‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 155 sur 206 · UYS · texte numérisé non relu

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complexe, et qu’il y a une digestion stomacale et une digestion intestinale. Suivant que les désordres porteront sur l’une ou l’autre de ces deux digestions, il y aura dyspepsie stomacale ou dyspepsie intesiinnle. ,

I. Dyspepsie stomacale. — La dyspepsie stomacale présente plusieurs variétés, tantôt elle est due à des troubles fonctionnels de la muqueuse de 1 estomac et de ses annexes, et peut être putride, ACIDE ou PITUITEUSE ; tantôt elle est due à des troubles fonctionnels de la couche musculaire et peut être atonique et flatulente.

a. — Dyspepsie putride. — La dyspepsie putride est celle qui résulte de la diminution de sécrétion du suc gastrique. Voici à quels symptômes on la reconnaît: après avoir pris son repas, le malade éprouve de la gêne, une sensation de barre dans la région épigastrique; son repas ne passe pas, comme il dit. Pendant tout le temps que dure la digestion stomacale, son haleine exhale une odeur repoussante, il a des éructations sulfhydriques ; au bout d’un temps assez long, il a des coliques plus ou moins fortes, qui annoncent que le bol alimentaire a enfin franchi l’orifice pylorique de l’estomac et est passé dans l’intestin. Il se produit quelquefois des contractions énergiques de l’estomac et des vomissements.

Ces différents symptômes s’expliquent par la présence des substances alimentaires azotées qui, par suite du manque de sécrétion du suc gastrique, ne sont pas transformées en peptones, et agissent alors à la façon de corps étrangers.

Dans certains cas, il y a non seulement diminution de sécrétion du suc gastrique, mais encore diminution de son acidité.

Le traitement de la dyspepsie putride consiste à remédier artificiellement à la .diminution de sécrétion du suc gastrique, d’abord, puis à augmenter l’acidité de ce suc.

On compensera le défaut de suc gastrique, en administrant à l’intérieur un médicament physiologique qui jouit des mêmes propriétés digestives que le suc gastrique, je veux parler de la pepsine animale (Pepsine de Boudault, Elixir de pepsine Catillon à la glycérine, pepsine Chapotaut, Elixir eupeptique de Tisy, etc.) ou encore de la pepsine végétale fournie par le suc du carica papaïa {Papaïne Troueite-Perret). « A côté de la pepsine et peut-être même au-dessus, comme le dit avec raison notre savant ami Dujardin- Beaumetz, il faut placer les peptones. » Celle de Gatillon et celle de Chapotaut obtenues avec la pepsine, celle de Defresne obtenue avec la pancréatine, sont d’excellentes préparations françaises, bien supérieures, dit encore Dujardin-Beaumetz, aux peptones d’origine hollandaises, les' premières fabriquées, grâce aux travaux de Sanders.

Quant au défaut d’acidité du suc gastrique, on le corrigera en administrant l’acide chlorhydrique ou l’acide lactique. On aura recours de préférence à ce dernier, pur ou même sous forme de phosphate acide, comme dans le vin de Dusart par exemple.

Inutile de dire que le traitement pharmaceutique ne suffit pas pour guérir les dyspepsies putrides ; U faut encore suivre un régime spécial.

On fera usage d’aliments très peu azoté géant qu’un faible travail de l’estomac blanches, œufs, gibiers faisandés, etc.) dominer les féculents et les légumes ; on vin pur ou légèrement coupé avec l’eau Galmier, de Vichy, de Fougues, d’Orezza, de u laigue, .etc., et à la fin du repas un petit verr^^”^' vieille eau-de-vie d’ Armagnac ou de Cognac l ^ cie par l’addition d’un morceau de sucre. Au jeûner du matin et dans la journée, en cas tto . on boira du lait.

On se livrera à un exercice actif, au grand ai i on fera de l’hydrothérapie, on prendra des bain’ aux sels de Pennes, et pendant l’été des bains de mer.

b. — Dyspepsie acide. — La dyspepsie acide est celle qui résulte d’une exagération de la sécrétion ' du suc gastrique, dont l’acidité alors devient exagérée.

Les individus qui en sont atteints ont un sentiment de chaleur à l’estomac pendant la digestion • ils ne peuvent pas faire le moindre excès de table' boire un peu plus que d’habitude sans être malades. La chaleur de l’estomac augmente pendant la nuit, ils ont des régurgitations de matières acides jusqu’au niveau de l’orifice supérieur du pharynx, quelquefois même jusque dans la bouche, régurgitations qui s’accompagnent d’une sensation de chaleur, de brûlure même, tout le long de l’œsophage, et qui ont reçu le nom de pyrosis. Certains malades éprouvent en outre de la cardialgie, d’autres, une douleur vive à la région dorsale. Levin, l’alcool, les aliments sucrés augmentent tous ces symptômes, et les malades ont sans cesse dans la bouche un goût sûr particulier très désagréable. A une période plus avancée, ils vomissent de temps en temps des matières glaireuses, puis ces vomissements deviennent quotidiens et constituent ce qu’on appelle la pituite, que les buveurs connaissent si bien.

Quel doit être le traitement de la dyspepsie acide.

Il doit consister à neutraliser l’acidité du suc gastrique et à diminuer sa sécrétion. Les alc^ns et les poudres inertes répondent à ces deux indications. Les alcalins, en effet, ainsi que l’a démontre Charles Richet, jouissent à haute dose de la propriété de neutraliser l’acidité du suc gastrique, et les poudres inertes telles que magnésie , bismuth, atténuent la sécrétion du suc gastrique, ainsi que cela ressort nettement des expériences de Claude, Bernard, Blondlot, Schiff, Trousseau, Odier , Patterson, etc. On pourra donc administrer le bicarbonate de soude à la dose de 1 à 2 grammes avan^ le repas ; ou bien l’associer au sous-nitrate de bismuth, comme le faisait Trousseau. Une excellente préparation, qui jouit d’une réputation universel! , est la poudre de Patterson, composée d’un mélanS de sous-nitrate de bismuth et de magnésie ’

que dans les cas légers on peut remplacer par t pastilles de Patterson plus commodes à prendre.

Quant au régime alimentaire à suivre, le voip^ en peu de mots : les malades atteints de dyspep®® acide boiront du vin rouge de Bordeaux, léger, tr ^ peu alcoolisé, naturel autant que possible, et coup avec de l’eau de Vichy, Fougues, Royat, etc.; h»

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-jugeront des aliments fortement azotés, puisque l’abondance de. leur suc gastrique fait qu’ils sont, facilement digérés, mais très peu épicés ; ils supprimeront tous les condiments en général, et ne prenant jamais d’alcool ni de vin blanc, pas plus à jeun qu’à la fin des repas.

^ A la médication et au régime que nous venons d’indiquer, les malades pourront ajouter l’exercice, et même, dans certains cas, comme le conseille pujardin-Beaumetz, des bains de vapeur, comme les bains turcs par exemple.

c, — Dyspepsie pituiteuse. — Cette dyspepsie n’est que la dyspepsie acide, arrivée à son degré le plus grave. Elle exige impérieusement un régime très sévère, difficile à obtenir des malades qui sont tous buveurs endurcis et quelquefois même alcooliques. Nous leur conseillons par-dessus tout, le lait, qui modère l’acidité exsigérée du suc gastrique et laisse reposer leur estomac, tout en les nourrissant suffisamment. Il pourront en boire 2, 3 et même 4 litres par jour, coupé avec de l’eau de Vichy, ou simplement additionné par litre de 1 à 2 grammes de bicarbonate de soude. Nous leur recommandons expressément d’en continuer l’usage pendant longtemps, jusqu’à ce que les symptômes d’irritation gastrique soient presque disparus; alors seulement, ils reviendront peu à peu à une alimentation normale, en commençant par des soupes au lait, des semoules, des crèmes, des œufs, pour ne revenir que peu à peu à la viande et au vin rouge. Ajoutons que les eaux de Vichy, de Royat, de Chatelguyon (source Gubler), de Saint-Galmier, de Fougues, rendent aussi de très grands services.

d. — Dyspepsie atonique et flatulente. — La dyspepsie atonique est due à des troubles fonctionnels de la couche musculeuse ■ de l’estomac. Cette couche, dans l’acte physiologique de la digestion, a pour rôle de brasser en quelque sorte les aliments et de les imprégner de suc gastrique par une série de mouvements. A l’état normal ces mouvements sont rhythmiques et s’exécutent d’une façon régulière et constante de la grande courbure de l’estomac vers son orifice pylorique, c’est-à-dire de ^uche à droite. Lorsque par une cause ou une autre il y a atonie de la couche musculeuse, il en résulte mi affaiblissement des mouvements péristaltiques 6t, comme conséquence, une dyspepsie atonique.

L’individu atteint de dyspepsie atonique, au début éprouve après le repas une sensation de lourdeur, de plénitude de l’estomac, il est forcé de déboutonner son pantalon et son gilet, dont la pression occasionne de la douleur. Au bout d’un certain temps, la maladie faisant du progrès, pendant chaque digestion, il se produit un gonflement tfès notable de l’estomac, on voit cet organe se détendre par les gaz qui s’y développent, se dessiner sous les parois abdominales. La dyspepsie atoj^que se complique de dyspepsie flatulente, le made bâille, a des éructations nombreuses ; s’il cnaue et s’agite, il entend dans son estomac un l’uit de glouglou dû au choc des liquides et des ^ longue, l’estomac n’effectuant que des ntractions de plus en plus incomplètes, se disj°d chaque jour davantage et le malade est atteint düatation de l’estomac.

Le traitement de la dyspepsie atonique consiste à exciter les contractions des fibres musculaires de l’estomac. Dans ce but, on aura recours, dans les cas légers, à la quassia amara sous forme de quassine Frémint, aux préparations de Colombo et de quinquina, telles que le vin de Bellini, Vélixir de Gigon, le vin de Séguin, etc. Dans les cas plus avancés on prendra les préparations strychniques telles que ; les gouttes amères de Baumé, à la dose de 2 à 5 ; la poudre de noix vomique, à la dose de 5 centigrammes ; la strychnine, sous forme de granules de sulfate ou d’arséniate de strychnine, à la dose de 1 à 2 milligrammes, à la fin de chaque repas.

Quant aux gaz qui se développent dans l’estomac, dans la dyspepsie flatulente, on les combattra par l’iisagé des poudres absorbantes dont la poudre de Patterson représente un des meilleurs types.

Dans .les cas où la dilatation de l’estomac est trop prononcée, on a proposé l’emploi de la pompe stomacle, mais ce procédé n’a pas donné de bons résultats et on l’a presque complètement abandonné, pour le remplacer par le lavage de l’estomac qui réussit fort bien dans bon nombre de cas. Le lecteur trouvera à l’article Estomac, à l'alinéa consacré à la dilatation de cet organe, tous les détails nécessaires sur le lavage de l’estomac.

Depuis que Furstner et Neffel ont démontré qu’on peut réveiller les contractions de l’estomac en em- . ployant des courants induits et intermittents faibles, plusieurs médecins ont employé l’électricité contre la dyspepsie atonique et flatulente, et en ont retiré de bons effets, à la condition, comme le recommande Onimus, de renouveler les séances tous les jours. On place d’abord le pôle positif sur la paroi abdominale au niveau de l’estomac et le pôle négatif au niveau \ie la troisième vertèbre dorsale, et on fait passer pendant quelques minutes un courant de 30 éléments.' Puis on place le pôle positif sur la grande courbure de l’estomac et le pôle négatif sur la petite courbure, et on fait passer encore le courant pendant quelques minutes, en lui faisant subir des interruptions, pour exciter les contractions des parois de l’organe.

On a aussi conseillé l’hydrothérapie, et notre savant collaborateur et ami Beni-Barde a obtenu de bons résultats de la douche épigastrique froide ou alternative. On peut en même temps conseiller utilement aux malades l’usage quotidien de la ceinture humide. ,

Outre les moyens thérapeutiques que nous venons d’énumérer, il faut encore recommander aux malades un régime sévère. Ils devront faire usage d’aliments qui, sous un petit volume, soient bien nutritifs et très digestibles, tels que les viandes noires rôties et saignantes, le gibier faisandé, etc. Ils boiront du vin et de l’eau en très petite quantité. Ils éviteront de s’endormir après les repas et se Hvreront au contraire à un exercice régulier en plein air et auront bien soin d’entretenir la liberté du ventre.

Dyspepsies intestinales. — On a vu au mot digestion que trois éléments concourent à la digestion intestinale : le suc intestin^ et le suc pancréatique qui, ce dernier surtout, émulsionnent les corps gras, transforment les féculents en glucose et les

aliments azotés en peptone et en albuminose, et la bile qui par sa présence excite les contractions intestinales et joue un rôle excrémentitiel.

Lorsqu’il y a diminution de sécrétion d’un de ces trois principes, il y a dyspepsie intestina.le. Celle-ci peut aussi résulter soit d’une digestion incomplète des substances amyloïdes et amylacées, soit d une trop grande abondance de matières grasses dans le bol alimentaire. La dyspepsie stomacale putride, dans laquelle, comme nous l’avons vu, la sécrétion du suc gastrique est insuffisante, peut aussi être une cause de dyspepsie intestinale. En effet, les matières albuminoïdes, par suite de cette diminution du suc gastrique, n’étant pas peptonisées dans l’estomac, passent non digérées dans le tube digestif où, vu leur trop grande quantité, les sucs intestinaux et pancréatiques ne peuvent les digérer en entier.

Les malades atteints de dyspepsie intestinale éprouvent des douleurs abdominales plus ou moins vives, des borborygmes, des coliques plus ou moins fortes, une distension plus ou moins grande des anses intestinales, et parfois une diarrhée d’intensité variable.

Le traitement consiste à fournir à la masse alimentaire le surplus de suc pancréatique qui lui manque pour être digérée. Pour cela, on fait usage de la pancréatine, principe retiré par Defresne du suc pancréatique, possédant toutes les propriétés de celui-ci et qui est connu sous le nom de pancréatine Defresne. V élixir eupeptique de Tisy à base de pancréatine de pepsine et de diastase peut aussi être employé. Les flatuosités seront combattues par les poudres absorbantes, comme dans la dyspepsie flatulente stomacale.

Quant au régime alimentaire, il devra se composer d’aliments azotés, très nourrissants, sous un petit volume, et ne compter que peu de graisses, puisque celles-ci ne sont digérées que par le suc intestinal et le suc pancréatique.

Telles sont les principales variétés de dyspepsies de l’estomac et de l’intestin. Elles s’observent rarement séparément, et chez bon nombre de malades il y a en même temps dyspepsie de l’estomac el dyspepsie de l’intestin, avec prédominance de l’une ou de l’autre.

Ajoutons en terminant que, indépendamment des diverses variétés de dyspepsies dont nous venons de parler, il y a encore ce qu’on peut appeler les dyspepsies secondaires , c’est-à-dire des dyspepsies liées tantôt à un état particulier des principaux organes abdominaux : foie , vessie, utérus, qui ont reçu les noms de dyspepsie hépatique, dyspepsie mineuse, dyspepsie utérine-, tantôt liées à un état général ou diathésique de l’individu, anémie chlorose, goutte, rhumatisme, etc., et dans ces cas on dit qu’il y a dyspepsie chlorotique, goutteuse, rhumatismale, etc. Dans toutes ces dyspepsies secondaires, est-il besoin de le dire, on devra joindre au traitement de la dyspepsie même, celui de l’aff'ection spéciale à laquelle elle est liée.

D' Paxil Labarthe.

DYSPHAGIE. — Mot employé en médecine pour désigner la difficulté de la déglutition. La dysphagie

peut être due a différents obstacles sie la bouche , dans le pharynx ou dans tels que sécheresse de la houche et ditnb la salive, perforation de la voûte palatine i ^ hypertrophie des amygdales, polypes nasô nh giens, angine diphthéritique, spasmes et nïr™' des muscles du pharynx, rétrécissement v ^ phage, etc. p

DYSPNÉE. - Mot employé en médecine pour a- ;igner la fréquence et la gêne de la respiration t dyspnée est un symptôme qui s’observe dans certain nombre de maladies, telles que la'pu /^?^ sie, la pneumonie, l’emphysème, l’angine de;p*'^' trine, le spasme de la glotte, le croup, etc. • p v^-'

DYSTOCIE.— La dystocie est la partie des sciences médicales qui traite des accouchements laborieux En effet , bien que l’accouchement soit une fonction naturelle, des circonstances peuvent se présenter qui nécessitent l’intervention plus ou moins active de l’accoucheur.

Les difficultés à l’accouchement peuvent provenir;

1" de la mère ; 2“ du fœtus ou dé ses annexes.

Du côté de la mère, on peut observer des contractions utérines trop lentes, irrégulières, ou au contraire trop énergiques, qui obligeront le médecin à recourir à la rupture prématurée des membranes, à la saignée, aux inhalations de chloroforme oui l’application du forceps (V. ces mots).

Le bassin mal conformé, rétréci dans ses dimensions par rachitisme, par ostéomalacie, par luxatm coxo-fémorale, par cyphose, par soudure d’une articulation sacro -iliaque ou par une tumeur osseuse, est une des causes les plus fréquentes d’accouchement laborieux nécessitant l’emploi de Vavortemmt provoqué, de V accouchement prématuré artificiel, à-M forceps, du céphalotribe et du crâniotome ou de Vopération césarienne.

Une trop grande résistance des parties molles et plus particulièrement de la vulve et du périme. Les vices de conformation, les tumeurs de la vulve et du vagin, Voblilération^ partielle ou complète du col de l'utérus, les tumeurs développées sur l’une ou l’autre des lèvres du col, enfin le cancer de cet organe obligent à des débridements et à l’emploi du forceps.

Les tumeurs fibreuses de Y utérus, quand elles plongent dans l’excavation au point d’obstruer- plus ou moins complètement le canal pelvien, et qu’elles ne se déplacent pas sous l’influence des contractions utérines, pendant le travail de l’accouchement, peuvent contraindre l’accoucheur à recourir soi au forceps, soit à la version , ou même à Yembty^f tomie ou à Y opération césarienne.

Les ruptures de l’utérus nécessiteront l’emploi du forceps ou de le. version, ou la gastrotomie. du vagin forceps.

U hémorrhagie grave dont la cause est pres^® toujours pendant la grossesse ou le travail de 1»^ couchement, Yinsertion vicieuse du placenta, se" combattue d’abord par le tamponnement, tant qU l’orifice utérin ne sera pas dilaté, puis, on le pourra, la version podnlique ou l’apphu^ tion du forceps permettront de terminer l’accu

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cJieinent au plus vite dans 1 intérêt de la mère et de céphalique par manœuvres externes, soit podalique l’enfant. par l’introduction de la main et la recherche des

Les vomissements incoercibles obligent souvent à pieds, est une opération indispensable, sitôt que

Interrompre la grossesse par V avortement provoqué, l’orifice utérin est assez dilaté. Si le travail a duré

et Véclampsie nécessitera après la saignée une dé- trop longtemps et que la partie du tronc qui se

plétion rapide de l’utérus soit par une version, soit présente est trop engagé dans le bassin pour per-

par une application du forceps. Je ne parle pas ici mettre le passage de la main de l’accoucheur, on

des divers médications qui ont été proposées contre devra, si le fœtus est trop gros pour exécuter une

l’éclampsie 1 V . ce mop. version spontanée, recourir à V embryotomie.

Enfin, après la naissance de l’enfant, Vhémor- V hydrocéphalie, l'ascite, la rétention dourine,

rhagie post partum sera presque toujours arrêtée nécessitent souvent la ponction, par la délivrance artificielle suivie de l’adminis- Si le cordon ombilical vient faire procidence on tration du seigle ergoté. tâchera d’abord de le remonter au-dessus de la tête

L’enfant peut être d’un volume exagéré tout fœtale, puis, sitôt que l’orifice sera assez dilaté on

en étant régulièrement constitué. Dans ce cas, le s’empressera de terminer l’accouchement par le

forceps trouvera encore une fois son emploi. La forceps ou la version. On agira de même dans le

présentation est quelquefois irrégulière, et, bien cas de procidence d’un ou de plusieurs membres

que généralement ces irrégularités au début, dis- avec la tête (V. tous ces mots> Dr A. de sotre. paraissent graduellement à mesure que le travail

avance, il en résulte souvent une certaine lenteur, DYSÜRIE. — Mot employé en médecine pour déet une fatigue telle pour la mère qu’on est obligé signer la difficulté d’uriner, que l’émission des

de terminer par l’application du forceps. urines soit lente, pénible ou douloureuse. La dysurie

*11 peut arriver que le temps de rotation interne s’observe dans certaines maladies de l’appareil

ne s’accomplisse pas, malgré des contractions uté- urinaire, telles que blennorrhagie aiguë, rétrécis-

rines énergiques. C’est encore au forceps qu’on sements de l’urèthre, cystite, calculs urinaires, pa-

s’adressera pour hâter l’accouchement. resse vésicale, etc. On l’observe aussi dans plusieurs

Dans les présentations du tronc, la version soit maladies générales graves. L. P.

Rictionnaiee popdlaibe de médecine usuelle.

EAUX- BONNES {eaux minérales des). — Eaux- Bonnes est un village des Basses-Pyrénéesj situé à 750 mètres au-dessus du niveau de la mer, au fond de la vallée d’Ossau, qui possède des sources minérales sulfurées sodiques qu’on emploie contre îes affections de l’appareil respiratoire, laryngites pharyngites chroniques, asthme, phthisie, etc.

EAUX-CHAÜDES (EAUX MINÉRALES DES). — La station des Eaux-Chaudes, voisine des Eaux-Bonnes, dont elle n’est séparée que par une distance de 6 kilomètres, à l’extrémité de la vallée d’Ossau, possède des eaux minérales sulfurées sodiques qui ont les mêmes applications que les Eaux-Bonnes.

EAUX MINÉRALES. — Définition. — Pour nous, ' une bonne définition des eaux minérales serait celle , qui concilierait les exigences de la physique, de la chimie, de la géologie et de la médecine, appelées à un concours simultané dans leur étude. Or parmi les nombreux auteurs qui ont écrit sur les eaux minérales, un seul, M. Jules Lefort, a donné une définition remplissant ces quatre conditions. Nous dirons donc avec ce savant hydrologue : On doit entendre par eaux minérales toutes celles qui, en raison soit de leur température, bien supérieure à celle de l’air ambiant, soit de la quantité et de la nature spéciale de leurs principes salins et gazeux, sont ou peuvent être employées comme agents médicamenteux.

Caractères. — Les caractères que présentent les eaux minérales, en général, peuvent être divisés en trois grandes classes : 1“ les caractères physiques; 2“ les caractères chimiques; 3“ les caractères physiologiques et thérapeutiques.

1“ Caractères physiques. — Les principaux caractères des eaux minérales qui frappent nos sens sont : la couleur, Y odeur la saveur, la limpidité Y onctuosité, la densité, la thermalité etY électricité.

Couleur. — Les eaux minérales sont en général incolores, lorsqu’on les examine 'en petite quantité et au moment où elles arrivent à la surface du sol. Vues, lorsqu’elles sont en grande quantité dans les

baignoires ou les piscines, elles présentent quelquefois une couleur verdâtre que les auteurs attribuent presque toujours à un effet d’optique. Cependant, dans certains cas, cette couleur est due à la présence, dans les bassins, de plantes aquatiques, de conferves, etc. Enfin, il est certaines eaux minérales qui présentent des colorations particulières dues à la nature de leur principes minéralisateurs.

Odeur. — Presque toutes les eaux minérales répandent une odeur quelconque, variable suivant les principes qui entrent dans leur composition. Ainsi, elles dégagent toujours une odeur d’œufs pourris, quand elles contiennent du soufre. Elles ont une odeur piquante, lorsqu’elles renferment de l’acide carbonique ; bitumineuse et marécageuse, quand elles ont traversé un sol marécageux ou bitumineux, etc.

Saveur. — Leur saveur est encore plus variable que leur odeur, et diffère avec les principes qui les constituent. Quelquefois tout à fait nulle, eUe est dans d’autres cas agréable ou nauséabonde, salée ou saumâtre, aigrelette ou piquante et amère, styptique, etc.

Limpidité. — Presque toutes les eaux minérales, au sortir des griffons, sont d’une limpidité parfaite, surtout celles qui ont traversé des terrains volcaniques ou primitifs. On trouve quelquefois des parcelles de matières minérales en poudre fine dans les eaux qui viennent des terrains secondaires ou tertiaires ; enfin, certaines eaux ferrugineuses bicarbonatées ont leur limpidité altérée par l’oxyde de fer qu’ elles renferment en suspension.

Onctuosité. — De toutes les eaux minérales, celles des Pyrénées, qui sont les plus riches en matières organiques, sont les plus onctueuses ; ce qui semblerait prouver que c’est à la matière organique qji’ef dù ce caractère des eaux. Telle est du moins l’opi' nion de certains auteurs. Telle n’est pas celle de M. Filhol, qui prétend que les eaux sulfureuses d’une température très élevée ne sont pas onctueuses, et que, par conséquent, la matière orga* nique pas plus que les sels minéraux n’ont aucune influence sur la production de ce phénomène.

Densité. — Toutes les eaux minérales possèden ime densité plus grande que Peau distillée. Toute-

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fois la différence est très minime et varie de i à 5 millièmes.

fhermalité. — La chaleur naturelle des eaux minérales est un de leurs caractères physiques les plus curieux. Aussi, a-t-il de tout temps excité les recherches des savants. Les uns, avec Aristote, expliquent la thermalité des eaux minérales par la chaleur solaire qui pénètre dans l’intérieur du globe et est absorbée par les eaux situées dans des couches profondes. Les autres, avec Sénèque, Agricola, Apulée, etc., prétendent que la chaleur des eaux minérales a son point de départ dans les foyers souterrains ; Mileus l’attribue à l’action des vents chauds qui existent dans le centre de la terre; enfin, Albert le Grand, La Place, Berzélius et presque tous les auteurs modernes expliquent l’origine des eaux thermales de la façon suivante : pour eux, elles sont le résultat de courants aqueux souterrains qui, échauffés par l’action de la chaleur centrale de la terre, viennent enfin jaillir à la surface du sol. C’est à cette dernière théorie que nous nous rallions.

