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mons avaient été placés dans de l’eau-de-vie, un deuxième expert voyait les mêmes organes surnager et ne gagner le fond que très lentement. Il laut donc se garder de faire séjourner les poumons dans l’alcool avant de pratiquer la docimasie.
Tardieu résume ainsi la conclusion médico-legaleà tirer de la surnatation: « Lorsque les poumons surnagent soit en . masse , soit isolément, entiers ou divisés , et qu’ils ne sont ni pourris ni insufflés artificiellement, ni congelés, ni macérés dans de l’esprit-de-vin, il est permis d’affirmer que l’enfant a respiré et que, par conséquent, il a vécu. »
• b. Le poumon ne surnage pas. — Il ne faut pas en conclure immédiatement que l’enfant napas respiré. Deux circonstances peuvent précipiter au fond de l’eau des poumons qui ont respiré, ce sont : les altérations pathologiques et la désorganisation de l’organe par la putréfaction ou par d autres causes.
En effet, il peut exister chez l’enfant des altérations pathologiques qui ne permettront à l’air de pénétrer que partiellement et même sans pouvoir séjourner dans les vésicules. Telles sont les maladies dues à la syphilis congénitale, à l’hépatisation pulmonaire et l’induration particulière aux nouveaux-nés, qu’on a désignée sous le nom d’atélectasie. 11 sera, du reste, facile de reconnaître ces différentes lésions et, comme la maladie est rarement généralisée, on trouvera des parties saines qui surnageront et d’autres qui descendront au fond de l’eau. On peut également rencontrer quelques cas dans la débilité extrême de l’enfant ou certains vices de conformation n’ont pas permis à la respiration de s’établir complètement. Il sera également facile dans ces cas de constater la cause de la mort.
Quant à la putréfaction, elle peut altérer complètement la structure du poumon, faire disparaître l’air et les autres gaz qu’il contenait et le réduire en une sorte de pulpe plus dense que l’eau. Mais pour que ce phénomène ait lieu, il faut que la putréfaction remonte à plusieurs semaines et même plusieurs mois toutes les épreuves docimasiques seront alors complètement inutiles.
11 est également important de rappeler que la coction altère les caractères du poumon et le fait submerger alors même qu’il a respiré.
On peut donc conclure que, lorsque les poumons ne surnagent pas et qu’ils n’ont subi aucune altération pathologique ou autre, l’enfant n’a pas respiré.
D. Docimasie auriculaire. — Nous devons appeler l’attention sur un signe important qu’on peut retirer de l’état. de l’oreille d’un nouveau-né. Il a été récemment signalé par M. Gellé et par MM. Wendt et Wreden en 1876. Lorsqu’on examine l'oreille d’un enfant qui n’a pas respiré, on trouve la cavité tympanique remplie par un magma brunâtre au milieu duquel on aperçoit deux points blancs qui sont les osselets, mais il n’y a pas d’air. Lorsque la respiration est établie et qu’elle a eu lieu pendant quelques heures, le magma disparaît et la cavité tympanique se remplit d’air.
■Wendt a trouvé chez quatre nouveaux-nés la caisse du tympan vide de son bouchon, mais sans
air, et l’examen microscopique lui a fait naître dans le liquide qui la remplissait ] ments du liquide amniotique. D’après cet ce liquide, appelé par des efforts énergiqugf’iv’^^ piration, dont sa présence était la nrenvn remplacé l’air. ^^ait
Wendt conclut de ces faits: 1» que , trouve, chez un nouveau-né ou chez un terme ou près du terme, le bouchon muquenf / la caisse du tympan entier, il n’y a pas eu de piration énergique, ni intra, ni extra-utérin?' 2® que la respiration s’est effectuée si le bouch ’ n’existe plus; 3® que la présence, dans la caiss? d’air, de liquide amniotique, de mucosités de k parturilion, de liquide de latrines, prouve que k fœtus a fait d’énergiques inspirations dans l’un ou l’autre de ces milieux.
Pour bien apprécier la valeur médico-légale del’épreuve auriculaire il faut savoir: 1» que ce n’est qu’au bout dé vingt-quatre heures d’une respiration régulière que les modifications de l’oreille moyenné sont complètement- effectuées ; 2“ que le plus ordinairement, il n’y a eu, dans les cas d’infanticide, qu’un petit nombre de respirations avant la mort. Ces réserves faites, nous pensons que l’épreuve auriculaire pourra contrôler utilement les résultats fournis par la docimasie pulmonaire.
Pour pratiquer la docimasie auriculaire, après avoir enlevé le cerveau, on sectionne transversalement la base du crâne, avec un fort scalpel ou une scie fine,, en arrière des apophyses mastoïdes et vers le milieu de l’arcade zygomatique, puis on désarticule la mâchoire inférieure pour i - oler complètement le segment osseux. On enlève ensuite avec précaution la paroi supérieure de la caisse qui est mince et facile à détacher. Il est bon de commencer par ouvrir la cavité mastoïdienne avant de toucher aux parois .de la caisse. On évite ainsi d’endommager la tête du marteau qui répond à la paroi supérieure de la caisse. S’il existe du liquide dans la cavité tympanique on le soumet à l’examen microscopique. Après avoir séparé l’enclume de l’étrier et coupé le tendon du tenseur du tympan, on fend avec de forts ciseaux, perpendiculairement, d’un côté les parois de la cavité mastoïdienne, de l’autre l’extrémité antérieure de la caisse du tympan en faisant la section parallèlement à la paroi labyrinthique. On peut alors ouvrir la caisse comme une coquille et en séparer les deux parois latérales. Il est facile alors de constater si le bouchon muqueux existe encore ou s’il a disparu en totalité ou en partie. a. lutaud.
DOIGT. Anatomie. — On donne le nom de doigt aux cinq prolongements isolés qui terminent les mains. Le premier a reçu le nom de pouce, c’est celui qui est opposable aux quatre autres. Ceux-ci sont, à partir du pouce : Yindex ou indicateur, le médius ou doigt du milieu, Vannulaire et YauricU' luire ou petit doigt. Le médius est le plus long de tous, 1 index et 1 annulaire, un peu moins longs que le médius, d’un centimètre environ, arrivent à peu près sur la même ligne; le petit doigt n’arrive qu’au mveau de la dernière articulation de l’annulaire; quant au pouce, son articulation phalan-