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Théorie de la distillation. — Rien de plus simple que la théorie de la distillation lorsqu’elle s’exerce sur un seul liquide. Celui-ci, en effet, porté à l’ébullition dégage dns vapeurs d’une force élastique égale à celle de l’air atmosphérique; et comme elles sont sans cesse poussées par la formation de non-, veUes vapeurs, l’air est bientôt chassé de l’appareil qui ne contient plus que le produit gazeux; il suffit alors de le refroidir pour le condenser en un liquide homogène. L’opération continue tout le temps que dure l’ébullition du liquide.
La chose se complique un peu quand on mélange deux liquides qui entrent en ébullition à des températures inégales ; comme par exemple de 1 eau bouillant à 100 degrés avec une essence bouillant à 150 degrés. On conçoit bien que le liquide le plus volatil entre en ébullition à son terme ordinaire et distille. Mais ce qu’on ne sait pas à priori que le second à ce degré-là distille également et que la proportion des deux vapeurs se maintienne constamment en rapport avec la tension de chacune d’elles; de telle façon que, la vapeur d’eau se renouvelant sans cesse, la vapeur d’essence se renouvelle dans les mêmes proportions, et si l’eau est en assez grande quantité toute l’essence passe à la distillation, malgi é sa volatilité moindre.
La chose se complique encore plus, quand deux liquides qui distillent ensemble ont de l’affinité l’un pour l’autre, les résultats sont modifiés par cette affinité et varient du plus au moins dans la plupart des distillations. Ainsi par le mélange d’eau et d’alcool les premières liqueurs condensées sont plus spiritueuses que celles qui suivent ; par le mélange d’eau et d'acide acétique au contraire, elles le sont moins, mais elles vont en augmentant à mesure que l’opération avance à tel point qu’à la fin elles acquièrent leur maximum d’intensité.
Ceci connu, la distillation est une opération qu’on emploie souvent en pharmacie, en chimie, dans la droguerie et toutes les fois, en un mot, qu’on veut purifier un liquide, le débarrasser des résidus qu’il contient, ou le mélanger à un autre pour en retirer certains principes et en former un produit nouveau. C’est par ce procédé qu’on prépare les eaux distillées, les alcoolats, les essences dont on fait un si fréquent usage. D' Marc. Gambouuves.
DIURÉTIQUE. — On donne ce nom aux substances médicamenteuses animales, minérales ou végétales qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion de l’urine. Parmi les substances animales, nous citerons le lait ; parmi les substances minérales, nous citerons la lithine,le nitrate de potasse, le chlorate de potasse, le borate de soude, le salicylate de soude, le ferro-cyauure de potassium ; parmi les substances végétales nous citerons la digitale, la scille, le colchique, la térébenthine, le cubebe, le kava, le genièvre, la bourrache, le thé, le café, le vin blanc, l’alcool, etc.... (Y. ces mots).
DIVULSION. — On donne ce nom, en chirurgie urinaire, à une méthode de traitement des rétrécissements de l’urèthre (V. Urèthre). i
DOCIMASIE. — Médecine légale On d
nom en médecine légale à l’ensemble des ^ auxquelles, dans un cas présumé d’infantie‘!rf*^^®® soumet les poumons d’un fœtus, pour constat ’ a respiré, et pr conséquent s’il est sorti vivait sein de sa mère, ou bien s’il était mort avanf v couchement.
11 existe plusieurs méthodes de docimasie • n allons passer en revue les principales. '
A. Docimasie par balance (Méthode de Ploucqueti * — Le poids du poumon augmentant d’une maniè^ notable lorsqu’il a été pénétré par l’air et par u sang, Ploucquet avait eu l’idée, en 1736, de recher 1 cher les rapports qui pouvaient exister entre le poids des poumons et le poids total du corps suivant que I l’enfant a ou n’a pas respiré. Se basant sur un petit i nombre d’observations, il avait cherché à établir ! que le poids du poumon d’un enfant mort-né est à celui du corps entier dans la proportion de 1 : 70 et i que, lorsque l’enfant a respiré, cette proportion est | de 1 : 35. Ces chiffres avaient été acceptés par Fodéré et Mahon, mais les travaux de Devergie, d’Orfila et surtout de Casper ont démontré que cette proportion n’est pas exacte, qu’elle peut varier selon l’âge, le genre de mort, la constitution du sujet, etc., et qu’elle ne pouvait être d’aucune utilité pratique dans les expertises médico-légales relatives à l’infanticide.
