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il y plus de soixante ans et qui eut le rare bonheur de la voir approuvée par l’Académie de médecine en 1841, à la suite d’un rapport de Guéneau de Mussy et Ossian Henry, basé sur de nombreuses observations cliniques prises par le premier dans son service de l’Hôtel-Dieu, et sur l’examen analytique du second au point de vue de sa composition chimique et de sa préparation. Dans ce rapport, les deux savants déclarent formellement que le sirop du D'' Dusourd est « d’un usage très avantageux dans la pratique médicale » parce que « le fer qui s’y présente à l’état de protoxyde est plus apte à être absorbé par les voies digestives, et plus tard assimilé par l’économie animale «.
Cette préparation, qui a l’avantage de ne pas irriter l’estomac et de pouvoir être prise pendant très longtemps et à forte dose sans causer d’accidents, trouve son application dans tous les cas où le fer est indiqué, dans l’anémie, la chlorose, sous toutes leurs formes et dans tous les accidents qui les accompagnent, névralgies, palpitations, maux d’estomac, inappétence, etc., dans l’aménorrhée, la leucorrée, etc.
Le sirop de Dusourd, dont chaque cuillerée à soupe contient 25 centigrammes de principe actif, se donne à la dose de 2 à 6 cuillerées par jour au moment des repas. D'’G. Sarrax.
DYNAMOMÈTRE. — On donne ce nom à des instruments destinés à mesurer la force musculaire d’un individu. On fabrique des dynamomètres de
formes diverses. Le plus simple se compose d’un ressort d’acier de forme elliptique, qui plie plus ou moins suivant la pression à laquelle il est soumis, ce qui rapproche les deux branches du ressort et fait marcher une aiguille qui indique, sur un cadran adapté à l’appareil, la valeur de la force musculaire de l’individu en kilogrammes.
Pour se servir du dynamomètre, on le prend dans la main, dans le sens de sa largeur, en ayant eu soin au préalable de placer l’aiguille à 0 ; on le serre en déployant toute sa force, puis on regarde jusqu’à quel chiffre cette pression a fait avancer l’aiguille sur le cadran. Ce chiffre indique en kilogrammes la force musculaire de l’individu.
11 résulte d’un grand nombre d’expériences qu’un homme bien portant de 25 à 30 ans, à une force moyenne de pression égale à 50 kilogrammes. Cette force diminue généralement à partir de la cinquantaine. Chez la femme la force de pression peut être évaluée aux deux tiers environ de celle d’un homme. P. l.
DYSCHROMATOPSIE. - (V. Daltonisme , .
matopsie.)
DYSENTERIE. — La dysenterie est une inff mation ulcéro-membraneuse du côlon, épidém- ' contagieuse, caractérisée par du ténesme^ des muco-sanguinolentes et un état général pi moins grave. h os ou
La dysenterie est engendrée par un poison • cial dont certains animalcules ou bactéries dé*^^' i verts depuis longtemps par Lebert, représentent'l' partie saisissable. La genèse de ce poison nécessit plusieurs conditions, dont les principales sont un température élevée, de brusques variations atmosphériques et l’encomhrement. Aussi voit-on la dv^ senterie régner constamment dans les pays chauds* se montrer dans nos climats sous certaines influences atmosphériques, enfin se développer dans les armées, les villes assiégées, etc.
De plus, la dysenterie est contagieuse; la contagion s’effectue surtout par la déjection; les personnes affaiblies ou débilitées par n’importe qu’elle cause offrent au développement de ce poison un terrain très favorable. Quelle est la nature de ce poison? Elle nous est inconnue, mais il est probable qu’il est engendré par les matières animales en putréfaction.
La dysenterie se présente sous trois formes :
1“ Elle est endémique, c’est-à-dire qu’elle règne constamment dans les pays chauds, où sé trouvént toujours réunies les conditions favorables au développement du poison.