La température des eaux minérales varie de 80“ centigrades (Chaudesaigu es) à 7“ centigrades (Forges) . EUe peut être influencée par les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, le mélange des eaux mal captées avec des eaux froides, les variations atmosphériques, les changements de saisons, etc., etc.

Électricité. — De certaines expériences auxquelles s’est livré Scoutetten devant plusieurs médecins hydrologues, dans plusieurs stations thermales, et qui ont été présentées à l’Académie des sciences en 1865, il semblerait résulter ; 1“ que l’électricité se développe dans toutes les eaux minérales, proportionnellement aux actions chimiques que déterminent les éléments chimiques, lorsqu’ils existent dans des rapports favorables à des combinaisons nouvelles ; 2“ que l’électricité est d’autant plus grande que la température est plus élevée.

2° Caractères CHisiiQUESi — Les caractères chiruiques des eaux minérales varient avec les substances mioéralisatrices qu’elles renferment. Voici la liste de celles que l’on a rencontrées jusqu’ici dans les diverses eaux minérales :

Substances indifférentes aux réactifs. — Gaz azote, gaz oxygène et air atmosphérique, hydrogène carboné, gaz ammoniac.

Substances acides. — Acides cabonifiue, sulfurique, sulfureux, sulfhydrique, chlorhydrique, phos-

phorique, borique, silicique, azotique, crénique, apocrénique, géique, mellitique (?) acétique (?).

Substances salines. — Carbonates de chaux, de magnésie, de soude, de potasse, de fer, de manganèse, de strontiane, de lithine, d’ammoniaque. — Bicarbonates et sesquicarbonates : de chaux, de magnésie, de soude, de potasse, de fer, de manganèse, de cobalt, de nickel, d’ammoniaque, de strontiane, de cuivre, de lithine. — Sulfates de chaux, de magnésie, d’alumine, d’alumine et de potasse, d’ammoniaque, de fer, proto et sesquioxyde de manganèse, de strontiane, de cuivre. — Phosphates de chaux, d’alumine. — Sulfites de chaux, de soude, de magnésie, de potasse. — Hyposulfites de chaux, de soude, de magnésie, de potasse. — Borates de chaux, de soude. — Silicates de potasse, de soude, de chaux.

d’alumine, de fer, d’yttria, de glucine, de zircone,de lithine. — Azotates de potasse, de soude, de' chaux, de magnésie. — Arséniates de soude, dechaux, de fer, de manganèse. — Arsénites de soude, de chaux, de fer. — Acétate de potasse.

Sels haldides et sulfosels. — Sulfures de calcium, de sodium de potassium, de magnésium, de fer, de manganèse, d’arsenic. — Arséniures de fer, de nickel, de cobalt ? — Chlorures de calcium, de manganèse, de sodium, de potassium, de lithium, d’ammonium, de glucynium. — Bromures de calcium, de magnésium, de sodium, de potassium. — lodures de calcium, de magnésium, de potassium, de sodium, de fer, de manganèse.

Substances organiques. — Bitumes, pétrole... conferves, animaux infusoires. — Matière organique de l’humus.

Substances indiquées, mais encore douteuses. — Acide titanique, tungstène, tantale, molybdène, cérium, yttria, étain, argent, acide mellitique, mercure.

Ainsi, jusqu’à présent, grâce à l’analyse chimique, on a découvert dans les eaux minérales 127 substances, dont 112 minérales, 8 organiques et neuf encore douteuses. Toutefois, le nombre des principes minéralisateurs qui se trouvent en proportions suffisantes pour produire des effets physiologiques et thérapeutiques, est assez minime, et l’on peut dire hardiment que les éléments essentiels que l’on rencontre dans les eaux minérales sont le chlore, le carbone, le soufre et leurs combinaisons avec la soude, la magnésie et la chaux, le fer, le manganèse, l’iode, le brome, la silice et l’arsenic.

Parmi les principaux modificateurs des eaux minérales, il faut placer la température, qui joue un rôle important dans les opérations chimiques et exerce une influence réelle sur la densité de l’eau. Viennent ensuite le captage des sources, le mélange de celles-ci avec des eaux étrangères provenant de ■ neiges fondues, de pluies ou de sources voisines, enfin les variations atmosphériques et météorologiques, les tremblements de terre, etc.

3“ Caractères physiologiques et thérapeutiques. — Il est aujourd’hui incontestable pour tout le monde que les eaux minérales jouissent de vertus médicamenteuses. Le principe de ces vertus touche à tous les éléments qui constituent le vaste problème des eaux minérales, c’est assez dire qu’il est complexe. Il faut donc chercher l’explication des effets thérapeutiques des eaux minérales dans un ensemble de conditions qui se rapportent, soit aux propriétés dynamiques des eaux, soit à leurs propriétés physiques, soit enfin à leurs propriétés chimiques. Nous parlerons plus loin de Finfluence du mode d’emploi des eaux sur leur puissance médicatrice. Nous devons nous occuper de la triple action médicamenteuse des eaux minérales qui résulte naturellement de leur nature intime.

1“ Action dynamique. — On sait que les malades qui se rendent aux diverses stations thermales absorbent une grande quantité d’eau par l’estomac ou par la peau. Cette quantité s’élève en moyenne à 2 kilogrammes par jour, si l’on pense aux diverses circonstances qui favorisent l’absorption. On sait, en effet, que les malades boivent beaucoup, pren-

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nent des bains répétés et prolongés; que certames eaux sont d’une digestion facile, grâce à leur malité, aux sels et à l’acide carbonique quelles contiennent, toutes conditions qui sont en faveur de notre appréciation. a

Celte grande quantité d’eau, abstraction faite des principes minéralisateurs qu’elle peut contenir, introduite chaque jour dans l’économie et pendant un temps plus ou moins long, exerce bien évidemment une action dont il faut tenir conipte : « Absorbée par les vaisseaux veineux , dit Herpin , cette eau passe dans le sang , se mêle à lui, le délayé, le fluidifie; en circulant dans le sang, elle pénètre dans l’intérieur des viscères, des organes, et jusque dans les plus petites ramifications des vaisseaux et des tissus les plus fins ; elle les lave, les nettoie; elle dissout et entraîne les substances hétérogènes, morbides ou normales qui s’y trouvent accidentellement déposées. Reprise ensuite par les organes excréteurs, l’eau est rejetée au dehors de l’économie par toutes les voies excrétoires, soit par le canal intestinal; soit par les reins et lavessie, avec les urines ; soit par la peau sous la forme de sueurs abondantes, d’éruptions; soit enfin par l’expectoration même, entraînant avec elles les substances utiles ou nuisibles, dont elle s’est chargée pendant son parcours à travers les tissus, des divers organes, et dont l’économie générale se trouve ainsi purgée et débarrassée. »

Un grand nombre de sources ne possèdent d’autre propriété médicamenteuse que cette action mécaniquement dépuralive de l’eau.

A côté de cette expulsion de tous les matériaux nuisibles qui encombrent l’économie, il faut placer l’assimilation des éléments constitutifs pleins de vie, de force et de santé , s’opérant sous l’influence de conditions d’hygiène et de salubrité parfaite, et alors on comprendra aisément les résultats surprenants que donnent certaines sources qui n’ont qu’une minéralisation très faible et nulle.

2“ Action 'physique. — Nous ne voulons parler que de la thermalité, c’est-à-dire de la température des eaux minérales supérieure à la température ordinaire. Cette thermalité favorise beaucoup lès propriétés dissolvantes des eaux indiquées plus haut. Elle facilite leur pénétration et rend la circulation du sang plus active et plus rapide en dilatant les solides et les liquides de l’économie. De plus, à l’intérieur, elle porte dans l’estomac une chaleur qui le stimule, éveille sa vitalité, et concourt ainsi à la réparation des forces de l’organisme. Enfin, à l’extérieur, en bains, elle détermine sur la peau une réaction qui attire à sa surface des éruptions et des exanthèmes, et occasionne ainsi une dérivation souvent très importante dans certaines affections.

3“ Action chimique. — «Entraîné par l’absorption, dit l’Annuaire des eaux de la France , jusque dans les ramifications les plus déliées du système vasculaire, le liquide minéral pénètre tous les tissus de l’économie et leur communique un nouveau mouvement, une nouveUe vie, d’où résulte une excitation plus ou moins marquée de tout l’organisme ; vers le cinquième ou le sixième jour de la cure thermale, il survient des lassitudes, du dégoût, de ’insomnie, et un mouvement fébrile ; les douleurs

anciennes se réveillent, les affections chrontelles que le rhumatisme, les névralgies et matoses, passent à un état momentanément transformation le plus souvent favorable amélioration. Le malade ne doit pas s’inquiét ces recrudescences, qui se dissipent ordinaire^^ en peu de jours, même en continuantles eaux sont parfois suivies de crises par les urinés i selles, les sueurs, ou par des éruptions cutané • c’est donc dans l’excitation de l’organisme et deV’ partie malade que réside la principale force mécd catrice des sources sanitaires; lorsque cette excita' tion est lente, modérée, elle facilite la solution des maladies chroniques; mais, trop forte, elle les exaspère, ranime les inflammations latentes, et précipite les progrès des dégénérescences organiques.

« Le talent du médecin des eaux consiste principalement à maintenir cette excitation dans des limites convenables, à la doser suivant la nature la période de la lésion morbide et le tempéramment du malade. Ce mode excitant, commun à la plupart des sources, est facile à constater en étudiant leurs effets physiologiques, soit en boissons, soit en bains ; mais les eaux qui renferment un principe actif prédominant, tel que le soufre, le fer, le bicarbonate de soude, etc., possèdent, outre l’action excitante, une action spéciale, altérante, qui modifie nos humeurs dans les maladies diathésiques ; ainsi les eaux sulfurées se montrent plus aptes que celles d’une autre classe pour guérir les dermatoses, le rhumatisme, les scrofules, etc., les eaux acalines diminuent la plasticité du sang, impriment un caractère alcalin aux sécrétions acides, liquéfient la lymphe, la bile, et sont favorables pour résoudre les engorgements passifs des viscères abdominaux; les eaux ferrugineuses agissent sur l’hématose, donnent au sang plus de plasticité et aüx tissus plus de tonicité. En résumé, les eaux minérales, par leur mode excitant, relèvent graduellement les forces singulièrement affaiblies dans les maladies de long cours, et substituent à un état chronique, un état momentanément aigu, qui réveille les organes engourdis, active les sécrétions et provoque des crises salutaires par les urines, les sueurs, etc. ; tandis que leur mode altérant ramène, par un travail lent, insensible, mais continu, les liquides altérés à leur état normal. De cette simultanéité d’action résulte une puissance curative à nulle autre pareille, pour le traitement des affections chroniques. ».

11 résulte de ce que nous venons de dire dés actions dynamique, physique et chimique des eaux minérales que, bien que par des voies différentes, elles concourent toutes au même but.

Toutefois, nous devons ajouter, pour être complet, que certaines conditions étrangères aux eamx elles-mêmes secondent d’une manière remarquable leur action spécifique. Ces conditions sont météorologiques , hygiéniques et morales. Parmi la® prernières, nous citerons le climat et l’altitude de la station thermale, le degré d’humidité ou de sécheresse de l’air, les courants d’air, les variations plus ou moins brusques de la température, la saison à laquelle on prend les eaux, etc. Parmi les

secondes, figurent les conditions hygiéniques qui se japportent aux habitudes extérieures, telles que la promenade, l’exercice, le repos, etc., et celles qui ^ rattachent plus particulièrement au régime alimentaire. Enfin les conditions morales sont l’absence de toute préoccupation, soit de son mal, soit de ses affaires, et une tranquillité absolue jointe à une grande confiance.

Mode d’administration des eaux minérales.

5ous avons dit plus haut combien, était grand le rôle que joue le mode d’administration des eaux dans les manifestations de leurs effets thérapeutiques. Nous allons donc passer en revue les principaux modes d’administration des eaux minérales.

Les eaux minérales se prennent de six manières différentes: 1° en boisson; 2® en bains ; 3“ en douches; 4“ en inhalation ; 5® en va'peurs; 6“ en boues.

10 Eaux minérales en boisson. — Presque toutes les eaux minérales se prennent à l’intérieur. Il en est même un certain nombre qui sont exclusivement employées en boissons. Les eaux se prennent à des doses variables. La quantité prescrite varie entre un quart de verre et six à huit verres. Toutefois, on a vu des malades arriver à tolérer cinquante verres par jour pendant quinze ou vingt jours, et M. Auphand rapporte le cas d’un individu auquel il a vu boire impunément 150 verres par jour des eaux sulfurées d’Euzet.

La plupart des baigneurs se. figurent que plus ils boivent, plus ils seront soulagés promptement. C’est là un préjugé absurde qu’il importe de détruire. Lorsque la quantité d’eau minérale ingérée est trop grande, l’absorption du liquide se fait mal, et incomplètement. De plus, et ceci s’observe surtout dans les maladies des voies digestives et respiratoires, il arrive que l’on provoque sur le tube intestinal une fluxion permanente qui a pour première conséquence l’inflammation. Les baigneurs devront donc préférer les doses modérées, et, ce qui vaut mieux, s’en rapporter à ce que leur dira à ce sujet le médecin des eaux.

Les eaux se boivent le matin à jeun, parce que l’estomac est alors vide d’abments et depuis assez longtemps en repos, deux conditions très bonnes pour une absorption sûre et rapide. IL faut de plus, ot ceci est très important, boire les eaux à la source. C’est là, en effet, et là seulement, qu’elles contiennent tous les principes minérabsateurs: Enfin il feut boire chaque verre doucement, lentement, de façon à ne pas surprendre l’estomac et à ne pas le distendre subitement, comme cela arrive lorsqu’on nvale tout d’un trait et précipitamment. Beaucoup de personnes ont l’habitude de faire entre chaque verre une petite pronàenade. C’est là une bonne pratique. Nous n’en dirons pas de même de celle qui consiste à mêler des sirops ou des essences aux ®uux dont le goût est désagréable,, afin de le masquer. On doit toujours boire les eaux telles qu’elles sortent de la source, quels que soient son odem* et sou goût. D’aiUeurs on s’accoutume vite, et, au uoutde quelques jours, on finit par trouver agréaule une eau qui vous répugnait tout d’abord.

2* Eaux minérales en bains. — Les eaux minéj ®s sont prises le plus habituellement sous forme de bains.

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La température des bains influe d’une manière remaripable sur leur action physiologique et thérapeutique. Ainsi, lorsqu’elle descend au-dessous de 30“ à 35° l’exhalation cutanée s’arrête et l’absorption commence ; lorsqu’au contraire la température s’élève au-dessus de 30°, l’absorption s’arrête, et l’exhalation se manifeste avec une activité qui est en raison même de la chaleur du bain, comme l’a justement écrit le docteur Roubaud. Donc, suivant que le médecin voudra activer l’absorption ou l’exhalation cutanée, il ordonnera des bains au-dessous ou au-dessus de 35®. Toutefois, il devra tenir compte de la constitution et des forces du malade.

On peut dire, en règle générale, que la température des bains d’eau minérale ne doit pas dépasser 30° à 35°.

Dans certaines stations thermales où les eaux n’atteignent pas ou dépassent cette température moyenne, on est obligé soit de chauffer les eaux, soit de les laisser refroidir ou de les mélanger avec de l’eau froide. Nous ne saurions trop nous élever contre ces diverses opérations, qui enlèvent aux eaux quelques-uns de leurs principes minéralisateurs, et par conséquent les empêchent de produire les effets thérapeutiques que leur composition chimique faisait espérer. .

Comme la température, la durée des bains exerce une influence sur leur action thérapeutique, et, comme elle, elle doit être subordonnée aux mêmes conditions. Cependant, pour le plus grand nombre des malades, la durée doit être d’une heure environ.

Quant aux heures des bains, il est évident que les plus propices sont celles qui précèdent les repas. Or comme en France on mange vers dix heures du matin et six heures du soir, les malades feront bien de prendre les bains entre huit et neuf heures, le matin, et quatre et cinq heures, le soir.

Les bains peuvent se prendre dans une baignoire ou dans des piscines. Le médecin devra, suivant les cas, prescrire les uns ou les autres.

Dès lès premiers jours, les bains d’eau minérale produisent presque toujours une rougeur de la peaiu, bientôt suivie d’une éruption assez semblable à celles de la fièvre scarlatine ou de la fièvre miliaire. Cette éruption particulière a reçu le nom de poussée. Elle disparaît très promptement, et le malade ne devra pas s’en inquiéter.

o° Eaux minérales en douches. — La douche est un moyen thérapeutique très employé, aussi bien dans les établissements thermaux que dans les établissements ordinaires d’hydrothérapie. La douche, que l’on peut définir le choc, plus ou moins violent, d’une colonne liquide sur une partie ou la totalité du corps, agit par sa température, son diamètre, sa direction et sa force de projection.

La température de la douche peut passer par tous les degrés de chaleur. Toutefois elle dépasse rarement 45°.

Son diamètre est aussi très variable et se fixe au moyen d’ajutages de différentes grandeurs. Toutefois nous devons dire que l’action de la douche sera d’autant plus vive que son diamètre sera plus grand.

Sous le rapport de la direction, la douche peuêtre descendante, latérale et ascendante.

Cette dernière ne se pratique que dans les deux ouvertures naturelles de l’extrémité inférieure du tronc qui sont, chez la femme, le vagin et le rectum, et, chez l’homme, le rectum seulement. On subdivise donc la douche ascendante en douche vaginale pour la femme, et en douche rectale pour

La douche vaginale, que l’on appelle aussi douche d’injection, ou douche d’irrigation, se prend soit dans le bain, soit dans une salle spéciale comme a Aix-les-Bains. Elle exige de la part de la malade de grandes précautions ; aussi est-il indispensable qu’elle puisse elle-même en régulariser le jet au moyen d’un robinet spécial qui reçoit des canules de formes diverses suivant la personne et le cas.

La douche rectale est un lavement. Seulement, dans la douche, la colonne de liquide a un diamètre plus grand et est lancée avec plus de force que dans le lavement ordinaire. A cette occasion, nous ferons remarquer avec le docteur Félix Roubaud que nos etablissements thermaux ne font pas suffisamment usage des lavements d’eau minérale ; ■c’est un tort ; le gros intestin est une voie précieuse d’absorption pour les principes minéralisateurs, et cette voie est quelquefois plus sûre que celle de l’estomac, où les substances médicamenteuses éprouvent toujours, sous l’influence des fluides gastriques, une certaine altération qui ne saurait avoir lieu dans le gros intestin.

La force de projection de la douche exerce sur elle une grande influence : l’action de celle-ci est d’autant plus violente que la force est plus énergique. Inutile de dire que cette force varie avec la longueur de la colonne liquide, et la pression qu’on exerce sur elle.

Les auteurs du Dictionnaire général des eaux minérales, considérant le but recherché, ont divisé les douches en percutantes, résolutives, révulsives, de lotion, de réaction.

La douche percutante a pour objet principal un effet de massage général ou partiel. Elle est ordonnée sous une pression généralement forte et à une température soutenue (38 a -43 degrés). Sa durée est de 10 à 20 minutes.

La douche résolutive, indiquée pour résoudre les tumeurs, pour exciter ou modifier les sécrétions, peut être, selon le cas ou selon la nature des èaùx-, forte ou faible. Sa température est le plus ' fréquemment de 37 à 38 degrés. Sa durée est de 18 à 25 minutes. -

La douche est révulsive quand l’effet à'obtenir doit se traduire par une révulsion, par un appel des forces vitales sur un ou sur des points déterminés. Elle affecte la forme partielle et s’administre sous pression soutenue (3 à 8 mètres et plus) et à une température de 38 à 43 degrés. Sa durée est de 10 à 15 minutes.

La douche de lotion est le plus souvent partielle ou locale. Sa température est modérée, de 3o à 36 degrés, et sa pression faible. On l’applique notamment sur les ulcères, sur les plaies de mauvaise na' -'ture, pour en déterminer ou en activer la cicatrisa¬

tion. Sa durée est de 13 à 25 et quelqupfnnutes. ^ 30

La douche de réaction est appliquée da où l’on a à obtenir des effets devant résuh* de l’action rapide de températures extrêmes ou froide, soit aussi de l’action successive h températures. La durée en est le plus souvent r*^* teede 3 à 6 et 8 minutes, moindre quelquefot Eaux minérales en inhalation. — L’inh't • des eaux minérales, qu’il ne fautpas confon^p l’inhalation des vapeurs d’eaux minérales est méthode thérapeutique qui a été proposée uL!? première fois, par le I)'' Salles-Girons, rédacteur chef de la Revue médicale. Elle consiste à introdu’^*' dans les bronches de l’eau minérale fragmentée'*^^ l’infini ou réduite à l’état de au moveî

d’un appareil particulier qui a reçu le nom de puf vérisateur. Cette méthode de traitement par w eaux minérales, fortement critiquée à son origine' a reçu aujourd’hui la consécration de l’expérience et est appliquée sur. une large échelle dans les villes d’eaux minérales sulfureuses, dans le traitement des affections des bronches et de l’appareil respiratoire.

5' Des eaux minérales en vapeurs. — Les vapeurs que dégagent les eaux minérales thermales sont utilisées depuis longtemps en thérapeutique. Ces vapeurs sont naturelles ou artificielles suivant qu’elles se dégagent naturellement par suite delà température élevée des eaux, ou qu’il faut pour les produire chauffer ces eaux lorsque leur calorique naturel est insuffisant. On les emploie en bains, m douches et en inhalations.

6° Des eaux minérales en houe. — Pour en finir avec l’exposé des diverses manières dont se prennent les eaux minérales, il nous reste à dire quelques mots de l’emploi des eaux minérales en boue.

Les boues minérales sont naturelles ou artificielles. On ne les emploie qu’en bains. Celles dont on fait usage en France sont toutes naturelleSj et produites par le suintement des eaux minérales à travers un terrain argileux. Les malades se plon- •gent pendant un temps variable dans ces boues, à l’endroit même, où elles se trouvent.

. Classiücàtion.des eaux minérales. — Presque tous des auteurs qui ont écrit sur les eaux minérales eu -ont donné des classifications différentes. Cela tient ’à xe que chacun les a considérées à un point de ;vue . différent. . Ils ont fait des classifications géolo- ■gigues, , géographiques, physiques, chimiques ou médicales. . ■

' Classifications géologiques. — • Brongniart et Chevreul ont essayé de faire une classification des eau-^ minérales suivaiit un ordre géologique, et ont adniiï= cinq grandes classes d’eaux minérales correspondant aux cinq grandes divisions géologiques : rains primitif s,, terrains de sédiments inférieurs^ terrains de sédiments supérieurs , terrains de transition, terrains trachitiques anciens et modernes, mais leur classification n’a pas été admise. .

Classifications géologiques. — Géographiquenaenti on peut diviser les eaux minérales de France en quatre grands groupes qui sont : l" le groupe des Pyrénées; — 2“ le groupe de l'Auvergne ; — groupe du versant occidental des Alpes, du «

^ Ÿosges; — 4“ le groupe des contrées voisinesde \ la Seine et de la Loire. j

Qlassifications physiques. Les classifications pjiysiques des eaux minérales ne peuvent être basées Jpe sur la température; on a donc divisé les eaux ^érales en chaudes ou froides.

Classifications chimiques. — Les classifications pjjmiçues des eaux minérales sont les plus nombreuses, et leur nombre s’est accru à mesure que la chimie a fait des progrès plus grands. Pâtissier, ^ert, Pétrequin et Socquet, Chenu, Durand-Fardel, Félix Roubaud, ont proposé chacun leur classification. La plus simple est sans contre dit celle de Félix Boubaud qui fait rentrer les eaux minérales dans les cinq classes' suivantes, subdivisées en huit genres ;

Eaux sulfuriques (a. Sodiques, b. calciques); — 2» Eaux chlorurées sodiques ; — 3® Eaux sulfatées {a. sodiques, b. magnésiques, c. calciques) ; io Eaux carbonatées {a. sodiques, b. calcaires); 5» Eaux ferrugineuses.

Classifications médicales. — Les classifications médicales des eaux minérales peuvent être séparées en deux catégories distinctes : les unes sont purement médicales et les autres chimico-médicales. Dans la première catégorie rentrent la classification de Kreysig, qui divise les eaux en trois classes : 1° fortifiantes ou toniques ; altérantes ou correctives mixtes-., et celle de Pâtissier, qui ne reconnaît que deux grandes classes : 1° les eaux hypersténisantes, recommandées dans les maladies atoniques, torpides et indolentes; 2“ les eaux hyposthénisantes applicables aux a.^Qctions subaiguës, érétiques des systèmes cutané, musculaire, lym phatique, nerveux et sanguin.

Dans la seconde catégorie, trouve place la classification proposée par les auteurs de l'Annuaire. Ges messieurs divisent les eaux èn six classes, dont voici le tableau :

1° Eaux acidulés alcalines : — thermales et froides;

2“ Eaux calcaires ou acidulés simples : — toutes froides ;

3“ Eaux ferrugineuses : — thermales et froides ;

4° Eaux sulfureuses, ou plutôt sulfurées : — thermales et froides ;

3“ Eaux salines sulfatées : — thermales et froides ;

6“ Eaux salines chlorurées: — thermales et froides.

Parmi toutes ces classifications nombreuses et variées, c’est celle de Roubaud que nous accepterons. Comme lui donc nous formerons cinq grandes classes d’eaux minérales se subdivisant elles-mêmes, d’après les combinaisons de leurs principes constitutifs Cû huit genres dont nous reproduisons ici le tableau :

Classes.

1“ Eaux sulfurées .

2“ Eaux chlorurées .

3“ Eaux sulfatées .

4° Eaux carbonatées ....

Genres.

sulfurées sodiques.

sulfurées calciques.

I chlorurées sodiques.

f sodiques.

1 magnésiques.

( calciques.

i sodiques.

calcaires.