B. Docimasie hydrostatique par la méthode de Daniel. — Cette méthode qui n’a Jamais été d’un usage général et qui n’est presque plus employée aujourd’hui date de 1780, elle est fondée sur le principe d’Archimède. On détache les poumons, le cœur et le thymus de la cavité thoracique après avoir pratiqué la ligature des gros vaisseaux afin de ne pas laisser perdre de sang et on les pèse à l’aide d’une balance très sensible ayant un crochet adapté à la partie inférieure d’un de ses plateaux. On en sépare le cœur et le thymus et on les pèse de nouveau; on en déduit le poids du coeur et du thymus, et on obtient ainsi le poids net des poumons. On suspend alors les poumons seuls au crochet du plateau de la balance, on les fait plonger dans l’eau et, s’ils immergent, on note sur l’échelle du vase le degré d’élévation du liquide et on met dans l’autre plateau le poids nécessaire pour rétablir l’équilibre. Si les poumons surnagent, on les fait immerger en les plaçant dans un petit panier en m d’argent ; on note également la masse d’eau qu’ils déplacent et les poids nécessairès pour rétabhr l’équiübre.
Ces expériences ont pour but de faire apprécier l’augmentation de volume et l’augmentation de poids sous l’influence de la respiration. Ainsi, les poumons qui n’ont pas respiré et qui n’ont qu’un peht volume déplaceront peu d’eau et perdront peu de poids, tandis qu’au contraire, les poumons qui o^t respiré et qui ont un volume plus considérable devront déplacer beaucoup d’eau et perdre beaucoup de poids. Exemple : si les poumons non pénétrés d’air pèsent 50 à l’air libre, ils peuvent perdre 15 et il leur reste un poids de 35; si les poumon» ont respiré ils peuvent peser 100 à l’air libre, perdm 30 par l’immersion et conserver un poids de 70'. Nous avons dit plus haut que le poids du poumoo qui a respiré augmentait presque du double.
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La méthode de Daniel repose sur un principe invariable de physique, mais les variations individuelles du poids et du volume du poumon et les soins minutieux qu’exige son application ont empêché son emploi en médecine légale.
^ G. Docimasie hydrostatique par la méthode ordinaire ou de Galien. — Le procédé des anciens est le plus simple et le plus sûr de tous ceux employés pour constater que les poumons ont été dilatés par l’air et le seul qui mérite véritablement le nom de docimasie pulmonaire. Quoique ayant été indiqué par Galien dans son livre De usu fariium, il ne fut introduit dans la médecine légale qu’en 1663 par Bartholin et en 1 682 par Schreger. 11 repose sur ce principe que , chez l’enfant qui n’a pas respiré, le poumon est plus dense que l’eau et ne doit pas. surnager, tandis que, lorsque le poumon de l’enfant a été pénétré par l’air , il est moins dense que l’eau et doit par conséquent surnager.
Cette opération est extrêmement simple, mais il importe néanmoins qu’eUe soit pratiquée avec le plus grand soin et que les résultats soient à l’abri de toute chance d’erreur. Voici du reste les recommandations fort simples qui nous sont fournies par Tardieu pour la pratique de la docimasie hydrostatique.
« L’expert doit se procurer un vase plein d’eau assez large et assez profond pour que les organes que l’on doit y plonger puissent s’ÿ mouvoir librement sans en toucher les parois et sans être attirés par elles. Un seau ordinaire est parfaitement approprié à l’expérience. Le vase sera rempli d’eau à la température ordinaire. La poitrine étant ouverte, il faut saisir avec les pinces l’extrémité supérieure du larynx et de l’œsophage, les trancher d’un seul coup , et pendant que la main qui tient la pince soulève et tire en avant, raser la colonne vertébrale avec le scalpel en détruisant toutes les attaches jusqu’à ce qu’arrivé au diaphragme, on ramène l’insstrument horizontalement d’arrière en avant et l’on détache ainsi d’un seul coup la masse des viscères contenus dans la cavité thoracique. Sans lâcher la pince qui les tient on les porte immédiatement et tous ensemble dans le vase plein d’eau et. on les y abandonne à eux-mêmes. »
Contrairement à plusieurs auteurs, Tardieu pense qu’il n’est pas nécessaire de pratiquer la ligature préalable de la trachée et des vaisseaux. Cette opération ne peut qu’augmenter sans utilité la longueur et les difficultés de l’expérience ; la quantité de sang qui s’écoule est trop peu considérable pour faire varier notablement le rapport du poids au volume du poumon.