2" Elle est épidémique. — L’épidémie éclate dans la réunion des conditions qui peuvent produire la maladie, telles sont : l'encombrement qui amène l’accumulation des déjections alvines et le défaut de propreté, les fatigues excessives, la mauvaise alimentation, qui débilitent l’organisme. C’est ce qui nous explique pourquoi la dysenterie frappe les armées, les équipages; elle se généralise d’autant plus vite qu’à l’influence épidémique se joint la contagion.
3“ Elle est sporadique, c’est-à-dire qu’elle frappe isolément un individu qui s’est refroidi, qui a bu des eaux de mauvaise qualité, mangé des fruits verts, etc.
Que la dysenterie soit légère ou grave, ses symptômes sont de même nature et ne diffèrent que parleur intensité. Ce sont : 1» des douleurs affreuses vers le fondement et le sacrum ; 2“ un besoin incessant d’aller à la garde-robe (ténesme rectal) ; 3“ des selles muco-sanguinolentes, avec des fausses membranes, etc.; 4“ un état général plus ou moins grave.
La dysenterie légère débute souvent sans prodromes; lorsqu’elle va être plus sérieuse, elle peut, pendant deux ou trois jours, être précédée de malaise, de courbature, de frissons et de diarrhée. Dans certaines épidémies, le début est foudroyant, le malade peut être emporté en quelques heures.
Ce sont d’abord des douleurs abdominales assez vagues ; elles ne tardent pas à se localiser dans la fosse iliaque gauche et surtout dans le rectum ; c est un sentiment de pesanteur, de corps étranger qui éveiUe au plus haut degré le besoin d’aller à la
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garde-robe. Mais c’est en vain que le malade cherche à le satisfaire ; ses tentatives réitérées ne calment ni les souffrances qui deviennent atroces, ni les besoins qui deviennent constants :• c’est ce que l’on nomme ténesme rectal ou épreintes ; plus tard, le ténesme vésical peut se joindre au ténesme rectal.
Les premiers efforts exonèrent l’intestin des matières qui s’y trouvent, puis commencent les véritables selles dysentériques; elles sont formées par un mucus transparent, mousseux, jaune ou verdâtre, comparable à du frai de grenouille ou à de la graisse et bientôt coloré en rose ou en rouge par du sang : ce sang est souvent parsemé de pellicules blanches, fournies par la desquamation épithéliale de ia muqueuse ; chaque épreinte en produit une quantité variable, mais souvent fort petite. Dans les dysenteries légères les selles n’offrent pas d’autres caractères ; mais si les ulcérations se produisent, vers le cinquième ou le septième jour les selles deviennent presque complètement sanglantes, elles ont une couleur lie de vin et renferment des lambeaux membraneux ou seulement de petits grains blanchâtres comparables à du sagou, ces lambeaux sont constitués par la muqueuse elle-même ou par les exsudais déposés à sa surface, les petites granulations sont les follicules muqueux.
Plus tard encore, les selles deviennent très fétides, elles ont l’aspect de la lavure de chair et sont formées par un liquide séreux au milieu duquel flottent des débris de fausses membranes et des exsudais. Dans un degré plus grave encore, et presque spécial aux pays chauds, l’intestin se gangrène, le malade expulse de longs cylindres noirâtres et succombe.
La fréquence des selles est très variable, mais toujours considérable, 10 à 12 dans les cas légers ; dans les cas graves, il est presque impossible de les compter ; les malades sont constamment en proie aux plus affreuses épreintes, la peau de l’anus est rouge, excoriée, le passage des déjections détermine un sentiment de brûlure, bientôt le sphincter perd sa contractilité et les matières sont rendues involontairement.
^ Les cas légers sont apyrétiques, c’est à peine si l’appétit est diminué ; si la dysenterie est plus sérieuse, elle s’accompagne de fièvre et même de nausées et de vomissements ; enfin, dans les cas graves, le pouls faiblit, le teint s’altère profondément, les yeux sont excavés, les lèvres fuligineuses, la prostration extrême, toutefois l’intelligence se conserve jusqu’à la fin.
