieur à la dose de 12 à 15 grammes. L’huile de pétrole détruit, il est vrai, les fausses membranes, mais Archambault a constaté que dans les cas graves elles se reproduisaient, et que la marche de la maladie n’était pas modifiée.
Enfin, au commencement de 1884, le D” Delthil, de Nogent-sur-Màrne, a communiqué à l’Académie de Médecine, un traitement qui lui a donné les meilleurs résultats dans plusieurs cas. Voici en quoi il consiste : on allume dans la chambre du malade un mélange d’essence de térébenthine et de goui^on de gaz qui donne lieu à un dégagement de mmées très intenses qui jouissent de la propriété de ramollir et de dissoudre les fausses membranes, lesquelles sont ensuite expulsées sous forme de sé- *ïéticins catarrhales. L’amélioration, dit Fauteur, s obtient rapidement, mais il faut prolonger les fumigations pendant plus ou moins longtemps suivant m gravité des cas.
4 croire leurs auteurs, chacun des différents trauernents que nous venons d’énumérer, serait HQ véritable spécifique. Malheureusement rien
n est moins vrai. Certes, nous convenons volontiers que tous ces traitements ont donné des guérisons de diphthérite, mais aucun n’est un véritable spécifique, et celui-ci est encore à trouver, il faut avoir le courage de le dire.
Quel que soit le mode de traitement local et général adopté, il ne faut pas oublier de lui adjoindre une médication tonique et stimulante. Si, pendant la convalescence, la paralysie diphthéritique se montrait, il faudrait avoir recours à la strychnine, aux bains sulfureux, à l’hydrothérapie, â l’électrisation.
Si malgré tous les moyens employés, la diphthérite faisait des progrès, si les faussés membranes gagnant le larynx, la trachée et les bronches menaçaient le malade d’asphyxie, il n’y aurait plus comme ressource suprême qu’à avoir recours à l’opération delà trachéotomie (V. ce mot).
D' A.-L. Labarthe, père.
DIPLOÉ. — On donne ce nom, en anatomie, à la couche de tissu osseux spongieux qui se trouve dans l’épaisseur des os plats et principalement entre les deux tables des os du crâne. P. l.
DIPLOPIE. — Nom donné par les oculistes à un trouble du sens de la vue qui fait que les objets qu’on rr garde paraissent doubles. La diplopie peut être binoculaire ou monoculaire. Dans la première variété qui est bien plus fréquente que la seconde, le malade voit les objets doubles lorsqu’il les regarde avec les deux yeux ; cette diplopie cesse si le malade ferme un œil. Dans la seconde, le malade voit les objets doubles, même s’il les regarde d’un seul œil. La diplopie binoculaire est due à un défaut de convergence des axes optiques des deux yeux qui ne se rencontrent plus sur l’objet fixé, comme cela devrait être normalement. Elle est un symptôme des paralysies des muscles de l’œil, du strabisme, et de certaines autres affections. La diplopie monoculaire peut être le résultat d’une lésion du cristallin, d’une ulcération de la cornée, etc. P. L.
DIPSOMANIE. — La dipsomanie est une forme de délire partiel, caractérisée pnr une impulsion irrésistible à faire abus de boissons alcooliques. Cette impulsion se produit sous forme d’accès, d’abord éloignés, puis plus fréquents, avec tendance à devenir journaliers. .
11 ne faut pas confondre le dipsomane avec l’ivrogne. Celui-ci trouve dans le vin et les liqueurs alcooliques un attrait; il s’enivre en compagtiie, avec des amis, en causant, en chantant, en parlant beaucoup; l’autre est un malade qui absorbe de l’alcool, à un moment donné, sans se préoccuper de son nom, de sa qualité, de son arôme : absinthe, bitter, eau-de-vie, chartreuse, ou au besoin de l’éther, de l’alcool camphré ou de l’alcool dans lequel macèrent depuis longtemps des pièces anatomiques . . cela s'est vu.
11 boit seul, rarement dans les débits, de préférence dans sa chambre. Si personne ne se trouve près de lui pour l’en empêcher, il boit jusqu’à ce que l’intoxication alcoolique soit complète, jusqu’à
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ce qu’il tombe à terre, ou que, poursuivi par des hallucinations terrifiantes, il ait accompli une tentative de suicide, ou qu’il se soit livré à un acte criminel : vol, meurtre, incendie, viol, attentat à la pudeur.