3* Eaux ferrugineuses.

Îp' *^^^sse. Eaux sulfurées. — Les eaux minérales “’fifurées forment la première classe de notre clas¬

sification. Elles se reconnaissent principalement à l’odeur de gaz hydrogène sulfuré qu’eUes exhalent. Elles se subdivisent en eaux sulfurées sodiques et en eaux sulfurées calciques, suivant la nature du terrain qui leur donne naissance, et les diverses combinaisons que forme le soufre avec les substances qu’elles y rencontrent.

Les eaux sulfurées sodiques émergent des terrains primitifs. Elles sont presque toutes thermales. Le soufre qu’elles contiennent est presque toujours a l’état de sulfure de sodium. Elles contiennent en outre, en dissolution, et en assez grande quantité, une substance azotée et gélatineuse appelée indifféremment barégine ou glairine. Leur réaction est alcaline, d’une saveur franchement sulfureuse; leur odeur varie selon leur état de décomposition. Presque inodores à leur origine, où elles ne dégagent que de l’azote, elles exhalent bientôt une odeur sulfureuse très accentuée, qui est due à la décomposition facile et prompte par l’air du sulfure qu’elles renferment.

Les principales stations d’eaux sulfurées sodiques sont : Amélie-les- Bains , Ax, Bagnols, Barèges, Cauterets, Eaux-Bonnes, Eaux-Chaudes, Escaldas, Guagno , Guitero , Luchon, Moligt, Olette , Pietrapola, la Preste, Saint-Honoré, Saint-Sauveur, le Vernet.

Les eaux sulfurées calciques émergent des terrains de transition. Elles sont presque toutes froides. Le soufre qu’elles contiennent primitivement est à l’état des sulfates de chaux qui se décomposent en passant dans les terrains chargés de matières organiques. Par suite de cette tranformation, elles renferment de l’hydrogène sulfuré libre, qu’on ne rencontre pas dans les eaux sulfurées sodiques. Leur réaction est très faiblement alcaline. Leur saveur est saumâtre , et leur odeur analogue à celle de l'acide sulfhydrique , qu’elles laissent dégager du reste mêlé à de l’acide carbonique.

Les principales stations d’eaux sulfurées calciques sont : Allevard, Cambo, Castéra-Verduzan, Enghien, Euzet, Gréôulx, Guillon, Montmirail, Pierrefonds, Uriage.

Les eaux sulfurées ont une double action générale et locale. Elles excitent la circulation et augmentent la vitalité de l’organisme : voilà pour l’action générale; elles stimulent les tissus sur lesquels elles sont appliquées ; voilà pour l’action locale.

Elles conviennent, en général, dans les affections chroniques du tube digestif, les. engorgements abdominaux, les affections catarrhales, la leucorrhée, l’aménorrhée, les névralgies, les douleurs rhumatismales, certaines paralysies essentielles, le lymphatisme, la chlorose, les plaies par armes à feu, les ulcères, les tumeurs blanches, enfin la diathèse herpétique et les maladies parasitaires de la peau.

2® classe. Eaux chlorurées. — Les eaux minérales chlorurées, que plusieurs auteurs appellent alcalines, forment la seconde classe. Elles sont plus souvent thermales ou tempérées que froides. Le chlorure de sodium est leur élément dominant viennent ensuite les chlorures de calcium et de magnésium. On y trouve aussi une grande quantité de principes minéralisateurs; des sulfates et des

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carbonates à bases diverses, du fer, du soufre, de 1 iode, ud brome et de l’acide carbonique. Quoique ce dernier y soit en quantité très variable, sa présence est très heureuse, car sans lui, il serait presque impossible de boire les eaux chlorurées , les chlorures étant supportés très difficilement par l’estomac. . , .

Les eaux chlorurées sont limpides, incolores et sans odeur. Quelques-unes, cependant, dégagent une légère odeur d’hydrogène sulfuré. Elles ont une saveur salée et amère. Leur action est purgative, stimulante et tonique.

Les principales stations d’eaux chlorurées sont : Balaruc, Bourbon-Lancy, Bourbon-l’Archambault, Bourbonne-les-Bains, la Bourboule, Luxeuil, Néris, Niederbronn, Saint-Nectaire, Salins, Soullz-les- Bains, la mer et les eaux mères des salines.

On traite avantageusement par les eaux chlorurées, les engorgements indolents , les douleurs articulaires, l’œdème, l’infiltration , les paralysies et certaines affections cutanées.

3' classe. Eaux sulfatées.— Cette troisième classe des eaux minérales est caractérisée par la prédominance des sulfates. Les principales bases de ces sels sont la soude, la magnésie et la chaux, ce qui nous a permis d’établir dans les eaux sulfatées les trois genres : 1° sulfatées odiques; 2" sulfatées magnésiques ; 3“ sulfatées calciques.

Les eaux sulfatées se rencontrent principalement dans les terrains de sédiments inférieurs, moyens et supérieurs. Elles ont une température variable, et leur degré de minéralisation est d’autant plus élevé que leur température est plus basse.

Les eaux sulfatées sadiques sont très peu nombreuses en France. Il en est de même des eaux sulfatées magnésiques. Ces deux genres d’eaux minérales ont les mêmes propriétés. Elles sont laxatives, apéritives et quelquefois sédatives. On les ordonne dans les engorgements des organes abdo- ' minaux, dans les affections chroniques du tube digestif , du foie , de l’utérus , dans la goutte , les catarrhes urinaires, et certaines dermatoses.

Parmi les principales eaux qui rentrent dans ces deux genres, nous citerons ; Bains, Chatèlguyon, Miers et Plombières, qui sont sulfatées sodiques ; Saint-Félix, Montmirail, Sermaise et Soulieux, qui sont sulfatées magnésiques.

Les eaux sulfatées calciques sont nombreuses en France. Elles exercent, suivant M. Pélrequin, une influence évidente sur les voies urinaires; elles sont diurétiques et impressionnent la muqueuse vésicale. Plusieurs agissent sur la muqueuse des voies respiratoires ; elles sont purgatives ou calmantes suivant leur degré de minéralisation. On les emploie avec avantage dans les névroses et les affections spasmodiques, dans les dysenteries chroniques et dans les catarrhes urinaires.

Les principales stations d’eaux sulfatées calciques sont : Audinac, Aulus, Bagnères-de-Bigorre, Bagnols, Capvern, Heucheloup, Contrexeville, Dax, Encausse, Ussat, Vittel.

4“ classe. Eaux carbonatées. — Les eaux carbonatées, qui sont très nombreuses en France, sont caractérisées par la prédominance des carbonates alcalins. On y rencontre cependant d’autres élé-

ments tels que des sulfates, des chlorurp du soufre, etc. La température de ces eau ’ variable, puisque les unes sont chaude^ autres froides. Elles sont transparentes V sans odeur bien marquée, insipides ou alcaline, présentant un goût aigrelet ou couvés, suivant qu’elles dégagent plus ment de l’acide carbonique ou de l’acide s^i??' drique.

Les eaux carbonatées sodiques peuvent se ' mer dans ces quelques lignes, que nous 0111^' tons au rapport fait, à l’Académie, par Pâtissier”^

1851 : « Ces eaux sont éminemment altérant^ c’est-à-dire qu’elles ont la propriété de changer k constitution des liquides et des solides de l’écono mie ; elles diminuent la plasticité du sang, rendent plus fluides nos humeurs et impriment un caractère alcalin aux sécrétions acides, particulièrement aux urines et aux sueurs. Leur principale vertu thérapeutique se déploie dans les maladies chroniques des viscères du bas-ventre, dans la dyspepsie, la gastralgie, l’entérite et la colite chroniques les engorgements passifs du foie, delà rate, les coliques néphrétiques, la gravelle, la goutte. Le plus ordinairement, l’amélioration ou la guérison de ces maladies s’effectue d’une manière insensible, sans qu’il apparaisse de mouvement critique. »

Les principales sources carbonatées sodiques sont : Avène, Ghateauneuf, Chaudesaigues, Leboulou, Mont-Dore, Royat, Saint-Alban, Sail-sous-Couzan, Soultmatt, Vais, "Vichy.

Les eaux carbonatées calcaires, dans lesquelles le bicarbonate de chaux domine, mais accompagné d’une assez grande quantité de bicarbonate de soude, jouissent des mêmes propriétés que les eaux carbonatées sodiques. Toutefois ces propriétés sont plus faibles.

Quelques sources présentent si peu de carbonates qu’elles n’ont aucune propriété médicatrice. On ne les emploie alors qu’en boisson à cause de l’acide carbonique qu’elles contiennent.

Les principales sources carbonatées calcaires sont ; Aix, Alet, Chateldon, Clermont, Condillac, Fougues, Renaison , Saint-Galmier, etc.

5' classe. Eaux ferrugineuses. — De toutes les eaux minérales répandues sur le sol français, les eaux ferrugineuses sont les plus nombreuses. Elles sont presque toutes froides. Le fer n’existe dans aucune à l’état de métal pur. Il existe tenu en dissolution par l’acide carbonique, l’acide crénique et l’acide sulfurique. C’est donc à l’état de carbonate, de crénate et de sulfate, que le fer se rencontre dans les eaux minérales. Les autres substances que l’on trouve dans les eaux ferrugineuses son des chlorures de calcium et de sodium, des carbonates et des sulfates de chaux, de soude, etc. Enfin, on trouve encore dans les eaux ferrugine^®® des gaz, tels que l’acide carbonique, l’acide sulfby' drique, etc.

L’action physiologique et thérapeutique des eaux ferrugineuses et les maladies contre lesquelles on les emploie sont si connues des médecins et de gens du monde, que nous ne croyons pas utn d’y insister. Nous rappellerons seulement, pour i forme, qu’elles sont essentiellement toniques et rc-

constituantes et qu’on les emploie avec succès l contre l’anémie, la chlorose, les gastralgies, l’aménorrhée, la leucorrhée, la blennorrhée, les convalescences, etc.

Les principales sources d’eaux ferrugineuses françaises sont : Andabre, Auteuil, Bussang, Forges, Lamalou, Neyrac, Orezza, Oriol, Passy, Fougues, Provins, Rennes, Renlaigue, Saint-Pardoux , Svlvanès, Versailles, etc. D'' Paul Lababthe.

EAUX POTABLES. - L’eau est indispensable à l’alimentation et à la nutrition ; elle est la boisson habituelle de l’homme et des animaux. Elle existe dans tous les liquides, de l’économie, sang, lymphe, sécrétions diverses, etc., et dans les tissus solides où elle est à l’état de combinaison. L’eau constitue à elle seule les deux tiers du poids total du corps, puisque Burdach a calculé qu’elle entrait pour 50 kilos dans le poids total d’un individu pesant 75 kilos. Ainsi :

Sur 1000 parties d’os, il y a 130 parties d’eau,

• — de muscles — 750 —

— de cerveau,, — 789 —

— *. de lait — 887 —

— de sang — 795 —

— de lymphe — 960 —

— de sueur — 986 —

ce qui a fait dire au grand Bordeu : « Nous ne sommes qu’un amas, une espèce de brouillard épais enfermé dans quelques vessies. »

L’eau ne sert pas seulement à la nutrition, en devenant partie essentielle des tissus et des liquides du corps humain, elle est encore l’intermédiaire indispensable de toutes ses fonctions, puisque la plupart des aliments ingérés doivent être dissous dans l’eau avant d’être absorbés ; et pour que cette absorption s’exécute normalement, il est nécessaire que ces dissolutions alimentaires soient très étendues. L’eau est aussi l’agent qui propage et équihbre la chaleur dans tout le corps et donne a^x membres la souplesse, l’élasticité et la perméabilité sans laquelle les organes ne pourraient pas remplir leur rôle.

On peut évaluer en moyenne à 2 kilogrammes ou 2 htres la quantité d’eau qu’un homme adulte doit prendre par 24 heures dans ses aliments et dans ses boissons, car c’est à peu près la quantité perdue et éliminée dans le même temps , sous forme liquide par les appareils sécréteurs au premier rang desquels il faut placer les reins, et sous forme de vapeur par les poumons et par la peau.

L’eau est donc bien réellement indispensable à la nutrition. L’homme peut se passer de tout autre liquide, mais il ne peut se passer d’eau ; il peut remplacer le pain par d’autres aliments, il ne peut pas remplacer l’eau.

On conçoit dès lors toute l’importance qu’il y a, point de vue de l’hygiène et de la salubrité, à avoir dans les villes et les campagnes des eaux abondantes et pures.

Avant de nous occuper des diverses qualités que

oivent avoir les eaux utilisées pour l’alimentation, ûe dire comment on les reconnaît, enfin , d’indiquer

1® auxquels on doit avoir recours pour les

y anfier, les rectifier, les conserver et les distribuer, Dictionnairb populaire de Médecine usuelle.

rappelons les préceptes relatifs à la quantité d’eau que l’homme doit ingérer, en moyenne, pour conserver la santé.

« Pour la conservation de la santé, dirons-nous avec Bouchardat, il est mieux d’ingérer habituellement la quantité d’eau nécessaire à l’accomplissement régulier des fonctions, que d’en prendre en excès ou en trop faible quantité. Bien que les inconvénients soient souvent faibles ou nuis, qu’üs passent plus souvent encore inaperçus ou ne se manifestent qu’à la longue et par une observation attentive de la santé, il est mieux de se tenir dans une Juste mesure.

« Voici les principaux inconvénients d’une quantité d’eau trop faible ingérée journellement et habituellement: la sécrétion de la salive ne le produit que d’une façon intermittente aux repas ; la sécrétion du mucus buccal est continue ; l’alcalinité de la salive ne saturant pas l’acidité du mucus ; le liquide buccal est habituellement acide ; les dents sont attaquées et se carient, d’où cette observation : que les personnes qui boivent infiniment peu d’eau perdent ordinairement leurs dents dans un âge peu avancé.

« Quand toutes les conditions favorables de la polyurie se trouvent réunies chez un individu, et quand il ne boit pas la quantité d’eau nécessaire pour amener ses urines à une densité au-dessous de i .020 en moyenne, il est menacé de gravelle ou de calculs uriques.

« L’habitude de boire de trop grandes quantités d’eau présente des inconvénients qui ne se manifestent le plus souvent qu’à la longue, et qui consistent surtout en troubles digestifs et en un affaiblissement général prématuré.

« La distension de l’estomac que détermine l’ingestion simultanée de beaucoup d’aliments mal mastiqués et d’une grande quantité d’eau, est, d’après une longue observation, cause de gastralgie et de difficultés dans la digestion ; c’est encore une prédisposition à la glycosurie.

« Les polydipsiques qui boivent de grandes masses d’eau, quoiqu’il ne perdent aucun aliment important par la sécrétion urinaire, sont cependant généralement faibles. On mesure la quantité de liquide que doivent ingérer journellement les boxeurs soumis à l’entraînement ; malgré la violence de leurs exercices, ils ne doivent boire qu’une quantité d’eau modérée. D’après ces faits je regarde comme fondée l’opinion qui considère comme nuisant au développement de la force, l’abus des boissons aqueuses. »

Quelles sont les qualités requises pour une eau potable ? — L’homme emprunte l’eau nécessaire à son alimentation, soit aux eaux pluviales ou de citerne, soit aux puits, soit aux sources, soit aux rivières ou aux fleuves. «

Avant de passer en revue les eaux de ces diverses provenances, voyons qu’elles sont les conditions que doit remplir une eau pour être potable et bonne. 'Elle doit être limpide, légère, aérée, tempérée en hiver, fraîche en été, inodore et d’une saveur agréable. Elle doit tenir en dissolution un certain nombre de geus provenant de Voir atmosphérique : et des substances minérales en proportions conve-

EAU

nahles ; elle doit dissoudre les savons sans former de grumeaux, cuire les légumes secs; enfin, elle doit être exempte de matières organiques ou n'en contenir qu'en proportions infinitésimales.

Quelques mots sur les principales de ces qualités.

Limpidité. — Parmi les caractères essentiels de la potabilité de l’eau, celui de sa limpidité doit être impérieusement exigé. En général, et cela est ordinairement suffisant, on le constate en s’assurant, par un simple examen, de la transparence du liquide. Mais on obtient un renseignement plus complet, lorsque, employant le procédé préconisé par Marchand, on fait traverser par un rayon de soleil l’eau renfermée dans un flacon de cristal entouré de papier noir portant deux ouvertures rectangulaires opposées, dont l’une est destinée au passage du fluide lumineux, tandis que l’autre reçoit le regard de l’observateur. Lorsque le liquide est optiquement pur, dit Marchand, la lumière le traverse sans obstacle ; mais, pour peu qu’il soit chargé de particules maintenues en suspension, chacune de ces particules, en s’éclairant, devient appréciable à la vue, lorsque, sans cet artifice, elles restaient invisibles.

Légèreté, aération. — L’eau doit être légère et aérée, c’est-à-dire qu’elle doit tenir en dissolution une proportion convenable de gaz, sons peine d’être fade et indigeste. On s’assure de l’aération en faisant chauffer l’eau ; on voit alors s’en dégager des bulles de gaz. Il est très facile d’aérer l’eau en la battant ou en la faisant tomber de haut dans un vase.

Gaz en dissolution. — Les gaz contenus en dissolution dans l’eau potable sont l’oxygène, l’azote et l’acide carbonique qu’elle emprunte à l’air atmosphérique. La quantité moyenne varie de 30 à 50 centimètres cubes par litre. On y trouve aussi une très minime partie d’ammoniaque combinée.

L’oxygène est utile à la digestion et sa présence en quantités notables est incompatible avec celle des matières organiques de la nature des ferments. Quant à l’acide carbonique, il donne à l’eau de la sapidité, il excite l’appétit et favorise la digestion. Déplus, comme le carbonate de chaux est le principe calcaire le plus utile dans les eaux potables, et que ce sel n’est soluble que dans une eau qui renferme un excès d’acide carbonique, on voit combien la présence de ce gaz est indispensable.

Substances minérales en dissolution. — Nous avons dit qu’une eau potable doit contenir un certain nombre de substances minérales en dissolution, celles-ci, qui s’y trouvent à l’état de sels, sont les bicarbonates de chaux et de magnésie, les fluorures, les chlorures de magnésium et de calcium, la silice. Qes sels doivent y figurer en proportions faibles et telles qu’ils ne doivent pas fournir par l’évaporation de l’eau, plus de 20 à 40 ou 50 centigrammes de résidu total fixe par litre. Quant aux sulfates., ils donnent à l’eau une saveur douceâtre désagréable, et se décomposent facilement sous l’influence des matières organiques en donnant naissance à de l’hydrogène sulfuré. Us sont donc inutiles, pour ne pas pas dire nuisibles.

Dissolution des savons. “ Les eaux potables

doivent dissoudre les savons sans former d meaux. Lorsqu’elles ne les dissolvent pas prouve qu’elles contiennent une quantité d’ calcaires dépassant plus ou moins la proporP 50 centigrammes par litre que nous venons quer comme dose moyenne d’une bonne eau r grumeaux, en effet, qu’on observe dans les e chargées de chaux, ne sont autres que des sav^'*^ insolubles à base de chaux dus à une double ?

composition. Les oléates, margarates ou stéarate de potasse ou de soude qui constituent les savons* forment avec les sels de chaux des oléates, des margarates et des stéarates de chaux insolubles qui surnagent à l’eau.

Cuisson des légumes— Mus avons dit aussi que les eaux potables devaient cuire les légumes secs haricots, pois, lentilles, etc. Lorsque ces eaux renferment des sels calcaires en excès, ces sels se décomposent par l’ébullition, le carbonate et le sulfate de chaux se précipitent et forment autour des légumes une sorte de croûte qui ne laisse passer la chaleur qu’avec beaucoup de difficultés et empêche leur cuisson.

Matières organiques. — « Les eaux essentiellement saines, — dit le rapport de la commission d’enquête sur les projets d’assainissement de la Seine, nommée en 1876, et présidée par notre illustre maître et ami le professeur H. Bouley, — les eaux essentiellement saines et potables comme celles d’un grand nombre de sources, ne contiennent presque jamais de matières organiques; au contraire, les eaux malsaines en contiennent une quantité notable, à moins qu’elles ne doivent leur insalubrité à des matières minérales vénéneuses ou à-la surabondance de certains sels. Donc, il faut rejeter, au moins comme suspectes et dangereuses, toutes les eaux où la matière organique atteint certaines doses. Quant à l’insalubrité de la matière organique, on lui reconnaît plusieurs causes. La première atteint le maximum d’insalubrité , et peut être fatale lorsquelle est vivante, c’est-à-dire sous forme d’êtres organisés : tel est son état, au moins partiel dans l’eau des marais. On attribue à certains de ces êtres le pouvoir de se multiplier dans l’organisme humain et d’apporter un trouble funeste dans son fonctionnement. Le danger est moindre lorsque la matière n’est point organisée ; cependant il ne faut pas perdre de vue qu’ alors elle est dans la période de sa décomposition; il lui faut de l’oxygène; elle consomme d’abord celui qui est dissout dans l’eau; puis, à moins de conditions spéciales, favorables a la diffusion de l’oxygène de l’air, la décomposition putride s’en empare. Si la matière organique est végétale, l’eau prend le plus souvent l’odeur de croupi; si la matière est animale, l’odeur est plus prononcée et plus infecte. En même temps, les germes partout répandus d’organismes végétaux ou animaux se développent au sein de l’eau corrompue, soit directement aux dépens de la matière organique, soit en assimilant les produits de sa décomposition ; -alors la matière inerte est redevenue vivante et insalubre au premier chef. Rien ne prouve, d’ailleurs, que cette transformation soi nécessaire pour que l’eau soit malfaisante ; tence des ferments solubles à côté des ferments

EAU

EAU

figurés autorise à penser que l’organisme humain peut être atteint par des matières simplement solubles, aussi bien que par des microzoaires ou des

microphytes.

a Ainsi la matière organique peut être insalubre fiirectement, surtout si elle est organisée, ou indirectement en consommant l’oxygène de l’eau et en servant d’aliment à des êtres organisés. »

Moyens de reconnaître les eaux potables. — Pour établir la différence qui existe entre les eaux saines et celles qui ne le sont pas, M. Gérardin, dans un mémoire adressé à l’académie des sciences en 1875, donnait les indications suivantes : « Une eau est saine lorsque les animaux et les végétaux, doués d’une organisation supérieure peuvent y vivre. Au contraire, une eau est infectée lorsqu’elle fait périr les animaux et les végétaux doués d’une organisation supérieure, et qu’elle ne peut nourrir que des infusoires ou des cryptogames, et Dumas, en communiquant ce mémoire à ses collègues ajoutait :

« n n’existe pas de meilleur moyen pour fixer le caractère d’une eau que de constater si dans cette eau peuvent vivre les poissons et les plantes aquatiques Les poissons y meurent-il? les plantes dépérissent-elles ? le caractère est certain, l’eau est infectée et ne peut servir aux usages domestiques; dans le cas contraire, on peut considérer l’eau comme bonne. »

Lorsqu’on veut examiner une eau au point de vue de sa composition, on peut arriver facilement et assez vite à reconnaître si elle peut servir aux usages domestiques de la manière suivante :

On prend un ou deux litres d’eau, on les évapore lentement à moitié, puis on filtre. Il faut avoir soin, comme le recommande Riche, à qui nous empruntons la description du procédé, de ne chauffer le liquide que par le fond, pour qu’il n’y ait pas calcination de la matière qui se dépose sur les parois au fur et à mesure de l’évaporation ; on recueille un précipité de chaux et de magnésie qu’on lave, qu’on sèche et qu’on, pèse.

On évapore le reste de l’eau presque à sec, on filtre et on recueille le sulfate de chaux dont on prend le poids.

Ordinairement ces deux essais suffisent. On peut évaporer le reste de l’eau et peser le résidu.

On peut aussi évaporer lentement un ou deux litres d’eau dans une capsule de porcelaine, et, quand on approche de la fin, décanter le résidu dans une petite capsule de porcelaine tarée. On a soin de laver avec précaution la grande capsule et de réunir les eaux de lavage dans la petite. On évapore ensuite à sec : l’augmentation du poids de la capsule fait connaître le résidu sec.

Souvent on dose approximativement dans ce résidu le carbonate et le sulfate de chaux par le ^oyen suivant : on le traite par un peu d’acide acétique et d’alcool ; le carbonate est attaqué, et le sulfate reste inaltéré. Si on lave la capsule à l’alcool puis qu’on la sèche à 100“, le nouveau poi(^ lait connaître par la différence le carbonate enlevé, cl par suite, le sulfate.

On reconnaît la présence des matières organiques orsque l’eau, portée à ébullition avec quelques gouttes de chlorure d’or, prend une couleur brune

due à la réduction du sel d’or. Robinet préférait employer le nitrate acide d'argent qui décèle la présence de la matière organique avec laquelle il donne une coloration rouge kermès d’autant plus intense que la proportion de cette matière est plus grande.

Moyens pratiques de purifier, de rectifier et de conserver les eaux potables. — La purificatiou des eaux se fait par épcration et par filtration.

L’épuration s’obtient en faisant reposer l’eau. A Marseille où les eaux de la Durance arrivaient toujours limoneuses, on a disposé sur le parcours du canal quatre grands bassins d’épuration, d’où, grâce a leur pente insignifiante, l’eau s’écoule lentement, laissant déposer dans chacun, la plus grande partie de son limon. Mais, comme le constatent MM. Maurin et Roussin, dans leur Étude sur les eaux potables de Marseille, « pendant les jours d’orage, de pluie ou de tempête, moment où la décantation est surtout utile, l’eau n’abandonne pas dans les bassins d’épuration les matières qu’eUe tient en suspension. »

Pour arriver à une dépuration suffisante, il faudrait que l’eau séjourne et repose pendant plusieurs jours dans les bassins. Cela résulte des expériences faites à Lyon sur les eaux du Rhône par M. Termes, et à Bordeaux sur les eaux de la Garonne par M. Leupold. Ces messieurs n’ont obtenu une eau limpide et entièrement dépouillée de toute matières en suspension qu’après 10 jours de repos.