Dans nos climats, la dysenterie sporadique guérit en (Quelques jours ; épidémique, elle est plus sérieuse et peut faire de nombreuses victimes ; dans les climats chauds, c’est une des causes de mort les plus communes. La mort survient de plusieurs mçons : parfois le malade succombe épuisé, ou bien il est enlevé par un abcès du foie, un érysipèle gangréneux, une pneumonie, etc.
Une dysenterie grave laisse après elle des compbcations plus ou moins fâcheuses : non seulenrent une première atteinte prédispose à de nouvelles, mais encore les ulcérations intestinales
peuvent persister, la maladie devient chronique, les douleurs et le ténesme se calment, mais les seUes se reproduisent encore plusieurs fois par jour, elles sont sanguinolentes et, malgré un appétit vorace, le malade reste pâle, maigre et d’une faiblesse extrême ; ses membres s’infiltrent et il succombe dans le marasme. Ce n’est pas là assurément le terme fatal de toute dysenterie chronique, mais elle doit toujours être tenue pour très grave. A la suite de la dysenterie, on a encore signalé la paralysie du sphincter anal et celle des membres, les typblites et pérityphlites, les parotidites, les occlusions intestinales, etc.
Suivant la prédominance de tel ou tel symptôme, on a établi plusieurs formes de dysenteries ; les principales sont ; la forme bilietise, presque spéciale aux pays chauds et remarquable par les accidents hépatiques, ictère, vomissements bilieux, abcès du foie, etc. ; la forme adynamique ou putride caractérisée par un ensemble des symptômes typhoïdes.
Le pronostic de la dysenterie, léger dans la forme sporadique, devient grave dans les épidémies, très grave dans les pays chauds.
En quoi doit consister le traitement de la dysenterie? Si elle est légère, bornez-vous à prescrire la diète, le repos, les lavements amidonnés avec quelques gouttes de laudanum, des cataplasmes laudanisés, et à l’intérieur une pilule d’extrait thébaïque de 5 centigrammes ; parfois il est utile de débuter par un purgatif léger. Si elle est plus sérieuse, on peut recourir à l’ipéca, désigné sous le nom de racine antidysentérique. La méthode brésilienne consiste à faire avec 4 à 6 grammes d’ipéca une infusion dans 250 grammes d’eau, on Favale le même jour en deux fois ; le second jour, nouvelle infusion avec l’ipéca qui a servi la veille, et ainsi de suite pendant cinq à six jours avec le même ipéca.
Les purgatifs peuvent rendre de grands services, surtout le calomel à la dose de 1 ou 2 grammes par jour en dix paquets.
On a préconisé le sulfate de quinine, qui n’est indiqué que lorsque la dysenterie revêt la forme pernicieuse, l’administration du blanc d’œuf en potion ou en lavement.
Si la dysenterie se prolonge, il faut modifier l’état de la muqueuse ; on le peut, soit par l’emploi du nitrate d’argent (à l’intérieur ou en lavement), soit par des lavements de teinture d’iode (10 grammes pour 200 grammes d’eau) avec addition de 1 ou 2 grammes d’iodure de potassium.
b' Léon Moynac.
DYSMÉNORRHÉE. — On désigne sous ce nom la menstruation difficile et douloureuse , caractérisée par le retard et l'insuffisance de l’écoulement sanguin, et dépendant de causes différentes.
Les symptômes ordinaires de la dysménorrhée peuvent se diviser en trois groupes : 1» ceux qui sont fiés à la congestion utéro-ovarienne ; , 2“ les symptômes généraux ; 3° les symptômes fournis parle sang menstruel.
; Quelques jours avant l’apparition des règles, la I femme éprouve un sentiment de chaleur et de pe-
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sauteur dans le bas-ventre, qui se gonfle et devient sensible ; elle ressent des douleurs de reins souvent intermittentes, des coliques et des tranchées utérines qui peuvent atteindre une intensité des plus pénibles.
La vulve est tuméfiée, le vagin chaud, baigné de mucosités blanchâtres ; la matrice est lourde, gonflée. Souvent la miction est difficile, les urines, rares et foncées; la femme éprouve de fréquents besoins d’aller à la garde-robe, de la diarrhée ou de la constipation.