Au début de la maladie, quand l’accès est passé, le malade revient à peu près à son état normal, et le plus souvent il a horreur des boissons alcooliques. Dans cette période d’intermittence, il travaille, reprend ses relations et il est difficile de reconnaître l’affection dont il est atteint. Mais, progressivement, son caractère se modifie, son système nerveux s’altère, ses fonctions physiologiques deviennent irrégulières, ses sens s’émoussent, ses facultés intellectuelles et morales s’amoindrissent. La névrose devient vésanique, le délire partiel se transforme en démence.
L’accès de dipsomanie est toujours annoncé par une période prodromique , pendant laquelle le malade tombe dans la tristesse, n’est plus communicatif, fuit la société. Ses traits prennentun caractère de dureté et de souffrance particulier ; il a de la dyspepsie, de l’anxiété précordiale, de la céphalalgie. Copame l’aurait dit Trousseau, l’organisme semble méditer son accès, il a conscience du résultat fatal contre lequel en vain il essaie de lutter.
La dipsomanie est presque toujours héréditaire ; c’est une maladie moderne engendrée par l’alcoolisme et l’hystérie. Son caractère impulsif lui donne même une certaine analogie avec les névroses convulsives. Les femmes y sont sujettes autant que les hommes, principalement en Angleterre. A Londres, on voit des femmes du peuple, s’alcooliser cyniquement, dans les -public-house. Dans les classes aristocratiques, elles boivent en cachette ; elles ont dans leurs armoires, dans leurs poches, du gin, du brandy, du whiskey, dans des fioles de pharmacie, à parfumerie et à eau de Cologne.
On voit aussi des dipsomanes, en France, dans la haute bourgeoisie. 11 ne faut pas les chercher parmi ces bons vivants dont la coloration du nez et de la figure est un aveu loyal de leurs habitudes régulièrement alcooliques. Le dipsomane du grand, monde est un type à part: c’est un être sérieux, ■grave, impassible, dont l’attitude est trop correcte et dont la physionomie immobile est un problème pour beaucoup de personnes. Mais, observez, ce qu’il y a de vague et d’incertain dans son regard, de gaucherie dans sa démarche et son maintien. Les aliénistes ne s’y trompent pas ; ils savent à quelle époque ils T’auront comme pensionnaire.
Indépendamment de l’hydrothérapie , qui fait partie du traitement de toutes les affections du système nerveux, il n’y a guère que la strychnine qui soit indiquée dans la thérapeutique de la dipsomanie. Mais dans la plupart des cas, il faut considérer le pronostic comme extrêmement défavorable et se contenter de séquestrer ces malades.
D" Edmond Düpody.
DISPENSAIRE. — Ce mot est employé quelquefois comme synonyme de pharmacopée, de formulaire, de codex. — Il sert aussi à désigner les établissements de bienfaisance, créés par les bureaux de bienfaisance, où on donne gratuitement aux indigents des
soins médicaux et des médicaments, et le ques spéciales dans lesquelles, intervention administrative, et à leurs médecins donnent, gratuitement où à peu pjf ’ consultations et des médicaments aux malades^’ gents. — Enfin on donne le nom de DUper!^^' de salubrité à un service spécial de la préfecturê^ police, qui a pour objet de soumettre les filles u bliques à des visites corporelles, pour s’assu qu’elles ne sont pas atteintes de maladies vén^'*” riennes. Ce service est fait par des médecins soî ciaux (V. Salubrité, Prostitution). P L " '
DISSECTION. — On donne ce nom à une opération qui consiste à diviser méthodiquement et à mettre à découvert les différentes parties du corps afin d’en étudier les formes, les rapports, la structure.