Ce repos de 10 jours est même insuffisant pour certaines eaux, comme celles de Versailles, par exemple, que le repos le plus prolongé n’arrive jamais à débarrasser complètement des substances qui en troublent la limpidité et leur donnent leur teinte blanchâtre.

En somme : « le repos ne peut donc pas être adopté comme méthode définitive de classification de l’eau destinée à l’alimentation des grandes villes, dirons-nous avec Arago ; il peut, toutefois, être considéré comme un moyen de la débarrasser de tout ce qu’elle renferme en suspension de plus lourd et de plus grossier. C’est sous ce point de vue seulement que des bassins, que des récipients de dépôt ont été préconisés en Angleterre et en France, et qu’ils rendent de grands services. La filtration serait impossible sans eux dans les crues. »

La filtration, soit naturelle soit artificielle est un moyen de purification des eaux bien supérieur. Une filtration parfaite, dit Bouchardat, débarrasse l’eau : 1“ des matières morganiques en suspension ; 2“ des ovules des helminthes ; 3“ des ferments organisés vivants, et particulièrement des ferments moteurs de la putréfaction. La filtration est impuissante pour séparer de l’eau les ferments solubles : ce n’est donc pas un mode absolu de purification des eaux potables, mais il faut reconnaître que celles qui contiennent ces ferments solubles nuisibles sont très rares.

En Chine, pour obtenir la purification des eaux destinées à l’alimentation, on fait usage de l’alun. Ce sel en effet, à la dose de iO centigrammes par litre, a la propriété de précipiter les matières terreuses dont l’eau est chargée, et à cette dose, il est absolument inoffensif pour la santé.

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Le véritable moyen pour purifier complètement l’eau consiste a la faire bouilliv ,

La rectification des eaux crues ou dures, qui ne dissolvent pas le savon et ne cuisent pas les légumes, c’est-à-dire dans lesquelles les sels calcaires sont' en proportions trop fortes, s’obtient en les faisant bouillir. L’acide carbonique qui rendait ces sels solubles se dégage et ceux-ci se déposent au fond et sur les parois du vase.

On peut aussi détruire la dureté et la crudité des eaux en additionnant celles-ci de 1 à 2 grammes environ de carbonate de soude par litre. Le carbonate de soude et le sulfate de chaux sont décomposés, il se forme un carbonate de chaux (craie) insoluble et inerte, et un peu de sulfate de soude qui est absolument inoffensif à cette dose.

Certaines personnes remplacent le carbonate de soude par le carbonate de. potasse. Ce dernier est dangereux, car la décomposition de ce sel et du sulfate de chaux donne, avec un carbonate de chaux inerte, un sulfate de potasse qui est vénéneux, même à dose, peu considérable.

Distribution des eaux. — Cette question si importante dans les villes est plutôt du domaine de l’ingénieur que de celui du médecin. Toutefois, comme médecin et comme hygiéniste, nous dirons que l’eau ne doit être distribuée qu’après avoir été purifiée, que cette distribution doit être très large, et que les tuyaux destinés à la porter à domicile doivent être inoffensifs, c’est-à-dire ne l’altérant pas.

Jusqu’à ces dernières années on a employé d’une manière presque exclusive les tuyaux de plomb Or il est aujourd’hui démontré que l’eau dissout une quantité appréciable de ce métal, et que l’usage alimentaire de ces eaux peut être suivi d’accidents toxiques plus ou moins graves, sans qu’il soit nécessaire que la dose de plomb absorbée soit forte, au contraire ; car on a observé plusieurs cas de paralysie saturnine consécutifs à l’usage d’une eau qui renfermait environ 1 milligramme de plomb par litre. M. Hamon, dans une brochure intitulée ; les Eaux potables et le plomb, publiée en 1884, propose de leur substituer des tuyaux de plomb doublés à l’intérieur d’un véritable tube d’étain pur faisant corps avec la gaine d’enveloppe. On peut aussi se servir de tubes en fonte ou en fer forgé dont l’intérieur peut être recouvert d’un enduit vitreux, ou encore de tubes de gutta-percha, mais ils sont trop dispendieux. En somme, les meilleurs tuyaux seraient les poteries en grès ; malheureusement leur extrême fragilité s’oppose à leur emploi.

Valeur des diverses eaux potables.— Nous avons dit plus haut que les eaux employées pour l’alimentation de l’homme, provenaient principalement des eaux de pluie, de citerne, de mares, de puits, de fontaines, de sources et de rivières. Pour juger la valeur des eaux de ces diverses provenances nous renvoyons le lecteur aux mots : Citerne, Pluie Mare, Puits, Fontaims, Sources, Rivières (V. aussi Filtration, Filtre , Égouts). d' Paul Labarthe.

ÉBLOUISSEMENT. — On donne ce nom à un malaise passager, caractérisé par un trouble momentané de la vue, causé par l’impression subite d’une

lumière trop vive, ou par quelque cause path I que telle que anémie, chlorose, congestion braie, etc. p |

ÉBULLITION. — Nom donné au passage d’un v 1 quide à l’état de vapeur' sous l’influence du cal • que. La température nécessaire pour prod°^'' i l’ébullition varie avec les liquides. p

ECCHYMOSE. — On donne ce nom à l’inflltr ■ tion du sang dans les mailles du tissu cellulaire' les ecchymoses sont d’autant plus étendues quei^ région est plus vasculaire et le tissu plus lâche.

Une ecchymose reste rarement circonscrite dans la partie où elle s’est formée ; le sang obéissant à l’action de la pesanteur s’infiltre dans les parties déclives en suivant les gaines aponévrotiques, et les interstices celluleux qui lui offrent le moins de résistance.

C’est surtout dans les fractures que ces ecehymoses sont remarquables. Produites graduellement par le suintement du sang provenant de l’os fracturé, elles obéissent à l’action de la pesanteur, à la disposition anatomique de la région, se montrent dans des lieux déterminés et constituent un signe diagnostique important.

Leur couleur est noire, bleuâtre, violet foncé, jaune paille, rouge vif sous la conjonctive et sous les muqueuses, probablement par l’action de l’air sur le sang à travers la couche épithéliale. D’ailleurs ces couleurs se modifient et passent des teintes foncées aux teintes claires.

La durée des ecchymoses est très variable et en rapport avec l’abondance de sang épanché et la densité du tissu cellulaire.

La forme des ecchymoses dépend souvent de celle des agents vulnérants : un coup de poing produit une ecchymose arrondie; un coup de fouet, longitudinale. Sur le cadavre on ne peut produire d’ecchymose , circonstance importante en médecine légale; la putréfaction détermine seulement des vergetures sur le trajet de certaines veines. Sous l’influence d’une vive succion, on peut également produire des ecchymoses allongées.

Le traitement de l’ecchymose est celui de la contusion, dont elle n’est, somme toute, que le premier degré (V. Contusion, Blessure).

D' Léon Moynac.

ÉCHALOTE. — On donne ce nom à une plante potagère de la famille des liliacées, originaire de la Palestine et que l’on prétend avoir été importée en France par Philippe 1" à la suite de la première croisade. Le bulbe de la plante, qui ressemble a celui de l’ail commun comme forme, mais qm recouvert d’une tunique rougeâtre, a une odeur e une saveur fortes, rappelant celles de l’aüj moins désagréables toutefois qu’elles. Elle est employée comme condiment, cuite ou crue suivant les plats auxquels on la mêle. Coupée en morceaux» avec de l’eau, du sel et du poivre, l’échalote consti* tue la sauce si connue sous le nom de sauce homme. D’une digestion difficile, communiqn^* l’haleine une odeur fétide, excitant la soif, les échalotes ne conviennent ni aux femmes, ni aux e®'

fants, non plus qu aux individus dyspeptiques et doués d’un estomac délicat.

ÉCHARDE. — On donne ce nom à de petits corps aigus, le plus souvent des aiguilles de bois ou des fragments métalliques, introduits accidentellement dans l’épaisseur de la peau, où ils peuvent déterjniner des accidents inflammatoires tels que abcès, panaris, etc. La première indication, lorsqu’on a une écharde dans la main. Consiste à l’extraire à l’aide d’une pince, d’une pointe de .canif ou d’une épingle. Lorsque le corps étranger a été enlevé, on fait un petit pansement émollient. (V. Plaie), p. l

ÉCHARPE. — On donne ce nom en chirurgie à un bandage plein destiné à soutenir l’avant-bras fléchi sur la poitrine. 11 est trop connu pour que

nous en donnions la description. Il suffit de regarder la figure 409 pour comprendre comment on l’applique. L’écharpe s’emploie dans les maladies et les blessures de l’épaule, du bras, du coude, de l’avant-bras et de la main. P. L.

ÊCHAUFFEMENT. — Mot employé vulgairement tantôt comme synonyme de blennorrhagie, tantôt comme synonyme de constipation (V. ces mots).

ÉCHINOCOQÜE. — (V. Ilydatides.)

^ ÉCLAIRAGE. — L’éclairage n’est autre chose que 1 emploi de la lumière artificielle pour permettre à 1 homme d’y voir r.lai> lorsque la lumière solaire lui fait défaut.

Les différentes substances employées maintenant pour l’éclairage artificiel sont le suif, la cire, sous orme de chandelles et de bougies ; les huiles

grasses végétales, huile de colza, d'œillette, de] cAènevis, de nxnx ; les huiles minérales telles que le pétrole, le schiste, qu’on brûle dans des lampes ; le gaz et enfin l’électricité.

Passons rapidement en revue ces différents modes d’éclairage, voyons leurs avantages, leurs inconvénients et leur influence sur la santé en général et sur la vue.

1° Suif. — Chandelles. — La chandelle fabriquée avec du suif, mélange de la graisse de tous les animaux, donne en brûlant une flamme continuellement vascillante aussi bien dans le sens horizontal que dans le sens vertical ; ces vascillations sont dues à l’agitation de l’air déterminé par réchauffement et la dilatation des couches immédiatement en contact avec la mèche en ignition, et leur remplacement par des couches d’air froid. De plus, la flamme de la chandeUe diminue au fur et à mesure que la mèche s’allonge et que la combustion devient de plus en plus incomplète. Il faut alors recourir aux mouchettes. Ajoutons que la combustion très imparfaite du suif de chandelle donne lieu à un dégagement de vapeurs dans lesquelles il y a des gaz hydrogène et carbonés, des traces d’acide stéarique, oléique et margarique et des huiles empyreumatiques , qui, respirées, irritent les muqueuses des voies aériennes et de la gorge, et déterminent un picotement pénible et de la toux. Ces vapeurs exercent aussi leur action irritante sur la muqueuse lacrymale et produisent souvent du larmoiement. Quant à l’intensité de la lumière d’une chandelle elle n’est pas considérable, si nous prenons pour terme de comparaison une lampe Garcel, et si nous représentons l’intensité de sa lumière par 100, celle de la chandelle sera de 10 seulement.

En somme, la chandelle de suif constitue un procédé d’éclairage défectueux.

2“ Cire. — Eougies. — Les bougies que l’on fabrique soit avec la cire des abeilles, soit avec l’acide stéarique, soit avec de la cétine, donnent en brûlant une flamme qui varie beaucoup moins que celle de la chandelle, parce que la mèche se détruisant spontanément et facilement, sans qu’il y ait besoin d’avoir recours aux mouchettes, il s’ensuit que les oscillations de la flamme des bougies sont beaucoup moins fréquentes et beaucoup plus petites que celles de la flamme des chandelles. De plus, les bougies brûlent complètement en donnant peu de fumée et en répandant des vapeurs beaucoup moindres, ne renfermant que des traces presque insensibles d’huile empyreumatique, et par suite n’irritant pas la gorge et les yeux comme celles des chandelles.

D’après Becquerel l’intensité de la lumière d’ime bougie est supérieure à celle d’une chandelle. En prenant toujours comme terme de comparaison une lampe Carcel, dont nons représenterons l’intensité de lumière par 400, Becquerel a trouvé que celle de la bougie de cire d’abeille était de 13,61, celle de la bougie stéarique de 14,30 et enfin celle de la cétine de 44,40.

La bougie constitue donc un procédé d’éclairage bien supérieur à la chandeUe. Seulement si une bougie est suffisante pour les occupations peu prolongées et n’exigeant pas une grande lumière, nous

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sommes d’avis que, lorsqu’on doit passer plusieurs heures à lire, à écrire, à dessiner, à coudre ou à broder, il faut avoir deux bougies allumées et garnies d’un abat-jour qui a le double avantage d’augmenter l’intensité de la lumière et d’empêcher les oscillations de la flamme, si fatigantes pour la vue.

Huiles grasses végétales. — Lampes. — Nous avons dit que les principales huiles végétales employées pour l’éclairage sont : l’huile de colza, l’huile d’œillette, l’huile de chènevis et l’huile de noix. L’huile de colza, bien purifiée et débarrassée des mucilages végétaux qu’elle renferme presque toujours, est la meilleure de toutes. Après elle viennent, par ordre de valeur, l’huile d’œillette extraite de graines contenues dans les capsules du pavot, qiii est un peu visqueuse, puis l’huile de chènevis qui est jaune, visqueuse et âcre, et enfin l’huile de noix, plus visqueuse et plus âcre encore, et de beaucoup la moins bonne de toutes.

Quant aux lampes, les plus employées sont sans contredit les lampes Carcel et les lampes à modérateur.

Ces dernières sont des lampes à double courant d’air, dans lesquelles le réservoir d’huile est audessous de. la mèche. Un piston, poussé par un ressort à boudin qui comprime l’huile lorsqu’il est au bout de sa course , la fait monter jusqu’à la mèche.

Dans les lampes Carcel, le réservoir est aussi au-dessous de la mèche et l’huile parvient jusqu’à elle, sous l’influence d’un mouvement d’horlogerie. Les lampes Carcel sont incontestablement les meilleures.

Lorsqu’on brûle de l’huile de colza bien épurée dans une bonne lampe Carcel ou dans une bonne lampe modérateur, A mèches circulaires, munies d’un verre formant cheminée d’appel , et qu’on a soin de faire brûler la mèche à blanc, en maintenant le tirage dans des conditions telles que toutes les vapeurs fournies par l’huile soient entièrement brûlées, on obtient une flamme très éclatante, sans la moindre fumée. Lorsqu’on fait usage de la lampe' à huile, il faut avoir soin de toujours faire arriver l’huile sur la mèche en quantité suffisante pour que cellem ne charbonne pas en brûlant ; il faut aussi éviter de trop monter la mèche afin qu’elle ne fume pas , car alors elle dégage des vapeurs d’une odeur particulièrement 'désagréable et capable, ainsi que l’a plusieurs fois observé le professeur Parrot, de provoquer des accès de suffocation chez les asthmatiques.

L’éclairage à l’huile de colza et à la lampe Carcel dans les conditions que nous venons d’énumérer est sans contredit, le meilleur éclairage privé qu’on puisse avoir.

Huiles minérales. — Le pétrole est une huile minérale naturelle qui jouit sans doute d’un pouvoir éclairant remarquable et qui a l’avantage d’être peu cher, mais ces deux avantages ne nous semblent pas suffisants pour justifier son emploi dans l’éclairage privé.' En effet , le pétrole développe une température très élevée, et laisse échapper dL huiles enpyreumatiques d’une odeur absolument insupportable. De plus, il s’enflamme très facilecompte plus

ment et détone avec violence. On i

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le nombre des brûlures quelquefois mortpli a occasionnées et les incendies parfois râbles qu’il a allumés. Son emmagasina*^°“®*^transport, son maniement, offrent des dang tinuels. Pour toutes ces raisons nous ne conseiller l’emploi du pétrole pour l’éclairS'^^^®®® Gaz. - Le gaz constitue un excellent nS ... clairage public, adopté dans toutes les villps les édifices publics, les théâtres, etc. Mais n ’ ■ sommes nullement partisan de son emplori l’éclairage privé, et surtout dans les pension^ les colleges, où il commence à

parce qu’il exerce sur l’homme un certain nomh^’ d’influences spéciales néfastes.

D’après Becquerel, ces influences sont les savantes :

1“ Le séjour continuel dans un lieu où brûle le gaz d’éclairage détermine souvent de la toux, une irritation bronchique, et peut, s’il y a une prédis position, favoriser le développement de maladies plus graves des poumons, et en particulier des tubercules.

2“ Le séjour continuel, la nuit et le jour, dans un magasin, un atelier (m brûle du gaz, produit quelquefois l’étiolement des sujets qui y sont exposés. On sait que, par étiolement, on, doit entendre l’altération du sang, qui consiste dans la diminution simultanée et progressive de ses trois principaux éléments constitutifs (albumine, globules, fibrine). "

3“ La petite quantité d’acide sulfureux, de sels ammoniacàux et de charbon non brûlé qui existe dans l’atmosphère d’un lieu éclairé au gaz, peut déterminer de la toux ; c’est la présence de ces gaz qui est probablement la cause des accidents dont il a été question plus haut ; il en est de môme du sulfure de carbone qui peut également s’y trouver.

^ 4“^ La présence dans l’air d’une petite quantité d’acide sulfhydrique, qui se produit quelquefois dans la combustion du gaz de l’éclairage, peut amener des accidents plus graves et même l’asphyxie.

y Enfin, l’asphyxie est la conséquence de l’inspiration du gaz d’éclairage qui remplit une pièce de manière à enlever la quantité d’air atmosphérique et d’oxygène nécessaire pour entretenir la respiration.

Électricité. — .Quant à l’électricité, elle a surtout été appliquée jusqu’à ce jour à l’éclairage de la voie publique, des gares de chemin de fer, des grands chantiers et ateliers, de quelques théâtres. On commence à l’appliquer à l’éclairage privé dans les appartements, et le jour n’est pas éloigné, où, après une série de perfectionnements, on parviendra à la rendre peu onéreuse, commode et inoffensive pour la vue. Quant à moi je crois que la lumière électrique est l’éclairage de l’avenir destiné à supplanter tous les autres. D' Paul Labahthe.

ÉCLAMPSIE. — L’éclampsie est une affection nerveuse, caractérisée par des accès convulsifs épileptiformes, qui survient chez la femme enceinte, en travail ou en couches.

L’éclampsie n’est pas une affection très rare. On

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l’observe environ une fois sur 350 accouchements, d’après certains auteurs, ou seulement une fois sur 450 accouchements, d'après d’autres.

On divise les causes de 1 éclampsie en causes prédisposantes et causes occasionnelles.

Parmi les causes prédisposantes, la première est sans contredit la primiparité. En effet, les quatre cinquièmes environ des cas d éclampsie s’adressent à des primipares. On pense que les femmes qui deviennent enceintes pour la première fois sont souvent effrayées de cette nouvelle situation, elles craignent que les choses ne se terminent pas bien, elles se tourmentent d’autant plus que la grossesse approche davantage de son terme final, en un inot, elles vivent dans un état de surexcitation nerveuse qui favorise l’évolution de l’éclampsie. De même, les filles mères, préoccupées du moyen de cacher leur faute, de faire reconnaître l’enfant au père, des difficultés sans nombre que la naissance de cet enfant élève sur leur route, sont plus exposées aux attaques éclamptiques. Ce sont là des raisons morales, mais on pense que la paroi abdominale chez la femme qui n’a jamais eu d’enfants, résiste au développement de l’utérus, ne se laisse pas distendre sans résistance, repousse le globe utérin vers la paroi postérieure de l’abdomen et favorise, en conséquence, la pression que l’utérus gravide exerce sur les vaisseaux qui se rendent aux reins ou qui en viennent. De là, congestion rénale, albuminurie, altération du sang et éclampsie.

Pour les mêmes raisons, les femmes rachitiques, dont la cavité abdominale est diminuée, celles qui ont des grossesses gémellaires ou une hydropisie de l’amnios. En un mot, tout ce -qui en augmentant le volume de l’utérus ou diminuant la capacité abdominale, favorisera la compression des vaisseaux des reins, la congestion rénale et l’albuminurie, peut être considéré comme une des causes de l’éclampsie. ^

On a dit aussi que les femmes pléthoriques étaient plus exposées à cette maladie que les autres.

Je crois au contraire que l’éclampsie s’adresse plus fréquemment aux femmes d’un tempérament lymphatique exagéré.

On peut considérer comme causes occasionnelles ou déterminantes, tous les obstacles à l’accouchement, qui peuvent se présenter, soit du côté de la mère, soit du côté du fœtus, ainsi que les opérations obstétricales manuelles ou instrumentales. J’y ajouterai les émotions morales vives. Rien n’est plus fréquent, en effet, que de voir une jeune femme tomber brusquement à terre, en proie premier accès convulsif, ayant été siiitement effrayée d’un bruit inattendu, un coup de fusil, le bris d’un vase, d’une glace, ou violemment emue d’une triste nouvelle, comme la mort d’un père, d’un enfant, l’abandon de son amant, la perte

ü ^ fortune, etc.

Eu général, l’éclampsie est annoncée par des ®^ptômes précurseurs qui peuvent se montrer P us ou moins longtemps à l’avance. Même dans j U plupart des cas où l’accès éclamptique vient ^ous surprendre inopinément on peut, en interroseant les personnes qui entourent la malade, ou '■ -r-n in c. qvanci elle reprend connaissance, après

le premier accès, apprendre que certains des prodromes dont nous allons parler, ont existé chez elle, mais qu’on n’y a pas pris garde.

Le plus ordinairement les convulsions sont précédées d’une céphalalgie violente partielle ou générale, d’une vive douleur épigastrique accompagnée souvent de nausées et de vomissements, de troubles dans la vue plus ou moins, intenses, se traduisant quelquefois par un simple affaiblissement, de la vision, parla perception de bluettes, d’étincelles, et d’autres fois par une cécité amaurotique brusque et complète. L’ouïe est moins nette, le toucher moins délicat, la parole embarrassée, la langue épaisse. Mais les deux symptômes sur lesquels toute l’attention de l’accoucheur doit se porter, sont : l’œdème qui siège d’abord aux jambes, puis s’exagère au point de gagner, en quelque sorte, tout le tissu cellulaire sous-cutané, si bien que le visage semble épaissi, les paupières boursoufflées ; en second lieu, la présence de l’albumine dans les urines de la malade.

Que l’accès éclamptique survienne brusquement ou qu’il soit précédé de quelques uns des prodromes que nous venons d’étudier, on peut le diviser en quatre périodes :

1“ Période d’invasion ; 2° période de convulsions toniques; 3“ période de convulsions cloniques; 4° période de coma.

1“ Le malade ne pousse aucun cri. Il survient dans les membres, et surtout dans les bras, des secousses convulsives qui sont séparées par des repos. Les paupières supérieures sont agitées par des frémissements choréiques qui sont suivis de calme. Les yeux se dirigent à gauche et en haut, puis à droite et en bas, avec une extrême lenteur et cela plusieurs fois de suite. Les avant-bras sont fléchis à angle droit sur les bras qui se tournent en pronation forcée. Les poings se ferment et emprisonnent les pouces.

2° Alors la face pâlit, la respiration devient courte, bruyante et saccadée. La face située sur la ligne médiane du corps est entraînée par des convulsions toniques et saccadées vers le côté gauche. La bouche est entr’ ouverte, les mâchoires sont écartées, il y a un léger tremblement dans la langue. Les yeux se portent et restent dirigés à gauche et en haut; ils sont en partie recouverts par les paupières supérieures. Les convulsions toniques retentissent en même temps dans les membres supérieurs et inférieurs.

3° C’est la période la plus effrayante de l’accès éclamptique. La face qui était dirigée à gauche revient vers la ligne médiane, la tête s’agite par un mouvement de balancement de droite à gauche. Les mâchoires se rapprochent avec force et saisissent la langue, soit sur ses côtés, soit à la pointe ou mordent la face interne des joues. De même que les convulsions toniques, les convulsions cloniques se manifestent brusquement et simultanément dans les differentes parties du corps. Les paupières sont agitées par un clignotement régulier extrêmement rapide, les yeux roulent et présentent, par moment, du strabisme.

Il y a des convulsions cloniques du muscle orbiculaire des lèvres. La malade semble marmotter

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C’est dans cette période que la face prend quelquefois l’expression de la figure du satyre. ^

La langue convulsée cloniquement chasse a travers l’interstice des dents incisives une salive écumeuse mêlée de sang, provenant des lésions produites par les morsures, les artères carotides et temporales battent avec violence. La respiration est suspendue et l’air contenu dans la cavité buccale semble barboter avec l’épaisse salive qui y est contenue. La face se congestionne, se bouffit et vers la fin de cette période elle devient pâle, puis bleuâtre et livide; les lèvres deviennent violettes.

La cyanose annonce la terminaison des convulsions. Les convulsions cloniques se répètent deux, trois, quatre fois et même plus par seconde, elles sont plus rapides au début qu’à la fin de cette périoderdontla durée est d’un quart de minute à une minute environ. Si cette période se prolongeait, la mort de la femme en serait la conséquence.

40 La malade fait de grands efforts d’inspiration. La respiration commence à se rétablir, l’expiration s’accompagne d’un violent stertor. Pendant cette expiration il y a rejet d’écume sanguinolente. Les paupières ne battent plus, elles sont à demi baissées, les yeux restent fixes, la résolution est complète.

Cette période est souvent très courte après le premier accès et la malade reprend assez rapidement connaissance, mais à mesure que les accès se répètent le coma augmente au point d’occuper tout l’intervalle qui sépare les accès entre eux.

Le nombre des accès est très variable. Rarement on n’en observe qu’un seul. En général, ils sont peu nombreux quand l’éclampsie débute après l’accouchement, mais si au contraire la maladie survient pendant la grossesse ou pendant le travail, il n’est pas rare de compter 10, 20, 30, ou 150 accès comme j’ai pu le voir une fois.

La durée de l’accès proprement dit, c’est-à-dire limité aux trois premières périodes, dépasse rarement 2, 3 ou 4 minutes.

L’éclampsie puerpérale peut se terminer de trois manières : 1“ par le retour à la santé; 2" par la mort; 3“ par une autre maladie.