A ces symptômes locaux se joint un état général particulier et bien caractéristique : l’expression de la physionomie est celle de la souffrance ; les yeux cerclés de noir, le regard humide et lanpissant, la face pâle et abattue, expriment, un sentiment d’ennui, de langueur et de tristesse portée à un tel point que les larmes coulent pour le moindre motif ou bien, et ces variétés dépendent des caractères, la femme devient irascible, emportée, exigeante, acariâtre, et elle est prise d’une attaque de nerfs,, etc.
Il existe fréquemment des troubles digestifs , de l’anorexie, la langue est sèche et grisâtre , l’haleine forte ou fétide, parfois même il se produit des nausées et des vomissements qui ont pu faire croire au développement d’une métrite ou d’une péritonite.
Ces symptômes locaux et généraux se prolongent plus ou moins longtemps; mais dès que le sang s’écoule des parties génitales, il est ordinaire de les voir se dissiper rapidement. Ils peuvent cependant j persister avec la même intensité jusqu’à la cessation définitive des règles.
Le sang présente des différences : 1“ dans son écoulement; 2“ dans son aspect; 3® dans sa dualité.
1“ L’écoulement du sang présente des différences souvent en rapport avec la nature de la dysménorrhée ; ainsi, une fois établi, il peut se continuer avec abondance et sans douleurs vives, c’est surtout ce que l’on observe dans la dysménorrhée congestive ; ou bien le sang ne sort que goutte à goutte après de vives coliques, puis il s’arrête : dysménorrhée mécanique. Parfois on croit l’écoulement arrêté, et cependant le sang continue à fluer ; mais il se coagule dans le vagin , s’accumule derrière ce caillot , et s’échappe tout d’un coup à l’occasion d’un mouvement, etc.
2® Le sang se présente sous divers aspects, il est souvent pâle, décoloré et fait sur le linge des taches rouges ou rosées à leur centre et d’un blanc jaunâtre à leur périphérie; tantôt il est rendu sous forme de caillots irréguliers ou rappelant plus ou moins par leur forme (triangle isocèle) la cavité de l’utérus dans lesquels ils sont moulés.
3“ La quantité du sang expulsé est très variable, parfois elle se rapproche de la ménorrhagie tant elle est abondante, et parfois elle est si faible qu’on ne sait s’il y a dysménorrhée ou aménorrhée ; entre ces deux extrêmes se trouvent tous les intermédiaires.
Caractères spéciaux à chaque variété de dysménorrhée. — Au point de vue pathogénique, la dysménorrhée présente quatre variétés distinctes; ces différences se retrouvent dans leurs caractères
cliniques, aussi allons-nous chercher à meth relief les traits qui accentuent la physionomi chacune de ces variétés. ®
1» Dysménorrhée nerveuse ou chloro-anénü — Cette variété est la plus ordinaire, car c’est*^î’ que l’on rencontre chez les jeunes femmes chb anémiques et nerveuses ; elle s’annonce par devir* douleurs rénales, un changement dans le caractèr^^ des manifestations hystériques (tristesse, pleurg’ rires, crampes d’estomac); ces symptômes vont en augmentant jusqu’à ce que le sang s’écoule ; dès ce moment, les phénomènes pénibles s’effacent, ils peuvent reparaître à l’époque menstruelle suivante mais présentent souvent une marche très capricieuse. Cette variété de dysménorrhée est, de même que l’état chloro-anémique et hystérique, auquel elle est si étroitement unie, bien plus fréquente à la ville qu’à la campagne ; souvent le mariage la modifie heureusement.
2“ Dysménorrhée congestive. — Elle est caractérisée non seulement par une exagération des phé-. nomènes congestifs habituels aux règles (pesanteur hypogastrique, tension dans les aines, douleurs utérines), mais encore par une augmentation notable du volume de l’utérus, par une élévation dans la température du vagin, etc.
Souvent aussi les symptômes de congestion ne se limitent pas à la région utéro- ovarienne, ils s’étendent aux mamelles qui sont gonflées et tendues, au cerveau, aux poumons, etc. : ainsi la face est animée, les yeux sont vifs et brillants, la respiration gênée, etc.