Il faut ne pas vouloir réfléchir un seul instant pour oser dire que la dissection des cadavres humains n’est pas absolument indispensable pour l’étude de la médecine. Et cependant, il a fallu bien des siècles, avant que ceux qui se destinaient à la carrière médicale, aient pu surmonter les obstacles créés par les croyances religieuses et les préjugés populaires. En effet, ce n’est qu’au XIV' siècle, que fut pratiquée pour la première fois la dissection d’un cadavre humain. En 1316, le médecin italien Mundini de Luzzi, professeur à Bol'* gne, disséqua publiquement deux cadavres ®de femmes et publia peu de temps après une description du corps hu^ main, faite d’après nature. Soixante ans plus tard, en 1376, les premières dissections furent faites en France, à l’Ecole de médecine de Montpellier,' et c’est seulement un siècle après, en 1478, qu’il fut permis aux étudiants de l’Ecole de Paris de disséquer des cadavres. Aujourd’hui il existe dans toutes les facultés et écoles de médecine des amphithéâtres de dissection dans lesquels on met à leur, disposition, lês cadavres des individus morts dans les hôpitaux et qui n’ont pas été réclamés par les parents ou les amis. À Paris, outre les amphithéâtres de la faculté, les élèves ont encore l’amphithéâtre de Clamartqui' appartient à l’administration ffe l’Assistance publique et qui est réservé aux élèv"^ in^rnes et externes' des hôpitaux. Padl Labarthe.
DISSIMULATION. — (V. Simulation.)
DISSOLUTION. — On donne ce nom au passage d’un corps solide à l’état liquide sous l’influence' d’un liquide dissolvant. p. L.
DISSOLVANT. — On donne ce nom aux liquides qui ont la propriété de dissoudre les corps. Les principaux dissolvants sont l’eau, l’alcool, l’éther, l’huile et les acides. p. L.
DISTILLATION. — Par distillation, on entend une opération qui a pour but de séparer, à l’aide de la chaleur et dans des vases clos, les parties volatilisées d’un corps des parties solides qui lui sont associées. Elle est fondée sur la propriété qu’ont les vapeurs produites par une température élevée de se condenser par une basse température. D’où il s’en-
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DIS
iiit (Tu’il o’y exceptions, que les
liffuides volatils et les substances contenant des nroduits susceptibles de se volatiliser qu’on puisse soumettre à cette opération.
jjalambic et la cornue sont les deux appareils employ®® pour obtenir les eaux distillées, les alcoolats et les essences.
Distillation à l’alambic. — Ordinairement, la distillation se pratique dans les pharmacies à l’aide d’un appareil appelé alambic. 11 se compose de trois pièces principales : la cucurbite, le chapiteau et le serpentin, et de plusieurs autres accessoires ; le fourneau, le bain-marie, la cuve ou réfrigérant, les deux tuyaux, dont l’un conduit l’eau froide dans la cuve, l’autre permet à l’eau chaude de sortir au dehors, enfin les deux vases destinés à recevoir : le premier, le produit de la distillation; le second, l’eau chaude de la distillation.
La cucurbite ou chaudière dans laquelle se place la matière à distiller est un vase cylindrique en cuivre étamé, renflé à sa partie supérieure, et destiné à être en rapport direct avec l’action immédiate du feu. Le chapiteau, de même .métal, s’emboîte dans la cucurbite. Sa forme est celle d’un dôme aplati. Sur un de ses côtés est soudé un large conduit légèrement incliné de haut en has, et coudé à angle droit à l’extrémité opposée. Cet instrument sert à recueillir et à conduire les vapeurs. La troisième pièce, adaptée à la précédente, est nommée serpentin, à cause de sa forme; c’est un tube cylindrique en étain, contourné en spirale, et placé dans une cuve dont l’eau se renouvelle sans cesse ; il est destiné à condenser la vapeur et à la transformer en liquide.