1» Dans le premier cas les accès s’éloignent de plus en plus, leur durée diminue, le coma se dissipe. La malade semble sortir d’un long rêve, la mémoire manque sur certains points. Certaines femmes ont oublié leur nom, d’autres leur adresse, d’autres même leur situation. J’ai connu une jeune femme qui pendant plusieurs années ne s’est plus rappelé avoir été enceinte. L’enfant était né mort pendant les accès éclamptiques.

2“ La mort peut arriver pendant les accès surtout s’ils sont nombreux, mais plus souvent elle

survient pendant le coma.

3“ L’éclampsie prédispose à toutes les affections qui atteignent les femmes en couches; et plus particulièrement la fièvre puerpérale, la manie puerpérale, la phlegmasie alba dolens, etc.

Il est difficile de confondre l’éclampsie avec toute autre affection convulsive, sauf peut-être l’hystérie et l’épilepsie. Mais les accès hsytériques diffèrent essentiellement des accès éclamptiques (V. Hystérie), et quant à l’épilepsie, il ne faut pas oublier

le en initial qui fait rarement défaut, ensn-t accès se succèdent moins rapidement 01 ^ l’éclampsie, en outre on n’observe pas dS dans les urines, ce qui est la règle chez les tiques.

Quant au pronostic, il est grave pour la m' pour l’enfant. D’après certains auteurs il meurt ^ éclamptique sur deux, d’après d’autres il n’en i combe qu’une sur cinq. j

Quant aux enfants, si la maladie survient ava ^ le début du travail, la mort du fœtus est la rè^lp La mortalité pour les enfants, chez les fem^ éclamptiques est d’environ cinq sur huit.

Le traitement de l’éclampsie se divise en : 1» trai tement préventif; 2“ traitement paliatif; 3» traitement curatif.

1” Quand une femme enceinte présente les prodromes que nous avons étudiés plus haut, et surtout l’œdème et l’albuminurie, il ne faut pas hésiter à pratiquer une abondante saignée et à mettre la malade au régime lacté. Si au bout de quelques jours ou même de quelques heures, la céphalalgie intense n’a pas cessé à la première saignée, on en . pratiquera une seconde et l’on administrera un lavement purga.tif ; le régime lacté, de légers laxatifs seront ensuite prescrits et l’on surveillera la malade avec la p^s grande attention pour intervenir à la moindre apparence d’accès convulsif. ?

2“ Quand l’accès convulsif débute brusquement on devra d’abord faire en sorte que la malade ne se morde pas la langue pendant la période de convulsions cloniques. Pour cela avec une compresse pliée en plusieùrs doubles on repoussera la langue dans la cavité buccale.

On pratiquera le toucher pour savoir si le travail est commencé, quelle est la partie que l’enfant présente et si le bassin est bien conformé.

On examinera les urines et l’on pratiquera une saignée du bras d’environ 500 grammes.

Pendant le coma des compresses froides sur le front, des sangsues derrière les oreilles et un lavement purgatif, ont donné souvent de bons résultats. Si l’on peut faire avaler quelque chose à la malade on pourra tenter unè révulsion sur l’intestin avec un mélange de calomel et de jalap • donné d’heure en heure.

Contre les accès on emploie souvent des lavements avec l’hydrate de chloral à la dose de 4 à 5 grammes dans 125 grammes d’eau. En outre, on peut faire respirer du chloroforme chaque fois que l’agitation de la- malade annonce l’apparition d’un nouvel accès.

Cette médication compte un certain nombre de succès.

3° Enfin il est bon de surveiller le travail et sans chercher à accélérer la dilatation de l’orifice par des applications d’éponge préparée ou. de tout autre procédé analogue, on se tiendra prêt à terminer l’accouchement par le forceps ou îa version, selon là présentation fœtale, sitôt que l’orifice utérin sera suffisamment dilaté pour cela. n^ ant. de Soybb.

ÉCLECTISME. — On donne ce nom en médecine, à une méthode qui consiste à prendre, parmi les systèmes et les opinions déjà émises sur une question

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donnée, ce que l’on croit bon, au lieu de soutenir

^decessysemesou une de ces opinions d’u^e maniéré absolue dans son entier. p ^

ÉCLISSE. — (V. Attelles.)

ÉCOLES -Hy^énepubüqueetprivée.-Dansune

circulaire du 15 juin 1876, relative à l’amélioration de nos etablissements scolaires, et rappelée nar M. Bardoux, miniske de l’instruction pubtique, dLs une plus recente, du 16 août 1878. nous lisons ce qui smt . « Il faut que les locaux scolaires présentent par leur etendue et leur disposition intelligente toutes les garantes désirables de commodité et dé bonne hygiene; il faut surtout que l’air et la lumière pénétrent abondamment dans les saUes de clpse. Ne 1 oublions pas, il faut rendre le séjour de 1 eco e attrayant pour l’élève, et donner au père de famille cette conviction que la santé de son enfant ne peut pas etre compromise par la fréquentation d6 nos établissBinoiits scolaires. »

Examinons les principes qui permettent de réaliser les conditions de ce programme, et pour cela, étudions les éléments essentiels sur lesquels repose

Ibygiene de ces etablissements,

« Tous ces édifices, dit Michel Lévy, dans son Traite d hygiene publique et privée, t. II, p. 511, doivent reunir, au plus haut degré, les avantages ime bonne exposition, de l’isolement sur des points eleves, de l’abondance d’eaux salubres, d’un cùauflage convenable en hiver, d’une ventilation reguhere dans les salles de classes et d’études, dans es dortoirs, de la propreté des latrines, qui laissent tant a desirer dans la plupart de ces établissements, etc., etc. Que la lumière solaire, dont l’inuence sur le développement du corps est si proonde, pénétré facilement dans toutes les parties des batiments, qu’une température douce, égale, y r^ne pendant la saison froide, dont on connaît les eitets meurtriers sur les enfants en bas âge. Des ortoirs spacieux, des salles d’études accessibles à tair et au soleil, des cours et des jardins pour les promenades et les exercices gymnastiques, ûes bains et des soins exacts de propreté, un sommeil suffisant, une surveillance nocturne qui prévienne les écarts d’une funeste précocité; une nourriture abondante, saine, variée et préparée avec une propreté sévère, un temps de récréation après jes repas ; une juste pondération des travaux intellectuels et^ des exercices propres à développer la lorce physique ; un mobilier scolaire bien étudié et convenablement choisi, la séparation en quartiers et en cours de récréation distinctes suivant les âges et les intelligences, la visite journalière d’un médecin qui soumet les élèves à une exploration particulière à leur entrée à la maison, qui les suit dans les phases de leur évolution et qui fait fléchir la fegle commune suivant les indications de leur santé ; une infirmerie isolée où toutes les soUiciudes de la i'amille entourent le jeune malade, mais ^ns laquelle il ne faut pas créer par l’accumulation ees maladies un foyer d’infection, le soin de renvoyer sous le toit domestique tous ceux dont l’étal peut donner lieu à des craintes de propagatior morbide ou réclamer des soins tout particuliers Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

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telles sont les vraies règles de l’hygiène, de ces établissemenls. »

Causes d’msalubrité. — Mais tous ces établissements sont loin de répondre aux conditions théoriques que nous venons d’indiquer, et présentent, en général, de nombreuses causes d’insalubrité.

Si les membres des Conseils d’hygiène ue peuvent exercer qu’une action secondaire sur l’administration intérieure, l’alimentation, les soins médicaux ou moraux, régis du reste par des règlements spéciaux, ils doivent signaler et donner les moyens de faire disparaître les causes d’insalubrité suivantes, que l’on rencontre dans beaucoup de ces établissements

1“ Causes d'insalubrité extérieures inhérentes aux quartiers, aux emplacements occupés, au voisinage des bâtiments interceptant la lumière et l’air, à la proximité soit d’usines ou de fabriques répandant des émanations nuisibles, soit d’hôpitaux ;

2“ Causes d'insalu.brité intérieures, telles que l’insuffisante capacité des salles et par suite le manque d’air respirable, un éclairage défectueux, des moyens de chauffage imparfaits, l’humidité, le méphitisme des latrines, les amas d’eaux pluviales et ménagères, l’absence de moyens d’approvisionnement d’eau pour l’entretien de la propreté, le manque de préaux couverts pour la récréation des enfants, un mobilier scolaire défectueux, etc., etc.

Moyen de les faire disparaître. — Les moyens propres à faire disparaître ces causes d’insalubrité se déduisent naturellement des règles générales d’hygiène que nous avons déjà indiquées, et des règles particulières tracées par les savants qui se sont occupés de l’hygiène scolaire, et que nous allons essayer de résumer.

1» Emplacement. — Choisir un terrain sec ou rendu sec, situé aux extrémités de la ville, sur une partie plutôt élevée que déclive ; fuir le voisinage (au moins à 500 mètres) d’un hôpital, d’une caserne, d’une grande usine, d’un marché public, d’un cours d’eau peu profond et sujet à rester demi-sec en été, de prairies marécageuses et de tout établissement bruyant; s’isoler le plus possible de toute habitation, et disposer les bâtiments et les cours, de façon que les voisins ne puissent pas avoir des jours’ sur l’établissement; réserver une partie de l’espace pour des jardins et des cours ; y planter beaucoup d’arbres, y ménager un accès facile.

2» Orientation. — Préférer l’exposition sud-est et nord-ouest qui, dans nos climats, permet l’accès du soleil le matin et le soir. Cependant, on n’oubliera pas que telle exposition favorable en apparence, et même en principe, peut, suivant la localité, être mal choisie ; si par exemple eUe place le bâtiment et ses ouvertures sous le vent dominant, sous un vent chargé de pluie, d’humidité, d effluves et de principes nuisibles.

3° Disposition des batiments. — a. Proportioimer l’étendue des bâtiments à l’effectif de la population qu’ils doivent loger, n’avoir qu’un premier étage surmonté de greniers, installer les classes au rezde-chaussée élevé de plusieurs marches au-dessus du niveau du sol ; au-dessus des classes, les salles d’études, les dortoirs, les vestiaires ; dans une autre

partie, au rez-de-chaussée, les cuisines et leurs dépendances, les salles de jeux et d’exercices, la gymnastique ; et au-dessus, les appartements des fonctionnaires et employés, les salles de physique, de chimie, de dessin , et le laboratoire de chimie, quand il ne trouvera pas sa place au rezde-chaussée. — Dans un pavillon isolé, au rez-dechaussée, les salles de bains et de bains de pied, au premier étage , l’infirmerie et la lingerie. Dans un autre pavillon et à l’entrée de l’établissement, la loge du concierge, le vestiaire des professeurs, le parloir, les bureaux de 1 administration. Au-dessus le vestiaire général et la brosserie. — Ne pas oublier de pratiquer des caves qui assainissent tous les loiaux du rez-de-chaussée et qui permettent l’installation d’un calorifère général à air chaud. (Vernois). *

p. Observer avec soin toutes les règles de propreté et d’hygiène conseillées pour la salubrité d^s habitations.

y. D’après une circulaire ministérielle du 30 juillet 1858, l’aire d’une classe doit présenter, par élève, une superficie du 1 mètre carré et une hauteur de 4 mètres ; soit 4 mètres cubes par élève. Observons toutefois, que cette proportion est beaucoup trop faible, et que d’après les calculs du général Morin, elle doit être de 42 à 13 mètres cubes pour lés écoles d’enfants et de 25 à 30 mètres cubes pour les écoles d’adultes, par heure.

8. Les dortoirs doivent avoir une aération constante en dehors de la présence des élèves,' et un cubage d’air au minimum de 20 mètres par élève (Vernois).

4® Éclairage naturel. — Les salles d’études et de classes doivent être éclairées d’un seul côté et par le côté gauche (D' Daily, D"' Guillaume, Liebreich, Bm. Trélat).

Si on accepte l’éclairage bilatéral, à droite et à gauche, préféré par le D*' Gariel , il faut mitiger par des rideaux l’effet trop éblouissant des rayons de lumière.

Ne jamais les éclairer par devant ou par derrière.

Éclairage artificiel. — Se fait à l’aide du gaz et des huilés végétales.

Toutes, les fois que la chose sera possible, il faudra se servir du gaz, qui a l’avantage de la propreté et de la célérité. Voici, dans ce cas, les précautions à prendre . dans les études et les classes : laisser toujours un vasistas ouvert ; placer les réflecteurs à 1“,50 ou 1“,20 de la tête des élèves. Se servir de verres neutralisants (verres colorés au noir de fumée ou verres bleus) ; mettre à l’entour de la flamme un contre-abat-jour, de manière à ce que les rayons qui arrivent sur le papier des élèves ne soient que des rayons de deuxième réflexion; combattre la vacillation de la flamme en plaçant immédiatement après le compteur un régulateur (système Clegg) ; se servir de l’abat-jour Dalloz^ (en usage dans les ateliers du Moniteur universel à Paris, 13, quai Voltaire) ; s’assurer de la parfaite épuration du gaz ; observer dans la disposition des conduits et des compteurs les prescriptions imposées par les règlements civils (Vernois).

5® Ventilation. — On ne saurait installer dans ces établissements des systèmes de ventilation ana¬

logues à ceux qu’une nécessité bien plus im a . impose aux casernes ou aux hôpitaux. \\ que d’assurer dans les locaux où sont ré^ élèves, soit le jour, soit la nuit, une aératf î®® et suffisante, en rapport avec la destinatin*'^ ciale de la pièce (dortoir , réfectoire, infir"^ classe, étude). La meilleure méthode et la cace, est celle qui repose sur une ventilaii^on* duite par des ouvertures opposées, et dont l’aef^^' en l’absence des enfants, peut être prolongée dant un grand nombre d’heures. Toutes les fois^^*^ l’aération ne peut se faire par deux côtés opposr il faut la favoriser en pratiquant des ouvertur*’ multipliées et d’un diamètre convenable, de distant en distance, dans les murs des deux côtés les plus longs de la classe, disposées les unes un peu audessus du niveau du plancher, d’un côté, les autres au ras du plafond, de l’autre côté , ou à la partie supérieure d’une fenêtre munie d’un grillage mécanique. Chaque ouverture doit pouvoir sé fermer à volonté. Celles d’en bas donneront entrée à l’air pur, plus froid; celles d’en haut, issue à l’air vicié qui, par sa température plus élevée, tend toujours à monter vers le plafond.

6" Chauffage. — Employer, suivant les cas et les établissements, poêle à circulation d’eau chaude et à air libre ; calorifère à prise d’air extérieure et à double enveloppe (système Leras et Ééclet); appareil Geneste ou thermo-conservateur; calorifères à air chaud; poêles en faïence. La température, qui sera constatée par un thermomètre, ne doit pas être moindre de 12“ ni dépasser 16“.

7“ Mobilier scolaire. — Les bancs et les tables doivent varier d’après la taille de chaque élève. C’est là une question capitale admise par tous les hygiénistes, qui attribuent à la mauvaise installation des tables et des bancs, les déviations de la colonne vertébrale que l’on remarque . chez tant d’enfants.

En général, les bancs sont trop élevés. — Pour que l’enfant soit bien assis, il faut que ses pieds reposent sur le plancher, sur une traverse ou sur un petit banc, et que ses jambes soient pliées à angle droit. « C’est pourquoi il importe, dit le D" Du Mesnil, de calculer la hauteur du banc de telle sorte que le genou étant plié à angle droit et le tibia posé verticalement, le pied puisse appuyer de toute la plante sur le plancher, ce qui est réalisable, quand la hauteur du banc est égale à la hauteur du tibia depuis le talon jusqu'au creux poplité. »

. Il faut laisser entre les tables et les bancs une distance très faible, car sans cela les enfants sont obligés de s’asseoir sur le bord du banc, de se coucher pour ainsi dire sur la table, d’où des dangers pour la vue, les organes de la poitrine et la colonne vertébrale (D' Falk, D"^ Erisman, D' Riant).

Il faut munir les bancs d'un dossier suffisant, pour prévenir la fatigue en soutenant les reins. C’est une réforme demandée aujourd’hui par tous les hygiénistes, et qu’il serait bon d’introduire dans toutes les écoles.

Il faut veiller à la hauteur des tables. Cette hauteur des tables devrait être telle que, lorsque les élèves sont commodément assis sur les bancs, le bord de la table arrive à la hauteur du creux ue

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l’estoinac- Dans ce cas là, le coude et l’avant-bras reposent naturellement sur l’inclinaison de la table- Le bras descend librement à côté du tronc, et forme avec l’avant-bras un angle droit. C’est dans cette position que les mouvements de l’avantbras peuvent s’exécuter en toute liberté, qu’ils exigent le moins d’efforts et par conséquent fatiguent le moins (D^ Guinaume).

On a proposé de nombreux types de mobiliers scolaires , que nous n’avons pas à indiquer ici ; nous citerons cependant les modèles du D-- Guillaume, dits de Neufchâtel ; ceux de M. Gréard, directeur de l’enseignement primaire delà Seine, qui nous paraissent, quant à présent, devoir être préférés, surtout pour les écolés rurales.

8» Service des eaux. — Choisir une eau potable, surveiller la nature des conduites, et des réservoirs et employer pour ces conduites, des tuyaux de plomb doublés d’étain.

9» Lieux d’aisances. — Les lieux d’aisances sont défectueux dans la plupart des établissements, et présentent de nombreuses causes d’infection et de malpropreté.

Les causes d’infection sont dues : i® à la communication directe (avec ou sans appareils obturateurs) du conduit de la fosse avec les égouts de la ville, des puisards ou puits perdus ; 2“ au trou de chute sans obturateur et fosse sans tuyau d’aération ; 3” aux fosses très grandes et vidées très rarement ; 4® au défaut de ventilation des cabinets ; 6® aux cabinets placés dans un enfoncement, où il y a stagnation obligée de l’air infect; 7® aux parois souillées chroniquement de matières et d’urines décomposées ; 8® à l’ahsence de tout moyen de désinfection.

Les causes de malpropreté tiennent : 1® aux cabinets trop vastes, permettant à l’élève de se poser à droite et à gauche ; 2” au trou de chute situé à là base du mur et obligeant l’élève à se . placer trop en avant; 3® à la pente défectueuse du sol pour l’écoulement des urines ; 4® au mauvais état du sol et à la stagnation des urines ; 5" à l’absence d’urinoirs spéciaux ; 6“ à la disposition vicieuse des portés.

La question des latrines scolaires présente un grand intérêt. Aussi, à la suite d’un rapport présenté par M. le D’’ Perrin, sur rùrgeflce d’une réforme à introduire dans les latrines scolaires, sous le rapport dé l'hygiène physique et morale de l’enfance, la Société de médecine publique a décidé, après avoir pris l’avis d’une commission prise dans son sein, et dont M. le D'' Riant était rapporteur, d adopter les conclusions suivantes :

A. Mesures d'une application immédiate et générale. — lo Suppression des |fo8seS permanentes, remplacées par des réservoirs mobiles enlevés très

fréquemment.

2“ Installation (dans les écoles de garçons) d’urinoirs séparés, à raison de 3 au moins pour 100 en- ^■018, avec sol incliné vers le trou de chute et pourvu d’une rigole, avec des parois recouvertes ardoise ou de faïence, pour en faciliter le fréquent rage et en assurer l’exacte proprété.

Installation de cabinets d’aisances (3 au mini- V® pour 100 élèves) présentant les dispositions

^’üvantes :

ÉGO 675

a. Sol des cabinets surélevé de 10 centimètres sur le sol de la cour.

b. Portes s’ouvrant de dedans en dehors.

c. Portes des cabinets élevées à 10 centimètres du sol, pleines jusqu’à 1”,60, à claire-voie au-dessus, pour faciliter la ventilation.

d. Distance entre la porte et la partie antérieure du siège, 55 centimètres .

e. Angles partout arrondis, pas de coins.

/. Cabinets recouverts, sinon dans toute leur étendue, au moins à 1 mètre de hauteur, de peinture à l’huile au hlanc de zinc, de peinture émaillée au silicate de zinc, ou revêtus de faïence ou de ciment, afin de permettre de fréquents lavages et de ne conserver la trace d’aucune malpropreté.

g. Ventilation active.

h. Suppression absolue des ouvertures dites à la turque.

i. Adoption d’un siège en bois pouvant être lavé ou ciré, sur lequel les enfants s’asseoient, mais ne montent jamais, condition indispensable pour la propreté. Ce siège doit être muni d’une tablette placée à 30 centimètres au plus, au-dessus du sol, ayant une forme ovale à grand diamètre antéropostérieur, pour éviter que la tablette puisse être raouilléepar l’urine. (Entre le bord antérieur de la tablette et la lunette, il ne doit jamais y avoir plus de 5 à 6 centimètres.)

4“ Adoption du système moule ou carth-closet, partout où le water-closet est impraticable. (Dans le système moule, la terre projetée au moyen d’un appareil automoteur adapté au siège, enveloppe les matières, supprime les émanations, et ne détruit pas, comme beaucoup de désinfectants, la valeur de l’engrais.)

5° Nécessité dans chaque école ou lycée, et pour tout le temps de la présence des enfants, d’un surveillant spécial préposé à la tenue des cabinets d’âisânces.

B. Dispositions à établir partout où il sera possible, et au fur et à mesure que les conditions d'hy~ güne générale le permettronL

I® Application du système diviseur;

2° CuVettes en faïence ou en fonte émaillée, à parois verticales, applicables à tous les sièges ;

3° Appareils automoteurs hermétiques ;

4“ Adoption d’un siphon, d’un tuyau de chute. Tel est le programme adopté par la Société de médecine publique, et qui présente une réforme d’hygiène qui ne doit plus être ajournée.

10° Cours. — Elles doivent recevoir largement l’air et le soleil.

Leur sol doit être sec, et non recouvert de gros graviers.

Par conséquent, il mut fuir les cours encaissées et humides. Contre l’encaissement, il y a souvent des obstacles insurmontables. Contre l’humidité, on peut toujours pratiquer le drainage et rendre facile l’écoulement des eaux.

Elles devront toujours avoir des préaux couverts (Vernois).

Instruction sur les premiers symptômes des maladies contagieuses qui peuvent atteindre les enfants de deux à quatorze ans admis dans les salles d’asile et les écoles. — 11 nous semble im-

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portant de rappeler l’instruction, redigee par le D' Delpech, et approuvée par le Conseil d hygiène et de salubrité de la Seine, dans sa séance du août 1879, dans laquelle sont énumerees les niverses maladies contagieuses, et exposés les premiers symptômes, avec une précision assez grande pour que les instituteurs puissent les reconnaître dès l’abord.

Il n’est point sans difficulté d’exposer les premiers caractères des maladies contagieuses qui peuvent attein re es fants reçus dans les salles d'asiles et les écoles primaires, avec une précision assez grande pour que les instituteurs puissent les reconnaître dès l’abord. Ces affections ne revêtent point toujours, en effet, dès leur origine, et k une époque ou elles peuvent cependant se transmettre, des caractères tranchés, même pour le médecin le plus instruit et le plus expérimenté. 11 est par suite absolument impossible de les rendre, par une courte description, facilement reconnaissables pour des personnes très éclairées et très intelligentes, sans doute, mais peu familarisées avec l’observation médicale. Mais la plupart d’entre ces maladies et celles en particulier dont il est le plus nécessaire de préserver les enfants, en raison de la rapidité de leur marche et de leur puissance de diffusion, présentent heureusement, h leur début, des caractères communs qui, k défaut d’un diagnostic précis, permettront, ce qui est important surtout, de faire reconnaître l’opportunité de l’isolement des enfants qui en sont atteints.

Les maladies contagieuses peuvent, en effet, être rangées en deux classes : celles qui s’accompagnent de fièvre, et celles dans lesquelles la série des symptômes qui constituent la fièvre n’existe point.

Or, les maladies éruptives, qui tiennent, comme fréquence et comme gravité, le premier rang parmi les maladies contagieuses propres à l’enfance, sont des maladies fébriles; on aura donc rempli, pour la plus grande part, le but de préservation qui est l’objet de cette note, en éloignant de la classe ou de la salle d’asile, et en maintenant chez ses parents, tout enfant atteint de fièvre. •

Cette mesure, prise d’une manière générale et dans les cas même où il ne s’agirait point d’une affection démontrée contagieuse par la suite des faits, n’a aucun inconvénient. L’enfant fébricitant est peu apte au travail, il ne profiterait point de sa présence à la classe, et, de plus, la fièvre, quelle que soit sa cause, exigé, avant tout, du repos, une température modérée et constante, et un régime spécial. Elle ne peut que s’aggraver par la fatigue qui résulterait des allées -et venues de l’enfant, exposé de plus aux intempéries des saisons.

Tout enfant, atteint de fièvre, sera donc éloigné de ses condisciples, et avec plus de soin que jamais, dans les moments où régnent les fièvres éruptives. La fièvre dont il est frappé est-elle éphémère, dépend-elle d’une indisposition sans gravité, l’enfant reviendra promptement à l’école ; est-elle le premier symptôme d’une maladie sérieuse et durable, on l’aura placé dans les circonstances les plus favorables à sa guérison ; est-elle enfin contagieuse, on en aura préservé les autres enfants en lui étant utile à lui-même.

L’existence de la fièvre chez les enfants qu’ils dirigent doit donc être, pour les instituteurs, les institutrices et les directrices, l’objet d’une recherehe attentive, lorsqu’ils se plaignent d’une indisposition.

Or, s’il est parfois difficile de constater certains caractères de la fièvre, son existence même est, en général, facilement reconnue par des personnes même étrangères k la médecine.

L’augmentation de la température du corps, l’accélération du pouls en sont les principaux caractères.

L’augmentation de la chaleur se perçoit par l’application de la main sur la peau du malade, et en particulier sur celle de la poitrine, de l’aisselle et souvent de la face et du front. L’accélération du pouls ne peut se constater exactement qu’au moyen de la montre ; mais il est possible, avec un peu d’habitude, de se rendre compte d’une manière approximative de sa fréquence plus grande et de sa dureté plus prononcée.