Lorsque ces phénomènes congestifs sont arrivés à leur plus haut degré, le sang commence à couler avec une telle abondance qu’il en résulte une véritable ménorrhagie, assez souvent salutaire, car elle: dissipe les phénomènes congestifs.
En général, la dysménorrhée s’observe chez les femmes pléthoriques ; cependant, et c’est un fait important au point de vue thérapeutique, elle survient parfois chez les femmes anémiques et chez; celles qui sont arrivées à la dernière période de la cachexie, chez celles qui se livrent à un coït exagéré.
3“ Dysménorrhée mécanique. — Résultant d’un obstacle au libre écoulement du sang menstruel, elle est caractérisée par des coliques et des tran-^ chées absolument semblables à celles d’un avortement ou d’un véritable accoucbement; ces douleurs, -
souvent très intenses, sont intermittentes; elles sO: dissipent lorsque l’obstacle n’est pas insurmontable, et, dans le cas contraire, se prolongent pendant toute la durée de la période menstruelle, qui d’ailleurs présente les plus grandes irrégularités dans sa durée et la fréquence de ses retours.
Cependant, le sang s’écoule (si l’obstacle est insurmontable, il y a aménorrhée et non dysménorrhée) d’abord sous forme de caiUots, puis à flots. La dysménorrhée mécanique est une /cause fréquente de métrite interne avec dilatation de la cavité et hypertrophie des parois de l’utérus.
4° Dysmenoirhée membraneuse. Cette variété
est caractérisée par l’expulsion de la totalité ou d’une partie de la muqueuse du corps de l’utérus. La dysménorrhée membraneuse n’est pas une en-
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lilé morbide, elle est toujours symptomatique d’auffgs altérations de 1 utérus, altérations fort diverses, telles que catarrhe utérin (Bernutz), congestion trop de la muqueuse (Courty), rétrécissement de l’orifice interne du col utérin, etc,
La muqueuse utérine se présente sous divers aspects : tantôt eUe est expulsée en entier, tout d’une pièce, sous forme d’une petite poche triangulaire avec un orifice à chacun de ses angles, sa surface externe, rougeâtre, tomenteuse, est hérissée de filaments chevelus, sa surface interne, au contraire, est lisse, régulière, percée de petits orifices visibles à la loupe et qui sont les orifices des glandules.
L’épaisseur des parois varie de 1 a 3 millimètres, elles présentent la texture de la muqueuse utérine (tissu conjonctif avec fibres fusiformes et noyaux, glandes en tubes, épithélium à cils vibratiles). — U est assez rare que la muqueuse soit éliminée en entier, souvent elle l’est sous forme de lambeaux plus ou moins étendus..
Il faut rechercher : i» le mécanisme de l’exfoliation de la muqueuse ; 2» les phénomènes qui accompagnent son expulsion.
1» On peut admettre que l’exfoliation de la mu queuse se rattache à des contractions exagérées de l’utérus qui revient sur lui- même et décolle la muqueuse comme il décolle le placenta après l’accouchement or ce décollement de la muqueuse détermine un épanchement de sang entre elle et le tissu musculaire de l’utérus, ce foyer sanguin ainsi placé devient une nouvelle cause de décollement, etc.
2° Lorsqu’elle est détachée et libre dans la cavité utérine, la muqueuse provoque des contractions expultrices semblables à celles de la parturition, et sous leur influence , elle s’engage dans le conduit cervico-utérin , l’obstrue, et arrête l’écoulement sanguin jusqu’à ce que, chassée par des contractions de plus en plus énergiques, elle soit expulsée au milieu d’un flot de sang ; dès lors les contractions et les tranchées qui en sont le reflet s’apaisent et l’écoulement s’établit régulièrement.
On conçoit les. variétés que . peuvent présenter ces symptômes suivant les dimensions de la muqueuse qui est expulsée en totalité ou par lambeaux, suivant la durée plus ou moins longue de son expulsion, etc.