Parmi les instruments accessoires, on compte : le fourneau sur lequel s’appuie le renflement supérieur de la cucurbite. A la partie inférieure et médiane de celui-ci est creusé un foyer disposé de façon à ce que les flammes puissent entourer toute la circonférence de la chaudière ; par ce moyen, la température de la substance à distiller contenue dans l’intérieur est toujours la même, et l’opération se termine beaucoup plus vite. Le bain-marie est une seconde cucurbite en étain, contenue dans la cucurbite ordinaire, préalablement remplie d’eau en quantité telle que l’introduction du bain-marie ne puisse la faire déborder. Cette seconde cucurbite est indispensable pour la distillation des liquides très volatils, que la distillation à la cucurbite ordinaire pourrait altérer. Elle s'adapte supérieurement au nflapiteau, et les vapeurs légères qui s’échappent de son intérieur le traversent, comme dans le cas précédent, pour venir se condenser dans le serpentin. La cuve ou réfrigérant consiste en un grand tonneau de bois ou de métal, complètement rempli ^ 6au, et destiné à recevoir la troisième pièce de jalambic. Elle est percée de trois ouvertures, dont i une donne accès au tuyau du serpentin, l’autre au tuyau de l’eau froide, et l’autre au tuyau de l’eau chaude. Ces deux derniers tuyaux sont différemment disposés à la circonférence extérieure du réfrigérant. Le tuyau destiné à maintenir dans la cuve un courant constant d’eau froide commence, évasé en entonnoir, au-dessus de la partie supérieure de la ruve, pour pénétrer par sa partie inférieure, où
l’eau froide qu’il fournit prend la place de l’eau chaude, réchauffée parle serpentin, et devenue par cela même plus légère que celle-ci. Le tuyau d’eau chaude part, au contraire, de la partie supérieure, et enlève au fur et à mesure le trop-plein qui tendrait à s’y accumuler. Des deux vases qui reçoivent, l’un l’eau chaude, l’autre le produit de la distillation, il n’y a que le dernier qui mérite quelque considération particulière. Il doit être ouvert ou fermé, de tel métal ou de tel autre, suivant la nature du liquide qu’il aura à contenir.
Distillation à la cornue. — Cette opération ressemble beaucoup à celle de la distillation à l’alambic. Potir celle-là comme pour celui-ci il faut chauffer l’appareil avec un fourneau, condenser les vapeurs avec de l’eau froide, recevoir le liquide dans un récipient approprié. La cornue est un vase de verre, de grès, de porcelaine ou de métal d’une forme ovo'ide recourbée et allongée. Elle présente à considérer suivant sa longueur trois parties essentielles ; la panse, la voûte et le col. La panse est la partie renflée dans laquelle sont contenues les matières à distiller; elle sert aux mêmes usages que la cucurbite d’un alambic. La voûte et le col correspondent au chapiteau et remplissent aussi les xnêmes fonctions.
Mais la cornue seule n’est pas suffisante pour opérer la distillation, il faut ajouter à son col un appareil de réfrigération qui varie un peu avec la substance qu’on a à traiter. On emploie ordinairement une allonge et un ballon récipient tubulé qui a le double avantage de favoriser la condensation des vapeurs et de porter, dans une cheminée d’appel les gaz incoercibles, à odeur délétère qui se dégagent parfois dans le cours de certaines distillations. Pour refroidir le ballon, on le plonge dans un vase contenant de l’eau froide, de la glace ou un mélange réfrigérant. On peut encore faire tomber un filet d’eau très froide sur la surface du récipient préalablement recouvert d’un morceau de toile, afin que le liquide en abaisse également la température sur toute la circonférence. Mais cela ne suffit pas quand on a à distiller des liquides d’une condensation difficile, ou quand on veut dissoudre des gaz dans l’eau, on utilise alors un appareil formé par une suite de flacons à trois tubulures et connu sous le nom d’appareil de Woolf.
Le chauffage de la cornue s’opère à feu nu, au hain de sable ou au bain-marie. Le chauffage à feu nu se pratique en faisant reposer la panse de l’instrument sur un triangle de fer dont les angles s’appuient sur les hords d’un fourneau. Le chauffage au bain de sable s’exécute en mettant la cornue dans une chaudière de tôle contenant une couche de grès pulvérisé. On obtient ainsi une distillation lente, mais constante par suite de la température toujours égale communiquée au liquide à distiller par le sable chaud qui l’environne de toutes parts. Dans la chauffage au bain-marie l’opération se fait de même, avec la différence que le sable est remplacé par de l’eau et que la cornue est fixée solidement sur un rond de fer au fond de la chaudière; de cette manière le mouvement d’ébullition opéré par le bain-marie ne déplace pas la cornue et ne la i fait point surnager.