A ces deux signes de la fièvre, il faut joindre , ou la sueur, la soif plus vive, le manque d’appétit i plus ou moins blanche, ou rouge, ou sèche if ^ visage l’éclat exagéré ou l’alanguissement des verî'”' ^>1 laise général, la fatigue, la courbature, le mal ® tement intellectuel ou l’excitation et le délire Ce ou plusieurs d’entre eux, diversement groupés sité variable, ne laisseront cependant en gfeéral 5,,^® sur la présence d’un état fébrile, ^

L’enfant renvoyé dans sa famille ou qui t aura étz malade pendant plus d’nne semaine par la volonté rents devra, pour rentrer eu classe, présenter une auSi"' tion signée par le médecin-inspecteur. wnsa-

Jout importantes qu’elles soient, les considérations qui ari cèdent resteraient insuffisantes, même en ce qui concmJ^ maladies contagieuses fébriles, si les principaux symptôme! de celles-ci n étaient point rapidement indiqués. Cet ev»™! fera l’objet de la deuxième partie de cette note Il est important d’établir, dès l’abord, qu’il ne faut jamai, se fonder sur la légèreté d’un cas de maladie contagS pour attacher moins d’importance ù l’empêcher de seproLer Ce raisonnement, que l’on fait généralement, est tout à fait erroné, l’affection la plus légère manifestée chez un premier enfant pouvant chez un autre développer la plus grave ma-

Les fièvres éruptives, qui sont le type des maladies contagieuses fébriles de l’enfance, seront examinées les premières. Elles comprennent quatre maladies bien connues :

La variole,

La varicelle,

La rougeole,

La scarlatine.

Nous en rapprocherons les oreillons, qui leur ressemblent par quelques-uns de leurs caractères, quoiqu’ils ne s’accompagnent pas d’éruption.

En second lieu viendront :

La stomatite ulcéreuse,

V angine couenneuse ou diphtéritique et le croup,

La dysenterie,

La fièvre typhoïde,

affections qui ont pour siège principal les voies digestives. Puis viendront :

Le coqueluche, qui atteint les voies respiratoires.

Et les inflammations contagieuses des yeux :

Vophthalmie catarrhale.

Il ophthalmie purulente.

Au dernier rang seront placées les affections parasitaires La gale, affection parasitaire animale.

Et les teignes :

La teigne faveuse,

La teigne tonsurante,

La teigne décalvante, dues à des parasites végétaux.

Comme appendice viendra une névrose épilepsie), q^i chez les enfants en particulier, se développe assez fréquemment sous l’influence de la terreur causée par la vue dune attaque épileptique. C’est là encore un genre de contagion.

Nous arrêtons là la citation de l’instruction ministérielle qui se continue par l’exposé des premiers symptômes de chacune des maladies énumérées, car nos lecteurs trouveront dans le dictionnaire un article spécial consacré à chacune d’elles.

Edmond Düpüï.

Ph‘“ de classe, ancien interne Hôpitaux, auteur d’un Manuel d’hys*^ publique et industrielle..

ÉCORCHURE. — On donne ce nom à une pehl® plaie tout à fait superficielle de la peau ou des muqueuses, produite par un frottement violent, caractérisée par une simple ablation de l’épiderme, un

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très faible écodement sanguin, et guérissant trè fecüement d’ordinaire et par la simple application d’un morceau de taÿetas Marinier. p ^

ÉCOULEMENT. — Mot employé souvent par le vulgaire comme synonyme de blennorrhagie {y . ce mot). P

ÉCRASEMENT LINÉAIRE. — Nom donné à une méthode opératoire imaginée par Chassaignac, qui a pour but de remplacer, pour diviser les tissus, les instruments tranchants par un instrument spécial appelé écraseur linéaire, composé d’une chaîne métallique articulée et serrée progressivement à l’aide d’un mécanisme à double crémaillère, articulée en bas avec le manche de l’instrument, de façon à diminuer lentementmais progressivement l’anse constituée par la chaîne et qui embrasse les tissus que l’on veut enlever. On parvient ainsi à rapprocher, à serrer et à condenser ces tissus dans l’anse métallique, puis à les étreindre assez puissamment pour les diviser.

Choze bizarre, tous les tissus sont divisés par l’écraseur, sauf la peau qui résiste et qu’il faut sectionner avec un bistouri. A l’aide dé l’écraseur linéaire, on peut enlever sans effusion de sang des tumeurs hémorrhoïdales volumineuses, des tumeurs de la langue. On peut aussi pratiquer l’amputation de la langue, du col de l’utérus, l’extirpation des polypes, etc. Mais pour opérer avec succès, il faut toujours procéder avec lenteur. p. l.

ÉCREVISSE. — L’écrevisse êst un petit animal crustacé décapodes qui vit dans la plupart des cours d’eau et des rivières de nos pays, principalement dans la Meuse, l’Yonne, le Rhin, la Nièvre, etc., et qui fournit une chair blanche, appétissante, saine, nourrissante, d’un goût délicat et agréable, très recherchée des gourmets, mais un peu lourde à digérer surtout pour les estomacs faibles et délicats. Bouchardat dit que malgré leur saveur sucrée, les écrevisses conviennent aux diabétiques. Les individus qui sont sujets à des maladies de peau, principalement à l’urticaire, feront bien de s’en abstenir. On a vu des personnes atteintes de spasmes, de difficultés de la respiration, pour avoir mangé trop d écre- ^sses. La meilleure façon de les accommoder con- * siste à les faire cu’re dans de l’eau salée très aromatisée et additiotmée d’un peu de vinaigre.

Dans l’antiquité, le bouillon d’écrevisse passait pour avoir la propriété de guérir la phthisie. On emploie encore aujourd’hui en médecine, en guise de craie lavée, comme antiacide et absorbant une substance calcaire qui se dépose dans l'estomac des ecrevisses, sous forme de deux concrétions, pendant la période de la mue, vers le commencement de l’été, et qu’on appelle yeux d'écrevisse, D' Paul Labarthe.

ÉCROUELLES. — (V. Scrofule.)

ECTHYMA. — L’ecthyma est une affection de la peau qui consiste, en iarges pustules blanches, se transformant bientôt en croûtes noires et épaisses. La maladie débute par des points rouges, durs, circonscrits ; en deux ou trois jours ces points deviennent d’un blanc de lait ; vers le septième la tumeur s’ouvre et le pus se concrète sous forme de croûtes noirâtres, très épaisses, qui tombent du douzième au quinzième jour, il est vrai qu’à côté des pustules guéries en surgissent de nouvelles qui vont suivre la même évolution et prolongent pendant plusieurs mois la durée de la maladie.

L’ecthyma peut se développer à peu près partout, cependant sur la face il est rare. Il peut compliquer diverses autres maladies de là peau, il est surtout très fréquent chez les galeux et Vecthyma galeux est certainement la variété la plus commune ; il s’observe encore quelquefois chez les enfants ou les vieillards débiles, et dans ces cas il devient chronique, laissant après lui des ulcérations plus ou moins profondes.

Enfin chez les enfants en bas âge on observe parfois de Vecthyma syphilitique ; il apparaît sur les fesses, les jambes, la paume des mains, etc., laissant après lui des plaques d’un rouge cuivré. .

Le traitement de l’ecthyma consiste dans l’emploi des bains simples, féculents, additionnés de son ou d’amidon, dans des applications de poudre d’amidon ou de sous-nitrate de bismuth. On aura aussi recours aux applications de compresses trempées dans du coaltar saponiné de Le Beuf, au cinquantième, ou dans du phénol Bobæuf étendu d’eau, de préférence à l’acide phénique. Il faut rechercher s’il n’existe pas de gale et si on constate la présence de l’acarus, s’attaquer à lui directement par les moyens appropriés (Y. Gale). Il faut en outre prescrire un régime tonique et fortifiant si le malade est un vieillard cachectique. Enfin, contre l’ecthyma syphilitique des nouveaux-nés, il faut instituer une médication spéciale (V. Syphilis).

D' Léon Motnac.

ECTOPIE. — On désigne sous.ce nom en tératologie, toutes les anomalies consistant en un changement de place des organes d’un individu, surtout lorsque ces anomalies sont congénitales. Le type le plus complet de l’ectopie est la transposition des organes (V. Transposition). P. L.

ECTRODACTYLIE. — Nom donné en tératologie à une anomalie spéciale consistant dans 1 absence d’un ou de plusieurs doigts de la main (V. Doigt).

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tête et le tronc, ainsi que les organes qu”! ferment, sont normalement conformés. ^ ^

Ces monstres présentent trois formes varié sont : 1“ les monstres ectromèles propremenT chez lesquels les membres thoraciques ou minaux sont nuis. Le plus souvent ce sont i membres thoraciques qui font défaut ; — g» j monstres ectromèles hémiméliens, chez lesquels 1 membres sont remplacés par des moignons plus moins courts, privés de tout vestige de main ou T pied et terminés le plus souvent par un ou nlu sieurs doigts imparfaits et rudimentaires ; — 3» igj monstres ectromèles phocomèles, chez lesquels il y a atrophie des segments des membres autres que le segment terminal, qui se rapproche du tronc et souvent même semble s’y insérer directement. Ainsi, dans le cas représenté par la figure 412' dont l’original est au musée Dupuytren, les os dû bras et de l’avant-bras font défaut, ainsi que ceux de la cuisse et de la jambe, ce qui donne à ces 1 monstres l’aspect de phoques, d’où leur nom.

Fig. 411.

Monstre ectromële (d’après Ambroise. Paré).

Hilaire à des monstres unitaires autosites, chez

Fig. 412.

Monstre ectromële phocomèle (Musée Dupuytren),

lesquels les membres sont plus ou moins avortés, ou même manquent complètement, alors que la

ECTROPION. — On donne ce nom au renversement des paupières en dehors. On l’appelle aussi éraillement des paupières. Il ne faut pas le confondre avec le raccourcissement simple des paupières, ou lagophtalmie (V. ce mot).

L’ectropion atteint plus souvent la paupière inférieure que la supérieure ; plus rarement les deux voiles à la fois. 11 occupe toute l’étendue transversale de la paupière {ectropion général) ou une portion seulement [ectropion partiel). Suivant que le bord libre est plus ou moins renversé en dehors, l’ectropion est au premier, au second ou au troisième degré. Dans le dernier cas, le cartilage tarse est entièrement basculé, de façon que la face postérieure ou conjonctivale est tournée directement en avant.

L’ectropion est accompagné d’altérations de la paupière subordonnées à la cause productrice. Si c’est par suite d’une lésion de la peau du voile, cette peau est plus courte, ou présente des brides de tissu cicatriciel, circonscrites à l’épaisséiir du tégument externe, ou adhérentes aux parties sübjacentes, même aux os. La peau peut être saine, pendant que la conjonctive, au contraire, est considérablement tuméfiée, épaissie, inégale, rouge et même fongueuse. Parfois le cartilage tarse s’est allongé, est devenu plus mou et a perdu son élasticité. Le bord ciliaire est resté normal, ou bien est déformé, irrégulier, dépourvu de cils.

Les causes sont de diverses espèces : les inflaiû' mations aiguës ou chroniques de la conjonctive, qui ont pour conséquence de produire une tuméfaction de la muqueuse. Celle-ci repousse la paupière en dehors et peut arriver à la renverser à un dé^e plus ou moins prononcé. Lorsque la conjonctive palpébrale s’est hypertrophiée et épaissie, à la suite d’accès inflammatoires répétés, l’ectropion est di sarcomateux. L’ectropion se développe quelquefois à la suite de granulations palpébrales volumineuses- 11 peut être la conséquence d’une contraction spasmodique de l’orbiculaire des paupières ; l’appelle alors ectropion spasmodique. Toutefois

ectromële. — Nom donné par Geoffroy-Saint-

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cette cause produit plus souvent un entropion (V. ce mot). Dans certaines paralysies du muscle orbiculaire des paupières, on observe généralement un eetropion a un faible degré. C’est à une cause de ce genre qu’on attribue l’ectropion des vieiUards dit sénile, que d’autres rattachent au relâchement et au boursouflement de la muqueuse, au relâchement de la peau de la paupière, à l’affaiblissement du muscle tenseur du cartilage tarse.

Les lésions de toute espèce, de la peau des paupières, sont une cause fréquente d’ectropion : phlegmasies chroniques de cette peau, à la suite de conjonctivites , de blépharites ciliaires; brûlures à divers degrés; pustule maligne; ulcères syphilitiques; pustules varioliques suppurées ; lupus scrofuleux; cancer; blessures accidentelles; fistules symptomatiques de lésions osseuses de l’orbite.

L’ectropion est facile à reconnaître, en tenant compte des rapports que présente le bord libre de la paupière relativement au globe. Dans ce cas, ce bord libre, au lieu d’être appliqué à la surface du bulbe, s’en éloigne plus ou moins ; la muqueuse palpébrale, cachée à l’état normal, apparaît dans une plus ou moins grande étendue de sa surface, d’après le degré de la maladie. Dans l’ectropion sarcomateux , la muqueuse palpébrale offre un aspect granulé, ou bien un bourrelet fongueux avec des végétations, L’ectropion résultant d’une paralysie de l’orbiculaire des paupières est caractérisé par l’impossibilité, de la part du malade, de rapprocher les paupières. L’ectropion cicatriciel se reconnaît à la présence de brides de tissu inodulaire, dans l’épaisseur de la peau.

L’ectropion ne constitue pas seulement une difformité ; il occasionne un larmoiement habituel, la muqueuse oculaire cessant d’être suffisamment abritée, s’enflamme, sécrète un liquide âcre et irritant qui excorie la peau avoisinante et produit des ulcérations.

Le traitement varie d’après l’espèce d’ectropion, c’est-à-dire d’après la cause qui a produit le renversement en dehors de la paupière. L’ectropion qui se développe dans le cours d’une conjonctivite aiguë, réclame les moyens dirigés contre cette dernière affection (V. Conjonctivite).

S’agit-il d’un eetropion sarcomateux, on peut essayer les scarifications de la muqueuse, pour diminuer le boursouflement de celle-ci. La cautérisation avec le cautère actuel, ou divers caustiques, réussit quelquefois. Pour peu que le bourrelet muqueux soit proéminent, il est préférable d’en faire l’excision ; il n’y a pas à redouter une hémorrhagie consécutive à cette opération,

lorsque l’affection est de vieille date, et que par suite la paupière a subi un allongement dans le sens transversal, il faut pratiquer une opération flui a pour but précisément de raccourcir le voile dans ce sens. Il existe plusieurs procédés propres à atteindre ce but : le procédé de M. W. Adams, celui de Dieffenbach, celui de Warton Jones, etc.

le procédé de W. Adams consiste à faire une perte de substance, en forme de V, à base correspondant au bord libre de la paupière, à sommet tourné vers le cul-de-sac conjonctival, en comprenant dans l’ablation du lambeau toute l’épaisseur

des parties molles du voile. La figure 41 3 représente un eetropion de la paupière inf érieure ; on pratique une perte de substance triangulaire à cette paupière, eu suivant les lignes ha, b c; en prolon-

Eetropion de la paupière inférieure. Opération par le procédé de W. Adams.

géant cette perte de substance dans toute l’épaisseur du voile, elle se fait aux dépens de la conjonctive correspondante, suivant les lignes a e,c J. Finalement on enlève le lambeau e a b cf. On réunit alors les lèvres de la solution de continuité

Fig. 414.

Eetropion de la paupière inférieure. Opération par le procédé de W. Adams.

par deux ou trois points de suture entortillée. La figure 414 représente le résultat obtenu ; on voit que les points a c, éloignés l’un de l’autre dans la figure 413 sont alors en rapport direct.

Lorsque l’ectropion est la conséquence d’un raccourcissement de la peau de la paupière, le traitement est subordonné à la cause du raccourcissement, et en cas de cicatrices, aux conditions dans lesquelles se trouvent ces dernières.

Si l’ectropion est la conséquence d’une inflammation chronique de la peau de la paupière, on combat cette phlegmasie par les moyens appropriés. S’agit-il d’une cicatrice de la peau, avec eetropion peu marqué, on obtient parfois la guérison, en excisant une portion de la conjonctive palpébrale qui, dans ce cas, est généralement boursouflée. L’incision transversale de la bride cicatricielle, déjà conseillée par Celse,ne donne qu’une guérison temporaire ; dès que la cicatrice est

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reconstituée, l’ectropion reparaît. Le procédé de W. Adams décrit plus haut réussit quelquefois dans ce genre d’ectropion. Mais le procédé de Warthon Jones, consistant en une autoplastie par glissement donne de meilleurs résultats.

Soit (flg. 415) un ectropion de la paupière inférieure. On fait partir de chacune des commissures des paupières, une incision. Ces deux incisions.

Fig. 415.

Ectropion de la paupière inférieure. Opération par ie procédé de Warton Jones. .

a c, b c, se réunissent en V, à un centimètre environ au-dessous du bord libre de la paupière, au niveau du point c. L’incision ne comprend que la peau et le tissu cellulaire subjacent Ôn dissèque le lambeau triangulaire ac b,k un degré suffisant

Fig. 416.

Ectropion de la paupière inférieure. — Opération par le procédé de "Warton Jones. .

pour que la paupière remonte à sa place normale. Alors, il existe à la place même où ce lambeau a été pris une perte de substance ayant la forme d’un Y. On réunit par la suture la branche verticale c' d' et les deux branches obliques b' c',a' d de cette plaie.

Lorsque l’ectropion est occasionné par des brides cicatricielles plus ou moins nombreuses, on peut mettre en usage d’autres procédés opératoires imaginés par Walther, Ledran, Gensoul, Bouchacourt. Bonnet, Diefifenbach, Jceger, Jüngken.

Quelque ingénieuses que soient toutes ces manœuvres opératoires, il est difficile de s’opposer, en cas de cicatrices étendues, à la rétraction du tissu modulaire , ce qui a pour conséquence de reproduire la difformité. De là, l’idée suggérée à Mirault,

et appliquée par lui, de pratiquer la fusion f raire des paupières, en avivant le bord deux voiles et en les réunissant par la sutur^*"^ obtenir l’affrontement, il est nécessaire, aprè ’ incisé transversalement la paupière rèn4rs'^^'’*’‘ disséquer les lèvres de cette incision danr* étendue suffisante, pour faire reprendre au libre sa place normale. Les paupières sont d ’ nies à une époque où l’on espère que la force®2' rétraction du tissu cicatriciel est épuisée c’est ’ dire au bout d’un an au plus tôt. ’

Malheureusement, pour les cas de ce genre i force de rétraction du tissu cicatriciel ne s’épuis*^ guère, et l’artifice employé par Mirault ne donne que des succès temporaires. De là l’idée d’utifiser l’autoplastie pour remédier à certains ectropiohs Après avoir incisé ce qui reste de la paupière à une petite distance et parallèlement au bord ciliaire, avoir disséqué cette partie pour la remettre en situation normale, on comble la perte de substance, en empruntant un lambeau de peau à une des régions voisines (V. Blépharoplastie).

En empruntant à l’une des régions de la face, le lambeau destiné à combler la perte de substance de la paupière, on s’expose à un retour plus ou moins prononcé de la difformité par suite des tractions exercées sur le lambeau rapporté, par le. tissu cicatriciel qui se forme au niveau de' la perte de substance qu’on a produite pour la confection même de ce lambeau.

Cet inconvénient est bien moins à craindre, en ayant recours à la nouvelle méthode qui a été mise en usage depuis quelques années, et qui consiste à transplanter directement, sur la perte de substance de la paupière, un lambeau cutané pris et complètement détaché, sur un autre point du corps du malade lui-même, le bras ou l’avant-bras, ou sur un autre sujet.

Il résulte de faits nombreux de en genre, que blépharoplastie, exécutée avec des lambeaux, pris à grande distance de la perte de substance à réparer,' comporte plusieurs procédés : Yautoplastie, c’est-àdire l’emprunt fait au sujet lui-même; V hétéroplastie, c’est-à-dire l’emprunt fait à un sujet étranger. Quel que soit le lieu d’emprunt, le lambeau peut être transporté en totalité, ou par fragments.

D' FÀNO.

ÉCUME. — On donne le nom d! écume bronchique au mucus sécrété par les bronches devenu écumeux par son agitation et son mélange avec I au pendant les mouvements respiratoires. L’écunae bronchique s’observe dans les troubles graves de Ja respiration, dans la pneumonie des vieillards qui n’ont pas la force d’expectorer, dans certains cas d’asthme, dans certains cas d’asphyxie, principale" ment dans l’asphyxie par submersion. P-

ÉCUSSON. — On donne ce nom, en pharmacie, a des préparations médicamenteuses de diverses na tures, étendues en couches minces sur de la pea > sur de la toile ou sur du sparadrap. Leurs sont très variées : ils sont carrés, ovales, rono > rectangulaires, etc. On les prépare avec des emp très, des matières résineuses, des électuaires, u

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onguents, etc. Le moyen le plus simple pour faire un écusson, consiste à découper dans une feuille de papier un moule dont l’intérieur représente exactement la forme que doit avoir le médicament. On applique le moule sur du sparadrap, on met au i^lieu de l’espace à remplir la quantilé voulue du médicament qu’on étend en couche, dans tous les sens, en le malaxant avec les doigts jusqu'à ce que le moule soit rempli. p. L.

eczéma. — L’eczéma est une maladie superficielle de la peau, non contagieuse ; elle a pour caractères des vésicules ou vésico-pustules , petites, presque confluentes, avec ou sans rougeur, et accompagnées le plus souvent de démangeaison. Ces vésicules ont deux modes de terminaison, l’une par absorption du liquide qu’elles contiennent , l’autre par des excoriations donnant lieu à une exhalation séreuse ou séro-purulente à laquelle succèdent des croûtes squameuses minces, d’un jaune verdâtre, et des écailles furluracées.

Cette définition de l’eczéma, comme toutes les autres, laisse quelque chose à désirer. Mais on en trouvera le complément dans la description des phénomènes locaux et dans quelques cas particuliers.

Quels sont les symptômes de l’eczéma. — On a généralement reconnu trois degrés bien distincts dans le développement de l’eczéma.

Premier degré. — Les phénomènes du premier degré ont presque toujours quelques prodromes, tels que fourmillement, prurit , sentiment de chaleur sur la partie de la peau qui va devenir le siège du mal.

Les vésicules qui ont ici tant d’importance ne sont cependant pas le. premier symptôme perceptible, elles sont souvent précédées de plaques érythémateuses sur lesquelles les vésicules font éruption ; cette base érythémateuse peut manquer, et alors on voit poindre des vésicules sur la surface encore intacte de la peau; elles sont nombreuses, étroitement agglomérées, de forme acuminée, et n’ayant qu’un léger relief à peine sensible à l’œil nu.

La durée des vésicules est fort courte; il est rare, dit Hardy, que leur existence se prolonge au delà de trente-six à quarante-huit heures : c’est pourquoi les médecins n’ont pas toujours l’occasion de les observer ; cependant nous avons de la peine à croire avec le D'' Dauvergne que , sur des milliers d’eczéma on ne rencontre pas cinquante fois des 'Vésicules, et avec Devergie, que c’est à peine si l’on en constate la présence une fois sur quarante.

Nous avons dit que les vésicules déjà formées peuvent disparaître sans qu’on ait le temps de les observer; ü est certain aussi que dans les parties où l’épiderme a une grande résistance, comme aux uiains et aux pieds, les vésicules envoie de formation peuvent avorter clandestinement à la suite de la résorption de la petite quantité de sérosité qu’elles contiennent.

Lorsque les vésicules ont acquis tout leur développement , on les trouve formées par le soulève- Dient d’une partie de l’épiderme contenant une gouttelette de sérosité d’abord limpide, transparente, se troublant ensuite et devenant laiteuse : quelque Dictionnaibe populaire de Médecine usuelle.

considérable que soit la vésicule, il n’y a jamais d'engorgement de tissu autour de sa base, et c’est là une preuve de sa constitution essentiellement épidermique.

Lorsque les vésicules sont très nombreuses, très serrées, deux ou trois d’entre elles ou un plus grand nombre peuvent se réunir en une enveloppe unique, et alors elles affectent la forme des bulles qui caractérisent le pemphigus. La résorption des vésicules et des buUes est le cas le plus rare ; presque toujours leurs parois se rompent, soit spontanément, soit par le contact de l’ongle ou du frottement des vêtements, et le déchirement, le fendillement qui en résultent laissent échapper une sérosité plastique et gluante qui empèse le linge et le tache en gris. Ce liquide est d’abord limpide de couleur citrine, et Devergie a constaté de plus qu’il est de nature alcaline, puisqu’il a la propriété de ramener au bleu le papier de tournesol préalablement rougi par un acide.

Les vésicules ne restent pas à l’état de simplicité que nous venons de signaler, elles peuvent se présenter sous la forme de vésico-pustules , ce qui n’est pas une lésion élémentaire d’un genre entièrement différent , mais la même lésion dans laquelle une intensité plus grande d’inflammation a produit du pus au lieu de donner seulement de la sérosité. C’est donc à tort qu’on a introduit ici à propos de la vésico-pustule le nom d’impétigo, qui appartient à une maladie autre que l’eczéma et qui constitue une espèce tout à fait distincte.

On a fait remarquer à ce sujet que ces vésicopustules, comme les simples vésicules, se rompent après trente-six ou quarante-huit heures, et que, quoique le liquide purulent qui en sort forme des croûtes plus épaisses, plus verdâtres, ce phénomène ne peut être pris que comme un état plus grave de la maladie eczémateuse, et non point pour une maladie différente.

Pour achever la description de notre premier degré, disons enfin que, dans des cas assez rares, il n’y a ni vésicules ni vésico-pustules, mais seulement des déchirements épidermiques formant des lignes sinueuses et entrecroisées dont les fentes fournissent la sérosité plastique qui est destinée à se former en croûtes. D’ailleurs, dit le Dauvergne, les vésicules ne sont pas une conséquence nécessaire de l’inflammation, quelques malades même, au début de l’eczéma, n’offrent point de vésicules, et l’exsudation séreuse ainsi que la formation des écailles sont la suite immédiate de l’état congestif.