Lorsque les organes thoraciques sont ainsi plongés tous ensemble dans l’eau , on constate s’ils surnagent ou s’ils tombent au fond. On prend à cet égard des notes exactes , en signalant le plus ou nioins de rapidité avec laquelle ils tombent, s’ils descendent jusqu’au fond ou s’ils restent suspendus à une certaine hauteur dans le liquide.
On répétera ensuite l’expérience en séparant les poumons des autres organes. On pratique la docifflasie sur les poumons séparés du thymus et du cœur, sur chaque poumon, sur chaque lobe et même sur des fragments de la grosseur d’une amande, en Dictionnaihe populaire de médecine usuelle.
ayant soin de signaler les résultats obtenus pour chaque fraction de tissu.
Les résultats immédiats de la docimasie peuvent se ramener à deux cas : ou la masse surnage ou elle gagne le fond du récipient. Nous allons successivement passer en revue les particularités les plus importantes qui se rattachent à chaque cas.
a. Le ‘poumon surnage. — Tardieu fait justement remarquer que le médecin légiste qui conclurait d’emblée que la masse surnage parce que les poumons ont respiré s’exposerait quelquefois à une grossière erreur. Trois circonstances peuvent, en effet, produire la pénétration des gaz dans le poumon et, par snite, la surnatation, ce sont; la respiration naturelle , la putréfaction, qui donne lieu au développement de gaz putrides et l’insufflation, procédé souvent employé au moment de la naissance pour rappeler l’enfant à la vie.
11 est en effet incontestable que la putréfaction peut faire surnager les poumons, mais il faut dire que, surtout chez le nouveau-né, elle ne gagne qne très tardivement les poumons. On a vu des cadavres d’enfants restés dans l’eau pendant des mois, sur lesquels les résultats de l’épreuve docimasique n’étaient nullement altérés par la présence des gaz putrides; mais il est à remarquer que, aussitôt retiré de l’eau, le cadavre entre dans une décomposition rapide et, comme il s’écoule souvent plusieurs jours avant que l’autopsie soit possible, l’expert trouvera souvent de l’emphysème putride chez les nouveaux-nés qui auront longtemps séjourné dans l’eau. Le poumon qui a subi un commencement de putréfaction se reconnaît à la présence de bulles nombreuses groupées à la surface du poumon et particulièrement vers la base. Il faut alors percer chacune de ces bulles et donner issue au gaz en exerçant sous l’eau une légère pression. La doçimasie sera ensuite pratiquée d’après les indications que nous avons données plus haut.
On ne connaît pas encore de cas où l’insufflation ait été une cause d’erreur dans la pratique médicolégale, mais comme il est nécessaire que l’expert soit à même de reconnaître les poumons insufflés, nous allons en retracer les principaux caractères. L’insufflation peut, en effet, produire la surnatation, mais le poumon insufflé se distinguera par sa couleur rosée uniforme et par la petite quantité de sang contenue dans le parenchyme pulmonaire. Ce dernier caractère est important car l’introduction artificielle de l’air ne produit pas, comme dans la respiration naturelle, l’afflux du sang et si l’on exprime un petit fragment de poumon sous l’eau, on ne fait sortir que de l’air, mais pas de sang.
Dans un cas très intéressant observé par M. Herbet, d’Amiens, un poumon fœtal qui avait subi la congélation a surnagé pendant quelques instants et n’a gagné le fond du vase qu’après avoir séjourné dans de l’eau chaude. Il suffit d’être prévenu de ce fait pour éviter cette cause d’erreur.
Le séjour dans l’alcool peut également donner au poumon fœtal une plus grande légèreté spécifique et le faire surnager pendant quelques instants. Dans un cas rapporté par Tardieu, le premier expert avait conclu que la respiration n’avait pas eu lieu, tandis que cinq jours plus tard, alors que les pou-