La dysménorrhée détermine souvent la stérilité; cette fâcheuse conséquence s’observe plutôt dans les dysménorrhées congestive, membraneuse et mécanique, que dans la dysménorrhée chloro-ané-
uiique.
Les causes diverses de la dysménorrhée donnent fieu à des indications si différentes, qu’il faut, au point de vue thérapeutique comme sous celui des symptômes, étudier à part les quatre variétés de
dysménorrhée.
A. ^Dysménorrhée anémique et nerveuse. — Elle doit être traitée dans l’intervalle des règles et pensât l’époque mënstruelle.
bans l’intervalle des règles, il faut s’attacher à “codifier l’état nerveux et chloro-anémique par la uiedication de Yanémie (V. ce mot).
Au moment des règles, il faut prescrire le repos, fomentations narcotiques et calmantes, la hetla-
done, l’opium ; en même temps on active l’apparition du sang par l’usage de Yapiol de Jaret et Homolle (une à trois capsules chaque jour jusqu’à ce que le sang coule librement).
B. Dysménorrhée congestive. — Dans l’intervalle des règles, on diminuera l’état congestif de la matrice par les scarifications du col ou par l’application directe de sangsues sur cet organe, la pléthore sanguine par des purgatifs salins répétés, eau de Rubinat, etc.; par l’usage de l’eaù de Vichy, du bicarbonate de soude, par une nourriture légère, etc.
Si la congestion est passive, c’est-à-dire s’il y a atonie des organes génitaux, on cherchera à les exciter par l’usage des emménagogues (rue, sabine, seigle ergoté, douches froides, etc.). Aran conseillait les badigeonnages à la teinture d’iode pratiqués sur le col.
Au moment des règles, il faut éloigner toutes les causes [capables d’augmenter l’état congestif de la matrice, et l’on y arrive par le repos absolu, les lavements laudanisés, la médication alcaline à haute dose, et particulièrement l’acétate d’ammoniaque.
G. Dysménorrhée mécanique. — Le traitement est entièrement chirurgical, il s’adresse à l’obstacle qui gêne l’écoulement du sang et varie par conséquent suivant la nature de cet obstacle.
S’agit-il d’un rétrécissement ? Il faut le düater progressivement avec des tiges de laminaria ou de petits cônes d’éponges préparées. — En général, ces moyens employés avec persévérance pendant plusieurs mois remplissent le but qu’on se propose; cependant le rétrécissement peut rester rebelle, et alors faut-il l’inciser ou l’abandonner à lui-même? On peut s’arrêter à ce dernier parti, si la dysménorrhée n’est pas très douloureuse; dans le cas contraire, on peut pratiquer le débridement avec un instrument qui rappelle le lithotome de frère Côme. Pendant longtemps, il faut surveiller le pansement et introduire entre les lèvres de la plaie des bourdonnets de charpie imprégnés de glycérolé de tannin, afin de prévenir leur cicatrisation.
S’agit-il d’une flexion? Il y a avantage a obtenir un certain degré de redressement, du moins lorsque la déviation est simple, sans complications inflammatoires et qu’elle est réductible.
S’agit-il d’une tumeur, d’une hypertrophie de la muqueuse, d’un polype, d’un kyste ? Le traitement varie avec chacune de ces lésions, cependant l’introduction de l’hystéromètre, souvent indispensable au diagnostic, peut agir très utilement comme moyen palliatif.
D. Dysménorrhée membraneuse. — Nous avons vu qu’elle se rattache souvent à d’autres altérations de l’utérus, altérations qui réclament des soins spéciaux, qu’eUe peut ainsi être directement attaquée par des cautérisations intra-utérines pratiquées avec du nitrate d’argent. D"" Léon Moynac.
DYSPEPSIE. — La dyspepsie n’est autre chose qu’une digestion lente, difficile, incomplète et douloureuse. L’homme bien portant ne doit pas avoir conscience de l’acte dfigestif ; le jour où il perçoit la sensation digestive, il peut dire qu’il y a dyspepsie.
Nous avons vu au mot Digestion, que cet acte est
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