Deuxième degré. — Dans ce degré, il n’y a plus de vésicules ni de vésico-pustules ; des érosions et des croûtes les remplacent : ces dénudations épidermiques sont toujours humides et fluentes; elles présentent un aspect d’un rouge nuancé, pointillé; elles peuvent n’occuper que des points isolés ou bien envahir une surface continue et d’étendue considérable. La sécrétion morbide qui en découle est ou simplement séreuse et transparente, ou bien opaque et purulente, suivant le caractère primitif de l’éruption. S’il était arrivé, ce qui est rare, que les liquides se fussent résorbés, il n’y aurait qu’une desquamation légère sous forme de débris épidermiques blanchâtres et foliacés; autrement la con-

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crétion s’opère presque immédiatement sous forme de croûtes squameuses, grises, jaunes et verdâtres. Quelquefois on peut reconnaître à l’aspect des croûtes si elles sont d’origine séreuse ou purulente, parce que les premières sont généralement minces, aplaties, semblables à des squames, tandis que les secondes sont épaisses et rugueuses ; chez les unes et les autres de ces croûtes, on a remarqué qu’elles sont adhérentes dans la plus grande partie de leur surface intérieure, et que les bords de leur circonférence restent constamment libres.

Toutes ces différentes lésions : vésicules, vésicopustules, dénudations épidermiques, suintement séreux ou séro-purulent, concourent à former la physionomie de l’eczéma, et, si quelques-unes d’entre elles manquent ou échappent à l’observation, celles qui subsistent n’en servent pas moins chacune à son particulier, à déterminer avec certitude le diagnostic de cette maladie.

De même que la formation de la vésicule ou de la vésico-pustule est le caractère le plus significatif du premier degré, de même, la concrétion croûteuse est aussi la caractéristique du second. Au bout d’un certain temps, ces croûtes tombent et l’on découvre au-dessous d’elles une surface rouge, nuancée, ponctuée et couverte de petites érosions arrondies. Ce sont de ces points comme autant de petites bouches ouvertes que s’épanche par petites gouttelettes, un liquide transparent et plastique, entièrement semblable à celui qui avait précédé la chute des croûtes de première création, et qui s’apprête à en créer de nouvelles. Cette alternative de chute et de renouvellement des croûtes va durer jusqu’à la fin du second degré.

Troisième degré. — Les concrétions croûteuses qui caractérisent le deuxième degré disparaissent dans le troisième ; c’est l’état squameux qui les remplace. On voit alors sur les parties débarrassées de croûtes une surface, tantôt d’un rouge assez vif, tantôt d’un brun foncé, La sérosité se tarit ; un produit nouveau se présente sous forme de squasmes, il y en a de très petites et de très fines comme dans le pityriasis, et d’autres épaisses et imbriquées comme dans le psoriasis. Enfin, des squasmes faciles à se détacher peuvent, dit Devergie, prendre la dimension d’une pièce de 1 à 2 francs ; sur les points où .ces squasmes existent, elles ressemblent à de l’épiderme desséché, et le reste de la surface malade est transparent et lisse.

Hardy a remarqué que, lorsqu’on fait tomber ces diverses squames à l’aide de bains et de cataplasmes, la surface malade mise à nu devient sèche, polie, luisante, comme si elle avait été couverte d’un vernis, et qu’elle se ride en plis longitudinaux très superficiels. Ajoutons aux observations précédentes que cette surface, quand on y regarde de près, est le siège d’une injection des vaisseaux capillaires très distincte. La couche du corps muqueux n’a plus son aspect naturel, eUe est de couleur plus foncée, sans cependant que son épaisseur soit plus grande.

Dans cet état, on est encore loin de la guérison, quoique la nature semble faire un effort pour remplacer la désorganisation épidermique par un épiderme nouveau ; celui-ci, au moment où il se forme.

est encore inconsistant, il a une tendance ' > lier, a se déchirer inégalement, et présente de fissures laissant échapper un suintement Cet épiderme est très peu adhérent, car en le obliquement des doigts, on le voit se la pression la plus légère. Un épiderme de^ nature n’a pas de chance de remplacer cehr'^^^*® la maladie vient de détruire, il ne peut nn’on ter la chute. ^ ®

Au contraire, quand on voit l’injection canillas’éteindre graduellement, par suite, la partie lade diminuer de circonférence et commencer ' blanchir au centre, on peut espérer d’avoir enfi^ une organisation épidermique de bon âloi.

Ici finit le troisième degré ; ajoutons cependant que la série régulière de trois ordres de phénomènes différents n’est pas constante, et que cette division n’est qu’un expédient pour rendre la description de la maladie plus claire, plus concise. En effet, rien n’est moins rare que de rencontrer en même temps les trois degrés de l’eczéma sur diverses parties du corps d’un même individu, ou encore de les rencontrer tous mêlés sur un même point.

En même temps qu’apparaissent ces phénomènes morbides si nombreux et si divers dont nous venons de donner la description, il survient d’autres symptômes, surtout appréciables pour le malade, c’est-à-dire, de la chaleur, du purit et du gonfle- ' ment.

La chaleur est quelquefois assez vive pour que le médecin en éprouve la sensation en touchant seulement la peau du malade, et quant à celui-ci, il se plaint toujours du grand malaise que cette chaleur lui cause. Ce symptôme persiste, mais à des degrés très divers pendant le cours de la maladie.

Le prurit est faible au début de l’eczéma ; ce n’est d’abord qu’un léger fourmillement, niais qui devient intolérable lorsque les vésicules se sont multipliées, étendues, et surtout après qu’elles se sont ouvertes. Cette vive démangeaison a des moments d’apaisement ; on s’en croit débarrassé; lorsqu’elle s’étend tout à coup avec la rapidité de l’éclair sur la surface entière de la peau, soit que ce réveil ait été occcasionné par un excès de liqueurs fortes ou de café, ou bien qu’il soit dû à une cause plus légère, telle que le simple contact des vêtements sur la peau. Mais c’est bien moins la promptitude de cette sensation qui est à redouter que le degré extrême de douleur qu’elle est susceptible d’acquérir. Alors le besoin de se gratter est si iiH' périeux, qu’il devient impossible pour les malades de ne pas se déchirer la peau avec les ongles : les quelques gouttes de sang qui s’écoulent après cette inanœuvre leur procurent souvent une sensation singulière mêlée de plaisir et de douleurs, mais us tombent ensuite dans l’abattement jusqu’à ce que le prurit leur fasse de nouveau subir ses épreintes.

Le prurit peut manquer et se réduire à une légèi« démangeaison dans l’eczéma aigu , tandis quu accompagne presque constamment l’eczéma chronique. On peut donc regarder le déclin croissant du prurit comme un signe de la marche de la maladie vers la guérison.

Enfin, l’eczéma a pour dernier symptôme dign®

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d’être mentionné une sorte de gonflement se manifestant surtout vers les parties où le derme n’a ml’ une faible adhérence avec le tissu cellulaire sousjacent, comme à la face, aux paupières, aux mains et aux pieds.

On regarde ce gonflement comme un signe d’un épanchement de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire, et qui peut, dans le cas d’une inflammation croissante, être suivi de formation de quelques abcès, comme on le voit assez fréquemment aux seins, aux aisselles, etc.

Observe-t'On des phénomènes généraux dans l’eczéma? — La plupart des phénomènes généraux qui accompagnent les fièvres éruptives, tels que : malaise, courbature, soif, inappétence, chaleur, accélération du pouls, état saburral de la langue, peuvent se rencontrer au début de l’eczéma ; mais ils ne sont ni aussi durables, ni aussi marqués que ceux qui se montrent au début de ces fièvres. Suivant Biett, les symptômes les plus constants seraient une soif plus vive, et des urines plus chaudes. Lorsque toute cette série de symptômes existe, elle donne lieu à croire que la maladie va envahir une grande surface ; mais on a remarqué que, même dans ce cas, les symptômes généraux s’évanouissent aussitôt que l’eczéma est localisé.

Dans ce qui précède, nous avons parlé de l’eczéma sans 'tenir compte des circonstances d’âge, de tempérament, de siège ; il est bon d’en dire ici quelques mots. Ainsi chez les très jeunes enfants, lors même que la maladie n’atteint pas sa plus grande intensité , il y a souvent un abattement général, de l’insomnie et une fièvre presque continuelle ; mais l’état du rrialade sera plus gravement altéré si une irritation des organes digestifs vient compliquer la maladie de la peau.

Chez les adultes, ces complications inflammatoires n’existent presque jamais. \

Chez les vieillards eczémateux déjà affaiblis et épuisés par d’anciennes maladies, on observe souvent une diarrhée concomitante ou bien une alternative d’éruption et de diarrhée.

Quels sont les sièges habituels de l’eczéma? — Quant aux sièges habituels de l’eczéma, on a remarqué que, quoique cette maladie puisse paraître sur plusieurs points de la peau et envahir une grande surface, elle se fixe le plus souvent sur les parties où les glandes sébacées sont en grand nombre, et les transpirations cutanées plus abondantes. Voici la longue énumération .de ces lieux d’élection : les oreilles, les aisselles, les aines, le scrotum, les organes de la génération, le mamelon, le cuir chevelu, les lèvres, les avant-bras, les mains et les cuisses. On sait aussi qu’au delà même de la peau, l’eczéma peut s’étendre de proche en proche S'iix muqueuses des narines, de la conjonctive, du ^agin et du rectum.

Quelles sont la marche, la durée et la terminaison •le l’eczéma? — Les lecteurs ont déjà été avertis fine ce type d’eczéma se développant en trois degrés consécutifs, n’est qu’une vue spéculative qui se trouve souvent en défaut quand on examine cha^e cas en particulier. Ainsi quand la maladie a atteint son troisième degré, il arrive souvent une recrudescence qui la ramène au second ou même

au premier degré, et alors la marche, au lieu d’être progressive, devient rétrograde ; et ces aller et retour, à force de se répéter, peuvent prolonger indéfiniment la durée de la maladie.

n arrive aussi vers la fin du troisième degré, à ce moment où la peau a pris cet aspect rouge, lisse, vernissé, indiquant l’approche de la guérison, qu’apparaissent tout a coup des fentes sinueuses et entre-croisées qui sont des signes certains qu’une terminaison heureuse est encore fort éloignée.

Il y a encore deux choses à remarquer dans la marche de cette maladie ; d’abord que l’éruption semble obéir à une loi de symétrie dans le cours de son développement, c’est-à-dire que lorsqu’un membre en est atteint, il est rare que l’autre ne le soit pas également; et cela est encore vrai pour la partie droite et gauche du tronc.

Une seconde remarque plus importante dans la marche de l’eczéma, c’est sa tendance à l’extension, qui s’opère, soit en augmentant de surface dans la même région, soit en se portant à la fois sur des points divers séparés les uns des autres par des surfaces encore saines de la peau. Quand ces points affectés se multiplient beaucoup, on dit que l’eczéma est géziémZ, mais il est reconnu par tous les auteurs que l’eczéma ne peut envahir la totalité du tégument externe.

On voit des eczémas ne durer que trois ou quatre semaines, mais ce cas est très rare. Cette maladie est de nature essentiellement chronique'; chez les vieillards elle est interminable ; et quoique heureusement elle puisse guérir chez les adultes, il est certain néanmoins que, même dans cette condition, elle fait le désespoir des médecins par la fréquence de ces récidives.

Chez les personnes blondes èt jeunes, l’éruption est plus subite, plus facile, et elle marche avec moins de peine vers la résolution. Dans quelquesuns de ces cas, la peau n’ayant reçu qu’une impression légère, peut reprendre, avec le temps, son premier aspect sans qu’on puisse même soupçonner la partie qui a été le siège de la maladie.

L’eczéma, lorsqu’il guérit, ne laisse jamais de cicatrice, ce qui prouve que, quelle qu’ait été l’importance des lésions élémentaires, jamais ce tissu n’a été le siège d’une ulcération véritable, aussi, dans le cours de nos descriptions, nous avons toujours eu le soin de remplacer la dénomination d’ulcère par celle plus exacte d’érosion et dénudations épidermiques.

Après la guérison, la surface qu’occupait l’eczéma laisse encore voir pendant quelques semaines des vaisseaux capillaires sensiblement injectés;, la peau aussi est tendue, rugueuse et mamelonnée. En général, ces derniers symptômes finissent par disparaître, mais dans un espace de temps qu’il est difficile de déterminer.

Il y a même des cas nombreux de guérison s’opérant malgré la complication de maladies d’autre nature. Ainsi on voit des affections asthmatiques, catarrhales ou des leucorrhées, lorsqu’elles sont concomitantes, se raviver en même temps que l’eczéma marche vers la guérison. Le contreiire aussi arrive, c’est-à-dire que l’eczéma reparaît lorsque les autres maladies s’éteignent. Les alternatives peu-

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vent se répéter bien des fois impunément. Et quand elles ont lieu entre l’eczéma et une maladie très dangereuse, comme une angine couenneuse par exemple, si la mort survient c’est toujours par le fait de cette maladie adjointe et non par le fait de

L’eczéma récidive-t-il? — Dans aucune maladie on n’observe des récidives aussi fréquentes que dans l’eczéma; c’est un des caractères les plus marqués de cette maladie. Certains malades sont sujets à des récidives tous les ans, tous les deux ans, d’autres en ont plusieurs dans une même année.

On comprend bien que la fréquence des récidives en dehors même de la gravité de la maladie, doit varier suivant les températures, les émotions morales, le régime hygiénique, et surtout suivant l’efficacité du traitement qu’on leur applique. Règle générale, ces éruptions consécutives sont moins graves que la première atteinte, et disparaissent aussi plus promptement.

Variétés d’eczéma suivant le siège. — Nous appelons eczémas localisés tous ceux qui ont pour caractère d’être circonscrits, d’être très persistants et de récidiver fréquemment sur le même point.

Eczéma capitis, ou eczéma dd cuir chevelu. — On a confondu autrefois cette variété avec les teignes. En effet, lorsque les vésicules eczémateuses sont rompues, et qu’elles laissent échapper une grande quantité de sérosité, ce liquide, en se desséchant, agglutine les cheveux et forme dés croûtes jaunâtres, semblables par la couleur à celles du favus, mais les premières sont molles, peu adhérentes.

Sous ces croûtes on trouve les surfaces du cuir chevelu, rouges, suintantes et excoriées.

Quand le suintement devient moins abondant, au lieu de croûtes, il se forme des squames plus ou moins sèches qui couvrent le cuir chevelu, et en même temps on trouve des granulations jaunâtres et verdâtres sur les cheveux; ceux-ci tombent quelquefois, mais ils repoussent toujours, à moins qu’ils n’aient éprouvé une altération profonde dans leur structure.

Eczéma des oreilles. — Quand cette variété apparaît a l’état très aigu, accompagné d’un suintement séro-purulent, les oreilles deviennent rouges, tuméfiées, et acquièrent une grande dureté. Les circonvolutions de la conque s’effacent, le conduit auditif externe se rétrécit, et il n’est pas rare de voir l’intensité de l’inflammation produire la surdité ; mais cet accident disparaît avec la maladie. Si toutefois la surdité persiste, c’est que l’eczéma avait eu une trop longue durée dans les profondeurs du conduit auditif externe.

L’eczéma peut se montrer derrière les oreilles, dans le pli qui les sépare de l’apophyse mastoïde, et sur cette apophyse elle-même ; il peut s’étendre encore sur le cuir chevelu ou sur le cou.

Eczéma des mamelons. — Ce n’est guère que chez les femmes que l’on observe cette variété; les hommes en sont rarement atteints. L’eczéma peut occuper le pourtour du mamelon, l’auréole et le mamelon lui-même, soit d’un sein, soit des deux seins à la fois. Il détermine fréquemment la forma¬

tion d’abcès dans le tissu cellulaire sous-ia le gonflement des ganglions de l’aisselle'

Quand il existe seul sur le sein, c’est ord’ ment pendant le temps de la puberté, de tion ou de l’allaitement. D’après Hardy, cet forme un excellent signe de diagnostic dP chez la femme.

Eczéma des parties génitales. — Ces vari't’ sont généralement d’une ténacité désespérante- ? démangeaison qui les accompagne est insunnn/ table ; et comme elle excite à des frottera ents^w' sistibles et mêlés parfois d’une sensation volun tueuse, elle peut entraîner certains sujets à de habitudes d’onanisme.

Au scrotum, l’eczéma présente des squames larges et feuilletées.

A l'anus, l’eczéma laisse voir souvent des fissures, et il peut se propager dans l’intérieur de l’intestin.

A la vulve, en cas d’eczéma, les lèvres sont rouges, dures, suintantes ; quand cette maladie pénètre dans le vagin et le canal de l’urèthre, la rougeur, le gonflement, le suintement caractéristique constituent une vaginite dartreuse.

Au prépuce et au gland, l’eczéma a été décrit par quelques auteurs sous le nom impropre éülmpk prœputialis.

Eczéma des mains et des pieds. — Hardy, étudiant cette variété, s’était d’abord mépris sur sa nature ; il crut un moment que c’était un herpès, parce qu’il avait sous les yeux des vésicules petites, agglomérées et persistantes, telles qu’on les rencontre dans les affections vésiculeuses de ce nom. Mais cet auteur, après examen, remarquant qu’il y avait là une sécrétion plus abondante, moins transparente que ne le comporte l’herpès, est revenu à comprendre que c’était bien à une forme d’eczéma qu’il avait affaire, et le premier il en a donné une bonne description.

L’eczéma des mains se présente le plus souvent sous la forme chronique ; il peut apparaître sous la forme aiguë.

Dans le premier cas, indépendamment des caractères ordinaires de l’eczéma, tels que rougeur, suintement, desquamation, démangeaison, on observe sur les doigts et sur l’étendue des mains, des rides nombreuses, très prononcées et accompagnées de gerçures profondes, ce qui fait ressembler souvent cette affection à un lichen ; c’est à cette forme de maladie que l’on donne généralement le nom de gale des épiciers, parce qu’elle est due a l’irritation que produit un maniement journalier de substances âcres.

Dans cette même forme chronique l’eczémà des mains se manifeste par des desquamations épidermiques persistantes, surtout la face palmaire des doigts. S’il ne survenait pas de temps en temps des vésicules caractéristiques de la maladie, on en ignO' rerait souvent la nature.

Dans»le second cas, lorsque cette variété apparaît sous forme aiguë, on voit sur le dos des mains de petites vésicules de la grosseur d’un grain de millet. Celles-ci sont-elles nombreuses, il y a flammation du tissu ceUulaire sous-jacent, et alors le gonflement à la paume des mains est plus con-

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sidérable que d’habitude. Regarde-t-on avec attention ces vésicules, on Jes trouve très dures ce qui s’explique très bien à raison de la structure si dense du tissu cutané dans cette partie. C’est encore cette dureté de la peau qui nous expHque la résorption de la sérosité des vésicules, comme aussi la transformation de ces vésicules en des bulles dont le volume s’élève quelquefois jusqu’à celui d’une noisette et au dessus.

Après tout ce que nous avons vu et dit au sujet de l’eczéma des mains à l’état aigu, il ne nous reste plus qu’à en signaler les terminaisons : il y en a deux distinctes qui sont, d’une part, l’affaissement des vésicules, lequel s’opère par le rapprochement du derme et de l’épiderme, et la chute de ce dernier tissu sous forme de petites squames, et d’autre part, la détente des bulles, lesquelles, en se desséchant, donnent lieu à des squames plus larges, plus épaisses.

11 n’est pas rare non plus de voir dans les vésicules et dans les bulles, une sérosité de caractère purulent.

On rencontre cette variété à la plante des pieds, mais là ce cas est bien moins fréquent.

Quelles sont les complications de l’eczéma ? — L’eczéma a été décrit jusqu’ici à l’état simple, mais il peut être compliqué d’autres affections soit du tégument externe, soit des muqueuses.

C’est ainsi que l’eczéma précède souvent la gale ; d’autres fois il apparaît dans le cours de cette maladie lorsqu’elle est mal soignée ou traitée avec des pommades trop irritantes. L’eczéma accompagne les phénomènes pustuleux et tuberculeux du sycosis, les syphilides squameuses et tuberculeuses, et l’éléphantiasis tuberculeux des Arabes.

C’est avec le lichen que l’eczéma paraît le plus souvent associé; ces deux éruptions sont parfois tellement confondues qu’il est très difficile de les distinguer l’une de l’autre ; on les désigne alors sous les noms de lichen agrius ou à’eczéma lichenoïde.

Le pityriasis, au contraire, considéré par quelques auteurs comme une complication de l’eczéma, n’est qu’un état différent de la même maladie. On n’ignore pas, du reste, que ce dernier se termine habituellement sous la forme d’une desquamation légère.

Dans le cours de l’eczéma, on observe encore, comme complications, des furoncles, de petits abcès, des pustules d’ecthyma, des bulles de rupia, etc.; cette dartre peut être aussi compliquée de maladies des muqueuses respiratoires et intestinales.

L’eczéma est-il facile à reconnaître et à distinguer? — Les caractères bien tranchés que nous avons signalés dans les trois degrés de l’eczéma seront généralement suffisants pour séparer cette maladie des autres affections.

Ainsi s’agit-il de distinguer l’eczéma de Véryihème, il suffit de savoir que, tandis que l’eczéma 6st toujours humide, au contraire dans l’érythème ^1 D y a pas de suintement, et que si de petites vésicules y apparaissent, elles sont éphémères, elles se détachent promptement et la desquamation ne ®e produit qu’une fois.

Avec le lichen et l’eczéma, on a affaire à des maladies ayant deux caractères communs : le suin¬

tement et la croûte. Malgré cela, il faut les distinguer l’une de l’autre ; ce sera facile si l’on remarque que dans le lichen il n’y a que peu de suintement, que les croûtes sont petites, très adhérentes et que surtout la peau est sèche, épaisse et dure, tandis que dans l’eczéma, l’exhalation séreuse est plus abondante, les croûtes sont plus larges, plus molles, et les surfaces plus unies et plus humides.

11 y a certaine période du pemphigus foUiacé qui, caractérisé par des débris de bulles, des surfaces excoriées, peu humides, pourrait faire confondre un eczéma avec la première maladie. La manière de distinguer l’une de l’autre, c’est de se rappeler que le pemphigus foUiacé envahit généralement l’étendue de la peau, sans laisser de parties saines, tandis que l’eczéma, quelque généralisé qu’il soit, laisse toujours voir des espaces intacts sur l’étendue qu’il occupe. Enfin l’épaisseur, la largeur des squames et le peu de plasticité du liquide suffiront pour empêcher toute confusion.

Lorsque l’eczéma passe à l’état squameux, il y a un moment d’indécison où on peut le confondre avec le psoriasis. Mais, pour se tirer d’embarras, il faut interroger le malade, et s’il vous dit qu’il y a eu épanchement séreux, empesant le linge, vous savez immanquablement que vous avez affaire à un eczéma, et non à un psoriasis, lequel n’est jamais accompagné d’exhalation humide.

Nous avons déjà signalé l’impossibilité de distinguer le pityriasis de l’eczéma lorsque celui-ci, marchant vers la période décroissante, prend l’aspect pityriasique ; mais dans les autres périodes, la rougeur spéciale de l’eczéma, ses vésicules, son suintement et ses croûtes sont des caractères suffisants pour le diagnostic.

Quelle est la gravité de l’eczéma ? — Ueczéma n’est jamais mortel que dans le cas où il envahit la peau dans sa presque totalité, qu’en même temps il se propage sur les membranes muqueuses ou bien qu’il s’y est fixé depuis longues années.

On comprend que le degré de gravité varie suivant les conditions de chronicité et de récidivité.

Cette maladie, quand elle se prolonge chez des sujets affaiblis et spécialement chez les vieillards, est toujours grave, surtout si elle est compliquée d’œdème, d’ulcère et de varices.

Quelles sont les causes de l’eczéma? — Les causes de l’eczéma sont prédisposantes et occasion nelles : , ■ , . , .

On doit considérer comme prédisposés à l’eczéma les individus à tempérament lymphatico-nerveux, à constitution débilitée. C’est pour ces raisons que les enfants, les jeunes gens, les femmes et les vieillards contractent plus facilement cette maladie. Celle-ci peut être héréditaire. Elle se manifeste souvent à l’époque de la puberté, à l’âge critique, pendant la grossesse et l’aUaitement.

On a remarqué que les saisons ne sont pas sans influence sur la production de l’eczéma; ainsi, il n’est pas rare de le voir renaître chaque aimée au printemps.

Les causes occasionnelles sont principalement les excès de table, de boissons, une nourriture trop succulente et épicée, l’ingestion de certains poissons de mer, le homard, les coquillages, etc. Les fortes

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émotions morales, la frayeur., le chagrin, lesveilles, enfin toute espèce de fatigue.

Parmi les causes occasionnelles, il y en a qui agissent directement sur la peau, par exemple, les corps g^as, les substances âcres, les vésicatoires, les frictions sèches, l’action prolongée d’une chaleur intense, comme cela arrive chez les boulangers, les forgerons, les cuisiniers, etc.

Tout individu vivant dans ces conditions sera d’autant plus exposé à la maladie qu’il négligera les soins de propreté.

Quel est le traitement de l’eczéma ? — Chaque degré de l’eczéma a, pour ainsi dire, un mode de traitement qui lui est propre.

Ainsi au début , lors de la période inflammatoire, on conseille généralement à l’extérieur des topiques émollients, la poudre d’amidon, de lycopode, de sous-nitrate de bismuth, les cataplasmes de fécule ou les cataplasmes Eamilton, les lotions de guimauve, conjointement avec des boissons rafraîchissantes. — Plus tard, ce sont des pommades à la glycérine, au calomel, au sulfate de fer, qu’on prescrit en même temps que des tisanes amères avec le houblon, la pensée sauvage, la petite centaurée, etc. — Des purgatifs salins (sulfate de magnésie, sulfate de soude, eau de Rubinat, etc.) plus ou moins répétés, et un régime alimentaire doux, dans lequel n’entreront ni l’alcool, ni le vin pur, ni les épices, ni les coquillages, ni les poissons de mer, ni la charcuterie (pas plus la fraîche que celle qui est salée ou fumée), ni le gibier, particulièrement le gibier noir ou faisandé.

Lorsque ces moyens ne suffisent pas pour arrêter le développement de la maladie, que le second degré ] se prononce, que la démangeaison devient intense, .on prescrit à l’intérieur diverses préparations arsenicales; telles que solutions de Fowler, de Pearson, d’acide arsénieux, d’arséniate de soude et d’arséniate d’ammoniaque.

A l’extérieur, on aura recours à des lotions avec la solution suivante :

Borate de soude . 2 grammes

Eau . 100 —

OU bien avec celle-ci :

Sublimé . 0.10 centigr.

Alcool . 5 grammes

Eau. . . 100 —

OU à des poinmades comme celle-ci :

Acide borique . S grammes

Glycérine neutre . ' 6 —

Faites dissoudre, et ajoutez :

Vaseline . 20 grammes

Baume du Pérou . 1 —

ou cette autre :

Hydrate de chloral . 2 grammes

Cold cream . 20 —

Les sulfureux sont également employés à l’intérieur et à l’extérieur, par exemple sous la forme commode de sulfureux Pouillet; en bains, ceux-ci

peuvent être pris alternativement avec les h • câlins ou d’amidon.

Lorsque l’eczéma se présente à l’état squa on se sert de pommades irritantes , princiVi^^'^^’ de pommades mercurielles , de lotions de de l’huile de cade, du goudron, et mieux du co n ’ saponifié de Le Beuf. “

Pour ma part, depuis 1842, époque où Jecom mençai d’expérimenter l’iodo-chlorure mercure^ j’emploie généralement dans ma pratique etav un succès constant, ce précieux composé dans lé quel entrent l’iode, le mercure et le chlore, ces trois grands médicaments qui dominent pour ainsi dire la thérapeutique des maladies de la peau. Je fais une pommade avec ;

lodo-chlorure mercureux. . . 0.20 ’a 0.3S cenligr.

Axonge . 30 grammes

Teinture de Benjoin . 1 —

que j’applique une fois par jour pendant trois jours sur les seules parties malades. Après un intervalle de cinq à huit jours, suivant les cas, je recommence une série de trois applications en trois jours, et ainsi de suite jusqu’à guérison.

Les eaux minérales ne sont indiquées que lorsque l’eczéma passe à l’état chronique ; dans reczéma aigu elles sont plutôt nuisibles qu’utiles. Les eczémas chroniques sont très heureusement influencés par les eaux de Bigorre, Cauterets, par celles de Royat, de La Bourboule, etc. Chacune de ces .stations compte aussi chaque année à son actif un bon nombre de guérisons. Quant aux bains de mer, ils sont absolument interdits aux eczémateux.

Terminons cet article déjà bien long en rappelant que, quels que soient les moyens employés pour obtenir la guérison de l’eczéma, le régime alimentaire et le traitement médical doivent être secondés par un ensemble de précautions hygiéniques importantes. Les individus atteints d’eczéma éviteront toute fatigue et toute excitation générale; ils s’abstiendront donc des exercices de corps violents, tels que gymnastique, escrime, équitation, chasse, etc., les sueurs abondantes qu’ils déterminent, exaspérant les éruptions de l’eczéma. R eii sera de même des travaux intellectuels opiniâtres et concentrés, des veilles prolongées, des émotions morales tristes et pénibles : on devra autant que possible les écarter. Inutile d’ajouter que ceux dont l’eczéma est produit par des contacts irritants, devront, autant que faire se pourra, sinon abandonner la profession, cause première du mal, du moins éviter le plus possible le contact direct des substances irritantes. Félix Rochard,

Auteur d’un Traité des maladies de

ËDREDON. — On donne ce nom à une couver, ture, faite avec de la soie, du satin ou de la satinette remplie de duvet de canard ou d’oie, qu met sur les lits pendant l’hiver pour donner pm® de chaleur au corps pendant le sommeil. Avec ta plupart des hygiénistes, Fonssagrives en tête, nous trouvons que l’édredon est « une superfluité et un® moUesse dangereuses » et nous voudrions qu’on t® réservât d’une manière presque exclusive pour i®*

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malades, et que les gens bien portants n’en fissent Qsage que pendant les grands froids. p ^

édulcoration. — L’édulcoration a pour but de diminuer la saveur insipide ou désagréable d’une tisane ou d’une potion, par l’addition de sucre, de miel ou d’un sirop approprié. L.

efférent. — Qualificatif donné par les anatomistes aux canaux ou conduits par lesquels les fluides sécrétés par les glandes, sortent de ces glandes. p l.

EFFERVESCENCE. — On donne ce nom au bouillonnement causé par le dégagement rapide d’un gaz traversant un liquide sous forme de bulles qui viennent crever à la surface. p, ^

EFFLORESCENCE. — On donne ce nom à un phénomène chimique que présentent différentes substances cristallisées, dont la surface se désagrège et se transforme en une matière pulvérulente, sous l’influence de l’air qui leur enlève une portion de leur eau de cristallisation, Ainsi, les cristaux de carbonate de soude exposés à l’air se recouvrent au bout d’un certain temps d’une couche de poudre blanche formée par ce sel déshydraté.

EFFLUVES. — Nom donné aux vapeurs qui se dégagent des matières aninaales et végétales en décomposition dans les lieux humides, principalement dans les marais, et qui ont pour caractère essentiel de donner naissance aux fièvres intermittentes, rémittentes, continues, etc. p. l.

EFFORT. — Mot par lequel on désigne, dans le vulgaire, les diverses espèces de hernies qui sont en effet, dans la plupart des cas, la conséquence d’un effort (V. Eernié). — Le mot sert encore à désigner la douleur qui succède à une contraction très énergique d’un muscle ; aux reins, cette douleur est appelée tour de reins.

Le mot est encore employé dans une autre sens en physiologie. Ainsi, lorsque les muscles entrent en contraction afin de donner aux mouvements du corps une force mécanique suffisante pour surmonter une résistance plus ou moins énergique, comme dans l’action de pousser, de tirer ou de soulever un fardeau, on dit que l’on fait effort. Ce phénomène se compose de deux temps ; pendant le premier, on fait une grande inspiration qui a pour hut de dilater la cavité thoracique et de donner à ses parois assez de résistance pour servir de point ^0 aux muscles qui s’insèrent directement ou inmrectement sur le tronc ou sur les segments adja- ^ms ; le second temps est occupé par la contracuon des muscles destinés aux mouvements de progression, de propulsion ou de traction que l’on se propose d’accompUr. Pendant la durée de ce derûmr temps, l’air inspiré s’échappe par le larynx préalablement rétréci : la rapidité de cette sortie 6 1 air et le bruit qu’elle produit dépendant de energie des contractions musculaires. Le « ho his » CS marins et le cri de geindre expriment par leur

cadence les deux temps de l’effort. C’est l’accompfissement de ce phénomène qui expose aux iiernies des viscères abdominaux, parce qu’ils sont repoussés par le diaphragme et peuvent s’échapper a travers les orifices naturels de l’abdomen.

D* G. WiTKOWSKI.

ËGILOPS. — Nom donné par les oculistes à une petite fistule siégeant à l’angle interne des paupières, près du sac lacrymal et succédant à un abcès appelé anchilops ÇV. ce mot). p. l.

ÉGOPHONIE. — On donne ce nom à un chevrotement particulier de la voix qui rappelle le bêlement de la chèvre ou plutôt la voix d’un individu qui parle avec un jeton entre ses dents. L’égophonie s’entend chez les malades atteints d’un épanchement pleurétique faible ou moyen. p. l.

ÉGOUT. — Hygiène publique. — Les égouts sont des canaux souterrains destinés à porter, à une grande distance des lieux habités, les eaux de pluie et d’arrosement, les eaux sales et infectes qui ont servi aux usages domestiques, tout ou partie des vidanges, ainsi que les résidus liquides de certaines industries manufacturières.

La question des égouts intéresse au plus haut degré l’hygiène publique.

Il faut, dans la construction d’un égout, considérer non seulement la quantité d’eau qui doit y passer en temps ordinaire, mais encore examiner la superficie du bassin qu’il doit desservir et la quantité d’eau que fournissent les pluies en temps d’orage. Ainsi, plus un bassin aura une grande superficie et plus la quantité d’eau qui tombera à la fois sera considérable, et plus grande devra être la capacité de l’égout.

Quant aux conditions de construction et de dispositions qu’ils doivent remplir, les voici, résumées succinctement.

Les égouts doivent offrir un écoulement facile aux eaux ménagères et pluviales et aux diverses matières qui peuvent y être introduites. Pour que cet écoulement soit facile, il faut leur donner une pente sufiisante. A Paris, cette pente, un peu faible, ne dépasse pas 50 centimètres par kilomètre, c’est-à-dire 5 dix-miUièmes par mètre.

Les égouts ne doivent laisser dégager aucune odeur méphitique sur la voie publique par les bouches qui, dans la plupart des villes, s’ouvrent librement à la surface des chaussées. Pour cela, on a eu recours à des artifices divers. A Montpellier et à Saint-Étienne, on a adopté le système Millerat, qui consiste en une cuvette en tôle, à bascule, qui s’ouvre de dehors en dedans lorsque l’eau de la pluie la remplit et qui revient sur elle-même pour obturer l’égout, dès qu’elle l’a versée. Ce système, dont le principe est excellent, fonctionne difficilement d’une façon régulière, et le plus souvent, il arrive que la cuvette, chargée de débris solides de toute sorte, terre, pierre, immondices, etc., reste levée et ne bascule plus que lorsqu’on intervient et qu’on la débarrasse.

M. Dupasquier, architecte de Lyon, a proposé d’appliquer aux bouches d’égout le système des si-

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phons renversés qu’il a installés à l’égout de l’abattoir de cette ville et qui fonctionne d’ailleurs très

^ A Paris, les bouches .d’égout s’ouvrent librement à la surface des chaussées, et il y a communication directe entre l’air de l’égout et l’air de la rue. Cette disposition ne présente pas de graves inconvénients ; les égouts de la capitale sont construits dans des conditions telles que les produits qui s’y trouvent n’y séjournent pas plus de vingt-quatre heures. D’ailleurs, il ne faut pas, comme le dit Bouchardat, exagérer l’inconvénient que présentent les odeurs désagréables dégagées par les égouts, pendant certains jours de chaleur; ces odeurs, déterminées par des gaz hydrogénés légers, sont plus désagréables que nuisibles. Cependant, nous serions de l’avis de Proust qui trouve que si on laisse communiquer les bouches d’égout avec l’extérieur, il faudrait, comme dans plusieurs villes d’Angleterre, forcer Pair qui s’en échappe à traverser une couche de charbon de bois qui le désinfecte.

Lés égouts doivent être parfaitement imperméables pour prévenir l’infiltration des eaux corrompues dans le sol.

Les matériaux de construction qu’il convient d’employer pour obtenir des égouts imperméables, sont les pierres siliceuses et calcaires, soigneusement cimentées, et le béton, qui ne se laissent pas attaquer par les principes acides et corrosifs que renferment souvent les eaux industrielles. Une grande épaisseur ne semble pas nécessaire à donner aux murs pour les rendre imperméables, lorsqu’ils sont bien et solidement construits.

La forme donnée aux égouts a beaucoup varié. A Paris on a adopté une section ovoïde, la petite extrémité de l’œuf étant tournée en haut. Quant aux dimentions elles sont très variables, mais on ne construit plus de petits égouts, et les plus petits ont au mqins i”,50 de hauteur sur 1 mètre de largeur, de façon à ce qu’un homme puisse toujours y pénétrer pour procéder à son curage. Le grand collecteur d’Asnières a 4“,50 de hauteur et 5“,60 de largeur, et sa cuvette qui varie de t“,50 à 3'“,80, est bordée de chaque côté d’un trottoir de 90 centimètres de largeur. On y a aussi ménagé des refuges pour assurer la sécurité des ouvriers, lorsque les pluies torrentielles viennent inonder le canal subitement.

Il doit exister dans les égouts ce qu’on appelle des regards , communiquant avec l’extérieur. A Paris ces regards sont ménagés de 50 en 50 mètres et munis d’une échelle de fer.

Les égouts doivent être pourvus de moyens d’aération tels, que les gaz délétères ne puissent y séjourner et compromettre la sûreté et la vie des ouvriers chargés du curage. Ils doivent présenter de distance en distance, ou en contre-bas du radier, des réservoirs où puissent se déposer et être complètement enlevées les matières plus ou moins solides, susceptibles d’être employées avantageusement par l’agriculture.

Les égouts doivent être lavés à grande eau le plus souvent possible. Les eaux de pluies en opèrent le lavage naturel. « L’irruption d’une grande quantité d’eau pure, comme le dat très bien Proust, délaye

les matières, et, par le seul fait de la nr canique, les entraîne rapidement au deh dispositions de l’égout s’y prêtent. Un faîr’ quable, c’est que pendant les pluies w les bouches d’égout exhalent très souvent des plus fétides ; cela tient à ce que l’irrimr® daine de l’eau déplace les gaz qui s’éîh " partout où ils se trouvent une sortie viennen^"^ dre dans les rues l’odeur qui règne naturefieî: dans ces conduits souterrains. »

Le lavage naturel des égouts par les eaux h pluie est la plupart du temps insuffisant II alors pratiquer le lavage artificiel, soit en nroipSÜ dans le canal de l’égout de l’eau puisée dans ]! fleuves ou dans des réservoirs spéciaux, soit encore en établissant des barrages qui permettent de retenir une partie des eaux d’égout et de les lancer ensuite à un moment donné avec plus de violence. Dans la plupart des villes d’Angleterre on lave les égouts avec de l’eau de pluie qui tombe des toits et est recueillie dans des citernes exprès pour cet usage.

Le nettoyage des égouts s’opère, à Paris , de la manière suivante : dans les collecteurs, ce sont des wagons glissant sur des rails et munis d’une vanne qui chasse devant elle les boues et les immondices. Dans le grand collecteur cet office est confié à un bateau spécial muni aussi d’une vanne.

Enfin, on doit pratiquer dans les égouts une ventilation puissante et énergique, afin d’y rendre l’air respirable pour les ouvriers qui y travaillent. On joint à la ventilation les procédés chimiques désinfectants tels que la chaux ou les chlorures. Dans plusieurs villes d’Angleterre, on aspire l’air des égouts au moyen d’une puissante vis d’Archimède et on le répand dans l’air extérieur à des hauteurs telles que les habitants n’en éprouvent aucune incommodité. Plus de 1.200 de ces appareils fonctionnent dans la seule ville de Liverpool.

On peut suppléer jusqu’à un certain point à la ventilation par les procédés chimiques, et désinfecter l’air des égouts avec la chaux, ou mieux avec le chlorure de zinc et le sulfate de fer.

D' Paul Labarthe.

ÉGOÜTIERS. — Hygiène professionnelle. — Les

individus employés dans les égouts sont exposés à un accident grave et parfois mortel : l’asphyxie. Celle-ci peut être produite par les gaz hÿdro-sulfurés et hydro-sulfate d’ammoniaque qui se dégagent des matières organiques en décomposition contenus dans les eaux d’égout. Elle peut aussi être déterminée dans quelques cas par la présence de gaz d’éclairage provenant de fuites dans les conduites enterrées dans le sol. De plus, le gaz d’éclairage accumulé en quantités plus ou moins considérables dans des égouts très peu ventilés, peut former des mélanges explosibles et occasionner des accidents terribles.

Les égoutiers sont aussi sujets à un certain nombre de maladies, telles que le rhumatisme et les angines, dues à l’humidité qui règne dans les voies souterraines On observe aussi chez eux des embarras gastriques, accompagnés de coliques violentes avec diarrhées et vomissement. Bon nombre sont anémiques, d’une pâleur terreuse, et présem

tent des troubles nerveux et respiratoires. Ajoutons enfin qn'on rencontre souvent chez eux des conjonctivites catarrhales et des blépharites.

D’une manière générale, les ouvriers employés dans les égouts doivent être vêtus de laine et de flanelle, et chaussés de hautes et fortes bottes imperméables. Ils doivent prendre une nourriture tonique, et ne pas se livrer à l’alcool.

Chaque fois qu’ils doivent descendre dans un égout, ils s’assureront d’abord que l’air y est suffisamment renouvelé, et enlèveront les plaques de fonte qui recouvrent les puits de descente, longtemps avant d’y pénétrer. Si, une fois dans l’égout, leurs lumières s’éteignent ou s’ils éprouvent un malaise général, des vertiges, ils se hâteront de remonter de l’égout.

Une excellente précaution avant de descendre dans un égout consiste à se munir de l’appareil Galibert. Cet appareil, proposé par l’auteur en 1865, consiste en un masque respirateur proprement dit communiquant avec un réservoir d’air que l’ouvrier emporte lorsqu’il descend dans l’égout. D' Paul Labarthb.

ÉGYPTIAC (ONGUENT). — L’onguent Égyptiac est une vieille préparation pharmaceutique dont voici la formule :

Miel blanc. . . ; 280 grammes

Vinaigre . . . 140 —

Sous-aeétate de cuivre ....... 100 —

mélangés, chauffés et évaporés jusqu’à consistance d’onguent, qu’on enaployait jadis à l’extérieur comme excitante comme styptique pour le pansement des plaies et des ulcères, et qui n’est plus en usage aujourd’hui que dans la médecine vétérinaire. P. l,

ÉJACULATEURS. — Nom donné par les anatomistes à deux canaux constitués par la réunion des deux extrémités inférieures des vésicules séminales et des canaux déférents, situés un de chaque côté de la ligne médiane de la face postérieure de la prostate dans laquelle ils pénètrent et qu’ils traversent de haut en bas et d’arrière en avant pour aller s’ouvrir dans la partie postérieure du canal de l’urèthre, à l’extrémité antérieure du vérumontanum.

A ce point de terminaison, ils sont séparés l’un de l’autre par Yutricule prostatique, petite poche membraneuse qui exerce sur eux une compression élastique et permanente et s’oppose au passage du sperme pendant le repos des organes générateurs. Ces canaux qui ont une longueur variable de 25 à 28 millimètres, et dont la structure est analogue à eelle des canaux déférents, sont destinés à porter dans l’urèthre le sperme au moment de Yéjaculaiion (V. ce mot). p. L.

ÉJACULATION. — On donne ce nom à l’acte Jûécanique par lequel la liqueur spermatique est 3^ncée hors des voies génitales. L’éjaculation « ce Ja^ssement précieux, comme dit Cockburn, qui ^it connaître toute l’étendue de la volupté, » est

^cte indispensable chez l’homme dans la fonc- «on de génération.

Lorsqu’elle a lieu normalement, physiologiquement, cest-à-dire pendant la copulation ou coït, dont elle est le but et le résultat final, l’éjaculation est provoquée par les sensations génitales du coït,

Appareil génital de l’homme (D' Fort).

m. Canal éjaculateur. — Vésicule séminale. — h. Canal déférent. — A. Queue de l’épididyme. — g. Tête de l’épididyme. — — f. Testicule. — a. Vessie. — b. Portion protatique de l’urèthre. — c. Portion membraneuse de l’urèthre. — d. Portion spongieuse. — e. Uretère. — n. Glande de Mery ou de Cooper. — 0. Corps caverneux. — p. Bulbe Paroi spon¬

gieuse de Turèthre. — s. Gland et fosse naviculaire. — t. Prostate.

et a lieu brusquement, par une série de petits jets saccadés. Elle est due suivant la plupart des physiologistes, d’abord, aux contractions des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs qui poussent le sperme dans le canal de l’urèthre ; ensuite, aux contractions successives du muscle de Wilson et du muscle bulbo-caverneux qui chassent par saccades le liquide fécondant au dehors du canal de l’urèthre qu’il parcourt rapidement en produisant une sensation tellement voluptueuse que dans certains cas, comme le satyriasis, eUe domine la raison.

La quantité moyenne du sperme de chaque éjaculation varie de 1 à 6 grammes. Elle est en moyenne de 4 grammes chez un adulte. Chose à noter, les vésicules séminales ne se vident jamais complètement dans une seule éjaculation. La force avec laquelle le sperme est projeté, ne dépasse pas 8T

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quelques centimètres, lorsqu’il parcourt un canal sain. Lorsqu’il parcourt un urèthre atteint de rétrécissement, il ne sort que lentement et en bavant, ce qui est un obstacle à la fécondation.

Anormalement, l’éjaculation peut se produire avec érection, mais sans coït, à la suite des manœuvres de la masturbation. Enfin, les vésicules séminales peuvent se vider sans qu’il y ait ni érection, ni coït, ni masturbation, comme dans les •pertes séminales (V. ce mot).

Rappelons en terminant que l’éjaculation est spéciale à l’bomme et que ce qu’on a cru longtemps être aussi une éjaculation de semence chez la femme n’est seulement que la projection hors du vagin, sous l’influence de la contraction spasmodique du muscle constricteur de cet organe, du liquide contenu dans l’appareil excréteur de la glande vulvo-vaginale ou de Bartholin, liquide qui se produit en assez grande abondance pendant l’érection. Encore cette projection du liquide vulvovaginal qui se produit chez la femme au moment où elle est parvenue à son plus haut degré de surexcitation voluptueuse ne s’observe pas chez toutes les femmes. Lorsqu’elle a lieu, elle est souvent suivie d’une détente, d’un abattement nerveux analogue, bien que moins prononcé, à celui qui se manifeste chez l’homme après l’éjaculation.

D'’ Paul Labarthe.

ÉLANCEMENT. — On donne ce nom à une douleur aiguë, vive, suryenant subitement, et ana- | logue à celle que produirait un coup porté avec un instrument pointu, qui se fait sentir dans certaines névralgies, principalement dans la névralgie faciale , dans les tumeurs de nature cancéreuse, etc. P. L.

ÉLASTICITÉ. — Nom donné à une propriété que possèdent certains côrpSj certains tissus, de se laisser distendre et de reprendre leur forme primitive dès que la cause de la distension vient a cesser.

ÉLASTIQUE (Tissü). — On donne le nom- de tissu élastique à un tissu très répandu dans l’économie animale; très résistant, pouvant acquérir le double de sa longueur, mais revenant subitement sur luimême dès que la distension vient à cesser. De couleur jaune, d’apparence homogène:, il a pour élément constitutif fondamental les fibres élastiques ; on y trouve aussi quelques éléments accessoires, tels que fibres et cellules de tissu conjonctif et vaisseaux capillaires. Les fibres élastiques peuvent se montrer sous trois états différents : 1“ sous forme de fibres fines, minces, enroulées, tortueuses ; 2° sous forme de fibres anastomosées différent des précédentes par leurs ramifications, leurs anastomoses et leur diamètre un peu plus grand; 3» réunies en lamelles minces, membraneuses, striées, p. l.

ÉLATÉRIUM. — On donne ce nom en botanique au fruit du concombre sauvage, appelé encore concombre d’âne ou Giclet, plante herbacée de la famille des cucurbitacées, très commune dans les régions méridionales de la France, où elle pousse dans

les lieux incultes et les décombres. Ce frn't couvert de nombreux mamelons hérissés long d’environ 4 centimètres, en forme d’un vert jaunâtre quand il est mûr, est im très violent, c’est même le plus violent tiques, puisqu’il suffit de8 àlOmilligrammSa^ concentré d’élatérium, et 3 à 6 milligramme^ térine ou principe actif cristallisable extrait d suc, pour produire une très forte purgation ac*^^ ** pagnée de coliques. L’élatérium ainsi quel’àatr-^ sont très peu usités en France. p ^

ÉLATHINE. — On donne ce nom à un liquid huileux, clair, d’un jaune brun, d’une odeur te désagréable, extrait du goudron de Norvège, em* ployé rarement en médecine. p ^

ÉLECTRICITÉ MÉDICALE. - On donne le nom d’électricité à un agent impondérable comme la chaleur et la lumière, dont la nature intime nous est inconnue, mais qui produit des effets vraiment merveilleux et dont les applications à la médecine et à la chirurgie prennent chaque jour une extension plus grande.

Nos lecteurs comprendrons que nous ne pouvons, dans un dictionnaire de la nature et de l’étendue de celui-ci, étudier toutes les questions afférentes à l’électricité; nous nous contenterons d’exposer simplement les faits les plus indispensables à connaître, ceux facilitant la compréhension des applications médicales de l’électricité. Puis, après avoir fait connaître les principaux appareils employés en médecine, nous étudierons les effets physiologiques de l’électricité, ses effets thérapeutiques et les maladies dans lesquelles ce précieux agent trouve son application.

Formes sous lesquelles se présente l’électricité.

— L’électricité se présente sous trois formes dis- j tinctes ;

1® Électricité statique ou de tension : c’est celle qui réside à la surface du corps, faisant un effort continuel pour s’en échapper, mais retenue par la pression de l’air. Son mode de production le plus habituel est le frottement. Elle se manifeste par des attractions ou par des étincelles.

2® Électricité dynamiqwe, appelée encore nique ou voltaïque, du nom des physiciens célèbres qui l’ont produite la première fois) Elle parcourt le corps sous forme de courant continu et avec une eX' trême rapidité. Elle ne possède alors qu’une faible tension; mais elle est douée, à l’égard des corps qu’elle traverse, d’une puissance d’action qui valu son nom à! électricité dynamique. Elle a pou cause ordinaire l’action chimique. , ,

3“ Électricité d’iradMcrion qui' se manifeste par courants instantanés, qui ne font que disparaître, qui s’évanouissent aussitôt qu’ils s® veloppent, qui changent continuellement de dire tion, et qui ne peuvent avoir d’existence jg qu’à la condition d’une interruption pernaf'^®^. dans la cause qui les fait naître. On a donné a courants le nom decowran^^ d’induction, ce qm '' dire courants d’influence, parce qu’en effet ils s® veloppent sous l’influence des courants mais à la condition que ceux-ci naissent ou so

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«ment, s’approchent ou s éloignent, augmentent ou diminuent d’intensité (Buignet).

Courants électriijues employés en médecine. — j^es courants employés en médecine peuvent être divisés en deux grandes classes : A. Les coüRiSTS induits ; — B. Les coudants continus.

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